Une fiction inspirée de la saga de Stephanie Meyer. J'espère que vous aimerez !
«Allez, ma puce, on se voit ce soir », me lance mon père en démarrant sur les chapeaux de roues.
Je me retourne pour faire face à ma nouvelle école.
Voici arrivé le jour que je redoutais tant. Ma rentrée au lycée de la réserve de la Push, trou absolument perdu dans l'État de Washington. Pour une fille venant de Californie, je vous assure que c'est un changement radical.
Bon, au moins, je reste sur la côte Ouest, et je n'ai aucun décalage horaire. Et ce n'est pas comme s'il faisait beau tous les jours à San Francisco, donc je ne suis pas vraiment dépaysée niveau météo. Ville du brouillard, vous savez. Mais quand même.
Disons que je passe du gros lycée privé hors de prix d'une des plus grandes villes du monde où je fais partie des filles les plus populaires de l'école, à un pauvre petit lycée pas particulièrement brillant dans une réserve indienne avec un effectif d'un peu moins de 800 élèves. La chance.
Je vous attends là dessus : pourquoi, me demandez-vous ? Pourquoi est-ce que je quitterai ma ville bien-aimée avec ses collines si jolies, pour une bourgade paumée au nord du pays ?
À cause de mon père.
Mes parents m'ont eu très jeune, vers 21 ans chacun, et ils ont eu un très grave accident de voiture deux ans plus tard. Maman n'a pas survécu, elle est morte sur le coup. En revanche, papa n'était pas encore tout à fait mort, et la nuit tombée, constatant son état irrécupérable, un inconnu l'a mordu et l'a transformé en vampire.
Oui, oui, en vampire, ce n'est pas une blague. Même si, je vous l'accorde, ma vie ces temps-ci a vraiment l'air d'une grosse, grosse blague. Vous allez voir.
Quoi qu'il en soit, autant vous l'avouer tout de suite, mon père n'a pas tellement su s'adapter rapidement à ses nouvelles capacités. C'est donc ma tante, Barbara, qui m'a gardé pendant quinze ans. De mes deux ans jusqu'à aujourd'hui. Je vous laisse faire le calcul de mon âge, ce n'est pas le genre de chose qu'une femme dévoile de son plein gré.
Mon père, au début ne venait jamais me voir (et tant mieux) parce qu'il avait peur de ne pas résister à la tentation de me bouffer. Oui, oui, c'est charmant, je sais.
Dans la famille des vampires assoiffés, je demande le père s'il-vous-plait ! Vous vous demandez peut-être comment diable je suis au courant de sa situation en étant toujours en vie ?
Disons que mon père, en plus de sa condition de vampire, a un don très spécial. Il est capable de donner la mort à un humain ou un vampire rien qu'en le touchant. Je peux vous dire que je l'ai vu à l'œuvre, et ma foi, ce n'est pas un spectacle très recommandable. Le vampire qu'il a tué est immédiatement tombé en cendre. Flippant, je sais.
En tout cas, la charmante horde de vampires que sont Les Volturi, les plus puissants sur la planète, en ont vite eu après lui. Pensez-vous, un don pareil, évidemment que ça les intéressait ! Il a donc conclu un marché : une décennie de loyaux services par centenaire et il avait le droit de me dire son secret. Étonnamment, ils ont accepté sans soumettre aucune autre condition. Je les soupçonne d'avoir peur de mon père. Et ils ont raison. Je veux dire, allez quoi. Son don est extraordinaire ! Carrément effrayant aussi, et je sais qu'il y a de quoi le redouter.
Le truc c'est que sa décennie est arrivée à son terme il y a un mois. A partir de ce moment là il est allé voir la famille des Cullen, située dans l'État de Washington, à Forks, qui est entièrement constituée de vampires (la famille, hein, pas l'État de Washington), pour essayer d'établir un autre contact influent parmi le monde des vampires. Je crois qu'il en a déjà marre des Volturi. Enfin, imaginez-vous, passer dix ans avec ces zouaves là ? Moi je me tirerais une balle, sérieusement ! Ils sont absolument
insupportables. Je les ai rencontré une fois, et croyez-moi, ça m'a suffit !
Caïus est vraiment super flippant.
Une fois que les Cullen se sont assurés de la sincérité de mon père (ce qui est allé plutôt vite, je crois, à cause d'un vampire qui lit dans les pensées), ils l'ont autorisé à s'installer avec eux. Papa dit qu'ils sont très gentils mais un peu spéciaux.
Et, comme il est enfin débarrassé de tous problèmes avec les Volturi (du moins pour le centenaire à venir), il m'a proposé de venir habiter chez lui.
Ou plutôt forcé à habiter chez lui.
Mon père n'a pas trop le sens de la nuance, et résultat est le même, au bout du compte. Et puis je ne suis pas difficile, mon père et moi on n'a pas tellement eu la chance de se connaître jusqu'ici. Ce qui importe, c'est qu'en effet je suis arrivée il y a deux jours, et que ce matin, pour moi c'est la rentrée.
Même si nous sommes en Février. Le 2, pour être exacte.
Je pénètre dans le hall de l'école, et me dirige lentement vers le guichet de la standardiste. Une fois dans son bureau, elle me fait un sourire chaleureux, me tend mon emploi du temps et un plan des bâtiments, et me fous dehors en me pressant parce que ça va bientôt sonner.
Je trouve tant bien que mal ma salle de cours et je toque à la porte.
Super. Ça a déjà sonné, je suis en retard et nouvelle. Et je n'aime pas particulièrement m'afficher. Dans mon ancien lycée, j'étais très en vue mais je n'avais rien fait pour ça. J'étais simplement cheerleader, organisatrice d'évènements et juste sympa. Je crois.
Mais là, c'est un peu différent. L'ambiance n'est pas du tout la même. Je ne suis pas timide, mais il y a des limites.
Au son "Entrez !", je pousse la porte et me retrouve dans une salle plutôt spacieuse, en largeur. Le prof me regarde avec des petits yeux myope et me fais un sourire.
«Annie. Ça doit être vous», me dit-il.
Quelle perspicacité ! Je ne suis pas exactement sûre qu'il y ait des nouvelles élèves tout les jours dans ce trou.
«Je vous présente Annie Sommers», énonce le prof. «Elle nous vient de San Francisco et restera avec nous jusqu'à la graduation. J'espère que vous saurez l'accueillir comme il se doit. Est-ce que quelqu'un veut bien lui faire un peu de place sur sa paillasse ?»
Une main très énergique se lève dans la seconde. Je regarde à qui elle appartient, étonnée. Une fille aux boucles couleur de cuivre et aux yeux chocolat me regarde en souriant largement.
«Bon, va t'asseoir aux cotés de Renesmée, Annie. J'espère que tu arriveras à suivre. Nous étudions en ce moment les participes passé.»
Je suis bonne en français. Je vais suivre niquel.
À l'instant où j'arrive près d'elle, Renesmée (quel prénom abracadabrant ! décidément, je me demande si mon père n'a pas raison quand il prétend avoir découvert que cette ville ne contient vraiment que des hurluberlus) m'intercepte.
«Hey », me dit-elle. « Je m'appelle Nessie Cullen. Tu es la fille de Gabriel, n'est-ce pas ?»
«Oui», je réponds simplement.
Je ne sais pas si j'ai un problème particulier avec l'enthousiasme débordant, mais c'est assez agressif, dès le matin. Renesmée ne tient pas en place. Elle est mignonne, pourtant quelque chose chez elle me dérange, comme si elle voulait percer à jour la moindre parcelle d'intimité que je possède. Elle est un peu envahissante.
Elle blablate pendant tout le cours à propos de sa famille, mais je me surprends au fur et à mesure à y prendre de l'intérêt. Elle est sympa au fond, et sa famille a l'air plutôt énorme.
Nessie (surnom tout aussi excentrique) m'accompagne à mon prochain cours, sport, puisqu'elle en fait également parti. Je sens qu'on va être amies. Ce n'est pas pour me déplaire, c'est juste que j'ai l'impression de ne pas l'avoir choisie. Je l'observe déblatérer à propos d'un dîner foireux avec sa tante. Elle est très jolie. Plutôt grande pour son âge. Elle porte une jupe noire moulante avec des bottines plates de la même couleur et des collants opaques. En haut elle arbore une blouse bleue avec une sorte de nœud intégré sur le décolleté, sous un gilet sombre. Très élégant. Si son air de petite fille ingénue la fait d'abord passer pour une gamine, je me rends compte que son visage paraît très mature, qu'elle a de la classe et qu'elle est apparemment douée en cours. Aussi douée que moi en français, alors que mon oncle Richard, qui vient du Sud de la France, me l'enseigne depuis plus de dix ans, ce qui fait que je le parle couramment. Je dirais même je suis foutrement bilingue. Je me dis qu'elle doit faire tomber les cœurs de tous les garçons, quand elle s'interrompt dans son récit avec une mine tristounette.
«Rooh», soupire-t-elle en arrivant sur les lieux. «Jake et Seth ont encore séché.»
«Qui sont-ils ?» demandé-je, intriguée par ces noms qui ne me rappellent en rien ceux que mon père m'a rapidement cité le matin même.
«Ton père t'a parlé de la meute ?», chuchote-t-elle d'une voix entendue.
«Absolument pas», je réponds sur le même ton.
Pendant que nous nous changeons, elle m'explique du mieux qu'elle peut qui sont Jacob, Seth, Quil, Embry, Brady et les autres.
Je me souviens du nom de Sam, avec qui mon père semble avoir eu de particulières affinités. C'est lui qui a trouvé la maison que papa et moi habitons aujourd'hui.
Je crois que Nessie est très amoureuse de Jacob. Elle ne me parle pas de leur relation, mais ...ça se voit. C'est même absolument flagrant.
J'apprends qu'ils sont des loups-garous (rien ne m'étonnera plus, décidément) et qu'ils ont formé une sorte d'alliance avec les vampires, alors qu'ils étaient auparavant de naturels ennemis. Elle hésite, essaye de m'en dire plus, mais la prof de sport nous interrompt.
«Bienvenue Annie, j'espère que tu t'intégreras bien parmi nous. Aujourd'hui c'est gymnastique !» beugle-t-elle avant de souffler un grand coup dans son sifflet.
La journée commence étonnamment bien. Je suis très douée en gym. Je faisais de la compétition dans mes jeunes années. Pourtant ce sentiment de plénitude et de joie me rend tout à coup soupçonneuse. Il y a peut-être anguille sous roche. Ou marmotte sous gravillon. Peut importe.
Je commence à avoir peur de la suite. C'est bien connu, après la pluie, le beau temps. Et après le beau temps, à votre avis, il se passe quoi ? La pluie, je vous dis, la pluie !
Annie peut avoir l'ai super creuse pour l'instant mais rassurez vous, ce n'est que temporaire ! Prochain chapitre, on rencontre Seth :) Laissez moi un petit mot, c'est mon seul salaire ! - Bises
