Salut la compagnie !
Alors j'ai fini mon Bac, donc c'est plutôt cool, et l'Histoire s'est bien passée (sauf pour le Brésil, j'ai très sérieusement réinventé la carte). Du coup je vais poster plus souvent, notamment début août et ces prochains jours, parce que pour l'instant je n'ai rien à faire à part angoisser parce que j'ai pas encore eu ce que je voulais sur APB, et puis pour les résultats du Bac aussi.
Bon, alors il me semble que j'ai répondu à tout le monde, sauf à auroree, que je remercie du fond du cœur pour sa review trop mignonne :
J'espère que ça s'est bien passé pour toi et qu'APB a fonctionné comme tu voulais. Et puis merci de m'avoir dit ce que tu pensais de Seth, qui je te confirme, est « juste whoua », et, comme je l'ai dit à une revieweuse très attentionnée, c'est un peu le fantasme sur patte. A mon avis, ce chapitre va te plaire )
Bon ! Trêve de bavardage, merci pour votre soutient, très sérieusement, continuez, parce que vos reviews me touchent beaucoup.
La semaine se déroule étonnamment vite. J'ai cours de sport chaque jour avec Seth, et on passe environ notre cours entier à s'observer du coin de l'œil. Plus ou moins discrètement, je dois dire. Il faut que je vous dise que son torse nu est... tellement sexe qu'à chaque fois, je fais de l'hyperventilation quand je pose mes yeux dessus.
Notre première vraie interaction a lieu trois jour après mon arrivée au lycée de La Push. Je me retrouve par je ne sais quel miracle à coté de lui en Histoire avancée, et nous commençons à discuter.
Le tout premier dialogue que nous avons se résume à peu près à ceci :
«Salut Annie.»
«Salut ...Seth».
On est restés un bout de temps à se regarder dans les yeux, en silence. C'était bizarre.
«Alors comme ça, ton père est un vampire ?» m'a-t-il d'abord demandé avec un sourire en coin.
Super entrée en matière, dites-moi.
«Oui.»
«Ça doit être drôle de vivre avec lui. En tant qu'humaine, je veux dire. L'odeur, ça ne te dérange jamais ? J'ai vécu pas mal de temps avec des vampires, et même si on finit par s'habituer, c'est carrément abominable !»
J'ai haussé haut les sourcils, tandis que, plongé dans un passé que je ne connaîtrais jamais, il hocha la tête, tout doucement, en souriant. Son attention se reporta ensuite sur moi progressivement.
«Heu non. Ça va, il sent bon. Je te rappelle que je suis humaine, je n'ai pas les papilles déformées, moi ! Et puis, ça n'a jamais été difficile de vivre avec lui.»
Il rit, avec les yeux, et il me semble qu'il pencha la tête avec l'expression de quelqu'un qui boit vos paroles.
Ça m'a un peu troublé. J'avais l'impression d'être le centre d'un monde tout entier, sans que j'y aie mon mot à dire.
«Comment ça ?» a-t-il demandé avec intérêt, et un sourire.
À cet instant, malgré le fait que sa question était légèrement insistante, voire déplacée (on ne se connaît même pas, mec !), je fus portée à y répondre tout naturellement, ce qui me fit d'autant plus flipper.
«Heu, mon père et moi, on a jamais été très proches, alors c'est comme ...(je tâchais de trouver un exemple parlant) vivre avec un coloc' sympa qui te fais pas chier.»
«Tu compares ton père à un coloc' ?», m'a-t-il demandé avec surprise et une pointe de tristesse inhabituelle dans ses magnifique yeux bruns.
L'idée me vint pendant un instant qu'il avait peut-être une relation avec son père compliquée et qu'il comparait nos situations. Qui sait.
Notre échange se poursuivit énergiquement, en parlant de choses plus ou moins insignifiantes. Lui parlait avec les mains, d'une énergie tendre et attachante.
Il m'a dit qu'il avait une moto, parce que Jake l'avait initié et qu'il adorait ça. Je lui confiai que j'adorais la vitesse, la hauteur, les sensations fortes.
«Pourquoi ?» me demanda-t-il, curieux.
«Et bien… je pense que, c'est parce que je touche à mes limites. C'est intéressant de se dire que la vie peut offrir ces choses, et que finalement, en en profitant, je suis si proche de la mort.»
Il me lança un regard dubitatif, et ses yeux s'écarquillèrent.
Ok, c'est bon, il m'a définitivement prise pour une folle à lier. Je m'empressai d'ajouter avec un grand sourire forcé :
« Mais si toi aussi, tu aimes la vitesse, on a un point commun ! »
Il rit, me proposa avec un sourire éblouissant de faire un tour sur sa moto, une fois. Je répondis par un petit rire gêné. Ni oui ni non. Juste, peut-être.
Mais j'y repense maintenant, et je dois admettre que plus je l'écoutais, plus il m'intéressait, et plus il m'écoutait moi, plus je tombais un peu plus sous son charme (en admettant que ce soit encore possible).
Le pire, c'est quand on se croise, en fin de journée, dans les couloirs bondés (enfin, tout est relatif; on est à La Push tout de même). Je sens ses yeux qui me suivent et qui accompagnent chacun de mes mouvements.
À la cantine, lorsque je me dirige tous les jours vers la table de Seth, Quil, Brady et Colin, je sens non seulement le regard de Seth qui semble m'envelopper de la tête aux pieds, mais aussi les coups d'œil envieux des autres élèves.
Pour que vous vous fassiez une idée, dès mon deuxième jour ici, j'ai vite compris que les loups Quileutes faisaient parti de la bande des intouchables du lycée. Genre, Brady ou Colin demande à n'importe quelle débile de l'embrasser, il y a la totalité des filles qui se jettent à leur pied...
L'envers du décor, c'est que certaines filles (notamment des secondes) sont vachement jalouses de moi. J'ai même reçu des messages d'insultes dans mon casier, le quatrième jour.
J'ai envie de leur dire : pourquoi ?
Seth et moi on n'est pas ensemble ! Ça fait trois jours qu'on se connaît, donc desserrez vos string !
Elles ne peuvent pas non plus envisager que je reste avec Seth jusque parce que je l'apprécie, ça, ce n'est pas possible ! Elles pensent toute, qu'obligatoirement, c'est parce que j'ai envie de lui sauter dessus. Et puis merde à la fin. Seth et moi on est en terminale, on a 18 ans, on est presque des adultes, donc je pense qu'il s'en bat un peu les couilles, des secondes qui l'idolâtrent ! En tout cas, moi, je m'en tape. Genre, complètement. Et puis c'est pas comme si le regard des autres élèves affectait notre ...relation ? On a une relation ? Je ne sais même pas.
Toujours est-il que c'est assez bizarre. Toute cette attention portée sur nous a l'air de lui plaire. Il prend un malin plaisir à faire planer le doute lorsqu'une collégienne désespérée lui demande s'il est en couple avec moi. Et bien que je trouve ça drôle et que ça me flatte, comme je l'ai déjà dit tout à l'heure, je ne comprends pas. On n'est pas ensemble ! Et pourquoi le serait-on, je veux dire, on ne se connaît pas, il est vachement plus populaire que moi et je suis une tête de classe. Et il peut avoir toutes les filles qu'il veut, alors, que moi, je pense que je peux toujours rêver.
D'un autre côté, le seul mec qui m'attire un minimum, ici, c'est Seth. Je pense que vous avez deviné. Et, même si je sais qu'on n'est pas ensemble, parfois notre connexion me frappe comme un coup de pelle.
Par exemple, pendant nos cours d'Histoire, je l'ai souvent surpris à me regarder écrire ou remettre mes cheveux en place. Dès que je tourne la tête vers lui, il me fait un grand sourire et se remet à suivre le cours.
Lorsqu'il sourit, ses yeux disparaissent presque complètement et ses deux fossettes se creusent avec une lenteur délicieuse.
-oOo-
Le Vendredi, soit mon sixième jour à l'école, nous nous retrouvons en cours d'Histoire, et, là encore, nous discutons. À un moment, le prof interroge Seth sur la date du traité de Maastricht (nous voyons en ce moment le commerce de la Triade). Je remarque qu'au lieu d'écouter le cours, il a encore passé du temps à me regarder. Prise d'un soudain élan de compassion, je lui souffle :
«Signé en 1992, entré en vigueur en 1993 !»
Il répète mot pour mots, et Mr Hoffman, pas dupe, lance un :
«Merci Annie. Puisque tu es si calée sur l'Union Européenne, tu me feras le plaisir de faire partager tes connaissances en tutorat avec Seth ! Je testerai vos connaissances dans un mois !»
Sur le coup, je trouve vraiment ça injuste. Le tutorat, c'est une activité de service que tu fais bénévolement sur tes horaires libres, au déjeuner ou après les cours, tous les jours ou presque. Ça dure jusqu'au prochain DST trimestriel, où la note de l'élève aidé conditionne la moitié de la note du tuteur.
Je trouve ça chiant parce que d'abord, c'est pour les gens serviables (pas comme moi), et qui ont du temps à perdre (pas comme moi non plus).
Après coup, je me rends compte que passer plus de temps avec Seth, c'est quand même plutôt cool.
Seth a la politesse de prendre un air honteux (bien que je remarque immédiatement après qu'il a une expression ravie).
«Je suis désolé Annie...»
«T'as intérêt à tripler ta moyenne d'Histoire», je marmonne.
«Bien, chef», me répond-il avec son sourire éblouissant.
-oOo-
Après la fin des cours, vers quatre heures de l'après-midi, je me rends au CDI avec mes manuels d'Histoire-Géo serrés contre ma poitrine. Il fait un froid de canard, et mon gros pull en cachemire ne m'empêche pas de frissonner.
Lorsque j'ouvre la porte, j'entrevois Seth et Jacob dans une posture étrange. Ils sont debout face à face, les muscles bandés, une lueur de défi dans le regard, près à se sauter dessus et à se mordre ou je ne sais pas trop quoi.
Dès que j'entre dans la salle d'étude, Seth se tourne vers moi et se détend instantanément. Devant ce changement radical de comportement, Jake nous regarde tour à tour, puis dévisage Seth avant d'éclater d'un rire gras et de me saluer bien plus gentiment que lors de notre première rencontre, il y a quatre jours.
Il rit toujours par à-coups lorsqu'il sort du CDI.
«Je peux savoir pourquoi il rit ?», je demande à Seth.
«Aucune idée», me répond-t-il avec un air qui dit plutôt «J'ai honte de le dire».
Peu désireuse de m'attarder sur un sujet qui non seulement, ne risque pas de me plaire, mais qui en plus n'a pas l'air de me concerner, je jette mes bouquins sur une table et lance à Seth :
«J'ai deux heures devant moi, et je veux que tu aies un A, voire un A+ aux examens du premier semestre dans un mois, donc commençons tout de suite.»
Et c'est vrai ! Non seulement, par fierté, je veux que mon tutorat porte ses fruit, mais aussi, sa note conditionne 50% de la mienne aux examens semestriels (merci M. Hoffman. Connard).
Ça veut dire que s'il a une bonne note, je suis assurée d'en avoir une aussi.
Et puis, en plus, ça me plairait qu'il soit meilleur en cours. Je veux qu'il soit fier de lui-même.
Il s'assoit en face de moi, docilement. Je commence par quelques définitions essentielles pour comprendre les enjeux du commerce international, puis je continue avec les relations entre les membres de la Triade, celles des 4 dragons, des tigres, des bébés tigres (sérieusement, je ne sais pas qui a filé cette métaphore mais c'est à en pleurer de ridicule) et des BRICS.
Au début, Seth est super concentré mais au bout de trois quarts d'heure, son attention semble se focaliser sur moi plutôt que sur ce que je lui dis. D'un côté, ça me flatte, mais de l'autre, je ne suis pas en train de me faire chier à lui apprendre les enjeux du commerce international et de la mondialisation si c'est pour qu'il me reluque !
Je finis par enlever mes lunettes et lui dire :
«Tu m'écoutes ?»
Et involontairement, je suis prise d'un frisson. Je ne sais pas si c'est à cause du regard chaud et enveloppant de Seth ou à cause du froid glacial de février.
«Tu as froid ?», me demande-t-il, ignorant ma question.
Je vais lui répondre que je vais bien, quand un second frisson me trahit.
«Tiens.», me dit-il en me passant son blouson par dessus la table.
«Toi, tu ne vas pas avoir froid ?», je lui réponds, plus par politesse que par intérêt.
Parce que GAH. Seth Clearwater me prête son blouson quoi ! Je vais pouvoir m'envelopper dedans comme je m'envelopperais dans ses bras. Je me perds un instant dans un petit rêve où Seth, toujours très chaud (je parle de température, celui qui rit à cet involontaire sous-entendu est un porc), me prendrait dans ses bras et me bercerai jusqu'à ce que je trouve un sommeil paisible.
Je me demande ensuite ce que ça ferait de me réveiller à ses cotés.
Puis je redescends sur la planète Terre. Sérieusement, je ne vaux pas mieux que ces groupies de secondes. Je suis super immature.
On parlait de quoi déjà ? Ah oui, du fait qu'il pourrait avoir froid sans son blouson.
«Tu rigoles. Les loups ont une température supérieure à 40 degrés».
Alors j'enfile son blouson kaki, encore chaud, et emprunt de son odeur de sapin, boisée, lourde et sensuelle à la fois. Ah, mon Dieu, mais qu'est ce qu'il sent bon !
Sniff. Miam.
«Tu veux qu'on fasse une pause ?», je lui demande.
«Dans un quart d'heure ? » propose-t-il. « Comme ça tu as le temps de me poser quelques questions.»
Dites donc, il ne serait pas en train d'essayer de passer plus de temps avec moi, là ?
La voix de biatch de mon cerveau me répond :
Écoute, chérie, je sais que tu te prends pour une ouf, mais quand même, il y a un moment où il faut redescendre sur terre. Est-ce que tu penses une seconde que Seth est intéressé par toi, le nain de service avec des cheveux trop longs qui met des jupes tous les jours ?
Ok, ok, on a le droit de rêver non ?
Non.
Sniff. Miam. Ah, il sent trop bon.
«Hm, ok.», je lui dis.
Je cherche un peu dans mon classeur et lui demande successivement le taux d'augmentation du PIB du Japon de 1945 à aujourd'hui, celui de la France, de l'Allemagne, et des États-Unis. Vers 17h, on fait une pause.
«Viens, on va se prendre un café», me propose-t-il.
Je le suis, hors du CDI.
Sniff. Miam.
«Tu es déjà enrhumée ?», me demande Seth quand on entre dans la cafèt' vide.
«Hein ?»
Il rentre ses pièces dans la machine à café.
«Tu n'arrêtes pas de renifler, depuis tout à l'heure !»
Je cherche désespérément quelque chose à lui répondre, puis je me résous à mentir. Plutôt mourir que d'avouer ma bizarre obsession pour son odeur corporelle.
«Oui, si ça se trouve, j'ai pris froid.»
Après avoir acheté nos cafés (et j'ai du batailler pour le payer moi-même), je me surprends à me perdre moi aussi dans ses yeux, à m'abandonner dans la douceur de ses paroles.
Car soyons honnêtes, Seth me plaît. Il me plaît sincèrement.
Quand nous remontons au CDI, nous bossons encore une bonne demi-heure, et puis il propose de me raccompagner chez moi.
C'à quoi je rougis, palpite, souris, renifle (pour la forme) et accepte.
Je suis faible.
«Attend, je mets où mes bras ?», je demande à Seth une fois à califourchon sur la moto.
Seth se retourne, avec un petit sourire innocent.
«Autour de ma taille !»
Je lui réponds d'un petit sourire un peu gêné et entour son buste de mes bras, en collant ma joue sur son dos. Puis je laisse le paysage défiler sous mes yeux, frissonnant quadruplement à cause du froid sur les jambes, du chaud sur ma joue, de la vitesse, et de la proximité de Seth qui fait battre mon cœur plus vite.
-oOo-
Toute la fin de la semaine, Seth et moi nous cherchons en cours de sport ou d'Histoire, nous déjeunons ensemble (avec Nessie et la meute, ok) et nous passons deux heures de tutorat ensemble le soir. Ce sont ces deux dernières heures que je préfère, parce que nous sommes en tête à tête, seuls dans l'école (quel élève serait assez fou pour rester bosser jusque 18h de son plein gré ?).
Le vendredi soir, alors qu'après notre pause café habituelle, nous potassons en silence chacun de notre coté, je le sens un peu tendu.
«Ça va ?», j'ai l'audace de lui demander.
Si Seth et moi nous nous voyons souvent et que nous rions bien ensemble, nous ne sommes pas vraiment intimes. Et nous ne flirtons même pas. Je crois.
«Heu, oui.», me répond-il, toujours crispé, en posant le journal français qu'il est en train de déchiffrer laborieusement.
Après quelques secondes où, les yeux dans les yeux, j'ai l'impression que le temps s'est gelé, il poursuit :
«En fait, non. Je me demandais, si ...hm, samedi, pas demain, parce qu'il y a la fête de Quil, mais dans une semaine ...bref, je me demandais, si par hasard, tu serais disposée à ... Si tu voudrais bien, heu ...».
Il est trop mignon. Il est tellement mignon que je n'ai même pas envie de lui faciliter la tâche en lui demandant cash ce qu'il veut. Le fait qu'il s'embrouille comme un enfant gêné me plait beaucoup trop.
«... Si, hypothétiquement parlant, tu ne voudrais pas ...enfin bref. Est-ce que tu accepterais de venir avec moi, diner en ville ?»
L'aumône, l'aumône pour les pauvres ! (voix de Frère Toc dans Robin des bois) L'aumône, des reviews ! des reviews !
