Bonjour mes grosses ! (et bonjour aux quelques gros qui échoueraient pas hasard sur cette page)
Je suis mor-ti-fiée. Ca doit faire, genre, une décennie que j'ai pas posté, et j'en suis vraiment désolée.
En fait je viens de rentrer en prépa, et le rythme est très, très, très, TRES soutenu. Heureusement, j'ai quand même beaucoup de chapitres écrits en avance, donc tadaaaa !
Je réponds au reviews anonymes (les reviews des inscrites suivront)
Leyah : Je vois que toi aussi tu dégaines ton téléphone dans le train pour lire des fanfictions ? Celles que j'ai découvertes comme ça sont innombrables hélé ! En tout cas, ce que tu dis me fais très plaisir, merci beaucoup d'avoir pris le temps de reviewer. Bisoux !
Kissylia : Ah non mais j'ADORE les pavés moi ! Ne te gène surtout pas pour raconter ta vie dans les commentaires, je trouve ça extrêmement plaisant, moi je le fais tout le temps hihihi. En tout cas merci pour tes remarques, elles me font non seulement hyper plaisir, mais en plus, elles m'inspirent ! Je suis contente que ma vision de Renesmée correspondent à la tienne; Malheureusement, le vent tourne un peu pour elle dans ce chapitre. Je te laisse lire par toi-même. Bisoux !
Wolff2242 : Merci pour ta review, ne t'inquiète pas, Annie ne sera pas trop punie ! Bisoux !
Le lundi suivant, nous devons être quelque part comme le 14, et je n'ai plus que trois semaines complètes pour faire progresser Seth en tutorat. J'ai compté les heures qu'il nous reste (ok, c'était peut-être aussi pour savoir combien d'heures en tête-à-tête avec Seth il me restait), et le compte tourne autour de 24h d'étude, en tout. Ça veut dire douze soirs à peu près, quatre par semaine.
J'ai donc fais, ce week-end, un planning serré de toutes les notions importantes à ne pas survoler et fais une liste de toutes les oeuvres parallèles à consulter (articles, bouquins, films) qui pourraient nous aider.
Ok, je suis flippante. Mais je suis organisée. Et dingue de Seth. Ahem.
Et surtout, ce week-end, je n'ai fait que travailler, parce que papa m'a privée de sortie. J'ai eu beau gémir, argumenter, expliquer, il n'a rien voulu savoir.
«Tu y réfléchira à deux fois avant de ramener des mecs à poil à la maison !», m'a-t-il dit.
En plus, j'ai du me coltiner deux épisodes des Experts Miami dimanche soir en punition.
Vous trouvez que c'est plutôt cool comme punition ?
Sauf que s'il y a bien une série que je déteste, c'est bien les Experts Miami, et surtout Horatio et sa tête de con. Si vous voulez une bonne série policière, regardez The Mentalist ou Psych, mais pitié pas les Experts.
Du coup, j'ai souffert pendant 80 minutes, et le temps des pubs en plus. C'était très dur.
Mais je m'égare.
Si j'ai bossé comme une brute, c'est parce que je suis non seulement motivée pour montrer à M. Hoffman que je suis une élève sérieuse et responsable, mais aussi pour faire progresser Seth. Parce que s'il rate, moi aussi.
Bref.
Le lundi matin, donc, je suis sensé retrouver la bande devant le casier de Nessie. Lorsque j'arrive, je remarque que le lycée est plongé dans une espèce d'agitation palpable.
Je repère l'attroupement devant le casier de Renesmée, et reconnais (haha, cette fois j'ai mis mes lunettes) Quil, Jake, Colin et Brady.
Colin me fait un grand sourire et signe d'approcher.
Seth n'est pas encore là. Je pousse un petit soupire et décide de passer par mon casier avant de les rejoindre.
Je fais comprendre à Colin que j'arrive dans peu de temps.
Nessie vient dormir à la maison ce soir, car mon père n'est pas là. Je n'avais pas le droit de rester seule et Ness ne voulait pas que je vienne chez elle pour une nuit.
«Croie-moi», m'a-t-elle dit à toute vitesse, «ce n'est pas un cadeau de vivre avec mon père tous les jours. Il va entendre toutes tes moindres pensées. Détrompe-toi, je l'aime énormément, c'est mon père, mais son don est carrément casse-couilles. En général, maman utilise son bouclier sur moi, mais elle est partie chasser avec Tante Rose et Mamie.»
Je l'ai crue sur parole, et, ce soir, dès la fin des cours, nous allons chez moi. Du coup, je vais devoir annuler mes deux heures de tutorat avec Seth, bien que ça ne me fasse pas plaisir.
Je me rend compte que mes épaules sont voûtées, et que la perspective d'un matin froid au lycée m'affecte plus que je ne le pensais.
Puis, en y réfléchissant, je réalise que ça fait un petit bout de temps que je suis stressée ou dans la lune.
Autant vous dire que, oui, effectivement, après le baiser de Seth sur ma joue samedi soir, j'ai littéralement passé mon dimanche entier à rêvasser et à me faire des films sur lui et moi, notre mariage et même les prénoms de nos futurs enfants.
Et, oui, le lundi matin a des accents de retour massif à la réalité. Une réalité rude et grise, comparée à mes rêves dominicaux.
J'ouvre nonchalamment mon casier, et un torrent de rouge me tombe dessus. Surprise, je titube sous le poids des pétales, avant de m'avachir en arrière.
Des pétales ?
Hein ?
Je me relève, et quelle n'est pas ma surprise lorsque je découvre des dizaines et des dizaines de roses rouges entassées dans mon casier !
Attendez - quoi ? J'y comprend rien.
«C'est Seth ?» me lance Winnie, ma voisine de biologie, qui, en face de son casier, lorgne le mien avec envie.
«Gné ?», je grogne, en époussetant mon pullover.
«Ton Valentin. C'est Seth ? La chance ...», me dit-elle en se mordant la lèvre.
La Saint-Valentin !
Quelle idiote. Le 14 février. J'aurais du y penser plus tôt !
Et si c'était Seth, toutes ces roses ?
Comment ça, je rêve en couleurs ? Vous pensez à quelqu'un d'autre, vous, peut-être ?
Remarquez, je ne vois pas qui ça pourrait être d'autre. Colin a arrêté de me tourner autour depuis l'altercation qu'il a eu avec Seth, et si ce n'est pas Seth, c'est un psychopathe que je ne connais pas.
Avant que j'ai le temps de plus réfléchir, je me rend compte que je suis en train de sourire comme une bécasse.
Oh, pitié.
Non, je ne suis pas amoureuse. Non !
Attendez, Annie Sommers ne tombe pas amoureuse au bout d'une semaine ! Annie Sommers a un peu de dignité. Annie Sommers aime se faire désirer, c'est une femme fatale froide et indépendante, qui sait comment mener les hommes par le bout du nez !
Ok, je crois que je me fais des films.
Mais je ne suis pas amoureuse, je vous dis. Inutile d'insister !
Quand même. Des roses. Des roses rouges.
Un sourire béat accroché à la figure, je m'empare de mes cahiers de maths en sauvant une rose que j'enferme dans mon agenda, entre deux pages blanches.
Lorsque deux heures plus tard, en Histoire, j'entend la chaise de Seth grincer à côté de moi, je me rend compte que je n'ai pas arrêté de sourire depuis 8h ce matin.
«Alors, Annie, comment se passe ta journée ?», me demande-t-il en sautant sur sa chaise avec un sourire éblouissant.
Comment vous dire ? Passer d'un début de semaine morose à un joli lundi ponctué de pétales de roses rouges et de dents blanches, j'ai jamais connu mieux.
C'est fou comme en sept jours, je ne me suis jamais mieux sentie parmi un groupe de gens. C'est fou comme les grandes mains brunes de Seth qui attrapent les miennes à n'importe quelle occasion me font de l'effet. De même que sa bouche qui s'étire d'oreille à oreille pour la moindre raison. Ou que ses yeux qui m'enveloppent de bienveillance dès qu'ils entrent en contact avec ma personne.
Non je ne suis pas amoureuse.
Mais, quand même, vous ne trouvez pas ça super sexy la façon dont ses lèvres s'ourlent pour prononcer mon prénom ?
Ah, j'oubliais. Vous ne pouvez pas entendre.
Mais je vous garantie que j'ai chaud ...
«Extrêmement bien. C'est même un des meilleurs lundis que j'ai connu, jusqu'ici», je m'exclame, essayant de ne pas avoir l'air trop enjoué (et j'échoue misérablement).
«Et puis-je savoir ce qui te mets dans un tel état ?», me demande-t-il malicieusement.
Je tord la bouche. Je n'ai pas réellement envie d'en discuter maintenant comme si c'était normal. Ça serait gênant (genre très gênant), et surtout, ça gâcherai la magie du moment. Et imaginez que ce ne soit même pas lui.
Je répond donc avec des étincelles dans les yeux :
«Disons juste que j'ai reçu une belle surprise. Et j'adore les belles surprises.»
Il me fait un énorme sourire à la Seth, et je fond.
Pas littéralement. Mais je craque, quoi. Je me rend compte que ok, si je ne suis pas amoureuse, ce n'est plus qu'une question de temps.
Le reste de la journée, Seth et moi on se voit beaucoup. À la cantine, dans les couloirs, en sport. Il paraît très déçu quand j'annule notre tutorat de ce soir, et ça me fend le coeur. L'électricité vibre entre nous comme au premier jour, et je sais que lui comme moi sentons sans arrêt cette étincelle qui claque lorsque nous nous touchons. Ou quand son regard harponne le mien dans les couloirs.
Je crois que ce sont ces moments que je préfère dans la journée. Quand j'arrive dans le couloir B4, celui des casiers, à petits pas mesurés pour ne pas faire tanguer ma pile de bouquins, il m'arrive de le voir, au loin, arriver d'une démarche bondissante, son sourire en coin s'étirant de plus en plus au fur et à mesure qu'il me voit. Il m'aide ensuite à porter mes livres et je sens sa main brûlante dans le creux de mes reins, sur mon épaule gauche ou sur mes omoplates.
Pas une main pressante, ni insistante, juste là, légère, présente, comme si c'était une sorte de réflexe vital pour lui de me toucher.
Mais attention, ce n'est pas un toucher en mode "palpage" (ce qui serait bizarre, voire obscène). C'est davantage comme une douce caresse un peu inattentive, involontaire, pour laquelle il est tout simplement impossible de lui en vouloir (surtout quand ça vous donne des frissons, en plus).
Ça ne me dérange pas qu'il me touche. Étant moi même assez tactile, je me surprends parfois à attendre, à espérer sentir sa paume sur mon dos ou mes bras.
Nous ne reparlons pas de l'incident des fleurs. En revanche, je me débrouille pour faire remplir son casier de biscuits au chocolat en forme de coeur. Heureusement, Quil connaissait la combinaison de son casier, et a eu la gentillesse de l'ouvrir pour moi.
Il m'a rapporté que Seth s'est littéralement pris l'avalanche de gâteaux dans la figure.
Hehe. Je suis sournoise. Je suis géniale.
En revanche, Jacob a offert des boucles d'oreilles clip à Renesmée. Roses, et en forme de coeur. Non seulement elles font très bébé, mais en plus Ness a les oreilles percées. Elle lui a dit merci, elle lui a fait un baiser sur la bouche, mais j'ai bien vu que quelque chose n'allait pas.
oOo
Le soir, alors qu'elle dort à la maison en l'absence de mon père, j'ai droit à un pétage de câble en direct :
«JE N'EN PEUX PLUS ! JACOB EST UNE VRAIE PLAIE !»
Nous sommes douchées, en pyjama, et j'ai bien essayé de mettre un soap opéra à la con pour lui changer les idées. Rien de bien concluant.
Elle est en train d'hurler dans le salon que Jake est égoïste, qu'il ne la voie pas, qu'il va finir éboueur, et d'autres conneries dans le genre.
«Et, croie-moi, Annie, je ne serais pas femme d'éboueur ! JAMAIS !»
J'ai essayé de lui dire que ce n'est pas gentil pour les éboueurs, mais elle a commencé à crier, alors je me la suis bouclée. Après cette crise, elle se calme, avant de s'asseoir dans le canapé d'un mouvement fatigué, et de se relever brusquement pour se remettre à crier.
D'après ce que j'ai compris de ses paroles pas super cohérentes et des images qu'elle m'a faites passer dans la tête avec son don, Jake ne la voit pas telle qu'elle est.
Il ne la voit pas comme une femme, plus mûre et plus mature que la Nessie qu'il a toujours connue. Elle aimerait qu'il voit qu'elle a de l'ambition, qu'elle a grandi, qu'elle a des besoins différents que ceux auxquels il avait l'habitude de répondre ne serait-ce qu'il y a seulement un an de ça.
Elle se sent prisonnière de l'image figée qu'il lui a attribué, et elle est fatiguée de toujours devoir prouver qu'elle est grande.
Moi, je pense que le fait que Jake n'aille plus en cours joue aussi. Parce que, sérieux, si Seth ne foutait rien en classe, je serais moi-même sur-vénère.
Attendez, est-ce que je viens de comparer la situation qu'elle a avec Jacob avec celle de Seth et moi ?
C'est un lapsus. Juste un lapsus.
Ahem.
Seth et moi on est pas un couple !
S'en suit une crise de larme. Elle a finit par s'allonger complètement sur le canapé, ses jambes sur mes genoux.
Tout à coup, elle se relève sur les coudes et m'explique :
«Je ne suis pas en train de faire un caprice de bébé »
«Je sais Nessie. Mais j'imagine que ces boucles d'oreilles sont un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase… »
«Exactement. Je l'aime, mais j'ai l'impression qu'il pense que je suis acquise, qu'il ne doit plus se fouler pour me faire plaisir. J'ai l'impression d'être avec quelqu'un qui me connaît trop pour être mon amoureux ! Je me sens oppressée, piégée, je-» me confie-t-elle, en me sanglotant dans les bras.
Elle s'essuie les joues, et poursuit :
«Pour être honnête, tout ce que ça fait, c'est que ça me donne envie de fuir.»
Prise d'un élan de compassion, je décide de partager avec elle mon dernier pot de glace Haägen-Datz vanille/pécan.
Résignées, on fait un méli-mélo avec nos jambes et on dévore notre glace en énumérant les problèmes à résoudre avec Jacob.
On reste une bonne demi-heure dans cette position, allongées, à se faire des câlins de réconfort, alors qu'elle pleurniche toujours.
Ensuite, elle s'endort, et je reste, les bras ballants, un lundi soir à 22h, seule dans mon salon.
Enfin, presque.
Je regarde autour de moi en quête de quelque chose avec quoi m'occuper, et mon regard s'arrête sur le téléphone de Renesmée.
Après une nanoseconde d'intense réflexion, j'attrape son portable et mon courage à deux mains, et appelle Seth.
Au cas où vous vous demanderiez, Nessie n'est en effet pas hyper discrète quand il s'agit du code de son téléphone portable. Et je ne suis pas aveugle, quoi. Désolée, Hellen Keller.
Une fois que j'entend le numéro se composer, je me demande si je n'ai pas fait une connerie. Genre une grosse connerie.
Mais qu'est-ce que je vais lui dire ?
MAIS QU'EST-CE QUI M'A PRISE ?
Je suis folle, totalement inconsciente ! S'il décroche, je fais quoi ? Oh mon dieu.
Panique à bord.
MAYDAY ! MAYDAY ! SOS !
Et si j'essaye le morse, il me semble que ça fait un truc comme tut tut tut TUT TUT -
Il décroche à la première sonnerie.
«Nessie ? Il y a un problème ?», demande-t-il directement, d'une voix vaguement inquiète.
«C'est Annie», dis-je.
Silence.
«Salut Annie».
Quand faut y aller, faut y aller.
Je prends une grande inspiration et ose :
«Seth, je suis désolée de te déranger, mais, j'ai besoin de savoir ...c'était bien toi, les roses, ce matin ?»
Nouveau silence.
«Oui», m'avoue-t-il d'une voix chaude.
Dieu merci. Je pousse un soupir de soulagement.
«Merci, Seth», je murmure, en rougissant.
Le silence s'installe une fois de plus, jusqu'à ce qu'il dise :
«Ça t'a fait plaisir ?»
Je répond un peu trop vite :
«Très !»
Je l'entend sourire.
«Merci pour tes gâteaux au chocolat. Ça ne pouvait être que toi, Quil n'aurait jamais donné le code de mon casier à une autre fille.»
Perspicace, Ignace. Je ris, j'ai chaud. Il me fait me sentir spéciale.
«Ça tient toujours, pour samedi prochain ?», me demande-t-il.
Cette fois-ci, je prends mon temps pour répondre, histoire de savourer ces longues secondes :
«Oui», je souffle.
«Très bien», dit-il, dans une sorte de soupir de soulagement. «On en parlera demain.»
S'en suit un autre silence chaud, où j'entend sa lourde respiration. Je finis par chuchoter :
«Bonne nuit, Seth. À demain.»
«Fais de beaux rêves, Annie.»
Non, je ne suis pas amoureuse.
Prochain chapitre : le rendez vous entre Seth et Annie de samedi soir (vous n'avez pas oublié ?)
