Non, vous ne rêvez pas ! Une update au bout de 8 jours !
C'est vrai que j'avais très envie de poster ce chapitre, et la coupure du dernier était un peu sadique de ma part.
ENJOY !
Je dédis ce chapitre à ma fidèle lectrice Wenesday, qui me laisse à chaque fois des reviens trop mignonnes qui me font rire et qui, honnêtement, m'inspirent beaucoup. Beaucoup, beaucoup (je sais que ce chapitre va te plaire).
Réponse à la review de Marine : woaw, je suis vachement honorée que tu trouves mon histoire plus intéressante qu'un commentaire d'anglais ! J'ai moi-même un essai à rendre pour demain sur la caractérisation et je suis en train de me dire que je vais le skipper vite fait bien fait parce que je n'ai pas écris un mot :P Je prends compte de tes suggestions même si je réfléchis encore car c'est plutôt difficile de passer à un autre point de vue dans une histoire calibrée pour se caler sur un autre. Mais bon bien sûr, si les autres lecteurs sont d'accords, je suis prête à relever le défi ! Aussi, moi je suis pareille qu'Annie et toi pour les talons ! C'est peut-être mon seul point commun avec elle puisqu'elle est bien plus fun que moi, mais aussi vachement plus sensible (tu vas voir dans ce chapitre). Merci de ta review, elle m'a vraiment fait super plaisir !
Quand je me réveille le dimanche matin, j'ai envie de sauter partout, de danser, de chanter, au lieu de quoi je finis par atterrir sur mon bureau, pour finir ma dissertation de Géo sur la Chine.
Im-pos-sible de me concentrer.
À chaque fois que j'essaye de me visualiser Mao ou Deng, c'est Seth qui vient. Seth, avec ses cheveux un peu trop long et décoiffés, qui partent dans tous les sens quand il y passe négligemment sa main. Seth, avec ses yeux un peu bridés d'amérindien. Seth, avec ses prunelles d'un marron sombre en fusion, qui vous couvent et vous enveloppent. Seth, avec sa bouche brune, pleine, souriante, ses dents éclatantes et le son de son rire, si plaisant.
Je revois la bouche de Seth rencontrer la mienne au ralenti, et je me souviens de ses mains chaudes sur mon corps. Sur mes hanches, sur mon dos, sur ma taille. Ses grandes mains calleuses qui recouvrent plus de surface de mon anatomie que les miennes ne le feront jamais sur lui.
Seth qui m'embrasse à coté de sa moto, sur mon perron, sur la piste de danse. Ses lèvres brûlantes qui se pressent contre mon cou ...
Je suis faiiiible.
Je passe ma journée à tourner en rond, à regarder mon portable ne pas sonner, et je finis par cracher cette foutue dissert'. Vers 21h, je prend une douche froide, me fout au lit, et m'endors très vite.
Le lendemain, je ne me sens plus du tout aussi nerveuse qu'hier, déjà parce que j'ai beaucoup dormi.
Heureusement, quand je me découvre dans le miroir, j'ai envie de sourire.
Bordel, j'ai un teint éclatant aujourd'hui ! Si j'avais su ça avant, ça ferait belle lurette que j'aurais avancé mon heure de coucher...
Je brosse et brosse et brosse mes longs cheveux et en perd environ la moitié en cours. Et puis hop, un petit coup d'eye liner, et hop, du blush, et hop une grosse queue-de-cheval, et hop, des boucle d'oreille-perle.
Je mets même mes lentilles plutôt que mes grosses lunettes.
Il fait super froid aujourd'hui, donc j'opte pour un é-norme pull en cachemire, col roulé, blanc cassé, avec deux torsades tricotées sur le devant. Puis j'enfile un slim noir et des bottines, sobres. Je fais trop attention à mon apparence, et ça, c'est à cause de Seth.
Oui, je sais, j'aime bien me dégager de toute responsabilité. C'est mon truc.
N'empêche que j'ai envie de danser tout le long du trajet.
Quand j'arrive à l'école en voiture, Seth m'attend à ma place de parking habituelle. Il est appuyé contre sa moto, les jambes et les bras croisés, le regard perdu dans le vide. Il porte un blouson en cuir rembourré avec de la moumoute, sur un t-shirt et un vieux jean. Il a des grosse boots style Timberland aux pieds (qui ne viennent sûrement pas de chez Timberland). C'est dingue comme je le trouve magnifique, tant en smoking qu'en look de bucheron.
Le parking est désert, et je me demande si je ne suis pas en retard.
J'ai vaguement le temps de me demander comment réagir face à Seth qui me sourit, quand, après être descendue fébrilement de ma voiture, et, sans me dire bonjour, Seth m'embrasse.
D'un baiser tout doux, juste avec les lèvres. Il m'embrasse une fois, puis deux, et trois, et il ne s'arrête plus.
Je finis par avoir mal aux chevilles, car je suis sur la pointe des pieds, et je redescend d'un à-coup. Seth garde ses immenses mains sur mes hanches (sous mon pull, sous mon marcel, et donc sur ma peau du ventre, et ça me fait des petits guilis). Son front appuyé contre le mien et ses yeux levés vers mon visage, il murmure d'une voix un peu rauque du matin :
«Bonjour Annie»
Ah, je fond. Je me liquéfie, je coule et je finis comme une flaque de désir sur le sol verglacé du parking de la Push.
Finalement je me re-solidifie quand Seth me plaque la main sur la nuque et me colle entre lui et la voiture pour un autre baiser. C'est une sensation d'oppression, mais je ne suis pas du tout claustrophobe. Écrasé entre ma voiture et le mur de son corps, ses lèvres brûlantes sur les miennes et ses mains dans mes cheveux, je me demande si je ne suis pas en train de m'envoler au paradis.
Je ne vous cache pas que nous n'arrivons à nous embrasser qu'au péril de petites acrobaties, car réussir à atteindre l'autre est assez compliqué (je vous jure, il est excessivement grand).
Nous finissons par nous diriger vers l'entrée du lycée, et juste devant la porte, Seth me lâche la main. Il me lâche la main.
Pendant que nous marchons, côte à côte, vers nos casiers, je ne peux pas m'empêcher de tiquer.
Pourquoi il m'a lâché la main en entrant ? Peut-être qu'il ne veut pas être vu avec moi en tant que couple ? A-t-il honte de moi ? Veut-il éviter de faire de la peine à une de ses ex ?
Ce qui m'amène à la question : combien a-t-il eu d'ex ? Beaucoup ? Est-ce que ...il est encore puceau, du coup ?
Ok, Annie, ferme ta gueule.
Parce que, moi, je vous le dis tout net : j'ai peut-être dix-sept ans (allez, presque dix-huit), mais Seth est le premier vrai garçon avec lequel je sors.
Mais est-ce qu'on sort ensemble ?
Je crois, non ? Sinon il ne m'aurait pas embrassé ce matin !
C'est tellement nouveau pour moi... Le seul mec qui m'aie jamais invité à sortir, c'était un connard de première, parce qu'on devait faire un double date entre Francesca, une de mes amies, et son pote Kyle.
Il a essayé de me sauter le soir même, et je lui ai donné la première baffe d'une longue série.
Mais je m'égare.
Peut-être que Seth enchaîne les filles. Ce qui expliquerait sa popularité au lycée ! Peut-être que je ne compte pas vraiment pour lui. Peut-être que c'est juste la manière dont il fonctionne et qu'il pense que je le sais, ce qui explique le fait qu'il ne m'ai rien dit.
Pourtant il avait vraiment l'air de bien m'aimer ! Alors pourquoi il n'assume pas de se montrer avec moi ?
En arrivant devant le casier de Nessie (le QG du matin), il fait des hugs et des high five par-ci, par-là, mais n'officialise rien pour nous.
Pourquoi est-ce qu'il ne fait pas un signe pour dire qu'on est ensemble ? On est ensemble, non ? Je ne demande pas à ce qu'il fasse un grand discours, mais quand même...
Peut-être que c'est trop tôt pour lui ?
JE NE COMPREND PLUS RIEN !
Pour ne pas, premièrement, me taper la honte, et deuxièmement, le mettre mal à l'aise, je ne dis rien.
Je me dirige vers mon casier et je fais comme si de rien n'était. Comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes.
Durant la matinée, je dispose de quatre heures pour me remuer les méninges. Apparemment Seth a vu que quelque chose n'allait pas, et croit bon de me coincer dans un coin à l'abri des regards pour m'embrasser.
Et personne ne nous voit.
Est-ce que je suis son secret ?
Je l'embrasse docilement, sans rien dire, parce que, ok, j'aime ça. Mais je ne dis rien. Je ne dis rien et je m'écarte doucement.
À la cantine, vers 13h, il me fait du pied sous la table. Je souris, parce que j'aime ça, mais je ne dis rien.
Je commence à avoir honte de moi-même. Est-ce que je ne suis pas assez bien pour lui ? Est-ce qu'il n'assume pas d'être vu avec moi ?
Pourtant j'ai mis un pantalon aujourd'hui, et je n'ai pas mes lunettes ! Mon père m'a complimentée sur ma bonne mine ce matin, et a souri en voyant que j'avais viré mon habituelle jupe et mes binocles.
Après quatre heures de cours à cogiter à propos de ça, j'en suis arrivée à la conclusion que je n'aurais pas de réponses à ces questions si je continue à fermer ma gueule. Et aussi, qu'il faut que je mette les choses au clair avec Seth avant demain, parce que c'est malsain.
Ça me fait du mal.
Pourtant, je n'ai pas le cran de le faire après le déjeuné. Fatiguée de l'attitude bipolaire de Seth, je vais m'enfermer dans les toilettes et je verse une ou deux larmes.
Je suis pathétique.
Qu'est-ce que j'espérais ? Des roses et des bisoux devant tous le monde ? Une déclaration ? Un avis à la population ? Une demande facebook ?
Je n'ai même pas reçu un putain de coup de fil.
Mes larmes coulent de plus belle. Je me suis montée la tête toute seule. Je me suis fait des films, et je finis avec le coeur en morceaux alors que la seule histoire que nous avions était dans mon imaginaire.
Quand je pense que j'ai accepté que notre premier fils s'appelle Harry ...dans ma tête.
Je m'éponge les yeux au dessus du lavabo, et je sors des toilettes en reniflant.
Seth ne m'embrassera pas, pas tant que je ne serait pas sa copine officielle. C'est résolu.
Malgré ses tentatives discrètes, je fais la sourde, l'aveugle et la muette (en mode Hellen Keller) pendant le reste de la journée. Jusqu'à ce que vers 16h, il me coince contre mon casier, me dominant de toute sa taille.
C'est l'heure de la sortie, et tout le lycée de La Push vaque dans les couloirs, nous sommes donc exposés. Je remarque une horde de fille qui ouvrent la bouche de stupéfaction face à notre posture trop... intime. Et c'est vrai : je suis littéralement collée aux casiers, et ne suis séparée de son corps que d'un ou deux centimètres. Cette fois-ci, la sensation d'oppression me guette. C'est comme si j'avais été traquée et acculée dans un coin.
Je dirige mon regard inquiet vers Seth, qui, là-haut, lui aussi, a l'air préoccupé.
«Annie. Quel est le problème ? Tu m'as à peine parlé aujourd'hui, est-ce que j'ai fais quelque chose que je n'aurais pas-»
«Est-ce que», je le coupe, en chuchotant, un trémolo involontaire dans la voix. «Est-ce que tu... tu as honte de te montrer avec moi ?»
Seth ouvre de grands yeux. Il a l'air tellement crédible et innocent que je peux presque toucher de nouveau mes rêves et mes espoirs qui se sont envolés, à la pose déjeuné ce matin.
Sans que j'ai le temps de réagir, il me prend par sous les bras, me soulève à cinquante centimètres du sol, me plaque contre les casiers, et m'embrasse fougueusement.
Je met environ deux longues secondes à réagir, avant de passer mes bras sur sa nuque et d'enrouler mes jambes sur ses reins.
Mes peurs et mes désillusions s'en vont, chassées comme un coup de vent par ce baiser passionné.
Il a la même intensité que samedi soir, et il y a cette même odeur de bois frais, d'aiguille de pin et de menthe poivrée.
«Euuurk», dit quelqu'un (Quil, il me semble), «Prenez une chambre».
Puis j'entend des gens qui sifflent, ou qui rient. J'entend des exclamations ironiques, des vannes, mais je n'écoute pas.
Je sens Seth sourire contre mes lèvres, mais il ne s'arrête pas. Il m'embrasse comme si c'était la première fois, doucement, lentement, comme pour dire pardon.
Quand il recule légèrement sa tête (puisque ça m'est impossible), ses yeux me transpercent. Il me laisse là, en hauteur, coincée entre son torse et les casiers des secondes, mes jambes qui l'entourent, mon bassin contre ses hanches.
«Je n'aurais jamais honte de toi, Annie», me dit-il, avec sa moue à la Seth, indolente, presque suppliante, et irrésistiblement honnête.
Encore une fois je frissonne quand je l'entend prononcer mon prénom.
«Je ne voulais juste pas te brusquer. Je ne savais pas que tu voulais que les autres sachent tout de suite. Je pensais que c'était trop tôt pour toi.»
En souriant doucement, je l'attrape par les cheveux de la nuque, l'embrasse tendrement, et dis :
«Tu sais, je ne suis pas contre le principe du dialogue. Tu aurais pu m'en parler.»
Ce n'est pas une accusation, même si j'appuie sur le mot 'dialogue'.
«Je te promets que je suis disponible pour parler de tout et n'importe quoi avec toi», dit-il en m'embrassant encore une fois. «Excuse-moi».
«Et tu peux m'appeler aussi. On vit en 2014, les téléphones, ça fonctionne», je dis, en passant une main dans ses cheveux épais.
Il acquiesce, et sourit. Il ne me le dit pas, mais je sais que Seth et son téléphone, ce n'est pas une aussi grande histoire d'amour que la notre. Ça doit faire trois fois qu'il le casse depuis qu'on se connait. Et pourtant c'est un vrai frigo.
On se regarde pendant un temps qui me semble une éternité, dans les yeux, front contre front, quand je me rappelle qu'on se donne en spectacle.
Je relève la tête, et, en voyant une grande partie des élèves de seconde nous scruter, je me rend compte que ce n'était peut-être pas hyper approprié, ce genre de démonstration publique d'affection, devant la moitié du lycée.
Je remarque des secondes avec des têtes irritées, et des premières qui ont l'air de crever d'envie d'être à ma place.
Et c'est vrai que ma place est plutôt cool.
Après ça, je remarque l'expression de Nessie, dans le coin du couloir, et je sens que je vais me faire cuisiner.
Alors, plusieurs d'entre vous m'ont demandé de faire un POV Seth et/ou Nessie.
Dites moi ce que vous en pensez, si vous aimeriez ça ou non et ce que vous aimeriez éventuellement y voir (je vous le dis clairement je le ferais en fonction de vous donc profitez en :D)
N'oubliez pas de reviewer, c'est mon seul salaire ! Et ça me fait super plaisir de savoir ce que vous en pensez :)
