Coucou tout le monde !
MERCI pour vos reviews ! Si vous saviez comme elles me font plaisir ...
Bonne nouvelle ! Voici un chapitre qui est plus de 2 FOIS plus longs que ceux de d'habitude :) J'espère donc qu'il vous plaira !
Réponse à MissPunky974 : D'abord, merci pour ta review. Ensuite, il est clair que ce serait du suicide (ou plutôt un homicide ici) d'inclure un changement de POV au milieu de l'intrigue et rassure-toi, je n'en ai jamais eu l'intention, d'abord parce que mes chapitres sont écrits à l'avance et surtout pour une histoire d'esthétique. C'est parce que j'hésitais à l'écrire tout court que je vous ai posé la question; par ailleurs, et bien sûr, comme tu l'as fait remarquer, pour garder baissée la part de mystère, que je ne vais certes pas dévoiler tout-à-trac comme ça ! Mais ça me fais toujours plaisir de lire des jolis commentaires où les reviewers mettent des mots là dessus, c'est toujours très intéressant. En tout cas, pas de panique, je ne casserai pas le rythme de l'histoire tel qu'il est lancé :) Plein de bisoux !
«Raconte moi TOUT !», hurle Nessie dans le téléphone alors que je m'apprête à faire mes devoirs.
Je me suis douchée, et je paresse sur mon lit en pyjama. L'avantage d'avoir un père vampire, c'est qu'il est d'accord pour mettre le chauffage à fond, parce qu'il ne sent pas le froid. Du coup, j'ai enfilé mon petit caraco en soie et dentelle et le shorty assorti alors qu'il fait -2 dehors.
Hehe.
Je ne peux m'empêcher d'imaginer la réaction de Seth s'il me voyait ainsi.
«Tout ?», je demande, en changeant de position pour allonger mes jambes contre le mur, la tête en arrière.
«Oui, tout ! N'essaye même pas de te défiler.»
«Non, mais, Nessie, je ne peux pas tout te dire, ça prendrait des heures et j'ai encore des maths à faire ce soir. En revanche, je peux répondre à tes questions, si tu veux !»
J'écarte le téléphone portable de mon oreille quand elle pousse un hurlement d'excitation.
«Quand est-ce que vous vous êtes embrassés pour la première fois ?»
Je souris en y repensant. C'est un merveilleux souvenir. Un baiser tacheté de rouge et de musique latino, et ses yeux bruns, sa haute stature et ses muscles puissants qui me serraient contre lui.
«Samedi soir», je répond simplement.
«Vous vous êtes vus ?», demande-t-elle, extasiée. «Et tu m'as rien dit ?»
«Si je ne t'ai rien dit, c'est parce que, c'était un peu compliqué, je ne savais pas si on était ensemble vraiment. Mais oui, on s'est vus. Il m'a invité au restau, à Port Angeles, et on a dansé toute la soirée.»
«Il danse bien ?»
J'inspire fort.
«Pwof, tu sais, on a fait que piétiner, mais oui, je crois. »
Disons que ce n'était pas la chose sur laquelle je me concentrais le plus.
«Et, donc vous êtes ensemble ?»
«Je pense que oui.»
«Et pourquoi il t'a embrassé hyper ostensiblement tout à l'heure, à la sortie ?»
Ahah. "Ostensiblement". Il n'y a que Nessie pour parler comme ça. Ça ne m'empêche pas de me toucher distraitement les lèvres en repensant à cet épisode.
«Il voulait me prouver que ça ne le dérangeait pas de se montrer avec moi. J'avais des doutes idiots.»
J'entend Renesmée soupirer d'envie. J'ai l'impression qu'elle passe son temps à comparer sa relation avec la notre. Je pensais que la sienne était mieux, mais, finalement, ce n'est plus le cas.
Après le pétage de câble de Nessie il y a une petite semaine, elle a pratiqué ce qu'elle appelle "la politique du bloc de glace". Elle ne parle plus à Jake, ne regarde plus Jake, ne le touche plus, ne l'écoute plus.
Ça doit faire deux jours qu'elle est à ce régime là. Ça me fait de la peine, car Jake n'a pas vraiment l'air de s'en inquiéter, et c'est dur pour Nessie.
«T'inquiète, Ness, ça va finir par s'arranger avec Jacob.»
Je l'entend rire à demi.
«Hé, c'est le boulot de mon père, de lire dans les pensées !»
Je ris.
«Qu'est-ce que tu comptes faire ?»
«Je ne sais pas. Je ne m'imagine pas le quitter, mais je lui en veut beaucoup. Il est imprégné de moi, donc je ne comprends pas pourquoi il ne sent pas le problème. C'est le principe, normalement. Il est capable de comprendre de façon extralucide la relation dont j'ai besoin avec lui. Il est censé s'adapter, bordel de merde ! Pourquoi il ne s'adapte pas ? »
Je me suis relevée pendant sa tirade.
«Attend, Nessie, tu as dit quoi ? Il est quoi, de toi ? Imprégné ?»
Silence.
«Seth ne t'a pas dit ?»
«Seth ne m'a pas dit quoi ?»
Elle commence à balbutier un truc quand j'entend un énorme bruit à la fenêtre.
«Waow. Attend, Nessie, je te rappelle», je fais.
Est-ce que papa a oublié ses clés ? Il a déjà défoncé la porte une fois, ça commence à bien faire. J'enfile, clopin-clopant, une jupe, des collants et un gros pull-over, avant de me diriger vers la fenêtre.
J'ouvre la lucarne, et quelle n'est pas ma surprise lorsque je découvre, dans le crépuscule orangé, Seth qui me sourit d'en bas.
«Hey !»
«Mais qu'est-ce que tu fous là ?», je crie presque.
Son sourire perd un peu de sa lumière.
«T'es pas contente de me voir ?»
Ah, si tu savais combien ...
«Je peux entrer ?», enchaîne-t-il, quand il voit mon sourire.
Celui-ci se fane aussitôt, car on ne sera bientôt plus seuls :
«Non, mon père va arriver.»
«Et alors ?», me demande-t-il.
«L'odeur», je dis en fronçant le nez.
Mon père va cramer direct qu'il est rentré. Et même s'il aime bien Seth, il reste qu'il ne le connaît pas, et surtout, qu'il est plutôt hostile à me savoir seule à la maison avec un inconnu.
Seth fait mine de réfléchir, et finalement, il me renvoie un sourire éblouissant, avant de suggérer, en me tendant les bras :
«Tu descends alors ?»
«Tu veux dire ...par la fenêtre ?», je demande avec un air un peu cruche.
Je pourrais aussi bien descendre par la porte d'en bas, mais l'idée de sauter de plus de cinq mètres pour atterrir droit dans ses bras m'émoustille un peu.
«Oui ! Comme ça il n'y aura même pas mon odeur sur le perron.»
Bien pensé, Hervé.
Je passe une jambe par dessus le châssis, puis l'autre, et avant de sauter, je lui lance :
«Tu me rattrape, hein ?»
Je n'entend qu'un rire en écho avant de me jeter dans le vide, en position allongée, dos au sol. La chute est courte, violente, et c'est génial. Seth me réceptionne d'un coup brusque mais ferme, en pliant les genoux.
Et comme il me porte, comme une princesse, une main sous le creux des genoux et l'autre dans le dos, avec sa tête un peu penchée pour me regarder, j'attrape sa nuque et je l'embrasse.
Je suis juste heureuse. Il y a trois semaine j'étais triste de quitter ma ville, mes amies, mon école, mon oncle et ma tante, mon lycée, ma popularité acquise. Et je trouve un amoureux, un père, une meilleure amie et toute une bande de potes géniaux.
Seth m'embrasse toujours sans me lâcher, avec sa chaleur qui se répand partout.
On est toujours en train de s'embrasser comme si le monde s'était arrêté de tourner quand mon téléphone sonne. Seth, à contrecoeur, me dépose délicatement par terre, et avant d'extirper mon iPhone de ma poche arrière, je l'embrasse une dernière fois dans le cou.
D'abord, parce que j'adore son cou, et puis surtout parce que je ne peux pas aller plus haut. Il est trop grand.
«Allo ? Papa ?»
«Oui, ma fille. Je t'appelle parce que Sam et moi on a encore des trucs à faire cette nuit. Il va se prendre une chambre dans un motel pendant que je chasse, et on rentre demain aux aurores. Pour être honnête, je serais plus tranquille si tu appelais un de tes potes loup pour surveiller un peu la maison cette nuit. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose.»
À ces mots, Seth et moi on se regarde, et on sourit simultanément.
Yessssss.
«Ok, papa. Merci !»
«Dis donc, Annie. Pas de bêtises avec Seth. Je le saurais s'il est entré dans la maison ...»
Mon sourire s'évanouit aussitôt.
«Roh, papa, on peut pas juste regarder un film ?»
Il réfléchit.
«Juste un film. Si je sens son odeur dans ta chambre, je le traque jusqu'en Alaska, je te préviens.»
Seth en face de moi prend un air offensé.
«Bien, papa. À demain. Tu veux que je prévienne Emily ?»
«Elle est déjà au courant ! Dors bien, ma puce.»
« Bisoux ! »
«Tu rentres ?», je suggère à Seth, avec un grand sourire et des paillettes dans les yeux, après avoir raccroché.
Seth me fait de grands yeux faussement choqués.
«Mais dites donc, ma petite Annie ! Vous êtes une enfant dévergondée !»
Je prends un air vexé, et je n'ai pas le temps de simuler une crise de larmes que Seth m'a déjà passée par dessus son épaule en mode sac de patate.
Je ris aux éclats comme une gamine.
On rentre dans la maison, Seth me portant toujours avec aisance, jusqu'au canapé, et, là, dans ses bras, d'où je vois en contreplongée son grand sourire affectueux qui balaye la moindre trace de crainte que je pourrais avoir, je me dis que je pourrais mourir.
Pas mourir, mourir, hein. Mais genre, c'est bon, j'ai connu le vrai bonheur.
On s'échoue sur le canapé du salon, où Seth finit par m'embrasser. On s'allonge, moi sur lui, lui sous moi. Je sens la chaleur d'une immenses main de Seth qui saisit le bat de ma fesse pour remonter dans une caresse ferme jusqu'à ma hanche. Je pourrais l'embrasser pendant des heures, je crois. J'ai embrassé des gens avant, mais c'était pas comme ça. Déjà, Seth met pas la langue, ou en tout cas comme mon premier baiser ou le mec m'avait carrément récuré les gencives. Parfois il me mord la lèvre inférieure, et on s'embrasse de plus belle. Et puis aussi, Seth est le mec le plus canon que j'ai jamais embrassé. Je dois avouer que d'ici-bas, j'ai une jolie vue sur ses pectoraux nus.
Attendez - déjà ?
Mais j'étais où pendant les dix dernières minutes ? Sur mars ?
Au septième ciel, sûrement ...
Juste, si j'appelle ça le septième ciel, qu'est-ce que ce sera quand ...vous voyez.
Attendez, est-ce que je viens de planifier une nuit d'amour avec Seth ?
Si je vous dis que c'est un lapsus, vous allez me rire au nez, n'est-ce pas ?
Bande de vilains.
Sauf que, les choses sont en train de devenir plutôt intenses, ici. Et, je veux dire, j'adore ce qu'on est en train de faire, hein, qu'on soit clairs, mais ça ne va pas un peu vite ? Ça va faire crétin et complètement hors de propos de dire ça, mais je ne suis pas du genre à coucher le premier soir.
Ni le troisième, parce qu'on est lundi, et qu'on sort officiellement ensemble depuis samedi.
Ni …jamais ?
Bref.
Les choses commencent à devenir intéressantes, donc, et tout à coup j'entend une petite ampoule faire 'cling cling' dans mon cerveau et quelque chose me revient à l'esprit.
«Attend, attend», je dis à Seth, le souffle court. «Il faut que je te parle de quelque chose.»
Il arrête de monopoliser ma bouche, mais me garde dans ses bras et me caresse toujours le dos.
«Déjà ?», me demande-t-il en riant.
«C'est à propos de ce que m'a dit Renesmée aujourd'hui.»
«Et qu'est-ce donc ?» demande-t-il avec langueur en me volant un dernier baiser.
«Elle a dit que tu étais ...imprégné de moi.»
Son visage, si souriant, se tend un peu, et je vois ses mâchoires se contracter, sans que son sourire disparaisse cependant. Ce sont des mouvements du visage ténus, subtils, mais j'ai appris à lire sur le faciès de Seth, ce n'est pas très compliqué. Non qu'il soit superficiel, ou peu profond. C'est juste un livre ouvert, pour moi. Aussi cliché que cela sonne, je sais ce qu'il pense, ou du moins, la direction que prennent ses pensées, sans que j'ai besoin de lui tirer les vers du nez. C'est une évidence; ça apparaît, là, comme ça.
«Elle heu, elle t'as dit pour l'imprégnation…», dit-il, comme à lui-même, avec l'air de quelqu'un qui aurait du comprendre quelque chose depuis longtemps.
«Qu'est-ce que ça veut dire ? C'est un truc surnaturel, n'est-ce pas ?»
Il hoche la tête.
«Ce n'est pas quelque chose qu'on prend à la légère, Annie. »
Comme il a l'air sérieux, je m'installe en face de lui en tailleur.
« Je t'écoute », je dis.
Seth gigote nerveusement avant de prendre un air grave :
« L'imprégnation, c'est, comme un coup de foudre. C'est même plus fort qu'un coup de foudre. C'est .. »
Il s'interrompt.
« Quand je t'ai vue pour la première fois, c'est comme si tout ce que j'avais connu avant appartenait à une autre vie …Quand je t'ai vue, tout a changé. C'est tellement difficile à expliquer…Ce n'était plus l'oxygène qui me permettait de vivre, mais ta personne. Ou la gravité qui me permettait de ne pas me mettre à flotter, mais toi.»
Je fronce les sourcils.
« Ah, je- », s'embrouille-t-il, « Je sais que c'est bizarre, que ça fait peut-être cliché. C'est juste… Quand je t'ai vue, c'était comme, c'était évident, c'était… J'allais faire tout ce que je pouvais pour te rendre heureuse, être ce que tu voulais que je sois, peut-importe, j'allais mourir ou vivre pour toi …»
« Attend », je le coupe. « Donc …Quoique ce soit que nous partageons, ce n'est pas …naturel ? Tu es …attiré par moi, par quelque chose qui ne dépend pas de toi ? »
« C'est …à peu près ça ? », répond-t-il, avec un ton un peu interrogatif.
« Donc », j'essaye de récapituler, « tout ça, c'est pas vraiment réel ? »
Non mais pensez-y. C'est comme ces histoires de sorcières qui lancent des filtres d'amour sur l'homme qu'elles aiment : elles sont amoureuse de l'homme qu'elles ont ensorcelé et il semble amoureux aussi. Sauf que ce n'est pas réel pour lui. Il n'est pas réellement amoureux de la sorcière, il est juste victime de quelque chose d'extérieur, comme Seth est victime de cette histoire d'imprégnation.
« Oh, si. Ça l'est. Ça l'est pour moi. Et ça veut juste dire que dans ma vie...c'est toi. Ça sera toujours toi. »
Tout ce que j'entend, dans ma tête, c'est : « Compliqué. Trop compliqué », en rythme avec les battements de mon coeur qui s'accélèrent, et Seth le sent.
Et puis un puis un autre truc me turlupine.
« Donc, je n'ai pas le choix ? », je demande. « Je ne suis pas libre ? Si jamais je n'ai plus envie d'être avec toi, on est obligés de rester ensemble ? »
C'est pas comme si j'envisageais de le quitter. On vient de se mettre ensemble. C'est juste …je n'aime pas l'idée que l'imprégnation de Seth envahisse ou supplante ma volonté propre. Si j'ai envie de quelque chose, je dois pouvoir l'accomplir sans que cette …chose m'en empêche.
Je vois son visage se décomposer petit-à-petit, et je m'empresse de me rattraper :
« Je ne dis pas que c'est ce dont j'ai envie, je veux juste …Je tiens à ma liberté. »
Son expression est maintenant extrêmement sérieuse, et ses yeux luisent dans la lumière.
« Si. Si tu veux, je peux partir. Je me suis imprégné de toi; ça veut dire que la nature me prédispose à avoir, avec toi, la relation que toi, et toi seule, désires. Si tu le voulais, je pourrais être autre chose pour toi, ton meilleur ami, ton grand frère, ton mentor, comme Claire et Quil… A terme, je pourrais même me séparer de toi si c'est ce que tu désires vraiment.»
Pour la première fois, une autre dimension de Seth m'apparaît, et me surprend. Certes, j'étais loin de penser que Seth avait une personnalité plate et univoque, mais je ne me doutais pas que sous sa constante bonne humeur, son optimisme, sa joie de vivre qui semble un peu naïve parfois, se cachait une vraie sensibilité me concernant.
Seth n'a pas trop de problèmes dans le fait de montrer ses émotions, (et c'est ce que j'aime chez lui) mais il ne me les expose pas en pleine figure non plus, de façon excessive. Ce qui fait que pour la première fois, alors qu'en soi, nous avons encore tant de choses à apprendre l'un sur l'autre, pour la première fois, je le regarde et je me rend compte que ça lui déchirerait le cœur de me perdre, mais il aurait tout de même l'ultime satisfaction de me savoir libre, et davantage heureuse que si j'étais avec lui.
Et tout ça, c'est émouvant, c'est bien gentil, mais je suis tout de même très blessée d'une chose. D'une petite chose toute conne qui me rend plutôt en colère. Et triste.
« Mais quand est-ce que tu comptais m'en parler exactement ? », je demande avec émotion.
Sincèrement; il voulait attendre que je ne puisse plus me passer de lui pour m'envoyer ça dans la gueule et me dire : Oh, hey, Annie, en fait, ce n'est pas moi qui suis attiré par toi, ce sont mes gènes de loup-garous. Mais maintenant qu'on est ensemble, tu vas t'en contenter, n'est-ce pas ? De toute façon, tu ne peux plus partir, tu es amoureuse de moi, héhé.
« Je suis désolé de ne pas t'en avoir parlé plus tôt … » soupire Seth.
Croie-moi, je suis désolée aussi. Et je ne comprend juste pas comment il a pu me cacher ça depuis le début s'il dit qu'il est aussi attaché à moi qu'il le prétend. Après tous mes rêves d'amour et tout, ça me rend malheureuse (et un peu folle de rage) de découvrir qu'il m'aie caché qu'il n'était attiré par moi que par une sorte de fatalité surnaturelle.
Je sers les mâchoires très fort et articule d'une voix froide :
« Seth, je comprend ce qu'il se passe, je sais que ce n'est pas de ta faute et que tu es plein de bonnes intentions, mais s'il y a bien une chose que je déteste, c'est le mensonge et les secrets. Pourquoi tu ne m'en as parlé avant ? »
« Je voulais justement éviter que tu réagisses comme ça ! » proteste-t-il, sans doute blessé et un peu secoué par mon agressivité.
Mais il est sérieux ? Il n'a rien comprit ! Je hausse la voix d'un cran :
« Mais Seth ! Je réagis comme ça justement parce que tu ne m'en as pas parlé avant ! »
Il a un mouvement de recul, après lequel il crie à son tour sur un ton un peu plus plaintif qui m'attendrirait presque :
« Je suis désolé ! »
Je dis presque, parce que ça m'énerve. Ça ne change rien qu'il soit désolé.
« Mais arrête d'être désolé ! Qu'est ce que tu veux que j'en fasse que tu sois désolé ! Le résultat est le même ! », je crie cette fois-ci, en me levant du canapé.
Là, il s'énerve, se lève à son tour, et se rapproche de moi, animé de gestes brusques et le regard enflammé.
« Oh ça va, Annie, c'est pas comme si c'était toi que ça affectait à la base ! Je te signale quand même que c'est quelque chose dont JE suis victime ! »
« Parce que tu crois que ça ne m'affecte pas ! », je m'offusque.
« Non mais c'est pas ce que je voulais dire… », soupire-t-il en se passant une main sur le visage.
Son expression reflète une perte de repère totale, comme s'il avait prévu totalement autre chose et que la situation actuelle lui filait entre les doigts. Si j'étais moins en colère, je trouverais ça mignon. Mais là ça m'énerve encore plus. Je déteste en général la « victiminisation » abusive des gens qui se croient atteints des pires malheurs.
« Alors qu'est ce que tu voulais me dire, putain ? », je crie, exaspérée.
Il gronde, en s'avançant encore vers moi, des mots d'une fureur sourde:
« T'en fais tout un plat alors que c'est moi qui vit avec ça depuis des semaines ! Donc ne t'avise pas de faire comme si t'étais la seule victime dans cette histoire ! »
« Alors je suis juste supposée acquiescer et fermer ma gueule c'est ça ? » fulminé-je.
Je vois bien qu'il essaye de m'intimider avec sa taille. Je m'avance vers lui à mon tour, pour lui prouver qu'il ne me fait pas peur (même si sa taille et sa carrure m'impressionnent plus que j'aimerai l'admettre), de sorte que nous nous touchons quasiment, tandis que Seth vocifère d'une voix agressive, où suinte un ressentiment furieux :
« Annie, je ne sais plus quoi te dire là … »
Il est tellement sexy à cet instant précis, son teint brun échauffé par l'agitation, et ses yeux si animés qu'ils paraissent en feu, les mâchoires serrées, un peu tremblantes.
Je chuchote, en détachant chaque syllabe, parce qu'on est tout proche :
« Alors je suggère que tu te la b- »
Je n'ai pas le temps de finir, Seth m'a soulevée de terre et prise dans ses bras avec une brutalité que je ne lui connais pas. Ses lèvres s'écrasent sur les miennes, et mon dos percute le mur de ma cuisine. Notre dispute m'a tellement électrisée que je dois prendre de lourdes inspirations si je ne veux pas suffoquer, ce qui ajoute à la tension déjà palpable dans la pièce.
Seth a vite fait de me retirer mon gros pull-over, ma jupe et mon collant, et je me retrouve en culotte et caraco sur la table de la salle à manger, Seth au dessus de moi. Je lui arrache presque sa chemise, et on s'embrasse comme si on allait se bouffer. On se regarde pendant quelques longues secondes dans le blanc des yeux et je murmure avec un éclair dans les yeux :
« Je suis tellement en colère contre toi »
Avant de l'embrasser de plus belle. Les choses s'enchaînent plus vite que je ne pourrais le penser, et dans notre frénésie folle, j'en oublie que je tenais à faire de ma première fois un événement spécial. Et puis ensuite, à partir du moment où nous nous retrouvons complètement nus, à expérimenter le confort (ou pas) de tous les endroits où il possible de s'ébattre au rez-de-chaussée de ma maison, je ne sais même plus comment je m'appelle.
-oOo-
Quand on a fini nos petites affaires, je me dis que je suis une fille à coucher le troisième après-midi, et que c'est peut-être encore mieux que le premier soir.
Seth et moi sommes donc nus, enlacés, allongés sur le canapé, alors qu'il me dessine des cercles entremêlées sur l'épaule. Nos souffles se calent sur la même cadence, et c'est le seul bruit que j'entend. On a pas reparlé de la dispute, et je sens bien qu'entre nous c'est un sujet clos. J'accepte Seth comme il est, même si je sens que je vais souffrir qu'il ne soit pas vraiment amoureux de moi et seulement imprégné. Je pense que s'il était amoureux, il me l'aurait déjà dit, plutôt que de tourner autour du pot.
« Dis donc, » je dis en me redressant légèrement, « Il fait super froid, non ? Quand j'aurais la foi, j'irai monter le chauffage. On se gèle les coucougnettes, ici.»
Il rit dans mon cou, et, lentement, je me tourne à demi pour pouvoir l'embrasser sur la bouche.
«Ah, Annie», expire-t-il d'un souffle chaud avant de m'embrasser encore. «Je suis tellement amoureux de toi.»
Redémarrage inopiné.
Bip bip.
Ziout, ziout.
Voulez vous redémarrer avec les paramètres normaux ?
Cliquez Entrer pour oui.
Clic. Oui.
Bip, bip.
Allo !
Connection neuronale activée.
La base virale VPS a été mise à jour.
Annie ?
Bip, bip.
Annie !
«Annie !»
Je ressuscite.
Je suis à terre, allongée sur le dos, et Seth, à genoux à côté de moi, hésite à me faire un massage cardiaque. J'ai du hyperventiler.
Je respire très fort.
«Excuse moi», je dis. «Je crois que je viens de disjoncter.»
Seth soupire, retirant ses mains de mon corps.
«Je n'aurais jamais du te dire ça aussi vite. Excuse-moi», me prévient-il avec un air un peu morveux.
«Oh, si !», je m'écris en me redressant brusquement.
J'agrippe ses mains pour les poser sur ma propre taille. J'aime le contact de ses paumes calleuses sur ma peau du ventre.
Je sais, je suis flippante.
«Dis le moi encore», le supplié-je. «Dis le moi encore.»
Seth se marre.
«Tu es folle. Je t'aime », me répète-t-il. « Quand je te disais que l'amour et l'imprégnation sont deux sentiments distincts ».
Il a raison. Même si ses élans vers moi ont étés dictés par des éléments surnaturels, donc extérieurs, c'est clair que l'amour qu'il ressent pour moi est bien réel.
En plus, je dis ça comme ça, mais ça fait même pas trois jours qu'on s'est embrassés. Ça fait même pas trois jours qu'on est officiellement ensemble.
Je ferme les yeux. Je sens ses mains qui caressent ma taille nue. Je frissonne. Je respire. Je sens qu'il attend.
Allez, Annie, ma fille, d'accord, ça fait trois jours que tu sors avec lui, mais depuis combien de temps es-tu amoureuse de lui ?
La phrase : «Depuis ce fameux mardi matin où je l'ai percuté dans le couloir» me traverse l'esprit, mais je pense que je suis tombée amoureuse de lui petit à petit, du moment où je l'ai vu pour la première fois, jusqu'à la fois où il m'a embrassé la joue sur mon perron, et puis quand il m'a rempli mon casier de roses, et notre premier baiser sur la piste de danse, et ce jusqu'aujourd'hui, où il m'a plaqué sur les casiers pour me dire pardon, et où nous avons fait l'amour sur la table de la cuisine. C'est clair qu'il y a plus glamour pour une première fois. Ça fait très peu de temps mais il me semble que je connais Seth depuis des années, et que je suis amoureuse de lui depuis des mois.
Je retiens ma respiration.
«Moi aussi», je dis, les yeux fermés. «Moi aussi je t'aime.»
C'est fou de le dire. Ça ne me paraissait pas rationnel de le dire si tôt dans notre relation, mais si je suis amoureuse de lui, pourquoi lui cacher la vérité ? Et puis, on vient de coucher ensemble, alors, tant qu'à faire.
J'ouvre un oeil, et puis deux. Seth est en train de sourire de toutes ses dents.
Il est beau.
Il est tellement beau.
Seth m'embrasse, il m'embrasse comme jamais, avec une tendresse fiévreuse, comme pour dire merci, pardon, et je t'aime.
Et puis on se relève et c'est reparti pour un seconde round.
Alors pour ce qui s'agit du POV Seth, j'ai reçu des réponses plutôt mitigées et en fait, moi, je n'étais clairement pas chaude pour le faire à la base. Donc, comme j'en ai beaucoup qui m'ont dit oui quand même, ce que je vais faire, c'est écrire des "outtakes" et les poster, soit à la fin de l'histoire, soit comme OS sur mon compte mais en tout cas, je ne compte sûrement pas "casser" le rythme de l'intrigue maintenant pour la polluer avec un changement de point de vue ! Dites moi si ça vous va dans les commentaires :)
Pour être au courant des OS sortis sur les POV Seth, vous avez juste à cocher : "Follow Author".
Je vous embrasse, et donnez-moi vos réactions sur ce chapitre, Annie serait ravie de savoir ce que vous pensez.
