ALLÉLUIA ! ÇA MARCHE ENFIN ! Si vous saviez, ça fait des semaines que je tente d'enregistrer ce chapitre sans succès ...
Merci à Apokhalypso : il me semble que j'ai répondu à ta dernière review par MP
Merci à Livydu50 : C'est clair que ça va vite, mais c'est la vie, les choses n'arrivent pas toujours toutes bien empaquetées dans du papier de soie ;)
Merci à clem2605 : Si Seth ne lui a pas dit qu'il ne voulait pas la forcer à être avec lui, c'est parce qu'il sait bien qu'il ne peut juste pas la forcer à être avec lui. Ce serait contre ses principes à lui, contre sa nature à elle (c'est pas tellement le genre de fille qu'on peut facilement contraindre à faire quelque chose si elle n'a pas envie). Voilà pourquoi je n'ai pas utilisé cet argument :) Annie va rencontrer Emmett et Jasper dans 2-3 chapitres, j'ai prévu du lourd t'inquiète pas, surtout pour Emmett héhé. Pour ce qui concerne Nessie, la suite de l'intrigue arrive, mais c'est encore loin d'être résolu. Plein de bisoux, merci pour ta review !
Merci à Varbo95 : Ta review m'a fait super plaisir, merci :) En effet entre Nessie et Jacob, ce qui se passe est inhabituel, mais je ne dirais pas que c'est anormal. Les romans de Stefanie Meyer font passer ces relations d'imprégnés comme si c'était des relations parfaites, moi je veux simplement montrer que rien n'est parfait sur cette planète, même pas les relations loups-garous/imprégné(e)s. Il y'a toujours des problèmes à résoudre et des intrigues, mais ça ne veut pas dire que c'est infaisable ! Bisoux, et merci encore !
Un samedi soir de mars, je chante un air des Beatles tout en pilant les amandes que je vais utiliser pour le dessert.
Les cookies sont en train de cuir doucement, et Seth s'occupe du plat de résistance. Des spaghettis au pesto, m'a-t-il dit.
On va se mater un James Bond en dînant, parce que Papa est chez les Cullen et qu'il rentre tard. Et que par conséquent, il préfère que je sois toute seule avec Seth que toute seule tout court. S'annonce donc une petite soirée tranquille, à se faire des câlins et à se bâfrer de cookies aux amandes.
On se fait ce genre de soirées de temps en temps, parce que (et je le cite) : "Pourquoi je voudrais sortir ? Tes cookies et tes câlins sont dix milles fois mieux qu'une nuit en boîte !"
Sérieusement, vous avez déjà entendu un truc aussi adorable ? Et je préfère vous avertir, notre couple n'est absolument pas plan-plan. Ça fait presque deux mois qu'on est ensemble, et c'est clair qu'il y a un contraste assez étonnant entre notre vie sexuelle hyper active et notre vie tout court. C'est genre, tellement opposé que ça s'équilibre.
Que voulez vous que je vous dise, mon mec est génial, et je suis heureuse.
Je fais des cookies à chaque fois, parce que Seth en raffole. Parfois, il en parle même toute la soirée, et sa mère est venue m'en commander pour Pâques.
Elle en a profité pour m'inviter officiellement au déjeuner de famille annuel. J'ai accepté, et même si je stresse un peu, je sais que j'aurais au moins les estomacs de tout le monde de mon côté. C'est déjà ça de pris.
Dos à la plaque de cuisson, alors que je suis toujours en train d'éclater des amandes, j'entend tout à coup un bruit d'ébullition, et de l'eau que l'on renverse par terre.
Je me retourne.
«SETH !», je hurle.
La cuisine est déserte, et Seth est à l'autre bout de la maison, sûrement aux toilettes.
L'eau bouillante a débordé de la casserole pour se répandre absolument partout sur la plaque de cuisson, et le carrelage, et je m'énerve.
«SETH ! Je t'avais pourtant demandé de regarder l'heure ! Les spaghettis sont foutus maintenant, et il y a de l'eau partout !»
J'entend la chasse d'eau, et Seth sort des toilettes pour se diriger vers moi en refermant sa braguette, avec un mauvais sourire, qui fait ressortir sa petite fossette sur la pommette gauche.
Bordel, même quand je suis énervée, sa fossette arrive quand même à me perturber.
Putain de fossette.
«En fait, Annie chérie, j'ai regardé l'heure. Il était exactement 19h03 quand la casserole a débordé.»
Non mais quel crétin.
Il se lave les mains, et je lui donne une petite claque sur les fesses en m'approchant de lui.
«Mission accomplie, chef», dis-je d'un ton sarcastique. «Débrouille toi pour me sauver ces nouilles.»
Mon amoureux hausse un sourcil, et susurre d'une voix de miel :
«Hmm, j'aime quand tu prends ta voix de commandeuse comme ça. C'est excitant.»
Amusée, je lui lance un regard oblique. À chaque fois que je le regarde avec cet air, la seconde d'après, il a ses mains sur mon corps et sa bouche sur la mienne. Il me suffit de plisser les yeux et de le regarder de côté, en haussant un coin de la bouche.
Ça fonctionne à merveille, et je me retrouve allongée sur le plan de travail, les jambes autour des hanches de Seth, qui est penché sur moi. Ses mains parcourent mon ventre, mes côtes, mes seins, mes reins, et sa bouche mon cou, mes clavicules, mes mâchoires.
Je suis géniale. Haha.
À travers la frénésie passionnée qui s'est emparée de nous, j'entend le 'ting' du four.
«Top, top, top», j'halète, un peu essoufflée, en tentant de repousser ses épaules. Je dis bien « tentant », parce que c'est impossible. Il est trop fort.
Seth m'embrasse de plus belle, et je ris. Je ris, car j'aime le fait qu'il semble autant dingue de moi que je le suis de lui.
«Caneton, les cookies vont brûler», je dis.
Comme je l'avais prévu, dès qu'il imprime que je viens de le surnommer "caneton", il desserre l'emprise de ses bras, et j'en profite pour lui filer entre les mains.
«Est-ce que tu viens de m'appeler "caneton" ?», s'assure-t-il, hésitant à rire.
«C'était pour que tu me laisses partir», je me justifie, en souriant, tout en enfilant mes maniques en tissus.
Je sors la plaque du four, et mes cookies sont parfaits. Je pose la plaque sur le plan de travail, et commence à m'affairer avec les amandes.
«Tu peux m'attraper la chantilly, s'il-te-plaît ?», je demande à Seth.
Puisqu'il est immense, autant qu'il se rende utile. Je n'atteins même pas le troisième niveau du réfrigérateur.
«Tout de suite, poulette», dit-il d'une voix de fausset, en se retenant de rire.
Il me lance la bombe aérosol, et je la rattrape à deux mains en lui lançant :
«Merci, poussin.»
«Je t'en prie, ma caille», me dit-il en me prenant la taille, de derrière.
Je ris, et fais volte-face sur la pointe des pieds pour lui donner un baiser rapide sur la bouche, avant de finir de préparer le dessert, ses mains chaudes sur mes hanches et sa bouche dans ma nuque.
On finit de cuisiner en se balançant toute sorte de nom d'animaux tous plus farfelus les uns que les autres.
Et puis, blottie entre ses bras, son torse et ses jambes, je somnole devant Jamais plus jamais. Seth me complimente sur mes cookies toute la soirée, qu'il trouve "hypra bons", "dingues", et "tu devrais les vendre".
Je pourrais être flattée, mais c'est le seul dessert que je sais faire correctement, il n'y a aucune gloire à en tirer, surtout à presque 18 ans. Ça craint.
Alors que je viens de m'endormir, enveloppée dans la chaleur de Seth, une salve d'air frais et une voix étrangère, grave, viennent me tirer de mon sommeil.
J'ouvre les yeux, et découvre Jacob dans le salon.
Qu'est-ce qu'il fout chez moi, bordel ?
«Oh, hey, Annie», me salut-il avec la main, visiblement mal à l'aise. «Je suis vraiment désolé de te déranger, mais la meute a besoin de Seth tout de suite pour une patrouille urgente.»
Seth bondit sur ses pieds, et je sens le froid me chatouiller la peau. Je gémis.
«Oh, Annie, excuse-moi», me dit-il, m'entourant de ses bras chauds.
Je soupire d'aise, tandis que Seth lance, complètement alerte :
«Quel est le problème ?»
«Une odeur inconnue, un autre vampire, pas loin de notre territoire », annonce Jacob. « On a besoin de toi tout de suite.»
Je porte un regard sur Jacob, qui a une tête pas possible. On dirait qu'il n'a pas dormi depuis des décennies, et, sans mauvais jeu de mots, il ne quitte jamais son air de chien battu. Comme vous l'avez sans doute deviné, entre Ness et Jacob, rien n'a bougé …
Seth me jette un coup d'oeil concerné, avant de répliquer :
«Et je suis censé laisser Annie toute seule ? Son père voulait que quelqu'un veille sur elle ce soir.»
Jacob m'envoie un clin d'oeil qui se veut joyeux mais qui reste un peu faiblard :
«Annie, je t'ai amenée une surprise !»
De derrière lui surgit Nessie, en tenue de soirée, et Colin, en chemise et pantalon noir, vêtu lui aussi pour sortir.
«Je ne comprends pas», dis-je.
«C'est assez simple», s'écrie Nessie, en se faufilant devant Jake sans lui jeter un seul regard. «Les loups vont patrouiller, et nous, on va festoyer !»
Elle me regarde, l'oeil brillant, visiblement fière de sa rime. Je la fixe, sans comprendre vraiment pourquoi elle ne peut pas simplement me laisser dormir tranquille. Ce faisant, je remarque que son excitation est vicieusement contagieuse, parce que le simple fait de la regarder me donne envie d'aller danser.
Tout à fait réveillée, je décide :
«Seth, c'est bon, le devoir t'appelle, je vais aller avec Nessie. D'ailleurs, Ness, on va où ?»
«Direction Portland !», s'exclame Renesmée. «Jordan Miller fait une fête, il y a presque toute la promo»
Depuis qu'elle a appris que Seth et moi, on avait « passé toutes les bases » (ce sont ses mots), et puisqu'elle est toujours en « paix armée » avec Jacob, j'ai l'impression qu'elle essaye de se distraire le plus possible. Jacob n'est pas bien non plus, mais lui ne se cherche pas des excuses pour aller mieux : il a des cernes sous les yeux, le teint cireux, et trimballe sa carcasse comme Sisyphe son gros rocher. Quand j'ai raconté à Nessie ma première expérience sexuelle avec Seth, je me souviens qu'elle était hy-sté-rique. Elle m'a questionné pendant des heures à propos de tous les détails, même les plus gênants :
Elle m'a demandé : « Mais vous l'avez fait une seule fois ? »
Heu…une fois sur le canapé, une fois sur le plan de travail, une fois sur le carrelage, une fois sur la table de la cuisine, une fois sur la moquette ..
« Ouais, à peu près », ai-je répondu.
« Et, heu, ça fait mal ? »
« Moi ça m'a fait un peu mal, mais en soi j'étais tellement sur une autre planète que finalement j'ai pas trop fait attention »
« Et t'as eu un orgasme ? »
« Oui …au bout de la troisième fois ! »
« Mais tu viens de me dire que vous l'aviez fait qu'une fois !? »
Ouais, bon. Elle m'a cramé, ok ? J'adore Nessie, mais je ne veux pas qu'elle projette ma relation avec Seth sur la sienne.
Après avoir un peu ri sous cape, je reporte mon attention sur mon amoureux, qui vient de m'abandonner sur le canapé.
Seth enfile, d'un geste aérien, sa veste en jean rembourrée, puis m'embrasse sur le front. Ce n'est pas un baiser rapide et inattentif. Il m'a fermement prise par les épaules de ses deux mains puissantes et a pressé mon crâne contre ses lèvres pleines, pendant de longues secondes.
Je comprends qu'il ai la flemme de m'embrasser sur la bouche à chaque fois. Il faut dire que c'est pas facile : il doit sacrément se baisser pour être à mon niveau, et ce, même si moi je suis sur la pointe des orteils.
Souvent, comme maintenant, il a des élans de tendresse, et il me serre fort dans ses gros bras, écrasant ma joue contre son sternum.
J'aime cette proximité presque étouffante, ce sentiment que j'ai parfois en le serrant contre moi de pouvoir presque me fondre en lui.
En desserrant à contre-coeur son étreinte, Seth annonce :
«Je viendrais te chercher vers une heure. À tout à l'heure, mon petit goret !»
Comment ruiner un moment romantique. Merci Seth.
Malgré ça, je le garde dans mes bras, encore un peu, le plus longtemps possible, avant de répliquer, à mi-voix, avec humour :
«À toute, mon ragondin !»
Seth éclate de rire.
Colin et Jacob se regardent avec la bouche en cul-de-poule et des yeux écarquillés avant de faire volte face avec un sifflement consterné.
Quand ils sont partis, je constate avec surprise que Colin rentre de nouveau, et nous suit dans les escaliers.
«Pourquoi tu n'es pas avec les autres ?», je lui demande, une fois arrivés en haut.
«Oh, il fallait quelqu'un pour veiller sur vous, mesdames», me répond Colin avec un clin d'oeil.
Depuis que j'ai rencontré Colin, je l'ai toujours à peu près suspecté d'être à moitié amoureux de moi. Il y a eu cette fois où je l'ai entendu dire à Brady qu'il était intéressé par une fille qu'il ne pourrait jamais avoir. Son ton était absolument résigné.
Et puis, Jane Blower, mon binôme de maths, est amoureuse de lui depuis le CP, au moins. Comme je l'ai encouragée à aller parler à Colin, elle est revenue dépitée, en me disant qu'elle avait engagé la conversation avec lui, et qu'elle était sûre de n'être absolument pas son type de fille.
Il lui a dit texto qu'il aimait les petites blondes, avec une chevelure sauvage, intelligentes mais un peu imprévisibles, avec un humour bizarre.
Je ne sais pas vous, mais cette description pourrait très bien coller pour mon CV, non ? C'est moi qu'il décrit.
Je veux dire, oui, c'est pas hyper modeste de dire que ça me ressemble. Je suis en train de me qualifier moi-même d'intelligente, et de fille à la "crinière sauvage", mais allez quoi, un peu de lucidité !
Surtout, je ne suis pas aveugle. Il me regarde souvent, en croyant être discret. Il est toujours très gentil avec moi, il me propose systématiquement son aide.
Et puis vous vous rappelez de la première fois qu'il m'a vue ? C'était après le premier cours de sport que j'ai passé en compagnie de Seth, je suis arrivée à leur table, alors subjuguée par l'aura qui ne semblait (et ne semble toujours) pas quitter Seth. Vous vous rappelez de son regard lubrique et de son « salut beauté », du léger sifflement qu'il a retint et de l'espèce de tension qui a régné entre Seth et lui, les minutes qui ont suivies ?
Je me demande comment c'est même possible que Seth n'ai pas remarqué, parce que si j'ai bien compris, ils peuvent respectivement lire dans leurs pensées quand ils sont loups.
À moins que ...Colin ne mute pas exprès ! Et c'est pour ça qu'il est avec nous ce soir; non seulement il gagne à passer du temps avec moi, mais en plus Seth ne peut pas lire dans ses pensées et découvrir le pot aux roses.
«Annie ! Ici la terre !», me hèle Nessie.
Je suis devant le miroir en pied de ma chambre, dans une robe absolument canon.
En revanche, j'ai l'air d'une vrai allumeuse. Cette robe est franchement trop courte.
Renesmée remarque mon air vaguement choqué.
«Tu peux être habillée comme une pute», m'explique-t-elle, en me redressant le menton d'un doigt. «Les filles vont avoir des jupes ras-la-touffe et des décolletés de fou, croie-moi.»
Je la regarde, et c'est vrai qu'elle porte une robe bleu roi, avec un décolleté assez plongeant, si vous voulez mon avis. Elle a mis une brassière push-up en dessous, ce qui fait qu'elle affiche une poitrine plutôt volumineuse et joliment galbée.
Je suis jalouse.
Puis je me rend compte que Jake ne sera pas forcément ravi de la voir habillée comme ça à une soirée, comme si elle partait à la chasse aux mecs.
Je secoue la tête.
«Mais à quoi ça sert, que j'ai l'air d'une pute ? Je ne veux séduire personne à cette soirée !»
Affalé dans mon pouf et me jaugeant du coin de l'oeil, Colin toussote et commente :
«Crois-moi, que tu sois habillée sexy ou pas, tu peu-».
Il s'arrête brusquement de parler, et se lève avant de marcher d'un pas raide jusqu'à la salle de bain.
Je rêve ou il était en train de me dire que je peux séduire quelqu'un en toutes circonstances ?
Ça ressemble à une confession.
Je retourne mentalement à ma conversation avec Renesmée, mais mon léger froncement de sourcil et le coin de ma bouche plissé vers le bas me trahissent.
Elle me plaque immédiatement sa main sur la joue.
«Ne dis rien, cligne des yeux une fois pour oui, et deux fois pour non», je l'entend dire dans mon cerveau. «Est-ce que Colin est …attiré par toi ?»
Je cligne des yeux une fois, puis je lui fait un clin d'oeil. Techniquement, ça fait un clignement et demi.
«Je crois que oui ?», je chuchote.
«Oh mon Dieu», j'entend, en stéréo, et dans mon cerveau et dehors.
Il y a un bruit dans la salle de bain, et j'écarte Nessie prestement de moi, afin que Colin ne remarque pas nos messes basses suspectes.
Je me regarde dans le miroir une nouvelle fois. Sérieusement, je ne vais pas mettre cette robe.
«On en reparlera ce soir», me chuchote Nessie quand Colin rentre à nouveau dans ma chambre.
La robe est bicolore, blanc pour le haut, et noir pour le bas. La taille est très haute, juste sous les côtes et au dessus du nombril, ce qui m'allonge incroyablement les jambes et camoufle mes rondeurs - conséquences des soirées cookies/James Bond avec Seth.
La robe fait assez stricte en soi. J'espère que je ne vais pas faire tache avec ça si les autres filles sont toutes en t-shirt, jupes moulantes et uggs (look auquel je n'adhèrerai de ma vie. Plutôt crever). Elle est sans manche, dans une matière satinée que j'aime bien. De plus, le fait que la robe soit super courte tempère son côté chic-chic.
Pour être tout à fait honnête, je me sens canon dedans, et si d'un côté, je trouve que c'est inutile de porter un truc pareil parce que je n'ai plus personne à séduire, je suis aussi contente de voir que c'est encore possible.
Oui, je sais, je parle comme une quinquagénaire revenant d'une séance d'injection de botox, mais c'est juste que, depuis que je suis avec Seth, je n'ai plus trop l'occasion de m'habiller sexy en société.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Notez que la tenue sera aussi pour son plaisir des yeux à lui, quand il viendra me chercher.
Je vais l'allumer, il va rien comprendre, le petit Seth.
Je laisse donc Nessie me boucler rapidement les cheveux et me faire une queue de cheval haute, et puis j'enfile mes talons aiguille, et un trait d'eye liner, un coup de rouge à lèvres plus tard, je suis à califourchon sur le dos de Nessie, direction Port Angeles, Colin courant à côté de nous.
-oOo-
Le bar qu'a privatisé Jordan Miller est super sympa. Il y a quand même des gens qui comatent un peu sur les banquettes et des filles qui vomissent dans les cabinets, mais l'ambiance est électrique sur la piste de danse.
Les gens n'ont tellement pas l'habitude de faire la fête qu'il se jettent sur l'alcool et finissent en cacahuète.
Sur le dancefloor, en revanche, c'est l'éclate. La majorité des élèves du lycée de La Push sont là, et je remarque que ce sont les gens qui viennent de Forks qui sont mal en point, alors que les Quileutes, eux, sont tout à fait clean.
Ah, j'aime les amérindiens.
Alors que Renesmée en est déjà à son deuxième Sex on The Beach, je repère Colin, qui était resté à l'extérieur pour se rhabiller.
Il est en train de parler à une fille petite, blonde, qui sourit plus que nécessaire. Elle me ressemble beaucoup. Beaucoup trop. Et c'est évident que Colin lui plaît.
Je décide d'oublier toute cette histoire qui ne fait que me préoccuper, alors que j'ai d'autres chats à fouetter.
Et pour fêter ça, tequila ! Nessie et moi, on en commande deux shots chacune, qu'on avale cul-sec en croisant nos deux bras, à la russe, avant d'aller danser sur la piste.
La piste de danse est pleine de moiteur, il fait chaud et ça sent bon l'alcool et les bonbons. Ça me rappelle les énormes fêtes de San Francisco, arrosées de champagne et de paillettes.
Je décide de m'éclater, de me vider la tête de toutes ces inquiétudes que j'ai à propos de Seth, mon père, Colin, Nessie et Jake. Sur ces derniers propos cohérents, j'attrape les mains de Nessie et je me mets à danser.
Après deux heures à se déhancher et à repousser des garçons un peu trop entreprenants (je crois que la robe fait son petit effet), on décide d'aller se rafraichir un peu. Ness nous prend deux espèce de cocktails à l'ananas (j'adore l'ananas), et on va s'asseoir à une petite table, dehors.
J'en profite pour parler avec elle d'un sujet sérieux : son couple avec Jacob.
«Écoute, chérie», me dit-elle, révélant son état quelque peu éméché, «Jake et moi, on ne se parle plus. Il vient me chercher pour aller au lycée, me demande environ six fois pourquoi je ne souris pas. Il m'accompagne à chacun de mes cours, réitère sa demande plusieurs fois. Puis il me raccompagne.»
«Tu ne lui parle jamais jamais ?», je la questionne, en aspirant mon cocktail par la paille.
Elle inspecte son verre vide avec une moue désappointée, avant de me répondre :
«Si, ça peut arriver. Je lui dis de me laisser tranquille. Je lui dis que j'ai besoin d'espace. Je lui dis merci, bonjour et au revoir.»
Son attitude me choque un peu. Je ne suis pas du genre à attendre la saint Glinglin quand j'ai un problème ; j'aime prendre le taureau par les cornes et trouver des solutions. Quitte à me tapper l'affiche.
«Tu n'as jamais pensé à lui parler ? A lui dire vraiment ce que tu penses à propos de son avenir, de son implication scolaire, et surtout du fait que tu as l'impression qu'il te prend pour une gamine ?»
« J'y ai pensé », avoue-t-elle en reposant son verre, l'air soudain sérieux. « C'est juste …je sais que ça va te paraître infantile, mais j'aimerai tant qu'il trouve tout seul le problème. J'aimerai juste …ne pas avoir à faire tout ce cinéma pour qu'il comprenne que quelque chose ne va pas ».
J'ai envie de lui dire que faire tous ces caprices ne dépend que d'elle, et que surtout elle se comporte un peu en enfant gâtée, mais je suis trop bourrée pour lui dire les choses avec tact, si je lui fais part de mes réflexions je vais le faire cash et direct, et je ne crois pas qu'elle apprécie si je lui balance ce que je pense de ses simagrées.
« Donc… », je résume, « En fait, tu voudrais qu'il lise dans tes pensées ? »
Elle me regarde avec des yeux ronds.
« Mais oui ! », finit-elle par s'exclamer.
« Tu sais, Ness, il y a un moyen plutôt efficace pour qu'il comprenne le problème, et je crois que ça fonctionne dans 99% des cas », je lui dis, en essayant de ne pas rire.
Elle a toujours les yeux écarquillés, m'invitant à poursuivre. Je lui annonce :
« Tu le lui dis. »
Devant sa face dubitative, je lui explique :
« Le dialogue. Un truc génial inventé il y a des millénaires pour communiquer. »
« Dit comme ça… », soupire-t-elle.
Je lui prend la main.
« Rien ne presse », lui dis-je, « si tu ne sais pas comment t'y prendre. Je pense juste qu'il mérite que tu lui dises la vérité. »
Je me rend ensuite compte que Nessie est sur le point de chialer, et que je suis en train de la transformer de l'état de joyeuse à celui de pauvresse qui a l'alcool triste. En espérant qu'elle ne remarque pas mon subterfuge, je prend le verre plein d'un mec qui nous matte à côté, et le lève d'un air triomphant :
« Mais ce soir, on oublie tout ! »
Elle me regarde d'en bas, et je vois un sourire se dessiner lentement sur son visage, avant qu'on bondisse sur nos pieds pour aller danser.
Et alors que je me déhanche lentement sur une musique un peu planante, je sens se mouler à mes hanches de grandes mains bien connues. Je souris. Comme je continue à danser en les touchant, elles remontent ensuite le long de ma taille, et je sens son corps chaud se coller au mien, tandis que nos balancements languissants épousent le rythme de la musique. C'est dingue comme il me manque en deux heures.
Je me retourne pour embrasser Seth, et :
« AAAH ! Colin ? »
