Coucou mes bébés !

Voilà le chapitre 14 !

Merci à Twilight-lili 8 qui assure les mises à jour (sérieusement, tu es trop mignonne et cette histoire te doit beaucoup) et à Livydu50 pour sa gentille review

Plein de bisoux !


Colin se tient devant moi, les bras ballants, l'air fou et honteux. Je prend moi-même une seconde pour analyser ce que je ressens, et quand j'ai trouvé, je m'avance vers lui et dans le même mouvement, je le gifle.

« NON MAIS ÇA VA PAS ? », je gueule. « C'est quoi ton problème ? »

Colin me regarde, la main sur la joue; je n'y suis pas allée de main morte, c'est le cas de le dire. J'ai la paume en feu

« Je … », marmonne-t-il.

À ce moment, de grandes mains chaudes me prennent par les épaules et m'entrainent quelque part. Ailleurs. C'est bien Seth, cette fois. Il m'a prise avec lui et tout est flou derrière la barrière de ses bras. J'atterris sur le seuil du night-club, et il me stabilise de ses grandes mains rêches que je n'ai pas su reconnaitre il y a deux minutes, à mes dépens.

Son pouce lève mon menton, et il scrute mon visage où les larmes ont commencé à couler, bien que je les ai retenues tant bien que mal depuis cinq minutes.

Ne vous méprenez pas. Je ne pleure pas parce que je m'auto-flagelle d'avoir presque trompé Seth. Je sais que ce n'était pas de ma faute (et je ne suis pas du genre à m'attribuer excessivement les responsabilités en général). Ici, c'est Colin qui a abusé.

Je crois que je chiale parce que je suis bourrée : je suis épuisée, je voulais passer ma soirée à dormir dans les bras de mon amoureux, et je me retrouve piégée dans ceux de quelqu'un d'autre.

C'est juste …ça m'a fait bizarre. Ça m'a surprise, et déstabilisée. De sentir des mains étrangères sur mon corps. Et je ne comprends pas comment Colin aurait pu faire ça à Seth. Après, moi, personnellement, je m'en fous ! Des gens me touchent tous les jours !

Heu, ça sonnait mieux avant que je ne le pense. Je ne suis pas une pute. Mais vous voyez ce que je veux dire.

« Annie, je peux savoir ce qu'il se passe ? » me demande-t-il à mi-voix.

« Hum », je fais, en essayant de faire fonctionner les rouages de mon cerveau imbibé d'alcool et d'aligner trois mots cohérents. « Je ne veux… vraiment pas me mettre entre toi et Colin, mais je pense qu'il faut que tu saches quelque chose. »

Je le sens se tendre un peu.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« Je pense, heu, qu'il ..m'aime bien »

« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire, ça ?»

« Il m'aime …assez pour …tenter de danser collé-serré à avec moi, et, hum, de façon pas très platonique si tu veux mon avis. »

« Pardon ? »

« Tu as entendu. Je n'aurais jamais dansé comme ça avec lui de mon plein gré, je te rassure », je m'empresse de préciser. « J'ai juste, heu …j'étais sûre que c'était toi, de dos. »

« C'est pour ça que tu l'as giflé ? Qu'est-ce qu'il a fait exactement ? », me dit-il en fronçant les sourcils, avant de m'entourer de ses gros bras. Je me blottie contre son torse, et il pose son menton sur le haut de mon crâne.

Il réagit franchement mieux que je ne l'aurai pensé.

« Hm, il m'a, heu, j'étais en train de danser, et il m'a, heu, touchée… »

Je sens les mâchoires de Seth se contracter sur mon cuir chevelu, et ses muscles qui m'encerclent se bander. Je ne l'ai jamais vu en colère d'aussi près. Seth est toujours heureux d'habitude. Je m'en veux de gâter cette joie de vivre que j'aime tant. Même si je ne devrais pas avoir à me sentir coupable.

« Il t'a touché comment ? », demande-t-il brutalement, en me prenant par les épaules pour me regarder; et il crache ces mots, et je me rend compte que ça ne dois pas être très rigolo pour lui d'essayer de rester calme.

« Oh, non, ce n'est pas ce que tu crois ! Pas touché comme ça. Je ne sais pas, il a du profiter du fait que je croyais que c'était toi, ou que j'ai un peu trop bu, ou, hum …je … »

Seth retire ses mains de mon corps d'un coup, comme s'il s'était brûlé. Pendant trois secondes, j'ai peur qu'il m'accuse, moi; ensuite, je le vois secoué de convulsions et je prends peur. Je fais quelques pas en arrière. Il tremble de rage.

Il recule en titubant, et mute dans un grand bruit.

Je me retrouve le visage humide, le corps rompu, un pied nu (je me rends compte qu'il me manque une chaussure; elle a du tomber quand Seth me portait), démunie, devant Seth en loup. Je saurais à présent que lorsque Seth est en rogne il convulse et se transforme. Je n'ai pas peur, il ne va pas me faire de mal; mais c'est la première fois qu'il sort de ses gonds comme ça avec moi.

Je dis en sanglotant :

« Seth, je t'en prie, ramène moi à la maison ».

Il doit sentir que je suis à bout, car il me regarde avec ses grands yeux de loup plein de pitié, puis vient se coller contre moi en ronronnant. Il se baisse, et je grimpe avec peine sur son dos, direction mon lit.

Lorsqu'on arrive à la maison, je descends péniblement du dos de Seth, puis je vois qu'il se re-transforme avant d'entrer dans la maison.

On entre, et seulement quand je suis dans ma chambre et que j'hésite entre m'effondrer sur mon lit et me laver les dents et me démaquiller, je remarque que Seth est encore à poil.

« J'imagine que tu n'as pas d'habits de mec, si ? Pas ceux de ton père, je veux dire. Surtout qu'ils puent…»

Heu … », je dis, en me touchant le crâne, espérant vainement que cela m'aide à réfléchir plus vite. « Si ! J'ai un caleçon et un pull il me semble », je marmonne.

« Comment ça ? », demande Seth, visiblement étonné.

« Mauvaise réponse. Un merci aurait été bien mieux accueilli », je dis.

Je suis d'une humeur de chien. Je suis torchée, fatiguée, frustrée, il y a encore des non-dits entre Seth et moi à propos de Colin, et là maintenant tout de suite, je n'ai pas besoin que Seth mène l'enquête sur le pourquoi du comment je peux bien avoir des fringues de mec dans mes affaires. D'autant plus que ça me ramènerai dans les méandres de mauvais souvenirs.

Apparement, Seth comprend à mon ton qu'il ne doit pas insister, et attend sagement que j'aille lui chercher ses habits. Quand je les lui remet, il me remercie d'un hochement de tête avant de les enfiler en deux secondes et de me soulever de terre avant que j'ai eu le temps de dire « je t'en prie ». Il m'a prise sous les genoux et les épaules, comme une princesse, et me chuchote en avançant vers la porte :

« Aller, on va aller boire un petit verre d'eau, tu me remercieras demain ! »

Je blottis mon visage dans son torse et j'attend qu'il m'aie descendue dans la cuisine, où, après le fameux verre d'eau, je me rend compte que j'ai vachement soif et j'en engloutis trois autres. Après ça, je remonte les escaliers sur le dos de Seth, a qui le caleçon large bleu et le pull crème en coton (plutôt large également) prêtés vont très bien. De toute façons, il est canon tout le temps. Ou du moins, moi je le trouve canon tout le temps. Ça me suffit.

Il m'accompagne me brosser les dents dans la salle de bain, où j'ouvre un paquet de brosses à dent, pour lui, et je lui tends la bleue. Il l'accepte avec un sourire à la Seth (ai-je besoin d'en dire plus ? Il est craquant). On se lave les dents côte à côte, en se tirant la langue tout à tour.

Ce sont ces moments-là, quand on est seuls chez moi, à faire la cuisine, à faire le ménage, à faire …l'amour aussi, que j'ai l'impression que Seth et moi, on colle particulièrement bien ensemble. Le yin et le yang, ces conneries-là. Pourtant, il faut bien avouer qu'entre nous c'est pas toujours le pays des bisounours et des licornes qui font des caca-papillons. Parce qu'on se dispute aussi. On se dispute pas mal. Mais ce que j'aime, c'est que ni lui ni moi ne se hurlons dessus à longueur de journée. On pousse un coup de gueule, on dit ce qui nous fait chier, on est honnête l'un envers l'autre, et en général dès qu'on a compris ce qui ne va pas chez l'autre et chez soi, on se dit pardon, on s'embrasse et on passe à autre chose. À vrai dire, c'est la première fois que j'aime me disputer avec quelqu'un. On peut se disputer sur le nombre de grammes de farine à mettre dans les crêpes, sur les conséquences fâcheuse de la mise en place de l'Union Européenne, sur la robe que je vais mettre à telle soirée, sur la façon dont on va devoir gérer tel ou tel aspect de notre futur. En tous cas, peu importe nos différends, on s'aime et on se fait des câlins. Et les câlins, c'est la Vie.

Parfois, comme maintenant, alors que j'observe la mâchoire de Seth bouger avec les mouvements de sa brosse à dents, je repense à ce premier soir passé ensemble à la maison, où, pris dans une espèce de passion frénétique, on a ensemble brûlé toutes les étapes pour arriver là où nous sommes aujourd'hui. Rétrospectivement, c'est clair que si c'était à refaire, je préférerais prendre mon temps. Mais le passé est passé, comme dirait Elsa, et je suis on ne peut plus contente de regarder aujourd'hui Seth se laver les dents à côté de moi.

Quand je me suis démaquillée et que j'ai revêtis mon caraco et mon short de pyjama, Seth et moi on se fout sous la couette, et recroquevillés l'un contre l'autre, dans le noir, j'entend mon amoureux chuchoter :

« Il y avait un truc pas net dans la forêt ce soir, une odeur de vampire masquée par quelque chose, c'était flippant. J'ai croisé ton père, d'ailleurs, qui effectivement ne va pas rentrer de la nuit. Il était un peu réticent à ce que je dorme chez toi, mais j'ai joué la carte « Annie va pas rester seule quand même» et tout a fonctionné. »

Je souris simplement avant de l'embrasser. Cette histoire d'odeur n'est sans doute pas très grave et si ça me permet de passer des nuits avec mon chéri, alors je dis oui !

J'embrasse Seth sur les lèvres encore une fois avant de me rallonger. Alors que je commence à somnoler, j'entend à nouveau Seth murmurer :

« Tu veux parler de ce qui s'est passé à la soirée ? J'ai eu l'impression que ça t'as mise sans dessus dessous ».

Il passe ses bras chauds et musclés sur les miens, et je « monte » sur son torse, de sorte que je suis carrément avachie sur lui. Il est allongé sur le dos, et, couchée sur lui, j'ai posé ma tête contre son torse.

« Oui », je dis. « Ça fait plusieurs fois que je remarque que Colin est intéressé par moi. »

« Annie … », soupire-t-il, visiblement pas hyper réjoui, « tu me fais des scandales quand je ne te mets pas au courant de ce qui se passe dans la seconde, et tu ne me parles même pas de ça avant maintenant ».

Je pourrais argumenter pour le convaincre que je n'avais pas l'intention de le lui cacher, mais après réflexion, il a raison. Je bouge ma tête pour me pelotonner encore un peu plus contre lui, comme si je voulais réellement être dans sa peau.

« Excuse-moi, Seth », je dis simplement.

Il m'embrasse le haut du crâne.

« Allez, raconte-moi ».

Je lui déballe tout : le premier jour, les conversations écoutées à son insu, Jane Blower et son amour blessé, la fille avec qui il parlait ce soir à la soirée, et ce qui s'est réellement passé entre Colin et moi aujourd'hui.

Il me regarde dans le noir, et m'assure :

« On est un couple, Annie, t'as pas à porter ça toute seule; j'ai fais une erreur en ne te disant pas assez tôt que j'étais imprégné de toi, alors ne commet pas la même encore une fois. »

« Tu sais, je t'en veux pas; je ne crois pas qu'il y ait pas de bons moments pour annoncer une telle chose … »

« Tu dis ça parce que tu le penses vraiment où parce que comme ça, tu auras une bonne excuse pour me mentir dans le futur, en me disant qu'il n'y a pas de bon moment pour m'annoncer ce que tu aurais du m'annoncer depuis longtemps ? »

Je souris dans le noir.

« Bien ouèj, Seth, je capitule. T'es le meilleur. »

Sa poitrine se secoue alors qu'il rit.

« Il faut que j'en parle à Colin sérieusement. Quant à toi, miss, à partir de maintenant je veux toute la vérité rien que la vérité dis je le jure ! »

Je ris, et chuchote :

« Je le jure »

Avant de l'embrasser. Après ça, on s'endort en cuillère et je finis par avoir tellement chaud que je fais des cauchemars.

Je réveille donc Seth par un hurlement d'effroi, vers huit heure du matin, alors qu'on a dormi seulement cinq heures. Mes rêves se déroulaient dans une atmosphère nébuleuse et blanche, angoissante, tachetée de rouge et de noir. Au fur et à mesure que je me réveille, les cauchemars perdent de leur netteté mais restent avec une clarté pure ces images de membres cassés, de morts dans la neige, qui me font horriblement frissonner.

Seth me regarde avec des yeux mi-énervés, mi-inquiets, mais ne proteste pas lorsque je l'embrasse avec force, et passion, pour oublier ces mauvais rêves qui me donnent mal au coeur.

Alors qu'on roule ensemble sur le lit, il me demande si je vais bien, ce a quoi je répond que j'ai vraiment besoin qu'il m'embrasse. Il obéit sans protester, et on s'embrasse comme des fous, jusqu'à ce que, finalement, mon téléphone sonne.

Je mets un petit moment à l'entendre, parce que Seth m'embrasse encore et encore.

Finalement, j'halète un petit "stop" et je regarde qui m'appelle. Si c'est Nessie, elle peut aller se faire voir, mais si c'est papa, il faut que je réponde.

«Allo, papa ?», je dis en décrochant, un peu essoufflée.

«Ma fille, tu es assise ?», demande mon père, directement, avec une voix que je ne lui connaît pas.

«Oui.»

Seth me regarde bizarrement.

«Tu sais, quand je t'ai dis que j'allais être retenu avec Sam et les autres.»

«Oui ?»

«Il y avait une odeur bizarre, dans la forêt, et ça fait pas mal de temps qu'on la traque, avec les Cullen et la meute, mais ...on vient de découvrir le pot au roses.»

Je regarde Seth dans les yeux. Il me faut un port auquel m'accrocher, sinon je vais clamser tellement je suis tendue.

«Renesmée a disparu.»


Alors où est Renesmée ? Des idées ? Bisouuux