Hmmmm... pardon ? Bon, ça fait des mois que je n'ai pas posté mais je suis désormais pleinement en vacances et donc un peu plus disponible. Voici un nouveau chapitre !
Le lendemain, je suis réveillé par Seth qui me fais des bisoux dans le cou.
« Debout, petit rayon de soleil ! », me souffle-t-il dans le creux de l'épaule. « Il est déjà midi ! »
« Midi ? » je demande d'une voix si rauque que j'ai l'impression d'avoir fumé trois paquets de cigarettes la veille. « Attend, midi ? Mais tu ne dois pas être en cours ? »
« J'avais anglais ce matin. Je déteste y aller. Te regarder dormir est dix fois plus intéressant. »
« Gné ? » je grogne, en tentant de me redresser.
« Tu marmonne dans ton sommeil, et tu bouges vachement. »
« Je marmonne quoi ? » je dis, et je me rend compte que j'ai la gorge super sèche et que je dois puer de la gueule.
« Rien de bien compréhensible, à part "Seeeeth" et "glaaaaaace" »
Je ris, puis j'enregistre ce qu'il vient de me dire et j'arrête de me poêler.
« Alors tu n'es pas allé en cours ? »
« Si, mais j'ai juste séché l'anglais. Nessie te rapporteras ton cours cet après-midi. Tu as dormi 17h d'affilées. »
« Oh. Wow. » je dis, un peu sonnée.
Mais maintenant que je suis bien réveillée, je peux commencer à chercher les embrouilles.
« Seth, tu fais chier », je dis. « Tu m'avais promis. Comment veux-tu que je te fasses confiance ? »
Il me lance un regard mi-agacé, mi-inquiet, et me répond :
« Écoute Annie, pour toi ça fais peut-être longtemps, mais pour moi ça fais moins de trois jours que tu es tombée sur un rocher, que je t'ai crue morte et que je t'ai récupérée en petits morceaux. Excuse moi d'être anxieux et de ne pas vouloir te laisser seule trop longtemps. »
Je me radoucis.
« Seth… »
J'essaye d'imaginer ma réaction si Seth se faisait une blessure telle que celle que j'ai. En admettant quel ne puisse pas guérir en quelques heures. Je n'aurais effectivement aucune envie d'aller en cours.
Les jours s'enchaînent un à un, comme des perles grises sur un fil et je continue d'avoir mal au dos, quelque soient les lieux où je me trouve, les personnes avec qui je suis, les efforts que je fais.
Seth continue de me porter et de sourire, et je crois que s'il n'étais pas amoureux de moi comme il l'est et s'il ne me rappelait pas par ses sourires combien je suis amoureuse de lui, je n'aurais aucune raison de me lever le matin.
Avec Nessie, quelque chose s'est brisé. Elle m'a dit qu'elle et Jacob s'était réconciliés et que j'avais eu raison depuis le début. Elle m'a dit que sans moi elle n'y serais jamais arrivée, et cela m'a fait prendre conscience de quelque chose.
J'avais absolument voulu accompagner papa et Seth à Denali parce que je voulais aider Nessie. Je ne crois pas qu'il y ai eu d'autres motivations dans mon comportement : apporter de l'aide à une personne que j'aime. Nessie fut retrouvée, elle et Jacob se sont rabibochés, et moi j'ai eu le dos brisé, emportant avec lui des rêves et des projets d'avenir auxquels je tenais comme à mes lombaires.
Je sais que je n'ai pas le droit de lui en vouloir. Je les ai accompagnés de mon propre chef, personne ne me l'a demandé. Je sais que ce n'est de la faute de personne, sauf de cet ignoble Volturi que Seth a massacré. Mais il reste que Nessie a fait un caprice, que j'ai voulu l'aider et que c'est moi qui suis blessée à vie.
C'est injuste. Mais je suis en colère. Je suis en colère parce qu'elle a eu ce qu'elle voulait, et que c'est moi qui en ai payé le prix.
Nous nous voyons donc de moins en moins car je suis de plus en plus distante avec elle. Je garde un visage triste et froid que je ne peux plus m'empêcher d'arborer quand elle est dans les parages. Je vois bien que cela la rend triste, mais moi, cela me rend malade de la voir aussi heureuse tout en sachant que c'est moi qui paye son bonheur. Seth ne m'en a pas touché un mot, mais je sais qu'il comprend. Sous ses airs de gros bêta, je sais qu'il saisit le moindre de mes haussement de sourcils, de mes faux sourires, de mes insultes, et même de mes gestes vides et neutres.
Il me connaît incroyablement bien, alors qu'en ce moment je suis un peu plus centrée sur moi-même. Je ne sors pas, je reste à la maison pour regarder des séries dans les bras de Seth qui ne bronche pas. Je me réveille en pleurant, et ma tirelire est sur le point d'exploser puisque je ne dépense plus rien.
Seth et moi on ne fait plus trop l'amour. Il ne se plaint pas, car je pense qu'il a compris que même si on le faisait, ça ne serait sûrement pas aussi bien qu'avant, tant je suis déprimée. Mais je sais que ça ne doit pas être très drôle pour lui, car ça ne l'est pas pour moi non plus, mais je n'ai plus envie de rien.
Les mêmes journées pluvieuses d'avril sont là et elles s'écoulent toutes de la même manière. Je me réveille de mes cauchemars, je m'habille lentement, je prend mes affaires et je monte dans la voiture de Seth qui vient me chercher tous les matins. Mon père me fait un bisou froid dans le cou quand j'ouvre la porte mais ça ne me fais plus sourire. Parfois sur le chemin silencieux je pense à ma mère que je n'ai pas connu et qui était si belle et si rousse. Je vais en cours, je reste avec Seth en silence et parfois je pleure aussi. Ensuite je rentre à la maison, je me douche et je travaille et je regarde des séries et Seth vient se glisser secrètement sous ma couette. Les jours passent avec un rythme paresseux et mélancolique. Mes cheveux poussent, mon cochon en porcelaine se remplit, mes notes augmentent et Seth continue de sourire.
Un soir d'avril, alors qu'il pleut des cordes, quelqu'un toque à la porte. Seth a un double des clés (que mon père peut se montrer faible …) alors j'imagine d'abord qu'il les a oublié chez lui. Mon père ouvre, puisque je ne peux toujours pas marcher correctement.
« Tanya ? » j'entends.
Et comme ça, avec deux syllabes, je sens la vie couler dans mes veines comme avant, je sens que si je veux guérir je pourrai, et que mon père va être heureux avec Tanya pour le reste de l'éternité, qu'ils vont se marier et que je vais être grande soeur adoptive et puis qu'il y aura une femme, une mère à la maison, et je respire enfin, enfin je respire, j'inspire par saccades, et, oh, je suis tellement heureuse et ah, je tombe de la chaise et boum.
« Annie ? Annie ! »
J'ouvre un oeil, et je sens simultanément une douleur familière dans le dos, et une main douce et fraiche sur ma joue.
« Tanya ? » je dis, émerveillée.
Je me jette dans ses bras, ignorant mon dos qui grince et craque.
« Tanya ! », je m'écrie, des larmes dans les yeux.
« Et bien ! » rit-elle, « si je m'attendais à ce genre d'accueil, je serais venue plus tôt ».
Je suis inexplicablement extatique.
« J'espère que tu nous fais pas une crise de schizophrénie, ma fille », ajoute mon père en riant.
Alors on s'installe devant une tisane et on parle de comment vont les autres, comment se passe l'école et quelles études papa faisait et je suis si contente que je n'arrive pas à trouver le sommeil. Lorsque Seth frappe à ma fenêtre je l'accueille avec des baisers et une fougue que je ne pensais pas retrouver. Et la seule chose que je puis vous dire qui ne frise pas l'indécence c'est que sa peau est aussi douce qu'avant.
Les jours deviennent alors des perles bleues et roses sur un fil blanc du mois de mai, et le sourire de Seth est plus brillant que jamais, et je suis heureuse. Tanya est repartie chez elle et j'ai surpris mon père l'embrassant délicatement sur les lèvres avant le départ. Je continue de repousser les élans de Nessie, parce que je suis encore trop en colère contre elle, ou plutôt contre sa bonne étoile. Même si Tanya est repartie, je sais qu'elle reviendra apporter de la stabilité chez moi, alors je chante dans ma tête la chanson de Dori dans Le Monde de Nemo : « nage droit d'vant toi, nage droit d'vant toi ! ».
Je vais régulièrement chez le Dr. Cullen pour qu'il examine mon dos, et seule sa petite moue quand il me dit que ça va mieux, c'est vrai, mais qu'il faut encore beaucoup de repos et surtout ne pas marcher, et bla, bla, bla …seul cette moue qu'il prend me chagrine et m'assure que je ne serais plus jamais comme avant.
Alors qu'un joli lundi de mai, je me relève de la table d'auscultation de Carlisle (il veut que je l'appelle ainsi), celui-ci me fait un sourire énigmatique et me lance un regard étoilé.
« Ma petite Annie, je suis allée à un congrès la semaine dernière, à Dallas, et je suis tombée sur d'excellents chirurgiens. »
Je hoche la tête, ne sachant pas à quoi m'attendre, et surtout, tentant de restreindre mon enthousiasme pour ne pas être déçue.
« Je suis désormais convaincu qu'une opération est possible »
Voilà ! Maintenant à vos claviers, j'aimerais beaucoup savoir ce que vous pensez de comment avance l'histoire. Des bisoux !
