Bonjour les amis !

Merci pour vos reviews et vos alertes/favoris :)

Un petit chapitre pour vous donner du courage avant la rentrée ! Pour ma part, j'ai fini d'écrire l'histoire et j'en ai commencé une nouvelle donc dites moi ce que vous pensez d'avoir encore une petite aventure avec moi (très clairement si personne ne veut la lire je ne me ferais pas chier à la partager c'est pour ça que je vous demande XD)

Petit disclaimer : DSK est désormais connu du monde entier, particulièrement des américains, depuis l'incident du Sofitel à NY.


Je pense à plusieurs choses avant de répondre. Je pense à Nessie qui va probablement se trouver chez Sue (elle est sa belle-petite-fille, maintenant qu'elle et Charlie sont mariés). Je pense à ce que je vais lui dire. Aux mots que je vais employer pour lui demander pardon.

Il faut que je le fasse. Elle n'a jamais eu une seule mauvaise pensée pour moi. Je le sais. Je l'ai vu dans ses yeux. Je l'ai vu, que malgré le fait qu'elle soit magnifique, populaire, parfaite, elle m'admire. Elle m'admire et elle m'aime. Je ne vois plus de nécessité à en vouloir à quelqu'un qui m'aime. Il est temps que je lui dise que je ne la blâme plus.

Je regarde Colin qui me fixe, et qui attend sûrement que je réagisse. C'est mon dernier souci sur la liste actuelle de mes problème, et il n'attend rien d'autre que je lui trouve une solution.

« Hmm » je dis. « Salut, Colin ».

À titre d'information, la dernière fois que je l'ai vu, je lui ai foutu une baffe. Ça explique mon ton pas très ravi; et pour cause : je ne suis pas enchantée de le voir. Seth et moi on a pas encore vraiment discuté de ce qu'on allait faire — et pourtant, ce n'est pas le temps qui a manqué. Je vais devoir improviser, et ça, ça me casse le cul.

Il me prend au dépourvu :

« Comment s'est passé ton opération ? »

« Heu… », j'hésite, ne m'attendant pas à cet accès d'attention de sa part.

Comment vous décrire ça ? Colin n'est pas un mec gentil. Il n'est pas affectueux. D'extérieur, il fait assez rude : il est baraqué, mais d'un genre fin et délié, parce qu'il est plutôt sec et anguleux. C'est le style de personne calme et posé, qui montre extrêmement rarement ses émotions. Il a une mâchoire tracée au rapporteur, très carrée et qui se contracte quand il me fixe. Au début, ça me faisait limite peur.

« Ça s'est bien passé » j'élude.

Je passe sur le fait que j'ai passé neuf heures sur le billard, ce qui est plutôt long pour une opération. Je ne lui dis pas non plus qu'avant l'anesthésie générale j'ai regardé Seth avec l'impression que c'était la dernière fois que je le voyais et que je pouvais ne jamais me réveiller. Les chirurgiens m'ont dit que c'était une intervention risquée. Je ne lui raconte pas les larmes que j'ai versé à mon réveil, ni celles tombées sur les draps quand les médecins m'ont annoncé qu'il n'y aurait plus de séquelles d'ici une demi-douzaines d'années. Que j'allais pouvoir recommencer à vivre.

« Je suis avec une béquille pendant quelques semaines encore » lui expliqué-je en lui montrant ma cane. « Et puis je pourrai marcher normalement. »

« Je suis soulagé », me dit-il en s'approchant.

Je lui souris, parce que c'est gentil et que je n'ai pas l'habitude de le voir comme ça, puis je me rends compte de mon erreur quand je le vois franchir mon espace vital d'une enjambée, pour me toucher la joue.

À nouveau, je me concentre sur le fait qu'il faille absolument que je le rembarre. Je vais essayer de faire ça avec tact. Il faut que je sois délicate.

« Colin, j'aimerais que tu me foutes la paix »

….C'est un échec.

Il cligne des yeux, hébété, avant de reculer d'un pas, et je me sens déjà mieux.

Parce que d'un point de vue extérieur, c'est moi qui ne ressemble pas tellement à Marlon Brando. Je vous ai dit que j'étais petite (dramatiquement petite), et j'ai une peau très blanche, et des cheveux blonds vénitiens, et un grain de beauté sur le visage, qui me donnent — à mon grand dam — un air très suave de petite poupée — parce que Dieu sait que je ne suis pas comme ça. Quand on me regarde, on se dit : quelle mignonne petite chose, et non pas : oh, elle fait peur.

Pourtant, je vous assure que je peux être très intimidante. Je crois que c'est ça qui a le plus étonné Seth quand il a commencé à me connaître, et qu'il a adoré chez moi.

« Je ne suis pas un jouet », je dis, les yeux plissés, menaçante. « Et tu sais pertinemment que Seth et moi on est ensemble depuis des mois » j'ajoute, en appuyant sur le mot « mois », alors qu'en réalité ça n'en fait que trois.

Il continue de me regarder en essayant de m'intimider avec sa taille.

« Et alors ? » me dit-il, et je comprends que vraiment, il ne comprend pas en quoi le fait que je sois en couple est un obstacle.

On va pas s'entendre, copain.

« Et alors » je répète, la voix un peu plus grave parce que je m'énerve, « tu vas arrêter de chercher la merde. Je ne sais pas ce qu'il se passe avec toi mais tu- »

« Justement », me coupe-t-il. « Tu ne sais pas »

J'ai le temps de penser « on n'interrompt pas les gens quand ils parlent, malotru ! » avant qu'il n'embraye sur la suite de sa pensée :

« Tu ne sais pas ce que c'est », dit-il en s'approchant toujours, ce qui fait que je claudique avec ma béquille, en arrière, comme une désespérée, « d'aimer quelqu'un dont ton meilleur pote est amoureux. Dont ton meilleur pote est imprégné. »

Seigneur. C'est une déclaration.

Que faire ?

J'ai plusieurs solutions qui s'offrent à moi :

Je lui hurle dessus. Je peux éventuellement le gifler à nouveau,

J'essaye de le raisonner, de discuter avec lui,

Je simule un malaise et je tombe par terre pour éviter une confrontation.

Parmi tous ces choix, je finis par partir complètement en free style, puisque je dis :

« Sérieusement, Colin, tu fais pitié ».

Il me lance un regard blessé, et je commence à me dire « merde, il va me frapper », quand je trouve les mots justes :

« Ecoute : il y a quatre milliards de femmes sur terre, à peu près. Je ne vois pas pourquoi tu fais une fixette sur moi alors que tu sais que ça ne va jamais marcher », je lui dis, en évitant d'élaborer la chose — ça ne va pas marcher d'abord parce que Seth est imprégné de moi et qu'on est ensemble …pour la vie, mais aussi parce que Colin ne me plait pas du tout, et que je sais que même si on était les deux seuls êtres vivants sur cette planète je lui foutrais quand même un pied dans les couilles. « Ne va pas me faire croire que tu es victime de tout ça », je reprends, en me rappelant que je déteste la victimisation abusive.

« T'es plutôt beau gosse », je dis, d'un ton tellement conventionnel que même DSK n'y verrait pas de tentatives de flirt, « et je suis sûre que ta future imprégnée est quelque part donc arrête pas tes recherches pour moi, avec qui tu as zéro chance ! »

J'ai peut-être été un peu dure dans ma prononciation de « zéro », mais Colin m'envoie un faible sourire, franc, désarmant.

« Tu as raison » dit-il, alors que je pense « chouette, j'ai réussi à le convaincre ». « Mais », reprend-t-il, et je me rends compte que c'était trop facile, en effet, « tu te doutes bien que j'ai déjà réfléchi tout ça. Et je sais que ça peut marcher : tu n'es pas un loup garou, donc tu n'as pas à subir cette plaie qu'est l'imprégnation. Tu pourrais quitter Seth, et on irait vivre à l'autre bout du monde dans un endroit chaud et - »

« Mais sur quelle planète tu vis, Colin ? » je l'interromps. « Tu te rends compte de ce que tu me débites ? Tu m'imagines une seconde quitter Seth parce que tu me le demandes ? »

Il me regarde, et je n'arrive pas à déchiffrer son expression : est-il énervé ou déçu ?

« Et surtout », je continue, « dans l'hypothèse complètement improbable et tordue où je quitterais Seth pour toi, t'es mal parti pour durer longtemps, parce que je peux t'assurer que si j'arrive à quitter Seth, je ne pourrais jamais plus rester avec quelqu'un plus d'une semaine ! Et en plus, merci pour moi si tu t'imprègne de quelqu'un après. »

« Mais tu es en train d'env - », tente-t-il de me prouver.

« Et puis tu ne me connais tellement pas », je le coupe encore une fois. « Je déteste les endroits chauds ! J'ai vécu à San Francisco, copain, pas aux Bahamas. D'autant plus que je me plait ici, à la frontière du putain de Canada. Ce qu'il me faut c'est de l'eau froide et de la neige, et je ne sais même pas pourquoi tu me racontes ça parce que- mmhpf » je fais, parce qu'il vient de m'embrasser.

J'hallucine quelques dixièmes de secondes contre ses lèvres sèches et pressées, avant de me rendre compte que : meuf, il faut que tu fasses un truc, vite.

En impro totale, je décide de lui envoyer un énorme coup de béquille dans les couilles. Je dois dire que le bruit satisfaisant que ça déchaîne me ferait presque hurler de rire.

Sans attendre qu'il se remette de sa douleur, je saisis mon iPhone et appelle Seth en urgence.

« Annie ? » me dit-il, la voix légèrement rauque d'inquiétude parce que je suis déjà en retard. « Qu'est-ce que tu fous ? »

« Rejoins moi au croisement de ta rue », je l'informe d'un ton neutre. « On a un problème ».


Dites moi ce que vous en avez pensé, ce que vous supposez qu'il va arriver (comment Seth va réagir ?), et si vous avez des idées pour la suite !