Titre : Hope Is Out
Auteur :Wolfin Hope
Bêta reader : veronicka
Origine :Twilight
Genre : Yaoi/Slash, Angst, Crime & Friendship/Romance
Couple : Principalement Paul/Jared
Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !
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Notes de début : Flash back qui se déroule avant le prologue.
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« La vie est comme un jeu d'échecs : nous esquissons un plan, mais celui-ci est tributaire de ce que daignent faire l'adversaire aux échecs et le destin dans la vie. »
Arthur Schopenhauer
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Flash Back 1 mois en arrière
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Le jeune homme soupire en jetant son mégot au sol, sans même prendre la peine de l'écraser. Sa journée a été particulièrement difficile et si la perspective de retrouver son colocataire et ami n'est pas déplaisante il craint un peu les catastrophes que ce dernier a encore pu faire dans l'appartement. En ce moment il est en pleine folie créative. Laisser Jared seul dans l'appartement c'est un peu comme abandonner un enfant dans un magasin de jouets. Son ami est un jeune amérindien à l'esprit libre et rêveur, qui ne vit que pour l'art, qui ne le fait d'ailleurs pas vivre en retour. Alors bien entendu c'est lui qui fait vivre tout le monde et satisfait aux caprices d'artiste de son colocataire.
Parce que d'aussi loin qu'il se souvienne ils ont toujours été ensemble depuis l'école primaire, ils se sont fait office de famille, de repère, de point d'ancrage. Lui, ballotté entre sa mère dépressive et son père violent et Jared, orphelin de mère, père inconnu, très vite placé en foyer. De l'amour ils n'ont connu que celui qu'ils se sont donné, pleurant ensemble en rêvant d'un avenir meilleur, plein d'espoir et de promesses. Cet avenir ils ne l'ont jamais eu. A presque 25 ans, ils galèrent dans les bas quartiers de Springfield dans l'Illinois, alors Paul tente de rendre la vie de son ami plus douce comme il peut. Il lui laisse le loisir de s'adonner à sa passion, l'encourage à croire qu'un jour ses tableaux seront exposés ailleurs que dans la galerie miteuse de l'indien Kasou. Les rêves n'ont jamais tué personne et le sourire de Jared suffit à l'en convaincre. Son sourire c'est la première chose qu'il ait remarqué, ce gamin, brusqué sans cesse par ses camarades avait quelque chose qu'eux n'avaient pas : de l'espoir. A partir de ce jour et jusqu'à maintenant, Paul s'est fait le devoir de le protéger.
Il ne peut pas dire qu'il est malheureux de cette situation, tous les deux s'accommodent de cette vie modeste. Ils s'entendent très bien malgré leurs caractères diamétralement opposés : si lui est emporté et caractériel, Jared est calme et doux, toujours souriant et pourtant timide et effacé, sauf avec lui bien entendu. Les sujets de disputes les plus fréquents sont la propension de son ami à répandre de la peinture un peu partout, son coté déconnecté de la réalité agace parfois Paul, autant que sa manie à ramener ses conquêtes, masculines ou féminines gêne fortement Jared. Le jeune homme sourit à cette pensée en tournant ses clés dans la serrure.
La pièce à vivre est transformée en atelier, nouveau soupir. L'artiste ne lui prête même pas attention. La cuisine est dans un sale état et bien sûr l'autre ne lui a pas préparé à manger, en même temps il ne lui en tient pas rigueur. Il se racle bruyamment la gorge, Jared sursaute et pose son regard ambré sur lui, délaissant un instant sa toile.
"Ho..."
"Mouais c'est l'bordel !"
L'air coupable qu'affiche l'accusé disparaît au profit de son enthousiasme :
"Tu veux voir ma toile ? Je l'ai presque finie !"
"Mmmmh peut être plus tard."
Paul s'efforce de ne pas être vexant, l'autre est doté d'une sensibilité à fleur de peau concernant son art.
"Tu devrais ranger, j'ai demandé à Embry de passer !"
"Nmmphf"
Paul ricane. Jared râle dans sa barbe. Embry c'est un 'collègue' de 'travail' avec lequel il entretient occasionnellement des relations sexuelles et ça, son colocataire ne le sait que trop bien !
"Tu n'as qu'à aller voir Kim ?"
La mine renfrognée de l'artiste à sa proposition lui indique qu'ils ont encore dû se disputer. A chaque fois qu'il tente de comprendre leur relation Jared lui répète qu'il ne comprend pas. Pourtant ça lui semble clair : pourquoi rester avec une personne depuis 1 an si c'est pour sans cesse se disputer ? Il n'aime pas cette fille de toute façon, elle est stupide et matérialiste, moins il la voit, mieux il se porte.
"Alors tu vas rester ?"
"Sais pas'" Boude Jared. "Je sais que tu vas...Enfin bref..."
Paul lève les bras au ciel, les yeux suivant le mouvement :
"J'vais le baiser ouais..." Son ami fait les gros yeux, ce qui lui tire un petit sourire en coin. "Jar' je peux pas toujours me priver sous prétexte qu'on vit sous le même toit !"
"Nop ! Je sais, je sais...J'aimerais juste que tu te ranges. Je sais pas moi, trouve une femme et fais des enfants !"
L'absurdité des propos le fait éclater de rire :
"N'importe quoi !"
"Tu préfères les hommes ?"
"Raaah arrête avec ça, j'aime les deux."
"Tu les aimes pas..."
"Jared...T'es chiant à jouer sur les mots comme ça."
"Tu les désires." Le jeune homme prend un air pensif tout en commençant à ranger ses pinceaux. "Tu sais... Parfois je te vois comme une sorte d'animal assoiffé de désir, qui ne parvient pas à étancher sa soif alors il va boire à toutes les fontaines qu'il trouve... Mais ça ne change rien à son problème !"
Paul hésite entre le rire et l'incrédulité. Il ne veut même pas savoir où veut en venir son ami, il est trop fatigué pour ça. Ils fonctionnent différemment, se comprennent sans vraiment se comprendre. Il sourit simplement :
"Bah temps que je n'étanche pas ma soif sur toi ça devrait te convenir non ?"
Jared plisse le nez en rougissant. Au moins il lui a cloué le bec, c'est le genre de remarque qui le met mal à l'aise, et lui, il trouve ça adorablement drôle. Plus tard dans la soirée Jared consent finalement à se réconcilier avec Kim et lui il va pouvoir tranquillement profiter de sa soirée avec Embry, non pas qu'il apprécie particulièrement le jeune homme, mais il peut être d'une compagnie très agréable...
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Paul court, il court toujours et sans cesse. Finalement l'espoir de Jared c'est lui qui le porte, peut être qu'au fond, il y croit ? Il se rappelle avoir affirmé à son ami il y a quelques années qu'un jour ils auraient leur propre maison au bord de l'océan, qu'ils écouteraient le bruit des vagues avant d'aller se coucher et à dire vrai il s'y voyait déjà : lui loin de ses embrouilles, Jared un pinceau à la main, peignant l'océan. C'est stupide, il ne devrait pas être si naïf. Comme il n'aurait pas dû promettre l'impossible à son ami... Pourtant il s'y accroche.
Dans une période de crise et un quartier où la demande dépasse l'offre, trouver du travail était impossible, alors il a accepté tout et n'importe quoi, jusqu'à tremper dans des affaires vraiment louches, trafic de drogues, de stupéfiants, puis d'armes, règlements de comptes... Jusqu'à même planquer un flingue sous son matelas. Ho non il n'a tué personne et ne s'en est même jamais servi, c'est une mesure de prudence d'après Sam, l'un de ses 'collègues'. Et puis Paul sait jouer des poings, il est doué pour ça, au grand dam de Jared qui a horreur de le voir rentrer amoché. Ce dernier n'est pas idiot au point d'ignorer les activités répréhensibles et condamnables de Paul, qui veille malgré tout à l'épargner au maximum, le préserver de la violence du monde, en quelque sorte.
Tapis dans l'ombre du mur il retient sa respiration, ils sont trois et lui est seul, il préfère éviter la confrontation, il aurait de grandes chances de terminer dans un sale état, il a bien essayé de joindre Sam, mais rien. Il vaut mieux qu'il les sème avant de le rejoindre au bar. Ce crevard ne prendra de toute manière aucun risque pour sauver son cul, il doit se démerder seul, comme d'habitude. Face à son destin on demeure seul, sans aucun allié.
Il évite de trop réfléchir, premièrement ça fait mal au crâne et deuxièmement s'il ne se plaint pas de sa vie il voudrait parfois être une autre personne, un peu meilleure. Être quelqu'un de brillant et respectable, à l'instar de ses hommes d'affaire auxquels ils jettent des regards noirs quand il lui arrive de les croiser. Ou mieux, lorsqu'il les dépouille... Que Jared soit fier de lui et qu'enfin il lui donne ces rêves qu'ils se sont promis. Peut être qu'Embry a raison : il nourrit de drôles de sentiments ambiguës à l'égard de son colocataire, mais d'aussi loin que remontent ses souvenirs, il en a toujours été ainsi. Il n'a pas peur de dire que Jared est tout pour lui, il n'a personne d'autre, ses parents l'ont oublié, dans son milieu les amis n'en sont pas : que reste-il de vrai ? C'est tellement plus que ça. Des choses que son ami ne comprendrait probablement pas, trop compliquées pour son monde idéal et irréel, monde auquel il le laisse croire.
La ruelle est silencieuse, ça en devient effrayant, pas un bruit. Par mesure de précautions Paul s'accroupit lentement et jette un petit caillou dans la direction opposée. Il compte jusqu'à 20, absolument rien. Il s'autorise un souffle soulagé et s'extirpe rapidement du coin sombre, sur ses gardes. Dans la vie qu'il a choisi, par dépit il veut bien l'admettre, on regarde sans cesse par dessus son épaule, l'esprit ne dort pas tranquille.
Il lui faut à peine quelques minutes pour gagner le café/bar Spatio sur la 5ème avenue, un petit établissement d'apparence propre et tout à fait banale. Personne ne peut se douter vue de l'extérieur qu'il sert de QG au trafic de toute la région. Armes et drogues y transitent sans cesse, tout au long de l'année et sans trêves. La criminalité ne se repose pas !
Il pousse la porte et est accueilli d'un bref signe de tête du patron, Smotti, dont personne ne connaît le vrai nom. L'homme a une petite soixantaine et ses traits sont marqués par la vie, sa moustache et ses cheveux grisonnants tirés en arrière lui donnent un petit coté mafieux. Il aperçoit Jared derrière le bar qui lui adresse un grand sourire. En fait c'est lui qui a fait le forcing pour que son ami bosse ici trois soirs par semaine, c'est mieux que rien et puis s'il a été engagé ce n'est nullement pour ses talents de serveur. Il est très maladroit et malgré les conseils du patient Smotti il casse régulièrement des verres, bouteilles, ou autres. Mais il se tait, il ferme les yeux sur ce qu'il peut voir ou savoir et c'est un élément essentiel. Paul n'a pas voulu le mêler à tout ça, il le voit plutôt comme une chance pour Jared de travailler un peu, sortir de chez lui, quitter son monde où l'art le domine. Et rentrer un peu d'argent, qu'il gaspille généralement en peinture inutile, mais ça, c'est une autre histoire...
Il répond vaguement au sourire, il vient chercher Jared chaque jour où il travaille ici, mesure de précaution, ils auront tout le temps de discuter dans la voiture, ou à l'appartement, là il a d'autres priorités. Son attention se porte sur un homme assis seul à une table : Sam. L'homme est un peu plus âgé que lui, de corpulence égale, grand et bien bâti, le teint basané. Il l'ignore jusqu'à ce qu'il s'assied brusquement face à lui.
"Sam !?"
L'intéressé daigne lever le nez du journal qu'il faisait jusqu'à lors semblant de lire :
"?"
"Tu peux me dire pourquoi ces putains de russes veulent me massacrer ?"
"Des russes ?" S'étonne l'autre.
"Koshkov il veut quoi ?"
"Il est pas russe, il est hongrois !"
Paul abat brutalement son poing sur la table, qui craque sinistrement sous le choc, agacé par la nonchalance de son collègue :
"On s'en tape de ça !"
"Il te veut peut être toi ?" S'amuse Sam, les yeux malicieux.
Trop c'est trop, heureusement que Jared est non loin et pourrait entendre leur conversation, mais il n'a qu'une envie, exploser la tête de ce connard de Sam.
"Très drôle ! Étrange façon de recruter alors..."
"Tu sais les russes..."
"Je croyais qu'il était pas russe !"
"Bref." Chuchote Sam, plus sérieux. "Il veut exploser tout le monde, il parait que les affaires vont mal pour lui, ça le rend un peu à fleur de peau, on va lui régler son compte point barre !"
Méthode expéditive, risquée mais généralement efficace en cas de réussite. En tout cas lorsque Sam dit 'régler son compte' on n'entend plus parler de la personne en question après coup et Paul préfère ne pas savoir ce que ça implique.
"Au juste tu te rappelles que Braham vient chercher son matos demain, tu pourras le faire transiter de l'entrepôt jusqu'ici, comme convenu ?"
"Ouais ouais... Et je serais payé quand ?" Grogne Paul, blasé.
"Chéri...Viens chez moi ce soir, je promets de te faire une petite avance..."
"Même pas en rêve !"
S'excite Paul en se relevant, énervé par le rire de l'autre. Il lui lance un regard menaçant, en dépit du fait que cela n'atteigne nullement Sam, avant de tourner rageusement les talons. Il manque même de percuter Jared.
"On rentre ?" Interroge ce dernier.
Cette voix, elle a le don de le calmer instantanément, sa voix est parfaitement calme lorsqu'il s'exprime, oublié sa course poursuite et les sarcasmes de Sam :
"T'as fini ?"
"Ouais !" sourit joyeusement Jared.
"Alors on rentre ! Tu veux qu'on passe prendre chinois ?"
"Oh yes !"
Et ils se dirigent cote à cote vers la sortie en discutant de quels plats prendre au chinois du coin. Parce que sur ça non plus, ils ne sont pas d'accord, ce qui ne les empêche pas d'en rire.
Le quartier est d'un calme étonnant la nuit, Paul lui sait ce que cette apparence paisible cache, dans les bas fond et les recoins de ruelles désaffectées, ou dans ces bars branchés à première vue clean... Par moment, il aimerait tout ignorer et simplement pouvoir profiter de la banalité d'une ville commune, sans en connaître les sombres secrets. Le bon coté c'est qu'ainsi il sait quels quartiers éviter et les personnes à ne pas croiser, pour lui et Jared aussi.
Son regard, jusqu'alors fixé sur la route où défile le bitume noir se dévie sur sa droite, son ami dévore déjà ses nouilles. Il s'efforce de faire transparaître une fausse contrariété dans sa voix :
"Tu pourrais m'attendre !"
"Je prends de l'avance c'est pour mieux pouvoir t'attendre !" Répond l'autre, du tac-au-tac.
Vexé et n'ayant pas de réplique cinglante en tête le conducteur choisit de se taire et reporte son attention sur la chaussée. Il sent le corps de Jared se rapprocher du sien, un bras l'entoure doucement et son ami l'étreint comme il peut en murmurant contre son oreille :
"Allez boude pas..."
Ces marques d'affection ce n'est pas qu'il les rejette, il a juste du mal à les accepter, la tendresse et toutes ces choses là, il n'a pas tellement grandi avec alors il repousse Jared en bougonnant.
"Tss rattache donc ta ceinture."
L'autre sourit et s'exécute.
Oui, sa vie est loin d'être parfaite, malgré ça il ne l'échangerait pour rien au monde. Il préserve ce qu'il a d'important, n'est ce pas là l'essentiel ? Donner un sens à sa vie c'est aussi la rendre utile.
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Notes de fin : Partie relativement courte, la suite reprendra au présent. Joyeuses fêtes de fin d'année à tous !
