Titre : Hope Is Out
Auteur :Wolfin Hope
Bêta reader : veronicka
Origine :Twilight
Genre : Yaoi/Slash, Angst, Crime & Friendship/Romance
Couple : Principalement Paul/Jared
Disclaimer : Comment dire que j'aimerais avoir une belle horde de loups garous dans mon jardin mais je crois que c'est mieux pour eux qu'ils continuent d'appartenir à Stéphanie Meyer :k, et les acteurs du film à eux même. L'univers et quelques personnages en revanche sont de ma création !
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"L'espérance est un de ces remèdes qui ne guérissent pas mais qui permettent de souffrir plus longtemps."
Marcel Achard
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Retour au présent
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15 jours, soit 360 heures, ou encore 21 600 minutes qu'il erre dans les couloirs telle une âme en peine. L'odeur âcre et l'air lourd ont fini par l'écœurer, lui causant des nausées. Sans parler du manque de sommeil qui a creusé ses traits, chaque fois qu'il s'aperçoit dans le coin du miroir des toilettes il se fait peur. Chacun de ces couloirs blancs et identiques sent la mort, comme si cette dernière rôdait, à l'affût de la moindre occasion.
Et lui que peut il faire ? Rien et il se sent bien inutile. Tous les jours et même toutes les nuits, il attend dans cette salle qu'on lui autorise des visites, il boit chaque paroles du Docteur Jacob Black, dans l'espoir un jour d'entendre une bonne nouvelle. Étrangement il n'a pu le voir que quelques fois, car son état n'était pas stable, il a beau supplier les infirmières et tout le reste du service c'est apparemment au Dr Balck qu'appartient la décision et la responsabilité.
Alors il attend, patiemment. Impuissant, comme d'habitude il pense ironiquement. Des années durant il s'est laissé porter et maintenant ? Bien sûr qu'il s'en veut, il aurait dû se montrer plus responsable, prendre sa vie en main et ne pas laisser Paul porter ce poids sur ses épaules seul. Jared a voulu croire à un idéal où il pouvait rêver librement, protéger par sa bonne étoile, mais cette étoile il regrette de ne pas en avoir pris soin comme il aurait du le faire...Trop tard pour les regrets, ou même s'apitoyer sur leur sort. Pour une fois il va assumer, c'est à son tour de veiller sur son ami. Parce qu'il va s'en sortir il en a l'intime conviction. Il veut y croire, plus qu'à tous ses rêves.
Quand on l'a appelé un samedi soir pour lui dire que Paul avait eu un accident il a d'abord paniqué. Il a voulu passé un coup de fil, se faire emmener à l'hôpital, parce qu'il n'a pas le permis... Le problème c'est qu'habituellement il appelle Paul dans ces cas là... Il n'a pas pu joindre Kim puisque cette dernière l'avait encore quitté la semaine avant. Il a donc fini par prendre les transports en commun, a passé un coup de fil pour prévenir Smotti, son patron, qu'il ne pourrait plus travailler. Il n'a pas su s'il devait appeler Sam, Embry, ou quelqu'un d'autre. Si on l'a prévenu lui c'est parce que les parents de Paul sont restés injoignables et que son numéro était ancré en haut du répertoire de son ami. Mais ne faisant pas parti de la famille, il doit attendre sagement, suivre des règles qui ne devraient éthiquement pas s'appliquer à eux !
Le Dr Black qui s'occupe de Paul est un jeune homme à peine plus âgé qu'eux, qui possède beaucoup de charisme, ça rassure un peu Jared. En dépit du fait qu'il lui ait clairement indiqué que les organes vitaux et les fonctions motrices aient été gravement atteints. Paul aura probablement un cœur et des poumons plus fragiles qu'auparavant et un traitement à vie. Ça ce n'est encore rien, il risque également de rester paraplégique : le Docteur parle de paralysie temporaire qui pourrait disparaître partiellement ou complètement avec le temps et une bonne rééducation, il ne peut pas se prononcer plus que cela à ce sujet.
Jared fixe ses mains liées sur ses genoux, il a des crampes à force de garder la même position dans cette maudite salle d'attente. Il se jure intérieurement de tout faire pour sauver Paul. Il se doit de l'aider. Il lui consacrera sa vie si nécessaire mais un jour il lui rendra ses jambes. A condition qu'il sorte du coma, mais il s'interdit de penser que le contraire puisse être possible, sa nature optimiste probablement...
Il a envie, ou plutôt besoin de s'effondrer, pleurer jusqu'à vider ses réserves lacrymales, hurler son désespoir. Pourtant il n'en fait rien. Personne ne peut le rassurer comme l'aurait fait Paul, alors à quoi bon ? Il se sent perdu, à l'instar d'un chiot abandonné. Oui, il admet volontier être dépendant de son colocataire et ça fait des années qu'il en a pris conscience. En fait cette situation lui a toujours convenu, elle lui plaisait. Aujourd'hui ses repères ont volés en éclats. Il n'est pas assez stupide pour croire que Paul va se remettre et que tout va rentrer dans l'ordre. Non, en dépit de cet air déconnecté qu'il a, il sait qu'un tas de choses vont changer et que les mois à venir vont être douloureux. Mais au moins ils existeront...
Son désespoir est à son comble, sa patience mise à rude épreuve. Il s'imagine que dans la situation inverse Paul aurait fait un scandale et remué terre et ciel pour être avec lui, quitte à casser le nez du charmant Dr Black. Il ricane tout seul, c'est plus un rire nerveux qu'autre chose. Il sont tellement différents...
"ça va ?"
Il sursaute brusquement en bondissant sur sa chaise. Une jeune femme s'est assise à ses coté et lui sourit gentiment. En fait depuis qu'il est à l'hôpital il la voit régulièrement, elle aussi doit avoir un proche dans ce service. Il ne lui a jamais vraiment prêté attention, trop obnubilé par le reste. Comme lui elle semble très fatiguée, les traits marqués et le teint pâle, son visage creusé est accentué par ses cheveux tirées en arrière. Il lui donnerait quelques années de plus que lui, mais à ce jeu là il n'est pas doué ! Face à son manque de réaction le sourire de l'inconnue se fane :
"Excuse moi, ma question est mal venue..."
"Non non..."
Il hésite sur les mots à employer, il ne sait pas ce qu'on dit lors de conversations dans la salle d'attente d'un hôpital...
"Je m'appelle Amy."
Il scrute un instant la main tendue avant de la saisir délicatement.
"Jared."
"Bien." Elle sourit encore. "Tu veux un café Jared ?"
Il hoche simplement la tête, se rendant compte après coup que c'est un peu malpoli de se faire payer un café par une inconnue, mais celle ci s'est déjà levée, et puis, il a beau fouiller ses poches il ne lui reste plus un centime. D'ailleurs il faudra bien qu'il s'inquiète de ça aussi, il vide chaque jour un peu plus son compte en banque et cette fois ci Paul ne sera pas là pour subvenir à leurs besoins ou payer le loyer. Et la situation risque de se prolonger ainsi. Et Paul ayant jugé inutile et trop onéreux de se prendre une couverture sociale décente il va y avoir des frais énormes à prévoir, l'hospitalisation, les soins, la rééducation. Il s'efforce de laisser ça mariner dans un coin de son esprit, au moins le temps que son ami sorte du coma, il doit rester réaliste et garder la tête froide. Penser logique et par étape, réorganiser leurs vies en fonction de Paul, l'avenir il ne le voit pas autrement qu'avec lui.
"Tiens !"
Il sursaute à nouveau, Amy se tient devant lui, souriante et lui tendant un café.
"Merci."
Elle se rassied à ses cotés.
"Je pense qu'il va s'en sortir !"
"Hein ?"
S'étonne Jared en la regardant fixement. Cette fille est peut être folle, ou alors elle parle toute seule !
"Et bien ton ami ! Ils viennent de le transférer dans la 202 !"
Le cœur de Jared manque un battement. Si Paul a été transféré dans un chambre standard c'est que son état s'est stabilisé. Il en oublie de se demander comment cette fille le sait, au bout du couloir se dessine la silhouette du Dr Black, son messie. Il adresse un sourire à sa voisine pour la première fois :
"Merci !"
"De rien..."
Il se lève subitement et fait face au médecin, raide comme un piquet, tous ses membres sont crispés de stress.
"Son état s'est stabilisé, vous pouvez aller le voir... Mais il est encore plongé dans le coma."
Le jeune homme ne se le fait pas dire deux fois et suit docilement Mr Black après avoir adressé un bref signe de main à Amy.
La chambre est pâle et triste, à l'image du reste de l'hôpital. Bien sûr ce n'est pas un lieu réputé pour sa joie et ses couleurs vives mais en temps qu'artiste Jared aimerait y donner vie, apporter l'espoir qu'il manque dans ces bâtiments mortels. Le corps de Paul gît sur le lit, il se précipite à son chevet. Il est relié à un tas d'appareils étranges, mais il se fait la remarque positives qu'il y en a beaucoup moins qu'avant et que sa respiration parait calme et régulière. Il prend sa main entre les siennes et la presse doucement.
"Paul...Mon Dieu Paul...Réveille toi s'il te plaît !"
Et pour la première fois depuis l'accident des larmes silencieuses dévalent ses joues pour finalement se transformer en de violents sanglots. Il relâche toute la pression, là à coté de la personne la plus importante de sa vie. Il caresse du bout des doigts le visage vide de toute couleur et se promet de tout faire pour le sortir de là, absolument tout.
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Jared a continué de venir chaque jour, les uns après les autres. Entre temps il a repris son travail, parce qu'il n'est pas encore assez bête pour croire que les factures se paieront toutes seules, sans parler des frais à venir non couverts par l'assurance. Smotti s'est montré compatissant et a accepté qu'il fasse des heures supplémentaires. Son seul problème ce sont les trajets, l'appartement, le bar, l'hôpital, lui qui a horreur des transports en commun il est servi. Rien que la pensée de devoir s'agglutiner contre des inconnus et tenir fermement son sac de peur de se le faire arracher, il en frissonne. Sans parler des soirs où il rentre tard, la peur au ventre, baissant les yeux et traçant sa route, tentant de se faire tout petit au fond du bus. Par chance il ne fait pas partie de ces personnes que l'on remarque, il se rend facilement invisible.
Il prend une grande inspiration lorsqu'il pousse les portes de l'hôpital. Une façon de se donner la force de continuer et d'espérer. Ça fait maintenant 4 semaines que Paul est dans le coma, son état demeure stable, ni plus, ni moins. L'attente est insupportable, cependant il n'a pas vraiment le temps d'y penser, il dort, travaille et va voir Paul, il n'a pas peint depuis l'accident. Au fond même si Paul ne lui a jamais dit, il sait très bien ce que ce dernier pense de son art : il ne rapporte rien... Et il avait raison !
Il salue poliment les infirmières, qui le connaissent bien désormais. Il rejoint Amy qui l'attend avec un café et un sourire. C'est devenu leur rituel puisqu'ils sont tous les deux là à attendre, impuissants et soucieux. En outre il n'a pas eu de nouvelles de son ex petite amie Kim et une présence féminine le rassure. Ils s'assoient côte à côte.
"Alors comment va t il ?"
"C'est toujours la même chose, il dort..."
Un silence flotte dans l'air avant que Jared ne pose son regard sur le visage fatiguée de la jeune femme, il a l'impression que chaque jour ses traits se creusent un peu plus.
"Et toi, je ne t'ai jamais demandé, pourquoi es tu là ?"
Par discrétion, timidité ou égoïsme, il n'a pas posé cette question. Pourtant lui il partage chaque jour son calvaire, un peu comme si elle le portait à ses côtés.
"Ho...J'ai un ami qui dort moi aussi, mais il ne se réveillera pas..."
La question lui brûle les lèvres :
"Pourquoi l'attends tu alors ?"
Aucune réaction vive ou choquée face à sa remarque déplacée, juste un sourire triste.
"L'espoir. Ne renie jamais l'espoir Jared, tant que l'on vit on espère. Les yeux clos et l'esprit paisible je veux mourir avec l'espoir gravé dans mon cœur."
La poésie, les phrases qui sonnent douces à ses oreilles, le jeune homme les aime, et il ne répond rien, il veux juste croire en ces mots, assez pour leur donner une consistance réelle, les palper du bout des doigts, les faire vivre. Jared médite en touillant son café, Amy a raison. Le moteur de l'espèce humaine c'est l'espoir, celui d'avoir la vie dont on a rêvé, de réussir, de fonder une famille, d'être en bonne santé, que chaque jour qui passe soit meilleur que le précédent. Il suffit de s'en donner les moyens.
"Tu devrais aller le voir, je suis sure que tu lui manques !"
La jeune femme s'est relevée et le salue d'un geste de la main avant de s'éloigner, elle aussi a ses espoirs à couver. Jared se demande depuis combien de temps elle attend ainsi. Et lui ? Paul finira t il par se réveiller ?
Il soupire faiblement en se levant à son tour, partant dans la direction opposée, celle de la chambre 202. Dans ces couloirs clairs les lumières sont presque aveuglantes, confondant la nuit et le jour. Est ce pour que les malades oublient de les compter ? Perdent la notion du temps et gardent l'espoir ? Il n'en sait rien.
Il prend une dernière inspiration avant de pénétrer dans la chambre, se préparant à la difficile vision de son ami, flottant entre la vie et la mort. Immédiatement l'odeur des médicaments lui agresse les narines, il renifle et fronce le nez. Son regard peine à soutenir ce qu'il voit. Le visage pâle comme neige et sans expressions de Paul, amaigri malgré les perfusions diverses et variées. Il s'assied prudemment au bord du lit, une étrange crainte de le blesser ou même le réveiller. Ce qui est stupide bien entendu... Il prend sa main entre les siennes, la caresse délicatement et commence à lui parler d'une voix douce et basse. Il lui raconte sa journée, lui parle d'Amy, des personnes qu'il a vues aujourd'hui. Inlassablement il répète le scénario, jours après jours.
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