Saluuuut !
Et voici le nouveau chapitre, à l'heure cette fois-ci (mais quelle boulette, je vous jure, j'ai tellement honte). Et on y parle enfin de dragoooooons ! Owi ! Je suis tellement impatiente de voir si mes installations vous plaisent !
Du coup, dans ce chapitre, des dragons, des discours passionnés, une pipelette, ... et une fin qui ne va pas vous plaire x)
Disclaimer : Tout ce qui est reconnaissable appartient, évidemment, à la génialissime J.K.R. Et ça, c'est cool, parce que ça veut dire qu'on a le droit de jouer avec. Nyhahahaha.
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Réponses aux review anonymes :
Petite-plume : Merciii beaucoup ! Les Dresseurs de dragon, c'est le BIEN. Et nos amis à écaille arrivent à grand pas ! Ou plutôt à grandes pattes. Pour Ron, j'ai un peu hésité à les faire de rencontrer dans l'appartement, mais il était encore trop tôt que qu'il en sorte sans être carbonisé... alors de deux maux j'ai choisi le moindre : brûler les souvenirs du crétin plutôt que le crétin lui-même x) En tous cas je suis super contente que ça te plaise toujours, et voici la suiiiiite !
lisou (1) : Aaaw, merci, c'est super gentil !
lisou (2) : Hum, je ne sais pas si c'est la même lisou du coup ^^ mais en tous cas, oui c'est vrai que "l'oubli" de Ron se fait un peu rapidement même si elle a toujours des "spasmes" qui la prennent de temps en temps : comme au départ cette histoire était destinée à être un OS j'ai voulu vite évacuer le "problème Ron" pour qu'elle puisse se concentrer sur l'essentiel x) à savoiiiiiir les fameuses perturbations de notre Dresseur favori ! Merci beaucoup en tous cas, j'espère que ce chapitre te plaira !
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Le lendemain matin elle se réveilla fraîche et dispose, finalement assez impatiente de partir avec Charlie et de découvrir ce que travailler avec des dragons impliquait. Ils déjeunèrent rapidement, puis se retrouvèrent dans la chambre du Dresseur qui avait insisté pour qu'Hermione parte avec un minimum de protection - il ne comptait évidemment pas la mettre en danger, mais on n'était jamais trop prudent avec des bêtes de ce niveau de classification.
Il lui tendit un ancien blouson, des protections de jambe s'apparentant à des cuissardes et des gants, le tout en cuir de dragon noir et plutôt usé. Elle prit l'équipement avec un grand sourire et partit dans sa chambre pour s'habiller. Elle en revint quelques minutes plus tard pour trouver Charlie sur le canapé, qui resta coi.
La jeune femme portait un jean noir droit, simple, et un tee-shirt blanc basique, mais les habits de cuir rehaussaient le tout en lui donnant un petit air nonchalamment mutin. Charlie ne s'attendait pas du tout à cette vision et ne comprit pas de prime abord ce qui clochait, puis l'évidence lui apparut : elle aurait dû flotter dans ses atours en cuir, mais elle avait visiblement pris soin de les rétrécir un peu afin qu'ils lui aillent mieux. Gênée par ce silence qu'elle interpréta mal, Hermione prit néanmoins la parole :
« Heu… Je… J'ai pris la liberté d'ajuster un peu ce que tu m'as prêté pour les mettre à ma taille, je leur redonnerai leurs mesures réelles après… Mais si ça t'embête…
- Pas du tout, du tout ! Ça te va très bien ! Et puis le cuir est moins gênant s'il est ajusté. »
Vas y Charlie, essaye d'avoir un peu plus pervers pour voir ? Crétin ! se fustigea-t-il mentalement.
« Je voulais dire... Tu seras plus à l'aise si ces vieux trucs sont à ta taille, ajouta-t-il pour essayer de rattraper ses précédentes paroles. Si tu es prête, on peut y aller ! »
Elle acquiesça, grisée à la perspective de leur journée, et attrapa la main qu'il lui tendit pour la faire transplaner avec lui.
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Ils apparurent à une centaine de mètres d'un immense bâtiment qui semblait être fait d'arbres. Pas simplement de bois : d'arbres. De vieux, vieux arbres aux troncs noueux et aux feuillages nourris dont les branches s'entremêlaient dans une belle harmonie. Consciente du regard de Charlie sur elle, visiblement amusé par son ahurissement, Hermione s'essaya à une pique pour cacher sa béatitude :
« Hum, une cabane en bois donc, pour des dragons qui crachent du feu, c'est bien ça ?
- Pas tout à fait, répondit Charlie en faisant comme s'il n'avait pas perçu le sarcasme. Déjà, du bois magique et ignifugé. Et ensuite, le terme "cabane"... non, il vaut mieux que tu voies par toi-même. Suis-moi, personne ne te mordra... enfin espérons le. »
Elle fit mine de ne pas avoir entendu sa dernière remarque et lui emboîta le pas. Lorsqu'ils furent assez près du bâtiment, deux troncs s'écartèrent juste assez pour leur laisser la place de passer sans encombre puis se refermèrent derrière eux. Et Hermione comprit ce que Charlie avait voulu dire. Elle ne se préoccupait plus de l'air complètement abasourdi qu'affichait son propre visage, du regard amusé de Charlie, ou d'une façon générale de tout ce qui avait pu lui occuper l'esprit l'instant d'avant. Elle ne trouvait pas les mots pour appréhender pleinement ce qu'elle avait sous les yeux : ils se tenaient probablement dans une immense, immense salle - elle paraissait bien plus grande à l'intérieur qu'à l'extérieur - mais elle était agencée de telle façon qu'on avait l'impression d'être sur tous les continents à la fois.
Tout de suite à sa gauche s'étendaient sur plusieurs centaines de mètres des sommets de montagnes glacés, parcourus de vents violents et de flocons de neige qui tourbillonnaient au gré des bourrasques. Un peu plus loin on devinait un marécage, sombre et tortueux, où des saules centenaires plongeaient leurs branchages dans des eaux saumâtres et peu engageantes. À sa droite elle voyait des étendues vertes et paisibles, à l'herbe grasse et encore humide d'une récente pluie, tandis qu'en poussant un plus avant on devinait un paysage cauchemardesque au sol noir où des coulées de magma s'étalaient paresseusement entre les roches friables.
Elle était dans un gigantesque patchwork climatique et géographique, destiné sans aucun doute à s'adapter aux besoins des dragons dont on prenait soin ici. L'effet était simplement saisissant et elle aurait pu rester des heures à essayer d'analyser la magie responsable de cette merveille d'ingéniosité. N'y tenant plus, Charlie essaya de la tirer de son mutisme contemplatif.
« Je savais que ça te plairait.
- Tu plaisantes ? Et tu crois que je vais encore vouloir dormir chez toi après avoir vu ça ? Ce soir, je plante une tente ici. Tu es prévenu.
- Tu changeras vite d'avis en voyant les résidents...
- Le bâtiment est immense, mais pas au point de garder beaucoup de dragons adultes. Ce sont plutôt des jeunes, voir des bébés dont vous vous occupez ici, non ?
- Ha, tu es trop perspicace, c'est même plus drôle. Oui, nous appelons cet endroit notre Nurserie. Lorsque nous trouvons des œufs abandonnés ou que nous les confisquons sur le marché noir, ou que de jeunes dragons séparés de leur mère avant d'avoir été sevrés nous sont confiés, c'est ici que nous les amenons. Nous les relâchons dans leur habitat naturel une fois qu'ils sont à même d'affronter ce grand monde cruel...
- "Ce grand monde cruel". On dirait Hagrid...
- Mais c'est pourtant la vérité. Les bébés dragons ne sont pas moins fragiles que les petits d'autres espèces... et ils sont beaucoup, beaucoup braconnés. Il faut les bichonner tant qu'on le peut encore.
- Vous vous occupez de combien de bêtes en ce moment ?
- Une petite dizaine, pour l'instant ils doivent être dans leur tanière pour recevoir leurs soins matinaux. Mais tu les verras bientôt se promener au-dessus de leur paysage !
- Et... toi ? Quel est ton boulot là-dedans ?
- Parfois j'aide les autres ici, mais mon affectation principale n'est pas celle là. »
Charlie fit une petite pause, s'amusant de voir Hermione s'impatienter un peu.
« Et quelle est-elle, cette affectation ?
- Moi... je m'occupe des adultes.
- Vous avez des dragons adultes quelque part ? C'est eux que tu as en charge ?
- Oui et non. Nous avons des Cornelongues Roumains dans la réserve, puisque c'est ici leur habitat naturel, mais l'autre de mes missions principales consiste à aller à l'étranger pour m'occuper des dragons adultes qui deviennent dangereux pour les populations locales. Bien souvent je vérifie aussi que leurs territoires ne se chevauchent pas : on a beau faire, le nombre de dragons dans le monde ne cesse de décroître et on n'a vraiment pas besoin qu'en plus ils s'entretuent. »
Il avait une telle amertume dans sa voix qu'Hermione ne put s'empêcher d'énoncer l'évidence :
« Tu les aimes hein, ces grandes bêtes... »
Il la regarda quelques instants, un peu troublé.
« Les dragons sont les créatures les plus intéressantes qu'il soit au monde. Ce sont des animaux de magie, au sens littéral du terme : ils ont une aura magique puissante, tellement puissante qu'ils créent parfois des perturbations suffisamment importantes pour déformer la réalité autour d'eux. Tellement puissante que les Moldus continuent à fantasmer sur leur existence sans jamais en avoir eu la moindre preuve, touchés qu'ils sont par toutes les choses qu'ils ressentent mais ne comprennent pas. Tellement puissante que même blessé, aveugle et affamé, l'un d'eux a réussi à défoncer les murs magiquement renforcés de Gringotts pour s'en échapper... »
Il adressa un clin d'œil à la jeune femme qui rougit légèrement.
« Leur extinction serait un drame. Tout le monde ici leur est dévoué, corps et âme, parce que nous savons ce qu'ils représentent pour le monde sorcier, pour le monde en général. Alors oui... je les aime. »
Hermione ne savait pas quoi répondre à la passion faisait vibrer le discours de Charlie. Elle se contenta de contempler les paysages de ses protégés, toujours émerveillée par cet immense déploiement de magie. De belle magie, corrigea-t-elle dans son esprit.
Ils se baladèrent dans l'allée centrale pour qu'Hermione puisse voir les enclaves plus lointaines lorsque quelqu'un transplana soudain à côté d'eux : une jeune femme avec des cheveux noir corbeau, le teint pâle et de longues jambes, toute vêtue de cuir vert, qui s'avança pour saluer Charlie d'un ton enjoué.
« Charlie ! Tu ne nous avais pas dit que tu passerais à la Nurserie ce matin ! Il faut absolument que tu voies Fanfan, il a fait des progrès incroyables : il arrive à voler sur presque dix mètres ! Ha, il va bientôt falloir le ramener chez lui… Mmh, non, oublie ce que j'ai dit. Il est encore très mal en point le pauvre chou, il faudrait le garder encore quelques temps. Un tout petit mois. Deux ? Allez, trois et on n'en parle plus. Et il faut aussi que tu voies l'enclos des Norvégiens, l'un des œufs va éclore dans les prochains jours ! C'est la fournaise dans cette grotte, mais le spectacle vaut le coup d'œil : il a pris une très jolie teinte et on devine des petits craquements quand on tend l'oreille… J'ai hâââte de voir le tout petit ! Et d'ailleurs, en parlant de tout petits, tu sais les… »
Elle s'arrêta brusquement, semblant se rendre enfin compte de la présence d'Hermione. Elle la regarda avec de grands yeux, posa une main sur sa bouche et se mit à bégayer.
« Est-ce que… Est-ce que tu serais… »
L'intéressée sembla enfin sortir de la transe dans laquelle le babillage à propos des dragons l'avait plongée : elle n'avait jamais, jamais rencontré quelqu'un d'aussi prolixe, et ne savait pas vraiment où cette jeune femme voulait en venir à présent avec ses hésitations. Charlie se permit alors d'intervenir :
« Oui Liz, c'est bien Hermione Granger. J'aurais pu te l'annoncer avant si tu avais arrêté de faire fonctionner le moulin qui te sert de bouche une seconde.
- Dis-donc, traître ! Tu aurais pu me dire que… Ha, tant pis. C'est un très grand honneur Hermione, Charlie nous a beaucoup parlé de ce que tu as accompli. Une héroïne de guerre... je ne pensais pas que j'aurais un jour la chance de te rencontrer, c'est incroyable ! Tu vas rester un peu avec nous ? Oh… tu veux voir des petits ? J'ai des a-do-rables bébés Suédois, on pourrait commencer par…
- Liz !
- Quoi ?!
- Tais-toi ! »
Elle ferma sa bouche avec l'air de celle qui voulait se rebeller, et croisa ses bras en attendant que Charlie continue.
« Donc… Hermione, je te présente Elisabeta Cioban, dite Liz, une brillante Dresseuse de dragons qui travaille chez nous depuis de nombreuses années et qui tutoie tout le monde. Elle est originaire d'ici et passe beaucoup de temps à parler. Beaucoup trop, en fait. »
Cette dernière remarque lui valut un coup à l'épaule, ce qui ne l'empêcha pas de laisser échapper un rire.
« Je suis enchantée de vous rencontrer, Elisab…
- Liz ! Et on ne me vouvoie pas. Je ne suis pas assez vieille pour qu'on me vouvoie. Je n'ai que 29 ans… Contrairement à toi, Monsieur le trentenaire grincheux.
- Comment ça grincheux ?
- Mouhahaha, tu m'as bien entendue. C'est l'âge mon pauvre ami… Bon, revenons à nos dragons. Hermione, me ferais-tu l'honneur de venir voir mes adorables petits bébés à écailles ?
- Hé bien… Avec plaisir ?
- Ha ! Tu vois Charlie, elle préfère venir avec moi qu'avec toi. Vaque mon grand, vaque ! Va voir tes bêbêtes de 12 tonnes, nous on se concentre sur les mignons. Je te la ramène en bon état. »
Et avant qu'elle aie pu protester, Hermione se retrouva tirée par la manche en direction des sommets enneigés. Elle jeta un coup d'œil en arrière pour voir Charlie lui lancer un regard encourageant et consterné à la fois, mais il n'essaya pas d'arrêter Liz. Elle conclut donc que la visite ne devait pas être dangereuse mais ne pouvait pas s'empêcher d'être inquiète : aller voir des dragons avec quelqu'un d'imposant comme Charlie était une chose, y aller avec une femme somme toute un peu comme elle-même en était une autre.
...
Elles commencèrent à crapahuter sur les rochers, prises dans des tourbillons de flocons sans en ressentir la morsure glacée, et arrivèrent bientôt près d'une petite grotte en pierre claire. Éclairées d'une apaisante lueur bleue, les parois de la galerie étaient douces au toucher, comme polies par des centaines d'années d'érosion. Les deux jeunes femmes de faufilèrent jusqu'à une salle dans les entrailles de la montagne, où Hermione vit un spectacle qui la laissa sans voix : trois petits dragons y étaient lovés les uns contre les autres, dans un nid de fourrures épaisses, leurs museaux soufflant de minuscules volutes de fumée blanche. Leurs écailles étaient colorés d'un bleu pur, presque phosphorescentes tant elles étaient brillantes. De petites cornes au bout encore rond leur poussaient sur le crâne, et leurs ailes translucides se soulevaient au rythme de leur respiration.
Malgré toute son appréhension et ses aprioris plutôt négatifs, Hermione ne put s'empêcher de les trouver adorables et magnifiques : elle n'avait jamais vu pareille couleur bleue dans la nature, et Norbert le dragon - finalement renommée Norberta - n'avait jamais été aussi paisible lorsqu'elle l'avait vue chez Hagrid. Son premier réflexe fut de vouloir s'approcher pour les contempler de plus près mais Liz lui barra gentiment le passage d'un bras tendu.
« Attends, chuchota-t-elle. Laisse-les se réveiller et s'apercevoir que nous sommes là. Il ne faut jamais brusquer un dragon ou le prendre par surprise, même un jeune. »
Elle avait parlé d'une voix sérieuse qui déstabilisa Hermione : elle n'avait pas encore vu cette facette de son caractère et ne la soupçonnait absolument pas. Liz se mit à siffler une mélodie tout doucement, ce qui eut pour effet de faire ouvrir les yeux de ses protégés. Ils levèrent la tête tous les trois et se tournèrent immédiatement vers les deux jeunes femmes, après quoi ils se figèrent. Liz s'accroupit en entraînant Hermione avec elle, lui faisant signe de patienter.
Après quelques minutes les petits se levèrent et marchèrent vers elles d'un pas peu assuré, en dépliant leurs ailes par intermittence et en émettant de petits grognements. Ils se dirigèrent droit sur Liz, la reniflèrent et se cachèrent un peu derrière elle, en lançant des regards très expressifs à Hermione : elle pouvait voir de l'inquiétude dans leurs magnifiques yeux bleu nuit.
« Hé mes p'tits loulous, regardez, c'est Hermione ! Oui, moi aussi je suis contente de vous voir. Oui. Regardez, elle est très gentille ! »
Les trois petits dragons avaient entrepris de lécher les mains de Liz dans un geste visiblement affectueux, mais le plus hardi d'entre eux s'approcha à petits pas de celle qu'ils ne connaissaient pas. Mue par rien d'autre que du désarroi face à tant de mignonnerie, Hermione tendit doucement la main et vit le dragon se tendre au maximum sur ses pattes avant pour approcher un petit bout de son museau vers elle tout en restant assez loin pour pouvoir s'enfuir. Il renifla une fois, deux fois, puis approcha enfin à pas mesurés pour avoir un meilleur angle. Il leva les yeux vers elle, et ce qu'il y vit dû lui plaire car il donna deux petits coups de museau contre sa paume. Il repartit ensuite vers Liz pour chahuter avec les autres.
« Toujours curieux celui-là.
- Ce sont tous des mâles ?
- Non, les deux autres sont des femelles. On n'est pas sensés leur donner un nom, pour ne pas s'attacher… mais je le fais quand même. Le p'tit mec c'est Lou, et tu as Archie et Kala ici : elles sont un peu plus farouches mais tout aussi adorables. Ils seront bientôt en âge de nous quitter… Je suis heureuse pour eux mais ça me fend le cœur.
- Le fait de côtoyer des humains pendant les premiers mois de leur vie ne les affecte pas ?
- Un peu. Ils ont parfois un peu de mal à s'adapter, mais l'instinct reprend vite le dessus ! Ils apprennent - avec raison - à se méfier de nos semblables et s'isolent dans des coins reculés. Dans le cas des Suédois, il est rare qu'ils s'en prennent à des humains. Je sais que Scamander avance dans son bouquin une théorie un peu simpliste qui dit que c'est uniquement dû au fait que leur habitat est difficilement atteignable pour les populations humaines, mais moi je sais que ce n'est simplement pas dans leur nature. Certains dragons sont des prédateurs pour nous, et d'autres pas… Mais il ne faut pas oublier qu'ils étaient sur cette terre bien avant nous. Nous nous sommes clairement incrustés sur leur territoire, et pas l'inverse : il faut savoir l'accepter, savoir partager. »
Hermione médita sur ces paroles en regardant les petits dragons jouer avec Liz. Celle-ci finit par se lever et se diriger vers leur nid, suivie de près par ses protégés et d'un peu plus loin par Hermione. Elle prodigua aux petits les soins matinaux - vérifier l'état de leurs griffes et de leurs dents, retirer le cas échéant ce qui aurait pu se coincer sous leurs écailles, leur donner à manger de petits morceaux de viande amoureusement découpés - puis ils sortirent de la grotte.
Pendant une bonne heure Liz les fit jouer, en leur proposant des exercices qui visaient à leur apprendre à voler et à chasser. Hermione était impressionnée par la dextérité dont ils faisaient déjà preuve, planant sur des distances impressionnantes pour de si petits dragons, et par leur vision : ils pouvaient repérer de très loin le jouet en chiffon qui leur servait de proie. Elle ne vit pas le temps passer, ne pensant à Ron que fugitivement quand l'un ou l'autre des dragons lui rappelait Norberta et Hagrid. L'expression de joie pure qu'arborait Liz montrait qu'elle s'amusait au moins autant que les petits, et cette fraîcheur contagieuse fit un bien fou à Hermione.
Lorsqu'elles partirent de la montagne pour laisser les dragons s'amuser seuls, l'un d'eux - qu'Hermione crut reconnaître comme Lou, à ses écailles un peu plus claires - vola jusqu'à Liz pour s'enrouler autour de sa jambe gauche et frotter sa tête contre les cuissardes de la jeune femme. S'il avait été un chat, il aurait sans aucun doute ronronné. Il repartit aussitôt, fonçant vers ses sœurs, et laissa échapper un tout petit jet de flammes bleutées. Hermione était émerveillée.
« Ha, tu verrais ta tête ! la taquina Liz. Bon, pour ma prochaine visite, je ne peux malheureusement pas t'emmener avec moi. Il faut que je m'occupe d'un jeune beaucoup plus grand que ceux-ci, et surtout avec un bien plus mauvais caractère. Le pauvre nous a été amené avec une aile cassée, et il était encore trop jeune pour qu'on le laisse comme ça dans la nature… mais je déroge un peu à la règle en le soignant ici. En revanche, si tu veux voir des œufs, tu peux aller dans la zone des Verts Gallois : ils n'écloront pas avant un bon moment, et leurs coquilles sont… Ha, va voir, c'est encore mieux de découvrir par toi-même. Cherche le paysage qui ressemble le plus aux vertes plaines de chez toi ! Les œufs sont dans une petite grotte à flanc de montagne, tu la trouveras facilement. »
Sur ce, elle partit, sans se soucier le moins du monde de devoir materner Hermione dans un environnement que la jeune femme ne connaissait pas. Celle-ci lui en fût très reconnaissante, heureuse qu'on la laisse un peu naviguer en paix. Elle se dirigea vers la lande verdoyante qu'elle avait vue un peu plus tôt dans la matinée et remarqua effectivement la montagnette un peu plus loin, qu'elle n'avait alors pas pris le temps d'observer. Elle retira ses bottes et se mit en marche, appréciant la fraîcheur et le moelleux de l'herbe sous ses pieds, puis les remit lorsqu'elle trouva la petite grotte dont parlait Liz.
Elle était peu profonde et elle pouvait déjà entrapercevoir les œufs depuis l'entrée, mais la curiosité l'emporta : il fallait qu'elle les voie de plus près. Elle s'aventura donc dans l'étroit corridor de pierre, éclairé par de petites boules de lumière verte, et arriva enfin près du nid : les œufs, au nombre de deux, étaient posés sur un petit monticule de galets lisses et visiblement très chauds, lui-même entouré par plusieurs cercles concentriques gravés dans la pierre. Lorsqu'Hermione se fut assez avancée, elle vit enfin pourquoi Liz lui avait parlé des coquilles en termes si mystérieux : elles étaient vertes et dorées, et surtout elles étaient parcourues de milliers de petites volutes gravées, s'entremêlant et formant des dessins d'une incroyable finesse sur toute la surface de l'œuf. Elle passa un long moment à les contempler, se perdant dans les motifs et les couleurs, se demandant comment pareille merveille pouvait exister dans la nature. Elle entendit enfin des pas se rapprocher, la tirant de sa rêverie.
« Hey ! »
Elle sourit en entendant la voix de Charlie, et en se rappelant quel avait été le sort du jeune homme la dernière fois qu'il l'avait abordée par un « Hey ! ». Il s'engagea dans la grotte et vint s'asseoir à ses côtés, l'air heureux.
« Alors, cette matinée chez les bêtes sauvages ?
- C'était pas mal. Je dois admettre que les bébés sont plutôt mignons.
- Ha ! Tu vois ! »
Pour toute réponse elle lui sourit plus largement, heureuse elle aussi, mais la simple présence de Charlie lui rappela ce qu'elle voulait fuir. Sa réaction fut moins violente que la dernière, mais elle se cacha la tête dans les genoux pour essayer de dissimuler les larmes qui coulaient le long de ses joues. Charlie lui entoura les épaules d'un bras et la pressa doucement contre lui, ne sachant pas très bien lui-même pourquoi il faisait ça.
« Bon, je te propose qu'on rentre pour manger - et ne me dis pas que tu n'as pas faim, tu n'as plus que la peau sur les os - et après ça je te montrerai des itinéraires de balades que tu pourrais faire dans l'après midi ? Je ne peux pas t'accompagner, il faut que je retourne voir mon Pansedefer tout à l'heure…
- Ton… ton Pansedefer ?
- Oui. Il me semble que tu le connais bien…
- Ha ?...
- Tu sais, celui dont je te parlais tantôt, qui a défoncé les murs de Gringotts… Hé bien il a vécu tellement longtemps dans ces sous-sols sordides qu'il a été très difficile de le réadapter au milieu naturel, sans même parler de sa cécité. Ça fait maintenant plusieurs années que je m'en occupe, pas à temps plein bien sûr mais je passe très régulièrement le voir et, sans vouloir me jeter des fleurs, il va beaucoup mieux. Il ne sort plus des limites de son territoire, arrive à chasser correctement… On lui a même peut-être trouvé une compagne ! »
Tout en parlant il s'était relevé et avait commencé à marcher vers la sortie en faisant signe à Hermione de le suivre. Elle regarda une dernière fois les œufs, émerveillée par leur beauté, puis rattrapa Charlie qui l'attendait déjà sur l'herbe verte. Dès qu'ils furent sortis de la bulle climatique ils transplanèrent directement chez lui, et il se mit tout de suite aux fourneaux.
Hermione essaya de lui proposer son aide mais il se contenta de la repousser en riant, et lui demanda de leur verser plutôt une bière bien fraîche.
« Je vais devenir alcoolique à cause de toi !
- Bah, on va rattraper ta jeunesse trop sérieuse. »
Un peu troublée, la jeune femme ne lui fit aucune remarque et s'exécuta, sortant des verres et des bouteilles du réfrigérateur. Son silence mit cependant la puce à l'oreille de Charlie qui lui demanda :
« J'ai dit quelque chose de mal ?
- Pas vraiment, hésita Hermione. Mais tu entends quoi par ma "jeunesse trop sérieuse" ?
- Ha… Hé bien, disons que tu n'as pas eu, que vous n'avez pas eu, une adolescence normale et saine. On ne peut pas avoir une adolescence normale et saine quand un mage noir vous court après. J'ai dit ça sans méchanceté…
- Je sais. Mais… j'ai aimé nos années à Poudlard !
- Je ne dis pas le contraire. Je dis simplement que vous avez, malgré vous, fait l'impasse sur tout une période de la vie d'un ado : quand on commence à être adulte sans l'être vraiment, et qu'on fait des tas de conneries pour le simple plaisir de les faire. Vous avez été forcés d'être adultes, très rapidement.
- En quoi ce serait mal ?
- Hermione… »
Charlie poussa un soupir agacé, regrettant d'avoir abordé le sujet.
« Encore une fois, j'ai dit ça sans méchanceté. Mais il y a un moment où un jeune doit péter les plombs et faire n'importe quoi… Sinon il le fait plus tard, et c'est pas un beau spectacle. Tu sais, je pense que c'est à cause de ça que Ron… »
Il se tut, sentant qu'il avait été trop loin dans ses explications, mais l'idée l'avait frappé sans qu'il puisse la réfréner.
« Pardon ? Tu… c'est parce que j'ai empêché Ron de péter les plombs qu'il m'a quitté sans le moindre égard pour nos quatre ans de relation amoureuse, sans parler de tout ce qui a précédé cette relation ? Sans le moindre égard pour moi ?
- Mais non… Je n'ai jamais dit que c'était de ta faute !
- Tu sais quoi Charlie ? Peut-être que moi aussi j'avais besoin d'exploser après la guerre, peut-être que j'aurais voulu profiter du fait que j'étais en vie ! Que nous étions en vie ! Mais est-ce que j'ai agi comme une égoïste bornée pour autant ?
- Hé bien tu aurais peut-être dû ! »
Le ton était monté sans qu'ils sachent bien pourquoi, mais il leur semblait impossible de s'arrêter.
« Tu aurais dû exploser, au lieu de chercher à te mettre en ménage avec quelqu'un de clairement immature !
- Me mettre en ménage ? Qui a parlé de se mettre en ménage ? On n'était même pas fiancés !
- Et alors ? La vie commune, pas besoin de mettre un anneau dessus pour y être enfermé ! »
Hermione devint réellement rouge de colère et leva un doigt menaçant sur le torse de Charlie.
« Tu penses que j'ai ENFERMÉ ton frère ?
- Mais non, andouille ! C'est toi qui t'es enfermée toute seule ! Pourquoi… Hermione, par tous les caleçons de Merlin, pourquoi est-tu allée te cloîtrer avec mon frère ?
- …quoi ?
- J'aime mon frère, putain, je l'ai toujours aimé comme un dingue parce qu'il était tellement petit quand il est né… J'avais l'impression de devoir le protéger… Mais merde, il y a des fois où c'est réellement un crétin fini ! Pourquoi, pourquoi tu es tombée amoureuse de lui ? Vous avez des caractères qui ne vont pas du tout, du tout ensemble, vous n'avez pas les mêmes centres d'intérêts, même quand vous étiez en couple vous ne pouviez pas passer une demi-heure sans vous engueuler ! Il serait temps que tu te rendes compte que c'était voué à l'échec !
- Je…
- Tu quoi ? Oui, je suis méchant, oui, je dis les choses crûment. Mais Ron n'était pas la bonne personne, et ce n'était pas du tout la bonne période pour vous mettre ensemble de toutes façons. Je te l'ai déjà dit à demi-mot la dernière fois… il serait temps que tu exploses, Hermione. »
Elle ne sut pas quoi répondre. Son cœur n'était qu'un océan de douleur, elle ne pouvait se départir du sentiment que tout était arrivé à cause son sérieux et de son envie d'avancer à elle. Elle entendait les paroles de Ron et de Charlie se mélanger sans son esprit et finit par se plaquer les mains sur les oreilles, comme pour essayer de les arrêter, et partit en courant vers sa chambre pour s'y enfermer. Elle se jeta sur son lit et s'y pelotonna, tentant d'oublier le reste du monde.
...
...
Gniii... Elle est beaucoup trop émotive cette Hermione, et elle interprète les choses de la pire des façons. Mais avec un peu de chance ça s'arrangera vite... Mouhahahahahahaha.
Qu'avez vous pensé de la Nurserie? Des petits bébés? De la Nurserie? Du personnage de Liz? De la Nurserie?...
Merci beaucoup de me suivre en tous cas, à Mardi et portez-vous bieeeeen !
Des bisous !
