Helloooow !

Voici la suiiiite ! Alors, dernier moment pour faire les pronostics, est-ce que Charlie va venir la voir ou va la laisser tranquille? En tous cas, dans ce chapitre, de l'alcool et un ENORME pétage de plombs. Bonne lecture les zamigos, on se retrouve en fin de page :p

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Disclaimer : Comme d'haaaaab, rien à moi, tout à notre Maîtresse favorite, la très compréhensive J.K.R. !

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Réponses aux review anonymes :

MG123 : Arf oui il y a dû y avoir un bug, je n'ai rien vu... Pourtant j'ai revérifié quand j'ai lu ta review pour ce chapitre-ci, mais rien du tout. Je suis vraiment super contente que ça te plaise autant, j'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes... En tous cas, oui Hermione va petit à petit reprendre confiance en elle mais cette rupture qui sortait un peu de nulle part l'a complètement anéantie. Il lui faudra du temps et des muscles saillants pour s'en remettre HUM je m'égare. C'est chouette que tu aies aimé les dragons et la Nurserie, ainsi que Liz... On sera amené à les revoir ! Mais par contre non, aucune romance entre elle et Charlie, ils ont plus une relation de "bros" même si Liz n'est pas un mec mais c'est l'idée x) En tous cas merciii pour ta review, et pour celle de la semaine d'avant que je n'avais pas eue :p

Petite-plume : Hiiiii merciii merci merci ! Ton enthousiasme me va droit au coeur, c'est adorable :) Je suis ravie que les petits dragons et Liz te plaisent, moi j'ai adoré écrire ce passage, ça faisait un moment que ce genre de trucs me trottaient dans la tête. En tous cas encore merci, pour tous tes compliments d'une part et pour avoir pris le temps de le faire une review de l'autre !

fan : Merciiii c'est chouette qu'elle te plaise ! J'espère que tu aimeras aussi la suite, et la façon dont leur relation évolue :) Merci beaucoup pour ta review !

Doumbea : Merci beaucoup, huhu attention avec tes "attachants", je vais finir par mettre un Charlie menotté quelque part moi x) en tous cas j'essaie effectivement de leur faire prendre leur temps, c'est quand même assez particulier dans la mesure où Charlie est le frère de son ex... Et au final il ne s'est pas passé beaucoup de temps depuis le début, on en est à une petite semaine, il leur faudra plus de temps à ces petits affreux. Je suis très contente que la Nurserie t'ait plu, j'y réfléchissais vraiment depuis un moment à ces installations pour Dragons, et j'étais doublement heureuse de pouvoir les mettre quelque part pour les faire partager :) En tous cas rassure-toi, on va voir d'autres dragons... Et pas que des bébés. Merci, merci mille fois pour ta review et tes compliments, c'est super motivant et ça me fait chaud au coeur. J'espère que la suite te plaira !

Aventure : Merci beaucoup :) je suis plutôt attachée au perso de Liz, elle est inspirée d'une amie à moi et elle sera aux côtés de nos tourtereaux pendant un bon bout de temps. Elle leur apporte le petit grain de folie qui peut leur faire défaut parfois :p En tous cas, fin du suspense : voici la suiiite ! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me faire une si gentille review !

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Elle se leva quand le soleil descendit sur l'horizon et sortit de sa chambre, hagarde, pour tomber sur une petite note que Charlie avait laissée sur la table de la salle à manger.

Je suis désolé. Je n'aurais pas dû m'emporter comme ça et je me suis mal exprimé. Arrête de prendre toutes les responsabilités sur tes frêles épaules, elles ont déjà supporté assez de choses… Je reviens demain matin, il faut que je m'occupe d'un transfert cette nuit. Fais attention à toi. PS : Je t'ai appelé du renfort… si tu ne veux voir personne, ne répond pas, elle comprendra.

Intriguée, Hermione alla vers la salle de bain pour faire un brin de toilette et retourna dans sa chambre pour se saisir de plusieurs parchemins dans le fatras de la bibliothèque. Elle était plongée dans la lecture de l'un d'eux traitant de la réserve des Verts Gallois en Écosse quand quelques coups frappés contre la porte se firent entendre. Comprenant qu'il s'agissait certainement des « renforts » évoqués par Charlie, Hermione se leva et alla ouvrir : derrière la porte elle découvrit Liz, deux bouteilles de vin à la main, deux pizzas dans l'autre, et un sachet de brownies qui pendait de sa bouche fendue en un large sourire.

« 'Alut ! 'E 'eux entrer ?

- Haaa laisse-moi te prendre des trucs ! »

Hermione s'empressa de récupérer les brownies et les pizzas des mains de Liz et invita celle-ci à rentrer. Elles déposèrent le tout sur la table de la salle à manger et la Dresseuse serra fermement les épaules d'Hermione entre ses mains, planta ses yeux dans les siens et lui dit :

« Charlie m'a dit que tu avais besoin d'une soirée pour te changer les idées. Tu n'as pas besoin de me raconter pourquoi si tu n'en as pas envie, ce ne sont certainement pas mes oignons, mais en tous cas sache que je suis la femme de la situation. Je vais te raconter tellement de potins sur les gens de la réserve - et en particulier sur Charlie - que tu vas en oublier pourquoi tu es ici ! »

Complètement abasourdie, Hermione regarda Liz un moment puis éclata de rire. Elle avait vraiment besoin de ça, de cette exubérance, de cette femme tellement forte et extravertie qu'elle aurait pu dérider Severus Rogue.

« D'accord Liz. Mais d'abord, laisse-moi nous servir deux grands verres de ce pinard qui me fait drôlement de l'œil. Après on pourra discuter. »

Elles s'installèrent devant le canapé, assises sur des coussins, un verre de vin dans une main et la pizza à portée de bras sur la petite table basse, et commencèrent à parler de tout et de rien. Elle apprit que Liz était d'origine à moitié moldue du côté de son père, et qu'elle avait fait ses études à Durmstrang : les conditions de travail étaient certes dures, mais ce n'était pas aussi terrible que ce que Viktor avait pu lui décrire. Hermione choisit finalement de raconter ses déboires avec Ron à sa compagne d'un soir, dont l'expression se faisait de plus en plus horrifiée à mesure que l'histoire touchait à sa fin.

« C'est pas vrai… Il t'a quittée comme ça ?

- Hé oui. Comme ça.

- Mais quel crétin… »

Entendre Liz traiter Ron de crétin avait un effet bénéfique certain sur son moral.

« Exactement. Et c'est pour ça que je suis encore ici… Je ne sais pas vraiment quoi faire de ma vie maintenant que celui autour duquel tout tournait est parti. »

Liz resta songeuse un instant puis remplit leurs verres vides de liquide bordeaux.

« En même temps… vu comme ça, c'est peut-être pas un mal.

- Hein ?

- Peut-être que c'est un signe que ta vie doit être plus remplie que ça. Peut-être que tu as d'autres choses à vivre et à faire… Très franchement je ne te vois pas en femme au foyer. J'ai… Pour être tout à fait honnête, j'ai lu beaucoup de choses sur toi - des articles, des petites bio - et… pour moi, tu es une aventurière ! Tu as toute ta vie devant toi, pourquoi te contenter d'un seul endroit quand tu peux visiter le monde ? »

Hermione comprit soudain ce que Charlie avait très maladroitement essayé de lui dire le midi même. C'était ça, c'était exactement ça qu'il lui avait dit. Et elle s'en voulait d'avoir tout compris de travers.

« Une aventurière ? Je suis un rat de bibliothèque, Liz !

- Non, tu aimes lire, ce qui est différent. Imagine un peu toutes les bibliothèques que tu n'as pas visitées ! Tu pourrais partir avec les Mages-archéologues à la recherche de la bibliothèque d'Alexandrie, aller visiter le Palais des dix milles Parchemins magiques en Chine, découvrir l'aile cachée Witchcraft & Wizardry de la Bibliothèque Nationale du Congrès à Washington ! Il y a des dizaines, des centaines de destinations qui n'attendent que toi ! »

Hermione n'avait jamais pensé à tout ça. L'alcool aidant, elle sourit à Liz de toutes ses dents et elles passèrent un certain temps à parler de destinations de voyages toutes plus improbables les unes que les autres : elles passèrent même en revue les différentes localisations possibles de l'Atlantide pour s'y rendre le plus tôt possible et y finir leurs jours entourées de beaux esthètes musclés et raffinés. La nuit fila entre les verres de vins et d'Hydromel, sans parler des brownies qui ne firent pas long feu et qu'Hermione s'appliqua à dupliquer avant de manger le dernier. Lorsqu'elles décidèrent de mettre de la musique, Liz transplana tant bien que mal chez elle et revint avec de nombreux vinyles de vieux groupes de Rock et Hard Rock moldus qu'Hermione connaissait bien : elles se déhanchèrent tant et si bien qu'elles finirent toutes les deux debout sur le canapé, en jean, soutien-gorge et les cheveux fous, faisant semblant de jouer de la guitare électrique sur leurs baguettes. Et c'est à ce moment précis que Charlie rentra chez lui, alors que le ciel s'éclaircissait à peine.

Il resta sur le pas de la porte, le cerveau déconnecté par un spectacle auquel il ne s'attendait absolument pas. Les filles ne remarquèrent même pas sa présence et ce n'est que lorsqu'il vint se planter devant elles en leur faisant un signe de la main qu'elles le virent et se mirent à glousser bêtement. À la fin de la chanson, il éteignit l'appareil d'un coup de baguette et ils tombèrent tous les trois assis sur le sofa, en piteux état : les filles, d'ébriété et lui de fatigue. Hermione et Liz semblèrent enfin se rendre compte de leur nudité partielle et elles remirent les tee-shirts qu'elles avaient enlevés sous prétexte de « faire plus rock » - Liz se trompa de sens, se retrouvant avec l'étiquette qui lui chatouillait le menton, mais ne s'en soucia pas du tout.

« Quand j'avais parlé de renforts, je ne pensais pas retrouver AC/DC dans mon salon.

- Baaaaah, comme si ça te gênait ! T'aurais dû venir chanter avec nouuuus, monsieur le grincheux ! lui répondit Liz, pas fraîche du tout.

- Ouaiiis, Liz a raison !

- Ça m'aurait étonné.

- Maiiis Charliiiie t'es pas drôle. Là. »

Et Hermione se tourna pour bouder. Liz se sentit obligée de venir à sa rescousse :

« Charlie ! R'garde ! J'ai passé toute la nuit - touuuuute la nuit - à réconforter cette superbe créature, et toi, toiii, tu lui dis n'importe quoi ! Excuse-toi ! Toussuite !

- Non. Je vais me coucher, la nuit a été très longue pour moi aussi… mais pas pour les mêmes raisons. Liz, tu peux dormir sur le canapé si tu veux. Mais en tous cas : ne comptez pas sur moi dans les prochaines heures. »

Il se leva, marcha jusqu'à sa chambre et s'apprêtait à en fermer la porte quand il fût rattrapé par Hermione qui lui prit le bras pour le retourner vers elle.

« Atta ! Charlie, merci. Merciii d'avoir dit à Liz de venir. T'es vraiment gentil. »

Sur ce, elle lui planta un gros bisou sur la bouche et s'éloigna aussitôt vers sa complice en gloussant puis elles disparurent dans sa chambre à elle, avec l'intention probable de comater ensemble dans son lit. Charlie resta sur le seuil de sa chambre, essayant de combattre des sentiments contradictoires. Cette fille aurait sa peau.

...

Quelques heures plus tard, Liz s'éveilla en s'étirant comme un chat et eut un mouvement de panique en regardant l'heure sur sa montre.

« Ha la vache ! Il est dix heures passées ! Meeerde ! »

Elle s'extirpa hors du lit d'Hermione et fit une tentative pour mettre ses bottes tout en marchant, tentative ratée qui se termina en une belle chute accompagnée d'un bruit sourd et d'une protestation plutôt sonore. Hermione émergea comme elle le put et se mit à sourire quand elle vit Liz à demi couchée au sol, une botte mise mais non lacée et l'autre par terre, se frotter le nez en jurant.

« T'es en retard ?

- À ton avis, p'tit génie ? lui répondit-elle, en mettant sa seconde botte. Gaby va me tuer, elle m'avait demandé de m'occuper des Magyars ce matin…

- Gaby ?

- Ma… disons ma supérieure. Elle a plus d'ancienneté que moi, donc… Bref. Je suis très, très en retard. Je fonce, à bientôt et merci pour la soirée ! »

Elle lui fit un clin d'œil et transplana avant qu'Hermione aie pu lui répondre. Elle allait se remettre sous sa couette lorsqu'une grande chouette au plumage gris moucheté se présenta devant sa fenêtre et tapa au carreau avec son bec. Elle reconnut tout de suite l'animal d'Harry et Ginny et s'empressa d'aller lui ouvrir : elle lui caressa longuement le plumage après avoir retiré la lettre de sa patte, puis la chouette alla se percher en haut d'une armoire en cachant sa tête dans ses ailes. Hermione ouvrit l'enveloppe et en extirpa un parchemin couvert d'une écriture en pattes de mouche qu'elle connaissait bien.

Salut Hermione !

J'espère que ta retraite avec les dragons se passe bien. Nous sommes finalement partis en voyage de noces ! Je crois que Ginny est littéralement tombée amoureuse des tortillas, et qu'elle va me demander le divorce pour s'installer à Barcelone et se marier avec le propriétaire du snack où nous sommes allés ce midi… mais avec un peu de chance je réussirai à la persuader de continuer le voyage avec moi, surtout vu notre prochaine destination : après tout elle a toujours voulu goûter des vrais sushis.

Je profite quand même d'un moment pour t'écrire une nouvelle… passablement désagréable, mais je pense qu'il vaut mieux que tu l'apprennes par moi que de tomber devant le fait accompli. J'aurais voulu en parler avec toi directement mais ce serait un peu délicat à négocier… surtout après ma dernière escapade (je ne te remercie pas, d'ailleurs, et l'hydromel non plus).

Bref. Avant de partir, j'ai vu Ron avec quelqu'un, dans une situation... Je ne sais pas exactement qui c'est, une fille qui travaille au ministère à priori, mais en tous cas… te voilà prévenue. Je suis désolé. Je ne suis pas sensé prendre parti, mais pour le coup, Ron a vraiment... Enfin, si tu as besoin d'un parler, n'hésite pas. Tu as notre soutien, à Ginny et à moi.

On t'embrasse très fort !

Harry

Hermione resta abasourdie par sa lecture. Elle serrait le parchemin si fort que ses mains tremblaient et que leurs articulations en étaient blanchies, tandis qu'une expression de haine pure se dessinait sur son visage. Comment avait-il pu ? Comment ce salopard avait-il pu la remplacer en l'espace de quelques jours ? Quand bien même ce ne serait qu'affaire de sexe, n'avait-il donc aucune décence ?

Elle s'aperçut qu'elle s'était levée sans s'en rendre compte et qu'un grondement sourd montait dans sa gorge. Si elle ne se calmait pas immédiatement, elle allait devoir rendre caduques les bons soins que Charlie avait apporté à ses mains : elle s'approchait du point de non retour dans lequel elle avait été plongée quelques jours plus tôt. Elle sentait une vague d'énergie négative déferler sur ses sens, prendre le pas sur toute pensée rationnelle, monter en puissance pour déformer sa vision et ses sensations. Comme lorsqu'elle était enfant, elle fut incapable de contrôler la magie qui s'échappait d'elle pour aller faire chuter et briser les différents objets qui l'entouraient.

C'est dans cet état que Charlie la trouva quand il ouvrit sa porte. Il avait frappé plusieurs fois sans que personne ne lui réponde, s'inquiétant des bruits étranges qu'il entendait venir de sa chambre, et avait fini par entrer quand il avait senti que quelque chose ne tournait pas rond. De petites formes volaient en travers de la pièce tandis que les cheveux d'Hermione se soulevaient comme sous l'effet d'un vent violent, et qu'elle déchirait consciencieusement un morceau de parchemin entre ses doigts contractés par la haine. Il s'approcha, comprenant qu'elle perdait pied, et fit la seule chose qui lui vint à l'esprit pour la faire sortir de sa transe sans lui faire de mal : il détacha ses mains du parchemin, les maintint de côté et l'embrassa.

Hermione reprit brutalement conscience du monde qui l'entourait et écarquilla les yeux, cherchant à comprendre ce qu'il lui arrivait. Elle vit Charlie, mit un certain temps à réaliser que les lèvres qui l'embrassaient fougueusement appartenaient au Dresseur, puis essaya de le repousser et tomba à genoux en l'entraînant avec elle dans sa chute. De lourds sanglots montaient de sa gorge et Charlie assistait, impuissant, au déferlement des larmes sur ses joues. Il lui lâcha les mains et la prit dans ses bras, n'ayant qu'une envie : faire ce qu'il fallait pour que ce spectacle cesse.

« Ce salaud… Cet immonde… Il m'a remplacée, Charlie ! »

Elle avait parlé d'une voix étouffée, la tête enfouie dans son épaule droite, tandis qu'elle martelait faiblement la gauche de sa main refermée en poing.

« Comment ça ?

- Harry… J'ai reçu une lettre de Harry. Il l'a vu. Avec une autre. Certainement en train de copuler comme des lapins. Charlie, il m'a quittée il y a même pas une semaine… Ou alors ils avaient une liaison depuis longtemps ?... »

Il ne savait pas quoi répondre, et se contenta de la serrer contre lui. Elle releva la tête, le visage ravagé, mais prit aussitôt une mine contrariée pour lui demander :

« Pourquoi tu m'as embrassée ? »

Il prit le temps de réfléchir, ne sachant pas lui-même pourquoi c'est cette solution là qui lui avait parue la plus évidente sur le moment.

« Je ne sais pas… Il fallait te faire sortir de ton état de Berserk, alors c'était ça ou une baffe. J'ai préféré faire ça. Mais j'en suis désolé. »

Il affichait un franc sourire, le sourire qu'Hermione se surprit à reconnaître comme étant uniquement sien. Ce sourire qu'il lui adressait toujours quand il avait voulu, au cours des derniers jours, lui prodiguer confiance et réconfort. Alors, sans comprendre, sans réfléchir, elle s'avança vers lui et captura ses lèvres avec les siennes.

La première surprise passée, Charlie essaya tant bien que mal de la repousser en douceur mais la jeune femme s'agrippait fermement à lui, laissant ses mains vagabonder et ne faisant aucun doute quant à son objectif. Son désespoir, son chagrin et la sollicitude du roux s'étaient mélangés en elle pour donner un cocktail explosif qu'elle ne pouvait - ou ne voulait - pas réfréner. Charlie commençait à perdre pied, se rendant vite compte que lui aussi avait un point de non retour et qu'il fallait absolument qu'elle arrête de se frotter frénétiquement à cet endroit s'il ne voulait pas l'atteindre, ce fameux point. D'une poigne douce mais ferme il saisit les épaules de la jeune femme et la repoussa pour de bon, hors d'atteinte de sa bouche.

« Arrête.

- Mais…

- Pas de mais. Arrête. Tu es bouleversée, tu es malheureuse, je ne suis pas un exutoire et encore moins l'outil d'une vengeance.

- Visiblement ton… corps… n'est pas d'accord avec toi. » dit-elle en désignant d'un geste du menton la bosse qui s'était formée dans le pantalon du Dresseur. Il ne put s'empêcher de sourire : elle avait du cran, la gamine.

« Avoir une réaction biologique est différent de réellement vouloir quelque chose. »

Il vit la lueur de désir désespéré s'éteindre petit à petit dans les yeux d'Hermione et en fut soulagé : tenir son petit discours était une chose, mais tenter de refluer sa « réaction biologique » en aurait été une autre si elle s'était entêtée dans ses projets. La jeune femme s'assit contre son lit, ses bras autour des genoux et sa tête posée dessus. Charlie ne voyait pas ses yeux mais il devina qu'elle devait être au plus mal, et il comprenait sans peine pourquoi. Son frère était décidemment un imbécile.

« Bon. Habille-toi, mets des chaussures de marche et suis-moi. »

Elle releva la tête, hagarde, mais fit ce que Charlie lui demandait : elle n'avait pas envie de rester seule avec ses idées noires. Elle prit des vêtements un peu au hasard puis retrouva son colocataire dans le salon, après quoi ils partirent dans la lande sans échanger un seul mot. Ils marchèrent toute la journée, déjeunant sans s'arrêter avec des sandwichs que Charlie avait emporté : il dirigeait la balade et emmena la jeune femme voir ses paysages préférés. Il lui expliqua à demi-mots qu'il faisait ça quand il avait besoin de se vider l'esprit, mais ce fut le seul échange qu'ils eurent jusqu'au soir.

...

Lorsque la nuit tomba ils s'installèrent sur un versant de montagne, allongés dans l'herbe pour admirer le ciel : Hermione n'avait jamais vu autant d'étoiles accrochées à la voûte céleste et cette vue la ravissait. Elle avait essayé de mettre Ron et ses trahisons au second plan dans son esprit, ne cherchant pas à savoir s'il l'avait effectivement trompée ou s'il s'était simplement jeté sur la première venue pour définitivement oublier leur relation. Pour ne pas y penser elle s'était donc penchée sur le cas de Charlie : pour quelqu'un qui n'était pas sensé avoir une grande expérience des relations longues, il avait l'air d'en savoir pas mal sur le sujet. Elle s'était retenue toute la journée de l'interroger mais la quiétude des lieux invitait aux confidences, elle décida donc de se lancer.

« Charlie ? »

L'intéressé émit un faible grognement interrogatif.

« Comment… Comment ça se fait que tu saches… prendre la mesure de ce que je traverse ? »

Il resta silencieux un moment, partagé entre son désir de garder son intimité pour lui et celui de rendre la vie d'Hermione aussi facile que possible en répondant à ses questions.

« Disons que je n'ai pas toujours eu une vie de célibataire endurci.

- C'est à dire ?

- Comme mes frères ont dû te le dire j'ai eu pas mal d'histoires passagères, voir très passagères… mais personne - ou quasiment personne - ne sait que je suis resté presque cinq ans avec une fille avant de me faire lamentablement jeter. »

Hermione se redressa sur ses coudes pour le regarder, les yeux grands ouverts.

« Hein ?

- Oui.

- Mais… pourquoi personne ne le sait ?

- Parce qu'elle ne voulait pas que ça se sache.

- Et ta famille ?

- Surtout pas ma famille. Je l'ai dit à Bill… mais c'est tout. Elle ne voulait pas que je la présente, elle ne voulait pas entendre parler du Terrier ou de mes frères et de ma sœur. Et comme j'étais amoureux… vraiment amoureux… j'ai accédé à toutes ses requêtes. »

Hermione n'en revenait pas. Elle n'avait jamais vu Charlie de cette façon là.

« Et qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- J'ai voulu l'emmener quand même, un jour, en lui faisant comprendre combien ça comptait pour moi. Mais elle a fait une scène terrible, on a eu une dispute mémorable… et elle est soudainement sortie de ma maison et de ma vie. »

Hermione resta silencieuse, troublée par la voix grave et l'émotion qui s'en dégageait.

« Donc… quand je te donne des conseils, crois-moi, c'est parfaitement justifié. A peu de choses près j'ai réagi comme toi : je me suis détruit les poings plusieurs fois sur diverses surfaces, mais j'ai aussi empoisonné ma vie et celle de mon entourage. C'est Liz qui m'a aidé à tenir le coup, et crois-moi quand je te dis que c'était pas beau à voir.

- Et… depuis ?...

- Depuis, des aventures sans lendemain, mais principalement une vie qui tourne autour de mon boulot.

- Ça fait combien de temps ?... »

Charlie réfléchit un instant avant de lui répondre.

« Un peu plus de trois ans maintenant.

- Et ça fait toujours aussi mal ? »

Nouveau silence, mais elle le vit sourire dans la pénombre.

« Non. J'ai compris que cette relation était un poison pour moi. Non… pire que ça. Une drogue. On se consommait l'un l'autre, c'était certes passionnel et intense mais complètement dévastateur. Pas tellement le même schéma que toi et Ron donc, mais la douleur était la même quand tout a soudainement prit fin. »

Hermione était reconnaissante à Charlie d'avoir fait preuve de tant de franchise, mais une dernière question lui envahissait l'esprit.

« Est-ce que… Est-ce que c'est pour ça que tu t'es occupé de moi ?

- Hein ?

- Tu aurais très bien pu aller chercher quelqu'un pour s'occuper de moi au mariage. Tu aurais pu me demander d'aller ailleurs quand je me suis réveillée. Après tout, on ne se connaissait pas tant que ça… Mais tu ne l'as pas fait. Tu as choisi de prendre soin de moi plutôt que de ton frère. C'est pour cette raison là ? »

Charlie se laissa encore une fois de longues minutes de réflexions, puis répondit enfin avec une voix un peu espiègle :

« Peut-être. »

Hermione s'en contenta, voyant qu'elle n'obtiendrait rien de plus. Elle se rallongea dans l'herbe et laissa divaguer son esprit, contemplant avec effroi les vagues de haine qui l'avaient terrassée ce matin là. Elle avait l'impression d'être complètement vide à présent, comme si son amour pour Ron s'était évaporé en même temps que cette haine farouche : elle savait que ce n'était pas le cas, mais ce temps de répit lui fit le plus grand bien.

Ils restèrent ainsi quelques temps, désireux d'oublier le monde autour d'eux le plus longtemps possible, mais Hermione n'avait pas prévu qu'ils seraient encore dehors à cette heure là se mit à frissonner. Charlie s'en rendit compte et lui proposa de rentrer : lorsqu'elle accepta, il lui prit la main et ils transplanèrent ensemble chez lui.

Le premier réflexe de la jeune femme fut d'aller dans sa chambre pour constater les dégâts : elle n'avait rien rangé le matin même avant de partir, et s'efforça de réparer ce qu'elle avait cassé et de remettre de l'ordre dans ses affaires. Lorsqu'elle revint dans la pièce à vivre il flottait une délicieuse odeur d'omelette aux champignons et elle s'aperçut qu'elle était affamée, elle aida donc Charlie à mettre la table et ils engloutirent rapidement le contenu de leurs assiettes. Ils allèrent ensuite s'installer sur le canapé pour continuer à discuter jusqu'à une heure assez avancée de la nuit : Hermione avait sorti quelques carnets et parchemins de la bibliothèque en bazar de Charlie et voulait lui poser des questions relatives aux documents. Elle s'aperçut alors que le Dresseur était un véritable puits de connaissance lorsqu'on parlait dragons, et l'espace d'un instant elle se vit revenir à Poudlard, redevenant la jeune adolescente avide de savoir qu'elle était à cette époque. Il suffisait qu'elle évoque un chapitre de notes que Charlie avait prises pour qu'il se lance dans des explications imagées, claires, passionnantes : elle aurait pu l'écouter pendant des heures, et c'est exactement ce qu'elle fit. Elle sentit, alors, que quelque chose changeait. Elle sentit qu'elle arriverait à guérir de Ron, que c'était possible, parce qu'elle avait tellement d'autres possibilités qui s'offraient à elle, tellement de chemins à explorer... Elle sentit qu'elle voulait être une aventurière. Encore. Toujours.

...


...

Hiiii quand elle est désappointée, elle fait pas semblant la petite Hermione. Mais c'est pour ça qu'on l'aime x)

Qu'avez-vous pensé de Liz et Hermione qui chantent du AC/DC? De la ballade avec Charlie ? De leur conférence-canapé ?

En tous cas, merciii de continuer à me suivre ! Vous êtes au top !

Des bisous, à Mardi et portez-vous bien !