Hello vous :)

J'espère que tout va bien dans vos coins, nous ici il fait très beau donc c'est chouette. Mais c'est pas pour parler de ça qu'on est là, n'est-ce pas? Mouhahahaha. Alors, dans ce chapitre, des tentatives, un accident plutôt bienvenu, de l'audace... Et d'autres trucs :p

Bonne lectuuure, on se retrouve à la fin !

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Disclaimer : Comme d'habitude, tout est à J.K.R., comme d'habituuude, je leur fais juste des misèèères, comme d'habituuude,... Hum.

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Réponses aux reviews anonymes :

Petite-plume : Hiii Charlie est un dur à cuir et tout de cuir vêtu, mais derrière tous ces muscles se cache un petit coeur qui bat... Gniiihihi plus sérieusement merci beaucoup, ça me fait super plaisir que tu aimes ce côté là de Charlie, et aussi que tu apprécies autant Liz (on va beaucoup la revoir, donc c'est cool). J'espère que ce chapitre te plaira aussi ! En tous cas, merciii beaucoup pour ta review !

Fan : Mais AC/DC c'est le BIEN. Y'a rien de tel pour redonner la pêche ! Et dans la tête de Charlie, c'était *bip...bip...bzzzz BRAIN REBOOTED* xD ne t'inquiète pas pour Liz, on va la revoir, plutôt deux fois qu'une. On va aussi en apprendre plus sur elle et son passé ;) Merci beaucoup pour ta review !

Aventure : Merci beaucoup ! J'ai mis pas mal de temps à écrire la lettre de Harry, en essayant de trouver comment il pourrait introduire la mauvaise nouvelle, et je me suis rabattue sur la légèreté qui était sensée atténuer la gravité de la suite... Moui, Harry n'a jamais été très subtil x) En tous cas merci pour ta review, c'est super gentil !

MG123 : Hééé ben tu vois, t'avais encore le temps :p Je suis tellement raviiie de t'avoir convertie ! Je vais essayer de chercher les noms des fics qui m'avaient plu (parce que comme une imbécile j'ai oublié de les mettre en fav) et de te compiler ça dans ma note de chapitre de la semaine prochaine. Par contre beaucoup sont en anglais si mes souvenirs sont bons, tu es à l'aise avec ça? En tous cas, j'essaye de ne pas faire avancer les choses trop vite entre les deux zozios mais c'est pas évident dans la mesure où je suis moi-même une incorrigible impatiente x) mais ça arrive... petit à petit... Merci beaucoup, beaucoup pour ta review, comme d'hab ça me fait vraiment très plaisir. Et voici la suiiiiite !

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C'est une routine agréable qui se mit rapidement en place : le matin elle allait travailler et apprendre avec Liz, à la Nurserie des dragons, l'après-midi elle explorait des pistes qui lui plaisaient pour savoir ce qu'elle voulait vraiment faire de sa vie - en se renseignant sur les différents cursus disponibles notamment - et le soir elle retrouvait Charlie pour le dîner et leurs discussions sur le canapé. Parfois Liz se joignait à eux, sans oublier Harry et Ginny qui passaient régulièrement la voir. Ils étaient heureux qu'elle ait trouvé une certaine stabilité après ce qu'elle avait traversé, et ne lui parlaient pas de Ron. De son côté elle ne leur demandait pas de ses nouvelles. Molly Weasley s'inquiétait beaucoup pour elle mais elle écrivait en général à Charlie pour lui demander comment se sentait la jeune femme, et elle en profitait pour lui parler de Ron. Elle était inquiète pour lui aussi, ne comprenant pas son geste.

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Trois semaines passèrent sans qu'Hermione s'en soit rendue compte : elle se plaisait là où elle était et ne voulait pas brusquer son prochain choix de carrière, contrairement au précédent. Elle avait une âme d'économe et s'était constitué depuis la sortie de Poudlard un petit pécule qui la mettait à l'abri du besoin pour le moment, surtout que Charlie refusait qu'elle lui donne quoi que ce soit pour le « loyer » puisque lui-même ne payait rien. Elle se vengeait en allant faire les courses dès que le frigo était vide, en profitant pour acquérir de nouvelles gammes de bière à tester.

Un soir, alors qu'ils étaient sur le canapé pour leur discussion rituelle, Hermione sortit un carnet visiblement plutôt vieux et n'eut pas besoin de dire quoi que ce soit pour que Charlie déclare avec un grand sourire :

« Ha, tu as trouvé mon carnet de stage.

- Ton carnet de quoi ?

- De stage. En Écosse. J'ai travaillé là-bas trois mois, dans la réserve des Verts Gallois, et le résultat est sous tes yeux.

- HA ! C'est ça que tu as écrit sur la première page !

- C'est si illisible que ça?

- Tu as dessiné tellement de dragons par-dessus que je n'avais pas compris le premier mot. »

Charlie gloussa.

« Oui, j'ai toujours été très enthousiaste, et c'était ma première expérience sur le terrain. Il se peut que j'aie fini par griffonner tous les dragons que je croisais pour agrémenter cette fameuse première page. Alors, que veux-tu savoir ?

- Beaucoup de choses, mais d'abord une petite question : pourquoi vous aviez des œufs de Verts Gallois ici ? Alors qu'ils ont une réserve dédiée ?

- Parce que nous les avons récupérés d'une bande de braconneurs qui étaient dans notre secteur. Comme nous avons toutes les installations nécessaires chez nous, on les a rapatriés pour ne pas surcharger de travail la réserve d'Écosse - ils sont beaucoup moins nombreux que nous, en termes de nombre de Dresseurs.

- Mouais. Des excuses tout ça. Je vois d'ici ton regard de "Maiiis ils seront trop mignons quand ils seront nés ! On les garde !".

- Ha, tu m'as démasqué. Je ne résiste pas à des Gallois. En général, un Dresseur garde toujours une affinité avec la race du premier dragon dont il a la charge ! Moi, c'était des Gallois, et j'en ai des souvenirs impérissables. »

Il avait les yeux dans le vague, un sourire au coin des lèvres. Hermione lui enviait cette passion, cette douce certitude lui soufflant qu'il avait choisi la bonne voie. Elle profita de son moment d'égarement pour scruter son visage, en apprécier les traits taillés à la serpe et les grands yeux verts. Conscient de son regard il tourna la tête vers elle, légèrement troublé par l'attention nouvelle de la jeune femme qui n'était pas due à une information ou l'autre sur ses protégés. Il la vit s'avancer vers lui, lentement mais inexorablement, et dans un élan de panique il se racla bruyamment la gorge puis saisit le carnet des mains d'Hermione pour commencer à le feuilleter.

Prise au dépourvu, la jeune femme se figea dans son mouvement puis esquissa un petit sourire et se rapprocha de Charlie sous couvert de lui demander des détails par rapport à un des schémas qu'il regardait. Au fil des pages et de leur conversation, il se détendit, décidant qu'il avait peut-être prêté à Hermione des intentions qu'elle n'avait pas.

Cette nuit là, pourtant, l'esprit de l'ancienne Gryffondor fourmilla de questions. Elle n'avait absolument pas prévu ce qui avait failli arriver et ne savait pas si c'était dû à l'alcool, au charme du Dresseur de dragon, ou à son propre manque d'affection mais elle était sûre d'une chose : elle en pinçait pour Charlie. Et cette fois-ci, ce n'était pas une réaction désespérée face aux tribulations de son crétin d'ex-copain, c'était clairement un désir plus profond. Mais il n'en restait pas moins le frère dudit ex-copain… Elle était un peu perdue, se demandant si le jeu en valait la chandelle. Puis elle se souvint des longues discussions qu'ils avaient eues tous les deux, elle se souvint de sa prévenance, de sa gentillesse. Et elle se souvint du soir où elle l'avait vu nu.

Elle décida que oui, le jeu en valait la chandelle.

...

Le lendemain Charlie la réveilla en toquant à sa porte, comme à son habitude. Elle eut beaucoup de mal à émerger, ayant cogité une bonne partie de la nuit, mais elle était soulagée d'être parvenue à prendre une décision. Elle voulait tenter sa chance avec Charlie, et ça commençait par voir si l'attirance était réciproque - ce qui lui paraissait mal parti étant donné la réaction qu'il avait eue face à sa tendresse spontanée de la veille.

Elle entendit des pas venir vers sa porte une seconde fois : elle avait décidemment mis trop longtemps à se lever.

« Allez marmotte ! Debout ! »

Elle répondit par un grognement incertain, s'extirpa difficilement du lit et sortit en pyjama pour se diriger vers la table. Charlie avait préparé le petit déjeuner, et notamment un grand bol de chocolat chaud couvert de crème mousseuse pour elle : depuis qu'il avait découvert son péché mignon matinal, il le lui préparait tous les jours.

Elle aurait voulu lui dire « Merci beaucoup, il a l'air délicieux ! » d'un ton enjoué, mais son esprit embrumé ne parvint qu'à lui faire coasser un « 'rci. » caverneux. Il s'assit en face d'elle, un air ouvertement moqueur sur le visage et portant un débardeur incitant beaucoup trop à la débauche au goût de la jeune femme.

« On ne s'est pas couché si tard pourtant…

- Moui, mais j'ai eu du mal à m'endormir. Et puis j'ai fait des rêves qui m'ont réveillée.

- Des rêves de chevauchée à dos de dragon ? »

Hum. De chevauchée oui, mais pas à dos de dragon…

« Je ne m'en souviens plus. Je sais juste que c'était assez intense pour me filer une insomnie.

- En voyant ta tête, Liz va encore croire que je t'exploite à trier mes bouquins jusqu'à des heures pas possibles de la nuit !

- D'un sens, elle a raison…

- Ha, ha, ha. Encore une comme ça et tu peux dire adieu à ton chocolat du matin. »

Hermione fit mine de prendre un air contrit et repentant, mais elle ne parvint pas à duper son interlocuteur qui lui lança un regard sévère vite démenti par un beau sourire. Son sourire. Elle se sentit fondre de l'intérieur : il n'avait pas franchement besoin de rajouter du charme supplémentaire à son charisme naturel. Elle s'arracha à sa contemplation tant bien que mal et s'intéressa à son chocolat, délicieux, comme d'habitude : au cours des semaines passées, elle avait pu constater que Charlie se débrouillait vraiment bien en cuisine, ses plats étaient toujours simples mais très réussis. Elle n'avait pratiquement pas été autorisée à toucher aux fourneaux, ce qui n'était pas plus mal dans la mesure où elle n'aimait cuisiner que des gâteaux et autres sucreries. Elle dégusta donc son chocolat, une expression extatique sur le visage.

« Pour un peu on t'entendrait ronronner. »

Charlie la regardait toujours avec son petit air moqueur. Hermione lui tira la langue et retourna à son chocolat, peu désireuse de se laisser aller à un commentaire à propos de ce qui pourrait réellement la faire ronronner. Quand elle eut fini de boire elle cala un coude sur la table, posa la tête dans sa main et essaya de se réveiller vraiment en laissant divaguer son regard par la fenêtre, mais ses yeux - les traîtres - ne cessaient de faire des allers retours entre le paysage et le torse de son charmant vis-à-vis. Sentant qu'elle ne pourrait pas se raisonner en ayant son esprit dans la brume, elle se décida de se lever pour aller sous la douche : de l'eau glacée saurait sans doute lui remettre les idées en place.

Elle se fit donc la violence d'une douche écossaise avant de s'autoriser un peu plus de chaleur et cela fonctionna à merveille : elle avait enfin le cerveau en alerte. Elle savait qu'elle n'avait pas beaucoup de temps avant de partir rejoindre Liz, elle profita donc au maximum du reste de sa douche mais se résigna à couper l'eau quelques minutes plus tard, un peu frustrée, et ouvrit le rideau pour tenter de se saisir de sa serviette. Qui était, évidemment, trop loin.

Elle pesta contre elle-même, ayant encore oublié de rapprocher ladite serviette qui pendait triomphalement au dos de la porte de la salle de bain. La pièce n'étant pas très grande, elle voulut tenter le tout pour le tout et se pencha, se pencha pour attraper le morceau de tissu convoité… tant et si bien qu'elle tomba lamentablement sur le carrelage froid, emportant avec elle le rideau qui fit voler des bouteilles de savon et divers accessoires posés sur la petite étagère en plastique de la cabine de douche.

Le vacarme n'était pas passé inaperçu et elle entendit Charlie se précipiter vers la salle de bain : dans un état de panique totale elle n'eut pas le temps de penser à ce qu'elle faisait et essaya de s'asseoir en couvrant sa nudité avec le rideau mais elle ressentit une vive douleur sur le côté de la cuisse, celui où elle s'était appuyée. Tentant de ne pas y prêter attention elle vit Charlie entrer, le visage inquiet, et rester interdit face au spectacle : Hermione était assise à même le sol, trempée, le rideau plaqué contre son torse. Lorsqu'il vit qu'elle n'avait pas l'air blessée, il se mit à rire.

« Vraiment, vraiment pas réveillée ce matin…

- Oh ça va hein. Tu peux me laisser un peu d'intimité s'il-te-plaît ?

- Essaie de ne pas… »

Il s'interrompit et devint blanc en voyant une petite tâche de sang se former lentement sous la cuisse gauche d'Hermione.

« Mais tu t'es fait mal ! »

Elle finit par prêter toute son attention à la douleur dans sa cuisse et, dans un éclair de lucidité, comprit ce qu'il avait dû se passer : le rasoir de Charlie avait certainement fait le même vol plané que les bouteilles de savon et elle s'était sans aucun doute légèrement assise dessus. Super. Elle se releva précautionneusement pour ne pas s'entailler plus profondément, tenant toujours fermement le rideau contre elle, et tendit sa jambe en se contorsionnant pour voir l'étendue des dégâts : elle avait effectivement une jolie estafilade rouge assez haut sur le côté de la cuisse.

« Et merde.

- Alors ?

- Alors je suis une abrutie, voilà ! Bon, passe-moi ma serviette et tourne-toi. »

Charlie s'exécuta sans discuter, et quand il fût autorisé à se retourner Hermione avait roulé le rideau en boule pour le mettre dans la douche et était enroulée dans sa serviette qui remontait juste au-dessus de sa coupure.

« Tu peux me guérir ça ?

- Je peux aller te chercher ta baguette sinon…

- Non. Honnêtement c'est pas très pratique comme angle de travail, j'aimerais autant que tu t'en charges. »

Pas très subtil dis-donc… Si t'es pas grillée après ça…

Charlie se fendit d'un sourire gêné mais accepta néanmoins. Il sortit quelques instants afin d'aller chercher sa propre baguette dans sa chambre puis revint.

« Tourne-toi. »

Elle se mit de profil, complètement troublée tandis qu'il s'accroupissait à ses côtés pour être face à sa blessure. Il conjura quelques compresses qu'il utilisa pour nettoyer sa plaie et Hermione ne put s'empêcher de frissonner lorsqu'il posa les mains sur elle : le contact l'avait comme électrifiée, mais Charlie interpréta autrement sa réaction.

« Désolé… J'essaie de faire doucement mais ça va piquer un peu. »

La coupure était nette mais pas très profonde, un simple sort suffirait à la refermer proprement. Le problème était que l'infirmier de fortune était lui aussi troublé par la proximité de la peau nue de la jeune femme : il sentait monter en lui des sentiments totalement contradictoires qui prirent momentanément le pas sur sa mission première. Il passa un peu plus de temps que nécessaire à nettoyer la plaie et le sang qui en avait coulé, imaginant bien malgré lui d'autres circonstances où il pourrait caresser la peau veloutée sous ses doigts.

Très consciente de ce contact, Hermione avait l'impression que toutes les terminaisons nerveuses de son corps s'étaient rassemblés au même endroit : là où Charlie la touchait. Elle sentait des fourmillements exquis l'envahir et ne put, malheureusement, pas contenir un petit gémissement de contentement. Ce fut la goutte de trop pour Charlie qui comprit immédiatement qu'il devait arrêter ses digressions s'il ne voulait pas faire exploser les boutons de son propre jean : il leva sa baguette, murmura « Epiksey » d'une voix plus rauque qu'il ne l'aurait voulue et se releva rapidement avant de partir avec un sourire d'excuse.

Hermione resta debout, plongée dans ses pensées, et surtout très contente d'elle parce qu'elle était à présent certaine d'une chose : l'attirance était réciproque.

Quand elle eut finit de nettoyer ses jambes et la pièce et de ré-accrocher le rideau, Hermione s'enroula à nouveau dans sa serviette et sortit pour aller dans sa chambre et s'habiller. Alors qu'elle enfilait un tee-shirt elle entendit Charlie lui crier qu'il devait y aller et elle se précipita dans la salle à manger pour le retenir avant qu'il ne parte : elle avait décidé de sa prochaine étape sur un coup de tête.

« Charlie attends ! »

Il se retourna, surpris, et regarda la jeune femme finir de mettre son haut à toute vitesse, lui laissant tout le loisir d'apercevoir un morceau de dentelle violette appartenant sans aucun doute à un soutien-gorge. Il essaya de vite reprendre contenance mais sa voix fut encore une fois un peu trop rauque à son goût lorsqu'il lui répondit :

« Fais vite, il faut vraiment que j'y aille…

- Je peux venir avec toi ce matin ?

- Venir avec moi ? Comment ça venir avec moi ?

- Emmène-moi voir des grands dragons !

- Non. »

La réponse avait fusée, sèche, et n'invitant pas à la protestation. Charlie eut des remords en voyant l'air dépité d'Hermione, mais il n'avait pas pu s'en empêcher : l'idée d'être troublé par la jeune femme tout en devant s'occuper de ses protégés était effrayante. C'était quelque chose qu'il ne pouvait absolument pas se permettre. Il essaya cependant de tempérer sa réponse pour ne pas la blesser :

« C'est vraiment trop dangereux, les adultes dont je m'occupe sont en liberté Hermione… rien à voir avec les petits, ou avec ceux que tu as vus à Poudlard pendant le tournoi et qui étaient bien gardés. Il faut avoir de l'expérience et du savoir-faire pour s'en approcher.

- Mais il faut bien commencer quelque part !

- Tout à fait. Quand on veut devenir Dresseur. Ce qui n'est pas ton cas.

- Non mais…

- Pas de mais. Je ne t'emmène pas avec moi. En plus, Liz compte sur toi pour les petits ! »

Et il partit sans se retourner, laissant Hermione frustrée. En finissant de se préparer elle eut cependant une idée qui lui fit arborer un petit sourire machiavélique.

...

Elle avait passé la matinée aux côtés de Liz, et les deux jeunes femmes prenaient leur repas du midi ensemble, discutant sans se lasser de leurs résidents et échangeant des potins. Hermione profita d'un moment de légèreté pour tenter de faire avancer son plan.

« Au fait…

- Oui ?

- Je voulais te demander…

- Ouiii ?

- Ha, non, laisse. C'est bête.

- Hermione, ne me laisse pas mariner comme ça ! »

La brunette regarda son acolyte avec un petit air espiègle, sachant qu'elle ne pouvait pas résister à sa curiosité maladive.

« Bon, en fait je me demandais si tu en savais beaucoup sur les dragons adultes de la réserve ?

- Évidemment ! Il m'arrive de travailler avec eux en de très rares occasions, mais les petits sont justes… adorables. C'est passionnant de s'occuper d'eux.

- Est-ce que tu voudrais bien…

- Ouiii ?

- …m'emmener voir des dragons adultes ? »

Liz laissa son sourire faner sous le coup de la surprise.

« Des adultes ? Je ne sais pas Hermione… C'est dangereux quand on ne connaît pas… Je ne sais pas si Charlie…»

Sentant poindre le refus, Hermione prit une mine renfrognée coupa la parole de son interlocutrice :

« Je croyais que je me débrouillais bien avec les petits !

- Oui mais…

- Mais rien du tout ! Si je peux écouter tes ordres pour des petits, je dois pouvoir les suivre aussi pour des grands ! Et puis comment pourrais-je me rendre seule en Atlantide pour finir ma vie entre deux torses huilés et musclés si je n'ai pas des histoires pour impressionner nos Atlantes ? »

Liz éclata de rire.

« Déjà, rappelle-toi qu'on doit y aller ensemble, en Atlantide.

- Soit.

- Et tu sais, c'est vraiment particulier les adultes. Il faut… »

Mais Hermione abattit alors sa dernière carte : elle ouvrit de grands yeux et essaya d'y insuffler un air si triste qu'elle sentit ses sourcils se contracter sous l'effort. Mais l'opération ne fut pas vaine : elle voyait la détermination de Liz s'effriter petit à petit, jusqu'à sa reddition salutaire.

« Bon, okay, okay. Mais je VEUX que tu m'apprennes comment tu arrives à faire les mêmes yeux que mes petits Suédois. »

Hermione gloussa et fit un sourire radieux à sa comparse, heureuse d'avoir réussi son coup. Liz lui proposa d'aller faire un tour dans la réserve l'après-midi même, puisqu'elle était normalement en repos : elle n'avait rien de prévu dans la Nurserie. Hermione en était ravie, ça signifiait que Charlie n'aurait pas le temps d'avoir vent de leur complot avant de pouvoir les arrêter. Elles finirent en vitesse leur repas, puis Hermione suivit la Dresseuse à l'extérieur du grand bâtiment jusqu'à une ligne invisible que celle-ci devait connaître : elle fit signe à son accompagnatrice de s'arrêter et se retourna pour lui faire face.

« Bon, à partir de là on ne plaisante plus. »

Elle arborait une expression tellement sérieuse et concernée qu'Hermione se demanda si c'était bien la même personne qui lui parlait.

« Nous allons pénétrer dans l'enceinte de la réserve proprement dite, donc là où des dragons adultes se baladent en totale liberté. Mais aussi des dragons mamans, qui protègent leurs œufs ou leurs petits. Ils vont nous repérer, c'est peut-être même déjà fait, mais dans une certaine mesure ils sont un peu habitués à nous voir déambuler ici : ils savent qu'on ne vient pas violer leur territoire et piquer leurs proies. Pour que ça continue comme ça, il faut que tu marches dans mes pas. Exactement sur mes pas. Nous avons mis en place une piste magique pour Dresseurs, un "chemin" que nous sentons maintenant naturellement sous nos pieds mais que tu auras un peu de mal à percevoir au début, c'est pour ça que tu dois marcher vraiment derrière moi. Si les choses venaient à mal se passer, garde s'il-te-plaît en tête que je sais comment gérer un dragon furax sans y perdre toutes mes plumes, mais pas toi. Alors si je t'en donne l'ordre, tu te casses. Très loin. Et tu ne te retournes pas. C'est clair ? »

Un peu impressionnée, Hermione acquiesça dans rien dire.

« Bon, maintenant que j'ai terminé, j'ai le regret de t'annoncer que je ne t'emmènerai pas derrière cette ligne si tu ne me dis pas pourquoi tu veux y aller. »

La brunette fut prise de court par ce revirement de situation et resta silencieuse un moment avant d'émettre une petite protestation :

« Mais je te l'ai déjà…

- Non. Je veux la vraie raison. Et si ça ne me plaît pas, je ne t'emmène pas.

- J'adore les petits. Les dragons sont passionnants, plus je les étudie et plus ça me donne envie d'apprendre… Je voudrais voir des dragons adultes parce qu'on ne peut pas mieux apprendre qu'en voyant de vrais spécimens. »

Lorsqu'elle vit un sourire fleurir les lèvres de Liz elle crut qu'elle avait gagné, mais elle déchanta vite.

« Charmant petit discours d'écolière, mais ça ne me suffira pas. T'as intérêt à y mettre plus de tripes que ça. »

Hermione chercha, chercha au fond d'elle. En fait elle ne savait même pas pourquoi elle voulait tellement voir des dragons adultes, elle pensait que c'était juste pour occasionner un rapprochement avec Charlie mais elle s'aperçut que ce n'était pas du tout la vraie raison.

« Je crois… Je crois que j'ai besoin de faire quelque chose en rupture complète avec ma vie d'avant pour lui dire adieu. Et me confronter de mon plein gré à un dragon adulte me semble pas mal dans cette optique là. J'ai besoin… J'ai besoin de me prouver que je peux encore être, réellement, une aventurière. Même si c'est avec un chaperon… »

Ce fut cette fois un sourire franc qui s'étala sur le visage de Liz.

« Voilà qui est mieux. Souviens-toi : dans mes pas. »

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Hiiiiii ouiiii je saiiiis je suis une vilaine fille. Mais j'étais plus ou moins obligée de couper là... Après il y a une grand scène que je ne peux vraiment pas scinder en deux... Je suis désolée :')

Alors, le presque baiser? L'incident de la douche? Hermione qui s'entête dans son idée? Dites moi touuuut !

Merci, merci mille fois de me suivre, vous êtes géniaux.

Portez-vous bien, à mardii !