Yop :)

Hahaaaaa alors mes petitous, comment a démarré Août pour vous? Comment ça, on s'en fout? Bon, okay, okay... Il y a une expédition dragons qui vous attend ! Dans ce chapitre, donc, ben... ma foi, du dragon. On se retrouve à la fin ;)

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Disclaimer : Noon, rien de rien... Nooon... Rien ne m'appartient... Enfin juste les catastrophes qui leur tombent dessus quoi. Merciii J.K.R. !

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Réponses aux review anonymes :

Vera : Merciii beaucoup, j''espère que la suite te plaira autant ! Et merci pour ta review !

Petite-plume : Merci beaucoup pour Liz, je suis vraiment super contente que ce perso ait été aussi bien accueillie, j'y tiens beaucoup :p Pour nos deux zozios crois moi la douche a bien failli partir sérieusement partir en sucette mais je me suis retenue in extremis x) en tous cas je suis vraiment ravie que tu aimes autant cette histoire et la façon dont Hermione renaît un peu de cette relation qui n'était pas du tout saine, ça motive à fond pour continuer ! En tous cas, voici la suiiiite ! Merci beaucoup, beaucoup pour ta review et ton assiduité x) des bisous !

Aventure : Hahaaa la visite de la réserve... Celle-là, ça fait un moment que j'avais envie de vous la montrer, la voici enfin ! Il y a un autre "personnage" qui y est introduit et du coup on en apprend un peu plus à propos de Liz... J'espère que tu l'aimeras toujours autant après :p Merci, merci, merciii pour ta review, plein de bisous !

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...

Elle se retourna et partit dans la lande boisée, Hermione s'efforçant de lui emboîter parfaitement le pas. Au bout de quelques foulées elle sentit un léger fourmillement sous la plante de ses pieds, qu'elle interpréta comme le signe qu'elles étaient bien sur la piste dont Liz avait parlé. Elles marchèrent en silence pendant presque une heure, Hermione essayant de profiter du spectacle tout en marchant religieusement dans les pas de Liz, puis celle-ci s'arrêta un peu brutalement au beau milieu d'une immense clairière.

« Hey ! protesta Hermione qui avait failli lui rentrer dedans.

- Tchht. Assieds-toi. »

Elle joignit le geste à la parole en s'asseyant elle-même en tailleur, puis elle attendit sans rien dire de plus. Hermione l'imita et patienta quelques minutes, mais sa curiosité prit finalement le pas sur sa raison.

« On attend quoi ?

- Tu voulais voir des dragons, non ?

- Oui ?

- Alors on attend des dragons.

- Ils… ils vont venir ?

- Oh oui. Tu sais quand je t'ai dit qu'ils allaient nous repérer ? Ils nous ont senti à l'instant où nous avons posé le pied de cette fameuse piste. Et l'un ou l'autre sera assez curieux pour venir nous voir, nous sentir.

- Et nous goûter ? »

Liz gloussa doucement.

« Non, ils ne meurent pas de faim ici, et ils savent que nous sommes là pour les protéger : les sorciers qui se déplacent sur la piste ne sont pas dangereux. C'est ce que nous essayons de leur apprendre. Pour le reste ils se débrouillent… »

Elles restèrent ainsi de longs instants, discutant toujours des dragons, mais une certaine excitation avait saisie Hermione : elle essayait d'étendre au maximum ses faibles sens pour sentir venir l'une des créatures, espérait parvenir à ressentir la perturbation magique que cela causerait.

Soudain Liz lui attrapa le coude pour attirer son attention et lui pointa du doigt une silhouette verte dans le ciel qui avait semblé émerger du couvert des arbres, quelques kilomètres plus loin, pour se diriger vers elles en volant relativement vite.

« Bon, pas d'approche discrète. Il n'a pas peur de nous et va certainement atterrir à grand fracas pour nous impressionner, c'est donc un mâle adulte depuis peu qui cherche à épater la galerie. Il faudrait que je voie ses cornes… »

Hermione vit le visage de la jeune femme se plisser sous l'effet de la concentration, puis s'illuminer soudain lorsqu'elle poussa une exclamation joyeuse :

« Oui ! C'est Max !

- Max ? » demanda Hermione, incertaine de ce qu'elle avait entendu.

Mais Liz ne l'écoutait plus, elle s'était mise debout et avancée de quelques pas pour se tenir bien droite, une main tendue en avant, paume levée vers le dragon comme pour le stopper. Hermione assista alors à une scène complètement incongrue qui la laissa rêveuse.

Elle vit l'énorme créature foncer vers elles, pousser un grondement rauque qui fit trembler ses os, et atterrir brutalement devant Liz. Il était… immense. Plusieurs mètres de long et une carrure impressionnante aux muscles saillants recouverts d'étincelantes écailles émeraudes, qui n'éclipsaient pourtant pas un détail surprenant : il avait des cornes démesurées, brillantes comme de l'or pur. Ce dragon était magnifique, simplement, et il dégageait une impression de puissance qu'Hermione ressentit dans tout son être. Et elle vit, alors qu'elle se demandait comment appréhender un tel surplus d'informations sensorielles, le titanesque animal baisser sa tête et faire poser le bout de son museau contre la paume de la minuscule Dresseuse devant lui. Elle le vit fermer les yeux. Elle le vit pousser un soupir tellement chargé en émotion qu'elle discerna du contentement, du soulagement. Elle vit Liz se rapprocher un peu plus du museau et poser son front contre les écailles, accompagnant son mouvement de petites caresses du bout de ses doigts.

Bouleversée par tant de tendresse Hermione assista, impuissante, à cette étreinte qui n'en était pas vraiment une en se sentant comme une intruse dans un moment d'intimité. Elle pouvait presque palper l'affection qui se dégageait de l'immense créature et se demanda si toutes les émotions pouvaient ainsi jaillir des dragons : elle imaginait à peine quel degré de terreur on devait atteindre, par exemple, en présence de l'un de ces animaux mythiques très en colère contre vous.

Liz se dégagea du museau du dragon aussi doucement qu'elle s'en était approchée et recula de quelques pas avant de tendre une main vers Hermione, sans la regarder. Celle-ci comprit qu'il lui fallait se lever et la saisir, aussi elle s'exécuta en essayant de refouler l'appréhension qui la parcourait en cet instant : elle doutait que trembler des pieds à la tête fut une bonne idée.

Lorsque Liz sentit la main d'Hermione dans la sienne elle la tira vers elle, sans quitter son dragon des yeux. Elle amena la jeune femme à ses côtés et lui fit lever la paume en avant, vers le museau de l'animal, et attendit. Il secoua d'abord la tête, jetant un regard qu'Hermione ressentit comme suspicieux, puis en voyant que Liz insistait il finit par rapprocher l'extrême bout de ses naseaux, centimètre par centimètre, jusqu'à effleurer la peau tendre de la main de la jeune femme. Il renifla une fois, deux fois. Hermione était nerveuse et tendue, incapable de savoir ce qu'il fallait qu'elle fasse : elle essaya de couler un regard en direction de Liz mais celle-ci n'avait d'yeux que pour son protégé. Et enfin, au bout d'un laps de temps qui lui parut interminable, le dragon avança enfin sa tête de quelques millimètres, touchant franchement la paume moite d'Hermione.

Par réflexe, elle referma légèrement ses doigts autour des écailles, en appréciant la texture douce et soyeuse, le toucher dur : elles étaient très différentes de celles des petits, qui étaient un peu molles. Et c'est à cet instant précis, alors qu'elle caressait le museau de cet immense dragon, qu'elle comprit : elle ne pourrait jamais plus s'enfermer dans une vie qui n'était pas la sienne. Il fallait qu'elle explore, qu'elle se trompe, qu'elle trouve, qu'elle s'écorche, qu'elle vive ! Elle ne referait pas les mêmes erreurs. Elle ne se perdrait plus elle-même.

Elle resta longtemps à promener sa main entre les naseaux de la créature, à apprécier les petits picotements magiques qu'elle ressentait à cause de cette proximité, à admirer les larges cornes dorées et les yeux pailletés d'or : elle se sentait bien. Elle se sentait merveilleusement à sa place.

...

Ce fut le dragon qui décida de s'éloigner. Il s'ébroua et, après un dernier coup de museau affectueux sur l'épaule de Liz, alla se lover en une énorme boule un peu à l'écart des deux jeunes femmes. Liz ramena Hermione sur la piste et elles s'assirent toutes les deux, le sourire aux lèvres.

« Alors ? »

Hermione ne savait pas comment décrire le tourbillon d'émotions qui l'avaient saisie, et elle commença quelques phrases sans savoir comment les terminer, sous les rires de sa compagne.

« Oui, je sais. La première fois est toujours… particulière.

- Comment se fait-il que vous soyez si proches ? »

Le visage de Liz s'assombrit légèrement, et elle répondit d'une voix chargée d'amertume :

« C'est une histoire que tu n'es pas prête à entendre.

- Mais… pourquoi ?

- Parce que tu ne comprendrais pas. »

Hermione fut blessée du manque de confiance évident de la jeune femme à côté d'elle et se mura dans un silence boudeur. Liz s'en aperçut et essaya de nuancer ses propos :

« Je voulais dire… Ce qu'il s'est passé la nuit où j'ai rencontré Max fait partie de ces histoires sombres que l'on ne peut pas comprendre sans en avoir vécu une soi-même. Tu ne pourrais pas passer l'éponge sur ce que j'ai à raconter, et je n'ai pas envie que tu ne m'adresses plus la parole.

- Liz… J'ai vécu aussi des… Il s'est passé plein de choses dans ma vie. Des choses sombres aussi.

- Oui, mais tu es toujours restée juste et fidèle à tes principes. Pas moi.

- Là n'est pas la question. J'ai appris à composer avec les caractères des personnes qui m'entouraient, fussent-elles très différentes de moi. J'ai appris plus d'une fois à mes dépends à ne pas juger les gens, que ce soit dans le bon ou dans le mauvais sens. S'il-te-plaît, fais-moi confiance. Explique-moi… »

Hermione sentait qu'elle avait marqué un point, et vit la façade d'assurance de Liz se fissurer peu à peu. Elle capitula enfin, en posant les yeux sur son protégé.

« Des contrebandiers. Tout a commencé à cause de contrebandiers. Il y a plusieurs années, j'effectuais une ronde nocturne dans la réserve quand je suis tombée sur cette bande de connards. J'ai d'abord entendu des grondements désespérés et un bruit de chute qui a résonné dans toute la vallée… Je me suis précipitée mais c'était trop tard. Ces dégénérés avaient massacré une magnifique femelle et ses deux petits, quoique ceux-ci aient été - je pense - tués accidentellement : sur le marché noir, les bébés vivants ont bien plus de valeur. Quand j'ai vu ce qu'ils avaient fait… je… je ne sais toujours pas pourquoi j'ai autant perdu le contrôle cette nuit là. »

Sa voix s'était brisée. Hermione lui pressa l'épaule dans un petit signe d'encouragement, mais elle avait l'impression que Liz était mentalement transportée dans une autre époque.

« J'ai failli tous les tuer, Hermione. Tous. Certes, ma vie était en jeu aussi dans ce carnage, et Charlie a essayé de me dire que je m'étais battue pour ne pas mourir, mais… la vérité c'est qu'un voile rouge m'est passé devant les yeux et que je ne souhaitais aucun répit avant de les avoir tous massacrés de la manière la plus cruelle qui soit. »

Elle resta de nouveau silencieuse, consciente des effets que ses paroles pouvaient avoir sur Hermione.

« On a commencé à se battre, j'en ai blessé et sonné quelques uns - en récoltant quelques coupures moi aussi - puis ceux qui étaient encore debout ont commencé à paniquer. J'ai fait sauter leurs baguettes, les ai ligotés et ai commencé à refaire le portrait de l'un d'eux à mains nues quand j'ai senti Charlie me ceinturer et m'ordonner de me calmer. Il n'avait pas voulu utiliser de sortilège sur moi, et je crois que c'est cette prévenance là qui a eu un effet calmant… Je suis sortie de ma folie meurtrière, et j'ai entendu les cris si caractéristiques d'un petit qui lutte pour s'échapper : j'ai compris alors qu'il devait rester un troisième bébé, réchappé du massacre. J'ai crié à Charlie de me laisser aller voir et il m'a relâchée : le petit était dans une caisse en bois vermoulu, apeuré, faible, tellement minuscule… Je l'ai ramené à la réserve, je l'ai nourri, je l'ai vu grandir, j'ai essayé de lui donner toute l'affection maternelle que je pouvais rassembler du haut de ma vingtaine d'années… La séparation n'a jamais été aussi difficile, avec aucun autre dragon, ni avant ni depuis. Il est le symbole de ce pour quoi je me bats chaque jour, et je l'aime comme une mère aimerait son enfant. »

Hermione fut trop abasourdie pour répondre quoi que ce soit. Elle serrait toujours l'épaule de Liz, mais ne savait absolument pas comment réagir au récit de son amie : elle ne parvenait pas à voir ce pan de noirceur dans le cœur de la joyeuse Liz, et pourtant c'était peut-être là la raison même de sa constante exubérance.

« Les braconniers ont été arrêtés et grâce au témoignage de Charlie je n'ai pas été inquiétée. C'est… c'est à cause de cette nuit là que j'ai arrêté de travailler à plein temps avec les dragons adultes. Et je n'ai plus jamais accepté de faire les rondes… j'avais trop peur de moi-même et de ce dont je suis capable. Si Charlie n'avait pas été là à temps, j'aurais eu le sang de tous ces salauds sur les mains, et je ne sais même pas si je l'aurais regretté. »

Sans jeter un regard à Hermione, Liz se leva et alla se poser à côté du grand Cornelongue. Celui-ci leva la tête, puis cala son museau à côté de la Dresseuse avant de refermer les yeux. Hermione comprit le geste d'éloignement de la jeune femme mais ne l'accepta pas pour autant : elle l'interpela donc d'une voix un peu plus forte que ce qu'elle aurait voulu.

« On peut savoir à quoi tu joues ? »

Liz se retourna et lui adressa un regard plein de doute.

« Je pensais que…

- Hé bien tu pensais mal.

- Mais…

- Non. Je ne peux pas imaginer ce qui t'a poussée à faire ce que tu as fait, et j'espère que je n'aurais jamais à vivre pareille situation, mais je sais combien l'amour d'une mère peut être dévastateur. Alors comme je te l'ai déjà dit, je ne me permettrai jamais de te juger. S'il-te-plaît, accorde-moi la même faveur et ne pars pas du principe que je vais te rejeter. »

Tout en parlant elle s'était relevée puis avancée vers la jeune femme aux cheveux noirs, et elle lui tendit une main. Liz l'attrapa et se laissa hisser sur ses pieds, un sourire timide aux lèvres, pour finalement prendre Hermione dans ses bras en une intense étreinte. Elles se séparèrent lorsque Max pressa son museau contre le dos de la Dresseuse, réclamant son attention : elle se retourna et caressa doucement ses écailles lumineuses, puis lui murmura un « À bientôt ! » alors qu'il prenait son élan pour s'envoler. Elles le regardèrent disparaître au loin puis se placèrent sur la piste pour retourner à l'entrée de la réserve, sans dire un mot : c'était un silence bienveillant, un de ceux qui expriment bien plus de simples paroles.

...

Hermione proposa à Liz de venir passer la soirée chez Charlie pour terminer sur une jolie note, ce que la Dresseuse accepta avec enthousiasme. Elles arrivèrent à la maison en bois en toute fin d'après-midi, après être passées acheter de quoi boire : Hermione avait fini par raconter à Liz qu'elle avait d'abord demandé à Charlie pour la balade avec les dragons, en insistant sur la réponse un peu sèche qu'il lui avait faite, et la jeune femme était d'accord avec elle pour dire qu'il n'y avait rien de tel qu'une bonne mousse pour désamorcer un petit conflit.

Liz s'était mise aux fourneaux et avait cuisiné un alléchant plat de lasagnes qui diffusait une exquise odeur dans tout le salon : c'était sa recette fétiche, celle qu'elle ne ratait jamais, celle qui faisait toujours fondre tout le monde. Elle avait absolument tenu à faire goûter ses délicieuses pâtes garnies à Hermione, qui de son côté avait bien du mal à ne pas en demander un petit bout en avance.

Elles discutaient devant le four en surveillant la fin de la cuisson lorsque la porte de la maison s'ouvrit sur Charlie, qui resta figé dans l'encadrement. Il avait passé une journée riche en réflexion et s'était torturé l'esprit, repensant sans cesse à tout ce qu'il avait éprouvé le matin même en soignant Hermione, se sentant coupable de l'avoir repoussée, et il s'était attendu à retrouver la jeune femme de mauvaise humeur après le refus sec qu'il lui avait opposé. Au lieu de ça il la voyait rire avec Liz, encore en habits de cuir, les joues rosies par la chaleur du four et les cheveux en bataille, et il la trouva adorable. Il se fustigea alors que la pensée l'avait à peine traversé mais il était trop tard : il ne pouvait plus se l'ôter de l'esprit.

Il s'avança vers elles, les salua avec un sourire aux lèvres qu'elles lui rendirent, et huma enfin les appétissantes effluves qui se dégageaient du four.

« Des lasagnes ?

- Tout à fait ! Ça faisait longtemps…

- C'est vrai. Et c'est pour quelle occasion ?

- J'ai vu Max aujourd'hui ! Ou plutôt… Nous avons vu Max.

- "Nous" ? Que… »

Son sourire se figea.

« Comment ça "nous" ?

- J'ai emmené Hermione avec moi.

- Mais t'es complètement malade ? »

Charlie avait haussé le ton sans même vraiment comprendre ce qui l'embêtait.

« Pourquoi ?

- Mais elle n'a aucune notion de…

- Ça va, je vous dérange pas trop ? »

Liz et Charlie se tournèrent vers Hermione qui avait les poings sur les hanches et qui les regardait furieusement, l'un comme l'autre.

« On peut arrêter de parler de moi comme si je n'étais pas là ? Charlie, je ne suis plus une enfant. Je sais que la première fois que tu m'as vue j'étais une gamine, mais il serait temps de comprendre : j'ai grandi. Je suis en âge de prendre mes propres décisions.

- Mais Liz…

- Tais-toi. Liz a compris que ce n'était pas un simple caprice. Je suis au courant du danger, Charlie. Mais j'avais réellement besoin de le faire. Et… au vu de tout ce que j'ai appris, de tout ce que j'ai ressenti, je suis triste de ne pas l'avoir fait avant. Je comprends, enfin ! Je comprends votre ferveur à tous les deux, votre passion ! Comment peux-tu me bouder ce plaisir là ? »

Charlie ne parvenait pas à mettre le doigt sur cette désagréable sensation. Il savait qu'il était ennuyé plus que de raison par l'escapade des deux jeunes femmes mais il ne comprenait pas pourquoi et ça le mettait mal à l'aise. Et soudain, alors qu'elles partagèrent une œillade complice, la réponse lui éclaira l'esprit : il était jaloux. Jaloux qu'Hermione n'ait pas eu cette première expérience avec lui. Ce qui était assez ironique et surtout très hypocrite de sa part, vu qu'il était lui-même à l'origine de ce défaut. Il lutta mentalement un instant, essayant de combattre de toutes ses forces le puissant sentiment de frustration qui l'assaillait : il aurait voulu remonter le temps et offrir à Hermione ce qui semblait être si important pour elle, il aurait voulu voir l'émerveillement dans ses yeux. Il s'en voulait d'avoir été aussi stupide. Puis enfin il se rappela qu'il ne devait absolument pas avoir ce genre de pensées pour elle, et se sentit encore plus coupable.

Il arborait un air tellement perdu qu'Hermione ne put s'empêcher de lui poser la main sur l'épaule et de lui demander d'une petite voix si tout allait bien, avec un air très concerné sur le visage, ce que Liz remarqua tout de suite. Et elle comprit. Elle eut un petit sourire espiègle et s'exclama :

« Mais oui, il va très bien ce crétin. Il constate juste à quel point il est vieux-jeu. Bon, le temps que les lasagnes finissent de se préparer toutes seules, tu peux me montrer où en est ton archivage ? Ça fait un moment que je n'ai plus vu toutes ces vieilleries de carnets et de parchemins… »

Elle tira Hermione par la manche, la forçant à retirer sa main de l'épaule de Charlie : celui-ci sentit comme une trace brûlante à l'endroit où elle l'avait touché et s'en voulut encore plus. Les deux jeunes femmes allèrent dans la chambre d'Hermione, puis Liz insonorisa la pièce et se planta devant son amie pour la regarder droit dans les yeux et lui demander :

« Dis-moi… Tu ne m'aurais pas caché… des trucs ? »

L'étonnement d'Hermione fut tout à fait sincère lorsqu'elle lui répondit.

« Des trucs ? Quel genre de trucs ?

- Du genre de… j'sais pas, des envies particulières en ce moment ?

- Des env… »

Hermione ne finit pas sa phrase, comprenant brusquement où Liz voulait en venir et rougissant violemment à cette pensée.

« Mais pas du tout !

- Pas de ça avec moi. Je t'ai emmenée voir les grands dragons et je t'ai raconté le passage le moins glorieux de mon passé, tu as une dette éternelle à mon égard.

- Une dette éternelle hein ?

- Parfaitement. »

La brunette délibéra un peu avec elle-même mais elle dut se rendre à l'évidence : Liz avait raison. Ça n'aurait pas été juste de lui cacher des choses au vu de ce qu'elle avait accepté de lui confier.

« Bon… Je m'en suis rendue compte il y a assez peu de temps… Mais effectivement, je pense que j'aimerais bien… essayer de… Charlie... lui avoua-t-elle, ne sachant pas dans quel ordre mettre ses mots.

- Ha ! Je le savais ! Et il s'est passé quoi ?

- Mais rien !

- Non, ça c'est forcément faux. Il a dû se passer quelque chose pour qu'il te rembarre comme ça ce matin et pour qu'il ait eu l'air aussi crétin tout à l'heure ! Et puis, j'sais pas… je le sens ! Là ! Alors accouche ma vieille !

- Bon… Puisque c'est si gentiment demandé… »

Hermione alla s'asseoir sur son lit avant de continuer à parler d'une voix incertaine.

« Ce matin, quand j'ai été prendre ma douche, j'ai bêtement glissé et je me suis retrouvée les fesses par terre, la cuisse appuyée contre le rasoir de Charlie. Évidemment je me suis un tout petit peu ouverte, et je lui ai demandé de refermer la plaie.

- Tu veux dire, la plaie sur ta cuisse ? Et tu vas me faire croire que tu ne l'as pas fait exprès ?

- De me blesser, non. De le laisser me soigner… peut-être. Bref, il me semble que… je pense que l'attirance est réciproque, mais il a visiblement décidé de ne rien en faire. »

Elle resta songeuse, un peu dépitée de son constat, tandis que Liz arborait un immense sourire.

« Bon, plus qu'à le convaincre de faire autrement alors !

- Pardon ?

- Hermione… c'est la partie la plus amusante du jeu. Le faire tomber tout cuit dans ton bec alors que tu sais très bien qu'il est – peut-être encore inconsciemment - d'accord !

- Je ne suis pas exactement ce qu'on pourrait appeler une séductrice. Et je ne compte pas le devenir.

- Pas besoin. Sois simplement toi-même. La nouvelle toi, ou plutôt l'ancienne d'après ce que j'ai compris… Rappelle-toi, tu as poussé Viktor Krum dans tes bras, sans même t'en rendre compte ! Si tu savais combien je t'ai maudite à l'époque, quand j'avais lu les journaux… »

Hermione sourit à l'évocation de ce souvenir. Elle ne comprenait toujours pas ce qu'il s'était passé cette année là, mais visiblement ça avait bien fonctionné. Elle allait répondre à Liz quand Charlie ouvrit subitement la porte, l'air légèrement inquiet.

« Ben ? Je vous appelle depuis dix minutes, vous êtes devenues sourdes ? »

Liz pouffa joyeusement avant de lui répondre :

« Non, on avait fait besoin d'un peu de tranquillité pour se moquer de tes schémas anatomiques sans que tu t'en rendes compte. Oups ! »

Elle le poussa et sortit de la chambre avec lui, adressant un dernier clin d'œil à Hermione avant de disparaître dans le salon. Cette dernière souriait, heureuse d'avoir une complice et d'avoir pu se confier : elle ne se sentait pas assez à l'aise avec la situation pour en discuter avec Harry, qui pourtant lui demandait régulièrement comment elle allait et ce qui la tracassait. Il s'était rendu compte de quelque chose et quelque part elle s'en voulait de ne pas lui ouvrir son cœur mais elle ne s'en sentait pas capable. Quant à Ginny… une angoisse idiote la saisissait chaque fois qu'elle y pensait : comment allait réagir la cadette si elle venait à découvrir ses intentions ? Allait-elle la prendre pour une… Non. Ginny n'était pas comme ça. Et c'était elle qui l'avait plusieurs fois encouragée à quitter Ron. Mais pas pour me pousser dans les bras d'un autre de ses frères, pensa-t-elle amèrement. Elle décida qu'il lui fallait gérer un problème à la fois, et que pour le moment elle avait plus besoin de réconfort physique que mental : il fallait que Charlie craque.

...

Elle sortit de la chambre et alla s'installer à table où Liz avait fait léviter le gargantuesque plat de lasagnes dorées à point, tandis que Charlie leur servait un peu de vin. Ils dégustèrent enfin la merveilleuse recette de Liz : c'était un régal, et il s'installa le silence affamé accompagnant d'ordinaire les repas délicieux. Une fois les assiettes finies Hermione raconta à Charlie les précieux moments qu'elle avait vécus cette après midi là, insistant sur Max lui-même et toutes les émotions que la rencontre lui avait procurée.

Plus elle avançait dans son récit et plus Charlie s'en voulait, regrettant de ne pas avoir été présent par sa propre faute : il savait qu'il n'aurait pas du ressentir cette jalousie cuisante, qu'Hermione avait été la petite amie officielle de son frère ces quatre dernières années et que tout ceci était une très mauvaise idée mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser à l'emmener également en balade. Il éprouvait tellement de choses pour la jeune femme et dans le même temps se sentait terriblement coupable de les éprouver… C'est dans cet état de va-et-vient émotionnel qu'il s'entendit demander, presque malgré lui :

« Et si on faisait une descente nocturne chez les Opaleyes ? »

Il se gifla mentalement, mais trop tard. Hermione était aux anges mais essaya de ne pas laisser paraître son enthousiasme.

« Mais ce matin tu disais que…

- Ce matin, je me suis trompé. Effectivement tu n'es plus une enfant… Et je suis désolé de t'avoir laissée en plan. J'aimerais faire quelque chose pour me faire pardonner, mais seulement si Liz est d'accord : les dragons dont j'ai parlé ne sont pas agressifs envers les humains, mais pour aller les voir la nuit il faut redoubler de prudence puisque c'est leur plus forte période d'activité. »

Hermione tourna un regard plein d'espoir vers Liz mais vit avec une immense déception que celle-ci allait refuser.

« Charlie… Pas ce soir. Voir Max puis le quitter cet après-midi m'a un peu chamboulée, pour être tout à fait honnête. Et affronter une réserve la nuit, même si ce n'est pas la nôtre, me demande un certain effort mental pour ne pas être constamment en panique, comme tu le sais. Je suis navrée Hermione. »

L'intéressée avait l'air de quelqu'un à qui on avait retiré son cadeau de Noël.

« Liz…

- Non. Toi aussi, tu sais pourquoi je refuse. »

Hermione se sentit immédiatement très égoïste de ne pas avoir compris plus tôt pourquoi la Dresseuse ne pouvait pas se balader sereinement dans une réserve de dragons la nuit : son passé la hantait toujours, même après toutes ces années. Et encore plus après une rencontre avec son « petit » protégé.

La discussion étant close, ils changèrent de sujet de conversation et restèrent quelques temps à veiller, autour de la bouteille de vin qui se vidait lentement mais sûrement. Lorsque celle-ci fut complètement à sec, Liz décida qu'il était temps pour elle d'aller se « mettre au pieu pour comater et avoir les yeux en face des trous » le lendemain. Elle étreignit Charlie et Hermione avant de partir et de transplaner, très fière de les laisser debout tous les deux et un peu alcoolisés : il y avait là du potentiel. Avec un peu de chance, une certaine brunette saurait en tirer partie.

...


...

Hiiii alors, va-t-elle en tirer parti, notre brunette? hum? Et qu'avez-vous pensé de Max? De son rapport avec Liz? Et surtout... du passé de Liz?

Merci d'avoir pris le temps de me lire, merci de me suivre, d'être toujours là après 6 chapitres :)

Plein de bisous, à mardiii !