Heyyy les amateurs de dragons !

Comment allez-vous aujourd'hui? Ici c'est chouette, il fait beau, on se la coule douce. Alors, d'après vous, est-ce qu'Hermione va tirer parti de notre petit Charlie?... LA RÉPONSE EST ENFIN ARRIVÉE ! Un chapitre un poil plus long que d'habitude, pour des questions de découpage. Bonne lectuuuure, on se retrouve à la fin :)

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Disclaimer : Taratata, rien à moi, comme d'hab, tout à Dame J.K.R. excepté les petits malheurs qui tombent sur le coin du nez des loulous.

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Réponses aux reviews anonymes :

Fan : Huhuhuuuuu tu verras bien comment elle fait pour en profiter un peu :p ce qui est sûr c'est qu'elle a repris du poil de la bête. Je suis contente que l'histoire de Liz t'ait plu, disons que ça contraste pas mal avec son caractère habituel et je ne savais pas comment elle serait perçue, mais au final tous ceux (enfin plutôt toutes celles?) qui m'en ont parlé ont aimé donc c'est chouette. Et mon petit Max... rhââââ si tu savais à quel point j'en veux un, moi aussi, de dragon x) En tous cas merciii beaucoup pour ta review !

MG123 : Héé mais dé-stresse ! Y'a aucun souci, il n'y a évidemment aucune obligation à me poster une review à chaque chapitre ! C'est super gentil de m'en poster autant, mais je comprends tout à fait que ce soit chiant avec un portable, vraiment ne t'inquiète pas par rapport à ça. Du moment que tu prends plaisir à lire, ça me va :) et du coup je suis ravie que l'histoire continue à te plaire, et j'espère que la suite sera à la hauteur de tes attentes ! Pour les fics en Charmione, en voici quelques unes que j'ai aimé :
- Trois hivers, par lilisnape : Mignon mignon.
- Show me, par bluecurls : Alors, celle-ci c'est principalement du lemon mais je trouve que c'est bien amené et bien écrit, c'est l'une des premières Charlie/Hermione que j'ai lues.
- Too Hot to Sleep, par Muggle Jane : OS super sympa, c'est drôle et l'idée est bien trouvée.
- Molly Weasley's Match Making Service, par dragongirl2101 : tout juste commencée mais je me suis bien marrée déjà !
Voilou, je sais que j'en ai lu d'autres des biens mais comme une abrutie j'oublie de les enregistrer une fois sur deux... Du coup j'en ai perdu plein, j'essayerai de faire des recherches plus approfondies x)
Merci beaucoup pour ta review, et encore une fois : no stress x)

Nekozuni : Merci beaucoup, c'est cool que le passé de Liz t'ait plu. J'avais peur qu'il soit un peu trop en rupture avec sa personnalité présente, mais c'est toujours comme ça que je l'ai pensée. J'étais même allée un peu plus dans l'extrême mais ça posait trop de soucis juridiques pour que je puisse garder une certaine logique, donc je suis restée dans quelque chose d'un peu plus soft. Et le petit Charlie n'est pas prêt de retrouver toutes ses facultés mentales, crois-moi :p en tous cas merci beaucoup pour ta review, c'est super gentil !

Petite-plume : Rhôôô merciiii beaucoup ! J'avoue que j'essaie de la bichonner la petite Liz, elle me plaît bien aussi x) je ne sais plus si c'est déjà à toi que j'en avais parlé, mais elle est inspirée à la base d'une amie à moi (pour son caractère) et du coup je m'étais penchée un peu plus longuement sur son histoire, et sur le pourquoi de son amour des dragons. En tous cas, la situation évolue... et va continuer d'évoluer pour nos deux handicapés de la communication, maiiiis pas trop vite quand même xD. Merci, merci pour ta review ! Et voici la suiiiiite !

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Charlie se chargea de lancer les sorts adéquats pour que la vaisselle s'occupe d'elle-même toute seule et rangea les restes de lasagnes dans le frigo tandis qu'Hermione allait se préparer pour la nuit, réfléchissant beaucoup à ce que Liz lui avait dit quand elles avaient discuté dans sa chambre : il faudrait qu'elle se prête un peu au jeu pour faire tomber Charlie dans ses filets, et elle ne savait pas du tout comment s'y prendre mais elle décida qu'un petit rapprochement sur le canapé serait un bon début. Après tout, elle avait déjà tenté la manœuvre - sans beaucoup de succès - mais depuis elle avait une connaissance supplémentaire : l'attirance était réciproque. C'était à elle d'en jouer.

Une fois en pyjama, elle attrapa de multiples notes à propos des Opaleyes et sortit précipitamment de sa chambre pour héler Charlie avant qu'il aille lui-même se changer :

« Charlie ! On… on pourrait voir ça ce soir ? Ce sont des trucs sur les Opaleyes et comme tu en as parlé tout à l'heure, j'ai pensé que…

- Oui, avec plaisir ! Je vais simplement me changer et j'arrive ! »

Super Charlie, mets-toi toi-même en situation délicate. Crétin ! Tu pouvais pas te retenir, au moins ce soir… Et arrête de fixer son débardeur comme ça ! Mais non, pas son short non plus, imbécile !

Il s'éclipsa dans sa chambre, en plein débat intérieur, tandis qu'Hermione allait s'installer sur le canapé en étant très heureuse de l'enthousiasme évident du Dresseur : ses manœuvres d'approche ne pourraient qu'en être facilitées. Elle vérifia un peu les documents qu'elle avait saisis à la va-vite en priant pour attraper les bons, et constata avec soulagement qu'effectivement il s'agissait de croquis et de feuilles volantes de notes à propos des grandes créatures irisées.

...

Elle était plongée dans le schéma d'une aile lorsqu'elle sentit Charlie s'asseoir à ses côtés. Elle se tourna vers lui et son cœur manqua un battement : il s'était installé confortablement, une jambe posée à terre et l'autre nonchalamment repliée sur le canapé, un bras reposant sur le dos du sofa, mais surtout, surtout… il ne portait pas de tee-shirt ! Il était vêtu d'un pantalon en coton très lâche qui lui descendait assez bas sur les hanches pour laisser grand place à l'imagination, et son torse puissant plongea Hermione dans un état critique de bug cérébral.

Le Dresseur essayait de se fustiger mais il ne pouvait s'empêcher d'être quand même un peu fier de lui : il n'avait pas vraiment fait exprès de s'exposer comme ça, en fait il aimait bien être libre de ses mouvements quand il était chez lui… mais le timing qu'il avait choisi pour perdre la légère pudeur qu'il arborait depuis qu'Hermione vivait là était très mauvais. Ce qui ne l'empêchait pas d'afficher un petit air satisfait devant le trouble évident de la jeune femme. Et de s'en sentir encore plus coupable.

« Hermione ?... »

Elle reprit soudain ses esprits et en profita pour lancer un regard courroucé à son charmant colocataire.

« Hum. Je réfléchissais à ma première question. Ouais, essaye d'avoir l'air encore moins crédible pour voir ? Va falloir faire mieux que ça ma grande ! Concentre-toi ! En fait, nous n'avons jamais parlé des Opaleyes et ils me fascinent : les adultes sont-ils vraiment très différents des petits ? On en a eu deux à la Nurserie il y a quelques temps…

- Et tu n'as pas demandé des précisions à Liz ?

- Sur les petits, oui. Pour les adultes je préfère attendre de… »

Elle ne finit pas sa phrase, un peu angoissée à l'idée d'être ridicule.

« De ?

- De te demander à toi. »

Charlie ne s'attendait pas à cette réponse et exprima son interrogation avec un air peut-être un peu trop incrédule.

« Mais… pourquoi ?

- Rhââ, tu vas m'obliger à le dire, hein ? Parce que j'aime beaucoup ces moments-là, voilà ! Vas-y, moque-toi !

- Pourquoi est-ce que je ferais une chose pareille ? Moi aussi j'aime bien nos soirées dragons. Il n'y a pas de quoi en avoir honte.

- Je n'ai pas honte !

- Tout va bien alors ! »

Ils se fusillèrent des yeux quelques instants, puis le décalage entre les mots gentils et l'intonation énervée de leurs dernières phrases les fit rire.

« Alors. Les Opaleyes. Ce sont… Ces dragons sont des merveilles de beauté et d'ingéniosité. Si tu as vu des petits, tu as dû remarquer qu'ils comprennent tout, très vite.

- Oui ! Le pauvre petit jouet n'avait pas le temps d'atterrir qu'ils se jetaient déjà dessus pour l'attraper en plein vol, et ils ont remporté haut la main tous les défis que Liz leur a proposés. Et ils étaient très… affectueux.

- Exactement. Ils font partie de la race la moins farouche de toutes, tout au moins avec les êtres qu'ils connaissent, et ils sont très loyaux - autant qu'un dragon peut l'être en tous cas. Les quelques adultes que j'ai eu la chance de surveiller ne m'ont jamais montré la moindre once d'animosité, une fois qu'ils étaient assurés que je n'étais pas une menace.

- Les petits étaient d'un blanc éclatant, brillants, et avaient des yeux bleus très, très pâles. Mais j'ai lu que les adultes sont irisés ?

- Oui. Lorsqu'ils grandissent, la couleur de leurs écailles se… dilue ? Ce n'est pas tout à fait exact mais je ne trouve pas d'autre mot. Toujours est-il qu'elles agissent comme des petits prismes avec la lumière, qui finit par être réfléchie à l'intérieur même de ces écailles : c'est ça qui leur donne cet aspect irisé. Quant à leurs yeux, légèrement opaques lorsqu'ils sont petits pour les protéger de la lumière du soleil, ils deviennent parfaitement étincelants et "opalins" une fois adultes. D'où leur nom.

- Sur cette page de note tu parles de leurs ailes.

- Oui ! Elles sont très particulières. Chez beaucoup de dragons, elles sont constituées de… »

Hermione l'écoutait avec passion, se surprenant à rêver de voir un jour ces fabuleuses créatures elle-même. Elle avait posé sa tête contre le dossier du canapé et continuait à poser des questions à propos l'une ou l'autre des feuilles qu'elle tenait en main mais se figea soudain lorsqu'elle sentit quelque chose d'insolite : probablement sans en avoir conscience, Charlie jouait avec l'une de ses mèches de cheveux étalées sur les coussins moelleux du sofa. Elle eut beaucoup de mal à garder une expression neutre alors qu'elle jubilait intérieurement et ne parvint qu'aux prix d'un effort exceptionnel à prêter attention à ce que le Dresseur pouvait lui raconter. Il fallait qu'elle agisse pour faire évoluer le contact tout de suite, avant qu'il ne décide d'arrêter.

De son côté, Charlie était en train de se concentrer sur la question qu'Hermione lui avait posée et avait naturellement commencé à tripoter ce qu'il avait à portée de la main, comme à chaque fois qu'il mobilisait son esprit. Il ne se rendit pas tout de suite compte que « ce qu'il avait à portée de main » appartenait à la jeune femme, mais lorsqu'il le vit il fut pris d'un intense sentiment de gêne : il s'était promis d'être sage, et il avait lamentablement échoué. Pour être tout à fait honnête, il se dit qu'il adorait le toucher doux et soyeux des cheveux : ils étaient exactement comme il les avait imaginés. Il décida de profiter du contact tant qu'il le pouvait, avant qu'Hermione ne décide de s'éloigner, mais bien mal lui en prit : il constata avec effarement qu'elle avait rapproché sa tête très subtilement, comme pour lui offrir un meilleur angle, et qu'elle avait elle-même libéré l'une de ses mains pour la placer contre le côté de sa cuisse. Elle commença alors, du bout du pouce, à effectuer de petites caresses en cercles concentriques au travers du coton de son pantalon. Si elle avait décidé de ne pas l'aider, il ne pourrait pas se contrôler très longtemps.

Hermione était très fière d'elle. Elle avait osé. Et elle caressait sa cuisse. La mini-Hermione en elle devait certainement danser la macarena avec un ou deux mojitos à la main, au vu des sensations qu'elle avait au niveau de l'estomac : lui-même lui semblait embarqué dans une salsa endiablée. Elle entendait bien que Charlie avait le souffle un peu plus court et la voix un peu plus rauque, mais elle n'osait pas le regarder dans les yeux de peur de rompre le charme de l'instant - et de perdre tout courage. Ils restèrent donc à discuter ainsi durant de longues minutes qui se transformèrent en heures, ne rompant jamais le contact qu'ils avaient établi et se relaxant petit à petit, au point de ne plus en concevoir de la gêne.

Cependant Hermione finit par ne pas pouvoir étouffer un bâillement : la journée avait été très longue, et riche en émotions - surtout avec la visite à Max. Charlie refusa instantanément de continuer la discussion, estimant qu'il était temps pour elle d'aller se reposer :

« Allez, au pieu. Moi aussi il faut que je dorme de toutes façons, demain j'ai une grosse journée avec un Boutefeu un peu… soupe au lait, dit-il en se relevant.

- Soupe au lait, hein ?

- Disons qu'il a déjà essayé de me bouloter, mais ça va beaucoup mieux maintenant. On a réussi à lui délimiter un territoire qu'il respecte. Plus ou moins. En grosse partie. Bref ! Bonne nuit, repose-toi bien et essaie de ne pas trop rêver de dragons. »

Et d'un Dresseur, je peux ?

« Ha, ha, ha. » lui répondit-elle d'une voix qu'elle voulait désabusée en essayant de s'extirper du canapé.

Elle échoua cependant lamentablement, et tomba contre Charlie qui la retint comme il le put : elle se retrouva la joue collée contre le torse du Dresseur et pouvait sentir l'odeur de son gel douche qu'elle respira à plein nez, avant d'expirer bien malgré elle un long soupir de contentement. Elle s'en rendit compte une toute petite seconde trop tard et leva les yeux vers le visage de Charlie qui s'était délicatement empourpré. Au moins il ne s'était pas moqué d'elle… Prise d'une impulsion soudaine elle se redressa sur la pointe des pieds et lui déposa un léger baiser sur la joue, tout en lui murmurant :

« Bonne nuit Charlie. »

Sans prendre la peine de le regarder elle se dégagea de ses bras et partit en direction de sa chambre, le cœur battant et la délicieuse odeur de l'objet de ses fantasmes en tête. Si elle s'était retournée, elle aurait pu voir le regard voilé de désir dudit objet de fantasme qui ne savait pas très bien quoi penser de la scène.

...

Le lendemain, Hermione se leva un peu avant son heure habituelle pour préparer le petit déjeuner mais fut tout de suite déçue : une note l'attendait sur la table, note qui augurait l'absence du Dresseur.

Salut petite marmotte !

Il a fallu que je parte plus tôt ce matin, j'ai vraiment du boulot avec ce Boutefeu et il est plutôt bien disposé en début de journée. Enfin un peu mieux quoi. Je ne te l'ai pas dit hier parce que je ne voulais pas que tu te lèves plus tôt exprès... Et arrête de froncer les sourcils, je sais que tu fronces les sourcils !

Hermione sourit largement en décontractant son visage.

Je sais que tu aurais peut-être préféré que je te réveille et qu' on déjeune tous les deux, alors pour me faire pardonner je t'ai quand même fait ton chocolat et je t'ai fait griller des tranches de brioches... Si mon sort a tenu le coup, elles devraient être encore chaudes. Avec tout ça, je ne sais pas comment tu pourrais encore être fâchée ! Passe une bonne journée, à ce soir.

Charlie

PS : N'oublie pas qu'Harry vient manger ce soir. Ne t'occupe de rien pour le dîner si je ne suis pas encore rentré quand tu seras là, je rapporte du poisson à griller. Un indice : c'est ton préféré.

Elle relut plusieurs fois la petite note, consciente du fait que Charlie la gâtait beaucoup trop et qu'il la connaissait visiblement très bien. Elle était bien évidemment déçue de ne pas prendre le petit déjeuner en sa compagnie mais les attentions qu'il avait pour elle étaient tellement adorables qu'elle ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement, tandis qu'elle allait chercher son chocolat et ses tranches de brioche : ces dernières étaient, comme il l'avait promis, encore chaudes et c'est avec un plaisir non dissimulé qu'elle croqua dedans.

Elle profita de ce moment pour réfléchir à la prochaine étape de son plan, mais elle s'aperçut qu'elle n'avait pas du tout envie d'organiser les choses : tout se passait plutôt bien, elle prenait un réel plaisir à se rapprocher tout doucement de Charlie en lui faisait comprendre ses intentions du mieux qu'elle le pouvait sans complètement mettre les pieds dans le plat. Et il ne l'avait pas repoussée, ce qui était très bon signe.

Elle finit de manger puis se prépara en vitesse pour rejoindre Liz à la Nurserie, impatiente de retrouver cet endroit et surtout ses résidents qui n'en finissaient pas de la surprendre et de l'émerveiller. Une fois arrivée elle marcha le long de l'allée centrale en admirant, comme d'habitude, les paysages qui la bordaient pour se diriger vers le centre du bâtiment : on avait aménagé ici un vaste espace circulaire où trônaient des tables et des placards extensibles où était rangé la plupart du matériel, ainsi que de moelleux fauteuils où les Dresseurs pouvaient se retrouver pour prendre une pause et discuter. Liz était assise parmi eux, et Hermione se dirigea vers elle après avoir salué tout le monde à la volée. Elle les connaissait tous au moins de vue, mais c'est toujours avec Liz qu'elle allait voir leurs petits protégés.

« Hey !

- Salut. Alors, bien dormiii ? lui demanda la jeune femme avec un clin d'oeil évocateur.

- Oui merci, mon lit est toujours aussi confortable.

- Oh...

- Ne prends pas cet air déçu, j'ai quand même un petit potin mais je t'en parlerai plus tard. »

Le visage de Liz s'éclaira comme si elle avait reçu un cadeau de Noël en avance.

« Un potin ?

- Plus tard, j'ai dit. Par contre, ce matin, j'aurais bien aimé m'occuper de...

- Oui ?

- Je sais que jusque là tu m'avais dit non parce qu'il est un peu délicat à approcher, mais...

- Le Boutefeu ?

- Oui, s'il-te-plaît !

- Il a vraiment mauvais caractère tu sais. Mais vu que je t'ai emmenée voir Max... Il n'y a aucune raison pour refuser que tu ailles voir le petit Boutefeu, surtout qu'il va bientôt être relâché : sa patte est presque entièrement guérie. Ce qui me rend très heureuse pour lui, et très triste pour moi. »

Sur ces paroles elle se leva, se tourna vers un groupe de Dresseurs qui discutaient autour d'un café et apostropha l'un d'eux :

« ALDO ! »

Le dénommé Aldo, un grand Dresseur blond aux yeux bleu marine et aux épaules carrées se retourna et lui répondit d'un air las :

« Pas besoin de rugir, Cioban, je suis pas à l'autre bout de la réserve...

- Est-ce que tu peux t'occuper des Gallois pour moi ce matin ? Si je prends soin de ton petitou tout rouge ?

- Cioban…

- Alleeeez !

- La dernière fois, tu l'avais tellement excité avec tes jeux de chasse qu'il n'y avait plus moyen de le calmer !

- Je serai sage cette fois, promis. Et puis Hermione sera là pour s'assurer que je ne fais pas de bêtise, dit-elle tout en attrapant l'intéressée par le poignet pour la tirer à ses côtés.

- C'est une très mauvaise idée !

- Mais non Aldo, en plus tu les aimes bien les petits Gallois, ça te changera un peu ! »

Le Dresseur réfléchit longuement, arrachant deux soupirs de frustrations à Liz, avant de capituler.

« Bon. Ok pour ce matin. Mais si jamais je ne peux rien en faire cet après-midi…

- Merciiii Aldooo ! »

Liz s'était jetée à son cou et lui avait planté un gros bisou sur la joue, le faisant légèrement rougir. Elle revint ensuite vers Hermione qui ne pouvait s'empêcher de sourire, en partie parce qu'elle avait réussi son coup mais aussi devant l'attitude de son amie. Il faudrait qu'elle l'interroge un peu plus à propos du bel Aldo... il y avait là de probables potins. Surtout quand on voyait l'air gêné de l'intéressé, et le regard avide avec lequel il suivait la jolie Dresseuse qui s'éloignait de lui.

Liz entraîna Hermione par la main à travers les paysages de la Nurserie, jusqu'à un panorama magnifique : on y voyait des montagnes recouvertes d'herbes vertes et des cascades qui en descendaient, se jetant dans un lac immense dont la surface étincelait sous un ciel bleu azur. C'était calme et reposant, et Hermione aurait tout donné pour enlever ses bottes et sentir le moelleux duvet brillant et vert sous ses pieds mais elle ne pouvait pas se le permettre : elle était venue ici dans un but précis, et enlever de l'équipement de sécurité n'était pas une option.

Elles se dirigèrent près du lac, vers une caverne peu profonde recouverte de mousse près de laquelle Liz fit signe à son accompagnatrice de s'arrêter et de s'accroupir. Elle-même s'avança très doucement de l'entrée puis se baissa à son tour et émit durant quelques minutes des petits claquements de langue qui intriguèrent beaucoup Hermione. Elle profita du moment pour plonger sa main dans l'herbe afin d'en savourer la fraîcheur et admirer le lac tout son content, mais son regard fut vite attiré par du mouvement à l'entrée de la caverne.

Elle vit lentement émerger des profondeurs un museau carmin et des naseaux fumants, suivis des yeux les plus étonnants qu'elle ait vu jusque là : les iris étaient rouges vifs et fendus d'une pupille orange, et les arcades sourcilières était surmontées de dizaines de petits pics dorés qui scintillaient doucement. L'effet était saisissant, au point qu'elle fut complètement hypnotisée par cette apparition. Au fur et à mesure que le dragon sortait de sa caverne elle put constater que les petites « crêtes » dorées continuaient dans le cou de l'animal, le long de sa colonne vertébrale puis jusqu'au bout de sa queue. Ses ailes étaient orangées à l'intérieur et du même carmin que le reste de son corps à l'extérieur : les écailles étaient sublimes, brillantes. L'animal devait mesurer trois bons mètres de la tête à la queue, et il avait déjà un poitrail plutôt imposant : c'était le plus gros « bébé » qu'elle ait vu à la Nurserie.

Lorsqu'elle s'arracha à sa contemplation, elle put voir que la créature s'était arrêtée net quand elle l'avait vue. Le dragon semblait être très méfiant et elle vit son arrête dorsale se dresser petit à petit tandis que la fumée de ses naseaux s'intensifiait et qu'un grondement sourd émanait de sa poitrine : elle sentait qu'il n'était pas content. Pas content du tout. L'effet était minime par rapport aux émanations sensorielles de Max, mais elle le ressentait quand même plutôt bien.

« Rusty ! On ne souffle pas sur Hermione ! »

Liz s'était approchée de lui et le fustigeait du regard, tout en tenant devant lui sa baguette au bout de laquelle brillait une petite boule de lumière bleue. Le dragon ne fut pas convaincu et se contenta de contourner la Dresseuse pour darder un regard toujours plus noir vers Hermione, juste assez longtemps pour qu'elle comprenne ce qui allait se passer : elle se jeta en boule sur le côté en essayant de ne pas pousser de cri, à temps pour voir une grande flamme orangée en forme de champignon nucléaire passer à l'endroit où se trouvait sa tête. Elle heurta un rocher un tombant et ressentit une douleur à la tête, mais ne perdit pas connaissance : elle entendit Liz hurler un sort, s'énerver très fort, puis se précipiter vers elle.

« Hermione ! Regarde-moi ! Pitié, dis-moi que tu m'entends !

- Oui... Je n'ai rien, juste un peu sonnée.

- Allez viens... »

Elle aida Hermione à se remettre debout, puis celle-ci éclata de rire devant le spectacle qui s'offrait à elle : le Boutefeu était ligoté par les pattes au sol, et avait un gros glaçon autour du museau qui l'empêchait d'ouvrir la gueule.

« C'est ça, la méthode pour calmer les mâles ?

- Non, normalement la congélation n'est pas nécessaire, mais il l'a bien cherché ce coup-ci.

- Délivre-le, le pauvre. Je t'attends. »

Liz s'assura qu'Hermione tenait seule sur ses jambes, puis s'approcha du dragon.

« Vilain Rusty ! Ce n'est pas bien ! Non, ne me... Ne me regarde pas comme ça ! Dites-donc, monsieur, on ne tourne pas... ON NE TOURNE PAS LA TÊTE QUAND JE TE PARLE ! »

Elle avait saisi le museau gelé de l'animal et l'obligeait à la regarder dans les yeux.

« Aldo est beaucoup trop coulant avec toi, demain je reprends tout ça en main ! On ne souffle pas sur les gens de la Nurserie ! Si je te libère le museau, tu as intérêt à te tenir à carreau ! Compris ? »

Le pauvre Boutefeu la regarda quelques instants, puis les dernières traces de défi disparurent de ses prunelles et il baissa la tête. Liz leva ses sorts de congélation et d'emprisonnement, et il s'allongea docilement sur le sol en balayant l'herbe de sa longue queue.

« Tu restes sage ! »

Liz se rapprocha d'Hermione et lui prit la main pour la faire avancer vers lui, en prenant garde de vérifier que c'était toujours ce qu'elle souhaitait. Elles se dirigèrent donc tout doucement vers le dragon puis s'accroupirent près de lui et Liz entreprit d'examiner sa patte arrière gauche : c'était elle qui était endommagée lorsque Charlie l'avait trouvé, il avait été coincé dans un piège posé sans aucun scrupule par des braconniers. Elle était visiblement satisfaite de l'avancement de la guérison puisqu'elle arborait un grand sourire sous son air concentré lorsqu'elle plia et déplia les articulations, prenant garde à ne pas faire de mal à son protégé. Elle expliqua en détail à Hermione comment les pièges étaient conçus et à quel point ils étaient cruels, obligeant les dragons à choisir entre s'arracher une patte pour s'en sortir ou attendre qu'on vienne les tuer. Celui-ci avait été blessé une première fois en se faisant prendre dans le piège, et une seconde en tentant de s'évader des mâchoires implacables : ses chairs avaient été meurtries quasiment jusqu'à l'os et c'est seulement grâce aux soins miraculeux des Dresseurs de la réserve qu'il avait pu conserver sa patte. Il ne retrouverait certes jamais l'agilité et la vitesse de course qu'il avait avant, mais c'était un moindre mal en comparaison de ce qui aurait pu lui arriver sans les soins ou pire, si les braconniers avaient mis la main dessus.

« Je pense que d'ici deux semaines il sera assez rétabli pour qu'on le remette en liberté, mais il faudra le surveiller : il gardera toujours une rancoeur envers les humains et pourrait devenir dangereux lorsqu'il sera adulte. Les Boutefeus sont toujours plus agressifs que beaucoup d'autres espèces, et ce genre d'incident n'arrange rien : je crois que Charlie s'occupe de l'un d'eux actuellem... Hé ! C'est pour ça que tu voulais venir le voir ? »

Hermione rougit légèrement sous le coup de la surprise.

« En partie. On en a parlé hier soir et j'étais curieuse, je n'avais jamais vu cette espèce auparavant et ça fait un certain temps que je t'entends parler de ce petit... Une pensée en entraînant l'autre, je me suis dit qu'il était temps que je lui rende une petite visite. Merci de m'avoir amenée le voir Liz, ça compte beaucoup tout ce que tu fais pour moi. »

Liz se fendit d'un grand sourire.

« Avec plaisir. Et tu as une idée plus précise de ce que tu veux faire à la rentrée ? Tu vas reprendre des études ?

- Je pense que je sais vers quoi je vais le diriger, mais j'attends encore quelques éléments avant de l'annoncer. J'ai... entreprit quelques démarches, qui ont été très bien reçues. Mais je n'en dis pas plus pour le moment.

- Et... à propos de ce potin que tu m'as promis tout à l'heure ?

- Ha, je me disais que tu avais peut-être oublié...

- Ooooh non, jamais les infos croustillantes ! Allez, raconte. »

Tout en discutant, Liz continuait à apporter des soins à la patte du dragon, en alternant l'usage d'un onguent à l'odeur plutôt repoussante et celui de sa baguette. Hermione lui raconta le petit moment qu'elle avait eu avec Charlie sur le canapé et ne put s'empêcher de sourire bêtement, tandis que Liz ponctuait son récit de « Hooo » et de « Ha ! », puis elle décréta d'une voix assurée que c'était très bon signe. Hermione se souvint alors qu'elle aussi, pour une fois, avait des explications à demander à son amie :

« Et en parlant de potin... Tu n'aurais pas des trucs à raconter à propos d'Aldo ?

- Hum ? lui demanda Liz, d'un air faussement blasé.

- Ne joue pas à ça avec moi. Raconte !

- Bon, bon, OK. Il est arrivé il y a quelques mois seulement, en remplacement d'un vétéran qui prenait sa retraite. Et... ben voilà, je me suis tout de suite dit que j'en ferai bien mon quatre heure...

- Eeeet ?

- Et j'ai essayé des manœuvres plus ou moins subtiles, mais il m'a gentiment rembarrée.

- Hein ? »

Hermione n'en revenait pas, elle ne comprenait pas comment on pouvait « rembarrer » quelqu'un comme Liz : cette fille était une crème.

« Il m'a dit qu'il aimait beaucoup cette réserve et qu'il souhaitait se "consacrer pleinement à son travail". On sait tous que c'est l'excuse des gentlemen qui ne veulent pas froisser leurs prétendantes, donc j'ai laissé tomber. Voilà. Fin du potin.

- Hum, donc tu n'as pas remarqué.

- Remarqué quoi ?

- À vue de nez, je dirais qu'il a changé d'avis à propos de son travail et qu'il aimerait bien se consacrer un peu à autre chose... Si tu vois ce que je veux dire !

- Mais bien sûr. Et les dragées de Bertie Crochue sont emballées par des Pitiponks.

- Non, sans rire. Quand tu t'es jetée à son cou tout à l'heure, il te dévorait littéralement du regard. Peut-être que son excuse était tout ce qu'il y a de plus vrai et qu'il a décidé qu'il connaissait maintenant assez la réserve pour pouvoir faire attention au monde qui l'entoure ? Surtout si ce qui l'entoure ce sont tes bras...

- Tu crois ? demanda Liz, avec l'air de celle qui a reçu un gros cadeau surprise.

- J'ai moins d'expérience que toi mais je sais reconnaître un regard affamé, crois-moi. »

Liz ne répliqua pas, mais un joli sourire s'accrocha sur son visage et ne la quitta plus de toute la matinée. Elles firent exercer un peu le Boutefeu, pas trop violemment pour ne pas l'exciter, et il n'essaya plus d'enflammer Hermione. Elle ne parvint pas à lui caresser le museau mais elle avait décidé de ne pas s'arrêter là : avec la permission de Liz, elle comptait bien profiter au maximum du dragon avant sa remise en liberté. Il avait quelque chose qui la touchait, elle sentait qu'elle pouvait peut-être lui être utile.

Lorsqu'elles se dirigèrent vers la zone centrale du bâtiment, elles rencontrèrent en route Aldo qui revenait de l'enclos des Gallois et qui paraissait plutôt fier de lui. Son expression changea pourtant vers quelque chose qui s'approchait de la peur lorsqu'il vit Liz le rejoindre, l'air clairement désapprobateur :

« Dis-donc, grand escogriffe !

- C'est à moi que tu parles, Cioban ? lui demanda-t-il en essayant - en vain - de masquer son appréhension sous un masque d'indifférence.

- Oui c'est à toi, espèce de papa poule !

- … hein ?

- Rusty !

- Rust...

- Tu sais très bien que je parle du Boutefeu ! Je peux savoir pourquoi il souffle sur des gens de la réserve ?

- Mais il ne souffle pas sur des gens de la réserve !

- Il a soufflé sur Hermione ! C'est la base de l'apprentissage, Aldo, la BASE. On ne souffle pas sur les humains de la réserve, ils sont là pour ton bien. C'est le tout premier message qu'ils doivent apprendre. Je peux savoir pourquoi ce n'est pas le cas avec le Boutefeu ? »

C'était la première fois qu'Hermione voyait Liz comme ça : elle était très autoritaire avec Aldo, et visiblement plutôt en colère. Elle voulut essayer de désamorcer un peu la bombe à retardement mais ça ne fonctionna pas comme prévu :

« Liz, ce n'est pas grave, j'ai pu éviter la fla...

- Pas très grave ? Pas très grave ! Hermione, reste en dehors de ça, tu veux ? Aldo, je ne suis pas ta supérieure mais j'ai plus d'ancienneté que toi. Écoute-moi quand je te dis les choses : tu es aussi bouché qu'un papa poule dès qu'on parle de Rusty. Comme tous les petits dragons, il a besoin d'autorité si on ne veut pas d'incident. Si tu n'es pas capable d'être cette figure d'autorité, tu seras affecté à un autre dragon. Il n'y aura pas de second avertissement. C'est clair ? »

Il acquiesça en baissant les yeux, gêné de s'être fait réprimander de la sorte, et disparut rapidement en direction d'un fauteuil moelleux et de quelque chose à grignoter. Hermione se tourna vers Liz, abasourdie :

« Ben ?...

- Ben quoi ?

- Tu... Tu ne m'as pas dit que tu en pinçais pour lui ?

- Et alors ? Rien ne passe avant mon boulot Hermione, pas quand des créatures de ce niveau de classification son impliquées. Bien sûr, je préfèrerais le coincer entre deux fourrures dans un placard à blousons, mais là il a clairement merdé et c'est le rôle de tous les anciens de l'expliquer à ceux qui ont moins d'expérience.

- Il est beaucoup moins âgé que toi ?

- Mmh, la tournure est un peu vexante très chère, mais je vais quand même répondre : non, il n'a qu'un an et demi de moins que moi, mais quand je parle d'expérience je ne parle pas d'âge. Je parle de nombre d'années dans la réserve, ce qui est complètement différent. Bon, j'ai super faim ! On y va ? Il faut que je te raconte la fois où Charlie a été en contact avec son premier Boutefeu, celle qui explique pourquoi il n'a plus jamais eu les cheveux longs... »

Hermione s'empressa de la suivre, toujours avide d'avoir des potins à propos de son Dresseur : avec un peu de chance elle pourrait subtilement glisser l'histoire dans la conversation au cours du repas du soir et le taquiner. Après manger elle rentra directement chez Charlie pour continuer ses recherches de carrière, et s'arrêta net sur le seuil de la porte : elle avait vu la grosse lettre qui l'attendait sur la table et n'avait aucun doute quant à son expéditeur. C'est complètement fébrile qu'elle s'en approcha et qu'elle la retourna, contemplant le cachet au dos de l'enveloppe, puis enfin elle l'ouvrit et en sortit le parchemin couvert d'une élégante écriture noire.

Elle se mit à sourire, sourire de toutes ses dents en lisant les mots devant ses yeux.

...


...

Mmh, je vous vois venir, QUI voudrait coincer Charlie entre deux fourrures dans un placard à blousons? Bande de petites perverses ! Comment ça, moi aussi? Mais non mais non...

Bon, et la lettre, je serais curieuse de voir vos pronostics quant à son contenu :p

En tous cas, j'espère que ce chapitre vous aura plu. Merci beaucouuuuup de me suivre !

Des bisous, portez-vous bien et à Mardi !