Helloooooooo!

Eeet qui qui c'est qui est à la bourre? C'est moaaaaa !

Bon, que je vous explique quand même. Quand j'ai relu cette scène mardi, j'ai eu une envie folle de changer un truc énorme. Je ne peux pas vous détailler ça maintenant, mais je le ferai à la fin (histoire de ne pas vous spoiler). Et du coup, ce truc a changé... toute la vision que j'avais de la scène, la façon dont les trucs se goupillent, bref. Il fallait que je reprenne vraiment pas mal de trucs, et j'ai encore un emploi du temps extrêmement changé ces temps-ci, donc pas assez de libre pour me consacrer comme je voudrais à l'écriture.

Mais voici le chapitre ! En retard de deux jours, mais plus long qu'à l'origine, avec les détails qui me sont venus pendant la réécriture. J'espère qu'il vous plaira ! En attendant, je vous souhaite une très bonne lecture, on se retrouve à la fin.

...

Disclaimer : Tout ce que vous reconnaissez appartient à la très grande J.K.R., qui dans sa grande miséricorde nous permet de jouer un peu avec ses créations...

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Réponses aux reviews anonymes :

Nyx : Je suis super contente que la réaction de Molly et Arthur t'ait paru crédible, je me suis vraiment beaucoup amusée pour Molly : c'est comme ça que je la voie, super impulsive, super protectrice, et qui (quand elle est énervée/stressée) dit des trucs qui lui passent par la tête sans vraiment réfléchir aux conséquences ou à nuancer un peu ses propos. En tous cas merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira :) des bisous !

eliesan : Oooh une nouvelle lectrice ! C'est chouette ! Je suis ravie que mon histoire te plaise, ce couple m'a vraiment beaucoup inspirée quand je l'ai découvert. C'est dommage qu'il n'y ait pas plus de fic à propos d'eux (ou pas, parce que sinon je passerai toutes mes nuits à les lires :p). En tous cas merciiii beaucoup pour ta review, j'espère que ce chapitre te plaira aussi ! Des bisous :)

Berenice : Merci de ton petit mot d'encouragement, ça me touche beaucoup. Et pour ce qui est de ta review elle-même, je suis conteeeente que la réaction de Molly te plaise :p comme je l'ai dit à Nyx, c'est comme ça que je la voie, avec ce caractère puissant et implacable de la matriarche. Je me suis longuement demandé si je faisais partir Hermione, mais elle ne fuit pas face au danger :p et elle ne voulait pas décevoir Charlie, ni se décevoir elle-même. Et pour savoir qui accompagne Ron... Une seule solution ;). Merci beaucoup, beaucoup pour ta revieeew ! Des bisous !

Aventure : Oui, c'est vraiment... je ne sais pas, je n'ai pas de mot. Je sais juste que, comme beaucoup, j'ai été horrifiée. Mais je suis ravie que cette fic te plaise toujours, et j'espère que la réaction des jumeaux et des autres te plaira aussi... En tous cas, merci d'être toujours là après ces quelques chapitres, et merci pour ta review ! Des bisous :)

Petite-plume : Héhé, tu vas pouvoir vérifier ta théorie à propos de la suite des évènements... Sport ou pas sport ? (en tous cas, je comprends tout à fait ce que tu me disais dans ta note par rapport aux attentats. Au final je suis heureuse d'avoir quand même posté le chapitre, parce que je me dis que si j'ai pu, l'espace d'un instant, permettre à ne serait-ce qu'une personne de penser à autre chose... hé ben ça valait le coup.) Merci beaucoup pour ta review, j'espère que la suite te plaira ! Des bisous !

exalia : Héhé, encore une nouvelle lectrice, c'est vraiment chouette ! Désolée de te donner des insomnies pour le coup :p maiiis les chapitres seront toujours là le lendemain... Et tu vas voir, les FF c'est vraiment addictif. En général, quand tu tombes sur un couple que tu aimes bien, la recherche de nouvelles fics devient de plus en plus frénétique x). En tous cas, merci beaucoup pour ta review et pour tous tes compliments, c'est super gentil ! J'espère que la suite te plaira autant. Des bisous :)

...


...

En fin de matinée, le même samedi, Ron se préparait dans l'appartement de sa petite amie pour le fameux repas. Il était très nerveux, et avait plusieurs bonnes raisons de l'être : il s'apprêtait à présenter la jeune femme à sa famille, à revoir son ex petite amie - qu'il avait trompé avec cette même jeune femme avant de comprendre que ses sentiments avaient définitivement changé de destinataire - et à essayer de ne pas se faire trucider quand ladite ex petite amie apprendrait l'identité de la nouvelle. Non, en cette fin de matinée, Ron Weasley n'était pas un homme serein.

« Bon, tu as fini dans la salle de bain ?

- Non.

- Tu sais que passer plus de temps là dedans ne changera rien. Tu auras toujours la même tête, quoiqu'il arrive.

- Tu peux me laisser deux secondes ?

- Ça fait des heures que tu y es ! Laisse-moi entrer, tout de suite, ou je défonce la porte ! »

Prenant la menace très au sérieux, il décida de lui ouvrir. Elle vint se planter à côté de lui et le fusilla d'un regard courroucé.

« Si tu pars du principe que ça va mal se passer, ça se passera mal !

- Et comment ça pourrait bien se passer au juste ?

- Il faut que vous vous parliez une bonne fois pour toutes ! Vous êtes tous les deux adultes. Enfin je crois… parce que là, comme ça, ça ne saute pas aux yeux. Putain de lionceaux énervés.

- J'ai pas envie d'y aller.

- Hors de question de se défiler. Hors de question de donner une encore plus mauvaise opinion de moi à ta famille en leur posant un lapin. Tu vas sortir ton joli p'tit cul de cette salle de bain pour que je puisse - un minimum - me préparer, et on y va. Si tu discutes encore, je te mords. »

Elle l'expulsa de la pièce et lui ferma la porte au nez sans autre forme de politesse, tandis que Ron retrouvait le sourire. Cette femme là était, finalement, tout ce qu'il avait toujours voulu, et il affronterait n'importe quoi pour elle. Même les foudres d'une autre femme de caractère qu'il avait offensée.

...

Au Terrier, les jumeaux se tenaient tous les deux dans l'encadrement de la porte de la cuisine et ils discutaient entre eux d'un air narquois.

« Oooh mais qu'avons-nous là ?

- Je ne sais pas Georgie… On dirait que quelqu'un a encore succombé à un roux ?

- Moi qui pensais qu'elle avait retenu la leçon, me voilà bien perplexe.

- Aurait-elle développé une dépendance aux Weasley ?

- Tu tiens peut-être une piste, mon cher Freddy…

- Hé ! Bande d'affreux ! »

Hermione s'était levée, heureuse de voir les jumeaux malgré leurs taquineries : elle savait qu'ils sauteraient sur l'occasion pour essayer de l'embarrasser et avait appris, avec le temps, à ne plus s'en formaliser. Elle se dirigeait droit sur eux tandis qu'ils entraient dans la cuisine et qu'ils ouvraient leurs bras pour l'y accueillir et, enfin, les serra contre elle chacun leur tour avant de leur mettre une claque derrière la tête.

« Aoutch !

- Fallait pas me chercher. »

Charlie se leva à son tour pour les saluer lui aussi, les serrant un peu trop fort et leur arrachant ainsi un petit couinement.

« Comment vont mes fragiles petits frères ?

- Beaucoup mieux depuis que tu nous as cassé une côte chacun.

- En même temps, nous aurions dû nous y attendre…

- … la brutalité étant l'arme des faibles d'esprit.

- Allez, les garçons, ça suffit, intervint Molly. Venez là, grands dégingandés que vous êtes ! Il serait temps - grand temps - de me laisser raccourcir vos tignasses, vous deux. »

Elle s'avança vers ses fils et les embrassa sur les deux joues avec entrain tout en continuant de rouspéter à propos de leur chevelure tandis qu'Arthur s'approchait lui aussi.

« Alors, comment va la boutique ? leur demanda Charlie quand ils furent libérés de leurs obligations filiales.

- Plutôt bien, plutôt bien, lui répondit Fred. Les ventes de notre deuxième magasin ont explosé depuis que les week-ends à Pré-au-Lard sont plus fréquents…

- …malgré les nombreux amendements que Rusard a apporté à la liste des objets interdits.

- Rien de nouveau sous le soleil en somme, commenta Hermione.

- Aaah mais si, ma très chère Roussophile - aïe ! Les dragons te rendent violente ma parole ! Nous avons encore développé notre gamme spéciale sorcière, en y ajoutant quelques produits destinés à une clientèle plus adulte. En vente uniquement dans notre boutique du Chemin de Traverse…

- …pour des raisons évidentes. D'ailleurs, si tu veux des échantillons…

- Non merci George, je ne veux absolument pas savoir de quoi vous parlez exactement. »

Quelques coups énergiques contre la porte mirent fin à la discussion, et Hermione se rapprocha imperceptiblement de Charlie pour faire face aux nouveaux arrivants : elle n'était pas encore prête à voir Ron et sa nouvelle conquête et espérait que ce n'était pas eux.

La porte s'ouvrit sur Bill, Fleur et leurs deux magnifiques petites filles - Victoire et Dominique. Ces deux dernières se précipitèrent sur les jumeaux - la plus grande en courant, et sa cadette d'un pas encore un peu instable mais qui se voulait rapide - impatientes de revoir leurs oncles favoris, tandis que leurs parents faisaient le tour des autres adultes pour les saluer chaleureusement : ils adressèrent un regard complice et un sourire encourageant à Charlie et surtout à Hermione, qui les remercia d'une œillade reconnaissante. Si Molly et Arthur comprirent ce que signifiait l'absence de surprise de leur aîné et de sa femme, ils n'en laissèrent rien paraître.

Victoire et Dominique allèrent enfin - de mauvaise grâce pour Victoire et entraînée par la main pour Dominique - dire bonjour à tout le monde, sous la demande ferme de leur mère qui était la figure d'autorité chez elles, et Victoire demanda presque immédiatement après à Hermione de lui faire apparaître les petits oiseaux qu'elle et sa soeur trouvaient si jolis. Avec un sourire elle les entraîna dans la salle à manger, accompagnées de Fleur, et elles s'installèrent sur le canapé défraîchi et incroyablement moelleux.

Hermione fit voleter devant leurs yeux émerveillés une demi-douzaine de petits moineaux de toutes les couleurs, qui venaient se poser sur leurs mains tendues et qui piaillaient joyeusement quand elles leur caressaient les plumes. Lorsqu'elles furent complètement absorbées par le spectacle, Fleur en profita pour glisser quelques mots à Hermione :

« Alors ? Comment ça s'est passé avec… »

Elle fit un vague geste de la main en direction de la cuisine et n'eut pas besoin de préciser sa pensée plus avant pour qu'Hermione comprenne.

« Plutôt mal au début.

- Je m'en doutais. Elle voulait tellement que tu te maries avec Ron… Ça me rappelle la première fois où je suis venue ici. »

Hermione retint une grimace. Elle s'en souvenait aussi très bien, mais c'était surtout des images d'une Fleur exécrable qui lui revenaient en tête. Son absence de réponse fut malgré tout assez éloquent pour que l'intéressée pince un peu les lèvres.

« Bon… Je n'avais pas… J'étais… Je n'avais pas été une invitée idéale à l'époque, je l'admets. Mais Molly n'avait aucun droit de s'immiscer dans la vie amoureuse de son fils et elle n'a pas pu s'en empêcher, parce qu'elle pensait que je n'étais pas sincère - en plus de me trouver insupportable. Et pourtant, nous sommes mariés. Bref… Tout ça pour dire, ne te laisse pas impressionner. »

Hermione était très touchée par la sollicitude de la jeune femme, et lui adressa un beau sourire.

« Merci Fleur.

- Il n'y a pas de quoi. »

Elles discutèrent encore un moment, surtout à propos des filles, puis furent interrompues par une arrivée tonitruante dans la salle à manger.

« Et alors ! On ne vient pas me dire bonjour ! »

Ginny se tenait dans l'encadrement de la porte, faussement outrée et les poings sur les hanches, attendant qu'Hermione vienne enfin la voir. Cette dernière se leva rapidement et alla prendre sa cadette dans ses bras en lui murmurant des excuses, et se retrouva vite étouffée dans l'étreinte énergique de la rousse. Elles furent rapidement rejointes par un Teddy de très bonne humeur qui s'accrocha à Hermione pour lui quémander un câlin.

« Tatiiiie !

- Hey, mais c'est mon Teddy ! »

Hermione se détacha de Ginny et souleva le garçon dans ses bras, heureuse de le revoir : lorsqu'elle habitait encore à Londres, elle allait très fréquemment chez Harry et Ginny qui gardaient, bien souvent, le remuant métamorphomage.

« Ça fait longtemps que je t'ai pas vue !

- Oui bonhomme, je suis vraiment désolée. Qu'est-ce que tu as grandi !

- Ouais. Je suis presque aussi grand qu'Harry. Alors, Tatie Gin m'a dit que tu habites avec les dragons !

- Mmh, pas tout à fait. Mais j'habite pas loin des dragons, oui.

- C'est super ! Et elle m'a dit que ton nouveau amoureux… »

Il regarda à gauche et droite, puis baissa la voix et lui demanda en rougissant :

« …c'est tonton Charlie ? »

Il avait un air tellement sérieux et tellement concerné qu'elle ne put s'empêcher de baisser la voix aussi pour lui répondre.

« Oui, Ginny a raison. C'est mon nouvel amoureux.

- Et c'est un secret ?

- Plus maintenant, non. Et toi ? Tu as une amoureuse ?

- Non ! Les filles c'est nul ! »

Il n'avait pu s'empêcher de lancer un regard en coin à la petite Victoire quand il avait répondu, et n'était pas certain qu'Hermione ne l'avait pas vu. Il se démena donc pour descendre des bras de cette dernière et s'enfuit sans demander son reste pour aller demander une friandise à Molly, profitant que son parrain regardait ailleurs.

Celui-ci était resté un peu en retrait pendant l'échange entre Hermione et le garçon, et il s'avança enfin pour l'étreindre.

« Toujours entière à ce que je vois ?

- C'était tout juste.

- Il fallait s'en douter, en même temps.

- Je suppose que oui…

- Allez, t'en fais pas, on est là. Et on est beaucoup à vous soutenir.

- Je ne m'en fais pas pour Molly.

- Je sais pour qui tu t'en fais, mais je te le redis, ne t'inquiète pas. Il… Il aura lui aussi du fil à retordre. »

Hermione se recula doucement et lança un regard intrigué à son meilleur ami.

« Hein ? Tu sais avec qui il vient ? »

Harry lui adressa un clin d'œil et, sans un mot de plus, se dirigea vers Fleur et ses filles - toujours occupées à jouer avec les moineaux - pour les saluer.

« Ginny ?

- Ne me demande pas Hermione, je ne sais pas non plus. Il n'a rien voulu me dire, malgré toutes mes tentatives de corruption.

- Il aurait enfin développé une certaine résistance ?

- Mmh, c'est surtout que je n'ai pas sorti l'artillerie lourde : je savais que de toutes façons j'aurais la réponse aujourd'hui. »

Les deux jeunes femmes rirent ensemble en observant Harry gagatiser devant la petite Dominique, qui s'appliquait à tenter de lui chiper ses lunettes.

« Bon, raconte un peu, comment ça se passe pour toi ? demanda Hermione à son amie.

- Pas trop mal pour le moment… Mais je n'en ai toujours pas parlé avec Gwenog.

- C'est un peu tôt de toutes façons.

- Pas vraiment, il faudrait qu'elle commence une sélection discrète. Mais je n'ai pas envie de quitter l'équipe… Je… »

Elle détourna le visage quelques instants, mais pas assez rapidement pour qu'Hermione ne voie pas ses yeux brillants.

« Ginny !

- Laisse moi deux secondes, lui répondit l'intéressée d'une voix un peu tremblante.

- Tu as encore quelques semaines pour…

- Deux secondes. »

Ginny inspira un grand coup et entraîna Hermione un peu plus loin dans la pièce, puis reprit la parole d'un ton beaucoup plus assuré.

« Foutues hormones. Je sais que j'ai encore un peu le temps de profiter, mais j'ai du mal à me dire qu'il va falloir que je raccroche mon balai. Définitivement. Ça a été… trop court. Tu comprends ? Je sais bien que je finirai par m'y faire, et puis c'est pas comme si je n'avais pas déjà mon futur job d'assuré… Mais ça me pèse quand même.

- Mais tu pourras toujours jouer avec tes frères, avec Harry !

- Ce qui n'est en rien comparable avec l'adrénaline que procure un vrai match. Mais encore une fois, ça passera… Je sais que ça passera quand ce petit intrus sera sorti de son squat illégal, mais en attendant le temps va me paraître très long. »

Hermione passa son bras autour des épaules de Ginny et caressa le sien, se voulant réconfortante, mais elle savait bien que rien ne pourrait y faire pour le moment. Elles revinrent tout doucement vers Harry et Fleur qui avaient été rejoints par tout le monde, à l'exception de Molly et Bill qui discutaient toujours dans la cuisine. Charlie se retourna pour regarder les deux jeunes femmes et esquissa un beau sourire avant de se diriger vers elles.

« Alors, comment vont mon futur super neveu et sa maman ?

-Et qui a dit que ce serait un garçon ?

- Mon intuition.

- Elle t'avait dit quoi déjà pour Victoire, ton intuition ?

- Rhôô, ça va, on peut se tromper une fois… »

Ginny se sépara d'Hermione pour rejoindre son cher et tendre et Charlie vint se placer à côté de la brunette, puis en profita pour poser doucement un bras autour de sa taille et une main sur ses hanches. Elle laissa sa tête aller contre l'épaule de son Dresseur, et apprécia le fait que personne n'ait l'air de remarquer quoi que ce soit : elle leur était profondément reconnaissante, à tous, d'être aussi naturellement tolérants.

Quelques instants plus tard, Percy et sa fiancée Audrey arrivèrent et vinrent saluer tout le monde : à la surprise d'Hermione, le roux n'eut pas l'air décontenancé le moins du monde, et il lui glissa un mot d'explication à l'oreille.

« Bill nous avait mis au courant par hibou. Très honnêtement, je suis heureux que quelqu'un ait enfin réussi à ravir le cœur de mon frère le plus solitaire. Et, pour ma part, tu es toujours la très bienvenue dans notre famille. »

Trop abasourdie pour répondre quoi que ce soit, Hermione lui adressa son plus beau sourire et avisa chaleureusement Audrey quand celle-ci parvint à sa hauteur. Il ne restait plus qu'un obstacle à affronter… Mais elle se promit d'être sage.

Peu après des coups retentirent enfin à la porte, et une certaine tension s'installa dans la pièce tandis que Molly allait ouvrir.

« Vous voilà enfin !

- Désolé M'man, j'avais pas fait attention à l'heure.

- Mouais, dis surtout que tu as mis des plombes à essayer de te coiffer » lui répondit une voix féminine.

Cette voix. Hermione connaissait cette voix.

« Tu deviens coquet avec l'âge Ron ? demanda Bill. Salut tous les deux.

- Ce n'est pas grave les enfants, nous n'avons pas encore commencé, entrez ! intervint Molly. Tout le monde est dans la salle à manger, nous allions juste servir l'apéritif.

- Comment ça, à "essayer de me coiffer" ? grommela Ron, visiblement à l'attention de la personne qui l'accompagnait.

- On ne peut pas dire que le résultat soit brillant.

- Hé !

- Tu sais que je plaisante… »

Cette voix. Hermione regarda Ginny qui elle aussi avait compris, et elles se tournèrent vers un Harry qui faisait beaucoup d'efforts pour ne pas éclater de rire.

« Salut tout le monde ! fit Ron, en arrivant dans le salon. Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, j'aimerais vous présenter… »

Il se décala et laissa la place à une jolie jeune femme aux cheveux noirs et dont les traits étaient taillés à la serpe. Sa voix, c'était celle de…

« … Pansy ! Pansy Parkinson. »

Un grand silence accompagna l'arrivée du couple, simplement troublé par les petits pépiements des quelques oiseaux qui n'avaient pas encore disparu. Pansy ne se laissa pas du tout impressionner, et c'est avec un grand sourire qu'elle lança à la volée :

« Salut les Weasley ! Et Grangie, Potter, ça faisait un bail. D'ailleurs, en parlant de Potter, toujours pas de marmaille en route avec Weaslette ? Il serait un peu temps de t'activer mon vieux ! »

Tout en parlant elle s'était approchée de tout le monde et avait commencé à leur faire la bise, tour à tour, sous le regard amusé de Ron qui l'avait suivie. Arthur et Harry, qui étaient déjà au courant, s'étaient avancés les premiers pour saluer les nouveaux venus - quoique l'échange entre Harry et Ron fut un peu plus tendu qu'à l'habitude. Molly et Bill revinrent de la cuisine avec les plateaux remplis de verres et de snacks lévitant devant eux, ce qui eut le mérite de faire sortir les autres de l'état de torpeur dans lequel ils avaient été plongés. Les jumeaux s'avancèrent à leur tour vers Ron et Pansy en faisant mine de chuchoter entre eux, tout en restant parfaitement audibles.

« Dis Gred… Tu penses qu'elle est venimeuse ? Avec…

- …ses antécédents à Poudlard ? Possible Forge, possible…

- Non seulement je suis venimeuse, mais en plus je suis agressive… Attention à vos petites fesses les jumeaux. »

Les deux intéressés rirent de bon cœur, surpris que Pansy se prête à ce genre de jeu sans être condescendante. Elle et Ron continuèrent à aller saluer les autres présents, le roux récoltant un bon coup dans l'épaule de la part de sa sœur, et ils arrivèrent enfin devant Hermione et Charlie. Ce dernier était soulagé : non seulement son frère, comme l'avait prédit Hermione, ne serait pas grognon, mais il était même visiblement heureux. Le Dresseur voyait la façon dont Ron regardait Pansy, et il y trouvait bien des choses qui lui rappelaient son propre regard sur Hermione.

« Enchanté Pansy, je m'appelle Charlie.

- Ouais, j'avais deviné ! Ron m'a beaucoup parlé de vous tous, et autant dire que c'était principalement des bonnes choses. Si tu as déjà entendu parler de moi par contre, enfin par la bouche d'un de ceux-là… »

Elle désigna vaguement Harry, Ginny, Hermione, Percy et les jumeaux.

« …tu n'as pas dû entendre que des compliments. Mais il n'est jamais trop tard pour faire une bonne impression, conclut-elle sans se départir de son sourire. Grangie… »

Elle se rapprocha de la jeune femme, complètement interdite, et tendit une main vers elle avant de continuer en baissant la voix.

« …je sais qu'on a eu beaucoup d'histoires pas jolies jolies à Poudlard, mais il me semble qu'il est temps de passer à autre chose. Je suis désolée pour tout ce qu'il s'est passé là-bas, mais je suis aussi désolée pour… le reste. On a été vraiment stupides avec Ron, et je pense qu'il faudrait que vous vous parliez pour finir de tout expulser. Sans - trop - vous taper dessus. »

Elle baissa encore la voix et se pencha à son oreille.

« J'ai changé. Nous avons tous changé. Par contre, ce qui n'a pas changé, c'est que Ron a besoin de toi autant que de Potter. Et tu lui manques. Ça fait mal à ma fierté mal placée de Serpentarde de l'avouer, mais je… enfin je tiens à lui. Vraiment. Et je suis vraiment désolée. »

Elle se recula, de l'espoir plein les yeux, et agita un peu sa main toujours tendue devant Hermione pour l'inciter à la serrer.

La brunette ne savait plus où elle en était. Mettre un visage sur celle avec qui Ron l'avait trompée, surtout ce visage là, était terrible. Savoir que ce n'était pas simplement une histoire de sexe la rassurait en un sens, mais semblait vouloir rouvrir la blessure qu'elle avait crue soigneusement refermée. Elle ne savait pas à quoi réagir en premier, ne savait pas ce qui sortirait de sa bouche si elle l'ouvrait, et elle s'apprêtait à fuir simplement lorsqu'elle sentit un contact qui changea tout.

La main puissante de Charlie était remontée le long de son dos et lui massait doucement la nuque sous ses cheveux, dans un geste qu'il savait être calmant et rassurant pour la jeune femme. Les idées beaucoup plus claires, elle comprit qu'au-delà de sa surprise et de sa tristesse, elle se sentait soulagée : soulagée de voir qu'ils s'étaient reconstruits, elle et Ron, depuis leur rupture catastrophique. Soulagée de comprendre qu'ils avaient toujours été dans l'erreur tous les deux, et qu'elle n'avait fait que retarder l'inévitable échéance en s'accrochant à leur histoire. Soulagée de voir que, finalement, il y avait peut-être un espoir, quelque part, pour qu'ils puissent s'entendre. Soulagée de comprendre qu'à elle aussi, il avait manqué.

Elle attrapa la main de Pansy dans les siennes et la serra intensément, avec un sourire chaleureux.

« Salut Pansy. »

L'intéressée lui rendit son sourire, et ceux qui avaient prêté attention à l'échange poussèrent de discrets soupirs de soulagement - surtout Ron et Charlie : ils savaient tous les deux de quoi Hermione était vraiment capable dans un jour de colère.

Ron s'avança vers elle à son tour, et lui tendit aussi une main qu'elle serra d'un seul coup, ferme et énergique : ça ne lui semblait pas du tout naturel mais elle ne voulait pas encore l'étreindre, elle ne se sentait pas tout à fait prête. Charlie prit alors le relai et serra son frère contre lui, ce dernier lui chuchotant des excuses pour avoir essayé de l'attaquer la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Le Dresseur balaya ses excuses d'un rire tonitruant, et lui dit qu'il en avait vu d'autres.

Molly transpirait la satisfaction par tous les pores de sa peau, et elle annonça à la volée que l'apéritif était servi : le repas familial pouvait, enfin, commencer.

...

Tout avait été délicieux, et les invités s'étaient éparpillés par petit groupes dans le salon et la cuisine pour tenter de digérer le merveilleux repas qu'ils avaient partagé dans une ambiance très festive.

Harry et Hermione discutaient assis par terre sur des coussins, adossés contre un buffet, le ventre replet et l'humeur légère. La jeune femme posa enfin la question qui lui restait sur la langue depuis plusieurs heures :

« Alors tu savais hein ?…

- À propos de quoi ? »

Elle n'apporta aucune précision, estimant que sa question était bien assez éloquente. Harry eut un petit sourire avant de répondre, en regardant droit devant lui.

« Oui. Ron m'en a parlé il y a une semaine, il était très inquiet.

- Et tu lui as dit que ça se passerait bien ?

- Non. Je lui ai dit que s'il tenait à elle, il ne devait pas la cacher. Et qu'il devait assumer ses choix.

- Et tu ne me l'as pas dit parce que ?...

- Parce que je savais que sinon tu ruminerais.

- Mais tu l'avais vue pourtant, quand tu m'avais envoyé la lettre où… »

Elle ne put pas finir sa phrase, le souvenir de sa réaction violente à la lecture de cette fameuse lettre lui revenant de plein fouet.

« Oui, mais… je ne sais pas si c'est vraiment à moi de te dire ça. Mais Ron m'a dit qu'elle utilisait des sorts de changement d'apparence les quelques fois où elle était venue le voir, pour ne pas qu'on la reconnaisse et qu'on se pose des questions sur sa présence au Ministère.

- Je ne sais pas si j'avais réellement envie de savoir ça, tout compte fait. »

Pour la forme, Hermione mit une petite tape à Harry sur l'épaule.

« Je suis désolé de n'avoir pas été plus présent ces derniers temps, Hermione. En dehors de nos quelques repas d'adulte chez vous évidemment…

- Pas grave.

- Si c'est grave ! Je sais que Liz a pris le relai pour les soirées de décompression, mais j'aurais quand même voulu être là. La vérité c'est que je me sentais déchiré entre toi et Ron, comme en cinquième année, et que ce ne sont pas des souvenirs heureux… Je suis désolé de t'avoir fait défaut.

- Je me répète, mais ce n'est pas grave Harry. Je me suis retirée en ermite aussi, avec mes dragons et mes paysages magnifiques. Je pense que j'en avais besoin. Mais… tu m'as manqué aussi. »

Elle posa la tête sur l'épaule de celui qu'elle considérait comme un grand frère et se laissa aller, quelques instants, à la nostalgie du temps où les relations avec les autres lui paraissaient plus simples. Ou en tous cas, plus facilement séparables dans des petites cases.

Quelqu'un arriva alors devant eux et s'assit lourdement, pestant parce qu'il avait oublié de prendre un coussin. Hermione se redressa et lui en fit apparaître un, puis Ron s'installa enfin, en face d'eux, une expression d'extrême prudence sur le visage.

« Merci pour le coussin.

- Pas de quoi. »

Un silence un peu pesant s'abattit sur eux, poussant Harry à se racler la gorge et à tenter une sortie.

« Bon, je vais aller voir si Ginny…

- Non ! » s'exclamèrent Hermione et Ron, en chœur.

Ils se sourirent mutuellement, tous les trois, puis le roux reprit :

« Reste Harry, tu as aussi été… affecté, par tout ça. Et j'ai aussi des excuses à te présenter à toi. Je suis désolé d'avoir choisi le jour de ton mariage pour faire tout ce… bazar. Enfin quand je dis "choisi", ce n'est pas vraiment le bon… bref. Ce jour là tu avais besoin de nous, et à cause de moi on t'a laissé tomber…

- Ça n'a pas d'importance. Comme ça au moins vous n'avez pas été témoins de ma totale humiliation sur la piste de danse.

- Un peu au début quand même, intervint Hermione.

- Oui, mais vous avez loupé la pire partie. Et pour ça, je vous suis très reconnaissant. Mais merci quand même Ron.

- Hermione… je ne sais même pas par où commencer. Ha si ! La dernière fois qu'on… s'est vu. Je suis désolé, désolé d'avoir lancé ce sort. Je ne voulais pas… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, c'était comme si j'avais encore ce foutu Horcruxe autour du cou. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça, j'étais simplement venu pour essayer de discuter avec toi de… tout, de nous - de ce "nous" qui n'existait plus - et quand je vous ai vu, toi et Charlie, tous mes instincts les plus nuls sont ressortis.

- Je n'ai pas été très tendre avec toi non plus.

- Non, mais c'était mérité. Et avant de continuer, je voulais te dire que je suis content pour vous. Même si ça me fait bizarre, en un sens je suis… soulagé. Que tu ne sois plus malheureuse à cause de moi.

- Aussi étrange que ça puisse te paraître, je suis aussi soulagée. Et je suis aussi contente pour toi. Il faudra quand même que tu me racontes comment c'est arrivé, toi et Parkinson… mais plus tard.

- Quand tu voudras. Il suffira que tu me demandes. Et je te l'ai déjà dit, mais je suis vraiment désolé d'avoir laissé à ce point notre situation s'envenimer. J'aurais dû t'en parler, je m'en veux de t'avoir trahie comme ça, je m'en veux d'avoir été trop fier pour admettre que je m'étais trompé pendant toutes ces années. C'est pas… ce n'est pas moi, ça. Enfin je ne crois pas. Et pour être très franc, ce qu'on a partagé depuis nos premiers pas à Poudlard, tous les trois, ça me manque. »

Hermione se pencha un peu vers lui, attrapa le bout de ses doigts avec les siens, et les serra doucement.

« Ron, je ne sais pas si on pourra réellement faire table rase de tout ce gâchis, un jour, mais ce que je sais en revanche c'est que j'ai de l'espoir. Et que tu m'as manqué aussi. »

Elle se redressa, lâchant la main de Ron, et se tourna vers Harry qui était visiblement aux anges. Il n'avait toujours pas appris à gérer un conflit, surtout de cette ampleur, et était très content de voir que ses amis finiraient par oublier leurs rancœurs - comme ils l'avaient toujours fait, tôt ou tard.

...

De loin, Charlie les avait observés en parlant distraitement à Bill, et il était lui aussi très heureux de voir que la situation n'était pas inextricable.

« Hé, Charlie, tu m'entends au moins ?

- Mmh...

- Hé ! Tête de piaf !

- Hein ? demanda le Dresseur en se tournant vers son grand frère.

- Ha, ben au moins tu te reconnais. Tu en as parlé à Hermione alors ?

- De quoi ?

- 'Tain t'es lourd.

- Oui bon ok, non pas encore.

- Et tu attends quoi ?

- Je ne sais pas.

- Charlie, il faudrait vraiment que tu te décides. Je ne comprends même pas ce qui te gêne, en fait.

- Je ne veux pas qu'elle se sente… mal à l'aise avec les autres, je ne veux pas qu'elle soit… Qu'elle pense…

- Si elle est vraiment comme je pense qu'elle est, ça ne lui viendra pas à l'esprit. Par contre, il me semble - et je te l'ai déjà dit - qu'elle n'aime pas les cachotteries. Alors fais plaisir à ton grand frère, et dis-le lui.

- Bientôt. Promis. »

Bill soupira et regarda Charlie aller à la rencontre d'Hermione qui s'était levée, puis il les vit se murmurer des mots doux à l'oreille et se dit qu'il n'aurait jamais cru voir une scène comme celle-ci arriver un jour. Avec un peu de chance, ces deux-là étaient partis pour faire un bon bout de chemin ensemble.

Il se tourna vers Fleur et leurs filles, perdant un peu les pédales devant le beau sourire de sa femme - comme à chaque fois - et se dit que si son frère éprouvait pour Hermione la même chose que lui pour sa moitié, alors tout ce remue-ménage avait vraiment servi à quelque chose.

...


...

Et voala =)

Même pas de vaisselle qui casse.

Alors, pour le grand changement dont je vous parlais, en fait au départ Ron ne ramenait pas Pansy. C'était une fille qu'on ne connaissait pas, et ça partait beaucoup plus en cacahuètes... Mais quand je me suis relue et que j'ai imaginé la fille en question dans ma tête, je me suis dit... Ouh pitain mais c'est Pansy ça ! Et comme j'ai toujours trouvé qu'ils seraient bien assortis ces deux là, ben voilà... Elle s'est invitée toute seule x)

Encore une fois je suis mortifiée pour mon retard, j'espère que vous ne m'en voulez pas trop :'(

Merci de me suivre et d'être toujours là, de prendre le temps de lire cette histoire, ça me touche vraiment beaucoup.

Portez vous bien et à Mardi :)