Tout d'abord, merci à vous tous pour l'accueil que vous avez réservé à cette histoire, vous êtes vraiment géniaux... Beaucoup de personnes sont surprises voir même attristées par la mort de Finn, alors pour mettre les choses au clair, oui il est bien mort et ne reviendra pas, ensuite, j'ai choisi de traiter la mort de Finn parce que je voulais explorer ce genre de choses que je n'ai pas encore écris jusqu'à présent.

Je pense avoir envoyé un petit mot en MP à tout le monde, mais si toutefois je vous ai oublié et bien j'en suis vraiment désolée... Donc c'est parti pour un tout nouveau chapitre...


RACHEL POV :

On dit que lorsqu'on est face à un deuil, il y a tout un processus qui se met en place, on passe par plusieurs phases apparemment. Le déni, La colère, puis l'acceptation (d'où l'expression faire son deuil). On dit aussi que chaque personne réagit différemment à la même situation, chaque personne a sa propre façon de faire son deuil justement, c'est censé être quelque chose de très personnel, quelque chose que personne ne peut comprendre, peu importe toute la bonne volonté. Apprendre la mort de quelqu'un qu'on aime est quelque chose à laquelle on n'est jamais préparé, ça c'est un fait, apprendre la mort tragique et brutale de quelqu'un qu'on aime est encore plus dévastateur.

Selon Santana je suis toujours dans cette première phase que l'on nomme le déni, elle dit qu'il faut que je prenne mon temps, qu'il faut que je tienne le coup, qu'il faut que... bla bla bla... elle dit tellement de choses que je ne l'écoute plus. Elle dit aussi que je ne suis pas juste en accusant Quinn d'être responsable, elle a raison, mais j'ai besoin de pouvoir blâmer quelqu'un, alors je tue le messager pour ne pas affronter le message. Santana dit qu'elle me comprend, qu'elle est là et qu'elle me comprend, c'est faux. Comment pourrait-elle me comprendre, est ce que la personne qu'elle aimait depuis 3 ans et avec qui elle devait se marier est morte ? Non ! Alors elle ne peut pas comprendre, je ne lui en veux pas, je voudrais juste qu'elle arrête de dire qu'elle me comprend.

Selon Quinn j'ai besoin de me reposer. J'aimerai bien savoir pourquoi j'ai besoin de me reposer, je ne suis pas malade, je ne suis pas fatiguée, je suis en deuil. Et d'après tout ce que j'ai pu lire sur le deuil, le repos n'est pas une phase qui en fait partie, alors non, je n'ai pas besoin de me reposer, j'ai besoin de Finn. Toujours selon Quinn, il se pourrait que je perde pied et que je perde tout contact avec la réalité, Quinn à l'air de penser beaucoup de choses mais elle omet l'essentiel, ma réalité, mon monde, ma vie, tout s'est arrêté au moment où elle a ouvert la bouche pour... enfin vous savez pour quoi... Quinn devrait se taire et rentrer à Yale, je ne sais vraiment pas pourquoi elle reste ici, je n'ai pas besoin d'elle, je n'ai besoin de personne à vrai dire.

Selon moi, tout n'est qu'un cauchemar, je vais bientôt me réveiller en larmes et je vais courir dans la chambre de Santana pour lui raconter mon horrible cauchemar dans lequel Finn est mort. Elle m'enverra promener parce que j'ai eu le culot de lui parler alors qu'elle n'a pas encore avalé son café, puis fera sûrement une mauvaise blague sur le fait que ça ne ferait pas une grande perte pour l'humanité si ''Finnocence'' passait l'arme à gauche. Je m'offusquerais, lui ferais la morale en lui disant que peu importe les sentiments que l'on porte à quelqu'un, ce n'est certainement pas des choses à dire, puis je partirais à NYADA, me préparais pour mon grand rôle de Maria, puis j'oublierais rapidement ce cauchemar. Puis Finn m'enverra un mail dans un ou deux jours et tout sera rentré dans l'ordre. Voilà exactement comment ça va se passer.

Mais dieu que mon cauchemar est long, je n'ai jamais autant souhaité me réveiller, faites que je me réveille s'il vous plaît, parce que plus le cauchemar s'éternise et plus j'ai l'impression que cela pourrait très bien être réel en fin de compte.

Il y a pourtant plusieurs facteurs qui m'indiquent que ce n'est pas qu'un cauchemar, tous ces appels que je reçois auxquels je ne réponds pas, préférant ne pas répéter encore et encore que c'est faux, Finn n'est pas mort ! Il y a d'abord mes pères, à eux deux je pense qu'ils peuvent entrer dans le livre des records pour le nombre d'appel à la minute. Ensuite Kurt, il est le seul à laisser des messages d'ailleurs, messages que je n'écoute pas et efface aussitôt. Carol a tenté de m'appeler 3 fois mais visiblement elle a abandonné en constatant ma détermination à ne pas répondre. Ensuite, il y a l'attitude bizarre de Santana, elle est prévenante, gentille, attentionnée, enfin tout le contraire de Santana quoi, et elle semble vraiment triste, je pense que c'est ça qui me déstabilise le plus, la tristesse que je peux voir sur son visage, pas le même genre de tristesse qu'elle avait au début de notre colocation, mais quelque chose de plus profond, de plus intérieur, quelque chose d'indélébile. Et puis bien sûr Quinn, Quinn qui ne peut pas s'empêcher de pleurer dès qu'elle me croise dans l'appartement, Quinn qui refuse de me regarder en face, Quinn qui ne me parle même pas comme si j'étais radioactive ou quelque chose dans le genre et préfère s'adresser à Santana, Quinn qui est ici en pleine semaine alors qu'elle devrait être à Yale, Quinn qui me regarde, quand elle pense que je ne la vois pas, comme si j'allais me désintégrer sur place, comme si j'étais une toute petite chose fragile qui risque de se briser à chacun de ses pas, comme une mère surveille son enfant de loin, Quinn qui semble effondrée sans que je ne puisse savoir pourquoi.

Mon côté rationnel me dit de regarder tous ces signes et d'en tirer les conclusions qui s'imposent, mais il y a aussi cette toute partie de moi qui continue de se battre, qui refuse de voir l'évidence et qui continue de prétendre que tout n'est que mensonge, cauchemar, canular, peu importe, n'importe quoi sauf la vérité. Comme quand j'ai rencontré Finn, il était beau, populaire, il avait une petite amie magnifique, il n'y avait aucune chance, je dis bien aucune pour qu'il ne s'intéresse à moi, pour qu'il tombe amoureux de moi un jour. Je me suis battue jour après jour, me disant que, aussi minime était ma chance je n'allais pas la laisser passer, que le plus mince espoir peut devenir le plus grand et le plus beau des combats, j'ai lutté contre l'évidence et j'ai gagné ! J'ai gagné, Finn est tombé amoureux de moi ! Cette fois-ci aussi je vais gagner, je vais prouver à tout le monde qu'ils ont tort et qu'il reviendra, je sais que c'est ce que veut Finn, il veut que je me batte pour prouver que j'ai raison ! Mais je commence à y croire de moins en moins.

C'était hier, hier soir, il y a presque 24 heures à la minute près que Quinn a débarqué. 24 heures que je lutte, que je tente de me convaincre de plus en plus que tout est faux, mais malgré toute ma détermination et mon obstination, je commence à comprendre que ma lutte, mon combat, sont vains. C'est au moment où je vois Quinn sortir de la salle de bain et m'éviter que j'en prend pleinement conscience, je suis frappée en pleine poitrine comme si je venais d'être touchée par la foudre, une douleur poignante et aiguë me forçant à lâcher le verre d'eau que je viens juste de me servir et qui va finir sa course contre le carrelage, devenant lui aussi quelque chose du passé en des dizaines de morceaux étalés devant moi, tout comme Finn je pense à ce moment précis. Je pousse un cri d'horreur devant ma pensée et mon corps commence à être parcouru de spasmes que je n'arrive pas à contrôler. J'essaye de faire un pas, mais mon cerveau a l'air décidé à ne pas m'obéir, forçant ma jambe à rester scotchée sur le sol ainsi que mes yeux qui ne peuvent pas se détacher des éclats de verre que j'identifie à chaque partie du corps de l'homme que j'aime.

Quinn se précipite vers moi et essaye de me faire réagir tant bien que mal, mais visiblement je suis tétanisée, incapable de bouger volontairement, car mon corps lui est toujours secoué de tous les côtés, elle me parle doucement, trop doucement, comme on parlerait à un enfant effrayé par un bruit suspect qu'il vient d'entendre. Je sens ma bouche s'ouvrir et j'entends une longue plainte en sortir sans que je puisse identifier ce que je suis en train de dire, ça ressemble plus à un cri d'animal blessé, pris au piège dans un collet et qui cherche par tous les moyens à s'en libérer. J'ai le réflexe de me tenir à la table près de moi quand je sens mes jambes flageoler, incapable de me soutenir plus longtemps. L'appui que je prends s'avère cependant inefficace, je n'arrive à rester debout que lorsque je sens les bras de Quinn s'entourer autour de ma taille pour me tenir contre elle. Ce simple contact déclenche une réaction inattendue bien que prévisible pourtant, mes joues deviennent rapidement inondées de larmes et ma respiration devient de plus en plus difficile. J'ai l'impression que mon corps est en train de me lâcher, d'abord mes jambes, ensuite mes yeux, mon souffle, et maintenant c'est mon cœur qui devient affreusement douloureux, pas une douleur comme j'ai déjà connu, une douleur intense, soudaine, comme s'il allait s'arrêter de battre. Une pointe que l'on enfonce dans mon cœur violemment et d'un coup sec, j'ai la désagréable sensation d'un liquide qui coule à l'intérieur de moi, quelque chose de chaud qui s'échappe de l'endroit même où la pointe est enfoncée et se répand lentement dans tout mon corps. Mon cœur saigne, pas comme une image, pas comme on peut le dire en cas de rupture, je ressens physiquement le saignement de mon cœur.

J'ai à peine conscience d'être dans les bras de Quinn, mais l'étreinte me procure un sentiment de sécurité, mince certes, mais il me permet de ne pas totalement m'écrouler moi aussi sur ce carrelage au milieu des morceaux de verre toujours éparpillés. J'arrive à respirer par je ne sais quel miracle, ça doit être ça que l'on nomme l'instinct de survie, votre corps réagit toujours pour vous maintenir en vie, peu importe vos désirs, vos souhaits, car tout ce que je souhaite là tout de suite, est que le saignement de mon cœur s'arrête, qu'il se vide entièrement, qu'il donne son dernier battement, que je ferme les yeux et que Finn m'attende de l'autre côté, tout ce que je veux c'est rejoindre Finn peu importe où il est, mais de toute évidence mon corps n'est pas d'accord avec moi encore une fois.

-ça va aller Rachel... je suis là... ça va aller...

Qu'est-ce qu'elle raconte, bien sûr que non ça ne va pas aller ! Finn est mort ! Voilà enfin je le dis, enfin plutôt je le pense, tu es contente ? Tu as réussi à me faire prendre conscience de la vérité. Je te hais Quinn, je te hais tellement en cet instant, tu es l'oiseau de mauvais augure qui s'obstine à faire son nid autour de moi ! Je voudrais que tu disparaisses, pas seulement que tu disparaisses de ma vue mais que tu disparaisses tout court de la surface de la terre ! Je voudrais que ce soit toi qui sois morte à la place de Finn ! Il ne méritait pas de mourir, il était bon, généreux, et c'était quelqu'un d'altruiste, il faisait toujours passé le bonheur des autres avant le sien, tout le contraire de toi !

Oh mon dieu comment je peux penser une chose pareille, mais quelque chose me laisse croire que je n'ai pas fait que le penser, je sens des larmes se joindre aux miennes et l'étreinte rassurante dans laquelle j'étais plongée se desserrer un peu.

-Tu as raison Rach... il ne méritait pas de mourir... personne ne mérite de mourir.

La panique m'envahit et j'arrive enfin à ordonner à mon corps ce que je veux, je ressers mes bras autour de Quinn et recommence à pleurer de plus belle contre son épaule en multipliant les excuses.

-Je suis désolée Quinn... je ne voulais pas dire ça... je te demande pardon... ne meurt pas Quinn je t'en prie... tu n'as pas le droit hein... je ne le pensais pas je te jure...

-Je sais Rach... je suis là... je ne vais pas mourir je te promets... je ne te laisserai pas...

-NON ne promets pas... Finn aussi avait promis... ne promets pas d'accord...

-D'accord... Rachel... Regarde-moi...

Les deux mains chaudes de Quinn se posent sur mes joues et elle me force à plonger mon regard dans le sien, ce qu'elle refusait de faire depuis 24 heures.

-Je vais bien... je suis jeune et en bonne santé... il n'y a aucune raison pour que je meurs maintenant... tu m'entends... je ne vais pas mourir Rachel...

-Tu n'as pas intérêt... je souffle en calant à nouveau ma tête contre son épaule et enfin laisser mon corps se vider de toutes ces larmes que je retiens depuis un jour entier.

Je ne sens pas l'épuisement me gagner, mais avant que je ne m'en rende compte, Quinn avec l'aide de Santana me dépose sur mon lit et je sombre dans ce sommeil qui m'a tant fait défaut hier soir.

Retour à Lima, je ne pensais pas revenir aussi rapidement dans cette ville, et puis surtout je ne pensais pas revenir pour ce genre d'événements. C'est aujourd'hui, c'est aujourd'hui que l'on fait notre dernier adieu à Finn, aujourd'hui que tout le monde se réunit pour célébrer sa mémoire. C'est fou ce que le monde peut être hypocrite et petit, c'est lors d'un décès qu'on se décide à célébrer quelqu'un, ne serait-il pas plus logique de célébrer cette personne de son vivant, de la célébrer tous les jours de sa vie et pas à trépas. On passe notre vie à côté de personnes qui sont intrinsèquement liées à nous, d'une façon ou d'une autre, et ce n'est que lorsque cette personne nous quitte qu'on prend pleinement conscience de sa valeur, de la force de notre attachement, des liens qui nous unit à elle pour l'éternité.

Je ne comprends décidément pas la nature humaine, j'ai toujours été différente je le sais, j'ai toujours montré mes sentiments, toujours fait savoir aux personnes que j'aime que je les aime, je n'ai jamais attendu de ne plus jamais en avoir l'opportunité, c'est peut-être pour ça que cet étalage pathétique de bons sentiments et de tristesse me répugne tant aujourd'hui.

Tout le monde est là. Carol bien sûr, la seule personne à qui j'accorde réellement de l'importance aujourd'hui, car elle a aimé Finn toute sa vie, elle l'a aimé du plus profond d'elle, comme moi.

Mes pères sont là pour me soutenir apparemment, voilà un mot qui me débecte encore, me soutenir, comme si j'avais besoin de soutien, je n'ai pas besoin de soutien, j'ai besoin de lui et de rien d'autre, alors je ne vois vraiment pas ce que mes pères peuvent faire pour ça.

Monsieur Shuester et sa femme sont là, voilà enfin deux personnes qui ont réussi à se marier eux, je devrais être ravie pour eux, mais c'est tout le contraire, je les hais, je les hais d'avoir eu ce que je n'ai pas eu et que je n'aurai jamais.

Bien sûr il y a son ancienne équipe de football, des personnes qui ne le connaissaient même pas, qui ont passé la majeur partie à le persécuter parce qu'il avait eu le courage de rejoindre le Glee Club, ah tiens, parlons-en du Glee club, ils sont tous là, mouchoirs à la main, pleurant un leader parti bien trop tôt comme il est mentionné sur la gerbe de fleurs qu'ils ont tous achetés en commun. Ils me dégoûtent tous, je ne peux même pas les regarder tellement ils me donnent envie de vomir. Croyez moi ou non, mais la seule personne que je supporte aujourd'hui est Santana, bizarre hein, non. Elle est la seule à être fidèle à elle-même, toute en retenue, elle ne montre rien, elle a ce visage crispé que je connais si bien qui indique qu'elle souffre, mais elle ne le montre pas, elle a ce courage de ne pas faire étalage de sa peine contrairement à tous les autres.

Quinn aussi est différente, elle est blottie dans les bras de Puck, quelle belle façon de rendre hommage à Finn, se blottir dans les bras du mec avec qui elle l'a trompé, bravo Quinn, tu démontres encore une fois aujourd'hui que même dans la mort tu es incapable de lui être fidèle.

Et Puck, son meilleur ami hein, tu parles, un meilleur ami ne met pas enceinte la petite amie du meilleur ami en question, un meilleur ami ne pousse pas le dit ami à rompre avec sa fiancée pour aller s'installer je ne sais où pour nettoyer des piscines pour deux sous de l'heure, un meilleur ami est censé retenir l'ami en question quand celui-ci veut s'engager dans l'armée et partir à l'autre bout du monde faire une guerre qui n'est pas la nôtre, pas la sienne. Tu aurais dû le retenir Puck, tu aurais dû, au lieu de ça, tu pleures comme une fillette aujourd'hui en tenant Quinn dans tes bras. Il est beau le grand, fort, viril, Noah Puckerman, une fillette, voilà ce que tu es !

Celui qui m'insupporte le plus est Kurt, il tente de gagner le concours de celui qui renifle le plus fort ou quoi ? C'est bon on t'a entendu Kurt, on sait, tu es triste, ton frère est mort... bla bla bla... c'était même pas ton frère d'abord, ton père a épousé sa mère, point barre ! Et puis on sait tous que même si tu prétends aimer Blaine plus que tout, tu continuais de fantasmer sur Finn, au moins une chose qui aura été juste à moi, tu n'auras jamais eu Finn alors que moi OUI ! Parce que soyons un peu honnête, ça devient complètement grotesque ton envie de tout faire comme moi, vouloir tous mes solos au Glee club, vouloir aller dans la même ville que moi, faire le même métier que moi, achètes toi une vie sur Ebay si la tienne est si vide de sens que tu veuilles la combler en reproduisant chacun de mes faits et gestes.

Je n'ai qu'une envie c'est m'enfuir d'ici, j'ai l'impression que Santana a compris, elle me fait un signe de tête pour m'indiquer la sortie et je lui fais comprendre que je suis d'accord en m'éloignant soudainement sous le regard de tout le monde complètement abasourdis. Elle me rejoint sur le parking alors que je suis en train de demander une cigarette à l'employé qui travaille à l'entrée du cimetière.

-Avec une bière ça serait le paradis... déclare Santana en me prenant la cigarette des mains pour la porter à ses lèvres.

Je ris en l'entendant prononcer ses paroles, c'est ce que je disais, égale à elle-même, elle n'hésite pas à parler de paradis en plein enterrement juste devant un cimetière. Je replace la cigarette dans ma bouche et aspire fortement dessus, je tente d'avaler la fumée mais je suis prise d'une quinte de toux qui me pousse à abandonner définitivement l'idée de fumer, il va falloir que je trouve autre chose.

-C'est pas pour les fillettes Berry

-En parlant de fillette... t'as vu Puck ? Il pleure comme une petite fille perdue dans un supermarché ! Et Quinn !

-C'est quoi le problème avec Quinn ? me demande rapidement Santana en levant un sourcil.

-Elle est dans les bras de Puck ! C'est ça le problème ! C'est moi qu'elle devrait ''soutenir'' pas Puck ! je lui réponds en mimant des guillemets quand je prononce soutenir, toujours allergique à ce mot

-Elle a peut-être besoin d'un peu de stabilité... un jour tu l'a supplies de ne pas mourir et le lendemain tu l'envoies chier en lui reprochant encore la mort de Finn

-J'ai le droit de lui en vouloir d'accord ! J'ai le droit d'en vouloir à la terre entière si je veux ! C'était mon petit ami, mon fiancé, c'était l'homme que j'aime, alors j'ai le droit de dire ce que je veux ! je lui réponds en haussant la voix

-Ouais t'as le droit... mais elle a le droit aussi de ne pas vouloir l'entendre... reprend Santana nonchalante en écrasant la cigarette qui était mienne au départ contre le talon de sa botte avant de la jeter dans la poubelle à côté d'elle.

Santana m'observe en silence pendant quelques secondes comme si elle hésitait à me dire quelque chose, ah non pas toi San s'il te plaît, ne commence pas à me traiter comme si j'allais m'effondrer à chaque instant. Finalement, elle reprend son visage impassible pour mon plus grand bonheur, enfin si bonheur je peux ressentir aujourd'hui.

-J'ai pas de conseils à te donner... mais crois-moi par expérience... tu t'en voudras jusqu'à la fin de ta vie si tu ne retournes pas là-bas pour la fin de la cérémonie

Elle a raison, bizarrement, la mort de Finn nous a rapprochées, elle m'a confié qu'elle avait perdu une sœur quand elle était un peu plus jeune d'où son attitude froide et détachée je présume, ne pas s'engager, ne pas aimer, ne surtout pas ressentir pour ne plus jamais souffrir. Je commence à penser de cette façon, il n'y a pas de meilleure façon de se protéger que de se blinder, recouvrir son cœur et son âme d'une armure indestructible, oui c'est ça, c'est le seul moyen de ne plus sentir mon cœur saigner une autre fois.

C'est le moment où tout le monde s'effondre généralement, le moment où chaque personne passe individuellement pour lancer une poignée de terre pour recouvrir le défunt. Je laisse tout le monde défiler sans vraiment prêter attention aux autres, Quinn a repris sa place auprès de moi et je la préfère nettement là que dans les bras de Puck, elle remonte dans mon estime. C'est mon tour, je suis la dernière, tout le monde est déjà parti sauf Quinn et Santana, je suppose qu'ils ont voulu me laisser un peu d'intimité pour mes derniers instants avec Finn. Je m'approche du trou dans le sol, m'agenouille pour attraper une poignée de terre et me relève pour faire face à une planche de bois déjà recouverte d'au moins un quart de terre. Je sors une lettre que j'ai écrite ce matin, je la porte à mes lèvres avant de la laisser glisser pour rejoindre son destinataire. La terre dans ma main commence à se disperser tellement ma poigne est forte et si je ne me décide pas à la lancer maintenant, dans quelques instants il n'en restera plus rien.

-Je t'aime Finn... je murmure en jetant enfin cette satanée terre qui commençait à me brûler

Sans même m'en rendre compte je fais un pas en avant, puis un deuxième et je me retrouve un peu trop près du bord, je regarde en bas, les planches de bois qui contiennent le corps de l'homme que j'aime et je laisse enfin mes sanglots éclater et ma peine m'envahir. Je fais un autre pas bien décidée à descendre moi aussi dans ce trou que je ne veux plus jamais quitter, mais encore une fois je sens les deux bras puissants de Quinn s'entourer autour de ma taille. Encore une fois elle est là, elle ne me lâche pas.

-Laisse-moi Quinn... je veux le rejoindre...

-Je ne laisserai jamais faire ça... jamais Rachel...

Sa voix est sans appel, elle me retourne d'un geste brusque et mon front se cogne presque au sien quand je m'effondre dans ses bras, mais je n'ai pas le temps de me poser contre sa poitrine que je sens ses mains empoigner mes bras fermement et me secouer sans ménagements

-Tu n'as pas le droit de faire ça Rachel tu m'entends ? Tu n'as pas le droit ! Tu m'as demandé de ne pas mourir alors je te demande la même chose ! Je vais vivre... et tu vas vivre... parce que je t'interdis de penser à ce genre de choses... je t'interdis de me quitter d'accord !

Quinn continue de me secouer de plus en plus fortement et ses paroles deviennent des sons incompréhensibles que mon cerveau n'arrive plus à identifier. Elle s'arrête quand Santana s'interpose entre nous deux en sermonnant la blonde doucement.

-Arrête Quinn... Tu vois bien que ça ne change rien ce que tu lui dis... laisse là, tu vas lui faire mal...

-Elle veut mourir San... je dois l'en empêcher...

-Bien sûr qu'elle veut mourir aujourd'hui... et elle le voudra peut-être encore demain... mais ce n'est pas en la secouant comme ça que tu lui redonneras envie de vivre...

-Qu'est-ce que je dois faire alors ?

-Rien... tu ne peux rien faire pour le moment... à part être là pour quand elle l'aura décidé...

Je profite de la conversation entre mes deux amies pour m'éclipser, j'ai besoin d'air, j'ai besoin d'être seule, je n'en peux plus de toutes ces personnes qui disent être là pour moi, ou vouloir être là. Quand vont-ils comprendre que je n'ai besoin de personne ! Personne ne me ramènera Finn, personne ne peut revenir en arrière et tout effacer, personne ne peut arrêter ce saignement que je ressens encore plus violemment aujourd'hui, personne. J'ai besoin de lui mais il n'est pas là, il ne sera plus jamais là. Il ne peut pas revenir à moi, mais moi je peux aller à lui.


Finalement je suis venue à bout de ce chapitre contrairement à ce que je pensais... celui-ci est particulier puisqu'il se concentre sur les pensées de Rachel, mais dans les prochains ça ne sera pas toujours le cas. On saura par exemple pourquoi Rachel reproche à Quinn la mort de Finn et pourquoi il avait demandé à Quinn de prendre soin de Rachel... Voilà... à bientôt...