La…

J'abandonne à elle-même Miss Granger, ne voulant pas la perturber de plus belle. Peut-être ai-je été dur mais je doute que balancer à la figure d'une gamine qu'elle a failli être violée ne soit très sain, pour le moment. Elle a dû subir le sortilège d'Oubliettes.

Je cours presque dans les escaliers de l'école. Je me dirige vers la salle commune de ma propre maison. Devant l'entrée, je prononce du tac-au-tac « Sang-Pur », ce qui fait ouvrir le passage à la salle la plus froide et sombre de cette école, parsemée de banderoles d'un vert émeraude, de tapis de la même teinte, de lustres ainsi faits pour rappeler la finesse, l'ambition, la détermination et l'ingéniosité, des valeurs propres aux Serpentards.

Je vais dans le dortoir des garçons et repère celui du blondinet autrefois prédisposé à devenir l'un des plus grands maîtres incontestés des Potions. Mais c'était autrefois.

Je le sors de son lit avec hargne. Je le saisis par le col de son pyjama, du haut de ses 1m75, et le plaque contre le mur. Les autres Serpentards hurlent et se tortillent de peur. Sombres abrutis.

-ASSURDIATO ! Je scande aux oreilles de l'ensemble du dortoir afin d'avoir un peu de paix.

Drago Malefoy me regarde avec des yeux apeurés, coupables. Affreusement coupables. J'ai envie de le tuer. Ne jamais prendre ce chemin ! JAMAIS !

-Ce que vous avez fait est une chose indigne de votre maison. C'est un fait. Mais de Poudlard, qui plus est. Vous me décevez de telle manière que je pourrais faire de vous une stupide poussière tordue sous les sortilèges impardonnables que vous connaissez aussi bien que moi, Monsieur Malefoy, j'ajoute avec un très gros sous-entendu du sortilège de l'Impero que celui-ci a utilisé sur Weasley.

Mon visage presque collé au sien souffle toute sa haine au jeune Serpentard.

-Dites « au revoir » à votre scolarité à Poudlard. Vous me faites pitié, je crache à sa figure avant de le lâcher. Soyez certains que je vous aurais tué si vous étiez parvenu à vos fins.

Il s'écrase au sol, pétrifié tandis que je m'en vais, plutôt satisfait de la terreur que je lui ai infligée. Rien n'a servi pour lui de dire quoi que ce soit. Il sait de quoi j'ai voulu parler, et rien, ne pourra lui faire dire le contraire. Mes dispositions à lire dans les esprits sont intouchables et véridiques.

so$O$os

-FORTUNA MAJOR, je prononce à voix haute devant le portrait de la Grosse Dame.

Elle ne bronche pas et s'ouvre instamment. Je pénètre dans le dortoir des garçons où Weasley et Potter parlent simplement. Weasley ouvre de grands yeux exorbités. Potter s'enfonce sous sa couette, silencieusement, quand celui-ci remarque que mes yeux sont rivés droit vers son camarade rouquin.

-WEASLEY ! Je prononce fortement.

Les autres Griffondors se réveillent tel que je lance le même sort destiné aux Serpentards.

-Assurdiato !

Pendant ce temps, Weasley se lève d'un bon et m'échappe de peu, je lui cours après et il dégringole les marches d'escaliers jusque devant le feu. Je le rattrape et le relève par le col et le balance contre le divan rouge et or. Il est terrifié.

-M-M-Mais…
-SILENCE !
-Comment avez-vous fait pour entrer ici, Professeur ? Demande une voix affolée du haut des escaliers.

Je me retourne et jette….

-Petrificus Totalus !

… au très cher Potter, vaillant, comme à son habitude qui s'écroule au sol, n'ayant le temps de ne prononcer aucun contre sortilège.

-Que… Q-Qu'est-ce que vous me voulez ! J'ai rendu la dissertation aujourd'hui sur…
-FERMEZ-LA !
-Je….

Je pointe ma baguette sous son menton.

-Vous me dégoutez plus que tout au monde, Weasley. Vous êtes un porc qui sait profiter des moments opportuns, qui glisse lamentablement ses mains sous les jupes des filles. Vous êtes un idiot, Weasley, se laisser manipuler comme un vulgaire torchon n'est pas propre à votre maison, me semble-t-il ?

Il ne répond rien. Il se contente de regarder le bout de la baguette avec effroi, les larmes aux yeux.

-REPONDEZ !
-Je ne vois pas de quoi vous voulez parler !
-Ne vous fichez pas de moi, Weasley, je prononce plus doucement en m'approchant de lui tel un serpent. Ne vous enfoncez pas plus que vous ne l'êtes déjà. Fricoter avec Miss Granger ne vous a-t-il pas appris à être honorable et respectueux ?
-P-Pardon ? Bégaye le roux. J-Je ne s-suis jamais sorti avec Hermione, bien que je le voudrais volontiers je... AA-Aahhhh !

À ces mots j'enfonce ma baguette dans la chair de son cou et m'énerve encore plus. Puis je m'insère dans son esprit.

-Legilimens !

« Je peux vivre une journée des plus stupides dans l'esprit d'un Weasley. Ses envies, ses désirs impulsifs… Répugnants. Je vois également ce passage écœurant, celui qui me ferait vomir. Puis un autre. Un autre que je n'ai pas vu chez Miss Granger.
Weasley supplie Miss Granger au milieu des couloirs déserts, il se met à genou. L'alcool l'énerve et lui donne une envie irrépressible de le tuer.
Elle pointe sa baguette contre son front et le colle au mur, tremblante.


-Tu vas m'oublier, gentiment, Ron. Je ne peux pas vivre avec l'idée que tu aies voulu…

-Je n'ai rien voulu ! proteste le roux.
-Que tu aies …
-Je ne me contrôlais pas !
-Rien ne t'empêchait de suivre Malefoy lorsqu'il est venu te parler ! Tu n'es qu'un abruti, Ron Weasley !

Le roux frappe violemment Hermione qui vacille contre le sol dur et froid.

-Je ne t'ai jamais aimé. J'ai toujours eu du mal à supporter ton air simplet lorsque tu essayais de me parler de sentiments et tu me faisais mal. Je ne voulais pas te faire de mal.

Elle lève sa baguette et prononce faiblement, presque avec regret :

-Oubliettes…

Miss Granger s'éloigne dans la nuit, elle parle seule mais ne retourne pas se coucher, visiblement. Weasley s'en va de son côté, retour au dortoir, regardant étrangement Miss Granger. »

Me revoilà devant le visage futile du rouquin. M'aurait-elle imposé de fausses idées ?
Je baisse ma baguette et regarde de travers Weasley.
Avant de quitter le dortoir, je lance haut, fort et fièrement :

-Demain, dès la première heure, vous quitterez Poudlard, Weasley.