Coucou tout le monde, voici un nouveau chapitre pour cette histoire… Je dois dire qu'il m'a pris beaucoup de temps à écrire, je l'ai d'abord écris une première fois puis effacé car il ne me plaisait pas, je l'ai réécris, corrigé, re-effacé, et voici un tout nouveau que je vais laisser tel quel sinon je ne vais pas m'en sortir… =)

Bonne lecture…


95… 96… 97… 98… 99… et 100…

J'ai pris l'habitude de compter mes pas, pour chaque déplacement que je fais, comme je suis incapable de prendre des décisions, je laisse le destin choisir pour moi.

Je déplie la couverture que j'ai apportée avec moi, m'installe confortablement dessus, et libère Arthur de sa laisse pour qu'il puisse jouer avec sa balle fétiche. Les chiens sont bizarres, il a une multitude de jouet (la plupart achetés par Santana, mais n'allez surtout pas lui en parler…), et le seul avec lequel il accepte de jouer est cette vieille balle de tennis que Quinn a rapporté un jour d'un de ses voyages express à Yale.

On a ce petit rituel Arthur et moi, chaque jour, entre 15 et 16h, nous venons au parc rien que nous deux, c'est notre moment privilégié. Il joue avec sa balle, ou avec d'autres chiens, et moi je le regarde. Parfois quelques enfants viennent jouer avec lui, ça me serre la poitrine à chaque fois, parce que je l'imagine jouer avec les enfants que j'aurai pu avoir avec Finn. Mais si Finn était vivant, Arthur ne serait pas là, donc la question ne se poserait pas.

J'arrive maintenant à analyser les choses avec logique, je dirai même avec recul, ou alors est-ce peut-être tout simplement avec froideur. Je ne pleure plus, il y a longtemps que je ne pleure plus, depuis Brittany. Faut dire que j'ai vraiment été terrifiée quand Britt à découvert ce que je fais, mais je n'avais aucune raison d'avoir autant peur, elle ne dira rien, en tout cas, elle n'a rien dit jusqu'à présent. Enfin, je dois vous avouer qu'elle pense que j'ai arrêté, je ne voulais pas lui faire de peine, alors, quand dans chacun de ses mails elle me demande comment je vais et si je fais toujours ''des bêtises'', je la rassure en lui disant que je vais très bien et que NON je ne fais plus de bêtises. Je sais que ce n'est pas bien, je n'aime pas lui mentir, d'ailleurs je me défends en pensant que ce qu'elle appelle bêtise, j'appelle ça SURVIE… alors comment survivre pourrait être considéré comme une bêtise.

J'ai aussi un tout nouveau rituel, enfin, disons plutôt qu'on me l'a imposé, mais toujours dans mon désir de ne pas me faire remarquer, j'exécute chacune nouvelle demande sans protester. Je vois un psy. A quoi ça peut bien me servir allez-vous me dire puisque je ne parle toujours pas, et bien à rien. Mais Quinn est contente, alors, une fois par semaine je me rends dans le cabinet de mon psy, je reste une heure assise dans un fauteuil, silencieuse. A la fin de la séance, je m'en vais avec un nouveau rendez-vous pour la semaine suivante. Mon psy a trouvé le bon plan pour gagner de l'argent facilement, heureusement que ce n'est pas moi qui paye, c'est Quinn, en même temps c'était son idée. Je les revois encore Santana et elle se disputer devant moi sur le fait de voir un psy ou non. J'avais l'impression de voir mes parents. Santana arguant que c'était jeter de l'argent par les fenêtres, puisque de toute façon tant que je ne parle pas, c'est complètement inutile, Quinn répondant que si on n'essaye pas on ne saura jamais si c'est bénéfique ou non, et moi assise sur le canapé à les regarder se disputer mon sort. Deux mères poules prêtes à tout pour défendre leur point de vue, je ne sais même pas si ma propre mère aurait porté autant d'intérêt à tout ça… Bref… donc, voilà, une fois par semaine je vais voir un psy…

Pour être honnête, ça me fait du bien, pas dans le sens littéral, puisque rien ne se passe, mais ça m'oblige à sortir de notre appartement au moins une fois par semaine pour autre chose que notre rituel avec Arthur. Mes journées sont longues, très longues, je me lève en même temps que Quinn et Santana pour prendre notre petit-déjeuner ''en famille'', et après leur départ, je suis livrée à moi-même pour le reste de la journée. J'ai été expulsée de NYADA, enfin pas vraiment expulsée, mais un matin j'ai reçu un courrier de Mme Tibideaux elle-même, me disant que ''compte tenu de ma situation, ma place avait été donnée à un autre étudiant mais que cependant, j'étais très attendue l'année prochaine''. L'année prochaine ! Comment est-ce que je peux savoir ce que je ferai l'année prochaine, je ne sais déjà pas de quoi demain sera fait. Est-ce que je serai toujours comme ça dans un an ? Est-ce que je serai capable de rechanter un jour ? Je préfère ne pas y penser à vrai dire. Une chose qui à littéralement changé en moi, je ne prévois plus rien, je laisse les jours défiler, je me laisse porter par les événements. J'ai deux personnes avec moi qui s'assurent de mon bien-être et je n'attends rien d'autre.

C'est ça la grande surprise, je n'attends rien. Je n'ai toujours pas d'envies, rien ne m'intéresse, rien n'attire suffisamment mon attention pour que j'y prête attention. C'est comme si je vivais en dehors de la réalité, je sais que j'appartiens à ce monde puisque j'y vis, mais c'est plus comme si je le regardais de l'extérieur. Comme si, rien n'arrivait à me raccrocher à la réalité. Je m'invente un univers parallèle, je passe de longues heures à imaginer que je suis riche, que je vis une vie merveilleuse, que je suis aimée et que j'aime. Parfois aussi je m'imagine héroïne d'une série télévisée à succès, que je suis mondialement connue et admirée, que je suis invitée à des soirées de charité, des galas de toute sorte, que j'ai des fans, que je compte. Parce que c'est bien ça le fond du problème, je m'invente une vie où je compte pour quelqu'un. Je sais, vous allez me dire que j'ai Quinn et Santana, que j'ai mes pères, des amis, tout ça est vrai, mais rien n'est suffisant. Mes pères se déchargent complètement sur mes colocataires pour prendre soin de moi. Quinn le fait par culpabilité, j'en ai parfaitement conscience. Santana le fait… je ne sais pas vraiment pourquoi elle le fait… probablement parce qu'elle n'a pas le choix et qu'elle est coincée avec moi à l'appartement, ou peut-être par pitié, ou tout simplement parce que prendre soin de quelqu'un qui a une vie plus misérable que la sienne lui donne l'impression de réussir.

16h15 et je suis toujours au parc, je n'ai pas envie de rentrer aujourd'hui. Je sais que quelque chose va se passer. Ce matin Quinn avait son air triste, elle a embrassé ma joue en me disant '' il faudra qu'on parle ce soir Rach'' avant de partir à l'université. Il faut qu'on parle, bien sur Quinn, je suis tout à fait d'accord pour parler. Tant que c'est toi qui parle, tout me va. Ce genre de phrase n'annonce jamais rien de bon, généralement c'est ce qu'on dit pour amorcer une rupture, dans notre cas, je n'ai pas de quoi m'inquiéter à ce sujet. Quoi qu'à bien y réfléchir, pour des personnes qui ne nous connaissent pas, on pourrait très bien passer pour un couple. On a cette façon à nous d'être ensemble. Je me souviens d'un couple gay un jour qui est venu nous demander depuis combien de temps on était ensembles. Quinn avait rit en disant qu'on était juste amies tout en resserrant ses bras autour de moi. Ca fait partie de NOTRE truc. Quand on vient au parc ensemble, je m'assois entre ses jambes et elle passe ses bras autour de moi, ma tête repose contre son épaule, et elle me parle de sa semaine, de ses cours, de tout et de rien, d'un ruban jaune qu'elle a vu dans une boutique qui lui a rappelé ''Halo/ Walking on Sunshine''.

Quinn essaye toujours de me remémorer nos bons moments au Glee Club, je pense que ça lui manque. On était une famille et maintenant on est… on est plus rien… Depuis la mort de Finn on n'est plus grand chose. Kurt m'évite, je sais qu'il n'aime pas me voir comme ça, pour lui je ne suis pas la vraie Rachel, qu'est-ce qu'il en sait de qui est la vraie Rachel, même moi je n'en ai aucune idée, particulièrement en ce moment. De temps en temps Will et Emma m'envoient un mail pour prendre de mes nouvelles, mail auquel je ne réponds jamais, je n'y arrive pas, je n'ai pas envie de voir leur bonheur, c'est plus fort que moi. La seule personne avec qui je suis en contact est Brittany. C'est différent avec Brittany, elle ne me traite pas différemment qu'avant, elle reste égale à elle-même. Elle me raconte les aventures du nouveau Glee-Club, elle m'envoie des vidéos de Lord Tubbigton revenant d'avoir été fumé selon elle, elle me raconte les ragots de McKinley comme au bon vieux temps. Le seul sujet que Brittany évite est Santana, ce qui m'arrange car je n'ai pas du tout envie d'être au milieu de leurs histoires, surtout que si Santana savait que je parle d'elle avec Brittany, elle me casserait les deux jambes sur le champ. Voilà ce qu'il reste de notre famille. Des personnes qui se parlent à peine et prétendent que tout va bien dans le meilleur des mondes. Finn et moi étions le ciment de notre famille, sans lui… sans lui, il n'y a plus de moi… plus de famille.

Je ne peux pas reculer indéfiniment le moment de rentrer, d'autant plus que si je suis vraiment en retard Quinn va s'inquiéter. Elle serait capable d'appeler le poste de police pour signaler ma disparition. Et non je n'exagère pas, elle l'a fait un jour alors que j'étais partie à l'épicerie et que j'avais oublié mes clés pour rentrer. Je suis restée deux heures dehors devant la porte d'entrée à attendre qu'un des voisins arrive pour ouvrir. Quand je suis rentrée, elle s'est jetée sur moi en me priant de ne plus jamais recommencer ça. Santana a trouvé un nouveau cheval de bataille, elle se bat avec le syndic pour avoir un interphone, c'est vrai d'abord, quel immeuble à New-York n'a pas d'interphone !

Depuis je m'assure de toujours avoir mes clés avant de partir, même si j'avoue que le fait qu'elle s'inquiète autant m'a touchée, je préfère la savoir sereine. Je pense qu'elle est la seule personne à qui j'arrive un peu à porter de l'intérêt, elle est tellement proche de moi, tellement présente, que parfois je me demande comment j'arriverais à me lever chaque matin si elle n'était pas là. Elle est un phare, un repère, un modèle. Elle fait partie de mon quotidien maintenant, je dirai même qu'elle est mon quotidien. Tout ce que je fais c'est pour elle, enfin, pour moi aussi. C'est vrai que c'est un très bon moyen d'avoir la paix, et de ne pas avoir plus d'attention que nécessaire sur moi, le plus important étant toujours de protéger mon petit secret. D'ailleurs, si je ne veux pas subir un interrogatoire, il serait temps que je rentre, elle doit déjà probablement m'attendre pour avoir cette fameuse conversation qui d'avance me fait froid dans le dos.

Comme je l'avais supposé, Quinn est déjà là, assise sur le canapé, son téléphone dans les mains.

-J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose ! Est-ce que tu as une idée de ce que j'ai pu m'inquiéter ! Pour l'amour de dieu Rachel, préviens-moi quand tu es en retard ! Envoie un texto, ce n'est pas trop te demander quand même !

D'un geste de la main je lui montre mon téléphone qui trône royalement sur la table basse, une autre de mes mauvaises habitudes, je ne prends jamais mon téléphone avec moi. A quoi bon. Je n'ai pas vraiment envie d'appeler qui que ce soit. Je retire la laisse d'Arthur, et l'autorise de la tête à monter sur le canapé pour aller faire la fête à Quinn. La blonde se détend aussitôt quand elle sent la gueule de mon chien près de son visage. Les voir aussi heureux de se retrouver tous les deux m'arrache un sourire qui disparaît presque aussi rapidement qu'il est apparu.

Je m'installe à côté de mon amie, les mains posées sur mes genoux pour lui faire comprendre que je suis prête à parler, enfin, à écouter. Quinn remue la tête en signe de protestation, et m'attire contre elle. Je me place exactement de la même façon que dans le parc, ma tête reposant sur son épaule, je sens sa respiration s'accélérer dans mon cou et j'en déduis qu'elle est nerveuse. Malgré l'ambiance légèrement tendue, je me sens bien dans ses bras, je me sens toujours bien dans ses bras, je ne pense plus à rien, je ne pense plus à Finn, je ne me laisse plus envahir par mes idées noires, j'arrive même certaines fois à ne pas penser à mes cicatrices et à ma lame.

-Ca fait un moment que je veux te parler Rach… mais je ne savais pas comment aborder le sujet… Tu sais que j'ai eu une autorisation spéciale pour faire un trimestre ici à New-York… et le trimestre est bientôt terminé… Je dois repartir à Yale la semaine prochaine… Ce qui veut dire…

Je sais très bien ce que ça veut dire, ça veut dire que Quinn va me quitter, elle va repartir à Yale. Elle ne va plus vivre avec nous. Elle ne sera plus là chaque jour, elle ne sera plus là chaque nuit pour m'endormir, elle ne sera plus là. Elle m'abandonne, je savais que ce moment arriverait, qu'un jour elle en aurait marre de s'occuper de moi et qu'elle partirait. Après tout, rien ne l'oblige à être là, rien ne l'oblige à prendre soin de moi, elle a une vie à vivre, elle est jeune et tellement magnifique, elle a un petit-ami à trouver, des projets à faire, des choses à vivre, alors que moi je n'ai rien. Je n'ai rien à lui proposer. Je n'ai rien à lui offrir. Je ne suis qu'un poids qui l'empêche d'avancer et de vivre. Je suis la croix qu'elle porte depuis l'accident, je suis son fardeau.

-Je voudrais pouvoir rester Rach… j'ai demandé une autre dérogation mais ça a été refusé, je n'ai pas le choix si je ne veux pas perdre complètement mon année.

Bien sur, bien sur que tu n'as pas le choix… Tu as des choses importantes à faire TOI ! Que je perde une année à Nyada ce n'est pas bien grave, mais il ne faudrait surtout pas que tu perdes ton année à Yale ! Je t'en prie Quinn, aie au moins le courage de me dire tout simplement que tu en as marre et que tu veux te débarrasser de moi. Ce n'est pas la peine de prendre des pincettes, qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive de plus ? C'est pour ça que tu insistais autant pour que j'aille voir un psy, bien sur, tout est clair maintenant. On refourgue le bébé à quelqu'un d'autre, comme ça tu peux repartir à New-Haven l'esprit tranquille.

-Je reviendrai tous les week-ends, je te le promets… je ne t'abandonne pas Rach

ARRETE ! STOP ! Tu n'arrêtes pas de me faire des promesses, mais au final tu t'en vas. Qu'est-ce que je vais devenir Quinn ? Qu'est-ce que je vais faire moi sans toi ! Tu crois que tu peux comme ça du jour au lendemain me laisser tomber. Il ne fallait pas t'occuper de moi dès le début. Il fallait me laisser me débrouiller seule. Pas me faire croire que tout irait bien parce que tu es là, pas me donner cet infime espoir qu'un jour tout pourrait rentrer dans l'ordre.

-Je t'en prie Rachel… réagis… fais quelque chose… ne reste pas comme ça comme si tu étais vide…

Que je réagisse ! Oh mais je réagis Quinn, je réagis très mal même ! Je vais te dire ce que je pense… Tu n'es qu'un sale petite égoïste, tu n'as pas le droit de m'abandonner ! Tu n'as pas le droit Quinn ! Tu dois être là pour moi ! Tu dois t'occuper de moi ! C'est comme ça que ça doit être et pas autrement ! Voilà ce que je vais envie de te dire Quinn Fabray ! Sauf qu'au lieu de te dire tout ça, je sens une larme sur ma joue, ma bouche qui s'ouvre et un son que je peine à reconnaître en sortir.

-Reste…

-Je ne peux pas Rachel… Crois moi… si seulement je pouvais je resterais…

Les bras de Quinn se resserrent un peu plus contre moi et je sens maintenant ses larmes dans mon cou. D'un coup sec, elle libère ses bras et ses jambes et vient se placer devant moi.

-Tu as parlé ! Rachel tu as parlé… Oh mon dieu, c'est merveilleux, tu as parlé !

Bravo… préviens la presse, j'ai parlé, c'est magnifique. On a vraiment pas les mêmes priorités toi et moi. J'ai l'impression que je suis en train de mourir et tout ce qui te préoccupe c'est que j'ai parlé. Je suis en train de revivre exactement ce que j'ai vécu 4 mois plus tôt, cette aiguille qu'on enfonce dans mon cœur, mon sang qui se déverse en moi encore plus rapidement que la première fois… mon sang…

Quitte moi si tu veux Quinn, fais comme bon te semble… j'ai toujours su qu'au final j'étais seule, on est toujours seul n'est-ce pas. Peu importe le nombre de personnes que l'on connaît, on est toujours seul. Il y a une chose qui ne changera pas, la seule chose qui arrive à me faire sentir vivante et cette chose ce n'est pas ta présence.

Je commence à me relever pour rejoindre la salle de bain, transportée malgré moi par mon corps qui réclame son exutoire, mon corps qui me fait comprendre que personne ne sera jamais là, que personne ne pourra jamais remplacer ou égaler ce que je ressens quand je sens ma lame s'enfoncer dans ma chair, quand je vois la première goutte de sang perler, ce moment entre douleur et libération, entre soulagement et culpabilité, ce moment où mon corps draine les mauvaises pensées de mon esprit. Rien ne peut remplacer ce moment Quinn, et surtout pas toi, alors vas t'en, laisse moi seule.

-Ne pars pas te réfugier dans la salle de bain Rachel, pas cette fois ! Tu as parlé, c'est important, parle moi encore… s'il te plaît… parle moi encore

-Vas te faire foutre Quinn !

Je me jette sur elle pour marteler sa poitrine de coups de poing pour qu'elle me laisse passer en scandant toujours la même phrase. Je n'ai jamais été aussi en colère après quelqu'un qu'en ce moment précis. Comme dit l'expression, si j'avais des fusils dans les yeux, Quinn serait déjà raide morte vu les regards que je lui lance, mais il faut croire que ni mes regards, ni mes coups, ni mes insultes ne la décourage. Elle tente par tous les moyens de me calmer alors que je me fais l'effet d'être en pleine crise d'hystérie.

- Calme-toi Rach… Je t'en prie calme-toi… Qu'est-ce qui t'arrive… Explique-moi !

-Vas te faire foutre ! Vas te faire foutre ! VAS TE FAIRE FOUTRE QUINN !

Alors que je reprends mon souffle pour entamer une nouvelle série d'insultes, je sens les mains de Quinn se poser sur mon visage et ses lèvres se plaquer sur les miennes. Il me faut quelques secondes avant de réaliser ce qui est en train de se passer. Je la repousse violemment, lui administre une gifle presque aussi magistrale que celle qu'elle m'avait donnée le soir du bal, et la contourne pour atteindre la salle de bain. Une dernière insulte franchit la barrière de mes lèvres pendant que je claque la porte derrière moi. Je tourne la clé dans la serrure avant qu'elle ne puisse entrer et me laisse tomber au sol le long de la porte. Les jambes repliées sur moi, je laisse enfin sortir toute ma colère et mon désespoir.

Je me relève rapidement, une seule idée en tête. Je renverse ma boite de maquillage sur le sol, ouvre le petit tiroir du fond où je cache ma lame et ne prend même pas la peine de me mettre au dessus du lavabo comme je le fais d'habitude pour éviter de mettre du sang partout. Je relève ma manche d'un geste brusque, retire la bande accrochée à mon bras et approche ma main tremblante. La première incision n'arrive pas à me soulager complètement, si bien qu'il m'en faut une deuxième, puis une troisième. A partir de la quatrième, je sens déjà mon corps se détendre, je me sens flotter dans l'air, comme si tout ce qui pesait sur mes épaules venait soudainement de disparaître. La sensation de flottement laisse place à un vacillement que je peine à contrôler, j'essaye de me retenir au lavabo mais je sens mes jambes se dérober sous moi. Au moment où je touche le sol, je comprends que j'ai été trop loin cette fois-ci… La quatrième était la fois de trop, je n'ai pas retenu mon geste comme je le fais d'habitude, j'ai perdu le contrôle… j'ai tout perdu…

La voix étouffée de Quinn me parvient de derrière la porte, je l'entends me supplier d'ouvrir, je savais que rien de bon ne sortirait de cette conversation. Je savais…

Je ne pourrais pas dire s'il s'est passé deux minutes ou deux heures, mais j'entends un énorme bruit sourd puis deux voix complètement paniquées se rapprocher de moi.

-Merde Berry ! Qu'est-ce que t'as foutu ! T'as pas intérêt de nous claquer dans les mains parce que je tue !

-RACHEL… Rachel… qu'est-ce que tu as fais Rachel… Oh mon dieu… Rach… réponds moi… je t'en prie… réveilles toi Rach !

Je sens mon corps être soulevé et ma tête reposer contre une poitrine haletante, des larmes atterrissent sur mon visage, ou peut-être est-ce les miennes je ne sais pas trop. Mais je sais que je suis enfin bien, ma tête contre cette poitrine, cette voix, même larmoyante, dans mes oreilles, ces bras autour de moi. Je suis bien…sereine…libérée…est-ce que c'est comme ça qu'on se sent quand on est en train de mourir ? Je ne veux pas mourir… mais si la mort ressemble à ça alors je suis prête à la laisser me prendre.


J'espère que ce chapitre vous à plu… je vais essayer comme l'autre histoire de mettre à jour rapidement, mais je ne vous promets rien… Le prochain chapitre sera centrée sur la réaction de Quinn et Santana…

A très vite… =)