Bonsoir à tous,

Merci beaucoup à vous pour vos reviews. C'est très plaisant d'avoir vos avis et surtout, vos compliments !

Voici le troisième chapitre de cette histoire. Le passage du psychorécit au récit a été un peu délicat au début, j'ai eu du mal à me réadapter au passé simple et j'ai donc mis plus de temps à écrire ce chapitre que ce que j'avais imaginé... J'espère qu'il vous plaira tout de même. J'essaye de publier le suivant le plus rapidement possible. N'hésitez surtout pas à me dire ce que vous en pensez !

Bien à vous,

Luciaellana.


Chapitre 3

Deux femmes, à des kilomètres de distance l'une de l'autre. Le même geste, les mêmes paroles, au même moment. Un bras qui se tend, une main qui tâte un bout de lit. Un murmure.

- Tony.

Mais rien. Un lit froid. Un lit vide.


6h55, Washington DC. Hélène se leva. C'était le froid qui l'avait réveillé, malgré la couette. Son absence la troublait, elle n'avait rien d'habituel. Elle répéta son prénom, doucement, puis plus fort. Avança dans la pénombre de la chambre, à tâtons, et rejoignit le couloir qui menait au salon.

Elle le trouva là. Il était endormi, la tête appuyée sur le canapé, une photo dans la main. Et par terre, juste à côté de lui, il y avait cette boîte. Cette fameuse boîte qu'il lui avait toujours formellement interdit d'ouvrir. Sur laquelle elle n'avait jamais pu poser une seule question… Parce qu'il ne répondait pas, elle avait fini par abandonner. Elle s'accroupit, ne sachant trop que faire. Elle prit délicatement la photo qu'il tenait dans sa main. Son cœur manqua un battement. Une femme. Remarquablement belle, ne put-elle s'empêcher de penser. Et des milliers de questions, d'un coup. Qui était-elle ? Est-ce que Tony la voyait ? Est-ce qu'il la trompait avec elle ?
La tête lui tournait, il fallait qu'elle s'assoie. Respire, allez respire. Le rythme de son cœur se fit plus lent et la vague envie de vomir qu'elle ressentait quelques secondes auparavant avait disparu.
En observant de plus près la photo, elle remarqua que celle-ci semblait vieillie. Légèrement gondolée, un coin corné, quelques tâches par endroits, comme des gouttes de café qui auraient coulé malencontreusement. Elle retourna l'image, aucune date. Elle se mordilla les lèvres, perplexe. Tout cela était si… déconcertant. De nouveau, son attention se porta sur la photo. Il y avait comme quelque chose qui clochait. S'il la trompait, pourquoi donc aurait-il pris le risque de sortir ce cliché ?
Hélène ne comprenait pas. Elle avait peur, parce qu'elle ne contrôlait pas, parce qu'elle détestait tout ce qui n'était pas prévu. Et que ce qu'elle découvrait là, c'était l'inconnu. Une inconnue en l'occurrence… Elle sursauta lorsque Tony esquissa un léger mouvement, à quelques centimètres de l'endroit où elle se tenait. Mais non, il dormait encore, n'avait pas remarqué qu'elle était là. Ouf de soulagement. Elle regarda la boîte posée à côté d'elle. Elle hésita un quart de secondes peut-être avant d'en faire tomber le couvercle.

C'était une si grande boîte. Mais elle ne contenait pas grand-chose. Quelques photos, une robe en soie d'un très beau vert, un petit drapeau-souvenir israélien, un vieux numéro de GSM - elle leva les yeux au ciel quand elle le trouva - et un collier en or avec pour pendentif une étoile de David dans un petit écrin. C'était tout. Et pourtant, des milliers de questions. Pourquoi lui avait-il caché cela si longtemps ?
Elle prit les clichés. Les regarda. Toujours cette femme. En maillot de bain sur un transat, le sourire aux lèvres et enceinte dans un immense T-shirt jaune… Elle tiqua. Enceinte ? Elle se força à ranger cela dans un coin de son esprit, se laissant le droit d'y revenir plus tard. Pour l'instant, il fallait qu'elle voie les autres photos avant qu'il ne se réveille. C'est en les faisant défiler doucement qu'elle finit par comprendre… Cette femme riait, provoquait la caméra, faisait des grimaces, boudait mais surtout, elle portait une veste noire qu'elle aurait reconnu entre mille. Cette même veste que Tony portait au travail, lorsqu'il allait examiner des scènes de crime. Cette veste noire ornée d'un sigle, en lettres blanches. NCIS.
Et quand elle n'était pas seule sur les clichés, il y avait avec elle McGee, Abby, Tony lui-même et, plus rarement, Gibbs. Il y avait même une photo qui avait certainement été prise dans un bar et sur laquelle Abby, McGee, Tony et cette même femme souriaient, un verre à la main, visiblement heureux d'être ensemble.
Elle avait donc travaillé au NCIS. Avec Tony. Ils s'étaient certainement connus là-bas… Que s'étaient-ils passé entre eux ? Pourquoi Tony gardait-il donc une boîte avec des photos et des affaires qui lui avaient très certainement appartenu ? Quand était-elle partie ? Pourquoi ? Et surtout, pourquoi personne ne lui avait-il donc jamais parlé d'elle ? Elle avait déjà rencontré Gibbs et Ducky, elle avait même passé quelques soirées en compagnie d'Abby, de McGee, de Jimmy. Elle connaissait Ellie qu'elle trouvait très sympathique. Mais cette femme… Une pensée lui traversa soudainement l'esprit. Etait-elle morte ?

Hélène regarda Tony. Elle avait toujours su qu'il avait des secrets, des squelettes au placard... Qu'il ne lui en parlerait jamais et qu'il fallait qu'elle vive avec, même si des fois, ce n'était pas simple. Que toujours, elle aurait des questions sans réponses. Elle avait essayé des milliers de fois, surtout au début de leur relation, d'en savoir plus sur son passé. Ça n'avait jamais marché, elle s'était résolue. Des zones d'ombre qui étaient là et qui demeuraient en l'état depuis des années. Ca la rendait malheureuse, jalouse, qu'importe. Elle le respectait et c'était d'ailleurs peut-être pour ça qu'ils étaient en couple aujourd'hui…
Elle rangea les photos, la robe, le bijou et tout le reste. Ses yeux s'attardèrent un dernier instant sur la photo qu'elle ignorait être parisienne. Elle avait franchi une ligne; dépassé une limite en allant fouiller dans cette boîte, elle le savait. Et il n'y avait pas moyen de faire machine arrière. Elle voulut reposer la photo dans la paume ouverte de Tony. Se ravisa.
Elle devait lui parler et ça commencerait par ce cliché. Point barre, à la ligne.
Elle se redressa, se dirigea vers la cuisine. Mit la machine à café en route et posa l'image bien en évidence au milieu de la table de la cuisine.
Et advienne que pourra.


13h55, Tel-Aviv. Ziva ouvrit les yeux, doucement. Elle était seule. Il n'était pas là, ne pouvait pas être là. Un léger sourire, empreint de tristesse, sur son visage. La naissance d'une larme qui n'eut pas le temps de couler. Elle ferma les yeux, se rendormit.