Bonsoir à tous,
Tout d'abord, je vous souhaite à tous une très heureuse année 2014, qu'elle puisse vous apporter du bonheur, de l'amour et des surprises !
Pour en revenir à cette fiction, je me rends compte que je suis définitivement incapable de me tenir à mes objectifs d'écriture. Je pense dès lors que je vais arrêter de m'en fixer et de vous en donner, pour éviter les déceptions ou les attentes trop longues. J'essaye malgré tout d'avancer comme je peux, c'est-à-dire le plus rapidement possible ! Je suis toutefois assez perfectionniste et je travaille longuement sur mes chapitres d'où une publication assez lente. J'espère que vous m'excuserez.
Voici un nouveau chapitre qui, je l'espère, vous plaira autant que les précédents. Je vous remercie pour l'accueil que vous réservez à cette fiction. Je suis ravie de lire à chaque fois vos commentaires qui m'encouragent à donner une suite à cette histoire. N'hésitez pas à me poster un petit commentaire si vous en avez le temps, ils me font vraiment très plaisir !
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une bonne lecture,
Luciaellana.
Chapitre 5
Des milliers de pensées qui tournaient sans arrêt. De jour comme de nuit. Qui le rendaient malade, lui donnaient l'impression de devenir fou. Des cernes violets sous les yeux, à force de ne plus dormir assez, de ne plus dormir du tout parfois même. Elle, sans cesse là, revenante d'un passé qu'il croyait oublié et qui resurgissait, tout d'un coup, sans qu'il puisse s'y opposer.
Des souvenirs dans sa tête. De nouveau, il la voyait partout, dans ses rêves, sur le visage des autres femmes qu'il croisait dans la rue, pantelant et trébuchant, comme un alcoolique.
Il perdait la notion du temps. Les jours passaient, si semblables les uns aux autres, lumières pluvieuses de l'automne et atmosphère glaçante de l'hiver. La neige partout, il aurait voulu s'y asseoir, s'y endormir et ne plus jamais s'en relever.
Il perdait conscience même, effaçait de sa mémoire la réalité morbide, les douleurs infinies de son esprit malade, et ne vivait plus que dans un monde fantasmagorique où elle dormait dans ses bras la nuit et l'embrassait le matin avant qu'il ne parte travailler. Qu'importe si elle avait les yeux bleus et des fossettes aux deux joues, Hélène n'était plus Hélène, il n'y avait plus que Ziva. A la limite de sombrer dans les méandres de la folie, fiévreux et somnolant, excessivement amaigri, il s'enfermait dans le monde féerique de ses rêves, toujours plus difficiles à atteindre, là-haut aux confins des douces démences, dansantes devant son regard effacé.
Déjà, il devait boire de plus en plus d'alcool pour oublier qu'il vivait. Il allait dans ce bar où ils allaient autrefois, quand elle était encore avec lui, après quelque enquête difficile. Les verres s'alignaient sur le comptoir pendant que la liqueur ambrée lui brûlait la trachée, ardente comme une torche enflammée, aiguisée comme un sabre. L'ivresse l'emportait, toujours plus loin, dans un monde de mirages et de fantasmes. Ils dansaient, magnifiques, dans un château en Espagne, aux décors de diamants et d'émeraudes, comme sa robe. Solitaire, il traversait les dunes et flottait parmi les constellations d'étoiles, s'inventant encore son sauveur, au cœur d'un désert infini duquel il n'arrivait pas à s'échapper. Comme le sable s'insinuait partout, l'alcool bouillonnait dans ses veines. Mais malgré la douleur, les larmes, les vomissements, il en ingurgitait toujours plus, fuyant ses responsabilités et ses peines coupables pour un Eldorado en or plaqué qui s'effaçait de plus en plus vite, dans ses moments de soûlerie.
Il finissait par rentrer, toujours plus faible, le cœur au bord des lèvres, au milieu de la nuit. A moitié inconscient, il se laissait tomber tout habillé sur le lit et s'endormait alors, d'un sommeil sans rêves. Jamais il n'entendait Hélène, réveillée par les effluves d'alcool et de vomi, pleurer près de lui, la tête dans l'oreiller. Il ne remarquait pas ses yeux rouges et gonflés le matin, écartait les questions au début et puis, ne les entendait même plus. Il buvait son café, geste machinal, attrapait une veste, prenait sa voiture.
Evitait de croiser son reflet dans un miroir. Parce qu'il avait honte. De cet état lamentable dans lequel il avait précipité sa vie depuis cette nuit, des mois plutôt, où il avait laissé ses souvenirs le harceler. De sa conduite, pitoyable et enfantine. Du mal qu'il faisait autour de lui… « Je suis désolé », disait-il sans cesse à Hélène, à Gibbs, aux autres, toujours en évitant de les regarder dans les yeux.
Mais il ne pouvait pas. Tout seul, il n'arrivait pas à sortir du cercle infernal dans lequel il était tombé. Et il n'y avait qu'un noir cauchemardesque qui le séduisait la nuit et le rattrapait le jour.
Ils le regardaient, de près ou de loin, sombrer dans la folie. Jamais ils ne le laissaient seul, l'accompagnaient partout. Quand ils comprirent qu'il buvait, ils se relayèrent pour aller dans ce bar miteux, avec lui. Ils essayaient de parler avec lui mais il s'enfermait seul dans un univers de malheur et de désolation où il ne laissait entrer personne. Présent physiquement mais déjà plus là, il partait ailleurs, à l'endroit où il était impossible de le suivre. S'il écoutait encore les premiers temps, un voile qui semblait indéchirable avait passé devant son regard.
Ils avaient accepté le fait qu'ils ne pouvaient rien faire. Restait le temps… Ou elle, toujours aussi absente de leurs vies.
De l'inquiétude au début, certes. Maintenant, elle commençait à avoir peur de lui. Vivre sous le même toit était devenu effrayant tant sa présence dans la maison semblait celle d'un pantin, celle d'un être décharné et silencieux à l'attitude mécanique. Angoisse qui lui tenait le cœur, lorsque, des fois, il franchissait la porte de la chambre des garçons…
Hélène était malheureuse. Elle ne le reconnaissait plus. L'homme enjoué, drôle et dynamique qu'elle avait toujours connu s'en était allé, pour toujours semblait-il. Elle était en colère. Responsable de sa vie et de ses enfants, seule, elle est était perdue mais devait se battre. Avancer, toujours avancer. Il fallait vivre et pour vivre, elle continuait à faire les courses, à aller chercher Tom et Léo à la sortie de l'école, à se rendre chez le coiffeur, à faire le ménage et à payer ses factures. S'accrocher aux détails de l'existence, ne pas couleur. Pour les enfants.
Les garçons voyaient Tony, se rendaient compte. Ils faisaient semblant, comme leur mère. Automate des temps modernes, elle continuait à maintenir leurs têtes à tous les trois hors de l'eau, honorant les convenances sociales et déguisant le manège ébranlé de leur vie perdue sous des apparences colorées de joie et de fraîcheur.
La maison n'avait plus d'âme, elle s'était envolée en même temps que le rire de Tony.
Hélène en voulait à cette femme photographiée, qu'elle savait être la cause de tous ses malheurs et que Tony nommait Ziva dans son sommeil. Un après-midi, entre deux crises de larmes, elle avait appelé Gibbs. Elle avait seulement prononcé son nom, « Ziva » et déjà elle pleurait. Il avait écouté ses pleurs et lui avait raconté.
Elle savait.
Et maintenant, essayait de digérer ce qu'il lui avait toujours tut, ce qui détruisait sa famille et sa vie, ce secret cruel dont ils étaient tous prisonniers.
« Sinon, appelle-la. »
Ellie le lui avait dit, des mois auparavant. Devant ce même bar où il était assis actuellement. Tony regarda son verre, à moitié plein. Il ne boirait pas la fin, pas ce soir. Une éternité qu'il n'avait pas été aussi lucide. Il inspira, essuya ses mains moites sur son pantalon. Folie que ce qu'il allait faire mais il aurait dû essayer depuis bien longtemps déjà.
De sa main droite, il attrapa dans la poche gauche de sa veste son téléphone. Il fit défiler les numéros, s'arrêta devant un nom. Appela.
Plusieurs sonneries, pas de réponse, une messagerie. Il s'éclaircit la gorge avant de commencer à parler, des sanglots dans la voix.
