Oha-yoooo !
Voici le chapitre 3 de cette fiction~ J'espère qu'il fera encore plus fondre votre cœur et rire par ses situations !
Pour commencer, la première qui démarre le chapitre vient d'une vidéo où un papa tente désespérément de coucher sa fille. Il finit par se mettre dans son berceau et là, le drame : impossible de le quitter sans qu'elle se réveille ! Ce moment m'a tellement fait rire que j'ai totalement imaginé Théo à la place du pauvre homme ! Ma seconde note est sur la grosse discussion que notre couple entretien, j'ai presque calqué tout ça d'un doujin de Gintama. D'ailleurs cette histoire en est grandement inspiré ! Voilà c'était mes points d'inspi, je ne suis pas sûr que ce soit très intéressant mais je trouvais ça plus propre de l'annoncer.
Merci encore pour les reviews, pleins de cookie pour vous~ ( Bien sur, même si je ne l'ai jamais dit les personnages et leur univers ne m'appartienne pas, pour tout problèmes et questions veuillez vous rendre à votre magasin participant.)
Sur ce, bonne lecture !
Théo se releva brusquement en entendant un hurlement, son compagnon se redressant sur les coudes mais les yeux à moitié fermés par la torpeur. C'était sûrement le garçon qui avait une autre terreur nocturne, nouveauté du jour. Fatigué de l'entendre pleurer parmi ses tremblements de peur, il se leva et alla prendre le petit avant qu'il ne réveille sa sœur miraculeusement encore endormie.
Il revint, tenant le bambin au bout de ses bras, le pauvre ne faisant que trembler en jetant un regard larmoyant à l'adulte. Il s'assit ensuite en tailleur sur la couche devant le feu, posant l'enfant entre lui et Balthazar qui s'assit en baillant. Ce dernier caressa le dos, essayant de le calmer mais le garçonnet se laissa retomber contre la cuisse du guerrier, le faisant sursauter. Il rampa alors pour être entre ses jambes, la tête cachée dans son pantalon qu'il empoignait de toute ses forces.
Paniqué et mal à l'aise, l'envoyé de la lumière chercha du soutien mais ne découvrit qu'un attendrissement de la part de son seul allié. Il voulut s'énerver mais à peine il bougea que le petit se mit à pleurer un peu, alors il se figea, pâle. Ils regardèrent le gamin s'apaiser tranquillement jusqu'au songe, attendant un instant avant de tenter de le soulever délicatement. Le chérubin geignit de protestation alors ils le laissèrent se réinstaller sur la cuisse de Théo, aspirant leurs lèvres en se sentant vaguement dans une impasse.
- Et maintenant ? bégaya la victime en osant plus poser ses mains, un poil démuni à la situation peu commune.
- Je ne sais pas trop... Il sera peut-être en sommeil profond dans quelques minutes, et là on pourra le bouger.
- Je peux pas rester avec ça sur moi !
Le demi-diable posa une main sur sa bouche, les yeux un peu écarquillés, observant l'enfant qui semblait être totalement serein et heureux au possible. Ils se parlèrent donc en chuchotant aussi fort qu'il le pouvait sans le réveiller.
- Bob ! le rappela son amant, quémandant de l'aide.
- Je suis désolé, mon cœur, mais... C'est juste trop mignon...
Le paladin ne sut pas s'il voulait s'énerver ou si son cœur battant à tout rompre sous le surnom avait raison de son humeur. Il ne fit que s'étrangler dans la dualité du moment, rougissant en fermant les yeux mais baissant la tête avec une veine palpitante sur son front. Son compagnon n'y fit guère attention, trouvant le tableau juste merveilleux et à la fois comique. Vu comment avait fini la dernière gamine qu'il a essayé de sauver, difficile de trouver une fibre paternel à ce bourrin !
- Retire-moi ce truc, putain !
- Attends, attends, je profite...
- Non, tu profites mes couilles ! Retire-le !
- Pff... Pfff...
- Arrête de te marrer et aide-moi !
Balthazar ferma ses yeux débordant de larmes, étouffant ses rires dans sa main. Bon sang, il aurait payé cher pour que Shin et Grunlek voient ça ! Ils rataient quelque chose ! Il se calma peu à peu, posant un regard encore amusé dans celui agacé de son homme, lui découvrant de nouveaux charmes. Il essuya ses paupières, prenant une grande inspiration en s'amusant de l'espoir qu'il put lire dans les prunelles de son concubin. Sous les yeux médusés de ce dernier, il se recoucha, s'installant confortablement.
- T'es un grand, non ? Eh puis, tu sembles avoir la situation bien en main.
- Putain, alors toi, je vais te..., commença sombrement l'autre d'une voix rauque en se penchant mais se raidit en entendant le petit geindre sur sa jambe, se stoppant net.
- Tu vas trouver une solution...
- Putain, Bob !
- ...
- Je sais que tu dors pas ! Bob !
- ...
- Sérieusement !... Ah, merde !
Bien que le dos tourné et les paupières closes, le brun put imaginer son amant se débattre dans le vide en cherchant un moyen de coucher l'enfant dans son lit. Cependant il se fit avoir à son propre jeu et finit par rencontrer Morphée au carrefour des rêves. Le chant des oiseaux, le réveilla le lendemain, sentant sa tête reposer sur une épaule bien bâtie et un bras entourer les siennes. Il se laissa bercer par la profonde respiration soulevant la poitrine chaude contre son menton, avant d'être intrigué par un second souffle. Il était plus aiguë, plus court mais tout aussi lent, preuve de torpeur.
Lentement, il ouvrit les yeux, se resserrant contre les côtes de son partenaire sous la fraîcheur du matin, osant sortir une main pour tâter la masse avachie en étoile sur le torse. Il se figea alors en reconnaissant le petit garçon, essayant de faire rentrer en collision deux neurones dans sa tête pour comprendre le comment du pourquoi. Visiblement, la tentative de coucher fut un échec, Théo avait céder à l'épuisement et la nuit les avait naturellement enlacés par habitude.
Il admira ensuite la scène, la trouvant des plus agréable. Bien sûr il n'était pas dupe, fonder une famille était impossible, de par sa condition comme par son mode de vie. Ça l'attristait, il adorait les enfants et voulait en avoir contrairement à son conjoint. Il apprécia donc l'irréalisme du moment, se doutant qu'il ne se reproduira plus.
Le guerrier commença doucement à se réveiller, le paniquant un peu alors il ferma les yeux en calmant les battements de son cœur. Il se rendit alors compte qu'il avait laissé sa main sur celle de l'enfant mais ne put la retirer, il serait de suite découvert. Il put sentir l'autre analyser ce qui se passait, la contraction de ses muscles trahissant son malaise plus que sa main se détachant un peu de son épaule.
Cependant il abandonna et se détendit, cherchant une solution en fixant sûrement le plafond avant de tourner la tête vers lui. Inquiet de s'être fait repérer, Balthazar fit au mieux pour contrôler sa respiration, attendant sans bouger. À sa grande surprise, il sentit les doigts glisser dans ses cheveux, jouant un peu avec. La tendresse qu'il ressentait dans ce geste l'émeut, elle était assez exceptionnelle et il n'y avait normalement le droit qu'après l'ébat. Il y avait toujours des moments de douceur, bien sûr, mais l'amour qu'il sentait à cet instant, le paladin était trop pudique pour le montrer régulièrement.
Il fit mine de sortir des songes, les pulsations dans sa poitrine étant trop puissante pour que l'autre ne le remarque pas. Les caresses se stoppèrent de suite, la main se remettant sur son épaule. Pour ne pas brusquer les choses, il gratta délicatement les côtes de sa main encore prisonnière entre leurs deux corps, se resserrant contre lui.
- B'jour..., fit-il sobrement.
- Hum..., répondit son compagnon avec une pointe d'embarras, détournant la tête.
- Bouge pas, t'as un bébé sur le ventre... chuchota-t-il en faisant mine qu'il y avait un danger quelconque.
- Je suis pas miro !
Il rit un peu à la réplique, l'embrassant au travers de la chemise avant de se réinstaller contre lui, poussant un soupir d'aise. L'instant ne dura pas puisque le bébé se réveilla, gazouillant en touchant son visage avec un grand sourire, avant d'attraper une mèche ondulée. Le mage sourit tendrement malgré lui, prenant la main pour faire mine de la manger avec un air comique, faisant rire l'enfant qui se redressa.
Le couple resta ainsi, à observer le petit triturer la chemise chanvre du paladin, ce dernier l'empêchant d'arracher des boutons. Balthazar tirait sur la tunique du bambin afin qu'il ne soit pas débraillé, le laissant attraper l'un de ses doigts pour secouer sa main et le faire rire. Des appels dans l'autre pièce se firent entendre, la sœur cherchant son frère avec inquiétude. Le garçon se retourna, répondant en prononçant encore le mot "Ya-ya", donnant une piste sur son prénom.
L'érudit se leva, bien qu'à contre cœur, et alla chercher la jumelle. Théo s'était assis en tailleur, le garçonnet encore sur les jambes, écarquillant les yeux quand une écuelle manqua de tomber sur la tête de sa moitié. De justesse, prévenu par la réaction de l'autre, l'adulte put rattraper l'objet, posant l'enfant debout à terre pour le ranger, la laissant se tenir à sa jambe. L'étagère à côté de la porte de la chambre était bancale, ou alors c'était la maison qui penchait, et les affaires posées dessus avaient tendance à glisser.
Soudain, il sentit la petite poigne le lâcher, le paniquant en se tournant brusquement avant de perdre sa mâchoire, les yeux écarquillés. Le paladin n'en menait pas large, la fillette atterrissant juste devant lui en se réjouissant de revoir son frère : elle venait de faire ses premiers pas toute seule. Balthazar la pointa du doigt en tremblant, n'arrivant pas à sortir le moindre mot parmi les sons incohérents qu'il faisait. Théo resta plutôt paralysé par le choc, dévisageant la gamine qui s'intéressait plus aux jeux de mains de son jumeau.
Fou de joie, le demi-diable se jeta alors sur la couche pour prendre la petite et la secouer au-dessus de lui en poussant son cri habituel et viril. L'enfant rit aux éclats, s'agitant en toute confiance en participant au bonheur. Se calmant un peu, le mage la posa et commença à faire chauffer du lait, sortant le pain et le sucre. Le guerrier ne fit rien pour l'en empêcher, bien qu'ils n'avaient pas remis la table, étalant simplement un drap rapidement pour protéger les sacs de couchage.
Ils prirent un copieux petit déjeuner, les enfants sur les genoux, plusieurs tartines avec de la confiture passant dans le lait chaud et sucré. Ils débarrassèrent ensuite pour laver les mômes, aérant la maison dans le vain espoir que l'odeur s'amenuise, y faisant également un brin de nettoyage. Avec l'habitude, la journée se passa doucement, sans réel accroc, commençant à voir les petits marcher seuls. Le bonheur sur ce fait passa bien vite quand ils durent leur courir après toutes les deux secondes. Ils furent donc ravis de retrouver un peu de calme une fois les chérubins couchés et endormis, mangeant tranquillement.
- Prochaine étape : leur apprendre à rester assis, souffla Balthazar, les yeux dans le vide en hochant distraitement la tête.
- Je te hais, siffla Théo, regrettant amèrement que les gamins gambadent sur leurs deux jambes.
Son compagnon explosa de rire, ne pouvant pas vraiment lui donner tort, ça avait été son idée après tout. Ils débarrassèrent ensuite pour se coucher, s'endormant rapidement. La journée suivante fut ordinaire, bien que teintée d'un brin de tristesse, le mage peiné de devoir déjà quitter les petits auxquels il s'était attaché. Ayant constaté l'étrange humeur de son amant silencieux, l'érudit le rejoignit dehors après avoir couché les enfants, s'essayant à ses côtés. L'autre ne fit pas attention à lui, fixant encore la voûte céleste.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en lui donnant un petit coup d'épaule.
- Nan, rien...
- C'est pas rien pour que tu ne râles pas de la journée. C'est pour demain ?
L'envoyé de la lumière baissa les yeux, plantant ses talons dans le sol pour poser ses bras sur ses genoux, en bougeant un pensivement, tenant ses mains.
- T'avais pas l'air trop con.
- Hein ? Je t'emmerde ! Je peux savoir pourquoi tu-
- La famille..., le coupa-t-il, regardant à nouveau le ciel alors que son conjoint le dévisageait avec surprise. C'est pas vraiment une chose dont je me suis préoccupé jusque là et je vois comment tu les regardes, que tu t'occupes d'eux... Je sais que tu ne le demanderas jamais mais... Si un jour tu en veux vraiment une, je ne pourrais jamais te l'offrir. Je peux juste "jouer à la famille" avec toi... Enfin... Non, attends, ça devient un peu bizarre comme discussion..., rougit-il en se frottant la nuque et détournant les yeux.
Le pyromage, touché, le regarda s'embourber dans ses paroles, le choc passant pour laisser place à la tendresse. Il se tourna vers les étoiles et attrapa ses chevilles en se mettant en tailleur, souriant.
- C'est pas si mal, un jeu de famille à temps déterminé. Ce n'est pas comme si j'étais capable de concevoir, donc même avec une femme je n'aurais jamais d'enfant de sang. De toute façon, comme tu l'as si bien dit : ce n'est pas une femme que j'ai choisi.
Théo se tourna vers lui, surpris et le souffle coupé, le laissant briser la faible distance entre eux pour poser ses lèvres sur les siennes. Après le premier baiser, il répondit doucement, tout deux fermant les yeux. Ils savourèrent l'instant un long moment, mettant peu à peu leurs nouveaux projets d'avenir dans un coin de leur crâne.
Balthazar, de par sa part de diable, était naturellement stérile. Il l'avait remarqué, non seulement à force de coucheries, mais également par expérience grâce à un prélèvement et une poudre qui se colorait. Shin était dans la même situation, ayant accepté de suivre le même test pour le vérifier, confirmant l'hypothèse qu'une personne apparentée avec des créatures autres qu'humanoïdes, ne pouvait concevoir.
L'érudit avait été déçu ne pas être capable d'avoir une progéniture de sang, désirant réellement fonder une famille. Il mentirait s'il disait qu'il ne s'était pas braqué, refusant de découcher pendant un bon moment. Il s'était par la suite conforté dans l'idée qu'il n'aurait jamais de mauvaise surprise et avait profité de sa condition, jusqu'à rencontrer Théo.
Ça n'a donc pas été un réel choc d'entretenir cette relation proscrite, l'interdit électrisant même ses sens. Il n'avait pensé à rien en se donnant à lui la première fois, se disant que ce n'était qu'une autre folie de jeunesse qui passerait et que tout deux reprendraient leur route. À aucun moment ils avaient pensé à un quelconque futur ensemble, s'attendant plutôt à ce qu'un jour ils en aient assez et arrêtent simplement.
Cependant, plus le temps passait et plus leurs sentiments se renforçaient, s'approfondissaient, leur liaison se complexifiant. Ils n'avaient jamais ressenti ça avec personne d'autre, ce qu'ils partageaient étaient plus qu'improbable, c'était mystique. Ils se comprenaient d'un regard, se réconfortaient sans un mot, se connaissaient sur le bout des ongles et se poussaient sans cesse à s'améliorer. Ils étaient pourtant tellement différents, et indéniablement ennemis par nature, ils ne savaient pas pourquoi ils s'aimaient. Être proche, intime, était juste l'ordre naturel des choses pour eux, et tant qu'ils étaient ensemble, rien de grave ne pouvait être surmonté.
Les années passant, la tendresse installée et les épreuves hurlantes de déclarations les avaient amené à vouloir un endroit où se poser définitivement. L'idée d'une auberge faisant aussi office de taverne était alléchante pour tout le monde et donna un nouveau sens à leurs aventures. Ils s'étaient tous peu à peu trouvés, arrangeant leurs histoires personnelles, ils avaient besoin de stabilité.
Balthazar se rappela d'une phrase que lui avait dit sa mère avant qu'il ne parte de sa maison pour l'académie des mages : « Il y aura un jour où tu rencontreras la personne avec qui tu feras ta vie. Tu auras envie de former un foyer avec elle. Rappelle-toi bien de cela, mon fils : qu'importe à quoi elle ressemble, elle sera toujours ta famille. »
Ces mots l'avait fait rire sur le moment, incapable de complètement les saisir du haut de ses quinze ans. Il n'avait que des rêves lubriques aux corps féminins en tête, ainsi que des flammes pleins les mains, il ne pensait pas à tout ça. Cependant, il se retrouvait là aujourd'hui, embrassant un homme avec tout l'amour du monde, le désir de fonder un foyer plus fort que jamais. Il ressentait également un bonheur démentiel de savoir que son concubin acceptait d'élever des enfants avec lui, ne pensant pas ça possible. Ce sera assurément leur mission la plus difficile qu'ils mèneront, et très certainement la plus comique.
Le couple se leva enfin pour aller se coucher dans les bras l'un de l'autre, et s'endormirent paisiblement. L'aube qui vint leur sembla plus fade que les autres, la routine s'enchainant naturellement alors qu'ils faisaient leurs sacs, nettoyant une dernière fois la maison. Ils attendirent patiemment, occupant les enfants dehors, un pincement au cœur en s'apprêtant à partir dès qu'ils seraient payés.
Le soleil se coucha à l'horizon, les parents n'étaient très certainement plus très loin. Les jumeaux trouvaient des cailloux et les rassemblait, formant visiblement une tour, quelques mots fusant parmi leur baragouinage. Les adultes les observaient, assis dans l'herbe comme la veille, appréciant la brise qui coupait un peu la chaleur de la journée. Ils rirent un peu en entendant un vague "merde" fuser d'un des gamins, espérant qu'il ne le répète plus.
- On aura deux jours de voyage pour le point de rendez-vous, c'est ça ? demanda le mage.
- Oui, au nord-ouest.
- C'est passé vite...
- Ça va...
- C'était sympa, faudrait faire des missions comme ça plus souvent !
- Je croyais que tu voulais te reposer !
- Je me suis reposé ! Pas toi ?
- Résumons : pleures, cacas, chatte-surprise, pisse sur mon armure, bave sur mon épée, crin de Lumière arrachés... Non !
- Ce sont des enfants, sourit-il simplement en haussant les épaules.
- Je me rappellerais à leurs bons souvenirs, tiens..., bougonna son amant.
- Vu qu'ils ont littéralement pissé sur l'église de la lumière, je n'en doute pas ! explosa-t-il de rire.
- Ah, va te faire foutre !
Toujours en riant, Balthazar se laissa retomber contre son bras, cherchant à se faire pardonner avant de se calmer doucement. Il resta la joue collée contre l'épaulière de métal, sentant le symbole de l'ordre se graver sur sa peau. Son silence lourd de réflexion fit tourner la tête du paladin vers lui, l'interrogeant du regard. Il aspira ses lèvres avec hésitation, puis se lança.
- On en aura quand on aura fait l'auberge ?
Subitement gêné, Théo se détourna en se grattant la joue avec sa main à l'opposé de son conjoint, les joues roses. L'autre lui laissa le temps de répondre, sachant parfaitement qu'il le prenait au dépourvu. Seulement, s'ils n'en parlaient pas maintenant, qui était un moment parfait, ils pourront difficilement trouver un peu d'intimité loin des oreilles curieuses de Shin et Grunlek.
- Ce serait préférable... Tu flipperais trop s'ils étaient sur les routes avec nous ! lança enfin le guerrier en faisant mine de reprendre un peu contenance.
Le demi-diable rit doucement, le cœur palpitant en notant qu'il avait utilisé le pluriel. C'était débile à dire mais, à cet instant, son amour chantait des lyrics à la sonorité qu'il ne soupçonnait même pas. Il profita de ce cocon douillet qu'il ne retrouvait qu'auprès de cet homme dont les sentiments n'avait pas d'égal hormis les siens. C'était agréable, délicat, il se sentait complet.
- Tu sais, j'ai fais beaucoup d'erreurs dans ma vie..., commença-t-il en rouvrant les yeux, allant chercher une main de l'inquisiteur pour entrelacer leurs doigts.
- Comme manquer de te taper une succube ?
- Ah, ça, rit le mage. Je ne sais toujours pas si je suis soulagé ou si je regrette de ne pas l'avoir fait ! Mais ce n'est pas ça dont je parlais.
- De quoi ?
- J'ai fais beaucoup d'erreurs, je concède, et je ne fais pas toujours les meilleurs choix, déclara-t-il en sentant l'autre approuver silencieusement d'un hochement de tête désespéré. Mais tu as été la seule chose que je ne déplore pas ou qui ne me donne pas envie de retourner en arrière pour faire autrement. Nous sommes ma meilleure, et par delà, ma plus belle décision.
Théo se tourna lentement vers lui, choqué, le dévisageant alors que les battements dans sa poitrine raisonnaient dans toute son armure. Balthazar leva le menton pour être face à face, lui offrant son plus grand et tendre sourire. Son compagnon alla cueillir ses lèvres pour répondre amoureusement à la déclaration, montrant à quel point il était touché sans un mot. Sa main glissa lentement de son dos jusqu'à sa nuque, appréciant la texture de ses cheveux ondulés, le faisant frissonner. Ils rallongèrent l'instant par des caresses et des attentions plus délicates les unes que les autres. La quiétude les envahissant paisiblement, leur faisant ressentir une paix incroyable que rien ne semblait pouvoir briser.
Ils ne se séparèrent qu'après de longues minutes, collant leurs fronts, les yeux fermés. Des petits pas dans l'herbe se rapprochèrent d'eux, sûrement l'un des bambins qui cherchait encore des cailloux. Ils ne firent donc pas attention, continuant leur étreinte en s'attendant à ce qu'il reparte.
- Théo...
Ils ouvrirent brusquement les yeux en entendant le nom prononcé par une voix aiguë, dévisageant la petite fille avec un choc terrible. Elle tendait un petit bouquet composé de deux, trois marguerites, toute fière d'elle alors qu'elle couvait le paladin d'un regard empli d'affection. Un peu automatiquement, ce dernier prit les fleurs cassées, la fixant alors qu'elle repartait en riant vers son frère affairé sur sa propre cueillette. Le couple, sans voix, resta bouche-bée un moment avant de réussir à se reprendre, l'un riant et l'autre posant son front dans sa main tenant les végétaux en baissant la tête, embarrassé.
- Ah, il te les faut toutes, hein ? le charria le mage en le secouant un peu.
- Comme si j'aimais les fleurs..., râla un peu son bien-aimé, ses joues saupoudrées de rose.
Il le réconforta d'un baiser sur la joue avant d'aller rire dans son cou, trouvant très comique qu'il soit aussi décontenancé par une petite fille de deux ans. Bon sang, il aurait vraiment voulu que Shin et Grunlek voient ça ! Ils ne le croiront jamais quand il leur racontera !
