Voici un chapitre plus long pour me faire pardonner de celui un peu court juste avant (*´∀`*)

C'est actuellement le dernier de la fan-fiction, un petit épilogue le succédera pour conclure et ouvrir vers la suite des aventures ! Je m'en veux un peu parce que j'ai pas l'impression d'avoir assez mit Grunlek en avant... (´ д`) Comme il est de caractères très doux je ne savais pas trop comment le faire réagir dans une situation comme celle ci. J'ai cruellement manqué d'inspiration en plus, j'arrivais pas à trouver de dénouement, je me suis rendu compte que trop tard que j'avais oublié les orcs, puis une explication toute bête m'est venu à l'esprit, donc j'ai brodé (≧▽≦)

Merci pour tout vos reviews ! C'est vraiment un plaisir de lire vos avis à chaque chapitre ! ( ・∀・)ノ Je corrige l'épilogue et je vous poste ça le plus tôt possible !

Sur ce, bonne lecture et dégustation de cookie~ (^ε^)


Shin et Grunlek était dans la ville natale des jumeaux, passant dans les rues en examinant chaque recoin du château. Ils n'étaient pas connus, les gardes ne firent donc pas attention à eux, ne leur apportant qu'un regard intrigué sur leurs tenues d'étranger. Il avait été très difficile de retenir Théo de foncer dans le tas pour égorger le fils de pute qui avait attenté à la vie de son homme. Le paladin était fou de rage, mais le nain avait réussi à trouver les mots pour le raisonner, lui promettant de lui laisser le coup de grâce. Il n'y avait décidément que lui pour apaiser les tensions, prenant en compte tous les avis pour dénicher la solution idéale pour son groupe. Le couple attendait donc dans la forêt plus loin, laissant leurs amis partir en repérage.

Ce n'était pas chose aisée, l'endroit était grand et poser des questions n'était pas très discret. Shin n'était pas à l'aise parmi le monde, visiblement tendu en regardant dans tous les sens avec la nette envie de partir au plus vite. Balthazar leur avait fait la description d'une jeune femme, une fouine, d'après lui elle savait absolument tout. Il avait demandé à lâcher des rumeurs, histoire de faire perdre du pouvoir au prince. Il voulait le voir détrôner, perdre sa dignité et son honneur, il voulait admirer sa déchéance alors qu'il ramperait à ses pieds dans la boue et la honte. La mage était amer, ne supportant pas que Hul cherche à tuer les bambins, aussi, son courroux serait fatal.

Le duo chercha longuement, faisant mine de s'attarder sur les étales du marché, baladant leur regard sur les femmes. L'ambiance était assez étrange, tendue, les habitants loin d'être aimables et la politesse morte. Soudain, Shin tapota l'épaule de son ami, ce dernier suivant ses yeux pour constater qu'ils l'avaient enfin trouvée. Ils s'approchèrent tranquillement, attirant inévitablement sa curieuse attention.

- Bien le bonjour, commença l'archer loin d'être décontracté, encore un peu agité à cause de la foule. Nous avons entendu dire que vous aviez parlé avec un mage il y a quelques jours.

- Oh, soupira-t-elle, un peu contrariée. Encore des chasseurs de primes ? J'ai déjà dit que je ne le connaissais pas !

- En fait, se rapprocha l'ingénieur d'une voix plus confidentielle, la poussant à se pencher pour entendre ce qu'il disait. Nous sommes des amis à lui, et on a des informations croustillantes sur le prince Hul.

Les yeux de la vendeuse pétillèrent d'intérêt, regardant dans tous les coins avant de se redresser avec un large sourire.

- Oui, bien sûr, nous devons avoir ça en magasin, suivez moi, mes sires ! Tiana, prends le stand s'il te plaît.

- Bien !

- Merci beaucoup, firent-ils en la suivant, rentrant dans le jeu.

Elle les emmena dans quelques rues avant de rentrer à l'intérieur d'une maison, refermant à double tour avant de se tourner avec impatience vers eux.

- Que vouliez-vous me dire ? Qu'est-ce que notre prince a fait ? Vous connaissiez l'homme avec le bébé ?

- Pour commencer, vous avez parlé de lui à d'autres ? demanda Grunlek avec inquiétude.

- Juste à trois hommes. Ils sont venus me voir un jour, je n'ai pas compris ce qu'il lui voulait mais j'ai dit que ce mage avait quitté la ville après avoir vu le prince. J'ai eu peur de m'attirer des ennuis donc j'ai omis de parler de ses interrogations sur lui et Belenne.

- Belenne ?

- L'ancienne femme de chambre du prince et accessoirement son amante non-consentante, chuchota-t-elle, les deux réalisant de qui il s'agissait.

- Vous avez dit tout à l'heure "encore des chasseurs de primes", fit Shin.

- Après ces trois nigauds, quelques autres sont venus me voir, mais j'ai juste dit ne pas avoir vu de mage, encore une fois, je ne voulais pas m'attirer d'ennuis. À vous, dites-moi tout !

- Pour commencer on aurait besoin de votre aide, nous n'attendons pas à ce que vous gardiez ces informations pour vous, bien au contraire.

- Pourquoi ça ? demanda la blonde, buvant la moindre de leurs paroles.

- Ce que le prince à fait est impardonnable, et le peuple devrait savoir qui est la personne qu'il sert.

- Dites-moi tout et demain, le cratère entier sera au courant !

Ils sourirent, Balthazar ne s'était pas trompé sur elle. Ils commencèrent donc à parler des jumeaux, et du premier enfant de Belenne mort et enterré sous la maison, le père cherchant à tuer toute l'affaire. La fouine fut choquée de l'apprendre et leur assura qu'elle ferait en sorte que toute la ville ait connaissance des infamies royales. Ils sortirent ensuite de la maison, les deux amis allant faire leurs courses tant qu'ils étaient sur un marché. Dès la fin de journée ils purent entendre des échos.

- Tu as appris ?

- De quoi ?

- Belenne la disparue, elle était l'amante du prince !

- Vraiment ?

- Elle aurait même eu des jumeaux !

- C'est pour ça qu'elle est partie ?

- Il parait que le prince l'aurait violée, comme plein d'autres femmes de chambres ! Et qu'il cherche désormais à la tuer, elle et ses enfants ! Et même, il aurait réussi à tuer son aîné pour le cacher sous sa chaumière !

- C'est pour ça que les gardes s'agitent ? Par les dieux... En plus, j'ai entendu dire que le prince avait des problèmes dans sa tête...

- Ah bon ?

- Oui, et que son père s'accroche au trône car il le sait inapte à gérer le royaume !

- Quel être immonde ! Il est hors de question de suivre un homme pareil !

- Tout le monde doit être au courant !

Shin et Grunlek sourirent, la petite avait bien fait son travail ! Ce bouche à oreille avait parfaitement déformé les propos, dans peu de temps Hul serait couvert de honte. Ils traînèrent en ville avant d'aller dans une auberge pour la nuit. Le lendemain, des bruits monstres à l'extérieur les tirèrent du lit, ils se réunirent dans le couloir en se demandant ce qui se passait, sortant dehors pour en avoir le cœur net.

Un mouvement de foule hurlait en se dirigeant vers le château, profondément en colère, insultant Hul de tous les noms. D'autres rumeurs sur des détournements de fonds avaient achevé les bourgeois furieux. Fiers de leur coup et heureux que tout se passe comme prévu, ils prirent leurs affaires et quittèrent la ville pour rejoindre leurs amis. À l'endroit de rendez-vous, des cadavres jonchaient le sol, carbonisés comme tranchés d'une main experte. Balthazar fouillait encore les poches des mécréants, Théo essuyant son épée avec un chiffon.

Eden vint faire la fête au nain, heureuse de le retrouver puisqu'elle ne pouvait pas le suivre en ville. Il lui essuya un peu ses babines pleines de sang, grattant affectueusement sa tête entre les oreilles. le demi-élémentaire raconta tout ce qu'ils avaient fait et les rumeurs incroyables qui explosaient, passant par la fureur des gens qui bouchaient les rues. Un large sourire mauvais étira les lèvres du couple, plus que satisfait.

- La garde sera affaiblie quand ils atteindront le château, se réjouit le mage. On pourra se faufiler par l'arrière.

- Allons y, déclara le paladin en se levant, ramassant son baluchon en sifflant Lumière.

Ils se mirent en selle et allèrent vers le château. Les gardes analysant chaque personne entrant dans la ville les auraient empêché de passer normalement, mais personne n'était à son poste à cause du mouvement des citoyens. Les aventuriers purent donc passer aisément, posant leur chevaux dans un endroit sûr avant de longer les remparts pour trouver un passage annexe et atteindre la famille royale. Une large grille près des douves attirèrent leurs regards, les hurlements des habitants en colère s'entendant d'où ils étaient. Les grondements des coups donnés dans les portes raisonnaient dans toute la ville et des entrechocs métalliques sifflaient avec le vent : c'était la guerre.

Ils s'approchèrent donc pour constater qu'il s'agissait du passage des égouts, trop accessible pour que ce ne soit pas une sortie de secours. Théo essaya de retirer la grille mais en vain, échouant malgré ses multiples tentatives. Grunlek passa devant lui, prenant sa place et le fit avec une facilité déconcertante. Un vague sentiment de déjà-vu les envahit, se revoyant conduire Vendis à la sorcière. Le paladin se mit à bouder, son compagnon frottant son bras en essayant de le rassurer, disant que ce n'était pas grave et que des grilles, il y en aurait d'autres. Ils avancèrent donc en prenant soin de remettre leur porte d'entrée en place pour ne pas éveiller de soupçon.

Chaque mouvement qu'ils faisaient raisonnaient en écho profond dans l'exiguïté, avançant en file indienne avec prudence. L'eau s'écoulait plus ou moins lentement au centre des étroits chemins bordant le tunnel, des gouttes tombant sur la pierre se faisant entendre. Le son de la confrontation faisant rage à la surface se percutait entre les murs, les inquiétant un peu. Si les bourgeois et les paysans en colère arrivaient à rentrer dans l'édifice, leur plan tomberait à l'eau et ils n'auraient pas leur vengeance.

Ils arrivèrent alors à un croisement, ayant le choix de trois chemins. Balthazar sortit un plan simple de son sac, ce dernier montrait la ville et ses remparts, leur permettant de deviner un peu où ils allaient. Étant en deuxième position, entourés de Théo et Grunlek, tous purent se pencher pour regarder aussi.

- C'est pas spécialement évident, souffla Shin.

- Le chemin de gauche ? proposa le paladin.

- Non, il doit mener à la ville ou aux bâtiments annexes du château mais pas à l'intérieur, répondit son amant. C'est soit à droite, soit tout droit.

- Prenons à droite, déclara le nain.

- Plutôt tout droit, non ? fit l'archer.

- Bah, pourquoi ? demandèrent les trois autres en cœurs.

- Parce qu'on va jamais tout droit, et que c'est toujours par là.

Ils réfléchirent un instant, repensant à leurs aventures et durent avouer qu'il n'avait pas tort. Le mage rangea sa carte et ils continuèrent, le demi-élémentaire faisant un pont de glace pour les aider à traverser. Il se vanta un peu de sa sublime prestation, flânant en prétextant être une reine des neiges, les faisant un peu rire.

Le couloir tourna vers la gauche quelques mètres plus loin, puis à droite avant de remonter. Bingo. Shin s'avança donc en premier, arc sorti et flèche placée, allant silencieusement vers la porte dans la grille. Il observa un moment, utilisant la lame de son poignard pour voir dans ses angles morts, avant de faire un signe à ses amis. Cette fois Théo ne loupa pas sa chance et donna un grand coup de pied dans la porte en barreaux, la défonçant dans un bruit sourd et métallique qui raisonna dans tous les tunnels. Il se retourna avec un sourire, très fier de lui, les autres le dévisageant sous ce cruel manque de discrétion.

- Bah, quoi ? C'est ouvert !

- ... Rien, avançons, soupira Grunlek en passant devant lui, ne voulant pas perdre de temps à converser.

Le demi-diable pinça la nuque du guerrier, désespéré, et suivit son ami. Perdu, l'envoyé de la lumière les regardèrent remonter vers la porte en bois au milieu du mur de pierre, écartant ses mains en signe d'incompréhension. Il roula ses yeux vers le ciel en poussant un grognement d'exaspération avant de les suivre, tapant l'arrière du crâne de son compagnon au passage par vengeance.

Préférant plus sobriété, Shin crocheta la serrure, le mage faisant le guet un peu plus bas. Il eut beaucoup de mal, cassant plusieurs crochets, impatientant son groupe qui s'inquiétait d'être surpris par des gardes. Vu la rage à l'extérieur, si la famille royale avait connaissance de ce passage, sans aucun doute des hommes vérifieront si personne ne l'avait trouvé pendant la cohue.

- Tu te dépêches ? le pressa Théo.

- C'est une porte blindée, chérie, alors tu permets à papa de travailler et tu retournes à la cuisine, trancha l'archer en ayant toutes les peines du monde avec la serrure récalcitrante, agacé de ses échecs.

- Je te jure, Shinddha Kory, que je t'étranglerai..., gronda-t-il sourdement, les yeux révulsés, mimant ses menaces.

- Plus tard, on a un prince à zigouiller, intervenu Balthazar. Eh puis, il y a sûrement une jolie princesse plantureuse à l'intérieur...

Le demi-élémentaire se figea quelques secondes avant de redoubler d'ardeur, parvenant alors à ouvrir la porte. Il se leva d'un bon, mains sur les hanches et très fier de lui. Ses amis passèrent à côté, sans un geste, le vexant profondément.

- Hey ! Même pas un merci ? Un petit bisou ?

- T'es trop facile, se moqua gentiment l'érudit en tapotant un peu sa joue. Allez avance, la donzelle t'attend sûrement en sous-vêtement dans son pieu royal !

- Je vous déteste..., souffla-t-il en les voyant rire. Tous autant que vous êtes...

Ils étaient dans une réserve de nourriture, plutôt vaste et éclairée d'une torche. Ils passèrent par-dessus les sac de grains et les jambons sentant délicieusement bon, en prenant un au passage parce qu'il n'y avait pas de raison de se priver. Un cri de femme retentit, d'autres voix féminines s'étouffant en exprimant de la panique. Les aventuriers se tournèrent en sursautant vers un coin de la pièce pour voir un groupe de servantes apeurées. Balthazar prit les devants, les mains en avant en allant doucement à leur rencontre.

- Calmez-vous, calmez-vous, nous sommes engagés par le roi pour des patrouilles !

- Nous ne vous avons jamais vu ! rétorqua la plus âgées des servantes, se tenant devant les autres pour les protéger, certaines n'ayant pas encore atteint l'adolescence.

- Nous avons eu... Comment dire, fit-il en feintant un parfait embarra, se frottant la nuque. Un rendez-vous privé avec le Prince, il semblait craindre pour sa vie et a fait appel à nous pour se protéger.

- Marga, intervint l'une des filles en posant une main sur l'épaule de son aînée. J'ai entendu dire que le prince avait fait appel à des mercenaires pour assassiner des enfants illégitimes, il dit peut-être vrai.

La vieille femme analysa les quatre hommes de haut en bas, les mettant très mal à l'aise en se sentant mis à nu sous ses yeux perçants.

- Ouais, ouais, c'est pour ça que vous avez dû crocheter la serrure et (que) voler un jambon ?

Les amis cherchèrent leurs mots, pris au piège, s'échangeant des regards pour savoir si quelqu'un avait une excuse potable. Grunlek allait prendre la parole mais la servante leva une main, s'approchant en fouillant ses poches, l'interrompant. Elle donna un trousseau de clef au mage, les surprenant.

- Je suis prête à faire comme si j'avais rien vu si vous tuez ce faquin de fils de putain !

- Il n'est pas très aimé, on dirait..., ne put s'empêcher de commenter l'archer.

- Que Belenne ait été violée ça m'étonne pas ! Ce sale porc en a après toutes les gamines ! Même Zima s'est faite touchée !

Une enfant de dix ans baissa honteusement les yeux, des larmes les humidifiant, ses aînées essayant de la réconforter. Les aventuriers furent écœurés, n'ayant qu'une raison de plus pour abattre leur sentence. La vieille servante leur montra la fonction de chaque clés, donnant aussi l'endroit où le prince devait se cacher. Il était dans sa chambre, trois ou quatre gardes à sa porte pour le protéger.

Ils remercièrent la femme, donnant le chemin pour sortir si jamais elles voulaient s'enfuir, avant de quitter le garde-manger, Shin attrapant une pomme pour l'enfouir dans sa besace. Celui-ci passa à nouveau le premier, traversant prudemment la cuisine sur la pointe des pieds avant d'autoriser les autres à le suivre. Les coups de béliers dans les portes du château raisonnaient bien plus fort avec leur proximité, entendant les cris de colère de la foule, et les ordres secs des chefs de la garde. De par les hurlements de douleurs et de peur, ils purent deviner que de l'huile bouillante étaient jetée des remparts, essayant d'éloigner la populace enragée. Ils n'avaient plus beaucoup de temps avant que l'entrée ne soit fracassée et que tous ne pénètrent dans le château pour piller et casser tout ce qui se trouvera sur leur passage.

Ils suivirent les indications données plus tôt, les sens en alerte pour détecter le moindre ennemi potentiel sur leur chemin. Les échos d'un craquement de la porte d'entrée coupa leur attention le temps d'une seconde, mais cela suffit à un garde de les repérer dans un couloir. Il attrapa Shin par le col, brandissant son épée, Théo vola à son secours en lui rentrant dedans, le bruit monstre que firent les armures en s'entrechoquant ne fut rien comparer à celui que fit l'homme en chutant brutalement. Sans attendre, le paladin égorgea sa victime pour qu'ils puissent avancer, entendant des renforts se ramener sur leur position. Les ordres criés parvenant jusqu'à eux et la course adverse leur permirent de savoir où les gardes se trouvaient, se cachant juste à temps quand ils passèrent.

Ils montèrent les étages, passant par de multiples couloirs et ouvrant de nombreuses portes. Ils perdirent du temps à chercher leur route, essayant de repérer une pièce protégée parmi les autres, les craquement de l'entrée les pressant. Passant outre la discrétion, ils se mirent à courir avant de trouver enfin l'endroit voulu, sept gardes dégainant leur épées, certains possédant des lances. Ses amis se mirent en posture offensive mais Balthazar leva une main en leur demandant silencieusement de reculer. Il était profondément agacé, l'énervement peignant ses traits alors qu'une veine était gonflée sur son front. Son concubin sourit sadiquement en comprenant qu'il n'allait pas faire dans la dentelle.

Des flammes caressèrent les paumes du mage, s'enroulant autour de ses bras, ses cheveux s'embrassant avec ses yeux dont la pupille s'affina telle celle d'un chat. Peu à peu, son corps entier en fut couvert, des boules incandescentes se formant dans ses mains écartées de lui, grossissant en crépitant dangereusement. Les gardes reculèrent d'un pas, ressentant la puissance ésotérique et la chaleur impressionnante des flammes. Le demi-diable ouvrit une connexion mentale à tous pour demander à Shin de faire deux barrières de glace en utilisant l'eau des pots de fleurs longeant le couloir. Grunlek et Théo renversèrent un pot de chaque côté, l'archer touchant les flaques au sol pour élever le liquide et le refroidir à l'extrême. Il laissa un passage à côté d'eux pour leur prochaine fuite, obligeant leur adversaire à aller à leur rencontre s'ils voulaient partir.

Leur coordination stupéfia les gardes qui paniquèrent, se rendant compte trop tard qu'ils étaient pris au piège. Lorsque Balthazar en vit un resserrer sa poigne sur son arme, dans la visible intention de charger avec l'énergie du désespoir, il hurla de toute ses forces en lançant son sort en avant, réunissant ses mains. L'avancée mortelle de l'enfer sur Terre s'élargit en une tornade monstrueuse et étouffante, elle percuta le mur en face d'elle avec une telle violence que tout l'édifice trembla. Le son assourdissant du feu dévora les hurlements de douleur des hommes cuisant sur place, chutant au sol en se contorsionnant. Il fallut bien une bonne minute avant que les flammes ne disparaissent, la pression du choc thermique avec lui, laissant une simple odeur acide de chair brûlée. Les trois autres découvrir leur visage qu'ils avaient protégé avec leur bras à cause de la chaleur, choqués de l'effrayante prestation.

Shin sursauta en voyant que sa glace avait un peu fondu, dévisageant son ami dont le souffle était rauque et fumant, des crocs visibles dépassant ses lèvres. Ils tiquèrent en comprenant que le démon avait été un peu trop charmé par le combat et s'était doucement glissé dans la conscience de son hôte comme un serpent vicieux. Théo s'approcha, passant devant ses partenaires pétrifiés, pour poser une main sur la nuque de son amant, le faisant sursauter au contact inattendu. Il finit cependant par se détendre, fermant les yeux en baissant un peu le menton pour se calmer et reprendre le dessus dans son esprit. Une connexion psychique en plus d'un brasier pareil, c'était comme marcher à l'aveugle au bord d'un précipice.

- Pardon, souffla le mage, essoufflé. J'ai été un peu gourmand...

- Ne recommence pas, du con, rétorqua gentiment le paladin avec un léger sourire en se plaçant à ses côtés.

- Va te faire foutre, répondit-t-il de la même façon.

Grunlek prit les devant pour entrer dans la pièce, donnant une tape rassurante sur l'épaule du demi-diable au passage, ses amis à sa suite. La porte et une partie du mur avaient été explosées et propulsées dans la chambre, l'auteur des terribles dégâts ne pouvant s'empêcher de ressentir un brin de fierté. Un cri de guerre se fit entendre sur le côté, le nain levant son bras mécanique déployé en bouclier à temps pour parer l'épée, reculant sous l'assaut. L'envoyé de la lumière rentra brutalement dans l'homme muni d'une fine armure d'apparat, le renversant au sol, Shin décochant deux flèches dans ses genoux pour l'empêcher de fuir.

Lentement, ils entourèrent le prince qui les fusillait du regard, fou de rage, s'enhardissant quand il vit une tenue rouge et or. Il siffla autant de douleur que de fureur, dévisageant le mage qui le fixait avec rancœur. Le nain broya l'un des pieds avec son bouclier, se défoulant, mais ça n'empêcha pas Hul de parler après son cri.

- Vous... Vous aviez le mioche ! Où ils sont ? Je sais que cette pute a eu des jumeaux !

- Vous ne pouvez en vouloir qu'à vous même..., gronda le pyromage en le surplombant de toute sa hauteur. De plus, vous n'êtes pas en mesure de poser les questions.

- En aucun cas je ne vous permets de-

- FERMEZ LÀ ET RESTEZ À VOTRE PLACE DE CHIEN DÉPRAVÉ ! hurla-t-il alors que Théo abattit son pied pour casser une côte à l'homme qui s'étrangla dans son affliction avant même de répliquer. Vous avez violé vos servantes, payant des assassins pour faire taire celles qui allaient oser parler. Maintenant que vous savez avoir deux enfants, vous cherchez à essuyer lâchement votre péché pervers... Rien n'est plus immonde, pas même un diable manipulateur...

- Qu'attendez-vous de moi ?...

Le paladin traversa son estomac de son épée, la pointe claquant sur la pierre alors qu'une flèche traversa l'épaule. Hul hurla de douleur, paralysé en agitant son dernier bras valide, la tête jetée en arrière.

- Que vous souffriez, répondit sombrement le mage d'une voix continuellement rauque par sa rage. Tout d'abord, vous allez entendre la foule au courant de vos infamies pénétrer votre demeure, souillant votre plancher de paradis éphémère. Puis, vous entendrez vos biens se faire saccager, votre vie se détruire depuis cette pièce. Et enfin, nous aurons la clémence injuste de vous occire comme le vulgaire porc que vous êtes.

Le prince continua de le foudroyer amèrement du regard, imaginant certainement mille morts pour les quatre effrontés. Théo agita sa lame, se délectant de sa souffrance languissante, le sang se répandant à leurs pieds. Le demi-diable attrapa la main gauche de son compagnon pour le stopper, comprenant sa monstrueuse envie d'en finir avec cet homme. Ce dernier écarquilla les yeux avec dégoût en réalisant quelle était la nature de leur relation, ne se privant pas pour prendre la parole, bien que ses mots étaient tordus par sa douleur.

- J'ai une alliance avec un chef orcs, répugnants fouille au train ! Il a pour ordre de vous traquer et de vous pourfendre !

- Ne me prenez pas pour un idiot, je ne me laisse pas étourdir par de si pitoyables offenses ! siffla Balthazar en resserrant ses doigts sur ceux de son conjoint. S'ils n'ont rien en échange, ils laisseront cette quête ! En n'ayant aucune de vos nouvelles, ils finiront pas débarquer en masse ici, réclamant dû, et ravageront cette ville lorsqu'ils apprendront votre mort, furieux d'avoir été trompés.

- Ils savent que vous êtes un mage !...

- Un mage pour seul récompense à courir dans tout le cratère ? Ah ! Me faites pas rire ! Être éloigné de deux jours de cet endroit suffit déjà à les faire lâcher prise ! Ils ne sont pas de bons petits soldats comme ceux que vous manipulez à votre guise, ce sont des barbares assoiffés d'énergies ésotériques. Et si vous avez conclu un pacte avec eux, alors c'est que vous avez de quoi les sustenter : par conséquent j'en conclu que vous avez des gemmes de pouvoirs quelque part entre ces murs, en grosse quantité.

Le prince pâlit plus encore que par sa perte de sang, enfin muet, resserrant sa main sur la flèche de glace avant de paniquer en se rendant compte qu'il était collé. Les aventuriers sourirent avec sadisme, entendant le peuple entrer dans le château, commençant à tout ravager. Ils avaient rarement été aussi furieux et malsains. Cependant, pire que l'injustice et l'hérésie morale, ils insupportaient que d'autres portent atteinte à la vie de leurs camarades.

- Et vous savez quoi ? commença le demi-diable en se penchant vers lui, une expression purement pernicieuse tirant ses traits pourtant si doux au naturel. Les orcs vont venir, réclamant leur paiement qu'ils prendront qu'importe par quel moyen. Même si l'envie me charme, vous laisser en vie pour que vous le voyez serait vous laisser une chance. Vous parviendrez à vous en sortir, rat que vous êtes, c'est trop risqué...

Il se redressa lentement, se reculant avec Shin et Grunlek, paniquant le noble héritier qui osa regarder Théo. Ce dernier le foudroyait de ses prunelles électriques, une brume sombre émanant de lui. Il se délecta de la terreur ravageant Hul, faisant durer l'instant encore quelques secondes avant de lever son épée. Il ouvrit son ventre, les organes s'échappant dans un bruit horrible de succion et de chairs écrasées, puis lui broya son dernier bras valide et ses jambes avec son bouclier. Pire que la mort, une agonie lente et cruelle l'y amenant.

L'envoyé de la lumière rejoignit ses amis en marche arrière, admirant la souffrance royale gisant sur la pierre de cette chambre ravagée. Ils sortirent ensuite de la pièce, entendant leur victime cracher du sang, s'étouffant avec, se battant ridiculement pour sa vie. Le groupe descendit tranquillement, couverts de sang et sombrement sérieux, la populace s'écartant à leur passage pour continuer leur chemin. Ils passèrent par les grandes portes, constatant l'hécatombe de personnes ébouillantées, éviscérées ou avec une flèche entre les deux yeux. Il ne régnait plus qu'une odeur de cadavres répugnante, acide, laissant un goût amer sur le langue et piquant leur nez. Leur funèbre légende allait encore les poursuivre après ça.

Eden arriva en trottinant vers eux, son pelage partiellement carmin. Grunlek la caressa doucement, souriant de la voir vivante alors qu'elle s'était visiblement battue, se faisant de soucis pour quelques coupures de-ci de-là. Ils traversèrent la ville à pieds, ne voyant que toujours plus de corps que de bâtiments détruits, un incendie se propageant. Une femme courut vers eux avec une autre plus jeune, toutes deux se ressemblant assez pour deviner leur parenté.

- Que les dieux soient loués, vous êtes vivants ! Et... Le prince ?

- Mort, répondit Balthazar, reconnaissant la commère qui sourit avec soulagement.

- Venez avec nous, fit Shin en lui tendant une main. Nous rejoignons une ville plus sûre, vous trouverez sûrement foyer.

Elles sourirent à la proposition, la plus âgée attrapant avec plaisir sa main, agaçant les trois amis de l'archer sous le succès monstre de ce dernier. Ils ne se privèrent donc pas de prendre des chevaux à l'écurie marchande, les sellant en s'équipant au passage. Les trois déjà à eux étaient présents également, là où ils avaient été mis à leur arrivée. Le mage invoqua le sien et ils purent quitter la ville, la jeune sœur se retournant pour faire un magnifique bras d'honneur, criant à tous d'aller se faire mettre. Son aînée la réprimanda, choquée, mais les hommes explosèrent de rire, se détendant enfin.