Les deux jours de voyage furent longs, les aventuriers ayant la conversation maigre car peu fiers du chahut funèbre qu'ils avaient laissé derrière eux. Fanny et Yol, la commère et sa jeune sœur, avaient cherché à les apaiser, assurant que personne ne se rappellerait d'eux et que si c'était le cas, ils seraient connus pour avoir tué le terrible prince. Des innocents étaient quand même morts par leur faute, les engonçant dans la honte. Cependant, la fin de Hul leur apportait une certaine consolation. Le peuple survivant ne serait plus sous son autorité despotique alors qu'il tirait les ficelles derrière son père fatigué. Les servantes ne seront plus abusées, ni obligées de faire disparaître le péché de leur agression.
Ils ne se détendirent qu'en arrivant à la ville désirée, la traversant jusqu'au quartier des spectacles afin d'atteindre la douce maison jaune. Trois hommes en armure étaient présents, les observant avec méfiance. Également, une femme se balançait dans un rocking-chair, tricotant en fredonnant, deux bambins jouant à ses pieds avec des cailloux. Elle leva les yeux vers eux avant qu'un immense sourire n'illumine son visage, quittant son assise pour les accueillir. Les aventuriers mirent pied à terre, le couple regardant les petits se retourner avant de bondir de joie pour courir vers eux les bras tendus.
- Théooo ! Babaaaa !
Ils les attrapèrent sans hésitation, trop heureux de les retrouver pour penser au "qu'en-dira-t-on". Le paladin frotta le dos de Maya, fermant les yeux, ne se préoccupant pas des regards attendris qu'il attirait.
- Vous leur avez manqué, rit doucement Alinne. Je vois que vous avez ramené d'autres beaux enfants, mais je crains qu'ils soient trop grands pour moi ! plaisanta-t-elle.
- Nous venons de la ville à deux jours d'ici, la chute du prince Hul a entraîné un mouvement violent des bourgeois et tout a été détruit, répondit Fanny avant d'entourer les épaules de sa sœur avec son bras. Nos guides et sauveurs d'une terrible tyrannie nous ont proposé de nous escorter jusqu'ici pour refaire nos vies.
- Je vous en prie, restez à la maison le temps de trouver la votre, je vous conduirais dès demain parmi mes contacts pour vous décrochez un travail !
- Merci beaucoup, votre proposition nous touche beaucoup !
- Vous restez dîner ? demanda la mère vers les aventuriers qui s'échangèrent un regard.
- Volontiers, acceptèrent-ils.
- Bien, rentrez donc tous, c'est mon mari qui ne va pas en croire ses yeux ! Vous pouvez disposez messieurs, le danger est passé !
- À vos ordre, ma dame, se courbèrent-ils respectueusement.
- Vous étiez bien protégés ! admira Balthazar, la suivant dans la maison avec les autres.
- Je vous avais dit que j'avais des contacts, répondit-elle avec un clin d'œil, le faisant rire.
Leur hôte les firent passer à table, servant un succulent repas. Elle les traita comme des rois, autorisant les enfants à veiller un peu pour l'occasion, n'ayant pas le cœur de les séparer une nouvelle fois de leurs parents de substitution. Elle expliqua que leur départ avait été difficile, Thomas peinant à se calmer alors que sa sœur et lui avaient pleuré pendant deux jours. Les choses venaient tout juste de se calmer, aussi elle émit ses craintes de devoir recommencer ses nuits blanches à les bercer après qu'ils soient repartis.
La discussion continua de bon cœur et fut animée par les plaisanteries ainsi que l'euphorie. Le mari d'Alinne revint alors du travail, écarquillant les yeux sous le monde présent à sa table. C'était un homme charpenté, roux comme peu l'était, une grosse barbe habillant son visage sculptural. Sa réaction les fit rire, l'invitation du mage pour un verre lui faisant vite oublier sa surprise et il les rejoignit.
La soirée se rallongeant, Justin, l'époux de la trentenaire, installa les sœurs dans la chambre d'ami. La brune se tourna vers Théo à ses côtés pour voir que la fillette était profondément endormie dans ses bras, le guerrier tenant sa petite main.
- Vous savez vraiment y faire, je mets des heures à les assoupir ! Avez-vous déjà songé à avoir des enfants ?
Le paladin caressa furtivement les doigts capturant son index du pouce, semblant pensif, avant de lever les yeux pour les plonger dans ceux de son amant. Étonné, ce dernier se figea alors qu'il berçait délicatement le garçonnet, laissant son verre en suspend alors qu'il s'apprêtait à boire. L'intensité se fit grandement ressentir alors qu'ils dégustèrent chaque seconde, échangeant énormément pendant leur silence. Ils n'avaient rien laissé transparaître en présence des deux frangines, ne sachant pas comment elles réagiraient, et ils en avaient un peu souffert après les épreuves passées.
Revenant à lui sans se rendre compte de tout l'amour qu'il avait pu avoir dans son regard, Théo reporta son attention sur Maya en hochant doucement la tête.
- C'est prévu, oui...
Alinne sourit, fondant de tendresse en s'appuyant sur ses mains liées contre sa joue, jetant un œil au demi-diable rougissant pour lui intimer qu'il avait énormément de chance. Le pauvre se cacha derrière son verre, évitant la situation en s'engonçant un peu, ses deux amis le charriant en pinçant ses côtes et ricanant moqueusement.
- Vous devriez les coucher, déclara l'envoyé de la lumière, lui passant l'enfant après avoir visiblement fini ses adieux.
- Oui, vous avez raison, comprit la mère en prenant sa fille. Messire mage, pourriez-vous ?
- J'arrive ! réagit vivement ce dernier, ravi de pouvoir fuir les taquineries incessantes de Shin et Grunlek.
Il monta à l'étage avec la maîtresse de maison, refermant la barrière en haut de l'escalier. Ils mirent doucement les petits dans le berceau, Balthazar prenant une minute pour les observer en caressant une dernière fois leur joue. Il déposa un baiser sur leur front avant d'essayer de se relever. Cependant Thomas avait attrapé ses cheveux pendant son sommeil et tirait dessus, le faisant paniquer en cherchant à les récupérer. Alinne vint à son secours, plaquant une main sur sa bouche pour étouffer son rire, écoutant ses chuchotements de douleur alors qu'il massait son crâne.
Ils redescendirent par la suite, les trois autres se levant à son retour. Les sœurs et le l'époux vinrent les saluer, les remerciant chaleureusement pour tout ce qu'ils avaient fait pour eux. Fanny poussa l'audace en baissant le masque de Shin pour l'embrasser, faisant siffler ses amis qui se demandèrent comment il faisait. Le choc passé, le demi-élémentaire étreignit la jeune femme avant de la quitter en souriant.
- Repassez quand vous voulez, sous-entendit-elle avec un clin d'œil aguicheur.
Fier comme un paon, le bleu quitta la maison, son groupe le suivant en le dévisageant, ne comprenant pas quel était son secret. Ils se mirent en selle et commencèrent à partir, saluant une dernière fois la famille. Ils quittèrent la ville, préférant être dehors que dans une auberge afin de bien quitter cette période de leur existence. Bien que courte, elle avait été très intense, bouleversant leur vie. De nouveaux projets s'assemblaient dans leurs esprits alors qu'ils chantaient des chansons paillardes au clair de lune, leurs voix raisonnant dans toute la campagne.
- Dites, si on croise le chef orcs, malencontreusement, lança Shin. On fait quoi ?
- On se bat, répondit simplement Théo devant eux.
- Oui mais ils veulent aspirer mon suc..., geignit-il piteusement, tel un enfant.
- Ahn, ne me dis pas ces choses~ , fit le mage d'une voix aiguë et loin d'être sérieuse, se serrant dans ses propres bras en se dandinant.
- T'es sérieux ? soupira son amant en se tournant un peu vers lui, l'air désespéré.
- Formulé comme ça, ça m'excite~
- Je peux t'emporter derrière un buisson, ce sera vite fait !
- Les gars, par pitié, supplia Grunlek en connaissant que trop bien ces menaces perverses, sachant qu'elles étaient des plus sérieuses.
- À la prochaine auberge, je te promets que tu ne chanteras pas la même chose, le séduisit sensuellement l'érudit, ayant talonné son cheval pour être à sa hauteur.
Il attrapa l'épaulière du paladin pour le tirer vers lui et l'embrasser langoureusement, embarrassant profondément leurs compagnons qui détournèrent les yeux. Le demi-diable rompit finalement le baiser, jetant un regard aguicheur à son concubin séduit avant qu'il ne mette Braise au galop, l'empêchant de réitérer le geste.
- Enfoiré !
- Je t'attends au tournant, chéri ! le nargua Balthazar avec un doigt d'honneur empli de tout son amour.
- Je te jure que si je t'attrape, tu vas prendre cher ! cria Théo en lançant Lumière pour le poursuivre.
Shin et Grunlek les regardèrent chahuter comme des gamins, poussant un profond soupir. Le nain se tourna ensuite vers l'archer, attirant son attention.
- Aller, à moi tu peux le dire. Combien de femmes tu as eu quand t'as ramené le gamin ?
Le demi-élémentaire le mira un instant, admirant l'espoir pétiller dans les prunelles chocolat de l'ingénieur, avant que ses pommettes ne remontent par son sourire et que ses yeux s'affinent malicieusement. Il talonna sa monture pour la faire partir au galop, le nain s'élançant à sa suite.
- Shin ! Dis-moi !
Il n'eut qu'un rire en réponse. Plus loin, Théo réussissant à attraper le mage en plongeant au sol, tous deux hilares comme des idiots.
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Eh voici l'épilogue pour conclure cette histoire ! /( ^ 0^)/
J'espère qu'elle vous aura plus autant que j'ai pris du plaisir à l'écrire~ °(^ w^)° Pour l'histoire qui va suivre celle ci, je ferais un prologue pour l'entrée en matière ! J'ai pas encore de nom ni d'intrigue mais je vais trouver ! (≧▽≦) Je promet pas de pouvoir suivre un post journalier cependant, tout dépend comment j'avancerais. Merci à tous de m'avoir suivit et d'avoir donner votre avis, j'ai été très heureuse de partager cette histoire avec vous~ ! (^ε^)
Également, et le plus important : Merci à Gaëll de m'avoir corrigé cette histoire aussi ! Elle a fait un travail formidable et vos yeux ne seraient pas sauf sans elle~
Matta ne ! ( à bientôt) ( ・∀・)ノ
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Suite dans famille non-conforme !
