Merci à personne d'avoir commenté.
Nemesea – Caught in the middle
« Sanji, de la viande ! »
Les habitués avaient fini par ne plus faire attention à ces cris qui résonnaient dans tout le Baratie à chaque repas ou presque. Il était devenu extrêmement rare de pouvoir profiter d'un déjeuner en paix depuis quelques temps. Un énergumène venait tout le temps réclamer à manger auprès du second du prestigieux restaurant sans se soucier du confort des autres.
Carne et Patty, en particulier, avaient tenté de le chasser, pourtant le jeune garçon persistait à venir manger tous les jours au restaurant. Cela leur avait donné une autre excuse pour rabaisser Sanji qu'ils refusaient de reconnaître comme le meilleur cuisinier parmi eux après Zeff. Celui-ci souffrait de ce manque de reconnaissance, ce qui provoquait toujours des bagarres une fois les clients partis – il savait se retenir jusque là.
Alors que les cuisiniers se plaignaient tout le temps lors de l'arrivée du fauteur de trouble, le blond sortait des cuisines, une grosse assiette pleine de viande en main. Ils levaient l'ancre et voguaient en conséquence sur la Seine. C'était devenu la routine sur le Baratie. Chaque service était devenu animé.
Cependant, aujourd'hui, Luffy n'était pas là. Le restaurant était devenu inhabituellement calme, c'en était presque inquiétant. Les cris poussés par le jeune garçon et ses deux autres amis qui l'accompagnaient fréquemment étaient devenus une partie de leur quotidien. Il n'était pas venu pour le déjeuner. Actuellement, les employés du Baratie s'affairaient avec le deuxième service du dîner qui était aussi le dernier de la journée. Et aucun signe de Luffy et ses amis.
Sanji, bien qu'occupé à servir un verre d'un vin de grand cru à une ravissante demoiselle, observait du coin de l'œil la table que ces idiots occupaient à chaque fois. Dans la mesure où ils n'étaient pas venus, d'autres clients l'avaient réclamée. Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait quelque peu déçu à l'idée de ne pas les avoir vu aujourd'hui. Il ne voyait pas pourquoi : ces goinfres étaient très mal élevés et dérangeaient leurs voisins.
De même, Zeff lui avait dit d'assumer la présence de ses « amis » et de les servir lorsqu'ils venaient. Vu la quantité de nourriture avalée simplement par Luffy, il ne pouvait pas se consacrer aux autres tables qui lui étaient assignées et était obligé de passer à côté des femmes splendides qui méritaient bien un verre supplémentaire, offert par la maison. Cela enrageait toujours les autres coqs.
Alors qu'il venait de prendre la commande d'une jeune femme venue seule, après l'avoir bien évidemment complimentée et remerciée d'être née, Sanji se dirigea vers une autre table qui lui était attribuée. Déjà, l'atmosphère s'y faisait plus lourde et les deux clients ne s'étaient pas vraiment préparés pour un dîner dans ce restaurant luxueux. Cet abruti de Patty était-il devenu aveugle ou quoi ? Il était chargé d'accueillir les clients et une tenue chic était exigée. Enfin, d'un côté, les pirates ne s'habillaient jamais pour l'occasion quand ils venaient.
Tentant de garder un sourire au visage, le blond s'approcha devant eux et leur demanda s'ils avaient choisi ce qu'ils désiraient manger. À sa question, ils le fusillèrent du regard, comme s'ils nourrissaient une haine quelconque envers lui. S'agissait-il de délinquants ? De trafiquants de drogue ? Si c'était le cas, alors ils avaient assurément de quoi payer leur repas. Ils devaient également savoir qu'engager un combat au sein du restaurant était du suicide. Nul ne les avait jamais vaincus.
Après un long silence, le plus jeune des deux, qui conservait un air assez dur, sûrement naturellement, ferma le menu puis le posa violemment sur la table. Aucun ne prononça mot, attendant que le client commençât. C'était comme s'ils se battaient par regard, jusqu'à ce que l'un des deux faillît. Malheureusement pour le client, Sanji n'avait aucune intention de perdre.
« Je veux un plat fait par le chef lui-même. Et pour lui aussi. »
Agacé par son ton arrogant et violent, Sanji tenta tout de même de cacher son irritation puis promit d'apporter le plat le plus vite possible, en fonction de la disponibilité du chef. C'était une demande assez étrange, qu'on lui soumettait très rarement, voire jamais. En tout cas, ces deux énergumènes ne paraissaient absolument pas commodes et il s'en faudrait de peu pour engager un combat dans tout le restaurant.
C'était ce dont le jeune fumeur avait le moins envie en ce moment. Bien entendu, il protégerait le Baratie si la situation l'exigeait ; néanmoins, s'il pouvait éviter de se battre, cela l'arrangerait. Il n'était absolument pas d'humeur à se bagarrer.
Ces deux types avaient l'air plutôt étrange. L'un portait des survêtements tandis que l'autre était vêtu d'une espèce d'armure dorée. Des dealers, à tous les coups. Enfin, ce n'était pas son problème, tant qu'ils ne provoquaient aucun désordre ici. Sinon, ils auraient droit à son coup de pied légendaire. Il ne pouvait pas laisser quiconque endommager le Baratie, il s'agissait là du trésor du vieux chnoque. Il lui devait bien ça, après ce qu'il avait fait pour lui toutes ces années auparavant.
Tout d'un coup, Sanji eut très envie d'une cigarette. Il avait fumé une demi-heure plus tôt, lors du temps de pause entre les deux services, or une envie pressante l'envahit. Malgré tout, il devait résister. Zeff le tuerait réellement s'il osait en allumer une lors de son service, sans compter l'interdiction prévue par la loi. Il fumerait d'ici deux heures, une fois le service terminé. Il avait vécu pire, il n'en mourrait pas.
Les commandes prises, le blond entra dans les cuisines puis fit part à Zeff de la commande inhabituelle avant de mettre lui aussi les mains à la pâte. Les plats ne se cuisineraient pas tous seuls. Il privilégia, comme toujours, les plats des femmes. Il refusait de les faire attendre, les pauvres devaient être affamées. Peut-être qu'un petit supplément dans leurs assiettes compenserait l'attente imposée. Un sourire aux lèvres à cet idée, il continua son œuvre.
Avant de laisser le temps aux plats de refroidir, il se précipita vers les clientes en s'excusant pour le temps qu'elle avaient dû passer à patienter, et leur affirma qu'elles ne regretteraient pas ce repas. Leurs compagnons, en général, n'étaient jamais contents de son attitude quelque peu familière envers les femmes et vivaient mal cette discrimination. Cependant, Sanji remplissait parfaitement les tâches à accomplir. C'est juste que les hommes n'avaient jamais de supplément. Ils étaient servis normalement.
Avec regret, il s'approcha de la table où se trouvaient les deux supposés délinquants et posa les assiettes sur la table. Celui avec l'armure dorée examina la nourriture encore chaude à l'odeur alléchante quelques instants puis, d'un geste violent, jeta l'assiette qui se cassa au contact avec le sol. De son côté, Sanji resta pétrifié, le regard noir. Cet homme... Avait osé gâcher de la nourriture ?
« Je n'ai pas demandé des ordures ! J'ai exigé un plat du chef ! Où est-il, qu'on s'explique ? »
Toujours immobile, le blond sentait la colère, la rage monter. Il demandait spécialement un plat de Zeff et il le jetait par-terre ? Cela mis de côté, le plus grave était le fait qu'il avait gâché de la nourriture. Des gens mouraient de faim partout, et lui la jetait comme si de rien n'était ? Quel genre d'être détestable était-il ? Les cris de l'homme avaient attiré l'attention du restaurant qui ne prononça mot, les yeux rivés sur la scène.
Les cuisiniers, eux, commencèrent à paniquer. Il ne fallait pas que Sanji s'énerve. Sinon, il casserait tout. Chaque coq était au courant de l'importance de la nourriture dans ce restaurant : Zeff leur répétait tous les jours qu'il ne fallait pas la gâcher, qu'elle était précieuse. Sanji suivait ce concept à la lettre. Dès qu'un client refusait de manger ou bien se plaignait pour une quelconque raison, cela finissait souvent en massacre. Le blond au sourcil étrange ne s'écoutait plus et détruisait tout sur son passage.
Celui-ci serra les poings, tentant de se contrôler. Il ne comptait pas perdre contre cet homme, toutefois il ne s'abaisserait pas à son niveau en s'énervant de la sorte. Il lui fallait rester calme. Il avait pressenti dès le début que cette soirée ne se passerait pas normalement. Il avait eu un mauvais pressentiment en apercevant ces hommes, surtout le plus grand en armure. Cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas eu ce genre d'impression, si bien que cela l'inquiétait.
« Vous n'aviez pas besoin de jeter la nourriture si elle ne vous satisfaisait pas. »
Malgré tous ses efforts, il sentait sa colère s'accentuer. La présence même de cet homme le tuait. Il sentait qu'il devait partir à tout prix, que quelque chose de mauvais allait se produire. Pourtant, son corps ne bougeait pas. Il refusait. Il voulait faire comprendre la leçon à cet homme. Il réclamait un plat de Zeff lui-même et osait le balancer par-terre ? Quel genre d'égoïste était-il ? Luffy, lui, n'oserait pas laisser la moindre miette de la pire nourriture du monde.
Soudain, Sanji sentit une main sur son épaule. Sortant de sa torpeur, celui-ci tourna la tête et aperçut Zeff le Rouge, qui s'était spécialement déplacé en raison de l'espèce de chaos provoqué par ces clients. Retrouvant son calme, le blond échangea un regard avec son père puis fit un pas en arrière. Le vieux chnoque était assez grand pour régler ce problème tout seul.
« Si quelque chose ne vous convient pas, dites-le-moi au lieu de réagir de cette façon. »
A ces mots, l'homme en armure se leva, suivi par son compagnon. Leurs intentions étaient claires : ils n'étaient absolument pas venus savourer un délicieux repas en paix. Ils cherchaient la guerre. En voilà deux qui n'avaient pas froid aux yeux : que pouvaient-ils faire seuls face à des dizaines de cuisiniers entraînés ? Il ne s'agissait pas d'un braquage classique. Que cherchaient-ils en venant ici ? Avaient-ils un motif particulier ?
« Enfin je te retrouve, Zeff le Rouge. »
L'homme en armure arborait un sourire satisfait, cachant un air sadique et de haine. Sanji haussa un sourcil : qu'est-ce que ce vieux chnoque avait bien pu faire ? Sanji ne l'avait jamais vu auparavant, ils devaient se connaître depuis plus de neuf ans, dans ce cas. En tout cas, son visage ne lui disait rien. L'homme qui l'accompagnait n'avait rien dit depuis tout à l'heure et se contentait d'observer la scène.
« Je ne pense pas vous connaître. Vous ai-je déjà croisé ?
- Non, mais tu connais très bien mon frère. »
A peine eut-il terminé sa phrase qu'il sortit un arme à feu d'on-ne-savait-où, provoquant des cris de terreur chez les autres clients qui avaient pensé qu'ils pourraient dîner tranquillement sans être impliqués dans un règlement de compte. Alors que les cuisiniers s'agrippaient à leurs instruments de cuisine en guise d'armes, le propriétaire du restaurant restait tout-à-fait calme, examinant la situation.
« Cela fait neuf ans que je te cherche. Ce n'était pas facile, mais j'y suis enfin arrivé. »
L'inconnu tira en l'air, terrorisant encore plus les personnes innocentes présentes autour d'eux. L'instant d'après, les vitres du restaurant se brisèrent, laissant entrer des dizaines de gens. D'où sortaient-ils ? Sanji regarda autour de lui, puis aperçut des bateaux à moteur à l'extérieur, autour du navire. Quel idiot, pourquoi personne ne les avait-il remarqués ? Jurant dans sa barbe, le jeune cuistot reposa son attention sur l'homme en armure. Il menaçait le restaurant et il ne comptait absolument pas le laisser faire. S'il avait des histoires à régler avec le vieux chnoque, qu'il aille ailleurs.
La situation se présentait mal : il y avait de nombreux clients en danger. Il ne pouvait pas les laisser se faire blessés. Si cet homme avait réellement l'intention de provoquer un massacre, il devait à tout prix mettre ces personnes à l'abri. Néanmoins, il était le plus fort physiquement après Zeff parmi les cuisiniers et ne pouvait pas s'absenter. Il devait protéger tout le monde. Si ce restaurant était détruit, le vieux ne s'en remettrait jamais.
« Patty, va mettre les clients à l'abri à l'étage.
- Enfoiré, pour qui tu te prends à me donner des ordres ?!
- Si tu ne le fais pas, alors comptes-tu prendre la responsabilité si jamais ils sont blessés ?! »
Sans s'en rendre compte, il avait crié. Lui qui gardait toujours son calme dans n'importe quelle circonstance, sauf si une femme était blessée, venait de perdre le contrôle, même si ce n'était que durant quelques courts instants. Il avait vraiment un mauvais pressentiment. Cela n'avait rien à voir avec toutes les attaques qu'ils avaient subies autrefois. Ces hommes étaient forts, il le sentait en les voyant. Et celui en armure le mettait mal à l'aise, quand bien même il en ignorait la raison.
Alors que Patty s'empressait de faire monter les clients dans une salle sécurisée à l'étage, nul ne bougea parmi les combattants. Ils ne faisaient que tous se regarder dans les yeux. Sanji ne doutait pas de leur victoire, cependant elle viendrait avec un prix à payer. Ce ne serait pas si simple. Son regard se posa sur l'homme qui l'accompagnait. Ce dernier était resté silencieux depuis qu'il avait passé commande. Il paraissait fort ; certes moins que l'homme en armure, mais puissant quand même.
« Je suis sûr que tu te souviens de mon cher frère. Grâce à lui, tu as eu droit à une nouvelle jambe. »
Sur ce, les yeux de Zeff s'écarquillèrent. Il n'aurait jamais pensé que cette histoire resurgirait après toutes ces années. Il avait baissé sa garde, il avait été trop sûr de lui. Sans perdre son calme, il serra les mâchoires puis continua d'examiner l'homme en face de lui. Il ne voyait aucune ressemblance avec celui qui lui avait fait perdre sa jambe. Depuis, il avait mis une jambe en bois, l'idée d'une jambe en plastique le dégoûtant. Il se moquait d'avoir l'air étrange, il trouvait sa jambe en bois plus pratique pour se battre.
La stupeur du vieux n'échappa pas à Sanji. Ce dernier ne savait pas comment il avait perdu sa jambe, il l'avait toujours connu avec ce bâton en bois. Il n'avait jamais vraiment posé de questions à ce sujet. À l'époque, un tel détail n'avait pas attiré son attention. Il avait eu d'autres choses qui lui occupaient les idées. Quand bien même cela l'intriguait, il refusait de laisser sa curiosité prendre le dessus. Lui-même cachait certains secrets et détestait quand quelqu'un cherchait à en savoir trop. Il respectait l'intimité de chacun.
Il fallait bien que quelqu'un fasse le premier pas. Décidé à ne pas y rester toute la soirée, le blond s'élança en direction de l'homme en armure, bien déterminé à la briser. Néanmoins, son coup de pied fut stoppé dans son élan alors qu'il ne s'y attendait pas du tout. Surpris, il leva la tête et remarqua l'homme silencieux avec des espèces de massues en métal dans les mains, devant lui. Il était parvenu à arrêter son coup de pied que même Patty ne parvenait pas à parer ? Qui était-il ?
Sanji jura puis fit quelques pas en arrière, toujours les mains dans ses poches. Il avait vraiment besoin d'une cigarette. Par instinct, il en saisit une du paquet se trouvant dans sa veste puis l'alluma à l'aide de son briquet. Le vieux ne dirait rien. Fumer le calmait et l'aidait à se concentrer. Dans cette situation, il avait fortement besoin de quelque chose pour apaiser ses nerfs. Il ne quittait pas du regard l'homme aux armes bizarres, qui se décida enfin à parler encore.
« Désolé, mais si tu veux atteindre le grand Don Krieg, tu dois passer par moi, Gin. »
Gin. Pourquoi portait-il le nom d'un alcool ? Enfin, ce n'était pas le problème pour le moment. Au moins, il connaissait leurs noms à présent. Le coq blond remarqua que son attaque avait été l'élément déclencheur pour engager le combat. Les cuisiniers ainsi que les hommes venus en bateau se livraient une bataille sans pitié, chacun agissant pour ses intérêts. Les uns pour protéger le Baratie, les autres... Eh bien... Pour les vaincre. D'après ce qu'il avait compris, il s'agissait d'une histoire de règlement de compte.
Peu importe, il devait vite les battre afin d'éviter d'endommager le restaurant encore plus. Il s'assurerait de leur envoyer la facture pour les vitres. Et dire que celles de l'entrée du restaurant venaient tout juste d'être réparées après l'arrivée de Luffy... Sans l'avouer à lui-même, il regretta son absence : s'il était réellement un pirate, alors cela voulait dire qu'il était fort. Il aurait pu les aider. Néanmoins, le cuistot avait appris à ne compter que sur lui-même, quand bien même Zeff avait toujours représenté une sorte de support.
L'algue verte devait aussi être puissante. Il avait la réputation d'être le célèbre chasseur de pirates. Ses trois katanas auraient pu en effrayer pas mal et il ne se débrouillait sûrement pas trop mal. Sanji s'en voulut de songer cela. Il ne reconnaîtrait jamais la puissance de cet homme qu'il méprisait totalement. Mais tant qu'à l'utiliser à son avantage... Des trois, il était le plus puissant, il n'en doutait pas une seconde : son aura le prouvait.
Usopp, en revanche, n'aurait pas servi à grand-chose. Il pariait qu'il serait tout-à-coup atteint d'une maladie l'empêchant de se battre à leurs côtés s'il se trouvait là. Il paraissait frêle et ne savait pas se battre. Il ne serait qu'une gêne s'il venait ici. Sanji ne voulait pas leur en devoir une. Il refusait d'avoir une dette auprès de pirates. Il sympathisait avec eux uniquement pour ensuite les faire souffrir. Les pirates étaient des êtres méprisables et détestables. Il aurait souhaité plus que tout ne plus jamais en croiser de sa vie, or il n'avait pas eu le choix.
Par chance, les hommes ici présents n'avaient pas l'air d'avoir mangé un fruit du démon. Du coin de l'œil, il aperçut Zeff qui combattait le fameux Don Krieg. C'était lui qui lui avait appris à se battre après qu'il lui avait demandé de l'aider à devenir plus fort. Il refusait de revivre la même scène que lors de son enfance. Il n'avait plus d'ennemi contre lequel se venger, or il entendait bien protéger ce que son sauveur chérissait plus que tout : le Baratie.
Il détourna rapidement son attention de son père adoptif lorsque Gin se jeta sur lui dans l'intention de le blesser, vraisemblablement même de le tuer. Mais il ne le laisserait pas faire, on ne tuait pas un cuisinier du Baratie aussi facilement. Sanji esquiva ses assauts avec souplesse et tenta de donner un coup de pied qui fut esquivé. Il semblerait qu'il lui faudrait sortir les mains de ses poches. Cela n'était pas arrivé depuis longtemps, d'habitude seules des mauviettes les attaquaient.
Du coin de l'œil, Sanji remarqua des subalternes qui se dirigeaient vers lui avec leurs armes, dans l'intention de ne pas lui faire de bien. Pour attaquer plusieurs ennemis à la fois, il ne pouvait pas garder ses mains dans les poches. À la vitesse de l'éclair, il se mit sur ses mains puis tourna autour de lui-même, frappant tous ses assaillants en même temps. Seul Gin évita l'attaque en reculant de quelques pas. Il était le seul à posséder un cerveau, apparemment.
Alors qu'il se relevait, Sanji entendit un bruit qu'il redoutait : le bois qui craque. Affolé, il tourna la tête pour assister à un spectacle bien minable : Zeff avait tenté de briser son armure, toutefois sa jambe de bois s'était cassé à son contact. Sa puissance faramineuse envoya Don Krieg valser quelques mètres plus loin, pour se relever indemne quelques secondes plus tard. Comment parvenait-il à supporter le poids de cette armure dorée ? Elle devait être incroyablement lourde, pourtant.
Ce n'était pas le problème le plus grave : le vieux chnoque n'avait plus qu'une jambe et ne pouvait plus se battre. Quel abruti, pourquoi avait-il tenu à avoir une jambe en bois plutôt qu'une prothèse, bien plus résistante ? Voilà à quoi cela l'avait mené, au final ! Sous le choc, le propriétaire du Baratie était tombé et tentait tant bien que mal de se relever ; ce n'était pas évident avec une seule jambe. Sanji voulut le rejoindre mais sentit à la place une douleur dans son dos. Ce lâche l'avait frappé alors qu'il avait le dos tourné ?
« Ton combat est avec moi, laisse-les régler leurs affaires. »
Jurant, Sanji lutta contre la douleur et esquiva tant bien que mal un autre coup de Gin en faisant un pas sur le côté : il présentait maintenant plus d'ouvertures. N'hésitant plus, le blond lui asséna un violent coup de pied dans le bas du dos. Ils étaient quittes dorénavant et il n'avait plus de temps à perdre. Alors qu'il tournait la tête vers l'infirme, il se rendit compte avec horreur que Krieg s'était assis sur lui, lui donnant un air totalement vulnérable et pitoyable. Qui était-il pour l'humilier à ce point ?
Les autres cuisiniers, en voyant la scène, poussèrent des cris d'humiliation, appelant leur directeur, comme si cela allait changer quelque chose. Au contraire, la situation empira avec les cris de douleur des employés : ils se faisaient attaquer alors qu'ils ne portaient plus leur attention sur leur combat. Ils étaient en mauvaise posture, ce n'était encore jamais arrivé. Toutefois, Sanji entendait bien les chasser. Il ne les laisserait pas agir comme bon leur semblait.
Gin se releva vivement, ne lui laissant pas le temps de souffler. Quand bien même il voulait affronter ce Don Krieg, il devait tout d'abord se débarrasser de son adversaire actuel. Il s'agissait là du moyen le plus rapide pour terminer cette bataille. Le bras droit de l'homme en armure était rapide, Sanji ne vit pas venir le coup qui le percuta au niveau du ventre en l'envoya voler quelques mètres plus loin. Toussant quelques instants, il fut obligé de se relever immédiatement s'il ne voulait pas subir à nouveau la même chose.
Une main sur son ventre, il se rendit compte que sa cigarette était tombée dans sa chute. De toute manière, toutes les cigarettes du monde ne parviendraient pas à le calmer. Il était énervé pour de vrai, à présent. Il refusait d'être faible encore une fois. C'était arrivé neuf ans plus tôt et il avait perdu tout ce à quoi il tenait. S'il échouait maintenant, il n'aurait plus rien. Sauf peut-être sa vengeance envers les pirates. Mais il n'aurait personne à qui se raccrocher. Il serait tout seul.
Peu importait la douleur, il se ferait soigner plus tard. Cela n'avait aucune importance. S'il perdait le Baratie, la souffrance serait pire et infinie. Il ne laisserait pas cela se produire. Il protégerait tout le monde, même ce foutu Patty qu'il ne pouvait pas blairer. Il n'était pas faible. Ne laissant pas à Gin le privilège du premier mouvement, il courut et para l'une de ses massues d'un coup de pied, pour finalement se prendre l'autre dans le ventre. Ces deux armes étaient un problème, il ne pouvait pas les éviter en même temps. De même, il refusait d'utiliser ses mains : si elles venaient à être blessées, comment cuisinerait-il ?
L'idéal serait de le désarmer d'une main. Sinon, il ne pourrait pas se défendre sans craindre une attaque double. Sans se décourager, Sanji répéta le même mouvement, bloquant l'un de ses bras, puis se baissa en arrière au moment où l'autre massue s'approcha. Il profita de la surprise de Gin pour bouger sa jambe et frapper au niveau de son épaule opposée, lui faisant perdre l'équilibre. Rien de bien méchant.
Le blond au sourcil étrange profita de sa position supérieure pour donner un coup dans l'une de ses mains, lui faisant lâcher prise et envoyant valser l'une de ses armes. La chance avait tourné, il n'avait plus rien à craindre d'une éventuelle attaque double. Alors que son adversaire se relevait, il lui donna un coup de pied dans le visage, faisant couler du sang de son nez. Il reprenait le dessus. Cela le soulagea : il pouvait gagner. Il pouvait sauver tout le monde.
Néanmoins, un rire attira son attention : Gin se releva doucement, une main qui se tâcha de sang sur son visage, le regard déterminé. Il était coriace, il parvenait encore à tenir debout après son coup ? Il n'avait plus qu'une arme et se trouvait par conséquent en mauvaise position. Sanji fronça les sourcils : il ne pouvait pas sauver Zeff si ce type persistait à se battre.
« Eh eh... Tu es quelqu'un d'intéressant. C'est la première fois que quelqu'un me tient tête comme cela. »
Il riait. Cette situation l'amusait. Il éprouvait du plaisir en se battant. Pourquoi ? Quel genre de monstre était-il ? Si le bras droit était ainsi, alors qu'en était-il du chef ? Sanji manqua de frissonner à cette idée. Il ne pouvait pas se laisser intimider. Il était capable de le battre, il lui suffisait d'avoir confiance en lui-même. Il ne pouvait pas laisser les ravissantes clientes à l'étage supérieur être blessées. Il ne se le pardonnerait jamais.
Cette fois, Gin prit l'initiative du premier mouvement. Par réflexe, Sanji porta une main à sa bouche pour n'y trouver aucune cigarette. Son costume était tout abîmé maintenant. Il allait devoir s'en procurer un autre. Quelle plaie. Enfin, c'était le cadet de ses soucis pour le moment. Il manqua de peu d'être touché par son adversaire qui se retourna rapidement afin de toujours lui faire face. Pour en finir au plus vite, il lui fallait des attaques puissantes. Sanji fit quelques pas en courant, sauta pour atterrir temporairement sur ses mains qui lui permirent de gagner en rapidité et de sauter à nouveau pour toucher Gin.
Ce dernier n'avait apparemment pas vu son coup venir et le prit en plein ventre. Il ne tomba cependant pas et reprit le combat de plus belle. Plus il était attaqué, plus il semblait gagner en puissance. C'était incroyable. Il n'était pas normal. Qu'est-ce que Zeff avait bien pu faire pour s'attirer des ennemis aussi puissants ? Serrant les dents, il tenta des simples coups de pieds en attendant d'avoir une bonne idée qui l'aiderait à le vaincre en quelques mouvements. Alors qu'il évitait les attaques de Gin, il se heurta contre Patty, lui aussi affairé de son côté.
« Abruti, tu ne peux pas faire attention où tu vas ? Je suis occupé, moi !
- La ferme, bouseux ! Qu'est-ce que tu fous à ne rien faire ? Pourquoi tu ne sauves pas Zeff ? C'est ton père, je te rappelle ! »
Sanji serra les poings tandis que Krieg leva la tête vers eux. Il venait d'entendre la conversation. Le fils de Zeff ? Pourtant, à sa connaissance, ce dernier n'avait pas d'enfant. Avait-il mal entendu ? Non, impossible, on lui avait toujours dit qu'il avait une excellente ouïe. Zeff aurait donc un fils. Neuf ans auparavant, il n'en avait pas, et ce jeune blond avait l'air d'avoir une petite vingtaine d'années. D'ailleurs, il parvenait à tenir tête à Gin, son fidèle second.
Il avait créé son gang, nommé l'Armada de Krieg, une vingtaine d'années plus tôt avec Gin. Ils n'étaient pas précisément amis, cependant il savait qu'il pouvait compter sur lui. De même, son second semblait avoir une certaine admiration envers lui, ce qui l'arrangeait dans ses projets. Il possédait une forte influence dans plusieurs quartiers depuis de nombreuses années. Sa vie avait été plutôt bien pendant environ dix ans, jusqu'à cette fameuse nouvelle. La mort de son frère, tué par Zeff le Rouge.
Dès lors, il l'avait cherché partout. Il aimait beaucoup son frère qu'il admirait. Celui-ci avait mangé un fruit du démon tout-à-fait redoutable, ce qui le rendait invincible. Il avait découvert des secrets du Gouvernement mondial mais avait finalement échoué dans sa quête du pouvoir avec tous ses suivants. Un témoin avait affirmé qu'il avait été tué par Zeff le Rouge, le même qui avait perdu sa jambe contre lui longtemps auparavant. Les deux étaient en quelque sorte des rivaux depuis toujours, et Zeff avait fini par l'emporter. Mais Krieg ne laisserait pas cet homme s'enfuir sans payer pour ses crimes.
Il ignorait d'où sortait ce fils, néanmoins il pourrait s'avérer utile dans ses plans. Il ne tuerait pas Zeff tout de suite, sinon il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Il s'était assis sur lui et il ne pouvait plus bouger. Il était totalement soumis. Krieg ne pouvait pas rêver mieux : il allait pouvoir mener à bien sa vengeance. L'unijambiste allait souffrir comme lui-même avait souffert en apprenant la mort de son frère neuf ans plus tôt. Quoi de mieux que de le faire assister à la mort de son enfant ?
Alors que la bataille reprenait de plus belle entre le blond et Gin, le chef du gang sortit une arme à feu cachée quelque part dans son armure et la pointa sur la tête de Zeff. Il lui fallait maintenant attirer l'attention de tous les combattants ici présent puisqu'ils étaient chacun absorbés par leurs combats.
« Eh, petit. Le fils de Zeff, hein ? Je ne savais pas qu'il en avait un. »
A ces paroles, Sanji tourna la tête pour assister avec horreur à la scène sous ses yeux : Krieg assis sur le vieux chnoque complètement impuissant sans sa jambe de bois, un pistolet collé contre sa tête. Une terreur l'envahit : arrivait-il trop tard ? Ne pouvait-il donc pas le sauver ? Pourquoi n'était-il pas plus fort ? S'il l'était, alors il se serait débarrassé de Gin depuis bien longtemps et cet événement ne serait plus que de l'histoire ancienne.
Quand bien même il tournait le dos à son adversaire, ce dernier ne l'attaqua pas. Il attendait de connaître les intentions de son chef avant de le frapper dans le dos. Si Krieg avait attiré son attention, il devait avoir une bonne raison. Sanji réalisa à ce moment précis que leur ennemi avait parlé de leur lien de parenté. Comment le connaissait-il ? Aurait-il entendu Patty ? Cet idiot ne pouvait-il pas apprendre à parler moins fort ? Il espérait que cela n'allait pas attirer plus d'ennuis. S'il savait à quel point il se trompait...
« Tu tiens à ton père, n'est-ce pas ?
- Pff, ce vieux chnoque peut bien aller en Enfer, je m'en fiche.
- Vraiment ? Dans ce cas tu ne vois pas de problème à ce que je le tue moi-même. »
Sanji soutint le regard de Krieg qui ôta le cran de sécurité et toucha la tête de Zeff avec le bout de l'arme meurtrière. Sans même réfléchir, le cuistot blond courut en direction de Krieg pour être finalement stoppé par Gin, une fois de plus. Il ne pouvait pas laisser le vieux mourir. Il lui en devait une. Il lui devait même sa vie. Sans lui, il ne serait plus rien. Il ne pouvait pas laisser Krieg le tuer sous ses yeux. À sa réaction, ce dernier esquissa un sourire sadique qui n'envisageait rien de bon.
« Je vois que tu n'es qu'un sale hypocrite. Si tu tiens tellement à lui, alors simplifie la tâche de Gin. Si tu te laisses faire, je laisserai peut-être ton père en vie. »
… Quoi ? Le monde s'arrêta autour de Sanji pendant quelques instants. Que... Il se faisait totalement dominer, le vieux n'était pas en mesure de se dégager et les cuisiniers peinaient à prendre le dessus sur tous les délinquants qui avaient débarqué. N'était-il donc en mesure de protéger personne ? Pétrifié, il ne parvenait pas à bouger. Comment en étaient-ils arrivés là ? C'était juste un soir comme les autres... Ou presque. Pourquoi Patty avait-il laissé ces hommes rentrer ? Ils n'en seraient pas là si c'était le cas !
Perdu dans ses pensées, Sanji fut durement ramené à la réalité après un violent coup de cette massue en métal contre sa joue qui l'envoya au tapis. Il sentit un goût métallique se propager dans sa bouche, la douleur se fit encore plus présente. Malgré tout, il se releva à nouveau pour recevoir une nouvelle attaque au niveau de l'épaule. Autour de lui, les cuisiniers criaient son nom d'une voix désespérée. Les deux meilleurs combattants se laissaient mener par le bout du nez.
Zeff serra les dents en voyant cette scène. Il ne pouvait pas supporter de voir cela. Pourquoi cet abruti se laissait-il faire ? Il se relevait pour mieux se faire frapper. Il sentait que son protégé était à court d'idées et qu'il était totalement misérable. Il comprenait qu'il agissait pour son bien, néanmoins il refusait de le voir se faire massacrer de la sorte.
« Sale petit cornichon ! Tu penses vraiment que j'ai besoin d'un minable comme toi pour me protéger ? Tu me fais honte ! »
Sanji, debout tant bien que mal, tourna lentement sa tête couverte de sang vers le propriétaire du Baratie, l'air extrêmement sérieux. Il ne plaisantait pas ; lui non plus. Cette situation s'aggravait plus à chaque seconde qui s'écoulait. N'existait-il donc pas de miracles ? Sanji prit une cigarette d'une main tremblante et l'alluma tant bien que mal. Il éprouvait des difficultés à réprimer les tremblements de son corps. La vache, qu'est-ce qu'il avait mal ! Mais si c'était le prix à payer pour sauver tout le monde, il l'acceptait.
« La ferme, vieux chnoque. Je rembourse ma dette. Tu m'as sauvé la vie, je sauve la tienne.
- Je me fous de ce que tu peux bien songer ! Tu penses vraiment qu'il tiendra parole et partira gentiment une fois que ce type t'aura tué ?
- C'est un risque que je suis prêt à courir. »
Les employés ne pouvaient que regarder, impuissants, en faisant toutefois attention à leurs adversaires, Sanji se faire littéralement massacrer. Une peur les envahit tous : à ce rythme là, il allait mourir. S'il mourait, Zeff ne s'en remettrait jamais. Tous pouvaient voir à quel point cette situation le révoltait. Si cette armure extrêmement résistante n'avait pas cassé sa jambe de bois, il n'aurait fait qu'un bouchée de ce Krieg, lequel regardait la scène avec amusement.
Malgré ses blessures, Sanji persistait à se relever après chacun de ses coups, quand bien même il tremblait plus à chaque fois. Il faisait pitié à voir. Lui, l'homme si fier qui tenait tête sans cesse à Zeff et aux autres cuistots se faisait tuer à petit feu. Et, le pire, c'était qu'il ne se défendait pas. Il n'essayait même pas. Ils ne pouvaient pas laisser Sanji mourir. Carne, révolté, se dirigea vers Gin, son couteau en l'air, prêt à le blesser le plus possible. Cependant, son attaque fut aisément déviée par sa massue en métal. Zeff n'en pouvait plus d'assister à cette scène.
« Arrête ça, Sanji ! Je ne t'ai pas sauvé il y a neuf ans pour que tu fiches ta vie en l'air ! Même si tu n'es pas mon fils, je te considère comme tel ! »
Cette déclaration stupéfia tous les membres du restaurant. Sanji... N'était pas le fils de Zeff ? Les coqs se regardèrent entre eux, l'air de dire : « je m'en doutais ! ». Ils avaient toujours eu quelques soupçons, mais rien de fondé. Leur supérieur hiérarchique venait de leur présenter la vérité sur un plateau d'argent. Une question subsistait tout de même : s'il n'était pas son fils, alors qui était-il ? Et que s'était-il passé neuf ans auparavant ?
Le plus surpris était sans conteste Sanji. Ses yeux écarquillés le prouvaient, de même que son corps pétrifié. Il l'avait appelé par son prénom. Ce n'était pas arrivé depuis des années. Très vite, il s'était mis à l'appeler « petit cornichon » ou bien des surnoms dans ce genre-là. De plus, il ne lui avait jamais révélé ouvertement ses sentiments jusqu'alors. Entendre une telle déclaration paraissait presque irréel. Rêvait-il ? Il ne put s'empêcher de sourire légèrement, une fois ses esprits retrouvés.
Krieg haussa un sourcil : alors ce Sanji n'était pas son fils biologique ? Il s'en serait douté ; après tout, ils ne se ressemblaient pas du tout, sauf peut-être dans leur style de combat. Cependant, un autre détail attira plus particulièrement son attention : il affirmait lui avoir sauvé la vie neuf ans plus tôt. Son frère était mort neuf années auparavant. Y aurait-il un lien ? Le chef de l'Armada de Krieg n'avait pas eu vent de toutes les activités de son frère, or celui-ci lui avait parlé de sa dernière mission.
Il avait entendu parler d'un livre rare détenu par des personnes dans le nord du pays. Néanmoins, elles avaient refusé de parler et il avait dû les achever. Il l'avait eu au téléphone juste après cet événement, avant d'être interrompus par Zeff qui l'avait finalement tué. Si l'unijambiste avait sauvé la vie de ce blond, y avait-il un rapport avec cette histoire ? Alors qu'il établissait des liens, ses yeux s'écarquillèrent : était-il le fameux survivant potentiel dont son frère lui avait parlé ? Si c'était le cas, alors... Il posa le regard sur l'homme qui venait d'être à nouveau frappé et se trouvait allongé sur le sol. Il ne se relèverait probablement pas.
« Eh, toi ! Tu ne serais pas... »
Krieg n'eut pas l'occasion de finir sa phrase. Il fut interrompu par un mur qui explosa en face de lui. Avant d'avoir l'occasion de réagir, un projectile le projeta en arrière et il se cogna fortement la tête. Son armure protégeait son corps, mais pas sa tête... Qui avait osé lui tirer dessus ?! Une silhouette se releva dans un nuage de poussière, excitant la curiosité de toutes les personnes présentes dans cette salle. Qui cela pouvait-il bien être ? Un silence s'imposa parmi l'assemblée, lequel fut brisé par une voix puissante.
« Sanji ! De la viande ! »
