Résumé : Il ne peut pas contrôler ce qu'il déteste.


Colère

Quand il voit Ryouta jouer pour la première fois, il a envie de grogner. Il a rarement d'intuition lorsqu'il s'agit de personnes, mais quand il en a, il a souvent raison.

Ils n'allaient pas s'entendre du tout.

Il déteste la manière qu'a Ryouta de copier les mouvements. Il déteste sa manière presque parfaite. Il déteste leurs manières si semblables. Sont-ils supposés disputer la place de copycat au sein de l'équipe ? C'est une blague de mauvais goût. Ce gars peut pas le battre. Shougo est meilleur et il est hors de question qu'il perde.

C'est probablement la raison pour laquelle il a besoin, à chaque occasion qui lui est présentée, de prouver sa supériorité à un faiblard comme Ryouta. Il ne peut pas supporter les regards impressionnés que le mec reçoit, parce que bordel de merde, pas besoin d'en faire tout un plat. Ok il peut jouer au basketball après un si court laps de temps, et alors ? Est-ce qu'ils vont le féliciter et lui donner une récompense ou quoi ? Ces admirateurs sont une bande de crétins – Shougo est reconnaissant envers ceux qui méprisent Ryouta autant que lui. Au moins ils ont un peu de jugeote.

Malmener et brutaliser quelqu'un ne fait d'ordinaire pas partie de ses activités, mais il se trouve qu'il apprécie le faire à la cible de son récent dédain. Il aime le voir éclater de rage. Il aime le faire montrer sa véritable nature. Shougo n'est pas dupe ; il sait que Ryouta n'est pas aussi gentil et généreux qu'il ne le prétend. Son joli minois dissimule des sentiments bien plus laids, presque aussi mauvais que ceux de Shougo.

Shougo certes déteste ce sourire enjoué et factice, mais il aime les émotions brutes que ces yeux réfléchissent.

Ainsi il fait en sorte de tordre ce sourire en une grimace bien plus plaisante, car c'est si divertissant d'être témoin du changement radical qu'un même visage peut dévoiler. C'est presque devenu une obsession, un but à atteindre dès qu'il le voit.

Shougo le hait, le hait, le hait. Il le hait donc il veut le souiller avec de vicieuses taches rouges mêlées à de la folie. Les furieuses empreintes sur la peau blanche le méprisent tandis que des orbes ambres brûlent de ressentiment. Des yeux gris et amers soutiennent ce regard.

— Je vais putain de détruire ce qui te sert de visage, il crache un jour.

— Essaie pour voir, la réponse de Ryouta est pratiquement automatique.

Shougo ne peut pas s'empêcher de vouloir réduire le visage de Ryouta en miettes.

On dit que les gens ont tendance à casser ce qu'ils aiment le plus.


La haikiseweek me traîne dans la boue :3c