Mes examens sont enfin finis. Je revis !
Heylizou - Je n'ai jamais songé une seule fois à l'ONU, à vrai dire, en échafaudant cette fic. Le Gouvernement mondial est effectivement une organisation internationale, mais à laquelle les États sont soumis : elle n'est pas constituée par les États eux-mêmes, ils y sont subordonnés, comme dans l'histoire originale. Tu peux dire que c'est un État recouvrant tous les autres, en quelques sortes. Si le passé de certains personnages (Sanji & Nami, hein) n'a pas été vraiment abordé, ce n'est pas par manque de temps, c'est parce que je le réserve pour plus tard. Quant à Luffy qui veut devenir détective, il ne faut pas chercher aussi loin ^^ La réponse est dans l'animé, en plus.
All Ends – Still believe
Tous ces événements paraissaient si irréels. Sanji n'aurait jamais cru que l'eau glacée pouvait affecter quelqu'un à ce point. Il avait passé son temps à hurler à Luffy de ne pas s'endormir tout en tentant de garder les yeux ouverts. Ce liquide glacé constituait une forme d'anesthésiant : il avait fini par ne presque plus sentir son corps et s'endormir.
Cependant, cela faisait désormais partie du passé. Arrivé sur la terre ferme, il se laissa tomber, toujours Luffy avec lui. Son capitaine paraissait sur le point de partir pour le pays des rêves. Très mauvais signe. Le cuisinier le secoua de manière à le réveiller, lorsque des voix attirèrent son attention. Des personnes approchaient.
Malgré son corps engourdi, Sanji trouva en lui la force de se lever avec son capitaine puis de se cacher derrière des buissons. Par sécurité, il mit une main sur la bouche du plus jeune. Ils n'étaient pas en état de se battre. Ils avaient froid et la fatigue commençait à le gagner après tous ces efforts. En revanche, si un combat était engagé d'ici quelques heures, cela ne lui poserait aucun problème.
Luffy, réveillée en raison de toute cette agitation, commença à bouger, uniquement pour être finalement retenue fermement par le blond, lequel lui intima de se faire discret. Enfin, encore fallait-il que ce mot fît partie de son vocabulaire. Pourquoi en doutait-il à ce point ? Le pirate, perdu, suivit le regard de son ami pour assister au même spectacle.
Une demi-douzaine d'hommes-poissons marchaient le long de la petite plage. Ils étaient tellement différents, c'était fascinant à regarder : leurs couleurs, leurs physionomies ne se ressemblaient pas. Le nombre de bras variait tandis que certains possédaient de nageoires. Quel groupe étrange. Bien qu'ils fussent mal placés pour affirmer une telle chose. Aucun ne sembla les remarquer.
Tapi dans sa cachette, Sanji les entendit vaguement parler d'un village ainsi que d'armes cachées. Décidément, il réfléchissait mieux en fumant. Saisissant le paquet dans la poche de sa veste, il se rendit compte avec dépit qu'elles étaient totalement trempées. Il allait devoir s'en passer pour le moment. Quel gâchis.
Une fois qu'il fut certain que les tritons avaient disparu de leur champ de vision, le cuisinier lâcha son capitaine puis s'avança en direction de la mer, l'air songeur. Ils étaient arrivés à bon port. À présent, la question était : que faire ? Ils ne savaient pas par où commencer et ils avaient été séparés. De même, ils ignoraient quel était le secret de Nami.
Subitement, il se tourna vers Luffy, lequel courait partout, s'extasiant devant n'importe quoi. Peut-être devrait-il faire confiance à son instinct. Étrangement, il n'avait pas de mauvais pressentiment. Esquissant un sourire, il lui posa la question. Cela suffit à attirer son attention plus de cinq secondes. L'un de ses sourires se dessina sur son visage.
« On cherche Nami. »
Usopp courait. S'il avait su que cela finirait de la sorte, il n'aurait jamais attaqué l'un de ces tritons. Toutefois, en les voyant menacer cet homme au visage balafré, son sens de la justice avait primé sur tous ses autres sentiments. À présent, son côté peureux et lâche avait repris le dessus. Et il tentait de sauver sa peau.
Celui-ci avait intérêt à le remercier correctement s'il s'en sortait vivant. Ses jambes ne connaissaient pas la fatigue, elles le menaient dans des endroits divers. Et les hommes-poissons persistaient à le suivre.
Mais que se passait-il sur cette île ? Pourquoi y avait-il des tritons ? Comment faisaient les habitants pour vivre dans la terreur permanente ? Ce n'était pas supportable. De même, quel était le rôle de Nami dans cette histoire ? D'après ce qu'avait cette créature sur le bateau, elle se situerait dans leur camp.
Usopp refusait d'y croire. Ils avaient dû l'y forcer. Ces types étaient ceux qui la faisaient souffrir , il n'en doutait pas un seul instant. À présent, la question était : où se trouvait tout le monde ? Il était clair que, pour sauver leur amie, il fallait les vaincre. Tout seul, il ne pouvait rien faire. Et il n'avait franchement pas envie de mener une mission suicide, surtout quand il pouvait s'en passer.
La meilleure option était de trouver Sanji et Luffy. Ils devaient normalement être ensemble. Il ne doutait pas un seul instant que ces deux monstres se trouvaient sur l'île. Quant à Zoro... Le Sénégalais serra les dents. Il espérait sincèrement qu'il était sain et sauf. Enfin, il en faudrait plus pour tuer ce démon. Pour le moment, il valait mieux s'occuper de lui-même.
Ses pensées furent néanmoins toutes autres au moment où il aperçut la silhouette devant lui. Ce fut comme si tous ses soucis s'envolaient tout d'un coup. Usopp voulut appeler son nom, or l'expression de son visage manqua de le faire ralentir sous l'effet de la surprise.
Toutefois, il jura avoir vu une expression de surprise mélangée à de la terreur, ne serait-ce qu'une seconde, au moment où elle l'avait aperçu. Maintenant était une bonne occasion pour lui poser des questions. Les hommes-poissons paraissaient loin dorénavant, son don pour la fuite avait une fois de plus porté ses fruits.
Quelle ne fut pas sa réaction lorsqu'elle sortit un couteau. Que comptait-elle faire avec ? Elle n'oserait tout de même pas... Usopp se rendit compte de sa véritable intention trop tard. Il ne put que voir la lame foncer vers son ventre en hurlant.
Enfin un village. Sanji soupira de soulagement. Il n'était pas contre un encas ; il ne cachait pas qu'il avait un petit creux. Cela ne pouvait cependant pas rivaliser avec l'estomac sans fin de Luffy. Une simple assiette lui suffirait.
En se rapprochant, le blond remarqua avec dépit que la maison qu'il avait aperçue ne faisait malheureusement pas partie d'un village. Il n'y avait rien autour. Néanmoins, avec un peu de chance, il y aurait un propriétaire généreux, prêt à leur donner l'hospitalité le temps d'un repas. Si un triton n'habitait pas ici. Étrangement, il en doutait.
Sanji se dirigea vers la porte d'entrée et s'apprêta à frapper lorsqu'un détail à l'arrière attira son attention. Ignorant le vent frais sur ses cheveux et ses vêtements trempés, celui-ci contourna la maison pour tomber sur un spectacle singulier.
Ce n'était pas possible, il avait dû se tromper. Cela ne pouvait pas être ce à quoi il pensait. S'accroupissant, il saisit l'objet de son attention dans la paume de sa main sans l'arracher de sa source. Impossible...
« Des oranges ? Dans ce pays, en cette saison ? »
Bien évidemment, Luffy ne cacha pas sa joie et courut dans tous les sens en poussant des cris. Après toute cette marche, elle avait fichtrement faim. Elle avait dû louper au moins deux repas ; il fallait compenser ce manque ou elle perdrait absolument toutes ses forces. Saisissant une orange bien... Eh ben, bien orange, la jeune fille s'apprêta à l'arracher afin de l'avaler toute entière lorsqu'une voix ferme l'arrêta.
Un homme d'une bonne quarantaine d'années au visage balafré pointait un fusil dans leur direction. Des gouttes de sueur coulaient le long du visage de Luffy tandis qu'elle le fixait d'un air plus ou moins horrifié. Sanji, de son côté, se mit en position de défense. Pourquoi se fourraient-ils toujours dans le pétrin ?
Mais, surtout, pourquoi Luffy réagissait-il de la sorte ? Ce n'était pas la première fois que quelqu'un pointait une arme vers lui. Y avait-il des effets secondaires lorsqu'il restait trop en longtemps en contact avec l'eau de mer ? Sans compter qu'il était encore mouillé. Pourtant, ce n'était pas dans ses habitudes de montrer sa peur (à supposer qu'il connût cette émotion), peu importait la situation.
Serrant les dents, Sanji envisagea différents scénarios. Son capitaine était dans un état vulnérable ; il devait par conséquent éliminer toute menace. Cependant, cet homme protégeait simplement son terrain envahi par deux inconnus. Il s'agissait d'une réaction normale. Ils pourraient assurément dissiper ce malentendu.
« N'ayez crainte, nous...
- Un moulin ! Il a un moulin sur la tête ! Tu as vu ça, Sanji ? »
L'intéressé ne put masquer sa stupeur ; l'homme devant eux non plus. Dans les yeux du jeune garçon brillaient des étoiles. C'était donc cela... Un espèce d'hélice se trouvait sur la casquette de l'inconnu et tournait en fonction du vent. Pourquoi ne s'en était-il pas rendu compte ?
Face à eux, l'homme paraissait pris de court mais toujours méfiant. Normal, après tout. Cette île semblait être sous la menace des hommes-poissons, dans la peur constante. Ils ne pouvaient pas faire confiance à des inconnus, aussi humains fussent-ils.
« Pardon pour le dérangement. Le bateau sur lequel on voyageait a rencontré quelques problèmes et nous avons été séparés de nos amis.
- Eh, monsieur, vous connaissez Nami ? »
Genzô les fixa, à nouveau stupéfait. Qui étaient-ils ? Comment connaissaient-ils Nami ? Elle ne leur aurait jamais parlé de sa situation, il n'en doutait pas une seule seconde. Pourtant, ils se trouvaient ici, sur cette île méconnue de tous. Par quels moyens diable y étaient-ils arrivés ?
Puis, il se rendit compte d'un détail : l'intrus au sourcil douteux avait parlé d'un problème de bateau. Avaient-ils navigué à bord du bateau de la Marine qui était censé les secourir, en vain ? Ils n'avaient en aucun cas l'air d'être des soldats du Gouvernement mondial au service de la Justice. Dans ce cas, qui étaient-ils donc ?
Sans doute l'homme de tout à l'heure était-il l'un de leurs amis. Un jeune Africain avait distrait Arlong, lequel avait été sur le point de le tuer pour avoir caché des armes. Ce qu'il ne savait pas, c'était qu'il y en avait d'autre dans le terrain de Bellemere. Cet endroit était particulièrement riche en sous-sol.
Ces jeunes hommes connaissaient Nami. Toutefois, ils n'avaient pas l'air d'être ses ennemis à sa poursuite pour se venger mais plutôt ses... Amis ? Cette pensée lui parut totalement absurde. Il la connaissait depuis toujours. Elle ne se serait jamais permis d'être heureuse après ces événements. Pas avant d'avoir fait tout son possible pour soulager sa conscience.
Sans doute s'agissait-il d'un piège. Pourtant, jamais les hommes-poissons n'auraient recours à des humains dans leurs plans. Et le visage innocent du garçon au chapeau de paille ne lui inspirait que de la confiance. Comment s'en étaient-ils retrouvés là ? S'ils étaient réellement des amis de Nami, cela ne faisait qu'empirer sa situation. Il ne pouvait pas les laisser faire.
« Si vous êtes des amis de Nami, partez de cette île avec vos amis, pour votre bien.
- Pourquoi ? Protesta Sanji. Nous savons qu'elle est en danger, nous avons trouvé ses cartes ! Et, en tant que prince, je ne peux laisser une femme souffrir. »
Sur quels énergumènes était-elle bien tombés ? Le blond serait-il amoureux d'elle ? Genzô refusa d'y penser. Ce type était louche. Il n'accepterait pas qu'il la touche. Sa pauvre Nami... Il ne la méritait pas. Celui-ci pointa une fois de plus le fusil dans leur direction, l'air plus menaçant que jamais.
« Je vous le redis une dernière fois. Partez de cette île. L'un de vos amis a tiré sur les hommes-poissons. Retrouvez-le avant qu'il ne soit trop tard et allez-vous-en. »
Sanji frissonna. Usopp. Dans quelle galère cet idiot s'était-il fourré ? Sans doute était-ce à cause de ses très courtes périodes d'héroïsme. À présent, il devait probablement être en train de courir pour sauver sa peau. C'était mauvais signe. Le blond lui en devait toujours une depuis leur combat contre Gin.
Celui-ci fit quelques pas pour partir lorsqu'il s'aperçut que Luffy ne bougeait pas d'un pouce et se contentait de fixer l'homme au visage balafré. À quoi pensait-il, à supposer qu'il fût doué de cette capacité ? À la place, il s'étira les bras.
« Qu'est-ce que tu fais, Luffy ?
- Je vais me balader, pourquoi ?
- Et Usopp, alors ? »
En guise de réponse, son capitaine sourit à pleines dents. Il avait confiance. Il savait qu'il n'avait pas besoin d'intervenir. Sanji soupira et partit d'un côté tandis que Luffy s'en alla de l'autre, laissant derrière eux un homme perdu, qui ignorait comment les chasser de l'île, puisque le fusil ne suffisait pas. Il avait un mauvais pressentiment.
« Je vous en prie, partez, murmura-t-il à lui-même. Nami n'en souffrira que plus... »
Vous allez mourir.
Cette île n'était pas normale. Voilà la conclusion à laquelle était arrivé Zoro. D'abord des hommes-poissons, et maintenant les paysages se ressemblaient. Il jurerait être passé à côté de cet arbre au moins trois fois. Y aurait-il un pirate doté d'un pouvoir de répétition dans le coin ? Il fallait rester vigilant.
Sa priorité était de trouver Luffy. Usopp retrouverait son chemin tout seul et le cuistot pervers pouvait bien aller crever. Il s'en moquait éperdument. Ils se situaient tous les quatre sur cette île, il en était persuadé. Restait à les trouver.
Zoro savait que Luffy allait bien, malgré ce contact avec l'eau de mer. Il s'en voulut de ne pas avoir été là pour l'empêcher de couler. Saleté de blessure. Il n'était pas assez fort. En rentrant, il s'entraînerait encore plus dur. Il ne décevrait plus son capitaine.
Celui-ci aurait souhaité poser des questions à Nami lorsqu'elle l'avait libéré, or elle s'était éclipsée l'instant d'après. Sale sorcière. Pourquoi ne leur simplifiait-elle pas la tâche ? Ils agissaient dans son intérêt. Son visage avait trahi ses émotions. Et elle l'avait repêché lorsqu'il avait sauvé dans l'eau.
La véritable question était : pourquoi refusait-elle leur aide ? Ils n'avaient absolument pas peur des hommes-poissons. Pourquoi les craindraient-ils ? Surtout qu'il devait devenir le meilleur sabreur qu'il soit ; de tels adversaires ne l'effrayaient pas le moins du monde. Au contraire, c'était même tout-à-fait excitant.
Le jeune Japonais esquissa un sourire. Il avait hâte de tenter l'expérience , laquelle s'annonçait fortement prometteuse. Enfin, il rencontrait de puissants adversaires. Suivre Luffy ce soir-là n'avait décidément pas été un mauvais choix. Les événements prenaient une tournure intéressante.
Alors que le paysage commençait enfin à changer, Zoro s'arrêta net. Il sentait quelque chose. Quelque chose de puissant. Cette aura l'attirait. Il ignorait complètement de quoi il pouvait s'agir ; serrant Wadô Ichimonji, il suivit sa trace. Ce n'était pas loin. Quelle puissance écrasante... Et maléfique. Qu'est-ce que cela pouvait-il bien être ? Car, au fond de lui-même, il sentait que ce n'était pas humain. C'était d'autant plus déroutant qu'il ne savait pas à quoi s'attendre.
Malgré tout, il n'était fondamentalement pas contre un défi. Il commençait presque à s'ennuyer. Son sang s'accéléra dans ses veines. Il aimait cette sensation d'excitation, d'inconnu. Venir sur cette île constituait décidément une excellente idée, il penserait à remercier Usopp plus tard. Un petit échauffement avec cette aura avant les hommes-poissons semblait parfait.
Bien avant d'avoir pu compter les minutes mises pour arriver à destination, Zoro fronça les sourcils en contemplant la scène devant lui. Il n'y avait cependant pas d'erreur, il s'agissait bien de la source de cette présence devenue oppressante. Jamais dans sa vie il n'aurait envisagé un tel scénario.
Un autel protégé par une sorte de demi-cabane en bois se trouvait en plein milieu de la minuscule forêt. Néanmoins, il ne s'agissait que de décorations à côté de l'objet régnant sur l'autel. Celui-ci constituait l'origine des ondes.
Roronoa ne put s'empêcher de sourire alors que des gouttes de sueur perlaient son front. C'était exactement ce dont il avait besoin. Il n'aurait manifestement pas pu rêver mieux. Encore un peu, et les tritons n'auraient qu'à bien se tenir face à leur défaite inévitable. Il ignorait comment cet objet de valeur était arrivé là, néanmoins il entendait bien en faire bon usage.
Un sabre japonais à l'apparence particulièrement vieille constituait le centre total de l'attention. Même un ignorant sentirait inconsciemment l'aura s'en émanant. Mais seul un véritable épéiste pouvait comprendre qu'il était maudit. Cette malédiction représentait la source de sa puissance. Un katana aussi puissant que redoutable.
Il lui plaisait bien. Beaucoup, même. Cette lame l'aiderait à atteindre son but si elle entrait en sa possession. Elle lui lançait un défi qu'il avait bien entendu l'intention de relever. Comment pourrait-il reculer ? Il avait fermement décidé de le prendre. Il semblait se trouver là depuis longtemps.
S'approchant de plus près, Zoro le contempla plus en détail ; quand bien même le sabre semblait japonais, il y avait dans son style quelque chose de différent. Comme pour Wadô Ichimonji. Les deux étaient des katanas terriblement anciens ; avaient-ils été créés par le même forgeron ? Il l'ignorait et s'en moquait pas mal, à vrai dire.
S'il en était ainsi, alors l'épéiste relevait le défi. Saisissant le sabre mystérieux d'une main, il sentit soudain une violente puissance l'envahir, le faisant presque fléchir. Il ne s'était sincèrement pas attendu à une réaction aussi brutale ; or, il ne perdrait pas. Il l'avait juré à Luffy.
Le sabre essayait de le posséder, de forcer le passage. Il eut presque l'impression que quelque chose dans son corps réagissait. Et le pire était que cette sensation lui paraissait familière. Celui-ci se rappela tout à coup pourquoi : c'était ce qui lui arrivait lorsqu'il croisait un pirate, avant que Luffy l'eût sauvé de sa haine.
Pourtant, Zoro avait l'impression que cela était arrivé récemment. Mais quand ? Peu importe, il comptait gagner sans cette chose qui avait l'air de faire partie de lui-même. Il deviendrait le meilleur sabreur du monde grâce à sa propre force en restant conscient des événements. Il ne se laisserait plus emporter.
« Trouve-toi toi-même, Zoro. »
Les paroles de son maître résonnèrent dans sa tête. Il portait un grand respect envers son père adoptif qui lui avait tout appris. Sans lui, il ne serait jamais devenu celui qu'il était à présent. Les ténèbres le consumeraient encore quelque part au Japon. L'emprise du sabre faiblit de manière à peine visible. Mais c'était déjà un début.
« Je ne veux pas d'un compagnon qui est guidé par la haine. »
Luffy. Sans lui, il se serait complètement perdu lui-même. Il aurait tué Baggy tout en étant sous l'emprise de la haine. Jamais plus il n'aurait pu devenir le meilleur bretteur du monde. Il ne serait pas capable de surpasser Mihawk. Ce dernier l'avait épargné dans la mesure où il avait senti son potentiel, lequel aurait été caché par ses sentiments négatifs. L'emprise du sabre se dissipa un peu plus.
« Je ne veux plus jamais te voir comme ça. »
Ordre du capitaine. Zoro se devait de le suivre et n'avait définitivement pas l'intention de l'ignorer. Quel genre de second serait-il s'il ne pouvait même pas obéir à un ordre aussi simple ? Ce n'était rien à côté de ce que son capitaine avait fait pour lui. Celui-ci sourit, sentant qu'il prenait le contrôle sur le sabre.
« Je te promets... De ne plus jamais perdre. Ça te va, seigneur des pirates ? »
Exact. Il ne pouvait pas perdre maintenant. Il n'en avait pas le droit. Il en avait fait la promesse. De même, il devait aider Luffy dans l'accomplissement de son rêve tout en réalisant le sien. Le meilleur épéiste du monde était requis aux côtés du seigneur des pirates.
Zoro devait le retrouver. Il lui fallait l'avertir des événements dont il avait été témoin. Même si l'idée d'aller lui-même tout de suite battre ces hommes-poissons était terriblement tentante, cela ne plairait pas à son capitaine s'il ne lui laissait pas une part du travail.
Il voulait être à ses côtés. C'était à présent son souhait. Il lui était fidèle et ne l'abandonnerait pas à cause de la malédiction d'un katana. Quelle honte ce serait. Le futur meilleur sabreur du monde, celui qui surpasserait Mihawk ne pouvait pas s'abaisser à un tel niveau. Sinon, il ne pourrait plus jamais le regarder en face.
Sa faire battre par un sabre maudit. Quelle humiliation. Zoro avait confiance en sa force de même que sa bonne étoile pour le vaincre. Inutile de résister, le katana avait déjà perdu. Sa présence dans son esprit s'effaça pour devenir totalement inexistante. Il avait gagné ce combat, lui faisant comprendre qui était le chef.
Zoro souleva alors le sabre afin de l'examiner de plus près. Il était encore plus vieux qu'il ne l'aurait pensé. Plus qu'une épée et il pourrait à nouveau pratiquer le santoryû. Pour le moment, il devrait se contenter du niitoryû, lequel était déjà mieux que l'iitoryû.
Posséder trois sabres était quelque chose qui lui manquait. En trouver, et surtout de bonne qualité relevait du miracle. Néanmoins, le jeune homme restait confiant : il savait que bientôt un autre entrerait en sa possession. Et son instinct l'induisait rarement en erreur.
Le katana, malgré son ancienneté prononcée, restait dans un état impeccable, comme s'il était régulièrement entretenu. Appartiendrait-il aux habitants de l'île qui en prendraient soin ? Drôles de personnes. Il le leur rendrait dans ce cas, s'il était si important. Il l'empruntait juste le temps de libérer Nami. Glissant sa trouvaille dans son obi avec Wadô Ichimonji, Zoro se retourna et s'apprêta à partir lorsqu'une voix retentit.
« Si tu prends Sandai Kitetsu avec toi, sois prêt à en assumer les conséquences. »
Qui avait parlé ? Il n'avait senti personne arriver. Posant une main sur l'ancien sabre de Kuina, Roronoa fit volte-face, prêt à répliquer. Si cet individu s'était approché sans qu'il le remarquât, il devait être exceptionnellement doué, autrement dit du niveau de Luffy. Car il n'avait à aucun moment baissé sa garde.
Ce qu'il trouva devant lui ne fut définitivement rien de ce qu'il avait attendu. Une femme sans âge se tenait à côté de l'autel et le regardait d'un air triste. Pourquoi, il n'en savait fichtrement rien. À la place, il l'examina. Plutôt élancée, ses courts cheveux bleus étaient retenus par un bandeau rouge. Sacré contraste.
Zoro n'y aurait jamais cru, pourtant c'était le cas. Il s'agissait d'un esprit. Était-elle celle qui gardait le katana ? Elle devait par conséquent se trouver à cet endroit depuis des centaines d'années. Seule. Voilà pourquoi il ne l'avait pas sentie arriver.
Toutefois, il restait un détail qu'il ne comprenait pas. Depuis l'instant même où il avait posé ses yeux sur elle, il ressentait une émotion dont il ne parvenait pas à expliquer la raison. De la nostalgie. Cette femme lui paraissait familière, comme s'ils étaient en quelque sorte proches. Qu'ils partageaient un lien particulier. Ce n'était fondamentalement pas logique.
Cet esprit avait dû vivre des siècles auparavant. Jamais ils n'auraient pu se rencontrer. Ce qui lui permettait d'arriver à la conclusion que tout cela n'était rien. Sa blessure devait assurément altérer ses pensées. Quand guérirait-elle enfin ? Ce n'était de toute façon pas sa priorité actuellement. Il devait trouver Luffy au plus vite.
« Ne t'en fais pas, je le ramènerai une fois que j'en aurai fini avec. »
Sur ce, Zoro s'en alla, ignorant l'appel de son cœur. Il avait d'autres devoirs. Il n'allait pas du tout laisser un esprit guider sa volonté. Il était maître de ses émotions. À vrai dire, il se moquait pas mal de cette espèce de lien qu'il avait ressenti. Celui-ci ne l'aiderait pas dans l'accomplissement de son rêve. Par conséquent, il était totalement inutile.
Fixant sa silhouette qui s'éloignait, la femme aux cheveux bleus le regarda disparaître de son champ de vision. Il ne reviendrait pas. Pour la simple et bonne raison que Kitetsu l'avait choisi. Ou, plutôt, il avait vaincu Kitetsu. Un sabre maudit pour un démon. C'était parfait. Elle esquissa un sourire.
« Kitetsu a enfin trouvé son propriétaire. Mon devoir est terminé. »
Celle-ci ferma les yeux. Après tous ces siècles d'attente, sa mission était accomplie. Elle pouvait enfin reposer en paix.
Après plusieurs minutes de recherche, Sanji remarqua la présence de nombreuses traces de pas témoignant d'une poursuite. Serrant les dents, il suivit la piste. Il ne voyait personne dans les environs ; il arrivait fatalement trop tard. Où diable se terrait Usopp ?
Il n'avait pas intérêt à mourir. Un compagnon du futur seigneur des pirates n'était pas autorisé à être aussi faible et périr de la sorte. Et, surtout, il fallait sauver Nami. La pauvre devait être terrorisée quelque part sur cette île, entourée de terrifiants hommes-poissons. Heureusement que le valeureux prince qu'il était se trouvait là.
Un craquement le ramena subitement à la réalité. Remarquant avec soulagement qu'il ne s'agissait que d'un simple écureuil inoffensif, celui-ci continua sa route. La confiance entière et totale de Luffy le déroutait : les tritons étaient réputés pour être dix fois plus forts que les humains. Jamais Usopp ne serait capable de les vaincre tout seul. Il était véritablement en danger. S'il ne se dépêchait pas...
Peut-être avait-il tenu le coup jusqu'à maintenant ; dans ce cas, il avait besoin d'utiliser à nouveau ses jambes. Ces dernières étaient capables de faire des miracles après toutes ces années d'entraînement et de combats au Baratie. À son tour de sauver Usopp. Ainsi, ils seraient quittes. Plus de compte à rendre. Et ils pourraient aller sauver Nami. Manquait plus que la face d'herbe.
Sanji se serait volontiers passé de lui, néanmoins il était conscient que Luffy n'accepterait pas de récupérer leur navigatrice sans lui. Quel ennui. De toute façon, avec sa blessure, il était totalement inutile. Il ne serait qu'un poids sur le champ de bataille. Tant mieux, car il ne se mettrait en conséquence pas en travers de son chemin. Et elle le remercierait lui.
Les traces de pas plus ou moins profondes et de formes diverses le long de la plage finirent par retourner vers la petite forêt, où il devint plus difficile de les suivre. Malgré tout, le jeune cuisinier fit confiance à son instinct, le sang bouillonnant dans ses veines. Il arrivait forcément trop tard, il n'entendait absolument rien. Le combat potentiel était déjà terminé. Et il avait au fond une idée du résultat final.
« Bordel, Usopp. Tu n'as pas intérêt à être mort. »
Puis un liquide écarlate sur les feuilles d'un buisson le pétrifia quelques instants. Du sang. À qui appartenait-il ? Par pitié, pas à Nami... Et pas à Usopp, tant qu'à faire. De quelle couleur était le sang des hommes-poissons ? C'était ce qu'il découvrirait prochainement, quand il libérerait sa bien-aimée.
La scène ne s'améliora pas lorsqu'il regarda derrière le buisson. Une flaque assez importante de ce liquide vital colorait le sol de la forêt. Quelques gouttes plus loin marquaient le début d'un chemin, or c'était tout. Les indices s'arrêtaient là. Il n'avait pas de piste à suivre.
Et, le pire, ou bien le meilleur, était l'absence de corps. Si Usopp avait été massacré, ils n'avaient aucun intérêt à conserver son cadavre, du moins s'ils n'étaient pas au courant de leur présence ici. Or, s'ils l'étaient, il s'agissait d'un excellent moyen pour effrayer le groupe, et la population de l'île avec. Cependant, cela ne ferait que déferler la colère de Luffy sur eux.
S'ils savaient qu'ils étaient plusieurs sur l'île, cela signifiait qu'ils étaient tombés sur Zoro. Au moins cet abruti était vivant. Dans quel pétrin s'était-il fourré, dans son état actuel ? Avaient-ils l'intention de lui montrer le corps d'Usopp ? Il se ferait tuer à son tour s'il se rebellait. Ses blessures l'empêcheraient de se battre correctement. S'il savait se battre, cela allait de soi. Car le blond ne l'avait jamais vu combattre.
Sanji serra les dents. Luffy était persuadé que le tireur d'élite rentrerait sain et sauf. Qu'est-ce qui lui permettait de l'affirmer ? Enfin, d'un côté, il ne possédait pas non plus de preuve concrète de sa mort. Il détestait cette incertitude. Malheureusement, il n'en saurait pas plus avant de découvrir la vérité. En toute logique.
Il ne pouvait pas rester éternellement là à se lamenter. Il s'était juré après la mort de ses parents de toujours faire de son mieux. Il en avait assez de jouer sans cesse le rôle de la victime, de vouloir réécrire l'histoire avec des « et si ». Le futur ne changerait pas s'il ne le prenait pas définitivement en main.
Son regard à présent déterminé scruta les environs à la recherche d'une direction à prendre. Il ne reviendrait pas les mains vides auprès de son capitaine. Il ne décevrait plus personne, surtout pas lui-même. Il était temps de tenir ses résolutions.
« Tu n'as pas intérêt à être mort, Usopp. Sinon, je t'envoie en Enfer moi-même. »
J'ai une question ! Comment les Suédois appellent leur ancienne monnaie ? Couronnes suédoises ou tout simplement couronnes ?
