Résumé de chacun des personnages jusqu'à maintenant.

Luffy : Jeune Brésilienne, élevée par sa grand-mère, Luffy a quitté son pays natal avec pour excuse de faire des études afin de devenir détective. Son véritable but est de devenir le Seigneur des pirates (notion que personne ne comprend, car un pirate ici est différent d'un pirate dans le manga) et de retrouver le propriétaire du chapeau qu'elle a reçu lorsqu'elle était enfant d'une personne qui est maintenant décédée. Pour des raisons encore inconnues, elle cache le fait qu'elle est une fille.

Zoro : Japonais de naissance. Sa rivale de toujours, Kuina, a été assassinée par Baggy sur ordre du Gouvernement mondial lorsqu'elle était enfant. Il s'est dès lors entraîné pour le traquer et le tuer, ce qu'il finit par faire peu de temps après avoir rencontré Luffy. Entre ces deux événements, il réagissait de manière extrême dès qu'un pirate se trouvait dans les environs : son sang bouillait, il arrêtait de penser. Seule Luffy constituait une exception à la règle. Une fois sa vengeance accomplie, il s'est recentré sur son rêve d'enfant : devenir le meilleur épéiste du monde. Mihawk, après l'avoir battu, l'a épargné pour des raisons strictement personnelles. Sur Kokoyashi, il trouva Sandai Kitetsu, un sabre maudit gardé par un fantôme qui lui est étrangement familier et nostalgique que les insulaires lui ont demandé ensuite de garder. Lors de son combat contre Octo, il récupéra Shusui.

Usopp : Seul rescapé du village de Sirop au Sénégal, brûlé par des gens des villages voisins en raison de l'épidémie qui s'y était abattue, Usopp est parti vivre avec Shanks, domestique chez Kaya. Son père a disparu peu de temps après sa naissance pour trouver du travail et plus personne n'a jamais eu de nouvelles. Une fois l'école terminée, il a eu l'occasion de partir étudier en France, où il a rencontré Luffy lors d'un cours de tir à l'arc. Pendant ce temps, son amie d'enfance, Kaya, a été victime de la famille du Chat noir qui a assassiné ses parents et une partie des domestiques pour la fortune familiale. Shanks est parvenu à tuer les deux chefs avant de l'accompagner pour voir Usopp.

Sanji : Survivant d'un massacre perpétré par le frère de Krieg, le jeune Français a dès lors été terrifié par les pirates qui lui ont tout pris. Zeff, qui a tué l'assassin de ses parents, l'a recueilli et lui a enseigné la cuisine et l'art du combat. Après avoir rencontré Luffy, il a décidé de rejoindre l'équipage afin de mieux le détruire : ce fut après avoir appris la véritable signification du mot "pirate" et été secouru par Luffy et Usopp qu'il s'est rangé de leur côté. Néanmoins, il ne cesse d'avoir des soupçons sur l'identité de son capitaine qu'il a reconnue comme une fille la première fois.

Nami : Originaire de Yougoslavie, sa sœur Nojiko et elle ont été recueillies par Bellemere qui les a retrouvées sur le champ de bataille. Les deux filles ont passé les années suivantes sur Kokoyashi, une île reculée au sud de la Suède dont personne hormis les locaux ne connaît l'existence. Cependant, l'arrivée d'Arlong et son équipage bouleversa sa vie : Bellemere fut tuée pour ne pas pouvoir payer le tribut et Nojiko fut empalée sous ses yeux. La mort de cette dernière lui fut reprochée et elle s'en voulut, jusqu'à ce que la mémoire lui revienne peu de temps avant la chute d'Arlong Park. Après cet événement, elle apprit par son beau-père, Genzô, que l'un de ses ancêtres auraient été un homme-poisson, expliquant l'obsession d'Arlong envers elle.

Chopper : Le jeune renne canadien a reçu une autorisation spéciale du Gouvernement mondial pour vivre avec les humains : il a été jugé inoffensif. Il connaissait la véritable signification du mot "pirate" avant de rencontrer Luffy et a accepté de rejoindre son équipage après avoir entendu son nom. Son passé demeure encore flou, mais il a souffert d'isolement et de rejet pendant une grande partie de sa vie. Son but est de devenir un grand médecin.

Vivi : Princesse égyptienne portée disparue depuis deux ans, Vivi a en réalité infiltré Baroque Works qui détruit son pays dans l'ombre. Elle fut sauvée par deux des agents par Zoro avant de s'associer à l'équipage. Elle refuse cependant de les considérer comme des amis et souhaite se racheter de certaines choses qu'elle a faites. Elle a les bases du haki de l'observation.

Ces résumés sont très sommaires : si vous lisez attentivement les chapitres, vous trouverez plein de pistes que je lance. Un peu comme Oda et ses couvertures : on essaie à notre façon de faire passer des indices sur des mystères ou des événements de l'histoire.

Rendez-vous à la fin du chapitre pour des infos !


« Je reste ici. »

Tout le monde avait été pris de court par le soudain abandon de Luffy. Le groupe avait quitté Yuba le matin même, faisant ses adieux à Toto, l'esprit optimiste. Ils avaient marché jusqu'au début de l'après-midi, jusqu'à cet incident. Sans prévenir, Luffy s'était assise contre un palmier, croisant les mains derrière la tête et annonçant simplement qu'elle abandonnait. Aucune autre explication n'avait été fournie et les autres commençaient à perdre patience, en particulier Vivi. Elle n'arrivait pas à croire qu'après tous ces efforts il lâchait simplement l'affaire. Seuls Zoro et Ace ne disaient mot et le regardaient de loin, comme s'attendant à quelque chose.

« Pourquoi veux-tu arrêter ? Demanda la princesse, énervée. Alors qu'on est si près du but !

– Si on retrouve l'armée rebelle et qu'on leur parle, est-ce que ça suffira à arrêter la guerre ? »

De sages mots de la bouche d'un singe. Les membres de l'équipage étaient assez étonnés. Bien sûr, ce scénario se valait : quand bien même Vivi et Kohza se connaissaient depuis l'enfance, parviendrait-elle à le convaincre ? Même si c'était le cas, Crocodile trouverait un moyen de faire éclater la guerre parce qu'il la désirait à ce point. Nami repensa à ce qui s'était produit à Kokoyashi : tout comme Vivi, elle avait fait la politique de l'autruche en se focalisant sur une seule éventualité, persuadée que cela marcherait. Arlong lui finalement volé ses trésors. Crocodile s'arrangerait pour provoquer un bain de sang. Après tout, des agents de Baroque Works se trouvaient parmi les rebelles et avaient le pouvoir de tout gâcher.

La princesse d'Égypte serra les poings. Elle ne voulait pas entendre ces mots. Elle n'avait pas le droit à l'erreur : convaincre son ami d'enfance était la seule et meilleure solution qui lui était offerte. De quels autres choix disposait-elle ? Si elle récupérait son poste royal et faisait une déclaration directement devant la foule, nul ne la croirait, du fait qu'elle défendît le roi. Elle perdrait toute crédibilité. Voilà pourquoi elle s'adressait directement à l'armée : parce que l'approche était différente, sans compter la popularité de l'ennemi. Un bruit courait, selon lequel on voulait le faire monter sur le trône lors de la révolte, dans la mesure où elle était officiellement portée disparue et donc écartée de la lignée successorale. Si une chose était certaine, c'était qu'elle ne le laisserait jamais faire.

« Tu veux que personne ne meure. Tu es bête ou quoi ? »

Non, ne continue pas, tais-toi...

« Les gens meurent. Tu ne peux pas sauver tout le monde. »

L'instant d'après, Vivi se trouva sur Luffy, le frappant et l'insultant de toutes ses forces. Celui-ci ne faisait qu'encaisser les coups qu'il ne sentait pas en raison de son pouvoir, sans la quitter des yeux. Autour d'eux, l'équipage n'interférait pas, ayant compris où leur capitaine avait l'intention d'en venir. De plus, il s'agissait de leur dispute à eux, ils n'avaient par conséquence pas à intervenir.

« Tu ne comprends rien ! L'armée rebelle, l'armée royale, les habitants de ce pays, personne n'est fautif ! Alors pourquoi est-ce qu'ils devraient mourir ? »

Prise d'une colère noire, désespérée, Vivi se défoulait littéralement sur le pirate au chapeau de paille. Saisissait-il l'enjeu de la situation ? Avait-il réellement conscience du nombre de sacrifiés dans l'hypothèse d'une guerre pour laquelle aucun d'entre eux n'était responsable ? Ils n'avaient rien fait de mal ! Pourquoi devraient-ils mourir ? Pourquoi les actes d'une seule personne devaient-ils avoir un tel impact sur la population de son pays ? Pour quelle raison autant de millions de gens en pâtissaient ? Pour quelle raison étaient-ils privés d'une vie paisible ?

« Tout est la faute de Crocodile ! »

Tout était entièrement de sa faute. Sans lui, jamais l'Égypte ne traverserait une crise aussi grave. Pourquoi n'était-il tout simplement pas resté perdu dans un endroit du monde, porté disparu ? Pour quelle raison avait-il resurgi, dix ans plus tôt, à la mort de sa mère, Titi Nefertari ? Quel plaisir pouvait-on éprouver à écraser la vie de milliers, voire de millions d'êtres humains ?

« Je n'ai pas d'autre choix que de mettre ma vie en jeu ! Tu as une meilleure solution, peut-être ? Il n'y a rien d'autre que je puisse risquer ! »

Qu'avait-elle d'autre à offrir pour se racheter de ses pêchés ? Il ignorait tout de son passé, il n'avait aucune idée de ce qu'elle avait accompli ces deux dernières années. Qui était-il pour la juger ? Alors qu'elle s'apprêtait à lui asséner une énième baffe, une main bloqua son poignet sans même s'en rendre compte, un coup de poing rencontra sa joue et la projeta dans le sable. Luffy avait... Répondu ? Elle ne comprenait pas. C'était lui le fautif dans l'histoire ! Posant une main sur sa joue endolorie, la jeune femme fut surprise de constater que le pirate n'avait aucunement l'intention de continuer à attaquer.

« Risque nos vies en même temps que la tienne ! On est amis ! »

Amis.

Amis.

Voilà exactement le mot que Vivi ne voulait pas entendre. Il avait compris. Il s'était rendu compte qu'elle ne leur disait pas tout et portait seule le poids de cette responsabilité. Il s'était aperçu qu'elle ne s'autoriserait jamais à les considérer comme des amis. Luffy ignorait ses crimes et désirait quand même être inclus dans ses plans, alors qu'il ignorait totalement ce qu'elle avait bien pu manigancer pendant ces deux dernières années... Perdue dans ses émotions, la princesse aux cheveux bleus fut surprise de constater que des larmes brouillaient sa vue. Finalement, ne pouvant les contenir, elle porta ses mains à son visage. Elle ne savait pas. Elle ne comprenait plus rien. À côté d'elle, le pirate se leva dans le but de récupérer son chapeau de paille, lequel avait été projeté un peu plus loin lorsqu'elle l'avait frappé pour la première fois.

« Je veux botter le cul de Crocodile, » dit-il en lui tournant le dos tout en remettant son chapeau.

Le Brésilien se retourna, le regard déterminé.

« Où est-il ? »

Vivi n'eut d'autre choix que de lui répondre.


Assis en cercle, le groupe de voyageurs s'était arrêté pour la nuit leur dernière nuit dans le désert, normalement. Leur destination avait changé : ils iraient directement au Caire pour retrouver Crocodile en espérant que l'armée rebelle ne passe pas à l'action d'ici là. Malgré tout, Vivi avait insisté pour élaborer un plan et ne pas foncer tête baissée, au grand dam de certaines personnes qu'il était inutile de citer. Hormis Ace, aucune tête n'avait été mise à prix, et il valait mieux que leurs identités restent secrètes. Cependant, afin de paraître plus crédibles, une apparence mafieuse s'avérait nécessaire : en effet, quand bien même la princesse Nefertari savait que son ennemi se trouvait au Caire, elle ignorait sa localisation exacte. Par conséquent, il leur fallait enquêter et se mêler parmi les subalternes de la famille en tant que membres de la mafia.

Comme si elle avait tout préparé, Vivi commença à donner à chaque personne un nouveau nom : Luffione, Zorocia, Sanjino, Usotuya, Namimore, Chopparini, Vivita et Acione. Si l'habituel trio se réjouit de ces nouvelles appellations en s'entraînant entre eux, d'autres froncèrent les sourcils ou ne parurent pas s'en soucier particulièrement. Puis, arriva l'information capitale : afin d'être plus efficace et de paraître moins suspect, il leur faudrait constituer des groupes de deux : tandis que Sanji réclamait son partenariat avec Namimore et Vivita – car seul un vrai homme comme lui pourrait les protéger –, cette dernière l'ignora et imposa une fois de plus ce qu'elle avait préparé.

« J'ai pris la liberté de constituer les paires. Tout d'abord, M. Bushidô avec Nami. »

Les deux intéressés firent une grimace mais ne protestèrent pas.

« Sanji avec Chopper.

– Non ! cria de désespoir le cuisinier. Pourquoi est-ce que je ne suis pas avec Nami chérie ou Vivi ?

– Parce que tu serais incapable de travailler correctement, répliqua le tueur d'élite.

– Ensuite, continua Vivi, Usopp avec...

– Luffy, » interrompit Ace.

La jeune femme tourna la tête vers le frère du pirate au chapeau de paille. Les deux échangèrent un intense regard qui parut durer une éternité jusqu'à être interrompus par Sanji.

« Tu penses vraiment que c'est une bonne idée ? Si ces deux-là sont ensemble...

– Ils s'en sortiront très bien, répondit fermement Ace.

– Ne t'en fais pas, avec mon autorité, Luffy se tiendra à carreau ! Se vanta l'Africain.

– Dans ce cas, Vivi et moi enquêterons ensemble », reprit Ace, ignorant les commentaires.

L'héritière du trône d'Égypte se mordit la lèvre. Pourquoi avait-il contrecarré ses plans ? Et si Crocodile gagnait la partie par sa faute ? Ce n'était pas comme si elle avait un motif valable pour se plaindre de son partenariat : Ace était relativement fort et habitué au fonctionnement de la mafia. L'équipage ne comprendrait pas sa protestation et ce n'était pas comme si elle pouvait révéler le véritable but de son plan. Elle était coincée et n'avait d'autre choix que d'accepter son partenaire. Une fois séparés dans le Caire, elle ne disposerait d'aucun moyen de contrôle sur les autres. Elle ignorerait tout de leurs agissements. Elle avait de fortes chances de perdre la victoire. Malédiction.


« Le pharaon a disparu ! »

Pell et Chaka firent volte-face. Comment ? À un moment aussi critique, le pharaon demeurait introuvable ? Les ennemis l'auraient-ils enlevé ? Les deux gardes royaux mirent tous leurs sens en alerte : avec l'agitation qui prenait de l'ampleur, ils n'avaient pas été assez prudents et n'avaient pas senti la présence du roi disparaître. C'était mauvais. Avec les tensions actuelles, le moindre incident mettrait le feu aux poudres. Si le peuple avait vent de cette subite disparition, il l'accuserait de fuir. En aucun cas cette information ne devait quitter ces murs.

« Ne divulgue cette information à personne, ordonna Pell au garde. Je vais le chercher. Chaka, je te laisse t'occuper du palais.

– Compte sur moi. »

Même s'ils ne se ressemblaient pas, les deux hommes étaient en réalité cousins issus d'une famille chargée de la protection des pharaons depuis des siècles. Pell, le chef de la garde royale, peignait son visage d'une couleur claire, ce qui contrastait avec ses cheveux verdâtres et s'accordait avec sa tenue blanche. Des traits violets entouraient ses yeux et traversaient ses joues, ce qui lui conférait un certain style. Chaka, quant à lui, s'imposait par sa taille et son long visage orné d'un large nez. Ses cheveux noirs étaient rigoureusement coupés, ce qui traduisait son caractère strict.

Les deux cousins possédaient toutefois une caractéristique commune : depuis aussi loin que remontait leur famille, ils étaient autorisés par le Gouvernement mondial à manger des fruits du démon. Ces exceptions étaient plus que rarissimes dans le monde, mais existaient néanmoins. Par conséquent, tous jeunes, Pell et Chaka avaient mangé l'un de ces fruits maudits. Le premier avait avalé le fruit du faucon tandis que le second avait acquis les pouvoirs d'un chacal. Aucun membre de la famille ne s'était un jour senti possédé par un démon comme le voulait la tradition, ce qui avait toujours été justifié par le fait qu'en accomplissant leur devoir, ils se rangeaient du côté de la Justice. En tout cas, Justice ou pas, ces pouvoirs avaient toujours permis aux commandants de la garde royale de remplir à bien leurs missions et de veiller sur le pharaon et sa famille.

Ainsi, pour remplir la mission actuelle qui consistait à retrouver Cobra Nefertari, Pell transforma son corps dans le but de ressembler le plus à un faucon : cela lui permettrait de survoler une large zone en un temps restreint. En ces temps tendus, chaque seconde demeurait cruciale. Le commandant se rapprocha d'une fenêtre, prêt à s'envoler.

« Aujourd'hui sera une dure journée... »

Il ignorait à quel point il avait raison.


Usopp avait cru que son plan était parfait. Il s'était présenté comme le grand et valeureux Don Usotuya, persuadé de pouvoir soutirer des informations aux sous-fifres de Baroque Works grâce à son incroyable charisme. Dans ses simulations mentales, il réussissait à chaque fois. Alors pourquoi couraient-ils ?

« Attrapez-les !

– Non ! Luff... Luffione, occupe-toi d'eux !

– Laisse-moi faire, Usopp !

– Arrête de m'appeler par mon vrai nom ! »

Rien à dire, le tireur d'élite était soulagé d'avoir son capitaine à ses côtés. Un peu de baston semblait le ravir après ces jours « paisibles » passés dans le désert. Regardant les Billions se faire vaincre les uns après les autres, Usopp aperçut l'un d'entre eux qui essayait de s'échapper discrètement, un escargot à la main. Rassemblant son courage, celui-ci saisit son lance-pierres et lui envoya l'une de ses fameuses billes explosives qui lui fit perdre connaissance. Fier de sa prouesse, il s'approcha de sa victime avant de constater avec stupeur ce qu'il tenait dans la main.

« Un den den mushi ?! »

Sitôt eut-il parlé que celui-ci se mit à sonner, le plaçant dans une situation affreusement délicate. Oh, comme il aurait souhaité empêcher Luffy de décrocher...


Parée de ravissants vêtements, Namimore était particulièrement redoutable. Ou, du moins, son garde du corps était immanquablement à craindre. Voici quelles étaient les pensées qui traversaient la tête des subalternes de Baroque Works, alors qu'ils se retrouvaient par-terre, couverts de blessures. Cette femme était une sorcière autant que cet homme, Zorocia, était habité par un démon il avait assurément mangé un fruit éponyme qui l'avait possédé et maintenant il était en plus manipulé par cette sorcière. D'ailleurs, c'était assez étrange, car elle avait l'air de le menacer avec de l'argent. Depuis quand les démons se préoccupaient-ils de l'argent ? Étrange. Enfin, ce n'était absolument pas le problème actuel. Ils avaient été totalement massacrés et par conséquent failli à leur mission. L'un des Billions fut saisi violemment par le col par la sorcière.

« Dis-moi, sais-tu où se trouve Crocodile ?

– C-Comment je le saurais ?

– Oh, tu aimerais avoir un avant-goût des sabres de Zorocia ?

– L-Le casino ! Il lui appartient, il est sûrement là-bas ! »

Namimore lâcha violemment l'homme, lequel se cogna l'arrière du crâne contre le sol et perdit connaissance.

« Tu as entendu, Zorocia ? On doit aller au... »

Tandis qu'elle se retournait, la jeune femme remarqua que son compagnon ne se trouvait nulle part dans son champ de vision. Subitement, une veine claqua au niveau de son front.

« L'abruti ! Où est-il parti ?! »


De son côté, Sanji aussi s'amusait bien avec les sous-fifres, lesquels n'appréciaient guère être trop questionnés. Chopper, encore timide, ne se défendait que contre ceux qui l'attaquaient. Celui-ci demeurait impressionné face à la force de son aîné et de son aisance au combat, lui rappelant qu'il avait encore beaucoup à apprendre. Jusqu'à présent, nul parmi ceux qu'ils avaient croisés n'avait pu les renseigner sur M. 0. Peut-être auraient-ils dû utiliser le nom de Crocodile directement, quand bien même ils ignoraient qu'il s'agissait d'une seule et même personne ? En tout cas, c'était trop tard pour ce groupe qu'ils avaient croisé le cuisinier n'était pas parvenu à contenir sa force et tous gisaient inconscients. Alors que le duo s'apprêtait à chercher ailleurs des informations, un bruit étrange attira leur attention.

Puru puru puru puru puru.

Intrigués, les deux compères échangèrent un regard avant de partir à la recherche de la voix. Cette dernière provenait de la veste de l'un des Billions et appartenait à quelque chose d'inattendu : un den den mushi, aussi communément appelé escargophone. Ces escargots d'une race spéciale et particulièrement rare étaient utilisés par la Marine en raison de la difficulté à pirater les conversations. Néanmoins, celle-ci disposait des seuls élevages existants au monde, alors comment Baroque Works était-elle parvenue à s'en procurer ? Quoique, en y réfléchissant bien, un trafic existait forcément. Le fait demeurait que Crocodile s'en était procuré une grande quantité pour que même les moins gradés en utilisassent. Plus forte est la lumière, plus sombres les ténèbres.

« Allô, ici le resto, j'écoute. C'est pour une réservation ? »

Chopper lui envoya un regard paniqué. Pourquoi avait-il décroché ? Il s'agissait du den den mushi de leurs ennemis ! Ils allaient être grillés ! Il aurait dû le laisser sonner ! Quoique cela prouverait à l'appelant qu'un problème était survenu et l'alerte aurait été déclenchée. N'y avait-il donc aucune échappatoire ? Et pourquoi Sanji restait-il aussi décontracté ?

« Cessez vos plaisanteries, c'est M. 0. Rendez-vous immédiatement devant le casino, les personnes sur les photos qu'on vous a données vont s'y rendre. Chargez-vous d'eux.

– Compris, on arrive. »

Katcha.

Sanji raccrocha, songeur. Leurs photographies circulaient dans l'organisation ? Comment... Mais bien sûr. Le travesti. Il avait dû montrer les visages de l'équipage qu'il avait copiés. Cela allait s'avérer problématique. Quoique...

« Dis, Chopper, le type dans le désert t'a copié lorsque tu étais sous quelle forme ?

– Hybride, pourquoi ?

– Il ne t'a pas vu sous ta forme humaine ?

– Non. »

Le cuisinier au sourcil vrillé esquissa un sourire. Il avait un plan parfait.

« Et si on allait faire un tour au casino ? »


« Arrête-toi, Chapeau de paille ! »

Dans les rues du Caire, Smoker poursuivait à perdre haleine sa cible. Comme il l'avait prévu, cette dernière s'était rendue à la capitale, probablement pour faire son rapport à Crocodile et assister au dénouement des tensions autrement dit, la guerre. Adossé contre un bar avec Tashigi, en train de discuter des derniers événements, Smoker avait repéré le Chapeau de paille ainsi que l'un de ses acolytes tandis qu'ils déboulaient à côté d'eux en réclamant bruyamment de l'eau. Voilà comment avait débuté la course-poursuite. Le capitaine de la Marine avait par cette occasion constaté que ces deux garnements se révélaient particulièrement difficiles à attraper : l'un était agile, l'autre rapide. De plus, se concentrer sur deux proies à la fois ne s'avérait pas être une tâche aisée. Il ignorait s'ils le conduisaient vers un piège, mais, au point où il en était, si près du but, il n'allait absolument pas lâcher prise. La foule demeurait tout de même le problème principal en créant sans mauvaise intention des obstacles sur son chemin.

Enfin, il allait obtenir la preuve que Crocodile dirigeait Baroque Works, cette organisation qu'il avait découverte quelques temps après son arrivée en Égypte. En dénonçant la tête, il pourrait la démanteler. Arrêter les sous-fifres ignorants ne servait à rien. Tant qu'il se trouvait ici, autant débusquer un gros poisson. Mettre Crocodile aux arrêts remettrait certainement en cause le système des Capitaines corsaires qu'il méprisait tant et qui allait à l'encontre de sa notion de la Justice. Il suffisait simplement que l'affaire retentisse suffisamment loin et fort pour alerter l'opinion publique et lui rappeler que, bien qu'amnistiés par le Gouvernement mondial, ces types demeuraient des malfrats, des mafieux redoutables, et, souvent, des pirates possédés par un démon. Smoker avait lui-même mangé son fruit après son entrée dans la Marine, lorsqu'il avait atteint le rang de lieutenant-colonel. Il l'avait obtenu lors d'une mission consistant à intercepter un trafic.

Lorsqu'il l'avait mangé, Smoker ne s'était senti nullement différent, à tel point qu'il s'était demandé si un démon habitait réellement ses fruits. Toutefois, après avoir rencontré autant de pirates, le doute ne subsistait plus : seuls ceux travaillant pour la Justice ne subissaient pas l'influence du vilain. Par conséquent, il était parvenu à le maîtriser d'une façon ou d'une autre et à s'approprier son pouvoir. Ainsi, le garçon au chapeau de paille qu'il poursuivait était possédé, en dépit de son air innocent. Il existait manifestement différentes sortes de démons, c'en était terrifiant. Néanmoins, il ne le laisserait pas faire plus longtemps. Quand bien même il les avait perdus de vue, le colonel avait remarqué dans quelle direction ces deux gaillards se dirigeaient : le casino de Crocodile. Décidément, sa chance lui souriait. Ce seraient deux pierres d'un coup.


« Je suis Luffy D. Monkey, le futur seigneur des pirates !

Non ! Pourquoi as-tu décroché, abruti ?!

Luffy D. Monkey ? » répondit une voix grave au travers de l'escargophone.

Les deux pirates échangèrent un regard en constatant que le den den mushi mimait les expressions faciales de leur interlocuteur. Il fumait même un cigare et arborait sur son visage une longue cicatrice. Cet aspect plutôt flippant ne s'arrangea pas lorsqu'il se mit à rire d'une voix roque. Luffy décida qu'elle n'aimait pas ce rire.

« Je vois, c'est donc vous qui êtes avec la princesse !

Ne touche pas à Vivi, espèce d'enfoiré ! »

Le rire reprit, exaspérant le capitaine tandis qu'Usopp paniquait : à l'autre bout de l'escargophone se trouvait Crocodile !

« Pourquoi ne viendrais-tu pas me voir, seigneur des pirates ? Je suis au casino, je t'attends !

D'accord, mais ne bouge surtout pas, je dois d'abord te donner une bonne leçon ! »

Katcha.


Usopp n'en pouvait plus de courir. Tout d'abord, Luffy avait parlé parlé à Crocodile en révélant sa véritable identité. Ensuite, il avait décidé d'accepter son invitation, et maintenant ils étaient poursuivis par un gars de la Marine visiblement balèze et qu'Ace avait manifestement combattu à Alexandrie. Ce type pouvait se transformer en fumée, il était bien trop dangereux ! Quand bien même Luffy était très fort, il ne pouvait pas se battre contre ce qu'il ne pouvait pas toucher ! Au moins, son instinct de survie le lui avait fait comprendre, et ils avaient tous deux déguerpi. Fort heureusement, le tireur d'élite avait au préalable demandé les directions pour se rendre au casino. À présent, il ne restait plus qu'à le semer...

« Ah, Zoro ! » s'écria Luffy.

A quelques mètres d'eux, l'air nonchalant, le membre de l'équipage semblait chercher quelque chose : son chemin ? Nami ?

Hein ? Pensa Usopp. Qu'est-ce qu'il fait là ?

« Oh, les gars. Qu'est-ce que vous fabriquez ici ?

– C'est à nous de le demander ! On a trouvé Crocodile ! »

Le capitaine au chapeau de paille saisit brutalement le bras de l'épéiste puis l'entraîna avec eux sans lui demander son avis – comme d'habitude. Lâchant quelques jurons en japonais, celui-ci manqua de trébucher sur le coup. Ce fut à ce moment-là qu'il remarqua la présence du marine qui les avait poursuivis quelques jours plus tôt lors de leur arrivée en Égypte. Sans la poigne de Luffy et la panique d'Usopp, il serait volontiers allé le découper : il se demandait s'il arriverait à trancher de la fumée. Ce serait une épreuve intéressante dans sa quête pour devenir le meilleur bretteur du monde. Zoro était persuadé que Mihawk y parviendrait les yeux fermés. Toutefois, si son capitaine établissait d'autres priorités, il devait s'y soumettre, d'autant plus si la prochaine n'était autre que Crocodile, le Capitaine corsaire.

Luffy entra le premier dans le casino, sans aucun ménagement. Si quelques personnes le regardèrent, intriguées, elles retournèrent bien vite à leurs jeux avant d'être à nouveau interrompues par ses cris.

« Crocodile ! Où es-tu ?! Je vais t'envoyer bouler jusqu'à Yuba !

– Tais-toi, abruti ! Le frappa Usopp. Tu attires trop l'attention !

– J'y peux rien, on ne sait pas à quoi il ressemble !

– Vivi le sait, elle, intervint Zoro.

– Mais bien sûr ! Vivi le sait ! » réagit le tireur d'élite.

Le trio échangea des regards, confiant, avant de se rendre compte d'un détail quelque peu majeur.

« Au fait... Où est Vivi ? »

Les clients, lesquels avaient pensé se trouver au bout de leurs peines, furent une fois de plus exaspérés par le tintamarre de deux des trois inconnus terriblement malpolis.

« Vivi ! Crocodile ! » appelèrent-ils.


En travaillant comme chef de la sécurité dans le casino de Crocodile, le héros local, Hénoutsen en avait vu de toutes les couleurs : adoré par la population locale, il existait pourtant des idiots déterminés à défier cet homme. En général, ces crapules ne duraient pas bien longtemps et étaient rapidement vaincues. Néanmoins, celui-ci ne pouvait s'empêcher d'être intrigué par ces énergumènes qui avaient corrompu la paix de l'établissement : la façon de le défier en duel qu'avait adoptée le garçon au chapeau de paille témoignait d'une grande confiance en soi ainsi que d'une part d'insouciance – oserait-il dire de folie ? Ainsi pris de court par ce comportement, le garde, au bout de longs instants, décida de faire expulser les parasites avant d'être interrompu par un personnage inattendu.

« Madame la directrice ! »

La beauté brune, habillée de fourrure malgré la chaleur, s'approcha de l'employé. Toujours très courtoise, de cette femme émanait une certaine classe. Peu la connaissaient de visage hormis les employés, même si son nom demeurait un mystère. Hénoutsen jurerait avoir entendu Crocodile l'appeler Robin une fois. Sinon, elle se faisait simplement appeler « Madame la directrice ». Sa relation avec le Capitaine corsaire n'était pas officielle, toutefois, le garde avait compris qu'elle était sa maîtresse. Plusieurs raisons permettaient d'expliquer leur discrétion.

Tout d'abord, la jeune femme pouvait très bien profiter de Crocodile dans le but de se procurer protection et argent. Cependant, l'agent de sécurité n'y croyait pas : à en juger ce qu'il connaissait du caractère de cette Robin, il la considérait comme une femme forte que ne songerait pas un seul instant à dépendre d'un homme. Ensuite existait la théorie de l'amitié, à laquelle Hénoutsen accordait aussi des doutes : leur relation semblait bien plus profonde et complexe. Enfin, il restait une explication assez niaise à laquelle l'employé croyait quand même : l'amour véritable.

Avec les tensions actuelles et l'abandon du peuple par le pharaon Nefertari, des rumeurs circulaient sur l'éventualité d'un nouveau pharaon : Crocodile. Bien que n'y ayant pas accordé la moindre pensée sur le coup, l'autochtone s'était mis à y réfléchir. Et si, au fond, le but du Capitaine corsaire était de monter sur le trône et d'officialiser sa relation avec la jeune brune une fois le pouvoir obtenu pour faire d'elle son épouse ? Il se demandait quel genre de pharaonne elle ferait : sûrement une rigoureuse et stricte mais attentionnée à la fois. En même temps, ce couple serait toujours mieux que Cobra Nefertari. Cet homme avait perdu sa confiance depuis belles lurettes. Ce pays avait besoin d'un nouveau dirigeant pour effacer les erreurs du futur précédent. Pour le chef de la sécurité, son patron dirigerait bientôt le pays. Il fallait donc le soulager des parasites.

« Ne vous en faites pas, madame, je vais les faire évacuer et...

– N'en faites rien, conduisez-les plutôt vers la chambre VIP. »

Hein ?

L'homme la regarda, surpris, avant de donner des instructions à ses employés. Il n'avait pas à discuter les ordres de la future pharaonne.

D'ailleurs... Les intrus n'avaient-ils pas prononcé le nom de la princesse disparue ?


« Par ici, messieurs », annoncèrent des hommes habillés élégamment tout en indiquant le chemin jusqu'à une porte au fond de la salle.

Usopp souhaita croiser le regard de son capitaine, or ce dernier fixait la porte indiquée, sa décision malheureusement irrévocable. Derrière eux, le marine les empêchait de rebrousser chemin.

« Chapeau de paille !

– Monsieur, vous ne pouvez pas passer ! »

De toute façon, ils ne disposaient manifestement d'aucun autre choix. Le colonel avait forcé le passage et les poursuivait dans l'antre du jeu. Le trio ne put que courir – sans oublier de tenir le bras de Zoro – dans la direction indiquée afin de rencontrer enfin leur ennemi et lui donner une bonne leçon. Les couloirs parurent interminables, la tension montait entre le poursuivant et les poursuivis, lesquels refusaient d'être rattrapés alors qu'ils approchaient de la cachette de l'ennemi. Puis, soudain, à un croisement, deux panneaux indiquèrent la direction à prendre : à gauche pour les VIP, à droite pour les pirates.

« On prend à gauche ! S'écria Usopp.

– Non, répliqua Luffy. On est des pirates, alors à droite ! »

A peine le virage fut-il pris que le groupe dut s'arrêter brutalement : le couloir s'étalait sur à peine cinq mètres avant de présenter un mur. En clair, le chemin réservé aux pirates n'était autre qu'une impasse. Malheureusement, les trois combattants n'eurent pas le temps de faire demi-tour que Smoker déboula avant d'être lui aussi surpris par cette abrupte fin de parcours. Aucun d'entre eux n'avait prévu non plus de tomber dans le vide. Usopp eut beau faire la brasse, la gravité n'influait pas moins.


« Ce piège était parfait.

– On ne pouvait que tomber dedans. »

Smoker regarda le Chapeau de paille et son acolyte africain d'un air exaspéré. Ils auraient très bien pu éviter cette situation en tournant à gauche. Dans tous les cas, il ne comprenait pas pourquoi ils se trouvaient tous les quatre enfermés, sans compter que les barreaux de la cage...

« Hein ? Je me sens faible tout d'un coup... » marmonna le pirate au chapeau de paille, lequel s'agrippait aux barreaux qu'il avait essayé d'écarter de sa force brute.

Le colonel de la Marine se leva subitement de son coin de la prison, saisit sa jitte dans son dos et frappa le jeune adolescent si vite qu'aucun d'entre eux n'eut l'occasion de l'intercepter. Le bout de son arme restait appuyé contre le corps de sa victime, laquelle ne bougeait pas tandis que le triple épéiste avait posé une main sur son fourreau blanc et que le dernier compagnon criait d'une manière hystérique. Le Japonais n'avait pas dégainé, n'ayant senti aucune intention de nuire dans son geste offensif. Quel homme vif. Il devrait se méfier de lui, à l'avenir.

« Le bout de cette arme est en kairôseki, une pierre marine qui enlève aux utilisateurs de fruit du démon leurs pouvoirs. Cette cage en est entièrement faite, sinon je me serais échappé depuis bien longtemps.

– Ugh... Crocodile... Faible... »

N'ayant pas de temps à perdre avec tous ces enfantillages, Smoker rangea sa jitte puis retourna s'asseoir dans un coin tout en contemplant la situation tandis que l'Africain se jetait sur l'homme-caoutchouc en lui demandant si tout allait bien. Si ces hommes travaillaient pour Crocodile, pourquoi diable avaient-ils été emprisonnés ensemble ? Se serait-il trompé dans sa théorie ? Le cas échéant, qui diable étaient ces personnes ? D'après ce qu'il avait pu constater à Alexandrie, ils seraient un peu moins de dix, sans compter la présence du redoutable Ace aux poings ardents, le supposé frère du Chapeau de paille. Il lui faudrait notifier le quartier général de l'existence d'un autre pirate dans cette fratrie afin de faire éditer une nouvelle prime. De même, il mémorisait attentivement le visage de chacun des alliés présents dans cette cellule pour ne pas les épargner.

Malgré tout, la Fumée blanche demeurait relativement confus sur un point : la présence de la princesse Vivi. Qui plus est, elle avait paru consentante lorsqu'il l'avait aperçue quelques jours plus tôt. Quel rôle jouait-elle dans ce conflit ? De quel côté se rangeait-elle ? Pour le moment, il n'avait pas déterminé si le trio se trouvait du côté de Crocodile ou non. Par conséquent, celui-ci ignorait si la princesse souhaitait détrôner son père et installer Crocodile à sa place, voire elle-même, ou si elle cherchait à le défendre. De pair avec ces questions, le marine s'en posait une autre : qu'avait-elle fait ces deux dernières années ?

Sans préavis, un rire résonna dans la pièce. Immédiatement, les quatre têtes se tournèrent vers la source : une longue table à manger ainsi que deux majestueux sièges se trouvaient juste à côté d'eux. Cependant, un nouvel élément s'était ajouté pendant qu'ils regardaient ailleurs : un grand homme vêtu richement sans cacher ses cicatrices au niveau de son visage était assis sur l'une des chaises. Devant lui se trouvait un festin qui n'attendait que d'être mangé. Le regard de Smoker se fit soudain plus sombre.

« Crocodile...

– Quoi ? Réagit immédiatement Luffy. Ce type est Crocodile ? »

Le pirate au chapeau de paille se releva en quatrième vitesse et saisit brutalement les barreaux de kairôseki.

« C'est toi, Crocodile ?! Viens par là, je vais t'envoyer bouler jusqu'à... Gn... Faible...

– On t'a dit de ne pas toucher les barreaux ! S'énerva Usopp.

– Serait-ce toi, Luffy D. Monkey ? À ta voix, je pensais que tu étais une fille. Pourquoi ne viendrais-tu pas me voir directement, si tu as quelque chose à faire ?

– Espèce de... Gn...

– Ça suffit, lâche ces barreaux ! »

L'homme de sable ricana une fois de plus, énervant chaque prisonnier dans la pièce. Quel rire désagréable, ils n'avaient que plus envie de le frapper. Malheureusement, se trouvant actuellement en position de faiblesse, aucun d'entre eux ne put lancer d'offensive. Crocodile se servit un verre de vin qu'il but avec élégance en ignorant royalement leurs insultes. Ce ne fut qu'après avoir reposé son verre qu'il retourna son attention sur eux, l'air malsain.

« Ne vous affolez pas, le spectacle commence à peine. »

Le spectacle de la décadence de ce pays.


Une nouvelle journée dans la sécheresse avait débuté ce matin. Les habitants d'Al Mismandah avaient commencé leur routine dans la frustration ambiante, allant au travail, s'occupant des enfants. Nul ne s'était attendu à la venue de l'escorte royale en ces lieux. En effet, pour quelle raison le pharaon se serait-il déplacé en personne jusqu'ici ce matin sans faire d'annonce officielle au préalable ? En quel honneur effectuait-il cette visite surprise ? Malgré la rancune que beaucoup éprouvaient, les Égyptiens se comportèrent de manière respectueuse : il s'agissait tout de même du chef de l'État.

Ce dernier était escorté par une vingtaine de soldats, évidemment pour sa sécurité. Il était bien trop lâche pour attaquer frontalement et préférait les coups bas, telle que la monopolisation de la pluie à Memphis, cité des pharaons. En dépit de la présence intimidante des gardes, nul ne s'était senti menacé. Peut-être auraient-ils dû, si l'on constatait le résultat final.

« Chers sujets, je suis désolé de vous déranger de si bon matin, » commença Cobra.

La foule, encore confuse quant à sa présence ici, ne prit la parole, préférant le laisser continuer.

« Je viens à vous car j'ai entendu dire que vous avez découvert une cargaison de rain powder. »

En effet, l'incident remontait à la semaine dernière. Des rebelles avaient intercepté une livraison transportée par des gardes royaux. Ces derniers avaient affirmé ne rien savoir et simplement suivre les ordres du roi. Les locaux se demandaient à quoi rimaient ces paroles : était-il venu s'excuser ? Pour tenter de les convaincre qu'il n'y était pour rien ? Quels mensonges allait-il encore sortir ?

« Cependant, je ne souhaite aucun témoin. Aussi vous prié-je, chers villageois, de bien vouloir mourir. »

Hein ?

Un premier coup fut tiré. Une première victime tomba. Aussitôt, des cris retentirent et le chaos débuta. Du sang éclaboussa partout, sur les habits, les murs, les enfants. Il n'y avait nulle place pour la haine, tous luttaient pour leur survie. Pourtant, plus les minutes passaient, plus la démographie diminuait. Au final, il ne resta de ces deux mille habitants qu'un seul enfant inconscient et grièvement blessé, lequel avait été témoin de l'atroce vérité. Toutefois, au lieu d'être l'annonciateur de la vérité sur le pharaon dont on avait usurpé l'identité, celui-ci devint un symbole pour l'armée rebelle : un martyr de la situation actuelle, du pharaon. Il ne put prévenir Kohza que ce massacre avait été causé par une personne capable d'imiter le visage du dirigeant, un pirate. À la place, le garçon endossa un rôle qu'il aurait souhaité ne jamais porter : l'élément déclencheur de la guerre.


« Fichu Zoro... Où est-ce qu'il a filé alors qu'il est censé me protéger ? »

Nami rageait. Comment était-elle censée se rendre au casino si son « garde du corps » s'était perdu en route ? La meilleure solution pour le moment était de se rapprocher de ce bâtiment en gardant un œil sur les entrées et les sorties. Elle trouverait alors un membre de l'équipage avec lequel elle pourrait s'allier. Mais, en attendant, elle avait besoin de directions et demanda à la première personne venue.

« Excusez-moi, pouvez-vous m'indiquer où se trouve le casino ?

– Le casino ? » répondit une jeune femme brune aux traits asiatiques.

La navigatrice ne réalisa que trop tard son erreur : cette passante n'était autre qu'une marine armée d'un redoutable sabre qui plus est ! Quelle bourde, tomber sur un ennemi ! Crocodile constituait déjà un problème de taille, ils n'avaient pas besoin d'y ajouter la Marine qui les avait repérés à Alexandrie ! Ils avaient probablement dû prendre son ravissant minois en photo à ce moment-là et l'afficher sur les murs de tous les locaux de la Marine en Égypte pour la capturer morte ou vive... !

« Si je ne me trompe pas, allez tout droit puis tournez à droite et ce sera la troisième à gauche. Vous devriez en avoir pour quinze minutes à pied environ. »

… Ou pas ? Ces marines ne l'avaient pas reconnue ? Quelle chance ! Encore tremblante, Nami la remercia hâtivement avant de filer à toute allure. Elle n'avait pas une seconde à perdre ! Avec un peu de chance, elle tomberait sur Sanji qui la protégerait corps et âme. Perdue dans ses projets, la jeune Suédoise d'adoption ne porta plus attention aux serviteurs de la Justice dont le den den mushi sonnait.

Puru puru puru... Katcha.

« Lieutenant Tashigi, j'écoute.

– Lieutenant, nous sommes désolés, nous avons perdu le colonel Smoker de vue ! Nous pensons cependant qu'il se trouve dans le casino, mais la Marine n'a pas le droit d'y rentrer !

– Très bien, j'arrive, mettez-vous en retrait. »

Le casino... Était-ce une coïncidence ? Tashigi fronça les sourcils. Le colonel avait-il trouvé la trace de ces pirates accompagnés d'Ace aux poings ardents ? La jeune Coréenne serra son sabre. Le chasseur de pirates s'y trouvait sûrement. Chaque seconde était précieuse.


« Imitation de Sanji : qui a bouffé toute la viande ?

– Ah ah ah ! J'en ai une bonne de Zoro : hein ? Déjà le matin ? »

Les deux bruns riaient à gorge déployée sous les yeux effarés de Smoker tandis que Crocodile mangeait tranquillement et que Zoro dormait paisiblement. Ces trois-là essayaient-ils réellement de s'opposer à un Capitaine corsaire ? À les voir, ils paraissaient plus détendus qu'autre chose. Après avoir assisté à leur hostilité de voyant le redoutable pirate, Smoker était persuadé que le groupe accompagnant la princesse et Poings ardents ne lui voulait rien de bien. Pourtant, la tension était étrangement subitement descendue au bout de quelques minutes et à présent chacun vaquait à ses occupations. Le chef de Baroque Works (bien qu'il n'ait pas encore confirmé ce détail) semblait attendre quelqu'un et ignorait les prisonniers. Celui-ci paraissait beaucoup trop calme pour quelqu'un qui avait enfermé le marine le plus influent d'Égypte. Que manigançait-il ?

Soudain, une nouvelle personne fit son entrée : il s'agissait d'une jeune femme brune élégamment vêtue avec un nez droit. Celle-ci descendit les marches jusqu'à Crocodile, un petit sourire malsain aux lèvres tandis que ce dernier paraissait énervé.

« Miss All Sunday ! Je t'ai ordonné de me ramener la princesse Vivi. Où se trouve-t-elle ? »

Son acolyte laissa glisser un petit rire de ses lèvres, impassible face à l'irritation de l'Égyptien.

« La princesse avait un chevalier servant assez inattendu. Mais n'aie crainte, je lui ai fait passer ton message.

– Tu lui as dit ?! Inconsciente, te rends-tu compte de ce que tu as fait ?

– Comment ça, tes plans sont si instables qu'une petite fille peut les chambouler ?

– Il suffit, nous partons sur-le-champ ! »

Smoker aurait juré avoir déjà vu le visage de cette femme quelque part... Quoique ce n'était pas le plus important pour le moment. Les deux bruns avaient cessé leurs jeux et l'épéiste s'était réveillé en flairant le changement de situation. L'homme-fumée refusait de laisser partir l'homme de sable sans en savoir plus, sans compter qu'ils étaient toujours enfermés.

« Crocodile ! Quels sont tes plans ? »

L'interpellé se tourna vers lui, irrité par la tournure imprévue des éléments avant d'esquisser un sourire en se rappelant qu'il conservait malgré tout l'avantage.

« Colonel Smoker. Tu es bien vivace pour un condamné. »

Son rire résonna dans la pièce, énervant les quatre prisonniers.

« Je vais te le dire si tu y tiens. De toute manière, aucune de vous ne sortira d'ici vivant. Vous n'avez pas remarqué que la pièce se remplit d'eau ? »

Les deux prisonniers les plus âgés s'en étaient déjà rendu compte ce fut une découverte pour les deux immatures qui se mirent à paniquer.

« Tu n'en as peut-être pas entendu parler, mais ce matin le roi a éradiqué une ville de la carte. Bien entendu, ce n'était pas Cobra puisque nous l'avons enlevé. Néanmoins, les gens normaux ne connaissent pas ce détail. À ton avis, que va-t-il se passer si l'armée rebelle passe par là, apprend que le roi a tué tout le monde et comme par hasard trouve des centaines d'armes stockées dans un entrepôt juste à côté ? »

Les quatre détenus écarquillèrent les yeux d'horreur. La guerre était proche. Elle avait même probablement débuté pendant qu'ils parlaient. Tous rageaient, en particulier le plus vieux et le plus jeune.

« Quel est ton but ? S'écria Smoker. C'est une vengeance personnelle ?

– Un futur noyé n'a pas besoin d'en savoir plus. Allons-y.

– Attends, enfoiré de croco ! »

Toutefois, ce ne fut pas aux cris de Luffy que Crocodile s'arrêta, mais à l'appel de l'escargophone caché dans son manteau. Smoker n'en revenait pas de voir qu'il en possédait un.

« Allô ? Allô ? Il y a quelqu'un ? Comment marche ce truc ?

– Je vous entends très bien, que se passe-t-il ?

– Hein ? Un instant, je connais cette voix... Bienvenue, ici le resto. C'est pour une réservation, M. 0 ? »

Le Capitaine corsaire perdit son sourire tandis que le visage du marine traduit de la satisfaction : il avait la confirmation que le mystérieux M. 0 et Crocodile ne faisaient qu'un.

« Qui êtes-vous ? Qu'avez-vous fait à mes subordonnés ?

– Ah, eux ? Ils étaient si faibles que je ne les ai pas vraiment remarqués. Trêve de plaisanteries, vous pouvez m'appeler... M. Prince.

– Eh, murmura Usopp. Ce ne serait pas Sanji ?

– San... ! Commença Luffy avant d'être coupé par Usopp.

- Ne dis pas son vrai nom, idiot ! souffla-t-il avant de hurler : M. Prince ! Viens nous sauver ! »

Fort heureusement, les den den mushis semblaient avoir une longue portée, car le blond parut avoir entendu le cri d'appel de son ami.

« On dirait que vous avez certains de mes amis avec vous. Eh, saleté de capitaine, long nez ! J'espère qu'aucune des filles n'a été attrapée par votre faute ! Ah, et si l'algue verte est là, dites-lui que je ne viendrai pas le sauver.

– J'ai pas besoin de ton aide, sale cuistot !

– Ah, j'aimerais tellement sauver Vivi chérie pour devenir son prince charmant et... Ah ! »

Des bruits de combats suivirent le cri de M. Prince, laissant son assistance en haleine. Crocodile ne masquait pas son irritation face à cet événement inattendu. Quelques instants plus tard, une nouvelle voix résonna dans l'escargophone.

« Nous avons capturé l'intrus, monsieur ! Il est seul !

– Très bien. Attendez-moi, j'arrive. »

Dans la cellule, l'heure n'était pas aux réjouissements.

« Sanji s'est fait battre ? Murmura Usopp.

– Pff, fallait pas compter sur cet abruti de sourcil vrillé.

– J'ai faim... »

Luffy s'agrippa aux barreau de la cage, déjà affaiblie par le niveau de l'eau qui ne cessait de monter. Le casino se trouvait au milieu d'un petit lac d'eau salée artificiel, et la salle où ils se situaient actuellement était submergée. Par conséquent, une petite ouverture suffisait pour condamner quiconque s'y trouvait à la noyade. Quelle barbe de mourir noyée. Luffy n'était pas encore devenue le seigneur des pirates ! Et elle devait encore envoyer Crocodile bouler jusqu'à Yuba. Quelle plaie, ces barreaux... Elle avait beau les mordre, ils ne s'abîmaient pas, sans compter que ses forces la quittaient...

Après une énième vaine tentative pour briser les barreaux avec ses mâchoires, la Brésilienne leva la tête et croisa le regard de la partenaire de Crocodile qui lui adressa un sourire malicieux. Luffy ne l'aimait pas trop : elle s'était introduite chez Sanji pour se moquer d'eux. Néanmoins, elle ne la détestait pas pour autant : elle leur avait indiqué où se rendre et était actuellement en train d'utiliser son pouvoir bizarre dans le dos du croco pour lui venir en aide. En agissant de la sorte, elle leur rendait bien service. Peut-être n'était-elle pas si méchante, en fait ?

« On y va, Miss All Sunday.

– Je te suis, sir Crocodile. »

A peine le duo eut-il disparu avec le rire de l'homme-sable qu'Usopp se mit à paniquer et à courir dans tous les sens, tapant sur les nerfs des deux aînés. Luffy, quant à elle, tentait en vain de faire passer ses bras entre les barreaux cependant, à cause de l'eau, elle ne parvenait pas à les étirer. Rien à faire, le niveau montait dangereusement, sans compter les vitres entourant la salle qui commençaient à craquer à cause de la pression.


Le spectacle devant le casino n'était pas celui auquel Crocodile s'attendait. Non seulement ses hommes étaient tous à terre sans exception, mais en plus la Marine approchait. Jurant dans la barbe, il saisit l'un de ses subordonnés vaguement conscient par le col et lui ordonna des explications. Celui-ci, avec peine, pointa en direction d'une ruelle où leur assaillant avait pris la fuite. Ce qu'ils ignoraient, c'était que ce dernier avait profité de la confusion pour infiltrer le casino lorsque le directeur en était sorti et qu'il avait envoyé un partenaire de crime inattendu le couvrir. Tout se déroulait selon le plan. Le Capitaine corsaire ne saurait bientôt plus où donner de la tête.


Fidèle au plan de Sanji, Chopper avait pris sa forme humaine et couru quelques dizaines de mètres avant d'opter pour sa transformation hybride et de se cacher dans une ruelle. De cette façon, Baroque Works aurait beau le chercher, elle ne le trouverait jamais. Sanji était véritablement un génie : il avait battu tous les Billions situés devant le casino puis avait fait croire qu'on l'avait capturé. Grâce à ce subterfuge, Crocodile était sorti de sa cachette et ils avaient localisé quelques membres de l'équipage que le blond était chargé de secourir.

Riant doucement au succès de cette opération, le petit renne percuta une jeune femme qui perdit ses lunettes sous le choc. Quelque peu sonné, celui-ci ne remarqua même pas l'uniforme de la Marine qu'elle portait.

« Mes lunettes ! Oh non, où sont-elles, je suis déjà assez pressée ! »

Chopper ramassa timidement l'objet de ses recherches qu'il tendit à la jeune femme. Cette dernière, ravie de les avoir retrouvées, les chaussa et remercia chaleureusement son sauveur sans prêter la moindre attention à son apparence inhabituelle. Surpris par tant de gentille, l'utilisateur de fruit du démon ne sut que répondre et se tripota nerveusement les sabots avant d'être sauvé par le gong.

« Lieutenant Tashigi, vous êtes là ! On vous cherchait partout !

– Désolé ! Allons-y, et merci encore ! »

Encore abasourdi, Chopper regarda la belle inconnue courir au loin, le museau tout rouge. Quelle gentille humaine ! Perdu dans son monde, il ne fit pas attention à l'arrivée de l'un de ses compagnons aux cheveux roux.

« Chopper ? Où est Sanji ?

– Nami ? Tu n'es pas avec Zoro ?

– Cet idiot s'est perdu pendant que j'avais le dos tourné... Plus important, je sais où se trouve Crocodile, il est au casino, c'est pas loin d'ici !

– Ah oui, je sais, Sanji y est. Crocodile est sorti et a capturé Luffy, Usopp, Zoro et peut-être d'autres d'entre nous.

– Zoro s'est fait capturer ? Quel incapable ! Laissons Sanji gérer ça, on va les attendre pas loin. Tu ne voudrais pas qu'on nous repère, n'est-ce pas ? »

Chopper ne put qu'acquiescer.


Le long des couloirs du casino, parmi la foule en panique en raison des secousses, courait un jeune homme blond vêtu d'un costume noir. Il ignorait où se trouvaient son imbécile de capitaine et les autres, néanmoins, il lui avait semblé entendre de l'eau au travers du den den mushi. De plus, à en juger les tremblements dans le bâtiment, il en avait déduit qu'il y avait une pièce sous-marine qui se remplissait petit à petit. Il ne fallait pas perdre une seule seconde car, d'après ses déductions, Nami se trouvait emprisonnée avec les trois idiots. En effet, sa bien-aimée se trouvait en équipe avec l'algue verte, elle-même capturée.

Pourquoi Nami n'avait pas manifesté sa présence lors de l'appel ? Question stupide. Paralysée par la peur et honteuse de s'être laissée attraper, l'élue de son cœur n'avait pas osé supplier son aide qu'au fond d'elle-même elle attendait son prince charmant : lui, Sanji ! l'œil en cœur, le preux chevalier des temps modernes courait en chantant des « mellorines », impatient d'être réuni avec sa princesse...

« Eh, c'est San... M. Prince !

– Il t'en a fallu du temps, sale cuistot !

– Sauve-nous, M. Prince ! »

… Ou pas. La quatrième personne captive n'était pas sa douce, mais pire : il s'agissait du marine qui les avait poursuivis jusqu'à Alexandrie. C'était le pire des scénarios. Le blond eut subitement envie de les abandonner à leur sort pour l'avoir trompé, mais finit par en décider autrement : Nami et Vivi le tueraient s'il les laissait à leur mort et cela ne lui ressemblait pas. Exaspéré par la situation, Sanji alluma une cigarette et maugréa des insultes que Zoro lui rendit. Le principal problème hormis le niveau de l'eau qui montait dangereusement vite demeurait cette cage. Le cuisinier de l'équipage avait beau donner des coups de pied, celle-ci ne bougeait pas d'un pouce. Il ignorait en quel matériau elle était fabriquée, néanmoins il était redoutable. Le temps pressait, les vitres craquaient de plus en plus.

« Sanji ! S'écria Luffy. Regarde sur la table, il y a la... »

Trop tard, son capitaine coulait. Le tireur d'élite tentait de le soutenir, toutefois il ne leur restait plus beaucoup d'espace pour respirer. Sans se faire prier plus longtemps, Sanji nagea jusqu'à la table et mit la tête sous l'eau mais ne vit rien. De quoi voulait parler son capitaine androgyne ? Tournant la tête, il aperçut sur le sol un peu plus loin un objet fort intéressant : une clé visiblement taillée dans le même matériau que la cage. Le courant l'avait probablement déplacée, mais qu'est-ce que la clé fabriquait ici ? Ce serait une question pour plus tard, chaque seconde était précieuse.

Le jeune homme eut à peine le soulagement de constater que la clé correspondait et de la tourner que les vitres craquèrent totalement, l'emportant au loin.


J'adore les OP Theater. Vous avez probablement repéré la référence dans ce chapitre à celui de la mafia (j'ai trouvé que ça collait bien, étant donné qu'il y a la mafia dans ce monde).

Cette fic fête aujourd'hui ses quatre ans de publication. Quatre ans. Ouah. Que le temps passe vite. Depuis l'époque où j'ai élaboré l'intrigue (septembre 2011), le manga a beaucoup évolué. On a appris de nouvelles choses qui ne rentrent pas forcément dans mes plans (le passé de Law, par exemple, ou les circonstances du retour de Sabo). Avant qu'on m'accuse de copier Oda dans plusieurs chapitres, sachez que j'avais prévu depuis très longtemps de faire un arc pour secourir Sanji (même si j'ai autre chose en tête).

Le rythme de publication est atrocement lent, j'en suis consciente, et, encore une fois, je m'en excuse. J'écris pendant les vacances et je n'en ai pas cette année (même cet été je dois écrire mon mémoire), sans compter que je n'ai quasiment plus de chapitres d'avance (le prochain n'est pas terminé et je n'aime pas ce que j'en ai fait). J'essaierai de mettre à jour d'ici fin août - début septembre. Si des gens lisent toujours, vous avez mes remerciements les plus sincères. Après tout, une histoire n'est rien sans ses lecteurs.

J'ai à plusieurs reprises donné par MP une liste des arcs de l'histoire (en précisant que ce sont des équivalents) sans jamais la publier ici. La voici donc :

- Baratie / Krieg

- Arlong

- Alabasta

- Skypiea

- Thriller Bark

- Enies Lobby / Marineford (le plus croustillant, une vraie bombe, comme ce qu'Oda prévoit pour son dernier arc)

- Épilogue (qui n'était pas prévu à la base, mais j'en ai finalement eu l'idée l'été 2012).

Comptez aussi des transitions entre chaque arc (Crapador étant une transition).