Salut à tous ! Tout d'abord, j'ai une incroyable nouvelle ! Entre les Mondes, et l'univers dans lequel elle prend place, a désormais son propre wiki ! Pour le voir, c'est assez simple : il y a un lien sur la SSD, il y a un lien sur mon profil , et sinon, il suffit de "googler" Wikia Parfum-Potter. Le nom, c'est parce que la base de tout, c'est le Parfum des Arums. Et pis c'est dans l'univers Potter quand même. Bref je me suis pas foulé.
.
Allez, Réponses aux Reviews !
Rebonjour, titietrominet. Non, je ne connaît pas cette auteure, je jetterai un œil à l'occasion.
Ah ah pour les intitulés, j'avoue m'être creusé la tête pour trouver des trucs les plus incompréhensibles possibles, mais qui veuillent vraiment dire quelque chose. Hé ouais, ils en ont un, de sens. Bien caché.
Et bien sur ! Le Gendarmagium est un élément central en France, peut-être même plus que les Aurors là-haut !
Hello Sengetsu ! Que dire… je ne sais pas c'est quoi le pire : que je suis parti du principe que tu contestait "mécanisme", ou que je n'ai pas vu l'énorme faute juste à côté… j'ai honte, je suis vraiment désolé !
Aucun risque de ce côté : je doute que l'augurey soit très bon. En plus je crois que c'est une espèce protégée.
En effet, Alterio est fan de Pokémon. Et je vais un peu plus parler de lui à l'avenir, notamment… maintenant ! Et pour Gaby, de toute façon, elle apparaît déjà souvent dans la suite, plus que les autres profs en tout cas.
Ah ah ! Que dire de Célestia ? Irresponsable, je ne sais pas… mais elle a sérieusement les fils qui se touchent ! D'ailleurs, je l'imagine bien passer les deux heures de cours à regarder les élèves par un petit trou dans la porte de son bureau, ou planquée dans un placard !
Pour les concours, aucun risque, ma chère Poufsouffle : ces lâch… pardon, nos collègues de Poudlard ne participent plus depuis un moment, déjà. Faut les comprendre, l'origine même des concours ne les affectent pas autant. Pour plus d'info… *hum*
Hello, chère Hiroyu ! ça me fait plaisir de voir que tu reviewes à nouveau régulièrement ! En effet, ça se passe sur les Olympiades, le Big Challenge, tout ça… Ma fac participe aux Olympiades de chimie, c'est comme ça que m'est venue l'idée, d'ailleurs !
En revanche, je doute que Cycy ait trop la tête à ça cette année… En revanche, on va croiser d'autres personnages… explication juste en dessous !
Pour la référence, ils sont en fin 2016, et, vu comme c'est parti en couille depuis un moment déjà, je doute que ça ait encore trop de succès l'an prochain. Et puis, il est à noter l'importante proportion de sang-purs / sang-mêlés dans la promo de Mathis, et donc le manque flagrant de culture moldue. C'est la tristitude.
Yo Ywëna, t'es reviendue ! Ouais, Mathis a bien souffert, parce qu'en plus du coup, il s'est cogné la tête au sol. BAM ! Double headshot !
Très bien vu, la référence ! Au détail près que je tiens ma référence des Cités des Anciens, je n'ai pas encore eu le temps de lire les Aventuriers de la Mer. Là je suis sur L'Autre de Bottero, et ensuite je pense me faire la Croisée des Mondes.
Moi aussi, j'adore Lorna ! Et oui, elle va revenir très souvent, ne serait-ce qu'au Club Duel. Bon, en l'occurence, Lorna a 13 ans, mais oui… pourquoi ? pourquoi !? Enfin, remarque, pourquoi pas ? C'est sûr qu'elles feraient un duel mortel. En revanche, je pense que la famille de Nil en ferait un chiche-kébab s'ils apprenaient qu'elle est homosexuelle (sans cliché raciste, bien sûr). Mais de toute façon aucun risque de ce côté, Lorna a déjà des vues ailleurs…
En effet, c'est dommage qu'il ne le font pas à Poudlard. Mais tu as raison : ils sont nazes. Sérieux ! Avec un cours de métamorphose, enseigné par une animagus, ils auraient pu faire concurrence à Perséphone. Avec leur école paumé dans une région déserte d'homme mais riche de créatures magiques, ils auraient pu rivaliser avec Durmstrang en Zoomagicologie. Mais non ! Ils sont trop occupés à se faire la guéguerre !
.
Et sinon… comme prévu, je vous révèle tout : je travaille sur une fiction annexe, un peu spéciale : un recueil de one-shot racontant la rentrée d'un élève en 2015, pour chacune des écoles du monde ! Et il y en a un paquet ! Alors pour la publi, ça sera totalement en live, en parallèle de celle-ci. Et oui, TOUTES les écoles, donc y compris BeauX et Poudlard.
.
.
5) Le Bal des Crocs
Il fait froid. Si froid. Est-ce cela que l'on ressent, lorsqu'on meurt ? Non, non, il n'est pas mort. Il est… à l'école. Oui, c'est bien ça, à l'école. Et on est…
– C'est Halloween ! cria Mathis en se réveillant en sursaut. Merde, reprit-il un ton plus bas, ils ont oublié de payer le chauffage, ou quoi !?
– Apparemment, pour compenser les nouvelles interdictions, ils se sont lâchés sur les animations, soupira Edwin, depuis le lit du dessous. Ils ont dû se dire qu'être réveillé par un froid de cadavre, ça serait plus glauque qu'un hurlement.
– La manière dont tu le présentes, en tout cas, est bien glauque… T'es déjà sorti ?
– Ouaip.
– Et alors ?
– Alors, on est enfermés dans le Pavillon, et il fait aussi froid partout. Plusieurs élèves, même des Chasseurs, ont essayé d'allumer des feux dans les cheminées. Impossible.
– C'est la nouvelle méthode pour qu'on ne se fasse pas tuer dehors ? De nous tuer eux-mêmes à l'intérieur ?
– Je crois qu'ils essaient de nous faire paniquer. Ça marche pour certains, d'ailleurs.
– Putain j'ai froiiiiid !
– Fais comme moi, répliqua Erwin en se levant.
Il était recouvert de fourrure sombre, et portait des lunettes de soleil… mauves.
– T'as pris les lunettes d'Émi ? remarqua Mathis.
– C'était pour compléter mon look. En tout cas, la fourrure, ça tient bien chaud.
– Tu peux…
– Bien sûr ! Pellem Pilosus !
Le corps de Mathis se recouvra rapidement de fourrure, plus claire que celle d'Erwin.
– Dis, t'aurais pas une Potion de Jaunisse qui traîne, par hasard ?
– Si, pourquoi ?
– Pour faire une expérience !
– Je vois. Attrape !
– Merci.
Mathis déboucha la potion, et l'appliqua prudemment contre son bras, et fit glisser le goulot sur sa fourrure. Là où la potion entrait en contact avec, sa peau virait au jaune citron, mais sa fourrure également. Satisfait de son test, Mathis s'amusa à dessiner des motifs plus complexes sur sa fourrure. Puis il enfila une partie de son uniforme, restant torse velu sous son gilet. Deux ans de suite le même déguisement, ça méritait bien un petit effort de présentation.
– Dis bonjour… À Électrosinge !
– Oh, mais c'est une super idée ça ! Il faut que je trouve un truc comme ça aussi !
– Essaie un singe de feu, si t'as de quoi virer au rouge. Avec le reste de la Potion de Jaunisse, on pourrait même travailler des petites flammes. Après tout, on est enfermés, non ? Donc on n'a rien de mieux à faire.
– Euh, je crois que j'ai une fiole de Philtre Rougeoyant, qu'on a préparé au Club Potions.
– Club Potions ?
– Enfin, durant le regroupement d'élèves en salle de Potions dans le but de partager une passion commune, mais n'ayant pas d'animateur, ni le statut officiel de Club, si tu préfères.
– Va pour le Club Potions.
Effectivement, Erwin avait une petite fiole dans sa valise, et Mathis put s'amuser à lui dessiner des flammes sur les bras et le haut du torse, Erwin ayant lui aussi choisi de ne pas mettre sa chemise, et de nouer son foulard comme un bandeau, autour du front. Mathis était en train de Finir une flamme particulièrement bien stylisée, à son goût en tout cas, lorsqu'on frappa à la porte. Sans même attendre la réponse, Nil ouvrit la porte en grand. Elle était toute vêtue de cuir sombre, mais sa tenue était très masculine. Sa longue chevelure était attachée à l'arrière de sa tête, en une tresse passée dans le trou d'une casquette noire. Sur ses joues, deux traits de charbon sous les yeux. À ses côtés, Émi, rouge. Totalement rouge, de la tête aux pieds. Cheveux, peau, vêtements, et même le blanc de ses yeux étaient écarlate, et deux cornes, du même rouge, perçaient dans son front.
– Ah ! Je vois que vous aussi vous avez fait un effort ! constata Nil avec bonne humeur. Sympa, les singes élémentaires. Faudra qu'on reprenne ça tous ensemble, un jour. En tout cas, j'espère que Jorge a fait un effort, cette année. Je pense l'avoir suffisamment frappé pour le convaincre, mais on sait jamais.
– Et Karol ? demanda Erwin.
– Si tu savais !
– Allez !
– Bon, ok. Elle est déguisée.
– … Quoi, c'est tout ?
– Bah oui !
– Tu peux pas nous donner un petit indice, au moins ? Ou deux ?
– Ok, ok, si t'insistes ! Alors, c'est sa nouvelle colloc qui a eu l'idée, et son impulseur fait partie du costume. Parce qu'elles se sont rendues compte que ça avait des effets… intéressants.
– Mmmh…
– Hé, tu peux attendre cinq minutes, quand même ! Bref, on était venu vous dire qu'ils avaient déverrouillé les portes. Dehors, il fait aussi froid que dedans, et le brouillard est si dense qu'on ne voit plus sa main en tendant le bras.
– Mais qu'est-ce qu'on attend, alors !? s'exclama Mathis. Je crève la dalle !
– Du calme, estomac sur pattes ! On attend Karol, et Camille.
– C'est qui Camille ?
– Sa colloc, abruti.
– Ah, oui, c'est vrai !
Heureusement, les deux filles ne tardèrent pas. En fait, Mathis ne vit que Camille, et une aura sombre derrière elle. Ce ne fut que lorsque la jeune fille, qui était déguisée en reptile aux yeux blancs (sa peau était couverte d'écailles, et une queue balançait derrière sa jupe) s'écarta, que Mathis se rendit compte que l'ombre intense émanait d'un être vivant. Karol.
– Mais !? Comment tu…
– C'est simple ! annonça Karol comme une évidence. Je suis toute en noir, avec un charme miroitant d'ombre. Regarde.
Karol enleva le collier autour de son cou, et apparut normalement, toute habillée de noir et de dentelles, avec un long capuchon sombre. C'était une vieille amulette au bout d'une chaîne, orné d'une pierre sombre qui dégagait une aura noire vibrante. Lorsqu'elle la repassa autour de son cou, son corps redevint flou, et la lumière autour d'elle vacilla.
– Ouah, c'est quoi ce truc ?
– Une Pierre de Nouvelle Lune, répondit Camille. C'est une protection contre les créatures de la nuit, et ça permet de passer inaperçu. Elle appartient à ma mère, et elle me tuerait si elle savait ça… Mais avouez que ça en jette !
– Et c'est ça qui éteint les lumières sur son passage ?
– Non, ça c'est…
– L'impulseur, tu te rappelles ? intervint Karol. Il peut aussi allumer et éteindre les lumières d'origine magique. J'ai juste dû demander à un Chasseur Enchant'Art de lui lancer un sort pour qu'il agisse en cercle et en continu, pour pouvoir éteindre toutes les lumières autour de moi d'un coup. Ça ne les rallume pas, mais tant pis ! C'est plus drôle comme ça !
– Le Chasseur, c'est mon frère, précisa Camille. Arthur Hastier. Il est en 8ème Année.
– Et en plus, reprit Karol, je crois que ça ne va pas perturber que les lumières…
– C'est-à-dire ? demanda Mathis.
– C'est-à-dire que si tu vois quelqu'un s'écraser en balai à côté de nous, c'est normal.
– Oh, intéressant… Dis, c'est vraiment perturbant de parler à une… tâche sombre. D'habitude, c'est Nil, la sombre tâche du groupe. T'es obligée de…
Et Mathis se prit un Repoustout en pleine figure, qui lui valut de se cogner dans le mur derrière lui. Heureusement, sa fourrure amortit en partie le choc.
– Tiens, cadeau de la "sombre tâche" !
– Aïeuh ! T'abuses, quand même.
– Tu m'as insultée.
– Je t'ai désignée, corrigea Mathis, avant de lever les bras devant son visage. Ho, ne recommence pas !
– Mmmh, d'accord, ça va pour cette fois.
– Donc en fait, tu es déguisée en ombre, c'est ça ? demanda Erwin à sa sœur.
– Ouais, en gros, c'est ça. Je porte les ténèbres.
– C'est génial !
– C'est poétique, souligna Mathis.
– J'ai faim, lâcha Nil. On attend quoi ?
– Rien, c'est parti !
La bande sortit dans le brouillard, et décida rapidement de se diriger vers le château. Ils devaient récupérer Jorge auparavant, mais le temps pressait. Ils reprenaient les cours dans une demi-heure, et Florine Brindargent n'était pas du genre à pardonner les retards. Mais c'était peine perdue. La demi-heure passée, ils n'avaient toujours pas atteint le château. Au bout d'un bon quart d'heure, ils avaient atteint le fleuve. Heureusement pour eux, ses rives étaient longées par des barrières solides, et personne ne risquait de tomber à l'eau. Sauf qu'il n'y avait pas de pont. En effet, les Augures avaient longé la barrière d'un bout à l'autre, et force était de constater que les trois ponts avaient disparus. Il leur fallut encore de longues minutes pour découvrir que les ponts étaient bien là, mais que leur disparition, et la clôture qui les remplaçaient, n'étaient que des illusions. Ils se retrouvèrent ainsi à traverser le torrent dans l'épais brouillard… sur un pont invisible. Les choses auraient pu s'arrêter là. Mais ils n'étaient qu'à mi-chemin. Cette année, pas de labyrinthe, mais un sol recouvert d'une dalle sombre et glissante. Ceci, combiné au brouillard, et à la présence d'autres élèves errants, acheva de dérouter les pauvres enfants. Après avoir glissé, fait trois tour sur le sol, perdu de vue ses amis pourtant à moins d'un mètre, et croisé un groupe d'élèves allant dans l'autre direction, comment savoir par où se trouvait le château ? Enfin, des élèves eurent la bonne idée de relayer des signaux lumineux du château aux différents pavillons, pour indiquer le chemin le plus direct, et chacun put s'en sortir. Mais l'heure du petit-déjeuner était passée, et tous étaient en retard pour leur premier cours.
Aussi, quelle ne fut pas leur surprise en découvrant le Grand Réfectoire complètement bondé, où autour des larges tables rondes, chargées de tartes à la citrouille et de cruches de chocolat chaud et de café, étaient regroupé la majorité des élèves de l'Académie, Chasseurs compris. Même les professeurs étaient mêlés aux élèves, et ils virent la directrice en grande conversation avec un groupe d'élèves habillés de blancs réunis autour du docteur. Sûrement des Chasseurs Médicos. Ils trouvèrent Jorge à la même table que Mila et Lucian, déguisé en croque-mort moldu. Nil lui fit un clin d'œil, accompagné d'un geste désignant son costume. Avec eux, Mathieu, Éliza, Maxime, ainsi que Triora en grande conversation avec un homme étrange que Mathis n'avait jamais vu. Celui-ci avait la peau mate, les cheveux poivre et sel, et un long bouc tressé et orné de perles de bois. Ils portaient d'amples vêtements bigarrés, et sentait très fort l'encens. Mais le plus marquant chez lui était ses yeux, dont les iris glacés étaient presque blancs. Alors que les derniers arrivés s'installaient, il se mit à rire, un rire grave et résonnant, et Mathis aperçût une chose fort étrange. Cet homme semblait avoir deux langues, se mouvant indépendamment l'une de l'autre.
– … Et le pire, c'est que la couronne est restée collée à sa main jusqu'à l'arrivée des échevins, racontait Triora.
– Et qu'a-t-il fait ? demanda l'homme étrange.
– Il a haussé les épaules, et leur a dit : "Le roi doit porter la couronne, non ? Personne n'a précisé comment !"
– Ah ah ah ! Je me régale de vos contades, Miss Bellini ! Mais, suis-je impoli ! Présentez-moi plutôt vos camarades fraîchement sis !
– Oh oui, bien sûr Ya Sayidi. Voici Nilüfer, Karol, Émeraude, Mathis, et Erwin, tous élèves en 2ème Aloysia. Et je n'ai pas la chance de connaître cette jeune fille.
– Camille. J'suis la colloc de Karol.
– Eh bien, enchantée, Camille. Les amis, je vous présente le professeur Japhet Sindari, qui enseigne la Divination ici-même. Mais c'est surtout un puissant voyant.
– Que cesse, vous me flattez outre mesure, Miss Bellini ! Je suis fort aise de vous rencontrer, jeunes gens. Souffrez que je m'écarte à présent, il est temps que j'apprête mon prochain enseignement. Il est toujours aussi agréable de discuter avec vous, Miss Bellini.
– Bonne journée, Ya Sayidi. À demain !
– Mesdemoiselles, messieurs, ravi. Passez de joyeuses Halloween. Alterutrum fatum nos impellit.
Le professeur s'éloigna sous le regard admiratif de Triora.
– Il a dit quoi ? demanda Nil, brisant soudainement le silence.
– Alterutrum fatum nos impellit, répéta Mila. C'est une formule de politesse latine : "Que le destin nous pousse l'un vers l'autre". En gros, "Je serai ravi de vous revoir".
– D'accord !
– Il cause bizarrement, le mec chelou, commenta Camille.
– C'est un frontalier Franco-Espagnol d'origine arabe, qui a probablement plus de cinquante ans, expliqua Triora. Forcément, il ne va pas parler comme nous…
– Hé, ça fait longtemps qu'on t'as pas vue, lui adressa Mathis. Je pensais que tu étais parti en Italie.
– C'est le cas, en partie. Ils n'ont pas pu obtenir d'autorisation pour un Retourneur de Temps, et comme les emplois du temps ici sont fixes, ça ne passait pas. Du coup, il a fallu s'arranger pour que je suive la totalité des cours, en répartissant mon emploi du temps sur les deux écoles. Du coup, je me retrouve avec la majorité de mes cours à Fin'Arte. Ici, je ne suis plus que la Divination, le Français, et les Runes. Et j'ai des rattrapages le Samedi pour les autres matières, pour les chapitres non enseignés là-bas.
– Eh ben, c'est vachement compliqué. Tout ça pour suivre une option…
– Pas une simple option, corrigea la jeune Italienne. La Peinture Prophétique est un enseignement unique au monde, qui donne un énorme avantage aux voyants italiens. Tu crois vraiment que Leonardo Da Vinci dessinait des avions et des sous-marins parce qu'il avait beaucoup d'imagination ?
– De Vinci, un sorcier !? s'exclama Camille.
– Et probablement le plus grand voyant de son temps, confirma Triora. Nombreux sont les personnages, tout au long de l'histoire moldue, à s'avérer être sorciers…
– Comme qui ?
– Moïse, Pythagore, Olympias d'Épire, Leonardo Da Vinci, Nicolas et Pernelle Flamel, la marquise de Montespan, pour ne citer qu'eux.
– C'est qui, Olympias d'Épire ?
– La mère d'Alexandre le Grand.
– Ce qui fait qu'Alexandre…
– Était un sang-mêlé. Oui. Il n'a jamais suivi d'enseignement, mais son alliance avec Bucéphale ne laisse aucun doute sur ses pouvoirs magiques.
– Bucéphale ?
– Le cheval d'Alexandre, soupira Nil en levant les yeux au ciel. Un cheval si fougueux qu'on le disait carnivore.
– On disait aussi qu'il avait peur de son ombre, ajouta Émi.
– Les deux étaient vrais. Bucéphale était issu d'un croisement improbable entre un cheval et un sombral, d'où son goût pour la viande. Quant à savoir pourquoi il craignait sa propre ombre… Eh bien disons qu'un monstre préfère éviter de se voir. Lucian, un peu de tarte citrouille-clémentine ?
– Non merci, je dois y aller.
– On n'as pas cours avant 10h, aujourd'hui, souligna Mila.
– Si j'allais en cours, je ne serais pas si pressé, répliqua son frère. J'ai une mission, et je dois la remplir coûte que c…
Aussi soudainement qu'une averse, la nuit tomba sur le château. Dehors, la pâle lueur du jour perçant à travers le brouillard disparut purement et simplement, et à l'intérieur, les chandeliers s'éteignirent tous en même temps. Çà et là s'illuminaient déjà les baguettes. La tablée tenta d'allumer les leurs, mais la lueur de leurs baguettes n'éclairait pas plus qu'une luciole.
– Karol… soupira Erwin.
– Non, je ne retirerai pas le collier. Si t'as peur du noir, t'as qu'à partir dans ton coin. Moi je vais essayer de m'introduire dans le labo d'Attorney pour prendre une fiole de sécrétion de bandimon.
– Tu veux faire du détergent ?
– Tu ne veux pas le savoir. Tu viens Camille ?
– J'arrive, répondit la jeune fille.
– Mais… mais… mais…
– Wow, souffla Mathis. Elle avait jamais fait ça avant !
– C'est la première fois qu'elle me plante comme ça.
– Et pour aller voler dans la réserve, souligna Nil. Elle se délure, la p'tite Niafasen !
– Cette Camille a une très mauvaise influence sur elle, bougonna Erwin en croisant les bras. Du vol !
– Mauvaise ? cracha Nil. C'est la première fois depuis qu'on la connait qu'elle prend une décision seule. Et surtout la première fois qu'elle ne te suit pas comme un chien, Erwin.
– Quoi !? s'indigna le garçon. Comment oses…
– Ah bah oui, le coupa-t-elle. Tu n'as pas l'habitude qu'elle décide par elle-même. Les choses changent, tu as maintenant plus besoin d'elle qu'elle de toi. Il te faut à tout prix quelqu'un dans ton ombre, quelqu'un devant qui tu peux briller. C'est fini, le rôle du grand frère sorcier et protecteur. Cracmole ou pas, elle est meilleure que toi, et ça, tu ne peux pas l'accepter.
Rouge de colère, Erwin se précipita hors du Grand Réf, sans même regarder derrière lui. Il bouscula un groupe de 1ère Année qui discutaient devant la porte. Émi jeta un regard noir à Nil.
– T'y es allée un peu fort, la réprimanda-t-elle. Il va faire la gueule pendant des jours !
– La vérité fait mal, répliqua Nil. Il étouffe Karol. Il raconte à qui veut l'entendre qu'il fait tout pour l'intégrer, mais il tire sur la laisse dès qu'elle s'éloigne un peu. J'ai grandi avec quatre frère, dont le plus jeune a trois ans de plus que moi. Je sais ce que c'est d'être la petite sœur de frères qui pensent être mieux placés que moi pour décider de ma vie. Ce n'est pas pour le paysage que j'ai préféré Beauxbâtons à Isis la Grande. C'est pour être loin de ces abrutis. Karol, elle, doit le subir tous les jours. Alors tant qu'il la traitera comme sa protégée et non comme son égale, je serai là pour le remettre à sa place.
– Autour de la table la plupart était bouche bée, à l'exception de Mathis, qui arborait son habituel sourire en coin, et Éliza qui elle souriait franchement. Elle frappa du poing l'épaule de Maxime, qui couina d'indignation, avant de tendre la main vers Nil au-dessus de la table.
– Bien parlé ! Tape-m'en cinq, camarade ! Au diable les grands frères tyranniques, nous sommes des sorcières fières et indépendantes !
– Euh t'as qu'un petit frère, souligna Maxime.
– Ouais, mais j'ai des cousins très envahissants. Enfin beaucoup moins depuis que l'un deux a failli se noyer dans sa propre morve.
– Beuark !
– Liz, on est à table !
– Bah quoi, fit-elle avec un faux air innocent, c'est juste un sort !
– J'ai plus faim, lâcha Maxime.
– Moi non plus, ajouta Mathieu.
– En même temps, ça fait presque une heure et demi que vous vous baffrez, souligna Triora. Surtout toi Mathieu. Le peu de mots qui sortent de ta bouche est largement compensé par la quantité monumentale de nourriture qui y rentre.
– C'est pour compenser tout ce qu'ils nous ont fait cavaler avant même le petit-déjeuner !
– Tu exagères, intervint Mila. Le Pavillon Bleu est juste en face, on a juste eu à avancer tout droit. On a mis à peine un quart d'heure pour atteindre le château. Et encore, on aurait pu aller plus vite si t'étais pas tombé aussi souvent.
Vexé, le jeune homme se tut.
.
.
La discussion continua un peu, puis vint le temps pour certains de se rendre en cours. Anglais pour Mila et Mathieu, rien pour tous les autres. Les Augures, eux, n'avaient pas cours avant 13h, car la totalité du cours de MST était supprimé. Pour passer le temps, ils voulurent se rendre à l'Étage Blanc. Mais il s'avéra que l'étage n'était pas libre. Toutes les salles blanches étaient verrouillées, et dans l'arène se trouvait la classe de Triora, slalomant à ras du sol entre les mannequins de bois, sous le regard attentif du professeur de Vol. Les Augures décidèrent alors de se rendre au QG de Lucian. Mais la porte était elle aussi verrouillée…
– Attends, pousses-toi !
– Tu vas faire quoi ? demanda Mathis.
– Alohomora ! jeta Émi. La porte se déverrouilla.
– Entrons ! s'exclama Nil. Je parie que…
– *Hé !* s'indigna une voix derrière la porte. *C'est privé !*
– *Pousse-toi, Karl, sinon elle va t'écraser entre la porte et le mur*, fit la voix de Lucian en ricanant.
– Merci Lulu.
– Karl, referme derrière eux, ordonna Lucian.
– Collaporta !
– Merci. Chers Augures, vous nous interrompez en pleine préparation pour le Bal des Crocs.
– Le quoi ?
– Dès 17h, le Grand Réfectoire va se transformer en salle de bal pour vampires.
– Quoi !? s'écria Émi. Seul Mathis remarqua l'expression de terreur sur son visage.
– C'est pour ça que le château est plongé dans le noir depuis ce matin. Pour l'ambiance. Après, comme je vous dis, des dizaines de vampires, d'hybrides, et des gars de la Coopération Magique et du Secret vont venir à partir de 17h.
– C'est à la fois un moyen de prévenir tout incident avec le monde moldu pendant les négociations annuelles avec les vampires, et de filer les chocottes aux élèves le jour d'Halloween, intervint Samuel Follet, assis derrière Lucian. On reconnaît bien là notre chère directrice. S'immiscer dans les évènements politiques du pays tout en se faisant passer pour la directrice bienveillante qui s'implique pour ses élèves.
– Samuel, on t'as déjà dit que tu avais le cynisme d'un sorcier de 50 ans ? demanda Karl, l'air de rien.
– En effet, on me le dit souvent.
– Bref, coupa Nil. Vous faites quoi ?
– On prépare une protection contre les vampires.
– De l'ail ?
– L'ail n'est qu'un répulsif. Puissant, certes, mais on ne peut pas les chasser du château comme ça. Non, on enduit nos cols de chemise d'essence d'argent neutralisée. Aucune odeur, aucun risque pour nous, mais si l'un de ces suceurs de sang essaient de planter ses crocs dans notre joli cou, il crèvera… sur le coup. C'est du donnant-donnant : S'ils nous laissent en paix, ils ne craignent rien de nous. S'ils nous attaquent, ils ont perdu d'avance.
– Je veux ça ! s'écria Émi en se précipitant vers lui.
– Doucement, doucement ! s'amusa Lucian. Ce n'est pas encore prêt. Ceci (il désigna le chaudron que Samuel remuait doucement) n'est que la solution de base, qui permet de neutraliser l'argent. En gros, ça retire son odeur et son rayonnement magique, sans pour autant stopper ses effets. Cette préparation précise a en plus pour but de le dissoudre sans avoir à le fondre. Après cela, Gideon doit nous ramener des tubes de cuivre.
– Du cuivre, pourquoi faire ? demanda Mathis.
– Pour le transmuter en argent, par Merlin ! Nous n'allons quand même pas acheter du vrai argent pour le dissoudre ! Et puis Gideon est très bon en transmutation, alors profitons-en.
– Et le cuivre, vous le trouvez où ?
– Bah chez le ferrailleur !
– Au fond du jardin ?
– Non, au Bourg Enchanteur.
– Quoi !? Gideon a quitté le domaine ?
– Bah oui ! Privilège de sorcier majeur, il peut aller et venir à sa guise. Tant qu'il est présent en cours, il fait ce qu'il veut.
– La chance !
– D'ailleurs, ajouta Samuel, beaucoup de Chasseurs rentrent régulièrement chez eux, parfois tous les weekends, parfois même tous les jours, pour ceux qui vivent au Bourg par exemple.
– Émi, t'étais au courant ?
– Non. Ma sœur ne rentrait pas les weekends, en tout cas.
Toc… Toc toc toc… Toc
– Ah, c'est Gideon.
– *Alohomora*… Bonjour à tous ! Collaporta. Ah, je vois que j'ai bien fait de prendre du rab. Je pose ça là ?
– Oui, fait gaffe au chaudron. T'as amené quoi d'autre ?
– Patacitrouilles, crapauds à la menthe, et…
– Des suçacides ! s'écria Lucian. Génial, t'es un seigneur, cousin ! Envoie, vite !
– Ah ah, tiens ! vas-y doucement, tu vas finir par perdre ta langue avec ces horreurs.
Gideon distribua les bonbons, et aida ensuite Samuel à la préparation de la potion. Pendant ce temps, les trois Augures et les deux Légionnaires discutaient joyeusement. Mais rapidement, ils laissèrent la place à Nil et Karl, en pleine joute orale. Nil était tombé sur un os avec le jeune Urtica, dont la répartie n'avait égale que le cynisme. Ils se balançaient des piques de plus en plus affreuses, au point que l'une d'entre elle, de la part de Nil, parvint à tirer une grimace à Mathis. Karl et Nil, eux, arboraient tous deux des sourires d'arlequins, jubilants d'avoir trouvé un adversaire à leur taille. Cela dura tant et si bien que vint l'heure d'aller en cours pour les Urticas. Arts pour les 3ème Année, Tatouage Runique pour Gideon. Les Augures restants se réfugièrent dans la bibliothèque, pour patienter avant midi. Peu avaient faim, mais l'odeur provenant du couloir, malgré la porte fermée, était fort alléchante. Ils décidèrent de manger avec les Urticas, et Mathis profita d'un micro-moment d'intimité dans le couloir pour interpeler Émi.
– Tu as vraiment peur des vampires.
C'était un constat, pas une question.
– Oui, et ? se braqua la jeune fille.
– Rien, c'est normal. Mais d'où te vient cette terreur ? Et me sers pas l'habituelle excuse de la phobie, toute phobie a son origine.
– Ouah, tu fréquentes trop Mila pour ton bien, toi, tu vires psychomage !
– Ah ah ! Peut-être ?
– Quand j'avais quatre ou cinq ans, nous sommes allés en Bulgarie. À l'hôtel où l'on s'était rendu, la chambre qui nous était réservée était auparavant occupée par un homme, un marchand de passage, qui n'était pas reparu le matin même. Ayant été payé la veille, l'hôtelier ne s'était pas inquiété outre mesure, pensant que le marchand était reparti très tôt. Mais le soir même, alors que je sortais pour me rendre aux toilettes sur le palier, j'ai vu un vampire, le menton dégoulinant de sang, traînant derrière lui le cadavre un homme bedonnant. Sûrement le marchand disparu. Ce monstre a osé me faire un clin d'œil avant de retourner dans sa chambre l'air de rien.
– Eh beh…
– C'est plus que de la peur. Ce sont des monstres abjects, et bien que ma nature, et les enseignements de mon grand-père, m'empêchent de souhaiter leur mort, je ne veux rien avoir à faire avec eux. Imagine, il va peut-être être là !
– Qui ?
– Bah celui que j'ai vu dans l'hôtel. Non ! Je ne peux pas ! Je n'irai pas au banquet ce soir. Je vais demander au Sondeur s'il peut m'envoyer un peu de nourriture à la salle commune, mais je ne mets pas les pieds à ce bal macabre. Dès la sortie du cours de balai, je fonce au Pavillon Rouge, et j'y reste jusqu'à demain. D'ailleurs, je vais demander à Lucian une fiole de sa potion, et je la jette à la gueule du premier individu trop pâle que je croise.
– Ouh, je ne te reconnais plus, là ! Du calme, Émi ! Tiens, parle-moi plutôt des loups-garous.
– Quoi, les loups-garous ? demanda-t-elle d'un ton soupçonneux. Ce n'est pas comparable !
– Loin de moi cette idée, fit Mathis en levant les mains en signe de paix. Je veux juste savoir à quel point ils sont différents des histoires moldus.
– Ah, hum… Eh bien pas tant que ça, en fait. La seule différence est que la plupart arrive à se contrôler s'ils prennent de la potion Tue-Loup juste avant le lever de lune. Une merveilleuse invention, cette potion. Et ils sont quasiment immunisés à la magie.
– Quoi d'autre ?
– Il y a un pays enclavé en Russie, presque exclusivement peuplé de Lycans, bien que quelques Mordus s'y soient installés. On appelle "Lycan" tous ceux qui sont nés Loups-Garous, et "Mordus" ceux qui ont été contaminés.
– J'avais compris, pour les Mordus.
– D'ailleurs, un Mordu aura la plupart du temps un enfant sain s'il le fait avec une sorcière, et inversement, mais un Lycan n'aura que des enfants Lycans, peu importe la nature de son autre parent.
– Et si l'un des parents est un Lycan, et l'autre un Vampire ?
– Euh… Je doute fortement que ce soit possible, ces deux races se haïssent probablement encore plus que les sorciers les craignent.
– Et toi, tu as peur des Loups-Garous ?
– Non. Mon oncle est un Mordu, et bien que je ne le vois que très rarement, il est toujours adorable.
– Tu ne le vois pas à cause de… sa nature ?
– Non, parce qu'il vit en Irlande ! Le fait qu'il soit lycanthrope ne change absolument rien. Il a été mordu quand lui et ma mère étaient petits, et il s'en tire très bien. L'Irlande est un des seuls pays au monde à considérer les Mordus comme des sorciers. Ils disposent de vastes plaines dégagées, et de nombreuses protections magiques autour des villes et villages, sorciers comme moldus. En fait, contrairement à la zone Lycane en Russie, qui est une enclave enfermant les lycanthropes au cœur d'un pays sorcier, on peut considérer que les sorciers Irlandais leur laissent le pays, et s'enferment eux même. D'un côté ou de l'autre de la barrière, ils sont toujours à l'abri. La seule différence est la liberté accordée aux Loups-Garous, les premières victimes de cette mutation mensuelle.
– C'est fou, quand même, souligna Mathis. Tu mets autant de verve à défendre les Loups-Garous qu'à attaquer les Vampires.
– C'est un ressenti personnel, je ne force personne à penser comme moi…
– En tout cas, j'ai hâte d'y être, moi !
Le repas du midi, fort copieux, était majoritairement constitué de ce qui aurait pu être du rôti d'éléphant, tant les quantités étaient gargantuesques, farci à la semoule de blé et marinée dans la menthe et la cannelle. Le très court répit avant le cours de Biologie fut à peine suffisant pour digérer les quantités énormes de nourriture avalées. La situation était d'autant plus dramatique que comme l'an passé, un épouvantard errait à chaque étage, le plus souvent juste devant la porte des toilettes. Puis le moment de retourner en cours vint, et le parchemin-emploi du temps les rappela à l'ordre dans un bourdonnement. Mathis sortit le sien de sa poche, et le déplia.
– Ah, tiens, on a nous aussi cours au 3ème Droite, je me demande ce qu'on va y faire. D'ailleurs, le parchemin indique 12h57, il faudrait qu'on se dépêche. Lucian, t'as fini avec ma chemise ?
– Oui, tiens, tu peux la remettre. Bon cours à vous !
– Merci ! Eh, n'empêche, c'est sympa les nouvelles améliorations du parchenda.
– Du quoi !?
– Du "parchenda". Du parchemin-agenda. Bon, c'est plus un planning qu'un agenda, mais parcheplanning, ça sonne moins bien…
– T'as le don pour optimiser ton temps de parole, toi !
– Le silence et d'or, la parole est d'argent. Or, le temps, c'est de l'argent. Donc parler, c'est une perte de temps.
– Logique implacable, se moqua Karl. Je la retiens celle-là !
Dans la salle, Mathis, Émi et Nil retrouvèrent les jumeaux. Karol était encore avec Camille, en train de plaisanter, et Erwin boudait dans son coin. Mathis fit mine d'aller vers lui, mais le regard que le jeune allemand lui jeta valait tous les refus du monde. Mathis haussa alors les épaules, et se dirigea vers les filles.
– Alors, demanda-t-il, vous vous êtes fait chopées ?
– Oui, sourit Camille.
– Et ? C'est tout ?
– Célestia nous a demandé ce qu'on faisait dans la réserve, et pourquoi on avait besoin de ça, et on lui a expliqué. Et elle nous a laissé partir en rigolant.
– Tu l'appelles par son prénom ?
– Pas devant elle. Mais ça me fait bizarre de parler d'elle comme "Miss Attorney" alors qu'elle n'a que cinq ans de plus que mon frère.
– Que cinq ans !? s'écria Nil. Ton frère en Chasse !?
– Bah oui ! Il est en 8ème Année. Plus deux ans d'apprentissage auprès d'un maître en potions, plus un an de formation d'enseignement. Et c'est la deuxième année qu'elle travaille ici. Donc elle a cinq ans de plus qu'Arthur, et moi six ans de moins que lui. Elle est assez jeune pour être ma sœur !
– Mais c'est une prof !
– Les duellistes Seniors appellent Malwen Carter par son prénom, souligna Mathis.
– Mais c'est Carter, c'est pas pareil…
– Et il parait même que les Chasseurs tutoient certains profs. Et puis pas pareil en quoi ? Il est jeune aussi ! Je suis sûr que ça serait pareil avec Miss Brindargent si elle n'était pas directrice-adjointe.
– Et… il y a qui d'autre en profs "jeunes", selon toi ?
– Eh bien déjà Gabrielle Delacour. J'ai déjà entendu Gideon dire "Salut Gaby !", et elle lui a répondu avec le sourire. Ensuite… Olivier Fauchet. Tu aurais dû le voir dans la voiture avec mon frère, quand je suis parti pour la première fois au Bourg. J'étais son dernier élève de la matinée, et il est parti avec moi. Eh bien, un vrai gosse !
– Ouais mais à part eux…
– Le nouveau prof d'Anglais, Travis. Euh… Lloyd Travis, je crois. Je parie qu'en dehors des cours, c'est le même que Delacour. Et puis on a encore Alterio Delambrosía ! Tu ne vas pas me dire qu'il est vieux, lui !
– Ah, ouais, c'est vrai…
– Bah oui ! C'est le seul prof avec qui on passe notre temps à faire des jeux, à rigoler, à chahuter. Lui, il est carrément comme Attorney, le sérieux des cours en moins. On ne connaît pas la plupart des profs d'options, mais une bonne moitié des profs qu'on a sont jeunes !
– Mouais. Ça reste des profs.
– Nil coincée, c'est une première !
– Je ne suis pas coincée, je respecte les professeurs !
– Eh, on ne leur manque pas de respect en…
– Hep, jeunes gens ! les interpela le prof de Biologie. Vous discuterez plus tard, approchez plutôt. Karol, retire-moi cette pierre de Nouvelle Lune !
– Mais comment…
– Je ne suis pas né de la dernière pluie, jeune fille. Allez, hop hop hop, ¡ Vamos !
– Bien, monsieur !
– Rapprochez-vous tous ! Comme vous pouvez le constater, cet endroit n'est pas du tout adapté à nos cours. Mais les consignes sont claires. Tout cours en extérieur est rapatrié à l'intérieur le temps de cette journée. Et, Mesdemoiselles et Messieurs, quelle est la leçon principale que les colons nous ont appris ?
– Que c'est mieux chez les autres ? tenta Nil.
– Très drôle, Nilüfer, mais non. Ils nous appris que si l'environnement nous est hostile, ce n'est pas à nous de nous adapter, mais à l'environnement de s'adapter à nous. Aujourd'hui, nous allons apprendre à faire apparaître des fleurs à volonté. Bien sûr, il existe des dizaines de sorts pour cela. Mais en tant qu'Aloysia, il me semble important de vous apprendre à faire apparaître de la verveine.
– Vous étiez à Aloysia, Monsieur ?
– Je serai pour toujours Aloysia, de cœur et de fait. L'Ordre n'est pas qu'un nom et une couleur, c'est un état d'esprit. Mais nous nous égarons. La formule est simple : Aloysiae, et un simple coup de baguette suffit. Le cours l'est tout autant : Transformez-moi cette salle en véritable serre à verveine. S'il vous vient l'envie de tester l'emploi de variateurs, garder ceci en mémoire : Aloysiae Corporem est une très mauvaise idée.
L'idée en fit rire plus d'un. Au début, chacun tenta de faire apparaître sa verveine comme demandé. Mais le sort étant extrêmement simple, les choses dégénèrent rapidement. Partout se mirent à pousser les fleurs de toutes les couleurs. À l'aide du Sagitta, Ils se mirent même à couvrir le plafond. Puis vint une idée à Émi.
– Rubrum Aloysiae Maxima Sagitta !
Un puissant trait de lumière jaillit de sa baguette. Lorsqu'il percuta le mur, il y eut un flash de lumière verte, et une immense plante couverte de boutons sortit du mur. Celle-ci s'étendit en avant, et alors qu'elle touchait presque le plafond, les boutons se mirent à éclore. D'immenses fleurs de verveine rouge au puissant parfum complétèrent à merveille la composition florale.
– Magnifique ! commenta le professeur Delambrosía. Cela mérite sans conteste un Or en création. Allez, filez vite, que cela ne vous retombe pas dessus. J'assume entièrement la responsabilité de ce chef-d'œuvre, bien que vous en soyez les artistes. Allez, filez jeunesse !
La journée se termina par le cours d'Arts Magiques. De ce côté, rien à signaler, si ce ne fut l'ambiance. C'est fou comme certains profs ont le don de vous faire oublier que le jour est à la célebration. Il n'y avait qu'elle, ou à la limite Titus Le Moal, pour donner un contrôle le jour d'Halloween. Mais la Vélane du Chaos leur aurait collé un contrôle le matin de Noël si c'était possible. Après ce cours d'un ennui désastreux, le moment du bal arriva. Dehors, le brouillard était levé, la nuit ayant pris le relai. Mathis et Nil se dépêchèrent de raccompagner Émi au Pavillon Rouge. Heureusement, en l'absence du brouillard et de la dalle glissante, et grâce au retour des ponts, le trajet fut rapide. Une fois Émi à l'abri, ils retournèrent vers le château, d'où surgissait déjà une musique énergique. Le Bal des Crocs commençait.
.
.
Le Grand Réf avait été, encore une fois, complètement transformé. Tout autour de la salle, le long des quatre murs, étaient disposées de longues tables de bois sombre où les élèves discutaient avec timidité, ou buvaient d'étranges liquides rouges servis par des cruches flottant dans les airs. Au centre de la salle, une terrasse surélevée où de nombreuses tables rondes gravitaient autour d'une longue tablée d'acier et de verre. Aux tables rondes, des vampires. C'était la première fois que Mathis en voyait, s'il ne comptait pas l'étrange individu au Bourg (et il n'était même pas sûr qu'il s'agissait d'un vampire, d'ailleurs), et pour en voir… Ils étaient des dizaines, à voir dans des coupes un liquide rouge qui ne devait pas être le jus de framboises circulant au-dessus des tables des élèves.
À la table centrale, des dignitaires du Gouvernement, qu'ils avaient déjà vus au Bal de Nouvel An, mêlés à d'autres vampires plus impressionnants que ceux autour. À un bout de cette table se trouvaient le prévôt et la directrice Maxime. À l'autre bout, un vampire vêtu d'une véritable cuirasse digne d'un RPG, toute de pics et d'ornements macabres. De cette armure vivante dépassait une tête pâle aux cheveux blancs noués en catogan, et surmontés d'une fine couronne de métal noir, et aux yeux rouges et luisants. À ses côtés, une vampiresse, sans conteste la personne la plus intimidante de la salle. Très grande, dépassant d'une bonne tête le vampire engoncé dans son armure, elle était toute fine, et son corps était moulé dans une tenue de cuir gris, équipée de dizaines de poches. Une jupe de cuir ceignait ses hanches, complétant la tenue. Elle avait pour seul ornement un médaillon dont la chaîne servait à nouer ses cheveux blonds en un chignon sophistiqué, et dont le médaillon pendait devant sa nuque. Assise à côté de Mathis, Mila leur présenta les différents protagonistes.
– Là, à côté de Madame Maxime, vous reconnaissez peut-être le Prévôt de France. Je n'ai jamais su comment il s'appelait. Vous me pardonnerez, je suis Belge après tout, je suis peu impliquée dans votre politique. J'ai déjà bien du mal à retenir tous les noms des collègues de mon père…
– C'est Charleroi Vantreau, indiqua Nil. Ancien leader du Parti Progressiste, et Prévôt depuis 8 ans. Il est repassé à la boutique des parents d'Émi pendant les vacances, et sa sœur a bien évidemment bavé devant sa "prestance de leader naturel", et n'a pu s'empêcher de lui faire un exposé sur sa carrière. Heureusement pour moi, elle m'a épargné les détails.
– Merci, Nil. À droite du Prévôt, le Garde du Secret. C'est en France le garant du Secret Magique. Toute interaction entre le monde magique et le monde moldu est sous son contrôle absolu. Il est la frontière incarnée. Même entre ta famille et toi, Mathis. S'il y avait eu le moindre risque, il aurait sans hésité envoyé ses Oubliators pour arranger la mémoire de ta mère et de ton frère.
– Comment il s'appelle ?
– Personne ne le sait. Encore un secret de plus.
– Et en face ?
– Euh… un vampire. Je ne les connais pas tous, excuse-moi. Par contre, à la gauche de celui-ci, c'est Amarys de Pestevoile, vice-ambassadrice de l'Ordre Vampirique du Bénélux. Là, l'homme qui remet son chapeau en place, c'est Lionel Moulins, l'Adjoint aux affaires internes. À sa droite, Tom Furet, le Princeps Scabinus, c'est-à-dire le dirigeant du corps des Échevins.
– C'est qui ça, les Échevins ?
– C'est les "applicateurs" de la loi. C'est un concept médiéval : Les tenants de l'ordre et les garants de la loi n'appartenaient pas au même corps de garde. Aujourd'hui encore, Les Gendarmages protègent la population magique, et les Échevins appliquent la loi. À côté, le vieil homme…
– Scipion Sirtesente, dernier septère Français.
– Bien, Mathis ! On dit que Grindelwald était lui-même un septère. En voyant ce vieux sage, on a du mal à y croire. D'ailleurs, en parlant de vieux sage, le barbu en robe blanche, qui drague ouvertement la jeune vampiresse, c'est Enguerrand McArzhelenn, dit le Corbeau des Mers, directeur de l'Université Druidique, et membre du Cercle de Brocéliande. Là, la femme en tailleur si serré qu'on voit son cœur battre d'ici, c'est Églantine Pincebois, Administratrice en Chef du Gendarmagium. Une vraie peau de vache. Le vampire en face d'elle, c'est Venceslas III de Pestevoile, conseiller financier du Roi des Vampires d'Occident. En bout de table, tout enserré dans son affreuse armure, le frère du Roi, et son représentant, Sencavolk Dintr Starovekrev.
– Pourquoi donc a-t-il besoin d'un représentant ? Il est invalide ou quelque chose dans le genre ?
– Oh, sa majesté Mocnýkrál Dintr Starovekrev ne se déplace guère en personne, il a de nombreux ennemis, surtout parmi les sorciers. Il faut dire qu'il n'est pas des plus tolérants.
– Et la femme à côté de son frère ?
– Ah, la meilleure pour la fin ! Voici la Comtesse Vilhelmina Senąkraujas, célèbre et sulfureuse cousine au second degré de l'Empereur de l'Alliance Vampirique Balto-Slave. Officiellement, elle n'a pas de réel pouvoir au sein de l'Alliance. Mais officieusement, elle ne cède en puissance qu'à l'Empereur lui-même, et encore.
– Un royaume, et un empire ?
– Tout à fait. À eux deux, ils représentent les deux plus grandes nations vampiriques d'Europe. Les vampires sont un peuple en diaspora, apatrides, mais la Noblesse est un puissant moteur de cohésion. Contrairement à la lycanthropie, le vampirisme ne se transmet pas par morsure. On naît vampire, point. C'est pour cette raison que les relations inter-espèces sont encore plus condamnées du côté Vampire que du côté Sorcier, car contrairement aux nés-moldus, aucun non-vampire ne peux donner naissance à un vampire, et les sang-mêlés affaiblissent l'espèce.
– Je vois ! Et, tu ne connais personne d'autre autour de cette table ?
– L'homme entre la vieille Pincebois et la Comtesse, je ne sais pas son nom, mais c'est l'Ambassadeur de France en Lituanie, il fait office de traducteur.
– Et ceux tout autour ?
– Sûrement des courtisans des deux côtés.
– Mais, il n'y a aucun vampire français ?
– Oh, sûrement que si, mais comme je te l'ai dit, je ne connais pas tous ceux qui sont à la table centrale. Quant aux autres, ce n'est même pas la peine.
La présentation des invités de marque les ayant occupés un bon moment, le temps du repas fut venu. Plats chargés de viandes saignantes, et de divers mets rougeoyants, des carottes rouges et betteraves râpées en entrée à la gelée de fruit rouge au dessert. Mathis avait constaté, non sans en rire sous cape, que le rôti était piqueté d'ail. La directrice protégeait ses élèves, sans se préoccuper du confort de ses invités. Plusieurs fois, des vampires tentant de s'approcher pour nouer le contact avec certaines jeunes filles reculèrent précipitamment, fronçant le nez. La scène, humiliante pour ces vampires, était particulièrement hilarante pour les élèves y assistant. Cependant, lorsqu'un des mordeurs victime de ce manège sembla aller se plaindre à Sencavolk, celui-ci lui mit une claque derrière la tête, avant de se moquer ouvertement de lui, tous crocs dehors.
.
.
Voilà. À la fin, les vampires bouffent tous les élèves, et meurent empoisonnés. FIN.
Je rigole, rendez-vous au prochain chapitre !
