Sali-Salut ! Alors… aujourd'hui j'ai rien à dire. Donc je dis rien. J'aimais pas le chapitre précédent, mais celui-là ça va !

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Réponse aux reviews !

Yo Ywëna ! Moi j'ai tardé à publier celui-ci alors je dis rien.
Ouais, Mathis il me fait penser à un berger, des fois. Genre Maximilien dans les Mondes d'Ewilan. Le parallèle avec les prêtres n'est pas dur à faire. Émi, elle… ouais elle est cool. Ça la résume bien.
Il réfléchit tellement qu'on oublie que ce n'est qu'un crétin casse-cou de 12 ans. Mais t'as tout à fait raison ! En France, on idéalise beaucoup Madame Maxime, mais ceux qui grattent un peu la surface comme Mathis se rendent vite compte que c'est une femme d'affaire pour qui l'éducation est plus une question de chiffres que de pédagogie. Oui, elle est très froide.
Oh, j'imagine qu'ils passent leur temps à se plaindre l'un à l'autre de leurs boulets respectifs ! D'ailleurs je soupçonne Dudu de lui souffler des mauvaises idées. Genre inviter des vampires dans une école, si tu vois ce que je veux dire… (non je rigole c'est pas lui)
Pour le sérieux… ça va pas être long. Du tout.

Salut Sengetsu ! Il a pas interêt à se tuer, j'en ai besoin pour le tome 8 hein !
Oui les confrontations Olympe / Mathis font toujours des étincelles, c'est ce que j'aime chez ce gosse. Il est comme un lac gelé : il paraît tranquille, mais si tu traverses la glace t'es foutu. "Il faut se méfier de l'eau qui dort", non ?

Re, titietrominet. Merci, ça me fait plaisir ! C'était pas trop chiant à lire ? ma bêta m'a exposé ses craintes à ce propos.
Pistes, je sais pas. Mais nouvelles… juste en dessous !
Et ouais, Mathis est un crétin. Un vrai gosse ! S'il était pas si retors, il ferait un parfait Gryffondor : du genre à poser son cerveau pour foncer dans le tas (Merci Alva pour cette réplique) !

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Et donc, voici le début des Concours de Connaissance. Et pis aussi un condensé de politique, pour les curieux. Et… Nil. Beaucoup de Nil.

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7) Les Concours de Connaissance

– Vieillard, tu as été jugé coupable, et tes crimes seront châtiés en conséquence.

– Coupable de quoi ? D'avoir été bon avec les nécessiteux ? Alors oui, je plaide coupable !

Endoloris !

– Aaaaaaaaaaaaaaah !

– Ne te moque pas de moi ! Tu as fait usage de la magie pour aider des moldus et des sang-de-bourbes. C'est un crime passible de la peine de mort !

– Qui es-tu pour en juger, Azazel ?

– Je suis Son envoyé ! Je suis Sa voix ! Je suis celui qui exécute Sa volonté !

– Tu es son petit chien, son elfe de maison !

Endoloris !

– Hyaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah ! Tu perds ton temps ! Tue-moi tout de suite ! Je croyais que je devais mourir pour mes crimes ? Et toi, que devras-tu payer pour les tiens ?

– Tu sais très bien ce que je veux ! Où est-elle ?

– Va te faire voir chez les trolls. Tu ne la trouveras jamais.

– Je sais que c'est ton neveu qui l'a ! OÙ EST GABRIEL ?

– Crève en enfer, répondit Scipion Sirtesente, en crachant aux pieds de l'homme au demi-masque.

Puis il ajouta, d'un ton cynique :

– Tu es en colère parce que ton infecte magie noire ne m'affecte pas. Tu ne peux même pas t'amuser avec moi.

– Grr ! Il y a d'autres moyens de te faire parler !

– Parler de quoi ? Je ne sais pas où Gabriel est parti. Et même tu le trouvais, je suis sûr qu'il l'a transmis à quelqu'un d'autre avant d'extraire ses propres souvenirs. Vous ne l'aurez jamais.

Endoloris !

– Aaaaaaaaahhrgrggrml…

– Quoi encore !? Qu'est-ce que tu fais ? … Putain de vioc, le cœur a lâché ! Eh merde, eh merde, eh merde !

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Terrible choc pour la France !

Scipion Sirtesente, dernier septère de France, et vieil homme philanthrope très sensible à la cause de la pauvreté chez les sorciers comme chez les moldus, a été retrouvé mort à son domicile ce matin. L'appartement a été complètement saccagé, et les premiers résultats de l'enquête révèlent que l'homme a succombé à une crise cardiaque suite à un usage trop intensif du sortilège du Doloris. Un homme si gentil, torturé à mort au cœur de Toulouse ? Le fait divers a de quoi choquer les riverains, qui se demandent s'il existe un lien entre ce drame et la série d'incidents frappant depuis plusieurs mois la région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon. Terrible affaire à suivre…

Hélène Vesprit

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Le jour était enfin arrivé. Le discours de lancement des Concours Européens de Connaissance avait lieu à 9h30 dans le Grand Réfectoire, en présence des professeurs enseignant les matières concernées par cette édition, de la directrice, et d'un représentant quelconque de la Prévôté, un homme presque aussi haut que large, et au nez extrêmement long. Il se présenta rapidement avant le discours de la directrice, mais personne ne retint son nom. Nil fit remarquer qu'il ressemblait à un moustique obèse, et Gros Moustique garda ce surnom tout au long de son séjour au château.

– Mes très chers élèves, j'annonce le lancement officiel des Concours !

Une foule d'applaudissements retentit. Pendant que la directrice présentait à nouveau toutes les épreuves de cette année, Mathis discutait avec ses amis à propos des épreuves qu'ils avaient choisis. Cependant, lorsque les gens applaudirent à nouveau, il reporta son attention sur la directrice.

– … Cet après-midi auront lieux les épreuves liées aux Potions. Tout élève inscrit à l'une de ces épreuves sera exempt de cours pour le reste de la journée. Bonne chance à vous. Et bonne journée à tous.

– Je rêve ou elle a dit "exempts de cours" ?

– Non, tu ne rêves pas, Nil, confirma Mathis. Les jumeaux sont dispensés de retourner en MST.

– Certes, mais on sera enfermés pendant 4h dans l'Amphi cet après-midi pour composer sur la troisième loi de Golpalott, répliqua Erwin.

– C'est vous qui l'avez voulu, rappela Mathis.

– Il n'a pas tort, conclut Karol.

– Et pour la suite ?

– On va voir sur le panneau d'affichage !

Le panneau indiquait la répartition des épreuves écrites sur la semaine, les épreuves pratiques n'ayant pas lieu avant Mars. Ce Lundi après-midi avait lieu les épreuves liées aux Potions. Le lendemain matin, c'était Runes. L'après-midi, les 2ème Année n'avaient rien, puisqu'étaient concernées les épreuves liées aux options. Le Mercredi et Jeudi était entièrement réservés à la MST et aux Enchantements, qui regroupaient de nombreuses épreuves. Et enfin, le Vendredi ne concernait que les épreuves qui n'auraient pas de partie pratique, notamment l'épreuve d'Arithmancie pour les 2ème Année.

Pendant que les jumeaux passaient l'épreuve de Potions / Histoire, le reste des Augures assistaient aux cours de Biologie et d'Arts. En Bio, ils eurent à nouveau droit à un cours centré sur la verveine. Mathis soupçonnait le professeur Delambrosía de leur faire un cours factice que les participants aux concours n'auraient pas à rattraper. Il grimpa encore un peu plus dans son estime. En revanche, la Vélane du Chaos ne se formalisa pas pour si peu. Lunist'El devait penser que le cours où un bon tiers de la classe manquait était idéal pour se lancer sur un nouvel art totalement inédit pour la plupart. La flûte. Oui, décidément, même dans une école de Magie, les élèves Français de niveau collège ne pouvaient échapper à l'apprentissage de la flûte à bec… Mathis ne s'inquiétait pas pour les jumeaux. Il savait que Karol et Erwin pratiquaient le piano depuis des années, et le solfège depuis plus longtemps encore. Mais il savait aussi que certains absents n'avaient pas cette chance. Notamment Timothée Robin, le petit frère d'Éliza, qui s'était déjà ouvertement plaint d'avoir "l'oreille musicale sourde", c'est-à-dire une absence totale de capacité à reconnaître une note. Après la fin du cours, et des épreuves, les Augures au complet s'étaient retrouvés à l'Étage Blanc.

– Au fait, c'était quoi, l'épreuve ? demanda Jorge.

– Une dissertation en deux parties, expliqua Erwin. La première partie sur le processus de formation et de traitement du bézoard, et la deuxième sur l'historique de sa découverte. En fait, la mention de Golpalott dans le titre était un gros piège, l'important était uniquement le bézoard.

– Et celui qui surveillait la salle a laissé entendre que l'épreuve pratique pourrait porter sur l'Antidote aux Poisons Courants, ajouta Karol.

– Et qui passe les Runes demain ? reprit Jorge. À part Émi et moi, bien sûr.

– Moi.

– Ah oui, c'est vrai. Et les autres ?

– La flemme, répondit Mathis.

– Pas le temps, ajouta Erwin.

– Et pas la patience, conclut Nil.

– La patience ?

– De rester enfermée quatre heures devant un sujet dont je n'ai même pas compris le titre.

– Les glyphes semi-composées sont… commença Émi.

– … pas intéressantes, la coupa Nil. Moi j'ai trois heures Mercredi après-midi, et ça me suffit largement !

– Et tu es prête ?

– À fond, oui ! Tu savais qu'il existait un sort pour changer un objet en dragon ?

– Hein !?

– Ouais ! Et aussi en oiseau, en lapin, en…

– En dragon !?

– Ouiii ! la formule, c'est Dracofors. Par contre pour le geste, c'est un poil plus compliqué. Le grimoire qui en parlait disait qu'il fallait tracer la rune celtique signifiant dragon dans les airs avant de prononcer la formule en pointant l'objet concerné. Tu connais, cette rune ?

– Oui…

– Et ?

– Et… t'es pas prête de changer la moitié du château en dragon.

– Hé ! s'exclama Mathis, attirant l'attention de ses camarades sur lui. C'est peut-être ça, le sort que les élèves en 8ème Enchant'Art avaient employé sur les gradins de l'Amphi…

– Hein ? De quoi tu parles ? demanda Nil.

– Les gradins de l'Amphithéâtre, changés en dragons par des élèves en plein cours, un 1er Avril. Hé, c'est Pluiedeglace qui nous a raconté ça le 1er Avril dernier. Vous vous rappelez pas ? Le contrôle qui a tourné au forum de discussion grâce aux plumes de Korri ?

– Aaaaaaah ! Ouiiiiiiiii !

– Ah, ouais, en effet, confirma Émi. Tu crois que c'était le même sort ?

– Eh bien, en s'y mettant à plusieurs élèves de 8ème Enchant'Art, il y a moyen que ça marche, suggéra Nil. Il ne s'agit pas d'un vrai dragon, mais plutôt d'une figurine animée, capable de voler et de cracher du feu. Enfin, tout ça pour dire que je suis fin prête. Et pour la pratique, hé bien, regardez ça.

Nilüfer leur fit signe de la suivre, et se dirigea vers l'arène de duel. Elle désigna le groupe de mannequins d'entraînement d'un geste large de la baguette, puis lança un Incarcifors en direction du sol, en plein milieu des mannequins. Dès que le sol toucha la cible, la totalité des mannequins se changèrent en longs barreaux qui se refermèrent en un large dôme, telle une cage à oiseau géante. Géante, et parfaitement symétrique.

– Pas mal, constata Jorge.

– Ouaip, ajouta Mathis.

– Pas mal ? Pas mal !? Mais c'est énorme ! s'exclama Émi. C'est vraiment génial !

– Merci ! Bon, en même temps, je passe presque tout mon temps libre à m'entraîner pour ce seul sort. Peut-être que j'aurai un avenir dans la fabrication des cages géantes, mais je suis incapable de désarmer un sorcier…

– Nous non plus, intervint Mathis. Il n'y a qu'Erwin qui…

– Erwin qui va très probablement faire un truc de recherche, genre Potions ou Runesort. Je veux faire Magus, et je ne sais même pas lancer un Expelliarmus bancal.

– Remarque, pourquoi désarmer un adversaire quand tu peux changer sa robe en camisole de force, et ses lunettes en muselière…

– …

– Bah oui ! Expelliarmus, ça désarme l'adversaire. Ou alors ça marche pas. Point. Alors qu'Incarcifors est un sort modulable qui peut faire pleins de trucs. Il suffit d'un peu d'imagination et de volonté, et tu peux changer un portemanteau en cage, une cravate en bâillon, et même… une paire de chaussures en liens serrés aux chevilles !

– T'y a beaucoup réfléchi…

– Bah oui !

– C'est effrayant…

– Bah ou… Euh, ouais, si tu veux…

– Bon, c'est bien beau, intervint Jorge, mais on s'entraîne quand, nous ?

Le lendemain matin, Mathis, Nilüfer et Erwin, qui ne devaient pas passer l'épreuve de Runes, n'avaient que Français de huit à dix. Ils passèrent les deux heures suivantes à la bibliothèque, pour bosser pour les concours du lendemain, pendant que Nil recopiait leurs exercices de Français.

– Au fait, tu sauras quoi m'offrir à mon anniversaire ! soupira-t-elle.

– Hum ? demanda Mathis sans relever les yeux du grimoire qui l'absorbait depuis plus d'une heure.

– Une plume à papotte, pour qu'elle recopie à ma place !

– Ah oui, tiens, pas bête ! C'est quand, déjà, ton anniversaire ?

– Le 2 Juillet ! Le dernier jour de cours pour cette année scolaire, d'ailleurs !

– Ouais bah moi c'est toujours le 23 Janvier, et tu me dois toujours un paquet de patacitrouilles.

– Oui m'sieur ! Et toi ?

– 18 Février, répondit Erwin.

Le midi, rejoints par le reste de la bande, ils mangèrent avec les 6ème Lonicera : Mila, Mathieu, Adrian, mais aussi Cindy Charpentier, la sœur de Mélissa. Tous sauf Adrian avait passé l'épreuve de Runes de la 6ème année, qui s'était avéré extrêmement complexe.

– … D'accord, mais l'intitulé, c'était quoi ? insista Erwin.

– "La Calligraphie Runique du XVème siècle", répondit Mila. Runes, Arts et Histoire.

– Ah oui, quand même…

– Un sujet lié à plus de deux matières, c'est jamais bon signe… déplora Cindy.

– Tu te rappelles, l'année où il y a eu un sujet à cinq matières ? lança Adrian.

– Ah oui ! se souvint Mila. "Les Contradictions du mythe de Merlin" : Histoire, Métamorphose, Runes, Anglais et Transmutation. C'était un sujet pour les 8ème Runesort, ça, non ?

– Si. Et si je ne m'abuse, c'était une animagus de Perséphone qui avait gagné, grâce à la partie pratique. Ça avait fait scandale, parce que la directrice avait été accusée d'avoir falsifié les résultats de cette élève parce qu'elle avait la même forme d'animagus que Merlin.

– Merlin était animagus !? s'étonna Émi.

– C'est quoi, un animagus ? intervint Nil.

– Un animagus, expliqua Mila, est un sorcier qui peut prendre une forme animale, plus particulièrement celle de son animal-totem. C'est de la métamophose extrêmement complexe. Et c'est enseigné en fin de cycle à Perséphone, qui compte ainsi le plus grand nombre d'animagus d'Europe. Voire du Monde, mais je ne suis pas sûre, notamment par rapport aux nahuals de la mesa d'Ozarkhawk…

– C'est quoi, ça ?

– Une école de magie, aux États-Unis. Le Lieu de Partage du Savoir d'Ozarkhawk, situé au cœur de Monument Valley. L'école est creusée dans une mesa, ou inselberg. Un très gros caillou, quoi.

– Et… c'était quoi, l'animal-totem de Merlin ?

– Un cerf.

– Oh. Remarque, ça aurait été comique si ça avait été un merle.

– Ah ah, certes !

– Et les nahuals, c'est quoi ? demanda Mathis.

– Des animagi aussi, c'est juste le terme mésoaméricain. Je crois. Enfin, on raconte que les nahuals peuvent prendre la forme de plusieurs animaux, mais théoriquement, c'est impossible, on n'a qu'un seul animal-totem… À moins qu'il ne s'agisse pas d'animagi, mais de métamorphes. Mais c'est très dangereux de se métamorphoser ainsi…

– Pourquoi ? C'est quoi la différence ?

– Un animagus n'a accès qu'à une forme qu'il ne choisit pas, mais garde toutes ses facultés mentales quand il se transforme. Un métamorphe peut se changer en ce qu'il veut, mais il devient totalement animal, et il lui faut un contresort pour reprendre sa forme originale… contresort qu'il est incapable de lancer lui-même. Il n'est d'ailleurs pas rare qu'un métamorphe possède un artéfact qui déclenche automatiquement un contresort passé un certain délai. Enfin, dans tous les cas, il s'agit de deux disciplines de Métamorphose extrêmement avancées. Bien au-delà du niveau enseigné ici.

Le lendemain matin, c'était l'épreuve d'Enchantements / Français, dont le thème était "Le Principe de quasi-dominance des êtres artificiels : Le Serpent et l'Oiseau". C'était la première épreuve que Mathis passait. Mais, fidèle à sa nature profonde, il n'était pas le moins du monde stressé. Il pénétra dans l'Amphithéâtre Nicolas et Pernelle Flamel, réservé pour toute la durée des concours. Celui-ci était bondé, tous les élèves du cycle Banquet étant réunis ici-même. Une fois le silence obtenu, les sujets furent distribués. Mathis lut l'énoncé :

"Expliquez, en trente centimètres de parchemin, en quoi le célèbre poème vise à expliquer le Principe de quasi-dominance des êtres artificiels, et par quel biais. Durée de l'épreuve : 2h30." Trop facile !

L'après-midi était consacré à l'épreuve de Métamorphose, " Le Principe de quasi-dominance des êtres artificiels : La Force du Fors". Il était quatre à passer cette épreuve, les jumeaux ayant décidé de se concentrer sur l'épreuve d'Arithmancie qui, ne comportant pas d'épreuve pratique, était d'un niveau de difficulté plus important encore. Les quatre Augures se rendirent donc à l'Amphi, encore une fois, reçurent leur sujet sur parchemin et le lurent, encore une fois.

"Expliquez le principe du Fors, puis développez plus précisément sur un sort concerné de votre choix."

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Brouillon de Nil :

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, fors ne signifie pas "forme". Ce mot latin signifie "fortune", "chance", et doit son origine au septère ayant inventé le premier de ces sorts, lapifors, Alikardi Carnon. À l'origine, ce sort devait transformer les statuts de lapin de garenne du roi Georges VIII en véritable lapins de garenne à l'occasion d'un gala. Cependant, le sort affecta toutes les statues du parc, et toutes ne furent pas transformées en lapins de garenne, mais en diverses espèces. Carnon en conclut que le sort comportait une part aléatoire, et scella dans sa formule le suffixe -fors. La pratique resta, bien que l'on ait découvert entre temps que la volonté affectait le résultat.

Là réside la particularité, et la force, des sortilèges de type fors : leur modularité. C'est l'un des rares types de sorts qui avantagent l'inventivité du sorcier face à la puissance brute. Un sorcier désarmé n'est pas un sorcier sans défense. En revanche, un sorcier dont le chapeau se change en dragon en plein combat, ou dont la propre robe tente d'entraver ses membres aura beaucoup plus de mal à se défendre, baguette en main ou non. Ces sorts ont une multitude d'applications, et une multitude de résultats possibles. L'un d'eux, cependant, a plus particulièrement retenu mon attention.

Incarcifors est un sortilège de métamorphose qui permet de transformer l'objet ciblé en entrave. La théorie est nébuleuse, et la pratique plus encore. Qu'est-ce qu'une entrave ? Une cage, évidemment. Des liens serrés, des menottes, un baillon. Une main qui vous retient. Une porte qui se referme sur vous. Ou peut-être simplement un sol qui se change en sables mouvants ? Là est la beauté de ce sort. Il peut faire toutes ces choses, et plus encore. L'amplitude du sort dépend évidemment de la puissance que le sorcier met dans le sort. Mais le résultat dépend entièrement de ce que veut le sorcier. Une simple hésitation, un simple manque de détails, et le sort devient parfaitement inoffensif.

Bien qu'un sort de métamorphose n'ait, en général, pas de domaine d'application spécifique, il est cependant certain que l'Incarcifors est un sort de combat. Premièrement, son effet est instantané, et rapide. De plus, bien qu'il s'applique uniquement aux objets inanimés, la véritable cible du sort est en général un être vivant hostile, comme une bête sauvage ou un sorcier adverse.

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– On ne met jamais de première personne dans un devoir.

– Hein !? s'étonna Nil.

– Là, sur ton brouillon, montra Mila. Tu écris "mon attention".

– Ah, oui, eh ben ?

– Eh bien il faut éviter la première personne.

– Boarf… Bon, et le reste, alors ?

– C'est un peu léger, mais c'est pas mal. Mais…

– Mais ?

– Mais ça ne te vaudra pas une place dans le carrosse… Je suis désolée. En revanche, ça peut être suffisant si tu assures vraiment à la partie pratique.

– Et moi ? intervint Mathis.

– Hum, à mon avis, la seule d'entre vous qui a une vraie chance, c'est Émi en Runes. Ce concours est vraiment exigeant. Je sais que je n'ai moi-même aucune chance, je participe uniquement pour faire plaisir à mon père.

– Tu n'as jamais gagné ?

– Pas une seule fois. J'ai été troisième en Biologie l'an passé, c'était exceptionnel : c'était un sujet lié à la Médicomagie. Et puis même en finissant premier ici… Mis à part les Runes, qui sont un peu la spécialité de Beauxbâtons, nous n'avons que peu de chances. Je n'ai vu que deux élèves de Beauxbâtons ayant obtenu la médaille d'Or au niveau Européen depuis que je suis là.

– Qui ? demanda Émi, déjà dépitée par les révélations acerbes de Mila.

– Célestia Attorney…

– C'est une prof ! coupa Nil.

– Elle était en huitième année pendant ma première année, Nil. Je disais donc, Attorney en Potions, et Élisabelle d'Armonval en Psychomancie. C'était l'an dernier, d'ailleurs.

– Psychomancie !?

– C'est la magie de l'esprit, expliqua Mila. Ça regroupe principalement deux disciplines : l'Occlumancie, enseignée ici en 7ème Année…

– Par Carter, intervint Mathis.

– En effet, l'Occlumancie, la Mnémomancie qui est notamment apprise aux futurs Oubliators, et la Légilimancie, qui est très mal vue en France, et n'est enseignée nulle part. Ces trois disciplines sont enseignée sous une forme ou une autre dans la plupart des écoles participantes. Mais Élisabelle a un gros avantage.

– Ah ?

– Son propre père, Hypollinaire d'Armonval, est psychomancien, et l'un des Douze Élémentaux du Cercle de Brocéliande.

– C'est qui, ça, les "Douze Élémentaux" !? s'étonna Nil.

Cette fois-ci, la réponse vint d'Émi.

– Les Douze Élémentaux sont des druides, et les dirigeants du Monde Druidique. Les druides obéissent à une hiérarchie à deux têtes, l'Assemblée Druidique. D'un côté, les Douze Élémentaux, six hommes et six femmes, chacun étant spécialisé dans un élément, dirigés par le directeur de l'Université Druidique, Enguerrand McArzhellen, qui forment le Cercle de Brocéliande. Et de l'autre le Conseil des Anciens, dont tous les druides de plus de 120 ans font partie.

– Enguerrand McArzhellen… ça me dit quelque chose ! s'interrogea Mathis.

– Il était là au Bal des Crocs, intervint Mila. Le Corbeau des Mers est un membre central de la communauté magique Française. Lui, Madame Maxime, le doyen de Chevalier-Lys et le directeur de la PSAF ont, à eux quatre, autant de pouvoir qu'un Adjoint d'État. Sauf qu'en plus, il est à la tête du Cercle de Brocéliande. Il a comme qui dirait un double mandat.

– C'est quoi, un Adjoint d'État ?

– Un genre de ministre. Mais pour que vous compreniez bien, il faut que je me lance dans une explication détaillée de la Politique Française. Explication qui sera peut-être incomplète, car je connais évidemment mieux celle de mon pays.

– Vas-y ! s'exclama Mathis. Tout savoir est bon à prendre, la Politique y compris.

– Ça m'intéresse aussi, intervint Émi.

– Alors… La France, et je parle bien sûr du Monde Magique, est dirigée par le Grand Prévôt. Celui-ci détient, dans les grandes lignes, la totalité du Pouvoir Exécutif, c'est-à-dire le pouvoir de faire appliquer les lois, ainsi qu'une certaine influence sur le Pouvoir Législatif, c'est-à-dire le pouvoir de créer les lois. Les deux autres pouvoirs sont indépendants, et n'ont vis-à-vis de la Prévôté qu'un devoir d'information. Ces pouvoirs sont le Pouvoir Judiciaire, et le Secret. Jusque-là, vous suivez ?

– Ça va.

– Bien. Je vais vous détailler cela en commençant par la fin, pour pouvoir m'étaler plus sur la Prévôté. Alors, le Secret, c'est principalement le Gardien du Secret, qui est chargé de maintenir la barrière entre le Monde Sorcier et le Monde Moldu, et la brigade des Oubliators, des sorciers spécialisés dans l'effacement et la modification des mémoires, mais aussi la réparation des dégâts magiques.
Le Pouvoir Judiciaire, lui, est représenté par la Cour Suprême, composée de onze juges issus de milieux différents, et réélus tous les deux ans, et les juges d'application des peines, qui font le lien entre la Cour Suprême et le milieu carcéral, mais également qui sont chargés des affaires mineures. Il y en a un par département.
Ensuite, le Pouvoir Exécutif. Il fait techniquement partie de la Prévôté, mais jouit d'une certaine indépendance. Il est représenté par deux entités, le Consortium, et le Conseil des Druides. Le Consortium est composé de 77 sorciers, réélus tous les deux ans et demi, au début et au milieu du mandat du Prévôt. Cette assemblé n'a que deux buts liés, voter les lois proposées par la Prévôté, ou retravailler les lois existantes. L'Assemblée Druidique, dont nous a déjà parlé Émi, détient quant à lui un droit de véto, c'est-à-dire le droit de refuser toute loi votée par le Consortium s'ils jugent que celle-ci est contraire aux intérêts de la Prévôté.

– D'accord.

– Et enfin, le Pouvoir Exécutif, dont le rôle est de faire appliquer les lois. Il regroupe deux entités : Le Gendarmagium, et le Corpus Scabinus. Comme je vous avais expliqué rapidement pendant le Bal des Crocs, le Gendarmagium est chargé de la protection des gens, ainsi que des affaires sérieuses, le Corpus Scabinus est là pour appliquer les lois mineures. Mettre des amendes, ramasser les sorciers ivres dans la rue, appréhender les resquilleurs aux Gares de Transportations, etc…
Et enfin, la Prévôté, qui centre ces pouvoirs, et qui propose de nouveaux projets de loi. À sa tête, le Grand Prévôt. Ensuite, quatre des cinq domaines spécifiques est sous-traité à un Adjoint d'État. Le cinquième, l'Éducation, est représenté par les dirigeants des quatre centres de formation, ainsi que par le Conseil d'Administration, un groupe de vieux grabataires qui n'ont pas vu un élève depuis quatre-vingt ans et qui sont persuadés d'être les mieux placés pour juger de nos besoins.

– Et les quatre autres ?

– Il y a les Affaires Internes, qui regroupe des choses aussi diverses que le Bureau des Hiboux, la Chambre de Commerce, le Bureau des Sports, etc… Ça comporte même la direction de la Prison de La Giraglia. Ensuite, il y a, évidemment, les Affaires Externes : la Diplomatie, le Commerce Extérieur, le Rayon Culturel…

Le Quoi !?

– Le Rayon Culturel ! C'est, si je ne m'abuse, un genre d'Organisation Gouvernementale qui a pour but de promouvoir la culture française à travers le Monde Magique. C'est que vous y tenez, à votre culture !
Bon, après on a les Transports. Là pas besoin d'explication, vous avez compris.

– Compagnie de Transportation, Réseau de Cheminette, Bureau des Permis de Transplanage, Bureau des Couloirs Aérienset Bureau de Coordination des Portoloins, énuméra Émi.

– En effet. Et enfin, les Finances. La Banque de France, le Service des Impôts, mais aussi l'Aide Sociale. Voilà, c'est tout ce que je sais de votre gouvernement.

– C'est déjà pas mal, fit remarquer Nil.

– En effet, approuva Mathis. J'ai bien fait de prendre des notes, ajouta-t-il en désignant le parchemin et la plume sortis de nulle part qu'il tenait en main.

– Bon, j'aimerais revenir au point de départ… annonça Nil. Élisabelle d'Armonval… ce nom ne m'est pas inconnu…

– C'est la Capitaine des Ratons-Chasseurs Senior, répondit Mila.

– L'équipe exclusivement féminine ?

– En effet.

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Le lendemain…

– Quoi !? s'horrifia Nil. Quelle… Non ! Non non non !

– Eh ! C'est notre chance !

– Rolls, je ne ferai pas ça.

– Tant pis pour toi, moi j'essaierai.

– T'es cinglé !

– Peut-être… On verra !

– Salut, vous parlez de quoi ? demanda Karol, qui venait d'entrer dans la salle blanche réservée par les Augures.

– Jorge veut qu'on s'introduise par effraction dans le carrosse de l'école pour pouvoir partir même si on n'est pas sélectionnés.

– C'est impossible ! D'ailleurs, vous ne passerez même pas la porte des écuries, elles sont magiquement scellées par Madame Maxime en personne !

– En effet. Et son plan de secours est donc de s'accrocher au carrosse pendant qu'il s'envole.

– Mais t'es cinglé, Jorge !

– Tu vois, quand je le dis ! asséna Nil.

– Bande de rabat-joies…

– Qui qui est rabat-joie ? lança Mathis en entrant avec le reste de la bande. Karol ?

– Hé ! s'indigna l'intéressée.

– Oui, et Nil, confirma Jorge. Elles ne veulent pas que je m'accroche au carrosse pour aller en Allemagne si je n'ai pas ma place dedans.

– T'inquiète, je le ferai avec toi.

– Si vous tentez quoi que ce soit, je vous attache ici, menaça Nil en agitant sa baguette dans leur direction.

– Blague à part, intervint Émi, c'est quand les résultats des écrits ?

– Lundi prochain.

Dans trois jours !? s'exclama Nil.

– Bah oui ! Il n'y avait pas énormément de candidats, quand on y pense. L'épreuve où il y en a eu le plus pour notre classe, c'était les Potions, et il n'y avait qu'un tiers de la classe. Et paraît-il encore moins dans les autres Ordres.

– À peine un quart chez nous, confirma Jorge.

– Donc Lundi, on a les résultats de l'écrit, et on saura quelle épreuve pratique on devra passer en Mars.

– Et fin Mai, la finale à Mighty Adler. J'ai hâte !

– Ne vous emballez pas trop, les modéra Karol. Mila a été claire sur nos chances. Et puis… Mighty Adler n'est pas si merveilleux qu'il n'y paraît…

– Mais c'est une autre école de magie ! Qu'on pourra peut-être visiter !

– Mouais.

– Dites… soupira Émi. Vous ne trouvez pas que…

– Que ?

– Que Mila est, disons, moins joyeuse, depuis que sa sœur est partie ?

– Bah faut la comprendre, c'est un coup dur.

– Certes, mais… je ne sais pas. On dirait… qu'elle se ternit. D'ailleurs c'est pareil pour Lucian, il ne fait plus parler de lui depuis le début de l'année. Ça me manque, d'une certaine manière.

– C'est vrai… Même à Halloween, il n'a rien fait à part cette potion qui a eu d'ailleurs un fort succès. À croire qu'il devient altruiste, et calme

– JAMAIS ! s'écria soudainement Nil. Je ne laisserai pas faire ça ! Rolls, on bouge !

– Euh, ok, on va où ?

– On descend au QG. On va secouer la panse du blondinet ! Botruc de ouf, il ne sera pas dit que Nilüfer Azerbas n'a rien fait pour empêcher la chute du Roi de la Farce !

– Et sans laisser le temps à Jorge de saluer les autres, elle se précipita hors de la salle en le tirant par la manche.

– … Je rêve, ou elle a dit "botruc de ouf" ? lâcha Erwin.

– Cherche pas, soupira Mathis. Poésie Nilienne. 'Peux pas comprendre.

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Comme prévu, trois jours après, les résultats du concours furent affichés. Comme ils s'y attendaient tous, les jumeaux ErKa avaient tous les deux l'Or en Potions, ce qui leur donnait le droit de passer l'épreuve pratique. Émeraude, reçut tout comme Erwin un Or en Runes, mais dût se contenter d'un Argent dans l'épreuve de Sortilège / Métamorphose… à la grande surprise de Nil, qui y récolta un Or. Enfin, Mathis reçut un Or en Sortilèges / Français. Seul Jorge n'avait aucun Or, mais il ne sembla pas s'en formaliser. Lorsqu'ils furent entre garçons, il s'en confia aux autres.

– Je savais que je n'avais aucune chance. J'ai surtout participé pour ne pas perdre la face devant… une fille. Comme cette histoire de s'accrocher au carrosse, c'était un moyen de détourner l'attention de Nil.

– Cette fille que tu cherches à impressionner… Ça ne serait pas justement Nil, par hasard ? demanda Erwin.

– Hein !? Non ! Non, Nil et moi sommes justes amis, comme… Mathis et Émi !

– C'est qui, alors ?

– Je ne…

– On ne te lâchera pas, souligna Mathis.

– Bon, d'accord… C'est Aurora, dans votre classe.

– Oh ! Oh oh ! Jorge est amoureux ! pouffa Mathis.

– Tsss ! cracha Jorge.

– Intéressant ! commenta Erwin. Ça fait longtemps ?

– Depuis qu'elle participe au Bat'show, donc disons… un mois et demi.

– Attends, au quoi !?

– Quoi, vous n'êtes pas au courant pour le Bat'show ?

– Bah non…

– La preuve…

– Oh ! Mais c'est pour ça que vous ne veniez pas ! Je croyais qu'il vous l'avait dit !

– Qui, il ?

– Mais Lucian ! Bon, vous vous rappelez, le passage secret sous le Pavillon Jaune ?

– Oui.

– Non.

– Tant pis, Erwin ! Non, je plaisante ! Il y a un passage secret sous le Pavillon Jaune, rejoignant une cheminée à l'extérieur du Pavillon via un tunnel anti-débordement ouvert sur la rivière. On s'en sert pour faire passer de la nourriture et des boissons pour nos fêtes nocturnes. Goizane est au courant, ça aide bien !

– Hé, tu ne nous avais jamais parlé de ça ! s'indigna Mathis.

– Je ne vous demande pas les secrets de votre Ordre ! répliqua Jorge. Et puis je suis sûr de l'avoir déjà mentionné.

– Non…

– Bref, par ce passage, on peut sortir. Et c'est ce qu'on fait tous les Samedis soir, pour rejoindre le gymnase. On peut rentrer par un local inutilisé, à l'arrière. Et à l'intérieur… (les deux garçons étaient pendus à ses lèvres) a lieu chaque semaine le Bat'Show !

– C'est quoi ? C'est quoi ?

– Une soirée totalement libre, inter-Ordre, inter-Diplôme, … On y boit, on y mange, on y danse sur de la bonne musique, on assiste à des démonstrations de magie, à des duels improvisés. Et surtout… On y organise des matchs de Cognepoing clandestins où chacun peut participer. La seule chose à faire, c'est d'inscrire son nom sur la liste, cocher Attaque ou Défense, et éventuellement d'ajouter le nom de son binôme favori. Et ça fait depuis un mois et demi que je joue tous mes matchs avec Aurora.

– Sérieux, du Cognepoing clandestin où tout le monde peut participer !? s'exclama Mathis qui en avait pour le coup oublié le reste.

– Oui ! Mais cependant… il y a une règle qui ne va pas te plaire.

– Quoi ? fit Mathis, méfiant.

– L'inscription est interdite aux élèves déjà membres d'une équipe officielle. Question d'équité.

– Bah, et Aurora, alors ? Elle devait me remplacer, non ?

– Elle n'a pas été prise. Sérieux Mathis, tu ne parles même plus à tes coéquipiers ?

– Euh… fit celui-ci, gêné.

– Bon, du coup elle en a fait la demande, et a été autorisée à participer au Bat-Show.

– Et qui décide de ça ?

– Le Conseil. Six élèves de 8ème Année, un par Chasse, et le septième membre, le Juge Impartial.

– Et… tu crois qu'ils accepteraient que je m'inscrive, sachant que je suis exclu de l'équipe pendant cinq mois ?

– Tu peux toujours essayer.

– Et c'est qui, le Juge Impartial ? demanda Erwin.

– C'est… une surprise ! Vous verrez samedi !

– Mouaif, soupira Mathis. On n'a pas de passage secret pour sortir, et je doute que notre sortie d'Halloween dernier soit accessible à nouveau.

– On trouvera, Mathis, asséna Erwin. On trouvera.

Mais il restait encore quatre longs jours de cours, avant le fameux évènement. Le Mercredi matin, Miss Delacour leur avait préparé une petite surprise.

– Mes chers enfants, je sais que la semaine passée, les esprits de la plupart d'entre vous ont surchauffé, durant ces concours. Aussi, je propose de reprendre en douceur le programme, en commençant notre partie sur les maléfices par un assez amusant, le Sortilège de Danse Endiablée. Qui peut me dire de quoi il s'agit ? J'écoute, Mathis.

– C'est un maléfice qui force les jambes de la personne touchée à danser toutes seules. C'est souvent utilisé en duel, parce que ça déconcentre beaucoup.

– Très bien, Mathis. Et qui peut me donner la formule ?

Tarentallegra.

– Très bien, Amara. Et la gestuelle ?

Cette fois-ci, personne ne leva la main.

– Je m'en serai doutée ! Voici le geste à effectuer : (elle effectua un geste extrêmement complexe, tirant à chacun une grimace incrédule). Hum, je vois… Je vais vous le dessiner au tableau… Voilà. Entraînez-vous bien, nous passons à la pratique dès la deuxième heure. Pour ceux qui parviennent à maîtriser rapidement la théorie, je vous invite à prendre de l'avance sur vos devoirs, en ouvrant vos livres à la page 68.

– Hé, vous trouvez pas que ça ressemble à une note de musique avec des pattes, ce truc ? se moqua Nil en désignant le schéma de la prof.

– Maintenant que tu le dis… constata Mathis. Hum, bref ! Personne ne connaît ce sort ?

– Non !

– Non plus…

– Erwin ?

– Je connaissais la formule, mais je n'ai jamais essayé.

– Hé Karol, c'est pas la bonne page, t'es à la page 122 ! s'exclama Nil.

– Hum, ma très chère Nil, tu n'avais jamais remarqué que je n'avais pas les mêmes livres que vous ?

– Ah bon ? s'intéressa Mathis. Pourquoi ?

– Eh bien, étant donné que mes cours de magie sont uniquement théoriques, et par conséquent mes écrits beaucoup plus exigeants, mes livres sont beaucoup plus fournis que les vôtres. Ouvrez votre livre à la page 68, et dites-moi combien de pages sont consacrée à ce sort en particulier.

– Une… deux… trois. Trois pages, quatre si on compte l'annexe illustrée.

– Et moi, six pages. J'ai deux pages de plus pour un simple sort. En toute logique, je ne peux pas avoir les mêmes numéros de pages que vous.

– Mais comment tu fais, du coup ?

– L'index, Nil. Les pages de début de vos sections sont indiquées au début des miennes.

– Wow, ils ont vraiment pensé à tout.

– … Vous êtes déjà prêts ? demanda la prof qui passait par là. Je suis impressionnée !

– Euh non, Madame, on…

– Pourtant, vous discutez, vos livres déjà ouverts, fit-elle d'un ton faussement étonné. J'en conclus que vous êtes prêts, et que vous avez terminé de lire le chapitre !

– Euh non, désolés Madame.

– Alors concentrez-vous, nom d'un doxy danseur de claquettes ! … Hep, Jade, range cette patacitrouille, ou c'est moi qui la mange !

– … je rêve ? lâcha Erwin, les yeux écarquillés.

– Elle est géniale, hein ? ronronna Nil.

– Elle est aussi bizarre que toi.

Nil tira la langue à Erwin, avant de lui tourner ostensiblement le dos. Le garçon renifla d'agacement, croisa les bras, les décroisa. Puis, haussant les épaules, il se remit à travailler. Mathis le regardait avec un air amusé. Ces deux-là étaient chat et chien, toujours prêts à se sauter à la gorge. Pourtant, malgré toutes les provocations gratuites de Nilüfer, Erwin ne réagissait pas. Il lui en avait demandé un jour la raison. Erwin s'était contenté de hausser les épaules en marmonnant quelque chose à propos de Karol et des Augures. Mais Mathis n'était pas dupe. Non point qu'il veuille provoquer la dissension dans le groupe, mais Erwin ressemblait à une cocotte-minute sous pression, prêt à exploser. Alors lui vint une idée, complètement farfelue. Il fit signe à Émi, désigna Erwin, puis Nil, et lui fit un clin d'œil.

Tarentallegra ! lança-t-il discrètement sur Erwin.

– Émi avait compris le message, et lançait le sort sur Nil au même moment.

– Qu'est ce que… Non ! S'écria Erwin.

– Que m'arrive-t-il ? paniqua Nil.

Et alors qu'ils se mettaient frénétiquement à danser, Mathis et Émi les poussèrent l'un vers l'autre, et ceux-ci se mirent à danser ensemble. La prof ne put réprimer un sourire, et frappa dans ses mains pour attirer l'attention de la classe.

– Les enfants, certains de vos camarades sont semble-t-il pressés de danser ensemble. Alors je vous propose qu'on passe tous à la pratique dès maintenant. Musique !

D'un geste de baguette, elle ouvrit l'armoire de la classe dans laquelle une vieille radio se mit à jouer un rock'n'roll endiablé. Immédiatement, les jambes de Nil et Erwin s'adaptèrent à la musique, et ils n'eurent d'autre choix que de se soutenir mutuellement pour ne pas s'effondrer.

– Ils dansent ensemble, constata simplement Mathis. Et ils s'amusent.

– Je te l'avais dit, il suffit d'une étincelle, répliqua Émi. Allons-y ! Tarentallegra !

Et les sorts se mirent à pleuvoir. Tous ceux qui étaient parvenus à maîtriser le sort le lançait à la volée, et chacun, même la prof, se retrouvèrent à danser en rythme dans la salle de classe. Même les plus patauds d'entre eux étaient guidés par leurs jambes, et se prêtaient au jeu. Jamais on ne pourra voir chorégraphie improvisée si synchrone dans le monde moldu.

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Rendons à César ce qui est à César : "Le Conseil d'Administration, un groupe de vieux grabataires qui n'ont pas vu un étudiant depuis quatre-vingt ans et qui sont persuadés d'être les mieux placés pour juger de vos besoins." – ma prof d'Anglais de 1ère année à propos du C.A. de l'Univ Lorraine.

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Voilà, vous devinez sûrement sur quoi portera le prochain chapitre. See you !