Salut à tous ! Après ce massacre qui n'en était pas un, on revient sur des trucs plus joyeux, quoique pas du tout scolaires. Alors, figurez-vous que je viens juste de découvrir qu'on pouvait copier-coller les chapitres directement, au lieu d'uploader le fichier… et qu'ainsi, la mise en page n'était pas flinguée (et notamment les tirets de dialogues que je n'ai pas à remettre à la main). Ça veut dire moins de perte de temps pour moi… mais aussi plus de risque d'incohérences et erreurs manquées, vu que je ne relis pas… Alors le temps de faire la transition (c-à-d la prochaine fois je relis avant de copier), je m'excuse d'avance s'il y a de fautes. Pour me faire pardonner je fais des grosses réponses aux "petites" reviews.
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Reviews aux réponses !
Hey (K)Ywyyy ! Non mais ça va pas la tête !? Je vais pas tuer Thomas, nom d'un snargalouf enrhumé ! Nan, il est voué à un grand destin ! Peut-être même plus grand que celui de son frère, de quelques centimètres !
Et dire que la totalité du chapitre est partie de ça ! Je voulais faire un chapitre sur la malchance, j'ai vu que l'année 2017 comportait un vendredi 13 janvier, pour bien commencer l'année… Et c'est en lisant une page à propos de trucs style "loi de Murphy", que j'ai eu quasiment tout le contenu du chapitre qui m'est venu ! Et il fallait à tout prix que je case le paradoxe de la lévitation félino-tartinique, rien que pour ce nom épique.
Aaah je suis désolé pour toi ! L'année dernière j'ai loupé mon semestre, et j'étais tellement déprimé que j'ai quasiment séché entièrement le semestre suivant (difficile de compenser un 5,37 quand on a du mal en cours…). Là en redoublant, je l'ai eu avec 10,248. C'est moche, mais c'est top. Je t'en veux pas, mais quand ça ira mieux tu auras le droit de me mettre une super longue review ! je rigole xP (ou pas ? uh uh)
Bonjour, Guest ! Ai-je la chance de te connaître sous un autre nom ?
Alors tu ne crois pas à la malchance, mais tu crois à la chance ? Elle est pas mal, celle-là ! Enfin, je dis ça, mais je suis un grand rationnaliste qui croit pourtant au "karma" (d'où l'histoire de balance, d'ailleurs !).
99% des profs que j'ai eu jubilaient à l'idée de faire des interros surprises ! Il y en a même une qui nous en faisait des non notés, parce que la quantité dépassait le nombre maximum de notes autorisées pour sa matière (Histoire-Géo, 1ère L). Tous des cinglés !
Hé, si ma fic est classée T, c'est pas uniquement pour le plaisir de pouvoir écrire putain de bordel de merde quand je veux (même si c'est jouissif) ! J'ai prévenu, je sais plus quand : je fais pas dans le lemon/lime/etc… mais par contre de la vulgarité, du sang et des morts comme s'il en pleuvait ! Mais t'inquiète, il risquait rien. Je vais éviter de tuer trop de personnages dans le premier cycle (tomes 1 à 3), parce que j'ai quand même 8 tomes à tenir, avec une violence en crescendo.
ah, moi je suis carrément comme Camille : je me perdrais dans un couloir tout droit ! D'ailleurs ça m'est plus ou moins arrivé aujourd'hui : j'ai contourné une porte en verre pour arriver… de l'autre côté de cette même porte au moment où quelqu'un arrivais par cette porte qui était ouverte. Voilà.
En tout cas, tu n'es définitivement pas ma bêta : elle était horrifiée par le comportement de Carter !
Et alors pour le limier, eh bah justement ils en parlent un peu dans ce chapitre !
Chère Sengetsu, tu n'imagine même pas à quel point je partage ton point de vue ! Mais t'inquiète, rien de morbide, vu que personne n'est mort ! Gore par contre, je veux bien ! Et encore, j'ai essayé de rester soft, j'ai failli faire une jolie fracture ouverte à quelqu'un, avec l'os éclaté qui ressort de la plaie béante et déchiquetée, et… DÉSOLÉ !
Réponse : outre le fait qu'en effet, le sel est un élément purificateur, très utilisé en alchimie, il y a autre chose : on n'y prête pas attention car notre système digestif est encore plus puissant, mais le sel est un putain de corrosif ! Sur les chairs à vif des inferi, dont la peau n'est généralement plus qu'anecdotique, ça fait des ravages presque aussi violents que le feu. D'ailleurs si tu jettes du sel au-dessus de ton épaule et que tu entend un hurlement zombiesque de douleur, c'est que tu es suivie par un inferius. Donc ça porte réellement chance de le faire, ça sauve même des vies.
Pourquoi précisément maintenant ? Mais parce que c'était vendredi 13, pardi ! Et qui plus est, vendredi 13 janvier, histoire de bien commencer l'année ! Et puis il y a autre chose, un monstrueux spoil caché dans un indice innocent, mais qui ne fait pas appel à la déduction (une aubaine, hein dit ?), mais à la simple mémoire. Et par mémoire, je veux dire… mémoire à long terme, sur ce même (petit) détail qui se répète (et qui est explicite, en plus) ! (Et là je sens que ma déduc-lec-trice qui lit en ce moment le tome 1 va me trouver la totalité du scénario en lisant ça. Cette fille est flippante)
Carter est toujours suspect ! Mais attend de connaître l'autre Carter, sa petite sœur Cixy. Tu trouveras Malwen très clair, en comparaison !
OH ! AH! Oooooooooh ! Merci ! J'ai failli oublier de répondre à cette fameuse question de l'attaque de Miss Citrus ! En plus j'ai qu'une seule occasion qui s'y prête, et elle ne va pas tarder à devoir être publiée… Voilà du coup tu auras ta réponse à ce moment que je dois écrire maintenant avant d'oublier.
Mathis est blasé de nature, et je dois clairement multiplier les occasions de le montrer ! Il lui manque des fusibles, à ce gosse : peur, compassion, instinct de survie… nada ! niet ! que dalle ! walou ! Et puis il sait quelque chose qu'on ne sait pas, mais ça… on le verra dans quelques mois !
T'inquiète, le contrat de Korri est valable jusqu'à la fin du cycle. Après le tome 3, on verra si on resigne, mais pour l'instant, il ne bouge pas.
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Dans ce chapitre… des crêpes magiques et des chocogrenouilles ("évidemment, nous prend pas pour des cons !"), mais surtout des crêpes magiques ! Et puis une nouvelle intro informative, un complot de gens louches dont un tatoué, des émotions qui pètent un câble dans un apparté totalement incongru, et de la magie un peu bizarre employée dans un but qui l'est dix fois plus. Voilà. Et avec tout ça, j'ai pas annoncé un dixième du contenu de ce CHAPITRE DE DINGUES !
À vos yeux… prêt(e)s… LISEZ !
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12) Crêpes Magiques et Chocogrenouilles
Une autre chose que les né-moldus observent lorsqu'ils rejoignent le Monde Magique, c'est l'évolution parallèle des fêtes d'origine païenne, trouvant leurs origines à une époque où magie et religion ne faisait qu'un. Ainsi, on retrouve la tradition du déguisement à Halloween, ou les présents de Noël. Mais les différences sont tout aussi nombreuses. Alors que la tradition moldue pour Halloween est de défiler dans les rues, allant de maison en maison en quête de friandises, et promettant un mauvais tour en cas de refus, la version sorcière est restée très traditionnaliste : Pendant que les sorciers adultes se terrèrent dans leurs chambres, les petits "démons", les enfants, ont toute liberté dans la maison, et les créatures magiques se promènent librement dans les milieux sorciers. Il n'est d'ailleurs pas rare, un soir d'Halloween, de croiser deux centaures sortant d'un bar du Bourg Enchanteur, complètement saouls. Pour Noël, la différence est moindre, la fête ayant peu évolué des deux côtés. Bien sûr, chez les sorciers, pas de Père Noël, pas de chocolat pour l'Avent mais des statues de glace, et des chants célébrant l'hiver chantés par des cœurs de nymphes.
L'une de ces fêtes était la Chandeleur. La Chandeleur n'existait pas en tant que tel dans le monde sorcier, mais une autre tradition prenait sa place : Imbolc, fêtée le 1er Février. Cette fête païenne d'origine celtique célébrait le milieu de l'hiver, et était très prisée par les communautés magiques Françaises et Irlandaises, et jouait un rôle important dans la Wicca, très influente à Salem. La tradition consistait à se vêtir tout de blanc, de boire beaucoup de lait, et d'allumer feux et chandelles partout. À Beauxbâtons, cette tradition avait perduré sous une forme édulcorée : Les cheminées étaient toutes allumées, et les foulards des élèves devenaient blancs pour la journée. Mais, au fil des siècles, une tradition moldue avait fait son entrée : les crêpes. Ainsi, il n'y avait nul repas servi en ce jour, mais une réserve quasi-illimitée de crêpes et de cruches de lait sur un buffet accessible toute la journée sans interruption.
Cette année, le 1er Février tombait un Mercredi. Qui disait Mercredi disait après-midi libre, au moins partiellement, pour la plupart des classes. Et qui disait après-midi libre pour la plupart des classes, disait… orgie de nourriture. Et les Augures et leur bande n'était pas les derniers quand il s'agissait de manger.
– J'aimerais revenir sur un point, reprit Mathis, après avoir avalé sa crêpe à la pâte de spéculoos. Quand tu parles de "crêpes magiques", où tu veux en venir ? Je veux dire, d'accord, une réserve illimitée de crêpe, c'est magique. C'est le rêve, même ! Mais les crêpes ne sont pas magiques. Pareil pour les crêpes aux goûts introuvables dans le Monde Moldu, comme la prune dirigeable ou la crème de nuable. Mais les crêpes ne sont au final que de la pâte classique.
– En effet, répondit simplement Triora.
– … Bah alors ?
– Bah alors les crêpes magiques ne sont pas servies avant ce soir, tout simplement.
– Pourquoi ?
– Pourquoi pas ?
– Humphh…
Et après un moment passé à déambuler dans les jardins pour digérer, les Augures rentrèrent à la nuit tombée, et retournèrent au Grand Réf. Et là… Des crêpes volaient. Des crêpes brillaient dans la pénombre de toutes sortes de couleurs. Des crêpes changeaient de taille et de forme à vue d'œil, menant parfois la vie dure à ceux qui essayaient de les manger. Ils rejoignirent ceux qui étaient restés sur place, et les interrogèrent.
– Triora vous a prévenus, pourtant, souligna Mathieu.
– C'est énorme ! s'extasia Nil.
– Ouais, on peut dire ça.
– Ça ne répond toujours pas à ma question, soupira Mathis.
– Ah ?
– Elles ont quoi de spécial, ces crêpes ?
– Ben… elles sont enchantées. Par les Chasseurs Enchanteurs. C'est… une tradition quoi, tenta d'expliquer Mathieu, avant de dévisager le petit Aloysia. Je ne comprends pas à quoi tu t'attendais.
– Je ne sais pas, moi ! Des crêpes qui font des trucs aux gens ?
– Je viens de voir une crêpe mettre une gifle à celui qui essayait de la manger, souligna Erwin.
– Oui, bon d'accord. Mais, je sais pas, des crêpes qui changent de goût.
– Il y en a.
– Euh… des crêpes qui font briller dans le noir ?
– Il y en a.
– Lesquels ?
– Ça c'est le grand mystère ! Toutes les crêpes sont identiques, avant qu'on essaie de les manger. C'est toute la magie du truc ! Tu sais, ce n'est pas par choix que j'ai dû stupéfixer ma crêpe pour ne pas qu'elle m'étrangle. Dis-donc, tu m'as l'air blasé, Mathis… quelque chose ne va pas ?
– Hmm…
En effet, Mathis était préoccupé depuis quelques semaines. En fait, depuis ce fameux Samedi où il avait repris les Clubs. Tout c'était passé… trop bien. Carter lui avait dit oui trop vite, pour les dimanches. Quant au Cognepoing, son équipe l'avait trop vite réintégré, et lorsqu'il demandait qui l'avait remplacé tout ce temps, on changeait de sujet. Définitivement, quelque chose ne collait pas. Le lendemain, il s'était rendu à l'Étage Blanc, et avait eu droit à une séance de pratique de son don, comme si de rien n'était. Jusqu'à ce que Carter lâche une question innocente à propos de la Ruelle des Rosiers. Mathis était loin d'être idiot, et plus encore d'être naïf. Carter cherchait quelque chose, et ça le concernait. Et au fil des semaines, le phénomène s'était accentué. Mathis se sentait… surveillé. Et il était certain que l'intrusion de sa famille au Bourg Enchanteur n'intéressait en rien Carter. Il cherchait autre chose. Mathis le soupçonnait de poser des questions bidon afin de le brouiller, et il devait reconnaître qu'il s'y prenait à merveille. Comment savoir s'il s'intéressait à lui, à Émi, à Lucian, à Miss Citrus, voire même au pinson qu'il avait vu le 13, dont il lui avait demandé une description qui tenait du portrait-robot ?
Et puis il y avait le Trio de Choc, formé de Brindargent, Delacour et Attorney. Depuis que Mathis avait, malgré sa prudence, manifesté à Carter son intérêt pour l'enquête, ces trois-là s'étaient mises à le surveiller à leur tour. Il avait toujours l'impression d'être épié, dévisagé en cours, … Attorney l'avait même convoqué dans son bureau, que Mathis avait découvert pour l'occasion. C'était une minuscule pièce ornée d'une immense fenêtre, dont tous les meubles, qui se résumaient à un bureau, trois fauteuils et une armoire étroite étaient couleur argent, avec du velours rouge sur les fauteuils. Elle lui avait posé des questions banales, sur sa scolarité, sur ses notes, et l'avait laissé partir, sans se gêner pour le dévisager. Quelques jours avant Imbolc, Attorney avait passé tout le cours à le fixer en fronçant des yeux, et Mathis avait ressenti un picotement dans sa tête. Il savait désormais, merci à Inigo Imago, à quoi s'en tenir : Attorney tentait de lire dans son esprit. Alors Mathis, qui ne maîtrisait nullement l'occlumancie (il savait à peine de quoi il s'agissait, d'ailleurs), il fit ce qui lui sembla la meilleure idée sur le moment : il détourna l'attention de la prof.
– Putain, c'est quoi ton problème !? gueula-t-il à son attention. Tu veux ma photo ?
Et il écopa de quatre heures de retenue, et une convocation dans le bureau de la directrice.
– Pourquoi tu ne lui as rien dit ? s'étonna Émi lorsqu'il revint, en agitant son miroir.
– Je ne suis pas sûr qu'on puisse lui faire confiance… Non, il faut trouver autre chose. Je dois en parler à Camille. Il faut essayer de la trouver.
Et Mathis avait commencé la mise en place de son plan. Il avait expliqué son plan à Camille, Triora et Juliette, et avait envoyé des lettres à Angela Magnus et Gabriel Sirtesente, et, aux conseils de celui-ci, au père de Sertorius. L'idée était risquée. Très risquée. Mais Mathis se disait que, tant qu'à être surveillé, autant que ça soit pour une bonne raison. Il était, bien sûr, plus question de fierté que de logique. Cependant, il avait préféré signer sous un faux nom, et avait choisi le pseudonyme de "Mauvais Augure", en référence à l'opération éponyme.
Le premier à répondre fut Gabriel Sirtesente. La lettre était courte, et pour le moins étrange.
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Mauvais Augure,
Je suis heureux de connaître quelqu'un qui a su apprécier mon oncle à sa juste valeur. Et plus encore d'être cru. Je reste persuadé que le Gendarmagium ne me protègera pas s'ils savaient. Je ne peux pas vous aider, sinon en vous encourageant à poursuivre votre œuvre. Restez prudent, cependant. Rien de doit les mettre sur sa piste. Si vous découvrez quoi que ce soit à son propos, détruisez vos indices. Personne ne doit la trouver. J'ai déjà accepté de sacrifier ma vie pour ça. Ne gâchez pas tout.
Gabriel Sirtesente
PS : Trouvez Le BasK. Il en sait plus qu'il ne veut l'avouer.
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Depuis aucune nouvelle. Ses amis, même les plus âgés, étaient là à déguster des crêpes, pendant que lui jouait les détectives. À se demander qui était le plus fou de tous. Mathis avait cherché partout. Il connaissait bien un Basque : Nagore Goizane. Mais il se voyait mal l'interroger. Qui plus est, il y avait cette histoire de K, et cela le menait à une impasse. Quelques jours plus tôt, Mathis avait découvert, grâce à Thomas, qu'il existait un DJ de frenchcore nommé Le Bask. C'était encore moins utile. Qui était ce "BasK" ?
C'est le vendredi soir, deux jours après Imbolc, que vint la seconde réponse. Ils étaient dans une salle de cours plus ou moins à l'abandon, dont Sertorius avait verrouillé la porte. Ils étaient là, les gens du réseau d'information de Mathis. Sertorius, Camille, Juliette et Triora. Mathis leur avait montré la lettre de Gabriel, et tous attendaient encore la réponse d'Angela. Les Augures avaient refusé de s'impliquer davantage. Tant pis pour eux.
– J'ai reçu une réponse de mon père, annonça Camille.
– Il fait quoi, déjà, ton père ? demanda Serpent.
– Il est surveillant pénitencier à la Giraglia. Il y a effectivement eu du mouvement. Apparemment, mais là je ne rapporte que des cancans entre collègues, le Gendarmagium serait venu, et ils auraient fait libérer un dangereux prisonnier.
– Pourquoi faire !? sursauta Triora.
– Apparemment, le prisonnier en question était un des meilleurs détectives privés du pays. Mais il avait tendance à faire chanter ses clients, voire à les tuer s'ils n'étaient pas coopératifs.
– Oh oui, j'en ai entendu parler ! L'Affaire du Limier. C'est son arrestation qui a rendu Magnus célèbre ! Mais je ne me souviens pas de son nom…
– C'est là le plus étrange. Les Gendarmages ont parlé de libérer un certain Gellert Nurm. Mon père a regardé… Il n'y a jamais eu un seul prisonnier de ce nom. Sauf qu'ils sont bien repartis avec quelqu'un.
– Un faux nom ? tenta Mathis.
– Peut-être. Tout ce que je sais, c'est que d'après le badge de ce Nurm, il était enfermé dans la section haute-sécurité de l'aile psychiatrique de la prison.
– … c'est à n'y rien comprendre, cracha Serpent. Je comprends que Magnus n'avance pas. Cette histoire n'a ni queue ni tête. Mais pourquoi être allé libérer un dangereux psychopathe ? Pour qu'il cherche à leur place?
– Faut croire, conclut Mathis. Bien, quelqu'un d'autre a quelque chose à nous soumettre ?
– J'ai une fenêtre astrale, énonça Triora. Et favorable, pour une fois.
– Fenêtre astrale… Ça serait pas un truc en rapport avec l'Astroplanétatique, ça ?
– En effet ! C'est un truc enseigné à la Hekseri Academiet, c'est Cytra qui m'en avait parlé. Elle a pas mal de famille, là-bas. Et du coup Ya Sayidi Sindari m'a prêté un grimoire là-dessus. Bref, je disais donc que j'ai une fenêtre astrale favorable.
– Super ! Combien de degrés ?
– Euh, 138° sur Cassiopée, et Jupiter au dernier décan. Pourquoi, tu t'y connais ?
– Je me renseigne sur tout. Donc si je ne m'abuse, tu as une fenêtre sur le futur d'action ?
– Le futur proche, en effet. Mais de voie, pas d'action. J'ai amené mes bâtonnets. C'est le jour idéal pour un peu de xylomancie !
– On te regarde.
Triora sortit de sa poche une pochette de cuir, qui contenait le jeu de bâtonnets runiques. Elle la vida sur la table, et tria les bâtonnets. Puis elle les prit dans sa main, prononça une étrange formule longue et alambiquée, et jeta les bâtonnets. Les runes gravées dessus luisirent une seconde, avant de s'éteindre, sauf celle d'un seul bâtonnet. Triora l'extirpa du tas sans bouger le reste, avec l'habileté d'une championne de Mikado. Elle l'observa, avant de le jeter sur le tas qui s'affaissa légèrement.
– Bon, tout n'es pas perdu, reprit-elle enfin. Nous avons une voie claire.
– Raconte !
– Alors… d'abord, nous allons recevoir la lettre d'Angela dans le courant du mois.
– On est le 3, souligna Sertorius. Ça nous fait quand même une marge de… 25 jours.
– C'est mieux que rien. J'ai pas d'info sur son contenu, mais je suis sûre du délai. Ensuite… Mathis, tu vas devoir affronter Carter.
– Ouais, soupira celui-ci. J'ai mon cours avec lui Dimanche. Il sait sûrement que j'ai empêché Attorney de fouiller dans ma tête. Je vais devoir lutter pour ne pas lui en foutre plein les dents.
– Non, non, je veux dire, à découvert. Tu ne dois pas lutter. Tu vas tout lui dire.
– Pourquoi je ferais une chose pareille !?
– Parce que les bâtonnets disent que c'est une bonne idée.
– Mouaif. Quoi d'autre ?
– Le BasK… est Basque.
– Grande nouvelle…
– Ça nous donne une piste ! insista Camille. Serpent, il va falloir que tu lui poses deux-trois questions, à ton cher Référent.
– Pourquoi moi ? gémit le garçon. Ce type me fait flipper !
– Parce que t'es le seul Urtica.
– Et alors ? Tu crois que ça fait de lui mon pote ?
– Non, mais tu peux facilement le voir en dehors des cours. Et vu l'ambiance du Pavillon Jaune, on peut pas dire qu'il soit du genre strict.
– Comment tu sais, pour l'ambiance ?
– J'étais à Urtica l'année dernière, abruti.
– Ah oui, c'est vrai. Pourquoi t'es parti, alors ?
– Parce que je déteste les orties.
– … Je sais même pas pourquoi j'ai demandé.
– Bon, ça y est ? intervint Mathis avant que ça ne dégénère. On a tout ?
– Moi j'ai rien de plus pour le moment, répondit Camille.
– Pareil pour moi, ajouta Triora.
– La prochaine fois, j'aurai les infos que tu veux, promit Sertorius.
– Et toi ? demanda Mathis en se tournant vers sa cousine. Tu es plutôt silencieuse, aujourd'hui. Je te connais. C'est louche.
– Rhooh, tout de suite, ricana Juliette. En l'occurrence, j'avais rien d'intéressant pour aujourd'hui. Je vais aider Serpent avec Goizane. Je suis peut-être pas à Urtica, mais il m'a plutôt à la bonne depuis mon dernier Or en Runes. Et je vais aller faire un tour au Bat'Show demain.
– Comment tu vas faire !?
– Pas de question.
– Ah non, hein, pas cette fois ! Répond !
– Tsss, souffla-t-elle d'agacement. Si tu veux tout savoir, j'ai fait en sorte de me faire coller avec Attorney le soir, pour pouvoir aller avec elle au Bat'Show.
– Attends… mais je suis collé avec aussi, demain soir !
– Ah. Bah t'auras qu'à lui en parler, alors. Le truc c'est que moi, c'est une fausse retenue. Elle risque d'être moins sympa avec toi.
– Ça se tente. Bon allez, la séance est levée. Rendez-vous la semaine prochaine, même heure, près des serres.
Le lendemain, Mathis ne se rendit pas au Club Duel. Son instinct l'interdisait : Carter était en position de force, et la seule manière pour Mathis de garder le contrôle était… un mystère. Cependant, il sentait au fond de lui qu'il devait lui parler seul à seul. L'après-midi, l'entraînement de Cognepoing se passa plutôt bien. Depuis la réunion de la veille, Mathis savait qu'ils avançaient bien, et était moins préoccupé. Peut-être la présence de Serpent dans l'équipe le rassurait.
Et enfin, ce fut Dimanche. Mathis se rendit à l'Étage Blanc, où Carter l'attendait.
– Bonjour Mathis ! Je ne t'ai pas vu, hier. Tu étais indisposé ?
Mathis choisit de ne pas tourner autour du pot plus longtemps.
– Je sais que vous me surveillez. Je sais aussi que vous savez pour le miroir.
– Te surveiller !? Mais pourquoi ? Et quel miroir, d'ailleurs ?
– … Ne jouez pas les étonnés. Je sais que vous me surveillez et que vous avez demandé à Miss Attorney de faire usage de Légilimancie sur moi. C'est interdit par le règlement, ça ne vient donc pas de la Directrice. Et le seul legilimens que je connaisse, c'est vous.
– C'est des accusations très graves que tu portes, là, jeune homme…
– Putain mais c'est pas vrai ! s'énerva Mathis. Je sais que vous me suivez partout, dans les couloirs ! J'ai retracé votre emploi du temps, et vous êtes toujours là où je suis, pas où vous devriez être ! Arrêtez de me prendre pour un con !
– Baisse d'un ton avec moi, Mathis, s'irrita Carter, avant de croiser les bras. Donc tu penses que je t'espionne. Pourquoi ?
– À vous de me le dire.
– Tu as quelque chose à te reprocher ? Des activités illégales ?
– Je sais que vous êtes au courant pour le miroir à Double-Sens caché dans le bureau de la directrice.
– … En effet, concéda Carter.
– Pourquoi ?
– Pourquoi je n'ai rien dit ? Pour comprendre quelle raison peut pousser un élève de douze ans à espionner la directrice.
– C'est simple. J'essaie de résoudre l'enquête.
– … Quoi !? s'écria Carter, sa surprise non feinte. C'est ça que tu fais !?
– Ben oui, vous pensiez à quoi ?
– Hum, à vrai dire je ne sais pas trop. Je dois avouer que tu m'étonnes, Mathis. Puis-je avoir droit à une explication ?
– Bon, d'accord. Je pense que le Gendarmagium n'est pas sur la bonne piste. En fait, c'est mon frère qui m'a donné le premier indice, involontairement. Pour avoir discuté avec Angela, la fille de Richard Magnus, je sais qu'ils ont, dès le début, fait une liste victime, et une liste agresseur ensorcelé. Mais, vu l'avancée des choses, ils n'ont jamais fait le lien que mon frère a trouvé juste en lisant la presse sorcière.
– Ah, et qu'est-ce que ton génie de frère a trouvé ?
– Le paysan moldu, Michel Pernaud. La femme attaquée par la citrouille métamorphosée, Berthe Haniel. Le premier ensorcelé, Gabriel Sirtesente. Et en fouillant un peu, j'ai même trouvé un lien avec Edwart Zadkiel, un des étudiants que Callypso Kether a attaqué, et le seul qui est mort des suites de ses blessures.
– Je ne vois pas le lien. À part… que les noms ou prénoms sur lesquels tu as insisté finissent par –el, c'est ça ? C'est plutôt commun, je ne vois pas ce qui te fais dire…
– C'est normal, coupa Mathis, vous êtes un sorcier, et sang-pur qui plus est. Je vous explique : Michel, Haniel, Gabriel et Zadkiel sont des archanges issus de la Kabbale. D'ailleurs… je mettrais ma baguette au feu s'il n'y a pas au moins une personne impliquée dans chaque agression portant un nom d'archange.
– C'est… une piste intéressante, en effet. Mais pourquoi tu n'en parles pas au Gendarmagium, si c'est si important à tes yeux.
– Pour deux raisons simples. La première, parce qu'ils ne feront pas attention à ce que je pourrais dire. Et la seconde, c'est que peu importe ce que Gabriel Sirtesente essaie de cacher, le vieux Scipion est mort pour ça. Or, il m'a affirmé que le Gendarmagium ne devait rien savoir.
– Il t'a affirmé ça quand !? Tu l'as déjà rencontré ?
– Non, mais Scipion m'avait laissé sa carte. Et dessus figurait une adresse en cas d'urgence. J'ai bien fait attention aux détails. Scipion n'a jamais parlé d'un membre de sa famille autre que son neveu. En toute logique, c'était la sienne, l'adresse de secours. Je lui ai donc écrit, me faisant passer pour un vieil ami de son oncle.
– … Et tu te demandais pourquoi je te surveillais ? soupira Carter. Pardonne-moi la formulation, mais tu es plutôt effrayant.
– Vous connaissez Conan Edogawa ?
– Non, pourquoi ?
– C'est pas grave. Tout ça pour dire que mon âge est juste un obstacle à ma crédibilité. Avec les lettres on peut mentir sur ce détail. J'ai des contacts à l'extérieur. Un réseau d'informations. Mais il me manque deux pièces.
– Qui sont ?
– Vous…
– Je vois.
– … et un certain "Le BasK". Avec un K majuscule à la fin.
– Primaël Goizane.
– Pardon ?
– Le BasK, c'est Primaël Goizane. Le frère aîné du professeur Goizane, et le père des triplés. Je l'ai déjà rencontré, à un bal de Nouvel An, il y a trois ou quatre ans, il fait partie des gardes du corps du Prévôt. Il a une large cicatrice au niveau de la base du cou, avec "Le BasK" tatoué par-dessus en rouge. D'ailleurs, à l'aspect des lettres, je pense qu'il s'agît du tatouage runique le plus complexe que j'ai jamais vu. Des glyphes minuscules agencés de manière à former les lettres d'un mot. Je pense d'ailleurs que la particularité de l'orthographe du mot est liée à une limitation due au tatouage runique. Il faudrait que j'en parle à notre experte.
– Mais c'est parfait, je vais lui écrire ! Vous avez une adresse ?
– Non, il va falloir vous débrouiller avec le professeur Goizane.
– Nous débrouiller ? releva Mathis.
– Allons, je sais que tu n'es pas seul. Vos petites réunions du Vendredi soirs ne sont pas si discrètes que pour le pensiez.
– … Tsss ! siffla Mathis d'agacement.
– Bon, je vais voir ce que je peux faire de mon côté, conclut Carter. Je ne te promets rien, mais je vais t'aider. Si ta théorie est exacte, je connais certaines cibles idéales, et ce serait irresponsable de ma part de l'ignorer. Ne t'inquiète pas pour le Gendarmagium, je m'en occupe… personnellement.
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Mauvais Augure,
J'ai bien reçu votre lettre, qui me laisse pour le moins perplexe. Je ne sais pas si je dois vous prendre pour un fou, pour un génie, ou pour un homme dangereux. Dans le doute, je prends en compte les trois possibilités dans la formulation de ma réponse.
Ainsi vous affirmez que les attaques seraient liées aux archanges. Qui serait assez dérangé pour agir ainsi ? Je n'ai jamais entendu parler de chrétiens extrémistes ET sorciers (nous parlons bien de ces gens qui brûlaient des femmes pour sorcellerie, hein ?). D'un autre côté, vos arguments sont clairement réfléchis, et pour le moins dérangeants. Cependant, pour répondre à votre post-scriptum : non, je ne partage mon prénom avec aucun archange. Primaël signifie Prince en Breton, terre d'origine de feu mon grand-père maternel. Mais je m'égare.
En effet, je suis au courant pour la chose que la famille Sirtesente cachait. Je ne sais pas où cela se trouve actuellement. Je sais cependant quelque chose d'important, que je ne peux transmettre par écrit. Étant donné la situation dans laquelle vous vous trouvez, d'après ce que vous m'avez écrit, je comprendrais qu'une rencontre face-à-face soit trop risquée pour le moment.
Je vous souhaite bonne chance avec votre taupe au Gendarmagium. Je sais que cette personne prend des risques inconsidérés, mais je ne peux qu'approuver la démarche. Le Salut ne viendra pas de ces lourdauds. Il est temps que la vraie Justice se mette en marche. J'aimerais m'impliquer d'avantage, mais je dois en priorité veiller sur ma famille. Cependant, je suis de tout cœur avec vous, si votre quête est noble.
Primaël Goizane
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Mathis relut la lettre, avant de la tendre à Camille. Celle-ci était allongée sur un canapé de la salle commune, la tête sur les genoux de Karol. Elle la lut d'un œil distrait, et la jeta sur la table.
– Génial, encore un cul-de-sac…
– Ne sois pas défaitiste ! la tança-t-il. On sait qui est le BasK, et on sait qu'il a des informations.
– Et ? Il ne nous donne rien. On perd notre temps, on devrait… je sais pas, moi, réviser. Les épreuves pratiques des concours sont dans un mois. Tu es prêt ?
En guise de réponse, Mathis pointa sa baguette sur le tapis.
– Serpensortia !
Un magnifique cobra royal jaillit de sa baguette, se redressa rapidement, et se mit à onduler avec nonchalance.
– Evanesco. Tu vois, je suis prêt pour la Métamorphose. Pour l'Arithmancie, paraît qu'on va avoir un enchantement de niveau 4 à réaliser avec le boulier. Peut-être une extension indétectable, ça expliquerait la montagne de sacs de cuir dans la salle du Sondeur.
– C'est vrai que tu y vas souvent ! ricana Camille. Tu y fais quoi, d'ailleurs ?
– Ben je discute avec lui.
– Ou elle, corrigea machinalement Nil.
– Hum, je pense que c'est un "il". À sa façon de réfléchir, tout ça. Et je pense aussi que quoi que soit le Sondeur, ce n'est pas un humain. Et qu'il est très très vieux… Hum, bref ! Il me reste donc les modificateurs… Je sais pas trop.
– Je pense leur sortir le coup du " Rubrum Aloysiae Maxima Sagitta", augura Émi.
– Ouais, je m'en doutais. C'est pour ça que je ne peux pas le faire. Heu… et toi Camille ?
– Hum, je bosse sur un truc à base de Lumos Corpore. Ça rend plutôt bien pour l'instant.
– Graah ! Erwin ?
– Je pars sur une démonstration pour expliquer la différence entre Totalus et Totalum. Et peut-être Maxima si j'ai le temps.
– Okay, donc je suis le seul qui n'a rien.
– Quand je te dis, de bosser ! se moqua Camille.
– … Vous faites quoi, demain ? lança d'un coup Nil.
– Demain ? Y'a quoi, demain ?
– Ben la sortie à Andorre-la-Jeune pour la Saint Valentin…
– Par la barbe de Merlin ! C'est pour ça qu'Arnaud bafouillait devant Lucie en rougissant !
– Qui ?
– Lucie Rouvier, 2ème Lonicera. Apparemment, j'ai pris Portesort en flag' de râteau monumental !
– Ah ah sérieux !?
– C'était é-pique ! T'aurais dû le voir, il coulait, le bordel. Comme une tomate trop cuite.
– Ça ne répond pas à ma question, insista Nil.
– Pourquoi ça t'importe tant ? ricana Erwin. C'est une fête débile !
– Tu dis ça parce que personne ne t'as invité.
– Détrompes-toi ! Sache que j'y vais avec Amara Quidma. Et toi ?
– Sortie entre copines ! répondirent Nil, Émi, Karol et Camille en chœur.
– Je crois que Jorge a trouvé le courage d'inviter Aurora, ajouta Nil.
– Et toi, Mathis ? demanda Émi.
– Ma mère a refusé de signer mon autorisation. Ça sera château, pour moi. En plus je crois que Serpent y va avec une Loni, donc je serai seul, esseulé, et abandonné de tous.
– Ça fait beaucoup, souligna Camille.
– Hein dit.
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Finalement, Mathis ne passa pas la Saint Valentin tout seul. Une autre personne avait eu droit à un refus de la part de ses parents au moment de signer l'autorisation : Mydian. C'est donc tout naturellement avec sa coéquipière de Cognepoing que Mathis passa la Saint Valentin. Mais ce n'était pas un rencart, juste une soirée entre amis. À moins que… Non, non, on est juste amis ! Enfin… non… si ?
– Ok, qui a touché aux commandes ? s'énerva Colère.
– Il est en train de débloquer ! geignit Peur.
– Pas de panique, les amis ! les tempéra Joie. Allons voir que qui se passe !
Et, quelque part dans le cerveau de Mathis, ses émotions quittèrent la salle d'observation, située dans l'aire visuelle, pour se diriger vers le cortex préfrontal dorsolatéral. Ils étaient tous là : Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût. Mais qui était aux commandes alors !?
En arrivant à la salle de contrôle, ils eurent un choc. Deux étranges individus, reliés l'un à l'autre par ce qui semblait être une queue, trafiquaient les commandes du cerveau de Mathis.
– C'est. Qui. Eux ? asséna Dégoût, avec une moue… dégoûtée.
– Moi c'est Doute !
– Et moi c'est Excitation !
– Nous sommes…
– Les jumeaux…
– Puberté !
– … Quoi ? demanda Joie. C'est moi qui provoque l'excitation !
– Ah ah ! ricana Excitation. Nous n'avons pas exactement le même champ d'action ! Le mien se situe… plus bas.
– Quoi !? s'énerva Colère. Mais… Mathis n'a que douze ans !
– Apparemment, ça n'a pas empêché l'un de vous d'appuyer sur le gros bouton rouge ! répliqua Excitation.
– Je me demande si c'était une bonne idée… soupira Doute.
– Quel bouton rouge ? demanda Joie.
– Ben celui-ci ! répondit Excitation en montrant le gros bouton rouge enfoncé sur la table de commande. Bouton qui portait la mention : PUBERTÉ.
– QUI A FAIT ÇA !? explosa la colère. QUI !?
– Euh…
– TOI !?
– C'est pas ma faute ! paniqua Peur. Lorna le provoquait, il paniquait, euh, j'ai paniqué, euh, elle le regardait bizarrement, euh… J'ai cru que c'était le bouton d'alerte rouge !
– Parce qu'il est rouge ? ironisa le dégoût.
– Ben… oui…
– C'est écrit PUBERTÉ en énorme ! Rien que la boucle du P est plus grosse que le bouton…
– C'est trop tard, se lamenta Tristesse.
– Je confirme ! s'exclama Excitation ! On est là, et on fait notre boulot ! D'ailleurs, taisez-vous, on doit se concentrer. Mathis a un dilemme à résoudre.
– Je doute que ça soit un rencard… douta Doute.
– T'as vu comme elle le regarde ? répliqua Excitation. Allez, pousse-toi, je… Hé, pas touche à ça !
– Trop tard !
– Il a fait quoi ? s'effraya Peur. Il a fait quoi ?
– Ce crétin l'a fait rougir. Manquait plus que ça ! Elle sourit !
– C'est bien, elle est joyeuse ! intervint Joie.
– Non, elle est satisfaite ! répliqua Dégoût. Il est gêné, et ça la fait marrer. C'est pas une fille pour lui !
– Tu dis ça pour toutes… souligna Tristesse. À croire qu'il ne trouvera jamais l'amour.
– Mathis est supérieur ! il mérite le meilleur. Et même mieux que ça !
– Eh oh ! s'agaça Colère. Je rêve où il vient de changer de sujet ?
– C'est possible, répondit Doute. J'avais un doute sur l'importance des cours de la semaine.
– Et du coup, tu préfères qu'il parle de ses chaussures neuves ? Tu te foutrais pas un peu de ma gueule ? HEIN ?
– Eh, relax, ma poule ! lui conseilla Excitation. De toute façon, on est en situation de crise, alors c'est mon frère et moi qui sommes aux commandes. Vous… la ferme !
– QUOI !? JE VAIS ME LE PAYER !
– Tu touches mon frère, je le fais bafouiller, répliqua Doute, en agrippant une petite manette.
– Calmons-nous, reprit Joie. Camarades, expliquez-nous plutôt en quoi consiste votre tâche, que nous puissions traverser dans les meilleurs conditions possibles ?
– C'est simple !
– Notre rôle consiste…
– À prendre les commandes dès que…
– Mathis est avec une fille, et…
– Moi je l'aide à draguer.
– Et moi je l'empêche de s'enfoncer tout seul.
– Il est temps pour lui de grandir.
– Pas trop vite, non plus ! Notre tâche…
– Va prendre des années.
– Au moins !
– Bon ils ont fini de finir la phrase l'un de l'autre, les deux débiles ? gronda Colère.
– Et nous, notre rôle dans tout ça ? interrogea Joie.
– Vous jouez les consultants, je dirais, tenta Doute.
– Je sais pas si c'est une bonne idée… frissona Peur.
– Mais… Mydian, c'est juste une amie, intervint Tristesse. S'il est rejeté, il ne va jamais s'en remettre…
– Eh, du calme ! le tempéra Dégoût. Savoir si c'est un bon choix ou non, ça c'est mon boulot. Allez, poussez-vous, je prends le commandement. Doute, Excitation, continuez comme ça, il s'en sort bien. Joie, sort-moi les dossiers d'humour. Peur, aide-le à trier, je ne veux pas qu'il nous sorte une blague de mauvais goût. Colère, à l'observation. Élimine la concurrence. Et Tristesse… euh… fais pas tout merder s'il te plaît.
Mydian rit à la plaisanterie de Mathis.
– Tu en reveux ? proposa Mathis en désignant la cruche de jus de pomme.
– Oui, merci. Alors, vous y êtes retournés depuis ?
– Moi non, pas depuis la rentrée. Mais je crois que ma mère y est déjà retournée deux-trois fois, pour boire le café, tout ça…
– Et ton frère ? Euh…
– Thomas. Je sais pas trop. Ça fait un moment qu'il ne répond plus au Miroir à Double-Sens. À croire que ça ne marche plus…
– Il est peut-être très occupé.
– À moins que les Oubliators lui aient grillé le cerveau… Qui sait ! Eh, au fait, tes parents font quoi ?
– Mon père est avocat, spécialisé dans les droits de succession des familles nobles. Et ma mère est enchanteresse. Elle a une petite boutique à Liège, entre Amercœur et Grivegnée. C'est dans une rue à sens-unique sous repousse-moldus, avec un filtre de perception assez primaire. D'ailleurs, c'est toujours envahi de chats, là-dedans !
– Et le commerce, ça va ?
– Oh oui, ça tourne toujours bien pour les enchanteurs. C'est pour ça que Gideon part sur cette voie au lieu de se lancer dans le Droit.
– Mais il n'est pas en Runesort ? s'étonna Mathis.
– Si, confirma la jeune fille. Il étudie la théorie des sortilèges, pour perfectionner ses enchantements. Pour les artéfacts, il a largement de quoi faire avec les archives familiales.
– Et toi ?
– Je ne sais pas trop… Je pense faire pareil. Ou peut-être me lancer dans l'alchimie, je suis plutôt douée en potions et en MST.
– L'alchimie ? Le truc enseigné à Mighty Adler ? Erwin m'en a vaguement parlé, j'ai pas tout compris.
– C'est aussi la discipline qui a rendu célèbre Nicolas et Pernelle Flamel, confirma Mydian. Je pense demander à mon père pour avoir des cours particuliers pendant les vacances, et je m'inscrirai à Mighty Adler pour des cours par correspondance.
– Tu ne vas pas nous abandonner pour aller y étudier, hein ?
– Non non aucun risque ! l'Allemand ne fait pas partie de mes langues.
– Tu parles quelles langues ?
– Français, Néerlandais, Norvégien, et un peu d'Anglais.
– Hé ben… Et moi qui aie du mal avec juste l'Anglais…
– Et toi, tu veux faire quoi plus tard ?
Excellente question. Que voulait-il faire plus tard ? Sûrement pas un boulot moldu. Après avoir connu le monde magique, difficile de repasser de l'autre côté. N'en déplaise à Nil, c'était vraiment la loose. Hum… pas prof. Il n'avait jamais eu la fibre pédagogique : il était incapable d'expliquer quoi que ce soit sans embrouiller encore plus la personne en face. Hum… Potionniste ? Pas le niveau. Enchanteur ? Trop… ennuyeux. Plutôt un truc qui bouge… Gendarmage ? Hum, il faudrait d'abord résoudre ce problème avec l'autorité.
– Mathis ?
– Je sais pas trop. Ça existe, un boulot avec beaucoup d'action, pas trop de hiérarchie, mais quand même un minimum de réflexion, histoire de pas tourner à l'huître ?
– Oh, bien sûr ! Euh… Tireur d'élite, briseur de sort, un boulot au Secret ou à la Régulation des Espèces, ou encore…
– Euh, explications ? coupa Mathis.
– Oh, oui, désolée. Les tireurs d'élite sont un corps de gendarmages d'élites, qui n'interviennent que sur les interventions musclées.
– Ah, exactement comme le GIGN !
– Le quoi ?
– Laisse tomber, un truc moldu. Et les autres ?
– Briseur de sort, ça consiste à défaire des enchantements, désamorcer des pièges, tout ça. C'est très prisé dans tout ce qui est archéologie par exemple. Mais aussi au niveau des ministères, ou des banques : quand il y a des saisies, par exemple chez un criminel, les objets saisis sont souvent enchantés, voire piégés. C'est un boulot en indépendant, payé au contrat, avec une bonne partie de recherches, pour pas foncer tête baissée dans les pièges.
– C'est pas mal, ça !
– Ensuite, il y a le Secret. Pour l'idée général, je pense que tu as saisi en quoi consiste leur boulot…
– Ouais. Je suis pas fan.
– Sinon, il y a la Régulation des Espèces. C'est un truc qu'on retrouve dans pas mal de pays. Une branche de la Coopération Magique. C'est un organisme gouvernemental assez indépendant, dont le seul but est de gérer les créatures magiques dangereuses. En France, ça s'appelle le Bureau des Chasseurs, et ça dépend à la fois de l'Intérieur et du Secret. D'après mon père, c'est une belle bande d'allumés !
– Ah, c'est sympa !
– Bon en tout cas, je pense que dans tous les cas, tu es prédéterminé à une Chasse Magus. Enfin sauf si tu veux faire Briseur de Sort, et que la branche théorique t'intéresse plus. Dans ce cas, Chasse Runesort. Je pense que les autres ne sont pas faites pour toi. Sauf bien sûr si tu changes d'avis entre temps.
– T'es super calée ! On dirait une conseillère d'orientation ! En plus utile.
Mydian haussa les épaules.
– J'ai pas trop eu le choix, avec mes parents. Tu sais, dans la Noblesse, tu as une perspective de carrière toute tracée à douze ans, et à treize tu es fiancée à un inconnu sous prétexte que sa famille a des titres ou de l'argent.
– Vive le Moyen-Âge…
– Je ne te le fais pas dire !
Finalement, ce n'était pas un rencard, mais une innocente journée entre amis. Le soir, Mathis retrouva les Augures, qui le noyèrent sous les boîtes de chocolats.
Le lendemain après-midi vers 12h50, alors qu'ils sortaient du Grand Ref, Les Augures entendirent des cris dans le hall. Ils se précipitèrent dans le hall, pour tomber sur une scène des plus étrange : les escaliers étaient envahis de centaines, non, de milliers de chocogrenouilles, bondissant dans tous les sens, et commençant déjà à envahir le château par les couloirs. Certains fuyaient, certains de protégeaient, riaient, … Et certains, comme Mathieu Gardevoie, stupéfixiait une grenouille au vol pour la manger.
– Lucian Appelbaum ! s'écria-t-il en réponse à leur regard ahuri. Ce gosse est un génie !
– Mais mais mais… bafouilla Émi.
– Salut les jeunes ! s'exclama la voix de Gideon derrière eux. Ça vous plaît ?
– Ouais, c'est génial ! s'exclama Nil
– Mais… personne ne fais rien ? demanda Erwin. Pas que je veuille que ça cesse, hein ! s'empressa-t-il d'ajouter en voyant le regard noir que les trois filles lui jetaient.
– Je viens d'enfermer les profs dans l'aile administrative. Tous les profs.
– Enfermer ? Comment ça ?
– Un enchantement !
– Hum… il ne va pas résister longtemps à Delacour…
– Hé hé, détrompes-toi ! Elle doit d'abord briser mon sceau.
– Ton sceau ?
– Oui. J'ai scellé l'enchantement qui ferme la porte avec un sceau runique. Un peu de Magie Rouge bien de chez nous. Faut bien que ça serve d'être l'héritier d'une dynastie sang-pure Belge. Bon, c'est vraiment un sceau basique, expliqua-t-il en levant son index droit qui saignait encore un peu. Une petite coupure, quelques runes tracées au sang, et un petit sort de lien. Si je l'avais fait correctement, je devrais être le seul à pouvoir briser le sceau. Mais dans tous les cas, j'ai mis une clause temporelle : dans le pire des cas, il se brisera tout seul d'ici… trois minutes ! Oh, par la barbe de Morgane, il faut que je file !
– … On lui dit qu'un simple charme de localisation et une seule goutte de son sang suffira à le retrouver ? ricana Mathieu.
– Laisse, c'est plus drôle comme ça ! se moqua Stella Habil, une camarade de classe de Mathieu et Mila que les Augures avaient déjà rencontrée deux ou trois fois.
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Nouvelle vague de possessions ?
Alors qu'Hebdo Sud-Magique, dont une journaliste est rattachée à la fameuse enquête, se tait sur les évènements récents, un revirement inquiétant se profile. Alors que, depuis les fêtes, la plupart des attaques avaient cessées, à quelques agressions ciblées près, une nouvelle vague de possessions semble commencer.
Le changement majeur ? Elle n'est plus centrée sur la région MPLR, mais s'étend à l'ensemble de la moitié Sud du pays. Nous apprenons, à l'instant où je rédige cet article, l'attaque d'étudiants de la PSAF par l'un de leurs professeurs possédé, en pleine rue, aux yeux des moldus. Nous pensions que les choses s'étaient calmées d'elle-même.
Les forces de l'Ordre auraient voulu nous convaincre que leur enquête avançait au point d'effrayer les criminels derrière tout ça. Mais la vérité est bien plus terrible : ils nous narguent. En réponse, le Gendarmagium se livre à ce qui est perçu dans les hautes sphères comme une extrémité nécessaire et mesurée : La libération temporaire du Limier, le célèbre génie criminel sans identité, en tant qu'enquêteur. Nul doute qu'il trouvera les coupables avant les gendarmages. Mais est-ce pour autant une bonne idée ? Quel marché ont dû passer les autorités avec ce monstre, condamné à près de 950 ans d'incarcération dans la section psychologique haute-sécurité du complexe carcéral de La Giraglia, pour qu'il ne décide pas de goûter à plus de liberté que celle que l'enquête lui accorde ?
Article dans l'Intrigue, 24 Février 2017.
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Voilà. Et sinon, j'accélère le remplissage du wiki (de tête, j'ai fait une 20aine de pages dans la semaine, dont des très grosses), et si vous suivez la SSD, vous savez quelle est la suite du programme "Conquête du web !". Et sinon, je l'annonce dans un prochain chapitre.
"Un" prochain chapitre ? Mais lequel ? Le chapitre 13, avec des sirènes et un cours d'Arts Magiques traumatique dans deux semaines, ou alors le One-shot sur Poudlard avec un vieux blaireau psychopathe et un jeune serpent altruiste la semaine prochaine ? Hé hé hé ! NEXT !
