Réponse à la review :
anaisnim : Alors toi, déjà, il doit manquer des espaces dans ton pseudo... Parce que dans l'absolu, je n'ai aucune idée de comment ça peut bien ce prononcer... et de ce que c'est susceptible de vouloir dire par la même occasion... Mais je divague, passons au contenu de ta review ! Alors comment ça je sais « accrocher le lecteur » ? C'est bon à savoir ! Mais la solution du personnage très mystérieux, c'est plutôt facile (désolée...), d'habitude je préfère faire rire le lecteur pour le garder (c'est un peu plus délicat mais aussi beaucoup plus gratifiant). En tout cas, ce n'est pas la ligne directrice que j'ai choisit pour cette fiction (et oui, j'essaie de faire évoluer mon genre initial), même s'il y aura, style de l'auteur oblige, des passages drôles / complètement débiles / on se demande ce que consomme l'auteur. Et je crois que j'ai déjà fait le tour... Bon, ben en espérant avoir de tes nouvelles bientôt et en te remerciant pour ta review ! Bye~
OxOxOxOxO
En frappant à la porte du bureau de la directrice, Lyra ne savait absolument pas à quoi s'attendre. On lui avait parlé des crises de colère monstrueuses de la vieille femme, de sa fourberie, ainsi que de son abominable chien -et la jeune femme avait du mal à voir le rapport entre ces différents éléments-. Elle s'attendait donc à tout quand une voix lui permit d'entrer.
Le bureau en lui même n'avait rien de spécial : les murs nus étaient gris souris et l'épaisse moquette sous ses pieds rose bonbon, quelques plantes vertes trônaient dans un coin de la pièce, près de la fenêtre sous laquelle se trouvait un petit chien confortablement installé dans son panier, la directrice était assise derrière un grand bureau en bois doré, les mains croisées sur son sous-main du même rose écœurant que sa moquette, en face de la vieille femme, deux fauteuils blancs à l'allure confortable.
- Installez-vous.
La voix de la directrice était neutre alors qu'elle désignait l'un des sièges sur lequel prit rapidement place la grande brune, attendant poliment que son aîné reprenne la parole.
- Si je vous ai convoqué aujourd'hui, c'est que j'avais plusieurs choses à vous dire, continua t-elle.
La vieille femme affichait son habituelle sourire bienveillant, chose que Lyra ne trouvait pas spécialement rassurant compte tenu des circonstances.
- J'ai apprit que vous ne vous étiez pas encore inscrite dans un club, hors, une activité extra scolaire est obligatoire dans ce lycée. Avez-vous une idée du club que vous avez envie de rejoindre ?
- Oui, je souhaite m'inscrire au club de boxe française, répondit posément la jeune femme, de plus en plus mal alaise.
- Hum... C'est monsieur Coatanlem qui est chargé de la bonne marche de ce club. Malheureusement, je crois savoir qu'il accepte rarement les nouveaux élèves, vous devrez probablement faire vos preuves, mademoiselle.
- Très bien.
Un ange passa alors que le regard de la directrice se faisait plus intense, la grande brune eut l'impression qu'elle attendait qu'elle dise quelque chose, elle obéit sagement à cet ordre informulé, espérant ainsi faire disparaître son trouble grandissant :
- Madame, vous ne vouliez pas me parler de mon absence d'hier ?
Le sourire de la directrice se fit plus intense alors qu'elle répondait :
- Vous êtes une jeune femme intelligente, mademoiselle Lyra, cela ne fait aucun doute.
- Merci, mais je ne vois pas le rapport, avoua l'élève en fronçant un peu les sourcils.
La vieille femme se leva et contourna son bureau pour aller se placer devant la fenêtre depuis laquelle elle avait une vue imprenable sur la cour.
- Monsieur Nathaniel est venu me voir pour m'expliquer le motif de l'absence de monsieur Lysandre, monsieur Castiel et vous même.
Lyra trouvait étrange que la directrice les appelle par leur prénoms tout en les vouvoyant et en prenant la peine de mettre un « monsieur » ou un « mademoiselle » avant, mais elle ne fit aucun commentaire, elle n'était pas là pour ça. A la place, elle préféra demander ceci :
- Qu'est-ce qu'il vous a dit ?
- Que vous et monsieur Lysandre n'aviez pour seul objectif que d'empêcher monsieur Castiel de faire du grabuge.
La vieille femme se retourna vers la grande brune avant de poursuivre :
- Il est malheureux que pour cela vous ailliez eu besoin de sécher une journée de cours et que le détail de vos activités se soient retrouvées dans le journal du lycée, mais les aveux de monsieur Nathaniel m'interdisent de prendre des mesures disciplinaires contre vous.
- Excusez moi, mais je ne comprend pas pourquoi.
- Parce que ce serait injuste, répondit-elle. Vous et monsieur Lysandre avez fait ce que vous pensiez le plus approprié. Seul monsieur Castiel peut être désigné comme responsable et sanctionné, ainsi que monsieur Nathaniel, d'après ce que j'ai comprit. Mais si je faisais cela, les autres élèves du lycée ne comprendraient pas pourquoi vous et monsieur Lysandre échapperiez à la punition... Je préfère donc ne pas prendre de mesure pour cette fois.
Lyra cligna plusieurs fois des yeux, un peu surprise par les dispositions qu'avait prises le délégué principal pour les couvrir, elle et le chanteur aux yeux verrons. La jeune femme se promit de remercier le blondinet dès qu'elle en aurait l'occasion.
- Il y a une dernière chose que je voulais vous dire, mademoiselle, reprit la directrice.
Toute trace de sourire ou de bienveillance avait disparut de son visage, la brune comprit aussitôt de quoi il serait question.
- Vous souvenez vous de la condition que j'ai mise lors de votre inscriptions dans cet établissement, mademoiselle ? demanda la vieille femme.
Lyra se contenta esquisser un signe de tête positif, cette femme semblait, par un simple regard, lui avoir cloué la langue sur le palais.
- Comme je viens de vous l'expliquer, les événements d'hier ne seront pas prit en compte... Mais n'oubliez pas : vous avez une épée de Damoclès au dessus de la tête, mademoiselle Lyra, et si j'apprends que vous avez fait quelque chose de réprouvé par le règlement, que vous êtes responsable du moindre petit changement négatif dans ce lycée, ou que vos professeurs sont mécontents de vous, vous serez renvoyée.
- Oui, madame.
La directrice l'observa quelques minutes, avant de déclarer de son habituelle voix bienveillante :
- Bien, vous pouvez disposer... Mais n'oubliez pas de vous inscrire à un club, monsieur Nathaniel sera en mesure de vous indiquer la marche à suivre.
- Oui, madame, au revoir, fit Lyra en se relevant.
Elle sentit le regard de la vieille femme sur sa nuque jusqu'à qu'elle referme la porte derrière elle.
La conclusion de cet entretien pour la jeune et autoproclamé experte en psychologie ?
Cette femme devait certainement avoir de graves troubles émotionnelles, parce changer de d'attitude comme ça, c'était forcément malsain. Bon, c'était peut-être une simple technique de déstabilisation que ses longues années d'expérience en temps que directrice lui avait permit de mettre au point, mais cette seconde théorie était moins amusante.
Lyra pouffa avant de se faire brutalement accoster par un Kentin qui avait l'air d'avoir dépassé son seuil de tolérance à l'inquiétude.
- Qu'est-ce qu'elle te voulais ?! demanda t-il brusquement en l'attrapant par les bras.
La jeune femme se dégagea délicatement de la prise de son camarade pour pouvoir poser une main rassurante sur son épaule.
- Rien de grave, mentit-elle tranquillement. Elle voulais juste me rappeler que je devais m'inscrire à un club dans les plus bref délais.
Le jeune homme soupira de soulagement avant qu'une autre voix se fasse entendre à l'autre bout du couloir :
- Et pour notre absence ?
Lysandre, l'air légèrement soucieux -même si ce n'était rien à côté de Kentin-, venait de sortir de l'une des salles de classe et se dirigeait vers eux en compagnie de Castiel.
- Seulement un avertissement, répondit-elle avec un petit sourire. Mais il ne faut pas que ça se reproduise.
Le duo de musiciens ne dit mot, mais le soulagement était nettement perceptible sur leur visage. Cette réaction amusa Lyra qui ne les imaginait pas aussi pessimistes.
- Maintenant, vous m'excuserez, mais il faut que je mette la main sur Nathaniel !
Sur ce, elle tourna les talons, et sans leur accorder un regard de plus, elle prit la direction du bureau des délégués, espérant y trouver le blondinet.
De ce côté là, la chance lui sourit.
Le jeune homme était debout, seul, le dos tourné à la porte et n'avait apparemment pas remarqué l'entrée discrète de la jeune femme. Cette dernière hésita une seconde avant de s'avancer vers lui pour prendre ses mains dans les siennes.
Dire qu'il fut surpris par cette action aurait été un euphémisme, mais il n'essaya pas de se dégager pour autant, remarquant seulement que les mains de la brune étaient beaucoup plus longues et fines que les siennes et qu'elle avait les doigts calleux.
Lyra faisait partie des quelques personnes qui aimaient le contact physique avec autrui, toucher l'autre avait le don de l'apaiser, de la conforter dans l'idée que sa vie n'était ni un songe ni un cauchemar. Par ailleurs, elle savait aussi qu'un interlocuteur était souvent plus attentif lorsqu'il y avait contact.
- Merci, murmura t-elle en pressant un peu plus les mains du jeune homme.
Il y avait une drôle de flamme dans ses yeux d'acier habituellement si tranquilles, Nathaniel eu l'étrange impression qu'il avait fait beaucoup plus pour elle qu'il ne l'aurait cru. Dire qu'à l'origine il n'avait fait ça que pour alléger sa conscience...
- Merci d'avoir couvert Lysandre, explicita t-elle au bout de quelques instants. C'était vraiment très gentil de ta part d'aller voir la directrice pour lui expliquer la situation. Sans ça, il aurait probablement eu des ennuis.
Le blondinet lui avait aussi sauvé la mise en avouant sa part de responsabilité dans cette affaire, mais ça, elle ne le dit pas.
- Ce n'est pas spécialement pour lui que je l'ai fait, fit remarquer le jeune homme en haussant un sourcil amusé. Mais je suis content que ça ai marché, parce que quand j'ai quitté la directrice, hier, elle était vraiment furieuse.
- Il faut croire que la nuit porte conseille, déclara Lyra.
Elle pressa une dernière fois les mains de Nathaniel dans les siennes avant de le relâcher pour déclarer :
- Elle m'a dit que je devais venir te voir pour les inscriptions aux clubs.
...
Le gymnase était comme tant d'autre : l'air sentait la sueur, la victoire et la défaite, l'effort et la mauvaise isolation phonique produisait un écho plus que désagréable. Le sol était couvert d'un espèce de plastique imitant maladroitement le bois couvert de grands dessins aux différentes couleurs sensés représenter différents terrains de sport. On pouvait noter malgré tout que cet espace avait l'avantage d'être très lumineux grâce aux grandes bais vitrés.
Les différents membres du club de boxe, garçons comme filles, venaient de finir leur échauffement et étaient en train d'installer des tapis sur le sol. Lyra, un peu à l'écart de cette agitation, discutait avec le responsable du club :
- Je veux bien te faire faire un essai, mais sache qu'il y a peu de chance que tu sois admise dans ce club, déclara t-il.
- Merci, monsieur Coatanlem, fit-elle avec un sourire qu'elle espérait sympathique.
- Maintenant, va enfiler des gants.
La grande brune s'empressa de hocher la tête avant de se précipiter vers le grand sac de toile noir qui contenait tout le matériel de boxe. Elle haussa les sourcils en voyant la paire de gants qu'elle avait tiré au hasards avant de promener son regard sur les membres du club, la jeune femme sourit en reconnaissant un visage amicale et se hâta vers lui.
- Kentin ! Je savais pas que tu faisais partie du club de boxe ! s'exclama t-elle en le rejoignant.
Le jeune homme venait de mettre en place les derniers tapis et s'apprêtait à mettre ses propres gants.
- Je l'avais pourtant clairement sous-entendu, remarqua t-il en souriant.
- Hum... peut-être. Tu peux m'aider avec les gants ?
Elle venait de brandir sa paire de gants en faux cuir bleu.
- Pourquoi est-ce qu'il a fallut que tu aille prendre la seule paire de gant à lacets ? demanda t-il. Tout les autres ont un système d'élastiques !
- Je préfère le bleu, déclara t-elle en jetant un coup d'œil aux gants rouges que Kentin avait à la main.
Celui-ci sourit avant de prendre le poignet droit de Lyra pour l'appuyer contre son torse, lui permettant ainsi d'avoir un accès plus facile aux lacets. Tout en s'appliquant à défaire les nœuds, il remarqua :
- Jolie tenue.
- Merci, dit-elle avec un sourire.
Elle était pieds nus, portait un short noir deux fois trop grand pour elle et un débardeur couleur framboises écrasées un rien trop ajusté, ses cheveux avaient été tressé et elle avait abandonné ses lourds bracelets.
Kentin prit l'autre main de la grande brune pour serrer le gant, il fronça légèrement les sourcils en s'attaquant au nœud mais ne fit aucun commentaire.
- Pourquoi tu fais de la boxe ? demanda soudainement la jeune femme.
- Mon père m'a obligé à faire un sport de combat, expliqua t-il. C'est ce que j'ai trouvé de moins violent et de plus intéressant.
- Tu n'aime pas te battre ?
- Ça ne me dérange pas, mais je n'aime pas qu'on me donne de directive pour me battre, je préfère y aller à l'instinct.
Une fois encore, la grande brune remarqua que Kentin n'était pas innocent qu'il le laissait paraître.
- Pas sûre que la boxe soit le meilleur choix, dans ce cas là, déclara t-elle.
- C'était ça ou le judo, c'est les seules sport de combat qu'on pratique dans ce lycée.
- Le judo... répéta pensivement la jeune femme. Je crois que c'est beaucoup plus long à apprendre que la Savate.
- Je ne sais pas, mais comme je viens de le dire, j'aime me battre à l'instinct, et c'est quelque chose que le judo m'apportera moins que la boxe... Et puis, je ne suis pas spécialement fan de la tenue obligatoire des judokas.
Lyra pouffa alors que le jeune homme relâchait son poing.
- Voilà ! Terminé !
- Merci.
- Hé ! Esméralda ! Viens nous montrer ce que tu sais faire ! s'écria l'adulte à l'autre bout de la salle.
- C'est à toi qui parle, traduisit Kentin en voyant l'air surprit de sa camarade.
- En quoi je ressemble à Esméralda ? demanda t-elle à mi-voix.
- Va savoir... mais il aime bien donner des surnoms à ses élèves, répondit-il en haussant les épaules. Il m'a appelé « Petit Poucet » jusqu'à que je gagne mon premier assaut.
- Je vois... marmonna t-elle avant de se diriger vers monsieur Coatanlem.
Préciser qu'elle trouvait cette habitude dégradante et puérile n'était pas nécessaire.
- Bon, qui veut se mesurer à Esméralda ? interrogea l'homme avec un sourire carnassier.
Sans surprise, ce fut Kentin qui leva la main, enfin... le gant.
- Bien, on va tout d'abord tester ses capacités d'esquive.
- Ça signifie que je n'ai pas le droit de contre attaquer ? demanda Lyra en haussant un sourcil.
- Ouais, mais aussi que Kentin ne doit pas te faire de cadeau.
- Ok.
- Commencez l'assaut !
Les deux jeunes gens se saluèrent puis le fils de militaire attaqua d'un revers fouetté que la brune évita en faisant un pas en arrière, il enchaîna avec un coup de poing qui n'atteint pas la cible qui venait de se baisser, un autre coup de pied fut reçut sur une hanche protégé par un gant bleu.
- Vous voyez, mes petits Schtroumpfs, Kentin ne cherche pas à frapper fort, il est précis, rapide et souple. Frapper fort ne sert à rien, vous m'entendez, à rien ! Ça ne fait que vous faire perdre votre équilibre !
Lyra n'était pas du même avis, frapper fort avait au moins un avantage, mais elle était trop occupée à parer les coups de plus en plus rapides et précis de Kentin pour le faire remarquer. Son camarade avait le regard fixe et dure, il était terriblement concentré et ça lui réussissait : il l'avait touché plusieurs fois sans qu'elle n'ai pu rien faire pour l'éviter.
- Esméralda à un avantage : elle est plus grande que son adversaire et son allonge est donc plus conséquente, continua de commenter le professeur. Mais cet avantage ne lui sert à rien dans ce cas de figure étant donné qu'elle n'a pas le droit d'attaquer, ça devient même un handicap : son point de gravité* est plus haut et elle est donc plus facile à déséquilibrer !
Cette fois-ci, la jeune femme était obligée de s'aligner sur l'avis de l'adulte, elle avait en effet de plus en plus de mal à se tenir debout et le jeune homme qui dansait autour d'elle pour l'attaquer de tout les côtés ne l'aidait pas beaucoup, au contraire, il lui donnait le tournis.
- OK ! Ça suffit !
Kentin reposa son pied droit à terre avant de se tourner vers monsieur Coatanlem, le visage neutre malgré les perles de sueur qui le dévalait.
- Bon, on échange les rôles, Esméralda à l'attaque. Commencez l'assaut !
Lyra inspira un grand coup avant de poser son gant droit sur son cœur pour saluer son adversaire qui fit de même avant de se mettre en garde. Cette dernière ne réussit pas à contenir le coup de poing fulgurant de la jeune femme et les propres gants de Kentin allèrent exploser son visage. Elle se jeta sur l'occasion que lui donnait cette cécité momentané pour couvrir son adversaire de coups de poings rapides.
- Vous voyez, mes petits Schtroumpfs, quand je vous dit que votre garde doit être solide, c'est pour vous éviter ce genre d'erreurs. Kentin tenait sa garde un rien trop haut et s'aveuglait ainsi tout seul, elle était aussi trop souple pour pouvoir contenir l'ampleur du coup d'Esméralda.
La jeune femme serra les dents en entendant ce que le professeur venait de dire. Alors comme ça, il considérait que la série de touches qu'elle venait d'infliger à son camarade était dû à une erreur de celui-ci ? Non, la garde de Kentin était parfaite, c'était la force de la brune et l'effet de surprise qui lui avait permit de le mettre à mal.
Il voulait des preuves, il allait en avoir.
Elle jeta un coup d'œil aux pieds de son adversaire avant de se déplacer légèrement sur à droite et ainsi pouvoir lui mettre un coup de pied au niveau du genoux gauche. Kentin perdit l'équilibre mais ne tomba pas, ça aurait mieux valu pour lui car il aurait ainsi évité de recevoir une nouvelle salve de coups de poing qui le firent tomber par terre pour de bon.
Alors que la jeune femme aidait son camarade à se relever -soit quelque chose de relativement difficile quand on est équipé de gants de boxe-, le professeur s'exclama avec un énorme sourire ravie sur les lèvres :
- Bon, mes petits Schtroumpfs, je vais vous expliquer ce qui vient de se passer. Lyra a remarqué que Kentin prenait plus appuie sur sa jambe gauche que sur la droite et a cherché à le déséquilibrer en mettant à mal cet appuie. Alors n'oubliez pas que l'observation peut aussi vous faire remporter un assaut ! Et maintenant, tout le monde en piste !
En passant à côté de la jeune femme, monsieur Coatanlem chuchota :
- Bienvenu au club, Lyra.
Cette dernière eu un sourire éblouissant.
...
« Le crépuscule commençait à s'annoncer dans toute sa quiétude polychrome : le bleu tranquille du ciel était de retour sur la palette d'un artiste qui s'appliquait à le mélanger à un rouge sanglant et un jaune éblouissant. Ici et là, de petits points lumineux commençaient à apparaître sur la grande toile multicolore alors qu'une main habile l'assombrissait peu à peu... »*
Lyra, Kentin, Castiel et Lysandre avaient une vue imprenable sur ce spectacle de la nature que le chanteur s'efforçait de décrire. Ils étaient installé à la terrasse de café, sur leur table, il n'avait que des sodas, l'alcool ayant été bannis par un double regard noir.
- Franchement, je m'attendais pas à un direct aussi violent, déclara Kentin.
- C'est justement pour ça qu'il a marché, répliqua Lyra. Parce que contrairement à ce qu'a dit Coatanlem, ta garde était parfaite.
- Pas si parfaite que ça puisque que t'a réussit à la briser, constata Castiel.
- On te demande pas ton avis, fit-elle en tournant le regard vers lui. En plus t'y connais rien en boxe française.
- Qu'est-ce que t'en sais ?
- On n'a qu'à se faire un assaut, un de ces quatre, pour voir ce dont tu es capable.
- Quand tu veux !
- Un assaut ? répéta Lysandre en levant les yeux de son carnet.
- C'est le nom qu'on donne à certains types d'affrontements, expliqua le fils de militaire.
- Je vois...
- Et puis de toute façon, on a Coatanlem en prof de sport cette année, continua t-il, il y a peu de chance qu'on échappe à un cycle de Savate.
- Tu veux dire qu'on aura l'occasion de voir les capacités de Castiel ? questionna t-elle ingénument.
- Tout à fait.
« Un regard vert émeraude et un autre, gris acier, se répondirent, heureux de trouver avec qui s'entendre. Certains voulurent déceler plus que la simple joie de trouver un égal dans la flammes de ces yeux là, mais ils avaient tords, parce que quelque fois les braises naissantes de l'amitié sont plus fortes que tout les brasiers de l'amour... »
- Qu'est-ce que tu fais, Lysandre ? demanda Lyra en haussant un sourcils curieux.
- Je prend juste quelques notes.
- A propos de quoi ?
La jeune femme songeait bien sûr à son propre carnet, soigneusement planqué au fond de son sac, mais elle imaginait mal le jeune homme en face d'elle capable des jugements qu'elle même rendait sans en rougir.
- Des émotions, des sentiments, des impressions... C'est les matériaux de base pour l'écriture de mes chansons.
- Je peux lire ?
- Non.
Au moins la réponse était claire.
- Pour en revenir à la boxe, reprit Kentin, je crois qu'avec Lyra dans l'équipe, on pourrait arriver à battre l'équipe de la ville d'à côté. Paraît que Sweet Amoris à jamais réussit à les battre...
- Je crois que tu me surestime un peu, plaisanta la brune. A part un sens de l'observation à peine plus développé que la moyenne j'ai pas grand chose pour moi.
- T'es trop modeste.
- Non, juste réaliste : mes coups de pieds manquent cruellement de précision et mon jeu de jambe est minable.
- Peut-être, mais tes coups de poings sont redoutables et ta garde impénétrable.
- Ça signifie juste que j'ai de la force dans les bras, répliqua Lyra. Mon style est beaucoup moins équilibré que le tien !
- Vous avez fini les ronds de jambes tout les deux ? questionna Castiel, cynique.
- Arrête de jouer les rabats joie.
- Je joue pas les rabats joie, c'est juste que je comprend pas pourquoi vous adulez un psychopathe comme Coatanlem !
« L'atmosphère devint presque tangible, et même l'air nocturne n'arrivait pas à calmer l'admiration ou en tout cas le respect qui circulait à grands flots dans ces veines là. C'était à la fois beau et triste de voir ces deux jeunes gens unis par la même passion... »
- Sans aller jusque là, c'est vrai qu'il est un peu fou, admis Kentin avec un sourire. Mais il n'est pas méchant.
- Tu dis ça parce que tu fais partie de ses chouchous, déclara le guitariste.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? questionna l'intéressé, les sourcils froncés.
- Il t'appelle par ton prénom, t'es le seul dans la classe, tout les autres ont droit à des surnoms débiles.
- Comment il t'appelle, toi ? demanda Lyra, intéressée.
- Tu crois franchement que je vais te le dire ?!
- Il l'appelle le « Schtroumpf Grognon », fit savoir Kentin avec un grand sourire.
« L'éclat de rire cristallin qui naquit sur ses lèvres suffit à dissiper toute animosité, c'était comme si elle avait attendu le moment parfait pour laisser filtrer le gloussement délicat qui fini même par faire taire la colère qui naissait dans les poings serrés de celui qui avait été bafoué... »
- Admet qu'au moins ça à le mérite d'avoir un sens ! s'exclama t-elle entre deux éclats de rire.
- Je voix pas pourquoi ! grogna le rouquin.
La grande brune dû respirer à grands coups plusieurs fois avant d'être capable de répliquer dignement :
- Moi, il m'a surnommé Esméralda ! Ose prétendre que ça me va bien !
- Ça peut aller, répondit Castiel.
- Il faut avouer qu'il a raison, remarqua Kentin.
- Tu parle ! Esméralda est un symbole de naïveté ! Vous me trouvez naïve ?
Les deux intéressés échangèrent un regard intrigué.
- Non, mais... Tu es sûre qu'on parle de la même chose ? demanda le boxer.
- Bien sûr que non, Lyra fait référence au roman de Victor Hugo alors que vous avez l'air de penser au film de Disney, commenta Lysandre sans cesser d'écrire.
- Ils me voient comme une héroïne de Disney... manquait plus que ça... soupira la grande brune.
Le chanteur sourit légèrement avant de tourner la page de son carnet dont il noircissait les pages sans interruption.
- En tout cas, on a vu plus mal choisit, remarqua Kentin, décidant de changer de sujet.
- Qui, par exemple ? interrogea la jeune femme.
- Lysandre : il l'appelle le « Grand Schtroumpf ».
- Quoi ?! C'est pas sérieux !
- Et pourtant...
- Un jour, faudra qu'on m'explique la fascination de Coatanlem pour les Schtroumpfs...
Ils rirent à nouveau, tous ensemble, avant que Lyra ne se lève.
- Je vous laisse, j'ai pas mal de trucs à faire chez moi, à demain !
Elle jeta une poignée de monnaie sur la table avant de s'éclipser.
« Le sourire des attablés se volatilisa à la seconde que choisit la source de leurs joies pour disparaître dans la nuit. Aucun d'entre eux ne comprit pourquoi ils se sentaient aussi vide une fois hors de sa vue, mais... »
- Laisse tomber la plume, Lysandre, faut qu'on parle sérieusement, déclara Castiel.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda l'intéressé tout en obéissant.
- Je ne crois pas qu'elle soit conscience des conséquences que peut avoir l'article de Peggy.
- Dès demain ils auront oublié.
- Ça, ça m'étonnerait.
Le regard du rouquin s'était teinté d'une lueur soucieuse qu'on lui avait rarement vu. L'événement en lui même était assez rare pour être remarqué
- Il y a plus grave, fit savoir Kentin d'une voix blanche.
Les deux autres se tournèrent vers lui.
« La lueur soucieuse qui avait prit sa source dans les yeux sombres semblait s'être propagé dans le regard émeraude pour y former un incendie. La chose ne se manifestait pas seulement sur ses prunelles, elle semblait avoir prit possession de tout son visage et même de son corps. Quant il ouvrit la bouche pour s'expliquer, sa voix tremblait et propageait ce frisson dans toute la carcasse pourtant solide de l'orateur.
« La peur née sur ses lèvres grandit pour venir prendre place dans le cœur des membres de son publique qui refusaient pourtant d'y croire... »
OxOxOxOxO
*Le point de gravité (ou centre de gravité) : Dans le corps humain, ce point de gravité se trouve (en général) au niveau du nombril et il est conseillé de s'attaquer à ce centre de gravité, ou en dessous de celui-ci, pour déséquilibrer quelqu'un. En théorie, les gens plus petit sont donc plus difficile à déséquilibrer.
*Petite mise au point à propos de la narration « made in Lysandre » : Je suis désolée d'en irriter certaine en écrivant ça, mais Lysandre n'est pas parfait et par conséquent il ne peut pas être considéré comme un dieu, ainsi, les passages où c'est lui qui « narre » les événements qui l'entoure sont forcément objectifs (c'est comme ça, l'humain est objectif... oui, même Batman). Par ailleurs, c'est le côté lyrique des événements qui l'intéresse -l'impression qu'ils lui laissent, si vous préférez- alors ce qu'il écrit n'est pas forcément la vérité absolue et irrévocable, alors il est donc normal que ses narrations puissent être contredites, ok ?
OxOxOxOxO
Merci d'avoir prit le temps de lire ce chapitre !
En espérant que ça vous ai plu !
A la prochaine~
Signé : Lulu Murdoc, auteur au en vadrouille
