Réponse aux review d'un auteur tout cassé :
ThePrincessofKatz : Moi, quant on me demande des rebondissements, je n'y vais jamais à moitié ! (sans compter le fait que j'adore faire souffrir mes personnages) Sinon, je suis ravie que ce chapitre t'es manifestement plu et que la fin t'es surprise (après tout, c'était le but). Merci beaucoup pour cette review en tout cas et à bientôt !
MissDragibus : Tout d'abord, laisse moi te dire que je suis très contente que ma fiction te plaise autant. Mais, quoiqu'il en soit, ne t'inquiète pas pour le nombre de reviews que tu me laisses, si tu en mets quand tu en ressens le besoin, c'est déjà très bien. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant que le dernier en tout cas, à la prochaine !
MissUmiko : Bien sûr que si je peux ! Et même que rien que pour vous embêter, je peux attendre presque un mois pour mettre la suite ! Oui, tu peux appeler ça du sadisme si tu veux (ou un manque de considération flagrant), mais je suis certaine que tu ne penseras même pas à te plaindre, trop contente que cette suite tant attendu (ou pas) soit enfin publié. Quoiqu'il en soit, j'espère que tu ne seras pas trop déçue par cette suite, à bientôt~
OxOxOxOxO
La première réaction de Nathaniel en voyant ce désastre, fut de se laisser tomber sur les genoux pour se pencher au dessus du vide. Par chance, Castiel eu l'heureux réflexe de l'attraper par le T-shirt et de le tirer en arrière avant que le pan de terre sur lequel il avait prit appuis ne s'effondre à son tour. Projeté en arrière par la force de son camarade, le blondinet mit une seconde à réaliser que son pire ennemi venait probablement de lui sauver la mise. Celui-ci lui jeta un bref regard, bizarrement inexpressif, avant de se retourner vers la rivière pour crier :
- Hey ?! Ça va en bas ?!
Le délégué le rejoignit, prudemment cette fois-ci, juste à temps pour voir les trois jeunes gens, quelques mètres plus bas, se redresser lentement, grimaçant de douleur. Ils avaient l'air déboussolé, mais ils étaient entier, ou tout du moins d'après ce que les deux garçons pouvaient voir depuis leur promontoire.
Lynn fut la première à se relever. Trempée et frissonnante, elle fixait son bras gauche avec une expression ou se mélangeaient la peur, l'appréhension et la douleur. Après avoir agité les doigts à plusieurs reprises, la jeune fille soupira -manifestement soulagée- puis se désintéressa de son propres cas pour s'inquiéter de ses deux compagnons.
Lyra se redressa à son tour, en gémissant de douleur. Son T-shirt était en lambeau et la totalité de son bras droit semblait avoir été écorché avec un soin pervers. Elle avait plaqué sa main droite sur son visage presque tout de suite après s'être levée, un peu de sang coulait entre ses doigts, mais elle tentait quand même de sourire courageusement.
Quant à Kentin, il ne se releva tout simplement pas. Bien sûr, il se redressa plutôt rapidement, à l'image de ses compagnes, mais après avoir tenté de prendre appuis sur ses jambes à trois reprises, il renonça, préférant resté assit dans le courant de la rivière. Il avait le profil soucieux et étrangement calme, résigné pourrait-on dire.
- Essayez de trouver un moyen de nous remonter plutôt que de nous regarder comme ça ! ordonna le capitaine de cette drôle d'équipe.
- Reçu ! s'exclama Castiel.
Il se retourna vers Nathaniel qui, à la seconde où il avait eu la satisfaction de voir ses camarades se redresser, s'était agenouillé sur le sol pour fouiller dans son sac. Il fini par en sortir une corde et poulie qu'il garda en main quelques secondes avant de les tendre au rouquin.
- Attache ça à la branche de cet arbre, marmonna t-il en montrant le corps sus-nommé du doigt.
- Ok, marmonna l'intéressé, sans même penser à se rebiffer.
Une fois le système mit en place, les deux jeunes hommes lancèrent une extrémité de la cordes aux trois autres. Kentin enfin debout, même s'il devait être soutenu par Lyra -qui avait toujours une main plaqué sur la partie droite de son visage-, ordonna à Lynn de remonter la première. Celle-ci hésita quelques instants avant d'obéir, passant ses jambes dans l'espèce baudrier qu'avait confectionné Castiel.
- Tiens toi bien et garde les pieds contre la parois, recommanda ce dernier avant de se mettre à tirer sur la corde avec Nathaniel.
Ils virent rapidement la frimousse pâle de la jeune fille apparaître à leur niveau. Infiniment soulagés, ils se précipitèrent tout les deux pour la libérer et pour la faire asseoir sur le tronc d'un arbre qui s'était effondré à quelques pas d'eux.
- On va s'occuper de toi, attend juste une minute, murmura le rouquin en posant ses mains sur ses épaules.
Lynn hocha doucement la tête et réussit même à lui sourire avant de les voir retourner secourir les deux autres rescapés. Ces deux là étaient d'ailleurs en train de discuter à voix base, après que Kentin eu secoué la tête négativement, Lyra leva la tête et demanda :
- Vous pourrez nous remonter tout les deux en même temps ?
- En théorie, oui, mais pour quoi faire ?
- Notre capitaine ne pense pas être capable de faire l'ascension tout seul, répondit-elle avec une petite grimace.
- Dans se cas, on a pas le choix, soupira Castiel avant de leur lancer la corde.
La grande brune laissa à son compagnon le temps de s'appuyer contre la parois rocheuse avant de passer les jambes dans le baudrier improvisé. Une fois que ce fut fait, elle recommanda aux garçons de tendre la corde puis elle aida le fils de militaire à s'installer sur ses genoux. Suivant les recommandations de Kentin, Lyra prit la corde à deux mains, passant un bras dans le dos du jeune homme et l'autre sous ses jambes.
- Tiens toi bien, souffla t-elle au fils de militaire, puis aux autres : OK, vous pouvez y aller !
Hisser ces deux là en haut fut nettement plus facile que ce à quoi avaient pu s'attendre les deux garçons. Après seulement quelques petites minutes d'efforts, les derniers membres du groupe apparurent à leur tour, Nathaniel s'empressa de soutenir Kentin alors que Castiel aidait Lyra à se libérer, essayant de ne pas faire trop attention à l'étendue de ses blessures. La grande brune avait la partie droite du visage complètement arrachée, sa peau était déchirée... mais heureusement, son œil ne semblait pas avoir souffert.
- On dirait double-face, commenta le rouquin.
- Je sais pas pourquoi, mais je trouve pas ça drôle, répondit-elle en reposant sa main sur son visage.
- Tu devrais pas faire ça, t'as les mains dégueulasse.
- M'en fout...
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Lynn. On ne peut pas continuer dans l'état où nous sommes et il va bientôt faire nuit !
- Pour commencer, on va vous soigner, déclara le guitariste. Ensuite...
- On devra aller au poste des gardes chasse, termina Kentin.
- Et c'est où ça ? questionna Nathaniel.
- A quelques heures de mar...
- Alors ça attendra demain, décréta Castiel.
- Tu crois vraiment que ça peut attendre ? interrogea le délégué.
- Comme elle l'a fait remarquer, il fera bientôt nuit et on peut pas vraiment se permettre de se promener dans le noir...
- Ouais...
- T'as sûrement raison...
Le rouquin soupira avant de demander au blondinet d'aider Lyra à soigner ses blessures. D'après ce qu'il avait pu en voir, elles n'étaient que superficiels, mais vu la manière dont agissaient Lynn et surtout Kentin, leur état était probablement plus sérieux... Il commença par examiner le bras gauche de la jeune fille, et après qu'elle lui eut expliqué avec le plus de précision possible l'origine de sa douleur, il ne put en conclure qu'une seule chose :
- Ton bras doit être cassé, je vais te faire une attelle...
Lynn grimaça légèrement quand Castiel lui serra le bras entre deux morceaux de bois un peu près droits, mais elle ne fit aucun commentaire sur sa douleur. Le rouquin lui tapota l'épaule dans un geste qui se voulait rassurant avant de s'intéresser à son autre patient. Après avoir manipulé le genoux gauche de ce dernier pendant quelques secondes, il dû se rendre à l'évidence :
- Tu as la rotule déboîté, je peux te la remettre en place, mais ça va faire mal... Seulement, si je ne le fait pas assez vite, ça risque d'entraîner des complications...
- Alors fait le, souffla l'intéressé.
Le guitariste le fixa quelques secondes, puis, inspirant un grand coup, il plaça ses mains de part et d'autre du genoux du fils de militaire. Après avoir hésité un instant, il fit un mouvement brusque et sentit avec soulagement que l'articulation avait reprit sa place d'origine. Kentin ne cria pas en sentant cette douleur déchirante, il avait seulement fermé les yeux et contracté la mâchoire.
- Je vais te faire une attelle à toi aussi... Ça ne te permettra pas vraiment de marcher, mais ça évitera que ça bouge.
- Merci, Castiel...
...
Nathaniel et Lyra se chargèrent de monter les deux tentes mise à leur disposition en suivant les indications d'un Kentin de plus en plus pâle. Pendant ce temps, Lynn entreprit dégager une petite parcelle de terre pour pouvoir allumer un feu sans danger. Castiel avait quitté le campement, histoire d'aller chercher assez de bois pour obtenir une belle flambé.
Sans surprise, le repas fut plutôt silencieux et rapide puis, sans tarder, ils annoncèrent un à un leur intention d'aller dormir. Seul un certain rouquin resta devant de feu de camp, plongé dans l'abîme de ses réflexions, il ne remarqua pas vraiment que les autres l'avaient quitté. Poussant un énorme soupir, il jeta quelques branches sèches sur les braises qui menaçaient de s'éteindre avant de tirer un paquet de cigarette de sa poche.
- Dis... T'en aurais pas une pour moi ?
- T'étais pas censé dormir ?
Lyra, un sac de couchage ouvert sur les épaules, s'installa à côté de lui et prit la cigarette offerte. Elle prit le temps de l'allumer avant de répondre :
- Aussi étonnant que ça puisse paraître, j'arrive pas à dormir.
- Tu m'en diras tant...
Le ciel était clair au dessus d'eux, ils pouvaient voir sans mal les étoiles et la lumière de la lune entre les feuilles des arbres. Difficile de dire s'ils avaient, l'un comme l'autre, seulement besoin d'une présence à leur côté, mais trop de chose s'étaient passés pour qu'ils aient envie de laisser le silence s'installer à nouveau :
- Je devrais peut-être pas te poser cette question, commença lentement la grande brune, mais comment se fait-il que tu sois aussi calé question premiers secours ?
Castiel avait le nez levé vers le ciel étoilé, avec ses bras puissants tendus derrière lui, pour lui servir d'appuis, et ses longues jambes étendues devant lui, il était l'image même de la réflexion avec peut-être une touche de rêverie. Il finit par reporter son attention sur la jeune femme à ses côtés pour répondre, songeur :
- Je suis pompier volontaire.
- Impossible, tu es encore mineur, répondit-elle aussitôt.
Le jeune homme ne pu s'empêcher de pouffer face à la réaction de sa camarade. Elle avait l'esprit vif, il pouvait au moins lui accorder ça, mais cette fois-ci, il avait plus d'information qu'elle sur le sujet et une fois n'est pas coutume, il allait pouvoir étaler sa science. De toute façon, il avait besoin de parler après tout ce qui c'était passé ce jour là, alors autant parler de quelque chose qui l'intéressait avec quelqu'un qui semblait vouloir en savoir plus.
- Dans certain cas, on peut arriver à devenir pompier volontaire en étant mineur, expliqua t-il. Il faut juste réussir à obtenir ce qu'on appelle un brevet de cadet, être âgé de plus de 16 ans et avoir sapeur pompier professionnel en tant que tuteur.
- Et comment t'en est arrivé à passer ton brevet de cadet ? demanda Lyra.
- Ça date comme histoire, je ne suis pas sûr qu'elle t'intéresse.
- Laisses moi en juger.
Le rouquin l'observa quelques minute, puis, il porta sa cigarette à ses lèvres, un sourire amusé flottant sur celles-ci, avant de s'exécuter :
- Quand j'avais 6 ans, j'ai été diagnostiqué comme hyperactif par un psy... Suivant les conseils de ce type, mes parents ont décidé de m'inscrire à toute sorte d'activité sportives, histoire que je me défoule, je suppose... J'ai fais du judo, du foot, du rugby, de la natation... un peu de hand, de karaté et de basket... des initiations à l'escrime, à la capoeira et à l'escalade... Mais rien de tout ça ne me m'intéressait vraiment...
- Ça ne répond absolument pas à ma question, remarqua la brune lorsque que Castiel fit une pause un peu plus longue que les précédente.
- Tu veux bien me laisser raconter ?!
- Ok, ok, ça va, je t'écoute...
- Merci...
Cette simple formule de politesse avait eu l'air d'avoir un mal fou à passer la barrière de ses lèvres, constatation qui fit bien évidemment sourire la jeune femme et froncer un peu plus les sourcils du jeune homme. Soucieuse de ne pas énerver un peu plus son camarade si lunatique, elle s'empressa de reprendre une expression neutre et l'invita à continuer d'un petit signe de main.
- Un peu après être entré au collège, mon psy a dû prendre des congés et une remplaçante à prit sa place... reprit le guitariste. C'était une jeune femme plutôt cool, elle venait tout juste de terminer ses études de psychologie, mais même si elle n'est resté que quelques semaine dans cette ville, elle a été vachement plus efficace que l'autre taré qui me suivait avant...
Castiel se laissa aller à un petit sourire nostalgique avant de reprendre :
- Bref, après avoir passé quelques séances avec moi, elle a proposé une alternative aux activités sportive à mes parents : elle leur a suggéré de m'inscrire chez les jeunes sapeurs pompiers... Tu vois ce que c'est ?
- Vaguement, admit-elle.
- Pour faire court, c'est une sorte de formation de pompier pour les jeunes, à partir de 11 ans, expliqua t-il. On va à la caserne quelques heures par semaine -le mercredi après-midi et le samedi, en général- pour suivre des cours de secourisme, apprendre à se servir du matériel anti-incendie et faire du sport... beaucoup de sport.
- Et tu sais ce qui lui a fait penser à cette alternative... si ce n'est pas trop indiscret ?
- Elle pensait que, plus que de me défouler, j'avais besoin de me sentir utile... et que j'avais envie d'aider les autres, ajouta t-il après une seconde de réflexion.
- Je me demande ce que cette femme a bien pu te faire dire pour te découvrir une nature de philanthrope... marmonna Lyra, cynique.
- Je te jure que si tu arrêtes pas de te foutre de ma gueule, je te colle mon poing dans la tronche, double-face, fit savoir Castiel.
- Je croyais que les pompiers devait avoir du sang froid et une grande maîtrise d'eux même... ?
- Je ne suis encore que pompier volontaire, et encore... remarqua t-il tout en observant son poing fermé avec une fascination malsaine.
- … Dois-je comprendre par là que tu aimerais le devenir ? demanda t-elle pour tenter de détourner son attention.
- Ouais, je crois que ça me plairait...
La jeune femme observa du coin de l'œil le profil de son camarade : il avait à nouveau les yeux levés vers le ciel et son sempiternel sourire tordu avait refait son apparition sur son visage. Il se dégageait de lui un tel calme, une telle passion, une telle ardeur lorsqu'il parlait des soldats du feu qu'elle ne pouvait être qu'impressionnée par sa détermination. Paradoxalement, il semblait aussi un peu moins lunatique lorsqu'il parlait d'eux, mais peut-être était-ce simplement dû à la journée éprouvante qu'ils venaient de passer.
Il va sans dire que Lyra n'aurait jamais pu imaginer que Castiel utilisait son temps libre de cette manière et, alors qu'elle se penchait sur la question, elle se demanda aussitôt si d'autres élèves du lycée étaient au courant. Évidemment, elle songea immédiatement à Lysandre, éternel complice de cette parodie de rebelle, qu'elle voyait mal passer à côté de l'info... Mais maintenant qu'elle comprenait un peu mieux ce personnage, ou croyait mieux le comprendre, elle l'imaginait sans mal passer à côté du mystère qu'était les activités non-scolaire du rouquin...
- Je suis sûre que tu ferais un très bon pompier, fini par déclarer Lyra avec un sourire doux. Mais en quoi consiste ton « job » de pompier volontaire ?
- Ça t'intéresse vraiment ? demanda t-il, septique.
- J'aime agrandir ma culture général.
Castiel se gratta le menton, longuement, avant de finalement se décider à répondre aux attentes qu'avaient formulé la grande brune :
- Mon tuteur n'aime pas trop l'idée que je participe aux « vrais interventions » alors il fait rarement appel à moi, même quand je suis de garde... Depuis que j'ai passé mon brevet de cadet, l'année dernière, je n'ai participé qu'à une douzaine d'interventions et c'était exclusivement des incendies volontaires de bagnoles ou de poubelles. En fait, mon « job », comme tu dis, consiste principalement à faire de la prévention dans les lieux à risques du genre concert ou feu d'artifice... ça et le club de football américain.
- Excuse moi, mais je vois pas le rapport avec un club de football américain.
- En fait, une majorité du personnel de la caserne fait partie de l'équipe de football américain local -mon tuteur en est même le capitaine- du coup c'est presque tout le temps les jeunes sapeurs pompiers et les pompiers volontaires encore mineurs, comme moi, qui sont chargés de faire office d'équipe médical pendant les matchs.
- Pourquoi est-ce qui aurait besoin d'une équipe médical ? interrogea Lyra.
- Parce que le football américain est un sport hyper violent et qu'il y a au moins un blessé à chaque match, du coup les rencontres officielles doivent forcément se faire en présence d'une équipe médical chargé de donner les premiers soins et d'appeler les urgences si nécessaire.
- Tu joues, toi ?
- Jamais de la vie ! C'est un sport de taré !
- Ce qui prouve que ma question n'est pas si bête...
- … Va te faire foutre, double-face.
La grande brune éclata de rire, puis, entendant de l'agitation dans les tentes, elle baissa le ton pour demander, infiniment plus sérieuse :
- Et qu'est-ce que tu penses de nos blessures, monsieur le spécialiste ?
- Elles sont bizarres pour une chute dans ce genre... Le bras de Lynn et le cas de la jambe de Kentin, passe encore, même si c'est un peu exagéré pour une chute de quatre ou cinq mètres... Mais je ne m'explique pas l'état de ton visage.
- C'est pas que son genoux, alors... marmonna t-elle.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ? demanda Castiel en fronçant les sourcils.
- J'ai déjà vu quelqu'un se déboîter la rotule, et même si ça avait l'air très douloureux sur le coup, il remarchait presque tout de suite. Et puis... si c'était que son genoux qui avait un problème tu lui aurais pas immobilisé toute sa jambe comme tu l'as fait, un simple bandage aurait suffit.
Le rouquin détourna le regard tout en grimaçant. Il n'avait pas vraiment envie de donner à Lyra de bonnes raisons pour s'inquiéter, mais d'un autre côté, le sang froid dont elle avait su faire preuve jusqu'ici lui montrait bien qu'elle était capable de gérer la nouvelle... De toute façon, sa réaction avait dû suffire à confirmer ses soupçons, alors autant lui dire la vérité pour qu'elle ne se fasse pas de fausses idées.
- En fait, Kentin à probablement la jambe cassée...
La jeune femme devint aussitôt blanche comme une feuille et, à son tour, elle détourna le regard en se mordant la lèvre inférieur. Prit d'un élan de pitié auquel il ne s'attendait pas, le guitariste ne pu s'empêcher d'essayer de dédramatiser la situation :
- Mais tu sais, finalement, je n'y connais pas grand chose en médecine, il y a de grande chance que je me trompe ! Et puis, Kentin est un gars solide, même si sa jambe est vraiment cassée, il se remettra vite !
La grande brune avait posé son front contre ses genoux, à présent, elle frissonnait. Castiel soupçonna aussitôt un choc post-traumatique* alors, il posa timidement une main sur son épaule et comprit tout de suite qu'il avait fait fausse route : elle pleurait, doucement, sans faire de bruit, mais elle pleurait quand même. En découvrant cela, une seule idée lui vint à l'esprit et il s'empressa de la mettre en action.
Après avoir brièvement serré l'épaule de Lyra, il se leva et entra dans la tente ou dormait Lynn. Là, il s'agenouilla auprès d'elle et la secoua précautionneusement d'abord, puis la panique finissant par le saisir, de plus en plus sèchement. La jeune fille se réveilla finalement, elle l'observa quelques secondes à faible lumière provenant de l'extérieur, sans rien dire, avant de lui demander :
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Lyra se sent pas très bien, s'il te plaît, va la voir.
Lynn hocha la tête silencieusement avant de s'extraire de son sac de couchage et de sortir courageusement de la tente, suivit par Castiel. Une fois dehors, elle s'accroupit à côté de Lyra et passa ses bras autour d'elle, elle la berça, lui caressa doucement le dos et lui chuchota de tendres paroles de réconfort. Au début, le rouquin ne put s'empêcher de penser que tout ça ne servait à rien, puis, la grande brune attrapa sa camarade et la serra contre elle avant de murmurer quelque chose :
- Je suis désolée...
- Qu'est-ce que tu racontes ? demanda la jeune fille en la repoussant légèrement, histoire de pouvoir voir son visage.
- C'est de ma faute...
- Qu'est-ce qui est de ta faute ?
- Si vous êtes tombés tout les deux, c'est de ma faute... Vous avez essayé de me rattraper, et...
Le guitariste, un peu en retrait, pu voir Lynn prendre Lyra par les épaules, un peu sèchement de prime abord, avant de déclarer, un léger sourire flottant sur ses lèvres :
- Tu sais de quoi je me souviens, moi ?
- H-hein ? hoqueta la sois-disant russe.
- Je me souviens qu'on est tombé parce que le pan de terre sur lequel on était s'est effondré... Mais je me souviens aussi que tu étais tombée un peu avant nous, et que toi tu as réussit à te rattraper à une racine... Et tu sais quoi ? Je me souviens que tu as tout de suite lâché ta racine pour essayer de nous ralentir dans notre chute...
Castiel, qui ne ratait pas un mot de cette conversation, fronça un peu les sourcils en comprenant à quoi étaient dû les égratignures de la grande brune. Il nota évidemment son courage, son sang froid et ses formidable réflexes, mais il remarqua aussi que si elle n'avait pas fait ça, elle ne serait certainement pas dans cette état.
- Tu vois ? Ce n'est absolument pas de ta faute si on a été blessé, au contraire ! Ça aurait pu être bien pire !… Tu sais quoi ? Tu dois être fatiguée. La journée a été longue et difficile, tu devrais venir te coucher, d'accord ?
- OK...
Le jeune homme regarda Lynn prendre sa camarade par la main pour l'emmener dormir, comme l'aurait fait un adulte pour un enfant. La jeune fille lui adressa une mimique qu'il interpréta comme encourageante lorsqu'elle passa à côté de lui, il sourit légèrement pour lui faire savoir qu'il l'avait comprit avant de leur souhaiter une bonne nuit.
Malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'être soucieux, perturbé... Il n'aurait jamais imaginé qu'elle était du genre à se laisser envahir par ses émotions de la sorte, qu'elle soit fatigué ne constituait pas une excuse à ses yeux, mais... mais peut-être qu'il en entendait un peu trop d'elle. Quoiqu'il en soit, il ne pouvait s'empêcher de penser que cette discutions n'avait certainement suffit à Lyra pour s'enlever cette idée de la tête.
- Mais pourquoi est-ce qu'il faut toujours qu'elle prenne tout sur ses épaules, marmonna t-il avant de rejoindre sa tente à son tour.
…
Il va sans dire que le réveil fut difficile pour chacun, quant au départ, il dû être repoussé par rapport à l'heure prévu initialement aux vues des tâches qu'ils devaient accomplir avant de quitter les lieux. Une fois les tentes replié, les attelles refaites, les déchets évacués et le feu enterré, Castiel insista pour refaire les bandages de Lyra lui même avant de prendre la route.
- Ok, fait ce que tu veux, fini par dire Kentin, abandonnant après plusieurs minutes de discutions. Ça me laissera au moins le temps d'organiser notre trajet...
- C'est ça, ouais...
Le rouquin s'empara de la trousse à pharmacie -qui avait été mise à mal- et entraîna la grande brune, dans un état second, un peu à l'écart du groupe. Après l'avoir fait asseoir sur un rocher, il retira les bandes qui entourait son bras droit ainsi que le pansement qu'elle avait sur la figure.
- C'est n'importe quoi ce pansement... marmonna t-il.
La jeune femme esquissa un pâle sourire mais ne souffla pas un mot. Castiel, exaspéré par son comportement léthargique, soupira lourdement avant de reprendre la parole :
- Écoute, double-face, ça sert à rien de te prendre la tête.
- C'est facile à dire...
- Et c'est encore plus facile à faire ! Putain, ça te ressemble pas de te prendre la tête pour se genre de conneries ! Franchement ? Tu ne penses pas qu'au moins l'un d'entre nous était destiné à se casser la gueule ?
Elle remarqua qu'il ne cherchait pas à la faire déculpabiliser, qu'il ne voulait pas à lui faire entendre de force qu'elle n'y était pour rien, son approche était étonnement fine et elle lui en fut infiniment reconnaissante. A la réflexion, il avait probablement dû se prendre la tête avec ça une bonne partie de la nuit, elle en fut désolée.
- Excuse moi, Castiel, dit-elle alors qu'il pansait son bras.
- T'excuser de quoi ? marmonna t-il, les sourcils froncés par la concentration.
- Pour hier, j'aurais pas dû me laisser aller comme je l'ai fait.
- T'es pas un robot, t'as le droit de craquer de temps en temps.
Il noua la bande autour de son poignet avant de se pencher sur la trousse à pharmacie pour préparer le pansement qu'il allait lui appliquer sur le visage. Ses gestes n'étaient que pure réflexes, il n'avait pas vraiment besoin de se concentrer pour faire se genre de besogne... En fait, son esprit était occupé par une seule et même pensé : il aurait eu beaucoup de mal à faire semblant de ne pas remarquer les cicatrices de Lyra si elle s'était blessé le bras gauche.
- Essaye de penser à autre chose, OK ? conclut-il en ajoutant un ultime morceau de sparadrap au pansement.
- Merci.
- Pas besoin de me remercier, double-face.
Elle lui sourit une nouvelle fois, plus franchement, avant de se lever vivement pour rejoindre le reste du groupe. Il fallait qu'il arrive au poste des gardes chasse au plus vite maintenant, c'était se qu'il y avait de plus important.
...
La suite des événements fut prévisible.
Après avoir galéré plus de deux heures sur des sentiers de terre, les cinq étudiants arrivèrent au poste de garde heureusement occupé. Les deux gardes chasse qui les accueillirent s'empressèrent d'appeler les pompiers, puis, l'un des hommes fit grimper toute la petite troupe dans un fourgon pour les conduire hors de la forêt alors que son collègue contactait leurs professeurs pour les mettre au courant de la situation.
Le trajet avec les pompiers fut extrêmement drôle. Les hommes de la caserne, d'humeur tapageuse, n'arrêtaient pas de féliciter outrageusement un Castiel écarlate pour ses talents de secouriste avant de le nommer chef du camion et de lui demander s'ils avaient le droit d'utiliser la sirène.
Ce fut plus compliqué aux urgences, arriver avec les pompiers ne leur évita malheureusement pas la salle d'attente. Après deux longues heures de patience, le chef de la brigade, resté avec eux pour une raison obscure, poussa une gueulante pour que Kentin et Lynn ai droit à une radio et que Lyra reçoive un rappel pour le tétanos.
Le diagnostique fut celui attendu : une jambe et un bras cassés.
Les portables des cinq adolescents ne se mirent à sonner qu'au bout de trois heures d'hôpital. Leurs parents, affolé pour la plupart, annoncèrent leur arrivé proche.
- Je vais bien, maman, c'est pas moi qui suis tombé... Non, je ne sais pas comment va Ambre...
- Mon bras gauche est cassé et je suis un peu fatiguée, mais sinon ça va très bien, ne t'inquiète pas... D'accord, je vous attend...
- Le chef est avec nous... Ouais, probablement... Mais puisque que je te dis que je vais bien...
- Quelques égratignures, c'est tout... Non, ça devrait aller... Je sais pas, papa... Je te rappelle en rentrant, d'accord ?...
- Il va falloir que vous veniez me chercher... La jambe cassée... Forcément, mais il faut remplir des papiers aussi...
En milieux d'après midi, chacun pu rentrer chez sois avec l'ordre -médical s'il vous plaît !- de garder la chambre pendant deux jours pour la plupart et la semaine pour Kentin. Ils partirent chacun de leur côté entouré de leurs parents, sauf Lyra qui quitta l'hôpital avec la famille de Lynn qui insista pour la déposer chez elle.
En arrivant dans son appartement, la grande brune dû subir les assauts de Rosalya que l'inquiétude avait rendu presque hystérique. Après l'avoir longuement rassuré, la jeune femme dû employer les grands moyens pour qu'elle quitte son domicile -c'est à dire lui piquer son téléphone et appeler Leigh pour qu'il vienne la chercher-. Après avoir gaiement salué les deux amoureux, Lyra de s'effondra sur son canapé où le sommeil ne tarda pas à la prendre dans ses bras.
OxOxOxOxO
* Ici, le terme « choc post-traumatique » est à prendre au sens littéral, pas au sens médical.
OxOxOxOxO
Quoiqu'il en soit,
J'espère que ce chapitre vous aura plu,
Et que vous ne serez pas trop surpris par ce nouvel aspect de Castiel !
A la prochaine~
Signé : Lulu Murdoc, fan de foot US.
