Bonjour à toutes et à tous !
Merci pour les follows encore et les commentaires. Pour une première expérience, c'est très gratifiant .:D
J'espère que ce chapitre vous plaira. N'hesitez pas à laisser des commentaires, cela pourra m'aider pour mon écriture mais également pour la suite de l'histoire;)
- Je publierai tous les mercredi, mais si vous êtes gentils, j'augmenterai mon rythme ;) -
Bonne lecture !
...
Le soleil se couchait et laissait des tintes oranges dans le ciel comme un pot de peinture qui se renverse et se repend sur la toile bleue presque parfaite. Les services sociaux m'avaient assez vite retrouvée. Tellement vite, en fait, que je n'avais pas eu le temps de passer une seule nuit dehors. On m'a emmenée dans une famille. Une mère, un père, trois gentils marmots et un chien. C'était la véritable parfaite petite famille. Tout se passait avec perfection. Et quand je dis ça, je ne veux pas dire que ça se passait bien, je veux dire que tous leurs gestes et toutes leurs paroles avaient l'air d'être mécanisée comme un pantin de bois. D'ailleurs j'appelais souvent le dernier Pinocchio, parce qu'il avait tout le temps l'air de mentir en léchant les bottes à ses parents. Cette famille me donnait envie de vomir, c'était abominable. Je ne sais même pas s'ils étaient vraiment heureux. Je ne pense pas. Je ne pense pas qu'on puisse être heureux quand tout est commandé par avance, quand il n'y a aucune liberté, fantaisie ou impulsivité. La mère affichait jour après jour un sourire affreux sur son visage. C'était le même sourire faux-cul tous les jours et à chaque heure de la journée. J'avais fini par en rire quand elle ouvrait la porte et qu'elle mettait son masque. Je la voyais le poser délicatement au ralenti. Ses muscles se crispaient jusqu'à se bloquer à une certaine hauteur pour avoir l'air « chaleureuse ». Personnellement, j'en faisait des cauchemars. Parfois, pour avoir l'air humaine et faire preuve de compassion, elle faisait un petit « oh » qu'elle allongeait toujours au même temps. Elle soulevait les sourcils pour les arrondir au-dessus des yeux et elle faisait une moue ridicule. On aurait dit qu'elle avait apprit à agir comme ça. Personne ne me croira, mais pour moi, ils n'étaient pas humains. Bref, après plusieurs fugues, ils n'ont plus voulu de moi (ou je n'ai plus voulu d'eux). Je suis donc allée dans une autre famille, puis dans une autre, puis dans une autre encore.
- Et cette fois tu te tiens bien Emma. Tu seras bientôt majeure, nous ne pourrons plus t'aider à trouver une famille après celle-là, me dit l'assistante sociale.
Elle appuya ensuite sur la sonnette. La porte s'ouvrit. Ça sentait le poulet rôti. Au moins, ici, on mange bien. J'allais peut-être être sage. Une grande femme blonde au teint pâle apparue.
- Bonjour, dit-elle souriante. Entrée, entrée, je vous en prie.
Nous entrâmes dans la petite maison. Il faisait chaud et le décor était chaleureux.
- Il est où vot'e mari ? lançais-je ?
- Je n'en ai pas.
- Et…
- Pas d'enfant non plus, me coupa t-elle.
Ok, j'espère que c'est pas le genre de femme à mettre tout son amour maternel sur son seul et unique enfant. Enfin, sur moi quoi. La femme nous dirigeâmes vers son salon et nous invita à nous asseoir.
- Je vous présente Emma.
- Bienvenue chez moi, Emma. Je m'appelle Ingrid et j'espère que nous allons bien nous entendre. Peux-tu me parler un peu de toi ?
Euh… Par où commencer ? Pourquoi parler de moi ? Personne ne me l'avait demandé. En général, les familles me proposent d'aller plus loin et c'est l'assistante sociale qui s'en charge.
- D'habitude, c'est moi qui vous explique ce qu'i savoir sur Emma, intervint l'assistante sociale.
- Hum, je comprends. Mais j'aimerais que ce soit Emma qui le fasse.
Elle me regardait, l'air toujours interrogateur. Mais je ne savais pas quoi dire. Alors je ne dis rien.
- Je pense que nous allons passer à table, continua t-elle. Je vous appelle s'il y a le moindre problème.
Et ainsi elle l'éjecta dehors, voilà une femme de caractère ! Mais je n'avais toujours pas envie d'écouter des règles et surtout de les suivre. Je suis quand même allée mangé, parce que ça sentait vachement bon.
J'ai finalement parlé de moi, de ma famille, et de ce qui c'était passé. Elle n'a pas fait de grimace, ni sortit les larmes de crocodile, ni jeté des « Oh mon dieu ! », « Oh ma pauvre ! ».
Après notre discussion, plutôt sympathique, je dois bien l'avouer, Ingrid m'amena à ma chambre. C'était une jolie pièce aux teintes marron et beige. Un bureau, simple, blanc. Un lit, tout aussi simple, avec des draps bleus. Quelques lampes, des coussins. Un chambre très neutre. Je dois avouer que cela changeait des chambres de petite fille auxquelles j'avais eu le droit les fois précédentes : rose, cœur, peluche. Ingrid était différente, elle me respectait, moi et mes 17 ans.
Cela ne m'empêcha pas de sortir comme à mon habitude dès qu'elle s'endormi. Passée la fenêtre, je glissa sur le toit et atterrit sur la terrasse de devant. Il n'y avait pas un chat. Enfin, si. Un petit chat blanc s'était endormi sur la murette des voisins, ultime témoin de ma petite vadrouille. J'emboîtai un pas plutôt léger, je partais visiter le quartier qui avait l'air plutôt tranquille.
Après dix minutes de marche, je vis une petite place illuminée. Elle était entourée de lampadaire et de haies. On aurait dit une scène de Twilight à la fin du premier épisode. Petite scène en hauteur et un piano à disposition. Dans certains quartiers, le piano serait en piteux état, ou ne serait plus là du tout. Je traversa la route jusqu'au premier feu rouge. Le bonhomme passe au vert. Je passe. Une voiture vient me couper la route. Une voiture noire. Vitre teintée. Ca sent pas bon. La vitre descend et je découvre un homme musclé, brun, barbu, les yeux noirs. Je ne me sens pas bien du tout et je regrette d'être sorti ce soir, mais le pire, c'est que je ne saurais dire pourquoi. Je ne connais pas cet homme, mais il est inquiétant. Il bouge, comme pour sortir quelque chose. Je veux partir mais je suis pétrifiée. Il extrait alors sa main de la fenêtre et descend le gilet de mon épaule comme on jette un vieu papier. Il fixe mon épaule. Je ne comprends rien.
Jusqu'à ce qu'il relève la tête et me regarde. Ok, ce regard je le connais. Et ce qu'il regarde n'est pas juste mon épaule, mais ma cicatrice. Je me retrouve face à l'homme qui a tué mes parents. Je veux courir, mais je n'y arrive pas, je veux partir, mais je ne peux pas. Même parler m'est impossible. L'homme range son bras et part dans un crissement de pneu. Je me retrouve seule, sur une route déserte. Il m'avait, là, en face de lui, à nouveau. Pourquoi il me garde en vie ? Pourquoi a t-il vérifié si c'était bien moi ? Alors qu'il n'était pour moi qu'un homme, lui, il m'avait reconnu. Je décidais de rentrer avant qu'il ne revienne. Mais à peine suis-je revenu sur le trottoir que j'entends une voiture arriver. Persuadée que c'est lui, je m'arrête sur la première personne que je trouve dans la rue.
- S'il-vous-plais ! Aidez-moi ! Un homme veut me tuer !
Elle me regarde perplexe.
- Quoi ?
Je regarde autour de moi. Rien. Je deviens folle. Cet homme était-il vraiment là ?
- Mademoiselle ?
- Quoi ?! Sursautais-je.
Un homme se tenait dos à moi. Il avait du m'entendre appeler à l'aide.
- Tout va bien ? Je vous ai entendu crier, quelqu'un vous pourchasse ?
- J-je.. J-je ne sais pas, j-je ne sais plus, j-je...
- Ecoutez, vous n'avez qu'à venir boire une tasse de thé avec votre amie et je vais appeler vos parents pour qu'ils viennent vous chercher.
- Mon amie ? Quelle amie ? Je me retourne pour regarder autour de moi. En effet, une fille d'environ mon âge se tenait là. Elle était restée alors que l'homme était venu.
- Oui, on a qu'à faire ça, sourit-elle.
Elle me prit le bras et me tint par le dos comme une blessée pour m'aider à monter les quelques marches de la maison. Il nous installa à la table de cuisine et commença à préparer le thé. Je pris un temps pour me calmer et regarder autour de moi. La fille n'arrêtais pas de fixer. Elle devait me prendre pour une folle. Elle était plutôt jolie. Très jolie en fait. Un regard brun, aussi brun que ses cheveux qui lui tombaient sur les épaules. Elle était plutôt mince, élégante. Elle était bien habillée. Qu'est-ce que faisait une fille chic seule en pleine rue ? Elle rejoignait surement des amis.
- Comment tu t'appelles ? Se lança t-elle comme si elle s'était entraîné tout ce temps à parler.
- Emma, et toi ?
- Regina, sourit-elle.
Elle souriait beaucoup. Elle avait une belle voix et un nom original. Je devrais me jeter plus souvent sur les filles dans la rue en leur criant que je vais mourir. Elle reprit :
- Alors ? Qu'est-ce qui...
Elle ne pu finir sa phrase. On toqua à la porte.
