Bonjour à tous ! Encore merci de continuer à me suivre. J'espère ne pas vous décevoir dans cette suite, en souhaitant que vous me suiviez jusqu'au bout;)

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Lorsque la lumière disparu entre les volets pour la cinquième fois, nous comprimes que nous avions passé plus de cinq jours dans cet endroit. Mon ventre se tordait pour exprimer sa faim à laquelle je ne pouvais répondre. Ma gorge était sèche et rappeuse. Déglutir était devenue douloureux depuis quelques jours. L'appartement était sombre, humide et laissait passer les courants d'air. Très vite, nous avons eu envie de dormir, mais les maux de gorge, de tête et de ventre nous en empêchaient. La douleur aux poignets était devenue presque normale. Je ne sentais plus mes jambes depuis un moment. Je les pliais et dépliais comme je le pouvais, mais les fourmis qui suivaient étaient insupportables.

Les deux premiers jours, nous nous inquiétions de le voir revenir. Mais au bout du troisième, nous pensions que plus personne ne reviendrai et que nous allions mourir de faim ici.

Le lendemain, des craquements se sont fait entendre à l'étage du dessous. Puis des voix. Des voix d'hommes d'âge mur, mais également des voix plus jeunes. Il y avait des voix de filles qui devaient avoir notre âge.

- Regina ! Tu entends ? Chuchotai-je.

Mais il n'y eu pas de réponse.

- Regina ! Regina ! Réveille-toi.

Nous avions discuté longuement à propos de nos goûts, ce qu'on aimait faire, ce qu'on voulait faire de notre vie et toutes ces choses-là dont on parle entre copines. Car après cinq jours enfermées dans un appartement sombre et lugubre sans rien à manger et sans pouvoir bouger, nous étions devenues les meilleures amies du monde. Je savais quand elle était sur le point de pleurer, sa voix devenait plus grave et ses phrases étaient d'avantage coupées par des respirations profondes. Quand elle avait faim, j'entendais d'abord les chaînes de ses poignets bouger, puis les chevilles, elle se dandinait jusqu'à expulser un gémissement de gêne. Quand elle allait bien, il lui arrivait de chantonner, cela illuminait un peu nos instants. Et quand elle s'endormait, son souffle devenait plus profond et elle faisait un petit bruit avec sa bouche. Un bruit que font les bébés lorsqu'ils tètent dans leur rêve.

Je me concentra un instant. Je n'entendais rien. Depuis quand son souffle était-il devenu silencieux ? Était-elle en vit ?

J'entendis le craquement du parquet sous les chaussures caoutchouteuses. Les pas se rapprochèrent jusqu'à venir s'arrêter devant notre porte. La poignet grinça et les porte s'ouvrit dans un craquement interminable.

La lumière du couloir vint me brûler les yeux, je n'eus que le temps d'entendre un « clic » que la lumière englouti la pièce et je devins complètement aveugle.

- Regina ! Criai-je. Regina !

Je voulais qu'elle se réveille, qu'elle se défende. Qu'allait faire cet homme en la voyant inconsciente ?

J'entendis seulement ses pas se diriger vers elle. Il chuchota puis les chaînes grincèrent. Elles atterrient soudainement en un fracas au sol qui résonna contre les parois de notre prison. J'entendis les pas s'éloigner vers le couloir. Un autre homme vint vers moi pour me détacher à mon tour. Mes yeux s'habituèrent peu à peu à la lumière et je vis qu'on m'amenait à une camionnette. L'homme qui me portait ouvrit la porte arrière et je vis près de dix personnes déjà présentes. Je les regardai d'un air stupéfait. Il y avait donc d'autres personnes ? Nous étions ciblés ? Ces personnes étaient-ils également des rescapés du massacre des hippies ? Je ne pu m'interroger plus longtemps car on me jeta comme un sac de farine sur ces inconnus. Mon premier réflexe fut de chercher Regina. Mais en vain, je demandai alors si quelqu'un l'avait vu ou la connaissait.

- Ton amie doit être dans un autre fourgon, s'exprima une voix.

En me tournant, je vis une jeune fille. Brune, grande, des cheveux longs et noirs, un grand manteau rouge.

- Un autre fourgon ? Parce qu'il y en a d'autre ?

- Oui, malheureusement. Il y en a quatre autres. Mais je ne sais pas s'il vont nous transporter tous au même endroit.

Peut-être était-ce la faim, peut-être la fatigue, mais je perdais pied. Je ne senti plus mes jambes, puis bras, puis plus rien du tout. Je vis le monde se renverser doucement. Je vis le sol, les jambes des gens qui m'entouraient. Je n'entendis qu'un sifflement sourd qui me perça les tympans. Le noir.

- Et qu'est-ce-que tu conseilles ?

- J'en sais rien, mais il doit bien y avoir un moyen... Nous sommes une quarantaine et ils sont à peine dix. On peut bien faire quelque chose, vous ne pensez pas ?

- Ruby... Je ne veux pas te contre-dire, mais même s'ils ne sont pas plus de dix, ils ont des armes, et contre ça, notre nombre ne compte plus vraiment. Nous risquons d'y perdre la vie.

- Parce que nous laisser faire nous sauvera, peut-être ?

- Je ne sais pas Ruby...

- Moi je sais ! Je sais que si on continu comme ça, on va tous mourir, ça c'est sûr. Je ne sais pas pourquoi ces gars nous garde en vie depuis le début, mais on va finir par y passer. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, il est hors de question que cette ordure s'en sorte.

- Mais tu comptes faire comment ?

- Je n'en sais rien ! Cria la jeune dénommée Ruby.

J'avais ouvert les yeux depuis un moment, mais tous prit dans la conversation, personne ne s'en était rendu compte. Il y avait l'air d'y avoir une chef de clan, cette Ruby semblait vouloir prendre des décisions et s'exprimait dans le groupe comme un chef qui motive ses troupes avant d'aller au combat.

Mon corps était lourd, mais je parvins, non sans difficulté, à m'asseoir. La camionnette s'arrêta brusquement, faisant taire tout le monde.

Les portes avant claquèrent, les branches craquèrent sous les pas des hommes puis nos portes s'ouvrirent, encore. Nous descendîmes un par un du fourgon sous les cries inutils des hommes. On se serait cru à un déportements. D'ailleurs, plus ça allait, et plus je me posais des questions. Une fois dehors, je cherchai dans tous les sens où pouvait se trouver Regina en priant pour qu'elle aille bien. Mon cœur arrêta de battre, elle était là. Elle descendait d'un autre fourgon pas très loin du mien.

- Regina ! Criai-je. Regina !

Elle leva la tête et me vit presque instantanément. Son sourire illumina son visage maladif. Mais son corps encore frêle l'empêcha d'atterrir en douceur. Elle se cogna contre le sol. Un jeune homme à côté d'elle la soutenu et l'aida à se relever. Mon ventre se tordit à nouveau, mais non à cause de la faim. Je me trouvais à un carrefour douloureux, oscillant entre inquiétude pour son état, et jalousie de ce qu'il pouvait se passer entre elle et ce gars.

La forêt dans laquelle nous nous trouvions était tout aussi sombre que l'appartement. Les hommes nous regroupèrent comme un troupeau de mouton. Je fis mon possible pour me rapprocher de Regina, mais le grand brun nous sépara en groupe de quinze. Je m'avança au plus vite de Regina. Le bras de l'homme alla frapper la jeune fille qui vint vers moi dans l'élan.

- Ceux-là, dans la grange du fond ! Ordonna t-il.

Elle se retrouva collée contre mon ventre. Elle se blottit en pleurant. Alors, je la serra contre ma poitrine le plus fort possible. C'était la première fois que je pouvais la toucher. Jusque-là, nous n'avions pu que parler, mais jamais nous toucher. Son petit corps chaud au creux de mes bras venait se réconforter et chercher consolation que je lui apportai autant que je pouvais.

Un homme nous poussa alors à entrer dans la grange. Il ferma derrière nous porte. La pièce était grande et illuminée par des petites lumières suspendues au plafond.

- A manger ! I manger ! Cria un gars.

Je pris Regina par la main et la conduit vers la nourriture. Rien de bien fameux, des conserves et du pain rassi. Mais pour nous, qui n'avions rien manger depuis une semaine, nous étions heureux.

Je pris une conserve pour deux et éloigna ma protégée de la foule. Je nous installa dans un coin de la grange et ouvrit la boite. Je la tendit à Regina, mais tenant à peine éveillée, elle ne vit même pas la boite que je lui présentais. Je pris alors le couvercle et le plia pour lui donner une forme de cuillère. Je la plongea dans les lentilles et l'amena aux lèvres de Regina. Ne s'ouvrant toujours pas, je lui caressa la joue.

- Regina, il faut que tu manges.

Après un petit instant, elle ouvrit doucement la bouche et mâcha avec précaution.