Notre sabotage de la veille était passé inaperçu et nous avions prévue d'en faire autant pour aujourd'hui. Installés devant nos tâches respectives, nous nous préparions à nous mettre au travail.
- STOP ! Intervint un homme à la voix roque et colérique.
Robin se tenait devant notre équipe.
- Qu'est-ce-que vous croyiez bande d'incapable ? Que je serai trop stupide pour m'en rendre compte ? Vous allez me le payer sale vermine ! Tout le monde dans sa baraque et que personne ne sorte avant demain matin. Et bouffe pour personne aujourd'hui !
Je ne l'avais jamais vu d'aussi proche. Il faisait peur. Il était tellement énervé qu'il ne semblait plus pouvoir se contrôler. Son regard se figea sur moi. Ses yeux injectés de sang me fusillaient. Son visage se confondit avec celui d'Eva gravée dans mes souvenirs lorsqu'elle m'avait mise à la porte. La même furie l'animait, la même sauvagerie, la même horreur. Mais je comptais me montrer plus forte que je ne l'avais été avec Eva. Je ne comptais pas faillir devant lui. Et même s'il me terrorisait, il ne devait pas le savoir. Je me tenais droite, le défiant du regard.
- Aaaahhhh ! Cria t-il sauvagement. Vient par là toi !
Il me prit par les cheveux et me propulsa au centre du cercle. Je ne réagissais pas, mais mes pensées se dirigèrent vers Regina. Elle ne devait pas faillir, elle ne devait pas craquer. Il ne devait pas la remarquer. Il ne devait pas savoir qu'elle était ma faiblesse. Je pu un dernier instant la voir. Les yeux pleins de larmes je la vis s'écrier :
- Lâchez-là ! Lachez-là sale brute !
Elle se jeta sur le garde près d'elle et le frappa. Assommée par l'homme qui s'avérait être mon père, je ne vis plus rien, mais j'entendis des cris tout autour de moi. Puis je perdis la vue et je n'entendis qu'un sifflement strident, puis le vide. Encore.
On me caressait les cheveux. Quelle douceur, quel sentiment agréable. Etais-je au paradis ? J'entendis peu à peu quelques bruits. Des chuchotements. Des sons inquiets. Des acquiescements. Des refus. Confus. J'ouvris doucement les yeux. Une lumière blanche m'éblouit et m'obligea à les refermer.
- Emma ?
La voix de Regina me réconforta instantanément. J'ouvris à nouveau les paupières. La lumière m'agressa à nouveau. Elle m'obligea à cligner des yeux. Puis elle apparu. Son regard était réconfortant et protecteur, comme si c'était elle qui allait prendre soin de moi à présent. Ses cheveux bruns coupés aux épaules tombaient le long de son visage. Elle était belle.
- Je suis au paradis, bel ange ?
- Ce n'est pas drôle idiote ! Grogna t-elle. J'ai eu peur pour toi.
Je me contenta de lui sourire. Ses yeux brillaient. Elle me serra contre elle et déposa un baiser sur ma joue, puis sur mes lèvres.
Nous allâmes ensuite rejoindre le groupe plus loin.
- Il faut partir, il va nous tuer, s'enerva Ruby. Ah ! Emma, tu vas mieux ?
J'acquiesçai d'un signe de tête.
- Que s'est-il passé après que je sois tombée ?
- Eh bien Regina a voulu agir en héro et s'est littéralement jeté sur un garde près d'elle. Un vrai rodéo. Et puis on s'est dit qu'on allait pas vous laisser toutes seules. Alors on s'y est mit. Résultat, il vient nous chercher cette nuit.
- Mais quand même ! Ce fut une drôle de bataille, ria Rumple.
- De toute façon, tout te semble drôle à toi, lui rétorqua Ruby.
Il ne releva pas. Sa positive attitude était tenace. Mais après nos rires, nous nous rendimes compte que nous étions tout de même mal barrés...
Nous passâmes notre journée à chercher des plans pour nous évader, mais les barrières de Robin semblaient infaillibles. Le soir arriva finalement très vite. Trop vite. Nous entendîmes les hommes de mains arriver dans la nuit. Les branches craquant sous leur pas lourds et rustres. La porte s'ouvrit. Regina prit ma main. Elle me regardait, comme si nous nous voyions pour la dernière fois. Il était impossible de savoir si, en effet, c'était le cas. Elle me serra la main plus fort.
- Je t'aime, lui avouai-je.
Elle avait compris combien cela signifiait pour moi.
- Je t'aime aussi, Emma.
Dehors, l'air était chaud et doux. Il y avait une petite brise rafraîchissante très agréable. Le temps parfait pour une promenade. En d'autre circonstance je serais aller longer les plages, main dans la main avec ma Regina. Nous serions allées manger une glace dans le sable et nous aurions tenté de compter les étoiles. Je l'aurai embrassé. Je l'aurai embrassé tout le temps. Je l'aurai serré contre moi pour la sentir au plus proche. Je lui aurait dit ces mots, ces mots qui ne valent plus la peine d'être dit maintenant.
Main dans la main, nous suivîmes le chemin indiqué par les hommes devant nous.
- Merde, j'ai oublié les clés ! S'exclama le dernier homme derrière nous.
- Ben va les chercher ! Lui répondit celui qui ouvrait la marche.
Nous continuâmes d'avancer. Deux hommes se tenaient devant. Mais plus personne derrière. Me vint alors la folle idée de... courir ! Je serra la main de Regina d'une pression plus forte. Elle se tourna vers moi, le regard presque vide. Mais en me voyant, son visage s'anima. Je n'eus pas besoin de lui parler pour qu'elle comprenne (c'était quand même bien pratique). Je regardai une dernière fois autour de moi. Pas un garde. Je regardai le groupe. Je ne pouvais pas sauver tout le monde. Mais je pouvais peut-être me sauver et sauver Regina. Je donna une tape dans le dos à Ruby et couru. Tenant Regina par la main, je ne me retourna pas une seule fois. Ne fixant que les obstacles suffisamment nombreux qui se présentaient devant moi. Nous courûmes ainsi sans nous arrêter pendant longtemps. Nous arrivâmes alors sur une route. La nuit était encore plus profonde qu'à notre départ. Les animaux nocturnes étaient de sorti. Nous continuâmes à courir le long de la route. Ayant toujours peur de nous faire rattraper. Quelques kilomètres plus loin, une voiture vint nous éblouir de ses phares. Elle ralenti en arrivant près de nous et s'arrêta. La vitre tintée descendit et le visage d'un homme apparut.
