Non ! Vous ne rêvez pas ! C'est bien moi ! hihi
Alors, ce chapitre m'a vraiment donné du fil à retordre ! Comme peut en témoigner un très bon ami à moi qui a fait les frais de mes crises existencielles ! "J'y arrive paaaaaaas !!! HELP MEEE" et j'en passe ! Alors, V. si tu m'écoutes, excuse moi !
Enfin bref, pourquoi j'ai eu du mal avec ce chapitre ? Eh bien, il s'agit toujours de la première journée alors, tout ne peut pas s'arranger comme par magie hoplàboum ! Donc ...
Je ne vous met pour l'instant que le POV Sarah vu que je n'ai pas encore écrit la partie de Rob ! J'espère que ça va vous plaire, même s'il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre ... enfin bon ...
J'essaie d'écrire la partie Rob le plus vite possible mais, j'ai repris les cours il y a trois semaines et je ne suis pas en vacances ! Ca s'accumule et s'accumule et je suis dans la dernière ligne droite avec la fin donc, pour l'instant, mes études passent en priorité ! Mais promis, dès que j'ai un petit moment de libre, j'écris !
J'ai eu le grand plaisir de voir que j'avais une lectrice aux Etats-Unis ! Sa review m'a vraiment fait rire et surtout, ça m'a fait me bouger un peu pour finir le POV Sarah !! J'espère que tu n'es pas morte, parce que j'ai dépassé le délais de 48h !!
Enfin, je remercie toujours mes reviweuses habituelles ainsi que les nouvelles, merci également de m'ajouter à vos listes de favoris et d'alertes. Vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est touchant ! Savoir que des gens aiment ce que vous faites est juste AMAZING !! Et c'est un excellent booster de moral ! Alors merci merci merci !! Je ne vous le dirais jamais assez !
Excusez-moi encore pour le délais de publication ! J'espère que je n'ai perdu personne à cause de ça !
Bon, j'arrête mon blabla !! Je vous laisse lire :) Et surtout, donnez-moi vos avis parce que je dois dire que ce chapitre ne me satisfait pas totalement ... d'autant plus que, comme je l'ai dit, il ne s'y passe pas grand chose ... enfin bref ! Ne pas partir négative et vous noircir le tableau !
Au fait, dernière petite chose, j'ai réinitialisé mon ordinateur et je n'ai donc plus microsoft word ! Et le word pad ne corrige pas les fautes d'orthographe, alors n'hésitez surtout pas à me les signaler si vous en voyez ! Merci :)
Enjoy it :)
POV Sarah
Ce désir que j'avais ressenti en voyant ce regard me chamboulait. Ses yeux étaient brûlants et j'avais peur d'interpréter ce que ça voulait dire. Tout ce que je savais c'est que mon coeur avait redoublé sous ces yeux. Et mon estomac se tordait.
Pendant tout le reste du repas je ne levais pas les yeux par peur de croiser de nouveau par mégarde son regard. J'avais peur d'y déceler de nouveau cette lueur sauvage.
La fin du repas arriva vite et j'avais réussi à ne pas le regarder, un exploit ! Je me levais précipitemment et aida Rachel à débarrasser la table. Heureusement pour moi, il sortit de la cuisine avec ses parents en plaisantant. Au moins, je n'avais plus de raison d'appréhender un face-à-face.
Catherine et Ronald mettaient déjà leur manteaux, rejoints par Rachel. La dispute avait retardé le déjeuner et ils devaient maintenant se dépêcher pour ne pas être en retard. Je leur dit au revoir distraitement, toujours en évitant de regarder vers lui.
J'ai vraiment un problème. Que je ne puisse pas l'appeler par son prénom passe encore, mais je n'arrive même pas à utiliser son nom en pensées ! Fallait vraiment que je me secoue là ! Ce mec était insupportable ! Je n'avais pas à être intimidée. Je l'apprécie beaucoup en tant qu'acteur, mais l'être humain est tout à fait repoussant. Enfin, physiquement, il est absolument parfait. Mais mentalement... Ce n'était qu'un goujat arrogant et méprisant, totalement irrespectueux. Alors pas question que je me laisse marcher sur les pieds sous prétexte que c'est une célébrité. Il ne fera pas sa star avec moi. Qu'il essaie, il verra comment il sera reçu. Il faut que je sois forte. Ne pas craquer. Ce n'est pas parce que je suis fan que je dois être faible. S'il me manque de respect, je n'ai pas à m'écraser.
Je fermais la porte derrière Rachel et m'adossa contre elle en fermant les yeux. Ce déjeuner avait été éprouvant. Espérons que l'après-midi soit tranquille, histoire que la journée finisse mieux qu'elle n'a commencée.
Je n'avais même pas eu le temps d'appeler mes parents avec toute cette histoire !
J'ouvris les yeux et ils se fixèrent automatiquement sur lui, en face de moi. Depuis combien de temps était-il là ? N'a-t-il donc rien de mieux à faire que de me scruter sous tous les angles ?
Son regard glissa sur moi et je ne pus retenir un frisson. Il avait un air appréciateur sur le visage et, même si c'était flatteur, ça me dérangeais. Il n'avait pas à me regarder comme ça, comme si j'étais un morceau de viande ou je-ne-sais-quoi. Ses yeux remontèrent jusqu'au miens et ils étaient similaires à ceux du déjeuner. S'il continuait à me regarder comme ça, même si son comportement était absolument détestable, je ne résisterais pas longtemps. Il me teste ou quoi ? Il cherche à prouver quelque chose ? Qu'il avait raison ? Qu'accueillir un correspondant était une mauvaise idée et que j'allais devenir folle ? Folle, je l'étais déjà un peu. Alors il n'avait pas intérêt à me pousser dans mes derniers retranchements.
"T'as rien de mieux à faire que me regarder ?"
J'étais agressive. C'était presque malgré moi. Comme si je voulais lui montrer ce que ça m'avais fait quand il m'avait parlé comme ça.
"Pour l'instant non ..."
"Alors tu as intérêt à vite te trouver une occupation !"
"Ah oui ? Et pourquoi donc ?"
J'attrapais ma veste sur le porte-manteau et l'enfila en ouvrant la porte.
"Parce que je sors."
Et je claquais la porte derrière moi.
J'avais été très sèche. Ca ne me ressemblait vraiment pas. Mais ce mec avait le don de m'agacer ! Quoiqu'il fasse ou dise, je m'énervais et m'agaçais. Je n'avais même pas envie de sortir, mais sur le moment ça m'avait paru une bonne idée.
Je m'assis sur la première marche du perron et sortis mon téléphone de ma poche. Je composais le numéro de chez moi et, après deux sonneries, ma mère décrocha.
"Allo ?"
"Coucou maman ! C'est moi !"
"Oh Sarah ! Comment se fait-il que tu appelles si tard ?"
Elle parut soulagée de m'avoir en ligne.
"Eh bien, la matinée a été un peu mouvementée ...."
"Ah oui ? Comment ça ?"
"Le frère de Rachel est arrivé des Etats-Unis ce matin. Vu que j'étais seule à la maison, c'est moi qui l'ai accueilli, et il ne l'a pas vraiment bien pris..."
"Quoi ? Comment ça ?"
"Eh bien, il a juste été assez agressif et... quand Rachel est rentrée, je lui ai raconté ce qui c'était passé. Sauf que, elle s'est énervée et ça a un peu dégénéré. Il y a eu une assez grosse dispute entre eux."
"Rachel a pris ta défense ?"
Elle paraissait étonnée ! Et je dois avouer qu'elle n'avait pas tort ! C'était adorable de la part de Rachel de se ralier de mon côté alors qu'elle ne me connait que depuis peu.
"Oui. Elle était vraiment très remontée contre son frère."
"Et elle a bien raison ! Mais pour qui il se prend ce jeune homme ?! Il croit qu'il peu arriver et mettre le bazar comme ça ?!"
"Je suis bien d'accord ! Mais bon... ce qui est fait est fait ! Quoiqu'il en soit, je me suis en quelque sorte interposée entre eux. Je ne voulais pas qu'un frère et une soeur se disputent à cause de moi alors j'ai tant bien que mal essayé de calmer les choses."
"Je te reconnais bien là ma chérie ! Tu as toujours détesté les conflits ! Mais tout de même ! Il méritait d'être un peu bousculé !"
"C'est clair !"
"Et sinon, comment il est ? Edward c'est bien ça ?"
"Oh ! Euh ... c'est un peu bizarre à dire ..."
Ma mère ne dit rien, attendant visiblement que je me lance.
"Euh ... Tu te rappelles quand on a reçu la lettre qui nous annonçait que j'allais être accueilli chez une famille à Londres ?"
"Oui..."
Visiblement elle ne voyait pas du tout où je voulais en venir !
"Tu te souviens que la famille s'appelait Pattinson, et moi j'avais fait la remarque que c'était le même nom que cet acteur que j'adore..."
"Celui qui joue le rôle d'Edward ? Une vraie beauté soit dit en passant ! Je l'ai vu à la télé dans une émission il n'y a pas longtemps et il parlait de..."
"Maman !"
"Quoi ? Bon, bon, pardon ! Je t'écoute !"
"Eh bien ... il se trouve que... le frère de Rachel est cette personne."
J'avais fini ma phrase à toute vitesse. Je n'arrivais pas trop à appréhender sa réaction, mais, à tous les coups elle penserait que c'est une blague.
"Attends ... tu essaies de me dire que le frère de Rachel et cet acteur sont la même personne, c'est bien ça ?"
"Oui."
"Et que c'est ce garçon qui s'est si mal comporté ?"
"Oui."
J'attendais le verdict final.
"Sarah, arrête de te moquer de moi ! Je sais très bien que c'est impossible ! Cette famille n'accueillerait jamais un inconnu ! Ce serait de l'inconscience pure et dure !"
"Mais maman ! Je te jure que c'est vrai !"
Comment est-ce que je pourrais la convaincre d'une telle chose ?
"Je ne plaisante pas. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a été si désagréable. Il savait que j'étais fan et il avait peur que je le harcèle ou je sais pas quoi !"
Un silence se fit à l'autre bout du fil. Je savais qu'elle était en train de basculer. Quelques instants plus tard, la voix de ma mère retentit de nouveau de l'autre côté de l'écouteur, outrée.
"Mais... tu n'es pas du tout comme toutes ces fans écervelées qu'on voit à la télé !"
"Oui ! C'est exactement ce que Rachel lui a dit mais il ne la croie pas. Je crois qu'il pense que je cache mon jeu et que je vais devenir cinglée...En tout cas, sache que je regrette de l'avoir rencontré. C'est une totale désillusion. Je pensais que c'était quelqu'un de drôle et talentueux, mais j'avais visiblement tout faux. C'est un bon acteur, mais humainement, c'est un véritable nul."
"Chérie ..."
"T'inquiète pas maman, c'est rien ... Tout ce que j'espère c'est qu'il soit un peu moins hostile parce que sinon ça va être difficile à vivre !"
"Mais oui ! Ne t'en fais pas. Il a peut-être juste besoin d'un peu de temps. De toute façon, je te fais confiance, je sais que tu auras un comportement exemplaire. Mais si je peux te donner un conseil, il ne faut surtout pas que tu t'énerves ou quoique ce soit. Reste stoïque, comme si rien de ce qu'il pouvait dire ou faire ne t'atteignais, d'accord ? Parce que, vu ce que tu m'as dit, il attend sans doute le moment où tu vas devenir une fan hystérique, donc je pense qu'il n'hésitera pas à te pousser à bout ! Mais rappelle-toi, reste calme et courtoise. Ca ne pourra que l'énerver de voir que tu ne réagis pas et il finira par se lasser. D'accord mon amour ?"
"Oui ... Merci maman. A part ça, tout va bien à la maison ?"
"Oh ! Eh bien, comparé à l'ambiance qu'il y a chez toi, c'est bien calme ici ! Ton père vient de partir au bureau et je ne vais pas tarder non plus. Tu nous manques beaucoup petite chérie..."
"Vous aussi ! Tu n'imagines pas à quel point ! Surtout maintenant, quand je suis seule avec lui, totalement vulnérable ! J'aurais bien besoin d'un calin pour me donner du courage !"
"Allez Sarah ! Sois forte. Je suis sûre que ça va vite s'arranger."
Je sentais à la voix de ma mère qu'elle souriait.
"Oui Maman... Bon, je vais te laisser. Tu feras un gros bisou à papa de ma part d'accord ?"
"Pas de problème chérie, prends soin de toi et ne laisse pas ce garçon t'embêter sous prétexte qu'il fait la une des journaux !"
"Tu peux compter sur moi ! Je t'embrasse fort, je t'aime."
"Moi aussi je t'aime poussin, à demain."
"Oui, à demain !"
Je fermais le clapet de mon téléphone d'un coup sec. Me confier à ma mère m'avait fait du bien et avait un peu allégé le poids que je sentais sur mon estomac. Elle avait raison. Je devais rester calme et faire comme si rien ne m'atteignait. Je devais rester polie et serviable, sans me laisser marcher sur les pieds et surtout ne pas m'énerver. Ca lui ferait trop plaisir de savoir qu'il a une emprise sur moi.
Je me levais et retourna vers la maison. J'ouvris la porte et suspendis mon manteau à la paterre. Je n'entendais aucun bruit dans les alentours. Parfait.
J'allais vers la cuisine pour me servir un verre d'eau, passant dans le salon rapidement.
"Rapide cette balade..."
Je sursautais et mon coeur manqua un battement. En me retournant je le vis, assis dans l'un des fauteuils du coin lecture, un livre entre les mains. Stoïque. J'attendis que mon coeur se calme un peu avant de parler.
"Tu me surveilles maintenant ? Marrant, j'aurais cru que la vie d'une star de cinéma serait plus palpitante."
J'allais dans la cuisine et sortis un verre avant d'ouvrir le robinet. Je bus lentement, tout en calmant ma respiration. Ce mec allait me rendre folle. Je mis le verre dans l'évier et regarda le jardin par la fenêtre. Le vent agitait doucement les feuillages, je me lassais bercée par ce mouvement doux. Il fallait que je me détende. Après j'irais dans ma chambre, en essayant d'éviter d'avoir à lui parler de nouveau. C'était vraiment étrange. Si j'avais eu l'opportunité de le rencontrer un jour dans ma vie, j'aurais été la plus heureuse du monde, or là, je faisais tout pour l'éviter.
Je sortis doucement de la cuisine et accéléra le pas en arrivant dans le salon avant de monter les escaliers quatre à quatre et de me réfugier dans ma chambre. Je retirais mes chaussures avec impatience et enfonça ma tête dans les oreillers en attrapant mon livre sur ma table de chevet.
Le reste de l'après-midi fut calme dans la mesure où il n'y eu pas de nouvelle confrontation. J'étais restée dans ma chambre, donc aucune chance de le voir débouler.
Sur les coups de cinq heure je sortis de mon refuge, mon livre à la main. Rachel n'allait pas tarder à arriver. Je pris place dans mon fauteuil favori, près de la fenêtre, la lumière du dehors atténuée par les voilages pastels éclairant doucement les pages de mon roman. Je repliais mes genoux contre moi et me cala entre les deux accoudoirs. J'ouvris mon livre et la fenêtre entrouverte laissait entrer une petite brise qui faisait voleter les pages de mon livre.
Quelques minutes après j'entendis des pas approcher. Il avait un radar ou quoi ? Pourquoi est-ce qu'il était toujours là où j'étais ? Je décidais de l'ignorer, replongeant dans mon roman. J'étais presque à la fin et, comme tout bon roman sentimental qui se respecte, le moment où les deux protagonistes allaient se déclarer était proche. J'essayais de rester concentrer mais ses mouvements dans mon champs de vision me rendaient nerveuse. Sa simple présence me stressait. Je n'arrivais même plus à comprendre ce que je lisais, ça faisait trois fois que je relisais le même paragraphe sans en saisir le sens.
Finalement je me résignais, j'aurais la déclaration plus tard. Je cornais le haut de ma page et referma mon livre avant de le poser sur la petite table à côté de moi. Je restais pelotonée dans mon fauteuil tout en évitant de regarder autours de moi. Je savais que si je levais la tête je le verrais. Et je n'arriverais pas à arrêter de le fixer. Je ne pourrais pas m'empêcher d'observer ses traits, ses beaux yeux gris, la courbe de sa machoire carrée... Rien que d'y penser mon estomac s'était contracté. Est-ce que j'allais pouvoir rester stoïque et froide avec lui ? Alors que je fantasmais littéralement ? Je savais qu'il était odieux, mais il n'en restait pas moins un homme incroyablement craquant. Les paroles de Ronald était encore présentes dans mon esprit. Parfaite pour lui. Je ne voulais pas me l'avouer mais mon imagination ne cessait d'envisager ce scénario. De lui et moi, ensemble. Même si je savais que c'était délirant. Je ne vois pas pourquoi il s'intéresserait à moi alors qu'il a toutes les plus belles filles au monde à ses pieds ! Surtout qu'il me déteste. Et que je le déteste aussi. En thérorie du moins. Parce qu'en pratique je fonds. Mais il ne faut pas que je pense à ça. Sois forte Sarah ! Stoïque, distante, froide. Ca n'allait pas du tout être facile.
J'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et je levais les yeux par automatisme. Grave erreur. A peine mon regard s'était-il levé qu'il s'était directement posé sur lui. Lui qui était allongé dans le canapé, les yeux fermés et la respiration régulière. Il dormait ? Il s'était assoupi en si peu de temps ? Il devait vraiment être fatigué...
Comme en confirmation à mes pensées, mes yeux se fixèrent sur ses yeux clos et les cernes qui les soulignait. On aurait dit qu'il n'avait pas dormi depuis trois jours.
Le pauvre...
Non ! Pas le pauvre ! C'est qu'un crétin !
Un magnifique crétin...
Pauvre cruche ! Te laisse pas avoir par sa beauté ! Secoue-toi !!
Je secouais la tête doucement et détourna mon regard vers l'entrée du salon. Rachel se tenait dans l'encadrement de la porte, les yeux droits sur moi. Depuis combien de temps est-ce qu'elle m'observait ? Est-ce qu'elle m'avait vu dévorer des yeux son frère ?
Rien qu'à cette idée je sentis mes joues se colorer.
"Coucou Rachel !"
J'avais essayé de prendre un ton enjoué, un sourire plaqué sur les lèvres, comme si de rien n'était.
"Coucou Sarah."
Où était passé sa folie ? Elle était étonnement calme... ça m'inquiètais.
"Euh ... tout va bien ? Tu as passé un bon après-midi ?"
Je m'étais levée et avançais vers elle.
"Eh bien, c'était plutôt ennuyeux ! Cours pourris ! Mais et toi, tout s'est bien passé ? Pas de nouveau désaccord ?"
Elle semblait avoir retrouvé son sourire.
"Non, un après-midi très, très calme en comparaison de la matinée ! J'ai lu dans ma chambre, je suis descendue il y a à peine une demi-heure en fait ! Et euh... ton frère est arrivé il y a juste quelques minutes...et il s'est endormi..."
"Je crois que je ferais mieux de le réveiller... Il va finir par se faire un torticolis si il reste allongé sur ce canapé trop petit pour lui ! Il ferait mieux d'aller dans son lit... Je vais aller poser mes affaires dans ma chambre, ça t'ennuie pas de t'en occuper ?"
Et avant que je puisse riposter, elle me laissa, seule dans le salon. Le réveiller. Pas sûr que ce soit la meilleure façon de ne pas créer de nouveaux problèmes. J'imagine ça d'ici : il dort, et je le réveille. Déjà, en temps normal, quand une personne en réveille une autre, celle qui dormait n'est pas franchement contente, mais là, si en plus c'est moi qui a le rôle du réveil, je vais m'en prendre plein la tronche ! Je pouvais peut-être attendre que Rachel redescende et qu'elle le fasse elle-même ? Je sentais qu'elle allait être agacée mais je ne pouvais pas faire ça. C'était au-dessus de mes forces.
J'attendis mais Rachel ne revenait pas. Bon... elle attendait visiblement que je fasse ce qu'elle m'avait demandé avant de redescendre avec innocence. Cette fille était une véritable manipulatrice !
Je respirais un bon coup et fit demi-tour vers le canapé. J'approchais doucement.
"Euh ... Debout ?"
Je ne m'étais pas baissée, restant plantée à ce que je définissais comme une distance respectable, sans le toucher. Aucune réaction. Bien, j'étais obligé de faire ça dans les règles. Je m'agenouillais sur le sol à côté du canapé et appuya doucement mon index sur son bras.
"Il faut se réveiller ..."
Ma voix était basse. Je ne voulais pas le faire sursauter. Le problème ? Toujours aucune réaction. Si je n'entendais pas sa respiration je jurerais qu'il était mort ! Je m'assis sur le canapé et posa ma main sur son épaule. Sa peau était brûlante, même à travers le tissu de son t-shirt. Mon coeur se mit à battre plus vite et mon estomac devint lourd. Je serrais un peu ma main sur son épaule et repris la parole, toujours en mumurant. Je crois qu'utiliser son prénom aiderait sûrement... encore fallait-il que j'ai le courage de l'utiliser...
"Humm ... Rob ? Tu vas te faire mal à la nuque si tu restes dormir ici... Tu ferais mieux d'aller dans ton lit... Rob ?"
Je secouais doucement son épaule et il émit un petit grognement. On aurait dit un petit garçon et un élan de tendresse me submergea.
"Rob ... réveille-toi ..."
Je m'étais approché et chuchotais ces mots dans son oreille. Son odeur m'enveloppa et je fermais les yeux. J'avais envie de l'embrasser. Comme je n'avais jamais autant eu envie de faire quelque chose de ma vie. Respire Sarah et calme-toi. Distance et froideur. Je pris une longue inspiration, m'ennivrant de son parfum, avant d'ouvrir de nouveau les yeux.
"Rob ..."
Prononcer son prénom ne me posait plus aucun problème. J'aimais même trop ça. La façon dont le "R" roulait dans ma gorge, le "O" qui sortait dans un souffle et le "B" qui mourrait sur mes lèvres.
Sans vraiment me rendre compte de mon geste, ma main glissa de son épaule à sa joue où les premières repousses de barbe picotèrent le bout de mes doigts. Mon coeur manqua un battement avant de redoubler. Mon index glissa sur ses lèvres et les effleura doucement et mes doigts retournèrent sur sa joue avant de glisser doucement dans ses cheveux. Ils étaient vraiment doux. Mon visage approcha et je déposais un baiser sur sa joue, tout doucement, du bout des lèvres. Il ne valait mieux pas qu'il se réveille maintenant !
En m'éloignant de nouveau et remettant ma main à sa place initiale, sur son épaule, je le secouais doucement de nouveau.
"Rob, réveille-toi ... allez..."
Il grogna une nouvelle fois avant de gigoter.
"Tu vas avoir mal au cou, tu seras plus à l'aise dans ton lit... allez, debout..."
Je secouais de nouveau son épaule et vis ses paupières de plisser. Puis ses yeux papillonèrent avant de finalement se fixer sur moi. Je sentis mes joues s'empourprer. Peut-être valait-il mieux lui expliquer la situation ?
"Euh ... Rachel est arrivée et m'a demandé de te réveiller parce qu'elle avait peur que tu humm... te fasse un torticolis en restant allongé sur le canapé alors euh... voilà... Désolée de t'avoir réveillé mais tu connais ta soeur, vaut mieux pas la contrarier !"
Je commençais à me lever et il attrapa mon poignet en me tirant vers lui. Je me rassis et tourna la tête vers lui. Qu'allait-il me dire ? Je crois que j'étais bonne pour de nouvelles critiques...
Il me fit approcher un peu plus de lui.
"Ne t'excuse pas, un réveil avec des caresses et des baisers est plus qu'agréable ..."
Il avait prononcé ces mots à mon oreille, dans un chuchotement d'une voix très basse, faisant vibrer mon coeur. Mes joues devaient être écarlates. Visiblement, il était plus réveillé que je ne l'avais pensé lorsque j'avais laissé mon envie de lui dominer. Il m'avait laissé me ridiculiser.
Je le déteste. C'est officiel. Ce n'est vraiment qu'un... qu'un... Je ne sais même pas s'il y a un mot assez fort pour le qualifier !
"Tout le monde est prêt pour un goûter ?"
La voix de Rachel me fit me lever d'un bond. Depuis combien de temps était-elle là ? J'allais la tuer ! Tout était de sa faute. Mais oui, va réveiller mon frère, ce sera merveilleux ! Merveilleux mes fesses ! Cette fille était une véritable manipulatrice ! Je me tournais vers elle, serrant les dents et la vis me regarder, l'air innocent. C'est ça, fait comme si de rien était... Je passais devant elle au pas de charge et alla m'enfermer dans ma chambre. Décidemment, les enfants Pattinson me tapaient sur le système aujourd'hui ! Rob ce matin, et maintenant Rachel ! Il avait une très mauvaise influence ! Il n'était là que depuis ce matin et pourtant c'est déjà la troisième fois que je vais me terrer dans ma chambre !
J'allumais mon ordinateur et lança internet. Ma page d'accueil afficha le forum officiel de Rob et je fus vraiment très tentée d'écrire pleins de choses négatives sur lui, de décrire son arrogance, son agressivité et sa méchanceté. Mais je n'avais pas le droit de faire ça. Je n'avais pas le droit de désillusionner des centaines de filles. Et puis, pourquoi est-ce qu'elles me croiraient ?!
Je parcourais mes e-mails mais fut rapidement lassée. Je mis en marche de la musique mais l'arrêta au bout d'à peine quelques secondes.
Rien ne m'allait. Rien ne me distrayait.
Je ne voulais pas lire. Encore moins dormir. Sortir me découragea.
Je n'avais strictement rien à faire. Et je m'ennuyais.
En me balançant sur la chaise de mon bureau je repensais à ce qui venait d'arriver. N'avais-je donc aucune retenue ? Aucun self control ? Je lui avais sauté dessus comme une collégienne pré-pubère. Profitant de son inconscience. Enfin, de sa fausse inconscience étant donné qu'il était déjà réveillé depuis quelques instants apparemment. Il m'avait laissé avoir l'air bête. Et avait insisté sur ce point. Parce qu'il aurait pu faire semblant de rien, mais non ! Il avait réenfoncé le couteau dans la plaie. Qu'est-ce qu'il pouvait m'agacer alors ! Surtout que je me punissais moi-même en m'enfermant dans ma chambre, pendant que lui poursuit sa journée comme si de rien était !
Je n'allais pas me pourrir la journée à cause de lui ! Je n'avais qu'à l'ignorer ! Parce que vu qu'il va rester ici quelques temps, il vaut mieux que je m'habitue à sa présence et que je me fasse à l'idée. L'éviter ne va plus être possible au bout d'un certain temps. Surtout que ça me pourrira la vie alors que lui s'en fichera royalement !
Pas question de moisir dans ma chambre à cause de lui ! Je vais faire comme si de rien était et me contrôler un peu plus. Distance. Il fallait que je reste froide et impassible. Quoiqu'il fasse, je devais lui faire croire que ça ne me faisait ni chaud ni froid. Il se lassera avant moi. Et puis, surtout, je devais arrêter de fantasmer sur lui ! Parce que baver ne m'aidera pas ! Je garderais mes envies et mes pulsions pour moi un point c'est tout. Focus !
J'ouvris la porte de ma chambre et descendis les escaliers tranquillement. J'allais entrer dans la cuisine lorsque j'entendis les voix de Rachel et son frère. La curiosité est un mauvais défaut ! Je ne devrais pas écouter. Va t'en ! Va t'en ! Ou montre ta présence !
Mais c'était plus fort que moi. J'approchais tout doucement, sans bruits.
"Mon stratagème a marché ! Je savais qu'elle flancherait ! Forcément qu'elle te trouve super beau !"
"Oui, bravo Rachel ! Tu veux qu'on t'accorde un jour férié ? En attendant, j'ai été surpris ! T'aurais pu me prévenir ou je sais pas ! Et c'est quoi ce bordel de stratagème ? Qu'est-ce que t'essaie de faire au juste ?"
"Surpris ? C'est ça ouais ! Tu vas quand même pas te plaindre ! C'était un réveil plutôt agréable non ?"
"Je ne dis pas le contraire ! Une fille qui te réveille avec des caresses, c'est toujours bon, qui que soit la fille. Jolie ou non !"
"Voilà ! Et mon stratagème c'est un plan in-fai-lli-ble ! Elle va te tomber dans les bras, tu vas voir."
"Pardon ? Mais non ! Rachel, t'arrête ça tout de suite ! Je ne veux pas qu'elle croit quoique ce soit ! Il est hors de question que je sorte avec elle ! C'est une fan ! T'es devenue folle ?"
"Mais Rob ! Si tu refuses de sortir avec tes fans, tu vas finir seul entouré de chats ! Crois-moi, Sarah c'est la fille parfaite."
"Et je peux savoir ce qui te permet de dire ça ? Et puis, depuis quand tu te mêle de ma vie privée ?! Rachel, occupe-toi de tes fesses ok ? J'ai pas besoin de toi !"
"Ah oui ? Parce que c'est vrai que les filles avec qui tu sors sont tellement exceptionnelles ! J'avais oublié !"
"Rachel ! Tes commentaires sur ma vie amoureuse tu te les garde. J'ai pas besoin de connaître ton avis. Les filles que je fréquente, tu ne les connais même pas, alors de quel droit tu te permets de les juger ?!"
"Mais j'ai pas besoin de les connaître pour savoir que ce sont des idiotes ! Si c'était pas le cas, tu ne les enchainerais pas. Si c'était des filles bien, tu resterais avec. Sauf que c'est pas ce qui se passe. Et n'envisage même pas de nier ! Tu sais que j'ai raison ! Elles ont des prénoms débiles du genre Cherry et une intelligence inversement proportionnelle à la taille de leur bonnet de soutien-gorge ! Ce sont des profiteuses qui ne te prennent la main que pour t'entraîner dans un magasin et te montrer ce pour quoi elles veulent que tu dégaines ta carte de crédit. Ta célébrité leur permet de rentrer en soirée, soirée dans lesquelles elles draguent tout ce qui bouge sans aucun respect pour toi ! J'en ai marre de te voir avec des filles qui ne te méritent pas ! Des filles qui se joue de toi et de la confiance que tu leur accorde. J'en ai marre de voir mon frère sortir avec des filles qui n'en valent pas la peine ! J'aimerais qu'un jour tu me présente une personne avec laquelle tu sortiras et qui sera capable de te respecter, toi et ta famille, qui sera capable de retenir mon prénom et d'aligner plus de trois phrases intelligibles sans se mettre à rire comme une idiote ! Ce serait trop demander ?"
Il ne répondit rien, mais visiblement Rachel n'avait pas terminé.
"Et puis, pour ces filles là, tu fais l'effort d'être agréable et sympathique, tu es un modèle de galanterie et d'élégance, alors que tu pourrais aussi bien être le dernier des pourris que ça changerait rien ! Et, juste quand tu as face à toi une fille qui tient la route comme Sarah, qui est très jolie et intelligente, drôle et serviable, digne de confiance et respectueuse, et que ta famille apprécie, tu te comporte comme le dernier des abrutis ! C'est quoi cette logique ? Est-ce que j'ai tout faux sur toi ? Peut-être que je me trompe et qu'en fait tu es loin d'être l'homme le plus adorable du monde. Peut-être que tu mérites que toutes ces filles profitent de toi finalement ? Parce que, crois-moi, quand je vois le comportement que tu as envers Sarah, c'est l'impression que ça donne ! Sauf que tu es mon frère, je sais ce que tu es, et je sais que tu es quelqu'un de bien, de droit. Alors agis tel que je t'ai toujours connu."
J'entendis le bruit d'une chaise racler le sol et des pas précipités. Je me dépêchais de filer vers l'entrée pour ne pas me faire découvrir. Rachel passa devant moi, les yeux brillants et me dépassa avant de reculer et de s'effondrer dans mes bras. Je sentais son petit corps trembler et de faibles sanglots s'échapper de sa gorge. Je passais maladroitement ma main dans son dos pour l'apaiser en la serrant dans mes bras. Je ne savais pas vraiment quoi lui dire... Mais elle ne parut pas être gênée par mon silence et se calma peu à peu. Elle se libéra de mon étreinte et leva ses grands yeux sur moi.
"Pourquoi suis-je donc la seule à voir ?"
Ca ne ressemblait pas à une véritable question, c'était plus une réflexion, pour elle-même.
Après elle fila dans sa chambre, me laissant seule dans l'entrée avec ses mots qui flottaient encore dans l'air. Je repensais aussi à la discussion que j'avais surprise dans la cuisine. J'étais étonnée. Il ne ressemblait pas à un courreur. Il ne semblait pas être le genre à sortir avec des milliers de filles. Comme quoi, je ne le connaissais vraiment pas ! Quel que soit le nombre d'interviews ou de biographie que j'aie pu lire, le nombre de reportages sur lui ou la saga que j'aie vu, je ne le connaissais pas.
Les mots de Rachel étaient assez violents, son ton souhaitant le faire réagir, mais au-dessus de cet énervement, j'avais distingué la faiblesse, l'inquiètude, la fragilité. Il n'y avait qu'à voir comment sa voix était étranglée dans sa gorge, ou comment elle se cassa sur sa dernière phrase. Ou même simplement comment elle a éclaté en sanglots dans mes bras.
Tout l'énervement que j'avais pu ressentir à son égard après l'histoire du réveil s'était évanoui. Il ne restait plus que la compassion. La voir si triste et révoltée me secouais. Le comportement de son frère la décevait et la faisait souffrir. Mais elle cachait ça derrière des parades de sourires et de bonne humeur, prenant sur elle et gardant sa véritable opinion pour elle-même. Aujourd'hui elle s'était libérée. Comment a-t-il pu être aussi aveugle pour ignorer le mal-être de sa soeur quand à son comportement dans sa vie amoureuse ? Ne voyait-il pas les regards répprobateurs qu'elle devait sûrement lui adresser ? Ne pensait-il donc vraiment qu'à lui et à son intérêt sans se soucier de blesser les autres ? Est-il vraiment si égoïste ? Tellement différent de l'image qu'il donne via les médias ? Tellement loin du jeune dandy sympathique et respectueux qu'il avait l'air d'être ?
La déception me serra la coeur. Je savais qu'il devait être différent de son image sur-médiatisée, mais sa façon d'être était pire que tout ce que j'avais pu imaginer. J'étais désillusionnée, forcée à revenir dans le monde réel de façon brutale. Cette prise de conscience était déroutante. Comme si j'avais essayé de me voiler la face sans cesse, gardant une part de naïveté alors que je savais au fond de moi que je me mentais à moi-même. J'étais déçue, mais une partie de moi savait. Cette perte de candeur me donna l'impression de perdre une part d'insouciance. Je n'étais plus dans le monde sucrée de l'enfance, je devais faire face à la réalité. Et c'était dur. Je voulais être une adulte dans le monde des enfants. Or c'était impossible. Je voulais être considérée comme mature, mais rester dans le monde insouciant de la jeunesse, dénué de responsabilités, de déceptions, de trahisons. Parce que oui, c'était exactement ça. J'avais l'impression d'être trahie. Il cultivait une image d'homme qu'il n'était pas. Et maintenant je le voyais sous son vrai jour. Et il était loin de la perfection que chacun de ses mots souhaitait faire croire.
J'entendis des pas s'approcher. Oh non ! Je ne voulais pas le croiser. Surtout pas ! Si c'était pour qu'il me refasse une remarque mesquine, pas la peine de tenter le diable !
Je ne voulais pas retourner dans ma chambre. Si j'étais descendue, c'est justement parce que je voulais m'aérer ! Je savais qu'il allait bientôt me voir et ma seule option de repliement, excepté les escaliers, c'était les toilettes. Bon... quand on a plus le choix ... J'entrais et ferma la porte derrière moi juste quand je le vis passer la porte du salon. C'était moins une !
Je m'assis sur la lunette fermée des toilettes et attendis. Je voulais être sûre qu'il soit parti. J'entendis une démarche dans le couloir puis plus rien. J'attendis encore une minute pour être sûre mais aucun bruits ne me parvins. La voie est libre ! J'actionnais la poignée et sortie. Et je m'arrêtais net, mon coeur ratant un battement. Qu'est-ce qu'il foutait là ? Il était appuyé contre le mur, mains dans les poches, le regard fixé droit sur moi, aussi magnifique que d'habitude. Calme-toi ! Un petit sourire en coin étirait ses lèvres. Fous-toi de moi, je te dirais rien !
Il se décolla du mur d'un mouvement souple et approcha de moi sans retirer ses mains de ses poches. Son regard vrilla le mien pendant que son visage pris une expression moqueuse, ironique. Sans me lâcher des yeux, il leva un sourcil, l'air faussement curieux.
"Grosse comission ?"
Avais-je bien entendu ?
Mon visage devint instantannément rouge. D'abord de gêne, puis ensuite de colère. Mais pour qui se prenait-il ?! Je sentis ma respiration s'accélérer et mes doigts me picotaient. Je mourrais d'envie de lui foutre une baffe, pour effacer cet air suffisant de son visage. Et quelques secondes plus tard, il porta ses doigts sur sa joue qui commençait à rougir, pendant que ma main était toujours levée vers lui. OH. MON. DIEU. Qu'est-ce que je venais de faire ? Est-ce que je venais vraiment de lui mettre une claque ? J'avais mis une claque à Robert Pattinson ?!? Etais-je devenue complètement folle ?!
Je sentis la colère quitter mes traits, pour être remplacée par de la surprise, et de l'inquiétude. Et si il portait plainte contre moi ? Il pourrait non ? Il avait sûrement de très bons avocats ! Et l'amende serait sûrement énorme ! Je pourrais jamais payer ! Oh mon dieu, mon dieu, mon dieu. Mais qu'est-ce que j'avais fait ?!!
Son regard se fixa de nouveau dans le mien. Il brillait étrangement. Ma main me picotait, mes terminaisons nerveuses douloureuses à cause de la violence de mon geste. J'avais du lui faire mal. Il approcha plus près et je vis la marque de mes doigts s'imprimer peu à peu sur sa joue. Ma réaction a peut-être été un peu excessive. Il baissa le visage vers moi et attrapa la main qui venait de s'abattre sur son visage. Ses doigts effleurèrent l'intérieur, faisant battre mon coeur plus fort pendant que mon estomac fit un bond. Son geste était ... tendre ? doux ? Toute la moquerie avait déserté ses traits.
"Ca va, tu ne t'es pas fait trop mal ?"
Et il me refit le coup du sourire en coin. Sa voix n'avait été qu'arrogance. Grr ! Qu'est-ce que ce mec pouvait m'agacer ! C'était les montagnes russes avec lui ! Un coup agressif, un coup moqueur, un coup seducteur. Je ne savais pas sur quel pied danser, jamais à quoi m'attendre ! Quand j'attendais sa colère, il était séducteur et quand j'attendais de la tendresse, il était arrogant. Ses réactions étaient totalement inédites, tellement à l'opposé de mes pensées !
Je ne savais pas quoi répondre à sa moquerie. Colère ? Impassibilité ? Je ne voulais pas lui donner satisfaction. Déjà, il avait pu voir que ses réflexions me faisaient réagir, pas question de continuer sur cette voie ! Il fallait qu'il croit que ce qu'il disait n'avait aucune influence sur moi. Il ne faut surtout pas qu'il pense avoir un quelconque ascendant sur moi.
J'arrachais ma main d'entre ses doigts et pris un ton sec, froid.
"Ca va très bien, merci de ta sollucitude."
Et je m'éloignais vers la cuisine. Enfin, ça c'était ce que je voulais faire ! Mais c'était sans compter sa réaction. Il me retint par le poignet et me tira vers lui.
"Tu es sûre hein ? Je ne voudrais pas être fautif d'une quelconque souffrance pour toi."
Je savais très bien qu'il se moquait de moi. Il voulait me faire tourner en bourrique, et le pire c'est que ça marchait ! J'avais beau essayer d'échapper à son emprise, c'est comme si, quelque soit ma réaction, elle lui convenait.
"Je dois sûrement avoir quelque chose pour apaiser ta douleur..."
Il avait approché son visage de mon oreille et m'avait murmuré ces mots à l'oreille. Je sentis les cheveux de ma nuque se redresser à l'entente de ces paroles chuchotées. Son souffle avait balayé mon cou, provoquant un frisson le long de mon dos. Mon coeur résonna dans mes tempes. Ne te laisse pas avoir !
"Tu pourrais peut-être venir dans ma chambre... Je prendrais soin de toi ..."
J'eus peur de flancher pendant un instant. Le sentir si proche, sa respiration resonnant dans mes tympans, son odeur ennivrant mes sens, sa voix de velour m'envoûtant. Ce n'est qu'une tactique pour te ridiculiser ! Ne sois pas comme toutes ces filles idiotes !
Mon esprit était embué. Je n'arrivais plus à réfléchir. Je me sentais tomber dans une douce torpeur, comme fiévreuse. Mes yeux se fermèrent un peu.
"Je savais que tu craquais pour elle..."
"Tu es parfaite pour lui..."
"Un réveil avec des caresses et des baisers est plus qu'agréable ..."
"Il est hors de question que je sorte avec elle ! C'est une fan !"
"... Parasite"
"Parasite..."
Parasite. Voilà comment il me considérait. Ce mot me fit reprendre conscience. Il n'avait pas du se passer plus de cinq secondes depuis sa dernière phrase. Je m'écartais de lui et libéra mon poignet d'un coup sec. J'avais toute ma tête à présent. Quelle idiote ! Comment ais-je pu tomber dans un piège si évident ?! Il devait sûrement se dire que, tant qu'à me supporter, autant passer du bon temps ! Comme si j'allais finir dans ses draps ! Hors de question ! Je ne serais certainement pas une énième fille-kleenex !
"J'ai dit que ça allait."
Ma voix était sans timbre, blanche. Respirer une bouffée d'air dénué de sa fragance m'aida à reprendre totalement pied en la réalité et effaça les derniers résidus de désir ou d'envie qui s'insinuaient encore en moi.
Sans un dernier regard pour lui je m'éloignais vers la cuisine. Il n'essaya pas de me retenir cette fois. C'était déjà ça. J'espèrais qu'il avait compris que je ne serais pas de passage dans son lit de si tôt ! Il avait beau être mon fantasme numéro un, je n'étais pas dupe. Jamais je ne m'abaisserais à le fréquenter de manière intime.
Une fois à l'abris dans la cuisine, je me servis un grand verre d'eau glacé et le but à petites gorgées. Je m'éfforçais de calmer mon coeur qui battait à tout rompre depuis que j'étais sortie des toilettes.
Mon regard se posa sur la table où subsistaient les restes de leur goûter avorté, à lui et Rachel. Instantannément les paroles de cette dernière me revinrent en tête. Ce mec devait vraiment se comporter comme le dernier des goujats, séduisant les filles grâce à sa célébrité pour les amener jusqu'à son lit avant de les congédier avec indifférence. J'étais déçue. S'il y avait bien une personnalité de tabloïd que je ne pensais pas comme ça, c'était bien lui ! Les paparazzis prenaient rarement des photos de lui avec une fille ou quelque chose du genre. Ces derniers temps, les seules photos qui apparaissaient sur les pages de papier glacé étaient des clichés avec Kristen Stewart, l'actrice qui jouait le rôle de Bella. On les voyait d'ailleurs très complices. D'où les rumeurs de romance qui planaient au-dessus de leur têtes ! Etaient-ils véritablement ensembles ? Ou n'était-ce qu'un coup de pub ? Je me voyais mal aller lui poser la question ! Et puis, je m'en fichais !
Menteuse.
Non, il peut fréquenter qui il veut, ça m'est complètement égal !
Menteuse.
Ma propre conscience était contre moi. Mais bon, elle n'avait pas tort après tout. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être un peu jalouse. Enfin, ça c'était plutôt avant. Je crois qu'à partir de maintenant ça va moins m'atteindre, vu son comportement ! Et puis, je n'avais pas à être jalouse ! Il ne me connaissait même pas !!
Maintenant si.
Hum... Oui... Certes... Mais il n'en restait pas moins qu'il se fichait comme d'une guigne de moi ! Et ça m'arrangeait bien !
Menteuse.
Mon Jiminy Cricket intérieur à tendance à radoter, vous ne trouvez pas ?! Bon d'accord, j'avoue que, bien qu'il soit le dernier des goujats, il n'en restait pas moins très, très, sexy. Et particulièrement doué pour ce qui était de faire craquer une fille ! Il n'y avait qu'à voir comment j'avais failli me laisser tenter il y a à peine dix minutes, alors que j'étais en colère contre lui. Alors oui, j'étais un peu déçue qu'il ne s'intéresse pas vraiment à moi, si ce n'est pour que je finisse dans son lit. C'est vrai que son comportement envers moi m'attristait mais je ne vais pas en faire tout un plat ! Contente madame la conscience ?
Ca peut aller ...
Dieu que cette petite voix est agaçante ! Jamais contente !
Je posais mon verre dans l'évier et resta un petit moment appuyée contre le plan de travail, le regard perdu vers le jardin que j'observais sans le voir à travers la grande baie vitrée qui menait à la véranda.
Cette journée était décidemment riche en émotions ! J'avais l'impression qu'elle était interminable, comme si le temps s'étirait. La situation était tellement surréaliste ! Dire que ce matin encore je ne me doutais de rien avant ce coup de sonnette. J'avais vaqué à mes occupations habituelles sans me soucier du reste. Le moins qu'on puisse dire c'est que le réveil avait été brutal !
Je repris le chemin de l'étage, tout en priant pour ne pas le croiser à nouveau. Mes prières furent apparemment exaucées étant donnée que je pus arriver jusque dans le couloir en ne voyant personne. J'allais entrer dans ma chambre lorque mon regard se fixa sur la porte de la chambre de Rachel. Je devrais peut-être aller la voir ? Peut-être qu'elle voudrait parler un peu ? Elle avait eu l'air tellement bouleversée !
Je frappais doucement sur le panneau en bois.
"C'est qui ?"
Cette voix ne ressemblait pas à la voix de Rachel.
"Je ... C'est Sarah ..."
Il y eut un petit silence avant que sa voix ne retraverse la porte.
"Oh... Entre."
Je tournais la poignée doucement et referma derrière moi. Elle était vraissemblablement en train de travailler, elle leva les yeux de son cahier un instant pour me regarder puis recommença à écrire.
"Tu voulais quelque chose ?"
Jamais elle n'avait été si froide.
"Euh... Pas spécialement non... C'est juste que..."
Elle posa son stylo et se tourna vers moi.
"Sarah, j'ai pas vraiment le temps là ! Alors soit tu parles, soit tu sors. Tout ce que je te demande c'est de te décider rapidement."
Sa voix claqua, sèche. Et elle me blessa. Elle n'avait pas à me parler comme ça parce qu'elle était énervée contre son frère. Je n'avais pas à subir les frais du comportement immature et imbécile de Rob. Hors de question que je sois victime de ses agissements à sa place.
"Tu avais l'air bouleversée tout à l'heure, alors je voulais voir comme ça allait. Mais visiblement, tout va bien pour toi. Je te laisse reprendre tes activités, je ne viendrais plus te faire perdre ton temps, rassure-toi."
Je tournais les talons et ouvris la porte violemment. J'étais blessée et énervée.
"Sarah, attends..."
Son timbre tremblait dans l'air, timide et incertain, presque misérable. Elle avait vraiment l'air pas bien.
"Je... Excuse-moi. J'ai pas à m'en prendre à toi. Tu veux juste être gentille. Je suis vraiment désolée..."
Entendre sa voix étranglée dans sa gorge serrée me destabilisa un peu. Je ne pouvais pas lui en vouloir. Ce n'était pas de sa faute si son frère était un abruti !
Je pris une inspiration puis referma doucement la porte et retourna près d'elle. J'attrapais sa main et la conduit jusqu'à son lit. Elle aurait vraiment mérité que je continue sur ma lancée et la laisse toute seule, mais elle avait parlé si bas...
"Aller, raconte-moi..."
Je vis ses yeux humides et plus une once de colère ne subsista en moi.
Elle hocha faiblement la tête.
"Tout à l'heure... avec Rob, dans la cuisine on... on parlait et... et..."
Sa gorge était serrée et quelques spasmes lui donnaient des difficultés à parler.
Je mis mon bras autours de ses épaules et elle cala sa tête dans le creux de mon cou.
"Aller Duracell, calme-toi... respire et raconte-moi, on a tout le temps."
Petit à petit, sa respiration se calma et reprit un rythme régulier.
Je devrais lui dire que j'avais surpris la conversation qu'elle avait eu avec son frère... mais en même temps j'appréhendais sa réaction...
"Je... Rachel ? J'ai... quelque chose à t'avouer, avant que tu commences..."
Un petit silence accueillit mes paroles et elle me fit finalement signe de continuer.
"Tout à l'heure, je suis redescendue et... j'ai entendu ta conversation... avec Robert... Je sais que c'est pas bien mais... c'était plus fort que moi en quelque sorte et... j'aurais du signaler ma présence mais je l'ai pas fait et, je comprendrais tout à fait si tu..."
"Sarah !"
Elle m'avait coupé la parole. Je crois que je suis bonne pour des reproches...
"Sarah, arrête de t'en vouloir comme ça ! N'importe quelle personne normalement constituée aurait fait pareil !"
"Alors tu... tu ne m'en veux pas ? C'est sûr ?"
"Mais non ! Et puis, au moins, j'aurais pas à répéter ce qu'on s'est dit Rob et moi !"
Elle rit doucement et je sentis un sourire se former sur mes lèvres.
"C'est à cause de ça que tu étais si bouleversée ? Parce que ton frère enchaîne les poufs ?"
Elle rit encore plus.
"Je crois bien oui ! Mais dis comme ça ça parait nul ! C'est vrai quoi, je devrais m'en ficher ! C'est sa vie, pas la mienne ! Mais ... j'aimerais tellement qu'il fréquente une fille bien, posée, gentille, qui saurait l'aimer et... je sais pas... "
"Tu sais, je n'ai pas de frères et soeurs, mais je pense que je réagirais exactement comme toi... C'est tout à fait normal, rassure-toi ! Et je pense que ce que tu lui as dit va le faire réfléchir. Il peut pas rester insensible après ça, surtout quand on voit à quel point ça t'affecte ! Je pense qu'il prendra en compte ce que tu as dit..."
"J'espère..."
On resta un petit moment silencieuses. Je me demandais combien de filles est-ce qu'il avait fréquenté ? Cinquante ? Cent ? Cinq cent ? Je suis sûre qu'il se souvient même pas de leur prénom trois jours plus tard, si il a su leur prénom un jour je veux dire !
L'horloge de l'entrée sonna et indiqua qu'il était sept heures. Catherine et Ronald ne vont pas tarder. J'ai l'impression que cette journée est interminable !
"Rachel ? Tu viens ? Je vais préparer le dîner."
Elle se tourna vivement vers moi.
"Avec plaisir ! Quel est le menu de ce soir ?"
"A vrai dire, je n'y ai pas vraiment réfléchis... T'as une idée ?"
Elle ne répondit pas tout de suite.
"Je pense que nous allons devoir inspecter les placards en quête d'inspiration divine !"
J'éclatais de rire avant de l'attraper par la main et de la trainer jusqu'à la cuisine.
Elle sautilla d'un placard à l'autre, émettant suggestion sur suggestion et ajoutant un petit commentaire.
"Alooors, qu'avons-nous là ? Haricots verts ? Oh non ! J'aime pas ça ! Déjà c'est vert... Ca donne pas envie de les manger ! Petits pois ? Epinards ? Choux de Bruxelles ? Mais je comprends pas ! C'est tout vert ça ! Ils avaient plus de couleur au moment de créer les légumes ou quoi ?! C'est vrai quoi, imagine les épinards ce serait rose, ça donnerait plus envie hein ! D'ailleurs, tu sais que, les médicaments, des fois ils ont des couleurs comme ça, et bah, c'est justement pour donner envie aux gens de les prendre ! D'un côté c'est bien, mais imagine que quelqu'un en prenne sans s'arrêter tellement il trouve ça beau, comme des Smarties genre, et bah, c'est dangereux pour la santé non ? Hein ? Qu'est-ce que t'en pense ? Nan parce que je pense que ça peut vraiment créer de vrais problèmes... Avec tout ces gens qui se suicident avec les médicaments... Tu crois qu'on peut mourir si on avale trop d'aspirine ? Parce que, imagine qu'un jour j'ai super mal au ventre alors j'en prends plein, et PAF je meurs ! Ce serait pas de ma faute ! J'avais mal au ventre et voilà ! Ohh ! Si on faisait un gratin ? C'est bon les gratins ! J'aime surtout le fromage grillé dessus ! Je pourrais en manger sans m'arrêter... Dis, imaginons que le gratin soit comme les médicaments, si j'en mange trop, je meurs ?"
Cette fille était épuisante ! Mais j'étais ravie de voir qu'elle ne broyait plus du noir !
Après encore dix minutes de monologue intense sur le choix du repas, nous avions choisi le gratin. Et après, elle en allait encore de ses commentaires sur la préparation !
"Tu crois pas que les tranches de pomme de terre sont trop épaisses ? Parce si elles sont trop grosses, ça va cuire trop lentement et du coup le fromage sera trop grillé ! Nan parce que, le fromage grillé, j'aime bien, mais trop grillé c'est pas super cool... Tu sais pourquoi les pommes de terre on appelle ça des patates ? Parce que, c'est vrai quoi, y'a pas vraiment de rapport... A part le P et le T... et le S ! Si on met au pluriel, sinon y'a que le P et le T... Vraiment je comprends pas ! Tu crois qu'un jour, un mec il s'est levé le matin et il a eu une révélation ? "Nous allons appeler les pommes de terre, patates !" Et hop, ça a changé la face du monde... N'empêche s'il il a déposé l'idée il doit être hyper riche maintenant... Vu comment tout le monde dit patate... Oh Mon Dieu ! Tu crois que je dois lui payer des droits là ? Parce que j'ai dit plein de fois patate non ? Je crois... J'l'ai dit au moins quatre fois non ?"
Epuisante je vous dit ! Mais je rigolais bien !
Je sortis un moule et mis une couche de pomme de terre au fond, puis de la crème fraiche et ainsi de suite, jusqu'au fromage rapé sur le dessus. Nous avions mit le four à préchauffer entre deux monologues de Rachel et je réglais la minuterie. Il ne restait plus qu'à mettre la table !
Je tendis les set de tables à Rachel et elle continua à commenter !
"Sarah ? Pourquoi on appelle ça un set de table ? Il est marrant ce mot, set. C'est quoi ? Un homonyme non ? Parce que y'a sept le chiffre, set, comme le set de table là, un mec du lycée qui s'appelle Seth... C'est comme vert, y'en a plein ! Y'a la couleur, le verre en verre, vers, genre, je vais vers là-bas, ver comme le ver de terre... D'ailleurs un ver de terre on appelle ça un lombric aussi... A la base c'est lombric... C'est comme les patates ça ! Ca s'appelle lombric, qui c'est le zigoto qui a décidé d'appeler ça un ver ? Oh Mon Dieu ! Je viens de redire patate ! Oh ! Et la encore ! Je vais me ruiner en copyright !!!"
Le four bipa lorsque Catherine passa le pas de la porte, rapidement suivi par Ronald. Timing parfait !
"Bonsoir ! Il y a quelqu'un ?"
Rachel sortit en sautillant de la cuisine et je la suivais de près, la démarche plus calme.
"On est là nous ! D'ailleurs le repas est prêt ! On va encore se régaler aujourd'hui, Sarah a fait un truc trop bon !"
"Génial !! Comment on va faire pour se passer de toi Sarah ?!"
Catherine rit et je me sentis devenir rouge.
"Je me lave les mains et j'arrive ! Aller donc vous installer, je dirais à Rob de descendre en passant devant sa chambre !"
Elle embrasse sa fille et se dirigea vers la salle de bain.
Ronald nous dit bonjour à son tour avant d'aller s'asseoir à la cuisine, rapidement suivi de Rachel. Je sortais le plat du four et découpa les parts et commença à servir les plats.
Cinq minutes plus tard, tout le monde était assis autour de la table de la cuisine et j'avais déjà eu droit à une avalanche de compliments. J'étais assise à ma place attitrée, la même que ce midi, face à Rob et je n'osais pas lever les yeux vers lui, plus gênée qu'autre chose après la claque monumentale que je lui avait mise. Il l'avait bien cherché mais ma réaction a été assez disproportionnée... En même temps, son commentaire était plus que désobligeant et moqueur. Et le comportement qu'il a eu après, à jouer le séducteur. Il ne fallait pas qu'il essaie de jouer à ça avec moi. Même si je suis fan, je ne suis pas idiote au point de lui tomber dans les bras sous prétexte qu'il a fait un commentaire appréciateur. Il fallait vraiment qu'il ne se comporte pas comme ça avec moi. Parce que, même s'il m'agaçait au plus haut point, il n'en était pas moins le comble du sexy. Mes résolutions de rester froide et distante risquent d'être mises à rude épreuve s'il continue à me draguer comme il l'a fait tout à l'heure. Il me rendait complètement dingue ! Fébrile avec le désir bouillonnant dans les veines à chaque fois que je l'aperçois. Ses cheveux dans lesquels je n'ai qu'une envie, passer mes doigts. Ses magnifiques yeux gris dans lesquels je rêve de me noyer. Cette mâchoire tellement carrée que je me languis d'embrasser... Aaahhh ! Calme-toi Sarah ! Respire !
J'avais risqué un coup d'oeil vers lui et ça n'avait pas loupé, il me fixait juste à ce moment-là ! Mon coeur manqua un battement avant de redoubler pendant qu'une nuée de papillons voletaient dans mon ventre. Ca ne devrait pas être permis d'être si sexy ! S'il continuait à me regarder comme ça, j'allais vraiment avoir du mal à m'empêcher de lui sauter dessus. Et ce serait vraiment une mauvaise idée ! Surtout avec la réputation de coureur de jupon qui le précède ! Hors de question que je sois une de ces idiotes de passage dans son lit ! En plus, on vit ensemble, on ne peut pas faire ça ! Imaginez l'ambiance après ça ... ! Hep hep hep ! Je m'égare ! On en est pas là du tout ! N'empêche, combien de filles peuvent se vanter d'avoir perdu leur virginité avec LUI ?!! ... A la réflexion, il doit y en avoir plusieurs ... Pourquoi est-ce que cette pensée me démoralise-t-elle ?!
Le diner se passa sans événement spécial. Catherine et Ronald racontèrent quelques anecdotes de bureau, Rachel nous parla des derniers potins du lycée et lui, il resta silencieux. D'ailleurs, aussitôt le repas terminé, il se leva comme s'il avait des scarabés dans son pantalon et fila dans sa chambre.
Rachel avait une dissertation à finir et ses parents voulaient regarder un film mais ça ne me disait rien.
C'est ainsi que je finis dans ma chambre à lire. Pour changer !
Au bout d'un moment mes yeux commencèrent à me picoter et à se fermer tous seuls, je cornais alors le haut de la page et éteignit la lumière avant de me glisser sous les draps. L'étage était très silencieux et, à un moment, j'entendis une sorte de mélodie. Je me relevais et me laissais guider par le son. Ca ressemblait à une guitare. Là où le son était le plus fort correspondait à la porte communiquante. Je collais mon oreille contre elle et ferma les yeux pour me concentrer uniquement sur ce que j'entendais. Des cordes pincées et frottées et, quelques secondes plus tard, le murmure d'une voix grave qui fredonne. Sa voix.
Combien de temps est-ce que je suis restée là à l'écouter ? Je n'en ai aucune idée. J'ai même faillis m'endormir là, assis sur le sol, la tête plaquée contre le porte, bercée par la douce mélodie qui venait jusqu'à moi.
Je retournais alors dans mon lit et, une fois la tête enfoncée dans l'oreiller, j'essayais d'écouter encore et de me remémorer ce que j'avais entendu. A peine cinq minutes plus tard, j'étais endormie.
ALOOOORS ??
