Hey guys !

Me revoilà ! Je suis officiellement libre de toutes contraintes ! J'ai passé mon dernier examen lundi et je suis donc maintenant pleine de temps libre pour pouvoir vous publier le POV Robert du chapitre 6 ! J'espère que je pourrais aussi vous publier le chapitre 7 dans la foulée ! Parce que je suis en ce moment même en train de chercher un petit boulot pour l'été pour me faire un peu de sous ! Voilà voilà

En parlant de chapitre 7, j'ai déjà quelques idées mais, si vous avez des suggestions, des envies particulières ou quoi que ce soit, n'hésitez pas à me les faire parvenir, je me ferais un plaisir d'intégrer à ma fiction vos apports !

Écrire m'a manqué, lire vos reviews plus adorables les unes que les autres m'a manqué ! J'espère que, même si l'attente a été longue, vous serez au rendez-vous

Je ne vous retarde pas plus longtemps, je me tais, promis !

J'espère que ça va vous plaire On se retrouve en bas )

Enjoy !

POV Robert P.

Je continuais de l'observer pendant tout le reste du repas, ne m'en lassant pas. Mon seul regret fut qu'elle garda le visage baissé sur son assiette, me privant de la vue de ses jolis yeux bleus.

Cette fille ne devait pas être humaine, elle m'avait ensorcelé tellement rapidement … Il fallait que je prenne mes distances. Ça ne devrait pas être trop dur étant donné que je lui suis insupportable… Mais il y a un problème : je commence à baisser la garde, et ça c'est vraiment une mauvaise idée. Si je veux garder de la distance avec elle il ne faut surtout pas qu'elle m'apprécie, et encore moins que je m'attache à elle ! Je ne peux pas prendre de tels risque. Après tout je suis un acteur, je devrais pouvoir jouer ce rôle, celui du jeune homme moqueur et agaçant. Je n'avais qu'à voir ça comme un nouveau contrat, un nouveau personnage dans lequel je devais me glisser.

Rachel commença à ramasser les plats, bien vite aidée par Sarah. Mon rôle commençait maintenant. Moteur… Action !

Je me levais et disparu à la suite de mes parents, discutant plus ou moins avec eux.

Tout ce que j'avais à faire c'était éviter un maximum d'être dans la même pièce qu'elle et, si ça se produisait, je n'avais qu'à jouer mon personnage à fond. J'étais tout à fait capable de faire ça. En théorie du moins.

Mes parents commencèrent à se préparer à repartir au bureau et Rachel arriva à ce moment-là.

« Sois gentil, ok ? »

Elle m'avait dit ça d'un ton tellement sérieux que ça m'étonna. Être gentil ? C'était l'exact opposé des résolutions que je venais de prendre. Je ne pouvais pas être gentil. Mais je savais que je ne pouvais pas répondre ça à ma sœur. En plus, entre temps Sarah nous avait rejoint dans l'entrée et disait au revoir à mes parents. Je me contentais d'adresser un vague hochement de tête à ma sœur en espérant que ça suffirait.

Papa et Maman partirent les premiers, Rachel faisant ses adieux à Sarah à grands renforts de baisers et d'étreintes. À la voir comme ça, on aurait jamais pu croire qu'elles allaient se retrouver dans à peine quelques heures. Enfin, ma sœur passa la porte et Sarah ferma sur elle. Elle s'appuya sur la porte close en fermant les yeux, l'air épuisée, vidée. Il aurait fallu que je parte. Si je voulais respecter ma décision, je devais partir. Mais c'était plus fort que moi. Il fallait que je la regarde. J'en avais besoin en quelque sorte. Alors c'est ce que je fis. Je plongeais mes mains dans les poches de mon jean et je l'observais. Ses longs cheveux bruns qui encadraient si joliment son visage au teint clair. Sa petite bouche où résidait encore la trace lointaine d'un léger sourire. Ce t-shirt infiniment simple mais qui lui allait si bien. Et son jean, brut et tellement moulant qu'on aurait pu le croire cousu à même sa peau. Et enfin, ses petits pieds chaussés d'immenses chaussons à l'effigie de Betty Boop. Niveau crédibilité, elle perdait des points mais, je ne sais pas comment expliquer cela, ces pantoufles lui ajoutaient une part de charme enfantin et naïf totalement craquant. Je remontais mes yeux le long de son corps et finis par rencontrer son regard azur.

« T'as rien de mieux à faire que me regarder ? »

Son ton cassant m'étonna. Je n'aurais jamais cru qu'elle puisse dire un truc pareil. Je fus déstabilisé quelques secondes avant de répondre simplement, sur un ton assez neutre. Je n'avais pas envie de risquer une nouvelle confrontation.

« Pour l'instant non… »

Elle répondit en moins d'une seconde de réflexion, au tac au tac.

« Alors tu as vite intérêt à te trouver une occupation ! »

Cette phrase m'étonna de nouveau, et j'oubliais de nouveau mes résolutions, laissant ma curiosité l'emporter.

« Ah oui ? Et pourquoi donc ? »

Elle se retourna et attrapa une veste sur la patère de l'entrée avant d'ouvrir la porte.

« Parce que je sors. »

Et elle ferma la porte d'un coup sec derrière elle, sans néanmoins la claquer.

Cette fille était un véritable ouragan et je ne pouvais pas m'empêcher d'apprécier la faire sortir de ses gonds. Cette lueur d'énervement qui flamboyait dans ses yeux, la colère qui lui faisait un peu perdre ses moyens, ce qui faisait ressortir son léger accent lorsqu'elle parlait, et ses sourcils qui se fronçait légèrement, j'adorais ça. J'aimais même un peu trop ça pour mon propre bien !

Par la vitre de verre sablée de la porte je devinais sa silhouette debout, elle s'éloigna un peu et devint toute petite. Elle avait dû s'asseoir sur les marches du perron.

Comme si je ne savais pas que sa sortie n'était qu'un prétexte ! Elle était en chaussons nom d'un chien ! Je devais cependant admettre qu'elle ne manquait pas de talent, niveau improvisation.

J'entendais sa voix de loin. A qui parlait-elle ? Sa voix semblait légèrement différente. Je collais mon nez sur la vitre dans l'espoir d'apercevoir quelque chose ou quelqu'un mais rien. Elle parlait toute seule ? Puis je compris, elle devait être au téléphone. Et elle parlait en français. Se pourrait-elle qu'elle téléphone à son petit ami ? Avait-elle un petit ami ? Mes faibles notions de français ne me permettaient pas de trancher. En plus de ça, je n'entendais pratiquement rien !

Je suis resté un petit moment, planté là, dans l'entrée à penser, regardant distraitement la silhouette sombre de Sarah se découper sur la vitre. Et mes réflexions ont du durer un certain temps puisque je la vis se lever. Il fallait que je bouge ! J'allais quand même pas me laisser surprendre !

Je fonçais dans le salon, attrapant un livre au hasard sur l'étagère et l'ouvrant à une page inconnue. Je m'assis et fis semblant de lire, comme si ça faisait un moment que j'étais là. J'entendis la porte s'ouvrir puis le froissement des vêtements lorsqu'elle retira sa veste. Et ses pas qui approchaient. Elle apparut sur le seuil du salon, et ne parut pas me voir, marchant, presque flottant tant sa démarche était aérienne, vers la cuisine.

« Rapide cette balade… »

C'était moi qui venais de dire ça ? Etais-je devenu fou ?

Je la vis sursauter avant de se tourner dans ma direction, l'air un peu perdu.

« Tu me surveilles maintenant ? Marrant, j'aurais cru que la vie d'une star de cinéma serait plus palpitante. »

Sa voix était déformée par le sarcasme et avant que je ne puisse dire quoique ce soit, elle disparut par la porte battante de la cuisine.

Je restais assis dans mon fauteuil, les yeux fixés sur l'entrée de la cuisine. Cette fille avait un sens de la répartie plus que développé.

Cinq minutes plus tard elle n'était toujours pas ressortie. C'est à ce moment-là que les pires scénarios catastrophes commencèrent à affluer dans mon esprit. Et si elle avait eu un malaise ? Et si elle s'était assommée en ouvrant un placard ? Et si elle s'était noyée dans l'évier ? Et si un serial killer était dans la cuisine et la menaçait d'une arme ? Et si elle s'était faite enlevée par les extrater…

La porte s'ouvrit tout d'un coup, stoppant mon imagination tellement prolifique. Je ne la quittais pas de yeux et remarquai qu'elle accéléra le pas en arrivant dans le salon, à mon plus grand regret. À mon plus grand regret ? Ok, ça y est, j'ai pété les plombs. Je dois l'EVITER ! C'est pourtant pas compliqué ! Mais … Tout ce que je veux en fait c'est provoquer de nouvelles confrontations. Je voulais l'agacer pour voir ses yeux briller de colère et ses joues prendre cette si jolie teinte rosée. Je voulais sentir l'air devenir électrique et savoir qu'elle se retenait à deux mains pour ne pas me sauter dessus. Non pas pour m'embrasser mais pour me gifler. Elle était tellement craquante quand elle serrait les poings de colère en faisant cette petite moue, sourcils froncés. Mais je dois admettre qu'elle a un impressionnant self-control. N'importe qui d'autre m'aurait déjà frappé et hurlé dessus.

Elle avait disparu. Encore.

Je posais mon livre sur la table et montai dans ma chambre, à l'affût du moindre bruit. A peine avais-je clos la porte que je me précipitais sur la porte communicante, l'oreille collée contre le panneau de bois de la porte. Je voulais savoir ce qu'elle faisait. C'était plus fort que moi. Mais, même en me concentrant de toutes mes forces sur mon sens auditif, je n'entendis rien.

Sans que je ne m'en rendre compte, ma main s'était posée sur la poignée. Il me suffisait de l'actionner et je la verrais. Mais je ne pouvais pas faire ça. Je mis toute ma volonté à m'éloigner et ce fut aussi difficile de rester sur mon lit.

Cette fille était dangereuse. Je ne la connaissais pas, mais elle exerçait sur moi une attraction incomparable, elle me rendait fou. Stop ! Je ne PEUX pas ! Elle fan, toi idole. Fan + idole = gros problèmes à l'horizon. Alors tu te CALMES.

Je me jetais en arrière contre les oreillers, un bras sur les yeux, en soupirant.

Je ne pouvais pas et… Je devais être atteint d'un syndrome dérivant de la souche Carmen. Vous savez, ce drôle de truc, « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis. » J'en étais pas là. Pas encore. Pour l'instant j'en étais encore à la phase gosse gâté pourri. Je pouvais tout avoir mais c'était ce qui m'était interdit que je désirais. Je pouvais fréquenter à peu près n'importe quelle fille sans trop avoir à faire d'effort mais non. Je désirais la seule sur laquelle je ne pouvais jeter mon dévolu. La vie était mal faite.

Je crois que le pire dans cette histoire c'est que, des filles comme elle, j'en ai croisé des centaines sans leur adresser un regards. Des milliers de filles étaient au moins aussi jolies. Alors pourquoi elle ? Pourquoi le moindre de ses gestes me rendaient fébrile ? La plus minime de ses mimique me mettait dans touts mes états. Sa façon de rougir pour presque rien, sa démarche gracieuse et la façon de rejeter ses cheveux en arrière, l'air absent, sans vraiment se rendre compte de ce qu'elle fait. Son sourire qui creuse ces si jolies fossettes dans le creux de ses joues, son léger accent quand elle parler. Même sa façon de découper ses aliments quand elle mange me rend fou. Et sa manière d'attraper son verre pour le porter à ses lèvres… ses lèvres… j'avais presque été jaloux des aliments qui franchissaient cette barrière.

Je ne la connais pas. Je devrais la détester ! Hier encore je ne l'avais jamais vue ! Alors non, elle n'a pas le droit. Elle n'a pas le droit de me mettre dans des états pareils. Elle n'a pas le droit d'occuper chacune de mes pensées comme elle le fait. Je refuse ! Hors de question que je craque pour elle !

Je me sentais glisser dans le sommeil et, même si je le refusais, même si j'étais contre, je m'endormis en pensant à elle et à son si beau visage. Se pouvait-il qu'après vingt-trois ans de rejet de l'existence de ce qu'on appelle le coup de foudre, j'en sois victime ?... Quelle ironie du sort… Le destin s'était trouvé une nouvelle cible… Il avait décidemment un drôle de sens de l'humour… Devais-je dire merci ?

Le bruit d'une vibration me réveilla en sursaut. Qu'est-ce que… ? Un sms. De pub. Saleté d'opérateur.

Je sortis de ma chambre en me frottant les yeux. Le décalage horaire me faisait souffrir. Un coup d'œil à ma montre m'appris que Rachel n'allait pas tarder à arriver. En passant dans le couloir, je vis la porte de la chambre de Sarah entrouverte. Et si… ? Non ! Tu n'iras pas voir !

Malgré moi, mes yeux traînèrent. La pièce était vide, à priori.

Je descendais d'un pas lourd et ensommeillé l'escalier et alla vers le salon, l'esprit encore embrumé par mes rêves. Lorsque je fus sur le seuil de la salle à manger, je fus accueilli par la plus jolie des visions. Sarah était là. Assise en boule sur l'un des fauteuil cabriolet du coin lecture, les genoux ramenés contre sa poitrine et un énorme livre entre les mains. Le soleil l'effleurait doucement, donnant à ses cheveux des éclats d'or et de bronze. La fenêtre était entrouverte et une petite brise remuait les rideaux et agitait les ondulations chocolat de ses cheveux. Le mouvement de sa chevelure, sa position, le calme dans la pièce, tout cela semblait tellement parfait que la scène semblait irréelle. Est-ce que je rêvais encore ?

J'essayais tant bien que mal de faire le moins de bruit possible. Je ne voulais pas la déranger et encore moins la faire fuir une fois de plus. Visiblement mes précautions furent satisfaisantes puisqu'elle ne détacha pas ses yeux de son livre alors que je m'allongeais sur le canapé à côté d'elle. Le vibreur de mon téléphone m'avait réveillé mais j'étais encore crevé. La tête posée sur l'accoudoir je la regardais lire. Ses yeux bougeant d'un coin à l'autre de la page, un petit sourire se formant sur le rose de sa bouche quelquefois. A peine avait-elle tourné trois pages que je sentais mes paupières s'alourdir. Je fermant les yeux, arrêtant de lutter contre le sommeil alors que je ne désirais pas la quitter du regard. Mes pensées commencèrent à vagabonder mais je n'étais pas totalement endormi, certains bruits me ramenaient vers la réalité, accélérant les battements de mon cœur. C'est ainsi que j'entendis le bruit sec d'un livre que l'on refermait et le glissement de la couverture contre la table. Je m'attendais à ce qu'elle se lève et disparaisse mais non, d'après les bruits que j'entendais, elle était encore là. Il me semble que c'est une évolution. Je l'entendis soupirer avant de perdre totalement conscience.

« Rob ? Tu vas te faire mal à la nuque si tu restes dormir ici … Tu ferais mieux d'aller dans ton lit … Rob ? »

Ce chuchotement… Cette voix … Cet accent …Sarah…

Voilà qu'elle me hantait jusque dans mes rêves ! Quelque chose secoua mon épaule doucement, un contact chaud et doux.

« Rob, réveille-toi… »

De nouveau cette si jolie voix. Mon imaginaire restituait à la perfection la réalité !

« Rob… »

La chaleur sur mon épaule disparut et revint sur ma joue. Puis sur ma bouche. Ok, je ne pouvais pas rêver une telle sensation !

Mais alors ça voudrait dire que… Non, c'est impossible. Autant de tendresse pour quelqu'un que l'on apprécie pas, elle ne peut pas faire ça… ou peut-être que si ? Tant qu'à être câliné, autant que j'imagine ces caresses venir de qui je veux. En l'occurrence, la possibilité que ce soit celles d'une certaine jeune fille au yeux marine me mettait dans des états pas possibles.

Ses doigt glissèrent dans mes cheveux et s'y perdirent quelques instant. Juste après, un contact différent d'une main apparut sur ma joue. Le bruit me renseigna. Un baiser. C'était un baiser. Ses lèvres, sur ma joue… la plus douce des caresses.

Rappel : en plus du torse, je plus se laver le visage !

La chaleur de sa main revint sur mon épaule, me réchauffant à travers le tissus de mon t-shirt. La prise était un peu plus forte et je me sentis secoué à nouveau.

« Rob, réveille-toi… allez… »

Je bougeais un peu. Je n'avais pas envie de me réveiller complètement. Plus longtemps je serais « endormi » et plus long sera mon réveil. Peut-être aurais-je même le droit à de nouveaux baisers ? A croire que le Rob inconscient attire plus que le Rob en pleine possession de ses moyens. Endormi je devais sûrement avoir l'air plus vulnérable.

« Tu vas avoir mal au cou, tu seras plus à l'aise dans ton lit… Allez, debout… »

Bon, visiblement elle commençait à perdre patience. J'ouvris les yeux et cligna plusieurs fois pour m'habituer à la luminosité. Et je la vis, assise près de moi, penchée vers mon visage. Elle retira sa main de mon épaule si vite… Comme un réflexe… Et elle rougit.

« Euh … Rachel est arrivée et m'a demandé de te réveiller parce qu'elle avait peur que tu humm… te fasse un torticolis en restant allongé sur le canapé alors… euh… voilà… Désolée de t'avoir réveillé mais tu connais ta sœur, vaut mieux pas la contrarier ! »

Elle commença à se lever et, sans me rendre tout à fait compte de ce que je faisais, j'attrapais son poignet et l'attirai vers moi. Sa peau était douce et chaude sous mes doigts et je ne pus m'empêcher de caresser l'intérieur de son poignet avec mon pouce. J'approchais son visage du mien et me laissais envoûté par son odeur sucrée alors que je murmurais quelques mots à son oreille.

« Ne t'excuse pas, un réveil avec des caresses et des baisers est plus qu'agréable… »

Je vis ses sourcils se froncer alors que ses beaux yeux s'assombrissaient. Qu'est-ce que j'avais dit de mal encore ? Ma remarque était gentille non ? Je ne comprenais pas ses réactions… Comment fonctionnait cette fille ?

« Tout le monde est prêt pour un goûter ? »

Elle se leva d'un bond et quitta le salon au pas de charge. Qu'es-ce qui n'allait pas chez elle au juste ? Je m'assis et me frottai les yeux en baillant.

« T'as faim Rob ? »

Sans répondre je suivis Rachel dans la cuisine. Elle sortit deux mugs, des serviettes et un paquet de gâteaux et s'assit en face de moi à table.

« T'as passé un bon après-midi ? »

« C'est passé lentement ! J'en pouvais plus ! En plus j'ai eu une interro en anglais à cause de cet abruti de Mark Perry qui envoyait des boulettes de papier sur les gens ! Quand je pense qu'il a un an de plus que moi… Mais bon, je pense m'en être pas mal sortie heureusement. Et toi alors ? »

« Oh, tu sais… il ne s'est rien passé de particulièrement palpitant ! Le décalage horaire m'assomme, dès que je reste plus de trois minutes allongé je m'endors ! Mais ça fait tellement de bien d'être ici ! Tu m'as manqué Rach' ! »

Elle attrapa un gâteau et le trempa dans son thé.

« Toi aussi tu m'as manqué grand frère ! Quand est-ce que tu vas te décider à raconter le tournage ? »

Je souris.

« Je pensais le faire à midi mais j'ai eu un… contretemps. »

Elle sourit à son tour.

« Tu veux parler du moment où je t'ai crié dessus ou tu fais allusion à autre chose ? »

Elle me regarda, essayant de garder un air sérieux avant de rire. Les disputes ne duraient jamais longtemps entre elle et moi, et c'était tant mieux.

« Comment va Kristen ? J'ai vu les photos dans les journaux, rassure-moi, tu fais pas de bêtises hein ? »

« De quel genre de bêtise tu veux parler Rachel ? »

« Bêtise du genre coucher avec elle… »

Je ne dis rien un moment, me contentant de boire une gorgée de thé brûlant.

« Rob… »

« Rachel ! Je déteste quand tu prends cet air avec moi ! C'est ma vie ok ? Je suis un grand garçon capable de prendre des décisions. Mais, si ça peut te rassurer, non, nous n'avons pas couché ensemble. Satisfaite ? »

« D'accord, d'accord ! Je ne fais que me renseigner. Tu as eu l'occasion de parler un peu avec Sarah ? »

Ma sœur était la reine pour ce qui était du changement de sujet. Je me repassais mentalement les quelques phrases que nous avions échangés juste après le déjeuner. Puis la scène de mon réveil s'imposa à mon esprit. J'étais encore perplexe. Elle avait l'air de détester ma présence, pourtant elle avait été tellement douce et tendre… Ces caresses… et ce baiser… J'avais l'impression de toujours sentir sa bouche sur moi, la sensation de ses lèvres contre ma peau. Et sa façon de prononcer mon prénom…

Je secouais un peu la tête en souriant légèrement.

« Pas vraiment non… Je te l'ai dit, je me suis endormi tout l'après-midi et quand je suis sorti de ma chambre pour t'attendre dans le salon, je suis encore tombé comme une masse ! »

« C'est ce que j'ai vu ! Mais tu as eu un réveil plutôt plaisant non ? »

« Ouais… même si je comprends pas trop … Elle… Sarah, elle ne me supporte pas alors pourquoi elle ne s'est pas contentée de me secouer comme un prunier ? Pourquoi elle a été si douce ? »

« C'est parce que je suis trop forte ! Mon stratagème a marché ! Je savais qu'elle flancherait ! Forcément qu'elle te trouve beau… ! »

Je mis un moment à comprendre puis finalement toutes les pièces s'emboîtèrent. « Rachel est arrivée et m'a demandé de te réveiller… » Comment ais-je pu être aussi naïf ? Ma sœur était la plus grande manipulatrice que la Terre ait jamais portée, je devais me méfier davantage ! Une bouffée de rage m'envahit.

« Oui, bravo Rachel ! Tu veux qu'on t'accorde un jour férié ? En attendant, j'ai été surpris ! T'aurais pu me prévenir ou je sais pas ! Et c'est quoi ce bordel de stratagème ? Qu'est-ce que t'essaie de faire au juste ? »

« Surpris ? C'est ça ouais ! Tu vas quand même pas te plaindre ! C'était un réveil plutôt agréable non ? »

« Je ne dis pas le contraire ! Une fille qui te réveille avec des caresses, c'est toujours bon, qui que soit la fille. Jolie ou non ! »

« Voilà ! Et mon stratagème c'est un plan in-fai-lli-ble ! Elle va te tomber dans les bras, tu vas voir. »

« Pardon ? Mais non ! Rachel, t'arrête ça tout de suite ! Je ne veux pas qu'elle croit quoique ce soit ! Il est hors de question que je sorte avec elle ! C'est une fan ! T'es devenue folle ? »

« Mais Rob ! Si tu refuses de sortir avec tes fans, tu vas finir seul entouré de chats ! Crois-moi, Sarah c'est la fille parfaite. »

« Et je peux savoir ce qui te permet de dire ça ? Et puis, depuis quand tu te mêle de ma vie privée ? Rachel, occupe-toi de tes fesses ok ? J'ai pas besoin de toi ! »

« Ah oui ? Parce que c'est vrai que les filles avec qui tu sors sont tellement exceptionnelles ! J'avais oublié ! »

« Rachel ! Tes commentaires sur ma vie amoureuse tu te les garde. J'ai pas besoin de connaître ton avis. Les filles que je fréquente, tu ne les connais même pas, alors de quel droit tu te permets de les juger ? »

Je n'arrivais pas à croire que Rachel, ma petite sœur, s'apprête à me faire un sermon ! Bien sûr que ma vie amoureuse est assez décousue mais je n'ai pas besoin de connaître son opinion. Je suis un grand garçon, je peux me débrouiller seul. Qu'elle essaie de jouer les entremetteuses entre Sarah et moi me sidère !

« Mais j'ai pas besoin de les connaître pour savoir que ce sont des idiotes ! Si c'était pas le cas, tu ne les enchaînerais pas. Si c'était des filles bien, tu resterais avec. Sauf que c'est pas ce qui se passe. Et n'envisage même pas de nier ! Tu sais que j'ai raison ! Elles ont des prénoms débiles du genre Cherry et une intelligence inversement proportionnelle à la taille de leur bonnet de soutien-gorge ! Ce sont des profiteuses qui ne te prennent la main que pour t'entraîner dans un magasin et te montrer ce pour quoi elles veulent que tu dégaines ta carte de crédit. Ta célébrité leur permet de rentrer en soirée, soirée dans lesquelles elles draguent tout ce qui bouge sans aucun respect pour toi ! J'en ai marre de te voir avec des filles qui ne te méritent pas ! Des filles qui se joue de toi et de la confiance que tu leur accorde. J'en ai marre de voir mon frère sortir avec des filles qui n'en valent pas la peine ! J'aimerais qu'un jour tu me présente une personne avec laquelle tu sortiras et qui sera capable de te respecter, toi et ta famille, qui sera capable de retenir mon prénom et d'aligner plus de trois phrases intelligibles sans se mettre à rire comme une idiote ! Ce serait trop demander ? »

Jamais je ne me suis fait autant remit en place par quelqu'un. Sous le choc je ne répondait rien. J'étais vraiment abasourdi.

« Et puis, pour ces filles là, tu fais l'effort d'être agréable et sympathique, tu es un modèle de galanterie et d'élégance, alors que tu pourrais aussi bien être le dernier des pourris que ça changerait rien ! Et, juste quand tu as face à toi une fille qui tient la route comme Sarah, qui est très jolie et intelligente, drôle et serviable, digne de confiance et respectueuse, et que ta famille apprécie, tu te comporte comme le dernier des abrutis ! C'est quoi cette logique ? Est-ce que j'ai tout faux sur toi ? Peut-être que je me trompe et qu'en fait tu es loin d'être l'homme le plus adorable du monde. Peut-être que tu mérites que toutes ces filles profitent de toi finalement ? Parce que, crois-moi, quand je vois le comportement que tu as envers Sarah, c'est l'impression que ça donne ! Sauf que tu es mon frère, je sais ce que tu es, et je sais que tu es quelqu'un de bien, de droit. Alors agis tel que je t'ai toujours connu. »

Avant que je ne puisse réagir, elle avait reculé sa chaise et quitté la cuisine d'une démarche lourde et rapide, l'exact opposé de sa légèreté habituelle.

Je pensais à ce qu'elle venait de me dire. Je savais bien sûr qu'elle désapprouvait mon mode de vie mais je ne me serais jamais douté que ça l'affecte autant. Sa voix tremblotante vers la fin ne me laissait aucun doute. Elle avait de la peine et c'était à cause moi. Je n'en reviens pas de m'être rendu compte de rien avant aujourd'hui. Je dois vraiment être égoïste pour avoir agi comme ça.

Je vidais ma tasse dans l'évier et jeta mon biscuit à peine mordillé. Je n'avais plus d'appétit. Je repoussais ma chaise et sorti à mon tour de la cuisine. J'entendis des pas rapides, paniqués, et, juste après j'identifiais le grincement caractéristique de la porte des toilettes. Pourquoi Rachel s'enferme-t-elle dans les toilettes ?

Je commençais à monter les escaliers avant de me raviser. Je ferais mieux d'avoir une conversation avec ma sœur. Mieux valait battre le fer tant qu'il était encore chaud.

J'attendis patiemment que Rachel sorte des toilettes, appuyé sur le mur du couloir.

Elle en mettait du temps ! Qu'est-ce qu'elle fabriquait là-dedans ?

Finalement la poignée s'abaissa et la porte s'ouvrit. Mais je fus surpris de voir sortit Sarah et non Rachel. Qu'est-ce qui se passait ici ?

Elle écarquilla les yeux en me voyant et s'arrêta, la main encore sur la poignée. Les paroles de Rachel étaient tellement fraîches que je ne pus m'empêcher d'y repenser. Pourquoi est-ce que je ne me laisse pas aller ? Sarah est jolie, ma famille l'apprécie donc ce doit être quelqu'un de fiable… et je ne pouvais pas nier qu'elle avait un effet fou sur moi. Ses doigts et ses lèvres qui me réveillaient me revinrent en mémoire… Dieu sait combien j'aimerais partager cette intimité avec elle. Mais je ne pouvais pas bon sang !

J'avançais vers elle. Je voulais discuter, essayer de faire ce que Rachel m'avait dit : « être gentil ». Je sentis ma bouche s'ouvrir, j'entendis ma voix résonner mais je ne saisissais pas le sens de mes paroles. Je ne me rendis compte de ce que je venais de dire qu'en croisant le regard gêné puis furieux de Sarah. Qu'est-ce que je venais de dire au juste ? Puis je me rendis compte… Oh mon Dieu ! Mais qu'est-ce qui m'est arrivé ? Je suis devenu dingue ? Mon cerveau a court-circuité ? Dire CA ! A ELLE ! Mourir, il ne me reste plus que ça. Mon corps était en pilote automatique, je n'arrivais plus à le contrôler.

Soudain une chaleur cuisante envahit ma joue et ma tête pivota un peu. Sarah avait encore la main en l'air.

Mes doigts effleurèrent ma pommette. Venait-elle de me gifler ? … Je le mérite. La colère déserta son visage, et l'inquiétude creusa un petit plus entre ses sourcils.

Le pilote automatique qui dirigeait mon corps sans que je puise reprendre le contrôle attrapa la main qui venait de s'abattre sur mon visage. La douceur de sa peau et la finesse de ses articulation me submergèrent et je caressais inconsciemment ses doigts.

« Ca va, tu ne t'es pas fait trop mal ? »

Je lui fit un sourire. Mais la colère revient enflammer ses traits. Pourquoi est-ce que je ne pouvais rien faire comme il faut ?

Elle arracha sa main de mes doigts et dit d'une vois distante, sans émotions.

« Ca va très bien, merci de ta sollicitude. »

Elle commença à s'éloigner mais je rattrapais son poignet. Elle fit volte-face vers moi, entraînant ses beaux cheveux ébène dans le mouvement. Je l'attirais vers moi, un peu plus proche.

« Tu es sûre hein ? Je ne voudrais pas être fautif d'une quelconque souffrance pour toi. »

Mon visage se pencha vers le sien, mes lèvres proches de son oreille.

« Je dois sûrement avoir quelque chose pour apaiser ta douleur... »

« Tu pourrais peut-être venir dans ma chambre... Je prendrais soin de toi ... »

Elle ferma un peu les yeux et je vis un frisson faire apparaître de la chaire de poule sur sa nuque… Elle n'était pas du tout indifférente… Mais alors que je croyais qu'elle allait succomber, elle s'écarta sèchement de moi.

« J'ai dit que ça allait. »

Et elle disparut vers le salon. Ok, qu'est-ce qui venait de se passer là ? Je m'assis sur la première marche des escaliers et tira mes cheveux en arrière. Je suis fou. Je ne vois pas d'autre explication à mon comportement.

Je sentais encore ma joue palpiter. Le peau tirait un peu. Elle avait vraiment frappé fort.

Je me levais et alla me jeter sur mon lit.

J'avais besoin d'un débriefing.

Mon pilote automatique est complètement cinglé. L'agacer puis l'allumer, qu'elle technique formidable ! ABRUTI ! ABRUTI ! ABRUTI ! ABRUTI ! Tu as réussi à te mettre ta sœur à dos et maintenant, Sarah qui avait déjà du mal à te blairer, doit maintenant être en train de créer une poupée vaudou à son effigie. Magnifique. Félicitations. Vraiment, bravo ! Tu as tout bon ! ABRUTI !

J'entendis des pas dans le couloir puis quelqu'un qui toquait à une porte. Un silence puis une voix… sa voix…

« Je… C'est Sarah… »

Elle avait l'air mal à l'aise.

J'entendis une porte s'ouvrir puis se fermer et puis plus rien si ce n'est des éclats de voix au loin. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'elles se disaient.

Je tripotais mon portable en me claquant mentalement quand mes yeux se posèrent sur la porte communicante. Et si je … ? Non. Je ne peux pas. Il ne faut pas. Je n'ai pas le droit. Pourtant mes jambes me portèrent jusqu'à la porte et déjà je l'ouvrais.

Je vis d'abord des livres, des dizaines de livres partout où je posais les yeux. Sur le bureau, la table de nuit, le lit, le sol, partout. Je vis un cadre photo sur la tablette qui surplombait le radiateur. J'entrais prudemment, priant pour que personne n'arrive à ce moment-là et attrapa le cadre. Sarah avec ses parents sans doute. Elle était absolument magnifique là-dessus. Le soleil frappait son visage, le rendant encore plus lumineux et ses yeux étaient du même bleu turquoise que la mer qui était en arrière plan. Un grand sourire creusait ses fossettes.

J'entendis dans le couloir une porte s'ouvrir et je couru dans ma chambre, me plaquant contre la porte communicante, le cœur battant à tout rompre, explosant pratiquement. Je pris de longues inspirations pour me calmer.

Je m'assis à mon bureau et posa mon front dans mes bras. Un peu plus et j'étais foutu !

Au bout d'un moment ma nuque devint raide mais je n'avais pas envie de bouger. Je repensais à la sensation du baiser de Sarah et ça me rendait fou, à la fois de désir et de frustration. Qu'est-ce que je donnerais pas pour qu'elle ose à nouveau, pour que j'arrive enfin à bien me comporter avec elle, pour qu'elle m'apprécie. Au début de l'après-midi je voulais garder mes distances avec elle mais maintenant je ne pouvais plus. Maintenant que j'avais éprouvé sa douceur, mon seul souhait est de l'avoir près de moi… Comment est-ce que je peux changer aussi radicalement d'état d'esprit en quelques heures ? Je jure que cette fille à un drôle d'effet sur moi.

Mes pensées se mirent à vagabonder loin, loin de mes préoccupations et je me sentis somnoler. Le décalage horaire me faisait tomber comme une marre. Je sursautais un peu quand j'entendis des coups frappés à ma porte.

« Oui ? »

Ma mère passa la tête dans l'entrebâillement de la porte.

« Oh ! Tu dormais chéri ? Désolée ! Je voulais juste te prévenir qu'on passait à table. »

« OK, j'arrive. Merci M'man. »

Je me levais et passa ma main dans ma nuque avant de secouer la tête pour me réveillée.

Tout le monde était déjà à table lorsque j'arrivais et je pris place face à Sarah qui servait les plats. Je ne la lâchais pas des yeux, écoutant les discussions d'une oreille distraite. Je voulais de tout mon cœur qu'elle lève les yeux pour que je puisse voir son adorable visage. Je chipotais dans mon assiette, ayant peur que, si je la lâchais des yeux pour regarder mon plat, elle choisisse ce moment pour lever le regard.

Au bout d'un moment, j'eus le plaisir de voir son visage. Ma patience avait payé. Lorsqu'elle se rendit compte que je la fixais, elle détourna ses beaux yeux des miens et se mit à rougir. Cette coloration sur ses joues la rendait affreusement touchante, vulnérable. Elle ne peut pas contrôler ses rougeurs et ça me permet de savoir ce qu'elle peut ressentir.

Je baissais finalement les yeux sur mon plat et piqua ma fourchette dans une des pommes de terre. Personne ne parut se rendre compte de mon silence, ils étaient touts absorbés dans leurs propres anecdotes et c'était tant mieux. Une fois mon plat vide, je repoussais un peu ma chaise en arrière en m'efforçant d'arrêter de dévorer du regard la jeune fille assise face à moi. Malheureusement, je n'y arrivais pas. J'adorais suivre des yeux les ondulations désordonnées de ses cheveux bruns, j'aimais regarder ses petites mains tenir son verre et le porter à sa jolie bouche. Oh mon Dieu, je la voulait. Vraiment. Et je ne pouvais pas. Mais je crois que si je reste un peu trop longtemps avec elle là, je vais lui sauter dessus. D'autant que je ne peux pas m'empêcher de repenser à la claque retentissante qu'elle m'a mit. Si elle met autant de fougue et de passion dans ses baisers, ils doivent ç eux seuls pouvoir combler tous les manques énergétiques de la planète. Mon cerveau ne cessait de me communiquer des fantasmes qui, je dois l'avouer, paraissaient étrangement réalistes, et dans lesquels cette jeune femme était contre moi, tremblante de désir et d'envie. Faut que j'arrête là.

Mes yeux finirent par faire le lien entre Rachel qui regroupait les assiettes et la fin du repas. Mes jambes me dirent bondir hors de ma chaise puis de la cuisine. J'avais besoin de me calmer et d'enfouir mes pulsions loin, dans un coin reculé et assez inaccessible de mon cerveau.

Je montais m'abriter dans ma chambre et agrippa ma guitare au passage.

Des images toujours plus belles les unes que les autres envahissaient mes pensées et je tentais de les réfréner en faisant glisser mes doigts de long des cordes. Ce ne fut que lorsque j'entendis distinctement les notes que je me rendis compte que ma respiration était jusque là haletante.

Mes doigts dérivaient toujours entre les cordes, les pinçant doucement, me calmant peu à peu. Lorsque je fit tout à fait apaisé, j'entendis quelques bruits provenant de la chambre voisine s'insinuer sous l'interstice entre le sol et la porte communicante. Rien que de penser que, en l'ouvrant, je pourrais pénétrer le monde merveilleux de Sarah, me rendait fou.

Mes doigts pincèrent les cordes de plus en plus fort pour recouvrir mes pensées.

De petits coups à la porte de ma chambre mirent mon cœur en folie.

« Oui ? »

La poignée tourne. C'est peut-être elle. Je veux que ça soit elle. Et en même temps non.

La porte s'ouvre.

C'est Rachel.

Le soulagement et la déception déferlent sur moi.

« Rob, j'ai une disserte à finir, t'as obligé de jouer si fort ? »

« Ca ne t'as jamais dérangé la musique… »

« La musique non. Mais ce que tu sais là, c'est tout sauf de la musique. »

Oh… Ah bon ?

« Rob, je t'ai vu pendant le dîner… ça t'as fait réfléchir ce que je t'ai dit, non ? »

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

« La façon que tes yeux avaient de regarder Sarah. »

Merde… elle avait remarqué ça. J'aurais pourtant juré qu'elle était absorbé dans les conversations.

« Euh… ouais… non… c'est pas ce que tu crois. C'est juste que… »

« Rob, t'es mon frère. Je ne connais. Et je peux te dire que, si tu te lances sur cette voie, ça va être tout sauf facile. Vu comment tu t'es comporté comme un abruti sans cervelle… Mais t'as une chance… Y'a qu'à voir comment elle t'a réveillé tout à l'heure… »

« Rachel… je ne peux pas… si vite c'est… impossible… »

J'avais les yeux baissés sur mon couvre-lit. J'entendis la porte se fermer et Rachel s'assit devant moi.

« Qu'est-ce qui est impossible ? »

Je levais les yeux vers elle et la vit, ma sœur, tellement plus mature que la dernière fois où je l'avais quitté. Elle avait grandi, beaucoup, plus que je ne voulais le voir. Même si elle restait fofolle.

« Comment je peux être si… en même pas une journée elle m'a… je sais pas… c'est pas normal… »

Rachel posa ses mains sur les miennes et plongea ses yeux dans les miens.

« C'est la magie Sarah. Elle nous a tout envoûté si vite. Même papa ! Et… Rob, c'est peut-être comme ça que ça se passe quand… »

Elle laissa sa phrase en suspens et j'attendais la suite.

« Quand quoi ? »

« Quand… tu sais… on rencontre la personne. Celle qui nous correspond. Celle qui a été crée juste pour nous. »

En temps normal j'aurais ri au nez de ma sœur. C'était une romantique devant l'éternel et je m'étais toujours moqué d'elle et de ses croyances en l'âme sœur. Mais là, son explication me paraissait être la seule qui expliquait ce que je vivais.

Rachel serra une dernière fois mes doigts et s'éloigna, me laissant méditer ses paroles. Avant de quitter ma chambre elle se retourna.

« Oh ! Rob, une dernière chose… »

Elle attendit que je tourna la tête vers elle pour continuer.

« J'vais pas te cacher que ça va être dur. Mais c'est pas mission impossible non plus. Tu es acteur pas vrai ? Alors tu ne devrais pas avoir trop de mal à jouer le garçon gentil et doux que tu es habituellement… Soit son prince charmant. »

Elle commença à s'éloigner avant de se retourner de nouveau.

« Dernière chose : joue quelque chose de beau, comme tu sais toujours si bien le faire. Je suis sûre qu'elle peut t'entendre de sa chambre. Berce la de jolies choses… »

Cette fois-ci elle disparut pour de bon. Je fouillais dans ma mémoire. Quelque chose de doux ? Mes doigts se rappelèrent avant moi d'une jolie mélodie et commencèrent à bouger, comme de leur propre chef, le long du manche de ma guitare.

Mon cerveau se rappela les notes et j'eus l'impression de ressentir chaque son au plus profond de moi. Je n'avais jamais vraiment cru à l'amour, mais là, ce soir, entouré de cette berceuse et des paroles de ma sœur, j'avais envie d'y croire.

J'allais m'appuyer contre la porte communicante, la moquette calfeutrant mes pas. Et je jouais. Je jouais avec l'espoir qu'elle entendait et que ça lui plaisait. Avec l'espoir qu'elle sache oublier, pardonner. Avec l'envie qu'elle oublie l'acteur pour voir l'homme. Qu'elle oublie tout pour ne plus voir que moi.

À la fin de ma chanson, alors que la dernière note s'envola dans les airs, je crus entendre quelque chose. Je ne sais pas si c'était mon imagination qui me jouait un tour mais j'aurais juré avoir entendu quelqu'un chantonner doucement, juste derrière cette porte, cette si mince séparation entre mon monde survolté et le sien, à la fois rempli de douceur et de tendresse mais aussi de colère contenue et de fougue. Mon petit cœur morose voulait s'emparer de son joli cœur rose.

Et voilà ! Alors, verdict ? Comme quoi notre Rob ne se rend pas vraiment compte qu'il se comporte comme Cro Magnon ! Après tout ce n'est qu'un novice pour ce qui est de l'amour, on lui pardonne non ?

Comme d'habitude, n'hésitez pas à me faire part de vos avis, critiques, suggestions, et de me signaler les éventuelles fautes d'orthographe qui aurait échappé à ma vigilance et celle de Microsoft Word !

Je vous dis à très très vite

L.