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LA CORRESPONDANTE CHAP 7
Pov Sarah
En me reveillant ce matin là, j'avais un drôle de pressentiment. Je sentais que cette journée allait être différente. Peut-être était-ce du au soleil qui entrait par la fenêtre, légèrement voilé par mes rideaux, et qui réchauffait gentiment mes draps. J'ouvris mes rideaux et le soleil m'eblouit pendant un instant. Le petit parc devant la maison était baigné de cette teinte chaude qui donnait aux feuilles des arbres des nuances que je n'avais pas encore vu. C'était le premier jour de soleil depuis mon arrivée.
Je préparais ma tenue et fila dans la salle de bain. L'eau brulante coulait sur moi et j'avais l'impression qu'elle retirait tous les souvenirs désagréables d'hier. J'esperais qu'aujourd'hui serai différent. Je n'avais pas envie de me disputer, pas envie qu'il y ait des situations ambiguës, je voulais juste que cette journée soit tranquille.
Je m'enroulais dans la grande serviette toute douce et en prit une plus petite pour sécher mes cheveux. Toute la salle de bain sentais le mixa bébé et la vanille de mon gel douche. J'ouvris l'armoire qui surplombait le lavabo et me vaporisa du parfum et du déodorant. S'ajoutait maintenant la fraicheur et l'odeur de bonbon acidulé que j'aimais tant.
J'entendis des petits coups à la porte.
"Oui ?"
"Sarah ? Je peux entrer ?"
"Bien sur Rachel ! Je t'ouvres attends, bouge pas !"
Je deverouillais la porte et un petit courant d'air frais me fit frissonner.
"Bien dormi ?"
"J'suis claquée ! J'me suis couchée tard pour finir cette dissert et je crois que tout ce temps passé desss ne va même pas payer... Et toi ?"
"Tres bien ! J'ai été réveillée par le soleil, c'était très agréable."
"J'ai passé un bras dehors, l'air est plutôt doux, je crois qu'on va pouvoir se passer de manteau aujourd'hui ! Et c'est tant mieux parce que j'avais prévu de mettre ma nouvelle robe et qu'elle de porte sans manteau, ou, a la rigueur, quelque chose de léger et élégant, chose que je n'aie pas !"
Je me poussais pour lui laisser l'accès au lavabo et elle mît du dentifrice sur sa brosse a dent. Cette étape m'impressionnait toujours. Je ne sais pas pour vous mais, moi, j'appuie dur le tube et je met plus ou moins correctement ce qui en sort sur la brosse. Rachel non. C'est pratiquement chirurgical ! Aucun poils ne dépasse, le dentifrice est parfaitement appliqué et on distingue correctement les trois couleurs.
"Tu sais, tu devrais postuler pour applicatrice de dentifrice sur les brosses a dents, ça leur ferait des économies de ne pas avoir a faire appel a une société de graphisme pour qu'ils dessinnent le dentifrie sur la brosse !"
"Attention, il y a dix-sept ans d'expérience ! Y'a de l'entraînement !"
J'eclatais de rire et elle sourit en se brossant les dents. On avait refermé la porte et, de nouveau, quelqu'un frappa.
"Oui ?"
"Rachel ! Sors de cette salle de bain ! T'es pas seule au monde !"
"Oh ! Est-ce que ce ne serait pas la délicieuse voix de mon frère que j'entends, si agréable, de bon matin ?"
Je ne pus retenir un sourire. Rachel était la reine de l'ironie.
"Mais qu'est-ce que tu fabriques là-dedans ?!"
"A ton avis Rob, qu'est-ce qu'on peut bien faire dans une salle de bain ? Suggestion numéro un : se laver. Suggestion numéro deux : se brosser les dents. Suggestions numéro trois : aller aux toilettes. Suggestion numéro quatre : se parfumer. Suggestion numéro cin..."
"Oui bon je crois que ça va aller là ! J'ai saisi le concept ! Tu peux m'ouvrir maintenant ?"
Rachel m'interrogea du regard. C'est vrai qu'il ne fallait pas oublier un détail qui avait de l'importance : j'étais pratiquement nue et on ne se supportait pas. Je lui fis un petit signe de tête.
"Cest bon, je m'en vais de toute façon. Omelette et pancakes ?"
"Miam ! On a encore du nappage au chocolat ?"
"Je crois oui..."
"Super !"
"Ok, a tout de suite."
Je deverouillais de nouveau la porte et fit face a Rob, uniquement vêtu d'un pantalon de pyjama. C'était un crétin arrogant decidemment très, très sexy.
Il fronça les sourcils quelques secondes. C'était légitime, il croyait qu'il y avait Rachel dans la salle de bain et c'était moi qui sortait !
"Elle se brossait les dents."
Je commençai à m'eloigner dans le couloir.
"Eh, Sarah ?"
Sa voix qui prononçait mon prénom déclencha une vague de frisson le long de ma colonne vertébrale. Je me retournais doucement.
"Bonjour !"
Il avait dit ça juste avant d'entrer dans la salle de bain.
Est-ce que j'avais bien entendu ? Venait-il vraiment de dire bonjour ? Est-ce qu'il cherchait a de moquer de moi ou...? Ou quoi d'ailleurs ?
Je m'habillais rapidement et attachais mes cheveux mouillés avec un crayon qui était posé sur mon bureau. J'entendais de la musique a travers la porte de Rachel, elle devait être en train de s'habiller.
Je mis la table et sortis la préparation pour pancakes du frigo. J'allumais le feu et attendus que le cercle central devienne rouge, signe qu'elle était chaude. Je mis en marche la machine a café et sortis des œufs.
Je faisais l'omelette de Rachel, la hotte au-dessus de moi aspirant a grands bruits les petites projections d'huile lorsque je sentis quelqu'un tirer sur le crayon qui retenait mes cheveux.
"Qu'est-ce que ...?"
En me retournant, je le vis lui, juste devant moi, mon crayon coincé entre ses longs doigts.
"J'avais besoin d'un stylo pour faire mon sudoku."
Je sentais que j'avais la bouche ouverte. Non mais quel toupet.
"Je... Je... Mais...!"
Je savais même pas quoi lui répondre tellement j'étais abassourdie.
Il approcha doucement de moi et s'appuya sur le meuble, en faisant passer mon crayon entre ses doigts comme une majorette. Il le glissa ensuite derrière son oreille.
"Et je trouve ça plus joli quand tes cheveux sont detachés."
Et il partit se servir un café.
Mais quel était son probleme a ce mec ?
Je cassais les œufs dans la poêle et restais a fixer la partie translucide devenir blanche sous l'effet de la chaleur.
Catherine et Ronald arrivèrent.
"Bonjour Sarah ! Bien dormi ?"
Je repensais un moment a ma nuit. Surtout a ce que j'avais entendu avant de m'endormir. La mélodie me trottait encore en tête.
J'attrapais la poêle et me tourna vers la table.
"Tres bien ! Des oeufs ?"
"Si tu continues a nous habituer a t'occuper de nous comme ça, comment est-ce qu'on va faire quand tu ne seras plus la ?!"
"Oh ! Je ne me fais pas de soucis !"
J'attrapais la spatule et servit les œufs. Il ne restait qu'une assiette. La sienne.
"Oeufs ?"
Il leva la tête de son journal et je ne pus m'empêcher de fondre en voyant ses beaux yeux gris.
"Oui, merci."
Je sentis ma peau s'enflammer et une nuée de papillons s'envola dans mon estomac quand il me sourit.
J'allais vers le frigo et en sortit quelque chose que je posais a cote de lui sur la table. Il ne sembla pas le remarquer. En revanche, Rachel oui.
"T'as vu ça Rob ? Ton petit dej préféré ! On dirait qu'il y en a une qui a bien appris ses leçons..."
"Rachel, stop."
Je jetais un œil de son cote et le vit qui regardait sa sœur d'un air agacé.
"Qu'est-ce que j'ai dit encore ? C'est pas vrai peut-être ? Dit ce que tu veux mais tu peux pas nier que quelqu'un a cherché a te faire plaisir..."
"Quoi ?"
"T'es aveugle ?"
"Quoi ?"
"Ouvre tes yeux !"
Est-ce qu'ils allaient encore de disputer ? Encore a cause de moi ?
"Rachel, c'est rien. Allez, mange, tu vas finir par être en retard sinon."
Il valait mieux que je la calme. Je voulais pas de tensions. Une journée tranquille, ensoleillée.
"Bon les enfants, faut que j'y aille, j'ai une réunion !"
"Attends moi chéri, je pars aussi ! Sarah, encore merci pour le petit déjeuner, c'était excellent !"
"Ca m'a fait plaisir Catherine. Bonne journée !"
"Oh ! Avant que j'oublie, on ne rentre pas a midi. On a quelque chose a faire Ron et moi donc, ne nous attendez pas !"
"Qu'est-ce qu'on a a faire ?"
"Ce truc la !"
"Quel truc ?"
"Mais si, tu sais, ce truc..."
Je voyais Catherine qui faisait les gros yeux a son mari et ça me fit rire.
"Pas de problèmes ! A ce soir alors !"
"Oui ! On ne tarde pas ! Passez une bonne soirée les jeunes ! Rachel, tu veux que je te dépose au lycée ?"
"Ouais, cool ! J'prends mon sac et j'arrive ! J'ai un devoir de géo a faire, faut que je passe a la bibliothèque a midi, et sûrement après les cours, je devrais être la vers six heure et demi, ok Sarah ?"
"D'accord Rachel ! Travaille bien !"
"Compte sur moi !"
Il me planta un baiser sur la joue et fila chercher son sac. Catherine et Ronald nous firent un signe du pas de la porte.
"Bonne journée Sarah ! Ne laisse pas Rob t'embeter ! Rachel ! Si tu veux que je t'accompagne c'est maintenant !"
"J'arrive !"
Il sauta les trois dernières marches et sortit en coup de vent en criant un "bye" en fermant la porte.
Mouvementé le départ !
"J'avais presque oublié comment c'était de vivre ici !"
Je souris et me tourna vers lui.
"Je crois que c'est la première fois depuis que je suis la que c'est aussi remuant ! Tu as finis de manger ?"
"Euh... Oui..."
"Okay !"
Je passais devant lui pour aller a la cuisine et son odeur me parvint comme une petite vague. Il venait de faire sa douche et son parfum embaumait.
Je remis le lait et le jus d'orange au frigo et rangea les céréales.
"Attends, je vais t'aider."
"Oh ça va ! C'est pas trois bols et quatre assiettes qui vont me poser problèmes !"
"Ca me dérange pas de t'aider tu sais..."
"Nan mais... Ne te sens pas obligé ni rien... Je sais que tu m'apprecie pas trop alors surtout ne te force pas a quoique ce soit ..."
"Sarah... Je... J'ai envie de t'aider d'accord ? Ne te casse pas la tête pour moi..."
"Tres bien..."
"Donc, dis moi, je suis la deuxième paires de bras, qu'est-ce que je fais ?"
Je lui jetais un coup d'oeil et le vit qui souriait. Le soleil entrait par la porte fenêtre et inondait la pièce d'une jolie lumiere.
"Alors, tu pourrais déjà regrouper les pancakes qui restent dans une assiette et les recouvrir de film transparent, tu penses pouvoir y arriver ?"
"Je crois que c'est dans mes cordes !"
Je mis les assiettes dans le lave-vaisselle et en me retournant pour prendre les verres, je ne pus m'empêcher d'eclater de rire. Il venait de découper une bande de film fraicheur et, avec l'électricité statique, celle-ci se collait sur ses avant-bras !
Il le va les yeux vers moi et leva un sourcil.
"Tu voudrais pas me sauver ?"
J'approchais et attrapa deux des coins de la bande, en tachant de ne pas penser a sa proximité ni au fait qu'il avait la peau decidemment très douce.
"Une feuille de film fraicheur a reussit a venir a bout de l'immense dextérité de Robert Pattinson. C'est un scoop ou je ne m'y connais pas...!"
"Serais-tu en train de te moquer de moi ?"
"Moi ? Jamais voyons ! C'est juste que constater qu'une simple bande de film transparent réussi a rendre vulnérable un homme qui affronte chaque jour des hordes de fans dechaines et de journalistes, c'est vraiment comique."
Je finis de coincer le film sous l'assiette et lui jetais un coup d'oeil.
"Admire la perfection."
"Okay... Je dois avouer que je suis complètement nul pour ce qui est du film transparent. Est-ce que je peux essayer de te prouver que je ne suis pas totalement incompétent ?"
"Mais avec plaisir ! Tiens, quelque chose de facile, prends l'assiette de pancakes et range la au frigo."
Il me regarda d'un air "tu te moques de moi ?" et je rougis un peu.
Puis il attrapa le plat et ouvrit le frigo.
Je n'en revenais pas. Que venait-il de se passer ? Est-ce que j'étais dans un univers parallèle ou bien est-ce que nous avions vraiment réussi a nous parler ? Cette journée est a marquer d'une Pierre blanche ! C'est historique !
"Voila ! J'ai réussi !"
"Felicitations M. Bond !"
Je fermais le lave-vaisselle et me passais les mains sous l'eau.
Il n'y avait plus aucun bruit dans la maison, si ce n'est celui du frottement de la serviette sur ma peau.
"Je... Sarah ?"
Sa voix vibrait dans l'air, incertaine et douce. Je le tournais doucement et posa la serviette sur le plan de travaille. Il tenait dans sa main la petite boite que j'avais posé un peu plus tôt a cote de lui a table.
"O...Oui ?"
J'avalais ma salive difficilement, luttant contre moi même pour réussir a garder mes yeux fixés aux siens.
"Qu'est-ce que... Qu'est-ce que c'est ?"
"Oh ! Euh... C'est rien, c'est juste, tu sais, un truc..."
"Un truc ?"
"...Ouais ?"
Il avança doucement vers moi et s'appuya contre la table, juste en face.
"Un truc ou y'a écrit mon nom dessus..."
Je sentais mon visage irradier, je devais avoir les pomettes écarlates.
J'hochais doucement la tête tout en baissant le regard sur les orteils.
"Donc c'est pour moi n'est-ce pas ?"
"Mmh..."
Il souleva le couvercle et mon regard se scotcha a ses doigts, ses si longs doigts qui me faisait rêver.
"Oh ... Est-ce que c'est vraiment ?"
"Un mini tiramisu, oui..."
"Comment est-ce que ...?"
Mon visage se leva se lui même et nos yeux s'accrocherent.
"Je sais que... Qu'il ne faut pas croire tout ce que disent les journaux mais... Un jour, un journaliste t'as demandé quel était ton dessert préfèré et t'as dit que c'était le tiramisu alors je me suis dit que... Ouais enfin, c'est peut-être n'importe quoi mais bon... Je me suis dit que, si c'était vrai, ca te ferait plaisir et que ça te permettrait peut-être de pas trop me détester, peut-etre même de m'apprecier un peu... Et puis, hier, on s'est pas très bien conduits tous les deux alors je... Oh laisse tomber, c'était idiot ! Oublie tout ça et cette boite et fais comme si de rien était !"
Je me sentais idiote. Avec le recul, c'était complètement ridicule. En plus de ça, il ne disait rien et ca ne faisait qu'agraver l'impression que j'avais d'être une idiote !
Je lançais le programme du lave-vaisselle et commença a sortir de la cuisine.
"Sarah ! Mais Sarah, attends !"
Il attrapa mon épaule et je m'arrêtais. Sans me lâcher il me fit me tourner pour être face a lui. Il déposa la boite délicatement sur la table et sa main glissa de mon épaule a mon coude.
Je fixais un point sur son t-shirt gris et sentis mes yeux me picoter. Ses doigts descendirent jusqu'à mon poignet et ils resterent poses la, comme en suspens.
"Sarah... C'est ... Ce que tu as fais la c'est juste... Incroyable. Tu sais, personne n'a jamais... Tu es la seule personne a n'avoir jamais fait ça pour moi. C'est adorable de ta part de t'être donné tout ce mal pour moi. Surtout que, vu comment j'ai été odieux, je suis loin d'avoir mérité une telle attention."
Son autre main vola jusqu'à mon visage et son pouce se posa sur mon menton. Il me força a lever le visage vers le sien mais je m'obstinais a regarder ailleurs.
"Sarah... Regarde moi..."
Il se pencha pour capter mon regard et lorsque je plongeais dans ses yeux, je sentis une vague de chaleur me submerger.
"Merci, merci beaucoup. Et, sache que c'est totalement vrai. Je pourrais tuer pour un tiramisu !"
Il lâcha mon menton et la main qui tenait mon poignet se relâcha encore plus, il effleura mes doigts doucement et s'eloigna d'un pas. Je ne pouvais pas empêcher mon cœur de battre comme un fou et mon esprit de de focaliser sur les papillons dans mon estomac et le poids que la caresse de ses doigts avait fait tomber dans mon ventre. Parce que oui, j'étais sûre que c'était une caresse. Et que, même si ça n'était rien pour lui, je ne voulais pas me retirer ce moment de la mémoire.
"Il y a cependant un problème..."
Mes sourcils se froncèrent d'eux-mêmes mais je notais le sourire dans la forme de ses yeux.
"Quel est le problème ?"
Ma voix n'était qu'un souffle qui s'echappait de les lèvres.
"Ce tiramisu est minuscule... Or j'adore ça..."
Ses lèvres s'etirerent en un sourire et ses yeux se plissèrent.
"Je pense qu'on peut négocier un arrangement... Notre pâtissière peut tout a fait en refaire..."
"Vraiment ?"
"Vraiment..."
Il s'avanca vers moi et son visage se pencha vers moi.
"Voila une offre bien alechante..."
Ma respiration devint heurtée. Il était incroyablement proche, je sentais son souffle effleurer mon visage.
"Qu'avez-vous a offrir en échange ?"
Ma voix n'étais plus qu'un murmure. Le sourire quitta ses yeux qui me regardaient maintenant intensément. Il leva la main et attrapa du bout des doigts une mèche de les cheveux qu'il coinça derrière mon oreille, effleurant ma peau en un contact qui m'electrisa.
"Qu'est-ce qui plairait a votre pâtissière a votre avis ?"
Ses doigts glissèrent dans mes cheveux et se posèrent sur mon épaule.
Qu'était-il en train de se passer ?
J'étais saturée de sa fragance et entendit sa respiration s'accélérer.
Je pausais ma paume sur sa clavicule. Sa peau était brulante a travers le coton de son t-shirt.
Prise d'audace, j'avancais d'un pas et ma poitrine effleura son torse en un contact infime.
"Je crois que vous savez parfaitement ce qu'elle aimerait..."
Mon autre main se referma sur la sienne et je l'emmenais dans mon dos pour qu'il m'enlace et me serre contre lui.
"Mmh..."
Son visage se pencha encore davantage vers le mien et son nez effleura le mien tendrement. La main que j'avais passé dans mon dos épousa parfaitement la cambrure et l'autre glissa dans ma nuque, attirant ma tête encore plus proche.
"Je crois que c'est une affaire conclue..."
Le souffle qui s'echappa de ses lèvres lorsqu'il prononça ces mot s'ecrasa sur la bouche, brulant.
Je glissais ma main sur son épaule et m'attira contre moi. Nos bustes étaient totalement en contact et je ne pouvais m'empêcher d'être essoufflée.
Je n'arrivais pas a croire ce qui se passait. Lui et moi, si proche dans cette cuisine Grace a un dessert, après la journée d'hier.
J'avalais ma salive difficilement et gardait les lèvres entrouvertes. Cette tension me rendait folle et s'emparait de ma raison. Je n'en pouvais plus d'attendre. J'avais besoin qu'il le fasse. J'avais besoin que sa bouche franchissent les quelques millimètres qui séparaient encore nos lèvres. J'entendais sa respiration qui était aussi heurtée que la mienne. Et mon cœur qui battait a tout rompre. Et mon estomac qui se titillait d'anticipation.
Mes yeux se fermèrent et je me concentrais sur la sensation de sa main sur mes reins, de ses bras autours de moi. Je passais ma main sur son cou et appuyais deux doigts sur sa peau. Je sentis son rythme cardiaque, aussi irrégulier que le mien... Et je glissais mes doigts sur sa joue. Mon index courait le long de sa mâchoire si bien dessinée qui m'avait rendu folle tellement de fois. Je le sentis serrer les dents et, enfin, ses lèvres se posèrent sur les miennes. Mon cœur eut un raté avant de redémarrer de plus belle, et mon estomac faisait le grand huit dans mon ventre.
Ses bras me serrèrent plus fort contre lui en même temps qu'un gémissement s'echappait de sa bouche, vibrant contre les lèvres. Mes mains glisserent dans sa nuque et les doigts s'entortillerent dans ses cheveux doux et en bataille. Sa bouche se fit plus pressante sur la mienne, plus dévorante. Je devais avouer que j'étais tout aussi affamée. Je n'arrivais plus a penser a rien. Tout ce qui m'importait c'était que l'homme le plus sexy du monde qui m'avait fait tellement fantasmé me tenait entre ses bras et m'embrassait avec plus de passion que je n'aurais jamais pu l'imaginer. Sa bouche se défit de la mienne un instant pour mieux revenir. Ses lèvres semblaient insatiables, a l'instar de ses mains qui serraient ma taille avec force. J'étais haletante et n'arrivais pas a reprendre la respiration. Mes mains descendirent sur ses épaules et je me forçait a l'eloigner un moment de moi. Son front se colla contre le mien et je sentis ses épaules monter et descendre sous la force de la respiration. La cuisine étaient remplie de nos souffles erratiques.
"Sarah... Si tu savais... Si tu savais depuis quand je..."
"Depuis quand ?"
"Depuis que tu m'as ouvert la porte hier matin..."
Ses mots se gravèrent dans ma tête et je saisis leur sens lentement.
"Pourtant tu..."
"Je sais."
Ses doigts souleverent le bord de mon t-shirt et le contact de ses mains contre mes hanches me fit frissonner.
Je me mis sur la pointe des pieds et colla ma bouche a la sienne avec force.
C'était encore plus fort que ce qui venait de se passer. Ma bouche s'entrouvrit et, sans que je ne le décide vraiment, ma langue alla taquiner sa bouche.
Un grognement lui échappa et nos langues se trouvèrent.
"Sarah... Sarah ! Sarah !"
Mon retour a la réalité fut plus que brutal. Qu'est-ce qui m'arrivait ? Je venais de rêver éveillée. Et quel rêve ! Ou en étions-nous en réalité ?
"Je... Qu'est-ce que tu viens de dire ?"
"Je viens juste de te dire que c'était adorable de ta part. Après ça, je sais pas trop ce qui s'est passé, tu semblais un peu perdue dans tes pensées..."
Et c'était peu de le dire. Je n'avais encore jamais eu une telle absence. Les rêves que je faisais n'étaient pas aussi réels que ce que je venais d'imaginer. Ça m'avait semblé tellement vrai. Je sentais encore presque son haleine sur ma langue et ses mains autour de ma taille. Mais qu'est-ce qui m'arrivait bon sang ?
"Je... Je crois que je manque un peu de sommeil..."
Je passais mes doigts sur mes tempes et appuya dessus doucement. Je sentais poindre un léger mal de tête derrière les orbites de mes yeux.
"Sarah ?"
Je me tournais a moitié vers lui et lui fit un petit signe de tête pour lui faire comprendre que je l'ecoutais.
"Je me demandais si... Je dois passer chez un ami récupérer quelque chose... Ça te dirait de venir avec moi ? On pourrait se promener un peu avant d'y aller... Rachel m'a dit qu'elle t'avait surtout fait visiter les magasins... On peut vraiment pas compter sur elle pour les machins touristiques !"
Je ne pouvais pas m'empêcher de me passer en boucle la sensation imaginaire de ses lèvres contre les miennes, de ses mains dans mes cheveux qui m'attiraient vers lui... Si je le regardais franchement, je courrais a ma perte. Je n'arriverais pas a ne pas regarder ses lèvres, ou ses mains qui me font jalouser chaque chose qu'il tient entre ses doigts, que ce soit l'épaule de Rachel ou son verre d'eau...
"Oui, j'aimerais beaucoup ! Je... Merci. Tu n'es pas obligé de faire le guide je... Je peux attendre que Rachel s'y mette !"
"Ca ne me dérange pas..."
"Non mais... Ca ne va pas etre un peu compliqué ?"
"Compliqué ?"
"Oui, rapport au fait que tu fais la une des journaux je veux dire..."
"Oh ! Hum... Il n'y a pas eu de problèmes jusqu'ici..."
"D'a... D'accord."
Je fermais les yeux un instant, espérant faire passer mon mal de tête. Aussitôt, la scène que je venais d'imaginer repassa dans mon esprit en mode accéléré.
"Tu es sûre que ça va ?"
Je secouais un peu la tête, histoire de me sortir de mes pensées. Grave erreur ! J'eus l'impression que mon cerveau venait de cogner contre chaque paroi de mon crâne !
"Outch ! J'ai juste un peu mal a la tête... J'vais aller prendre un truc et ca devrait aller."
"Attends, viens un peu par là !"
Je fis un petit pas vers lui. Mon mal de tête s'intensifia.
"Attrape ça et colle le côté bombé sur ton front."
Il venait de me tendre une cuillère en métal. Je lui jetais un coup d'oeil. C'était une blague ?
"Je suis très sérieux, fais-le !"
Si ça pouvait lui faire plaisir. J'attrapais la cuillère et la posa sur mon front, juste au milieu, le manche reposant le long de mon nez.
"Et maintenant ?"
Je devais avoir l'air franchement débile comme ça.
"Maintenant tu fermes les yeux et tu laisse faire le pro."
Je fermais les yeux, ne pouvant m'empêcher d'être un peu méfiante malgré tout. Et si il essayait tout simplement de se moquer de moi ?
"Ok alors je veux que tu relâches tes epaules..."
Sa voix résonnait, moins forte et plus proche de moi. Je fis ce qu'il me dit et laissa tomber mes épaules.
"Appuie sur la cuillère et relâches ta nuque... Comme ça, tout doucement..."
Je ne voyais rien de ce qui m'entourait. Mon seul repère c'était sa voix, douce et apaisante.
"Je... Bon... Euh... Bouge pas d'accord ?"
Je ne répondis rien, pas même un signe de tête.
"Tu t'inquiète pas, j'ai l'habitude... Ashley avait souvent des maux de tête inopinés sur le plateau et ça fichait en l'air le tournage, alors je suis devenu expert !"
Il chuchotait maintenant et je lui en était reconnaissante, chaque bruit résonnait dans ma tête et c'était horrible. Alors comme ca notre chère Alice était sujette aux migraines... Je ne pouvais pas m'empêcher d'adorer ça. Pas qu'elle ait mal a la tête, mais le fait qu'il m'avait dit quelque chose comme ça. Il semblait mal a l'aise a cause de moi et de ma passion pour le phenomene... Était-ce une marque de confiance ? Cherchait-il a me dire qu'il allait essayer ?
"Je voudrais que tu penses a quelque chose d'apaisant... Quelque chose que tu aimes..."
Je devais presque retenir mon esprit a deux mains pour qu'il n'aille pas vagabonder n'importe ou. Une image me vint en tête, celle de mes parents, dans la cuisine de notre maison, a Paris, mon père derrière la poêle qui faisait sauter des crêpes et ma mère qui le scrutait, prête a se moquer de lui a chaque crêpe qui retomberait a cote de la poêle !
"Voila... Relâches tout et détends-toi... Lâche la cuillère, je vais la prendre d'accord ?"
Il murmurait maintenant. Je deserrais le manche de la cuillère et frissonna lorsqu'il la prit, ses doigts effleurant les miens. Mon cœur fit un bond et se mît a battre plus vite.
"Bien... N'aie pas peur et laisse-toi faire d'accord ?"
Ma tête qui était relâchée vers l'avant rencontra un obstacle. J'avais toujours les yeux fermés donc impossible de dire precisemment ce qui s'était passé. Il avait du avancer vers moi. Le haut de mon front reposait doucement sur quelque chose de dur et de moelleux en même temps. Son torse.
Juste après, je sentis ses doigts sur mes épaules, il regroupa mes cheveux d'un seul côté puis massa doucement mes trapèzes. Ses doigts etaient a la fois légers et habiles. Il remonta le long de ma nuque en faisant de petits mouvements circulaires. Un frisson me parcourut l'echine. Je relevais un peu la tête et elle reposa dans le creux de son épaule. Mon nez était maintenant plongé dans le tissus de son t-shirt et son odeur s'infiltra dans mes narines. Du citron, une touche de parfum frais, le léger souvenir de l'adoucissant... Il sentait merveilleusement bon, quoique puisse en dire les rumeurs.
Ses pouces passèrent sur mes tempes et ses doigts remontèrent le long de mon crâne, faisant crisser mes cheveux encore humides. Il détacha mon front de son épaule et le massa doucement, de la racine de mes cheveux a mon arcade sourcilière.
"Ca devrait déjà aller un peu mieux..."
Et c'était vrai. Je ne pouvais m'empêcher de focaliser sur son contact, me concentrant dessus pour ne pas en perdre une miette, alors mon mal de tête était loin dans mes pensées. Mais, en y pensant, je le vis, tout petit a présent, qui cognait doucement contre mon front.
Il continua de me masser, ses pouces alternant pressions fortes puis très douces. Le reste de ses mains étaient toujours a l'arrière de ma tête, recouvert par mes cheveux.
Il laissa glisser ses pouces sur mes tempes et appuya un peu dessus avant de me relever la tête.
"C'est bon, tu peux ouvrir les yeux..."
Ses mains tenaient toujours mon visage et ce fut le sien que je vis en ouvrant les yeux, très proche de moi.
Ses mains glissèrent sur les épaules qu'il serra un instant, puis il les récupéra et les plongea dans les poches de son Jean.
J'étais un peu groggy, hébétée, par ce qu'il venait de se passer. Mon mal de tête avait disparu.
"Tu es un magicien..."
Ma voix était basse et un peu cassée. Une de ses mains vola de sa poche à ses cheveux qu'il tritura un moment. Tout un cote était ébouriffé a présent et je mourais d'envie d'y passer a mon tour les doigts pour arranger tout ça.
"Euh... Magicien, non, je ne crois pas ... Je crois que j'ai juste de l'entrainement ! Tu devrais quand même prendre un petit cachet contre la douleur en prévention."
"D'accord, merci Docteur."
"M'appelle pas comme ça ou tu devras me payer des honoraires !"
Je le vis faire un grand sourire et mes yeux s'accrocherent a sa mâchoire. Comment est-ce qu'un bout d'os pouvait me faire autant fondre ?
Le moment de mon rêve ou je passais mes doigts le long de ce fameux os me revint en tête. Je pouvais presque sentir le picotement de sa barbe naissante sous mes doigts.
"Je... On sort vers quelle heure ?"
"Des que tu es prête. Je dois passer chez mon ami vers quinze heure alors on a le temps..."
En effet, il était a peine neuf heure. Est-ce qu'il m'avait vraiment proposé de passer la journée avec lui ? Après hier, ca semble carrément irréel.
"Je vais prendre un cachet et j'arrive tout de suite."
"Je t'attends."
De nouveau il me sourit et mon petit cœur de midinette se mot a battre a toute vitesse.
Je montais les escaliers en courant et attrapa la trousse a pharmacie que maman avait eu la presence d'esprit de me forcer a prendre. Je trouvais enfin la plaquette d'Advil et en mît deux comprimes au creux de ma main. En sortant de ma chambre, le miroir capta mon attention. Je vérifiais rapidement ce a quoi je ressemblais. J'allais passer la journée avec le mec le plus sexy de l'année d'après les lectrices de ELLE alors je me devais d'être impeccable.
Je portais mon Jean préféré et un t-shirt blanc tout simple. Et j'étais pieds nus, pas l'idéal pour se balader. Je posais les comprimés sur mon lit et fila dans le dressing. Les escarpins a talon on allait peut-être éviter, même si c'est très joli. Mon choix se porta finalement sur mes ballerines blanches a rayures bleu foncé, la mode était au marins cette saison. Je les enfilais rapidement et hésita un moment a prendre une veste. Le temps paraissait plutôt doux... J'avais vraiment pas envie de devoir me la coltiner toute la journée. Je pris la petite pochette coordonnée a mes chaussure que Rachel m'avait forcé a acheter et y glissa mon téléphone et mon porte-feuille avant de le passer sur mon épaule. J'attrapais mes comprimes en passant et redescendit les escaliers a toute vitesse, sautant les deux dernières marches. Je crois que j'étais un peu trop surexcitée ! Mais j'avais de quoi ! Je sortais me balader avec Robert Pattinson ! Robert Pattinson !
Il était assis sur le canapé du salon et zappait a toute vitesse. Il avait enfilé un sweat a capuche. Je devrais peut-être prendre une veste finalement ?
"Je suis prête hein ! J'avale ça et je suis a toi !"
Oops ! Mes mots avaient peut-être un peu dépassé ma pensée ? Je ne voulais pas le rendre mal a l'aise et qu'il regrette sa proposition. Je me tournais pour lui faire face et marcha a reculons vers la cuisine.
"Enfin... Je voulais dire que..."
"Sarah, c'est bon, détend-toi."
"O... Ok."
Je me servis un verre d'eau du robinet, avala mes comprimés et sortis de la cuisine en courrant.
"Je suis prête !"
Il se leva et eteigna la télé.
"Alors on y va !"
Il m'invita a passer devant lui, gentleman. Il prit ses clés sur la console de l'entrée et son portefeuille qu'il glissa dans sa poche arrière avant d'ouvrir la porte.
"Apres vous ma chère."
Je me glissais dehors et descendit les marches du Perron en sautillant un peu. J'avais l'impression d'être Rachel tant j'étais surexcitée !
Il ferma la porte et agita ses clés.
"Tu veux que je les garde ?"
Il me jeta un regard et avisa ma pochette.
"Je veux bien mais... T'as la place la dedans ?"
Il sauta les trois marches du Perron et j'ouvris mon sac. Il parut surprit de n'y voir qu'un téléphone et un porte feuille.
"Je croyais que le sac d'une fille était toujours plein de trucs..."
"Il ne faut pas écouter les rumeurs ! Ce ne sont que des mythes, des histoires de bonne femme tout ça !"
Il rigola un peu et regarda d'un côté puis de l'autre du trottoire.
"Tu as perdu quelque chose ?"
J'avais chuchoté sans même m'en rendre compte. Il répondit sur le même ton.
"Une voiture."
"Une voiture ?"
Je me mis a côté de lui et regarda a mon tour a droite puis a gauche.
"Tu as perdu une voiture ? Pourtant c'est assez encombrant..."
Il tourna la tête vers moi et essaya de garder un air sérieux.
"Je crois qu'en fait on me l'a volé..."
Je fis semblant d'être horrifiée.
"Volé ? Mais c'est terrible ! Comment on va faire ?!"
"Je crois qu'on va devoir prendre le bus..."
"Le bus ?! Comment ? Nous allons nous mêler a tous ces autres gens ?"
"J'ai bien peur que nous n'ayons pas d'autres solutions..."
Nous avions toujours le ton de la confession et j'adorais voir ce demi-sourire sur ses lèvres.
"Nous pourrions prendre un taxi..."
"Voila qui n'est pas bête ! Quelle brillante suggestion !"
"Je suis d'accord avec vous, je suis brillante. En plus de ça, ce serait sûrement plus facile pour vous d'être en taxi plutôt qu'en bus non ? Surtout si nous voulons échapper aux hordes de collégiennes surexcitées..."
"Vous êtes decidemment très futée !"
"Oui, je sais."
Il éclata de rire et me fit signe de le suivre.
"Allez viens, on aura plus de chance de choper un taxi sur la grande avenue au bout de la rue qu'ici."
"C'est toi le guide, je te suis les yeux fermés !"
On marcha un moment sur le trottoire, en silence.
"Sarah ?"
Je tournais le visage vers lui et le vit qui regardait le sol en marchant.
"Je... Je ne voudrais pas remettre sa sur le tapis mais..."
De nouveau il passa sa main dans ses cheveux.
"Voilà, je voulais m'excuser pour hier. Je... J'aurais pas du me comporter comme je l'ai fait c'était totalement... Enfin, c'était pas bien. Tu... Tu n'as rien a te reprocher, c'est entièrement ma faute. C'est juste que... J'ai du mal a faire confiance aux gens... Enfin non, j'ai plutôt du mal a faire confiance aux fans. Tu sais jamais ce qu'ils sont capables de faire alors maintenant je suis sur mes gardes... Mais... Je... J'ai vu comment ma famille se comporte avec toi... Ils se trompent rarement. Alors voilà, je voulais mettre ça au clair pour qu'on puisse repartir sur de bonnes bases et qu'il n'y ait pas de problèmes et..."
"C'est bon. Tu sais, tu aurais pu t'arrêter a "je voulais m'excuser pour hier", ça m'aurait amplement suffit."
"Tu veux dire que tu m'en veux pas ?"
"En quelque sorte. Bien sur que j'étais furieuse hier mais... Tu as fait la demarche, tu t'es excusé, ça veut dire que tu t'es rendu compte que quelque chose n'allait pas... Tu t'es remit en question en quelque sorte et... Ça me suffit."
Il jeta un œil de mon côté, l'air un peu impressionné. Il me fixait et je me commencais a me sentir mal a l'aise sous son regard.
"Quoi ?"
Il ne dit rien un petit moment puis sourit et regarda devant lui.
"C'est juste que tu m'impressionnes."
Mon cœur explosa et je me sentis rougir.
On continua de marcher en silence jusqu'au bout de la rue et je sentais qu'il me jetais des petits coup d'oeil de temps en temps. En le regardant a mon tour, je notais que son sourire ne l'avait pas quitté.
L'avenue sur laquelle on déboucha était encore peu animée, les magasins n'avaient pas encore ouvert et les passants n'etaient que des gens qui allait travailler. Ils nous jetaient a peine un regard. La circulation aussi était assez calme.
On avança jusqu'au bord du trottoir et il leva la main pour attirer l'attention d'un taxi.
Trois passèrent sans s'arrêter.
"Laisse moi faire."
"Pardon ?"
"Laisse moi faire."
"D'accord, donc j'avais bien entendu. Je peux savoir en quoi tu serais meileure que moi ? Lever la main, n'importe qui peut le faire..."
"Tu préfères qu'on y aille ou qu'on piétine encore trois heures sur ce trottoir ?!"
Il leva les mains devant lui l'air dedre qu'il était innocent et finit par me faire un petite reverence.
"Tres bien ! Montrez-moi votre immense savoir faire votre altesse."
Je le dépassais et me mit sur le bord de la route, juste a la limite des voitures garées. Deux taxis arrivaient.
Je mis mon pouce et mon majeur dans ma bouche et siffla. Les deux s'arreterent. Je fis signe au chauffeur le plus proche et avança vers la portière. Je me tournais vers Rob qui était toujours debout sur le bord du trottoir, la bouche ouverte d'effarement.
"Où est-ce que je t'emmene princesse ?"
Le "princesse" du le faire revenir sur terre parce qu'il vint vers moi en trottinant. Il se pencha vers mon oreille.
"Appelle-moi encore une fois princesse et tu peux dire adieu a ta faculté de marcher..."
Puis il releva la tête vers le chauffeur.
"Picadilly circus s'il vous plait."
J'avais ouvert la portière arrière et j'attendais qu'il monte et s'assoit.
Le taxi redémarra et je tournais la tête vers lui. Je le voyait qui se forçait a regarder a travers le pare-brise.
"Aller, dis-le !"
Il tourna finalement la tête vers moi et fixa ses yeux dans les miens. Un poids me tomba sur l'estomac.
"Dire quoi ?"
"Que je t'impressionnes. C'est la deuxième fois en moins d'un quart d'heure je crois bien..."
Je le vit qui souriait en secouant la tête avant de reconcentrer son attention sur la circulation. Je ne le lâchais pas du regard, mes yeux détaillant son profil, gravant dans mon esprit chaque détail.
"Arrete de me regarder comme ça."
Il n'avait pas détourné les yeux de devant lui.
"Alors dis-le."
Un ange passa. Je continuais de l'observer.
"D'accord. Très bien."
Il tourna tout son corps vers le mien, pliant sa jambe sur la banquette arrière et avança sa tête vers moi. Il plongea ses yeux dans les miens et je ne pus me soustraite a son regard.
"Tu m'impressionnes. Satisfaite ?"
Je savais qu'il me cherchait, faisant semblant d'être un peu fâché, je le voyait dans le petit sourire qu'il n'arrivait pas a retirer de ses lèvres.
"Si tu dis ça pour me faire plaisir, non, je ne suis pas satisfaite."
Je savais que je chipotais. Mais on avait un tel feeling dans nos taquineries.
Il se remit a sa place et regarda de nouveau devant lui.
"Je ne dis pas ça pour te faire plaisir."
Je le fixais, attendant le moment ou il allait sourire mais il resta sérieux. Il me jeta alors un regard on ne peut plus intense avant d'hausser un sourcil.
Donc il le pensait. Ce n'étais pas juste pour que je le laisse tranquille qu'il avait dit ça.
Je ne sais pas trop pourquoi mais, ça me faisait plaisir en quelque sorte. Ma bouche esquissa un sourire et je tournais mon attention sur la fenêtre qui était a cote de moi.
Mais, de nouveau, je ne pus m'empêcher de lui jeter des regards. C'était comme si j'avais des réserves a faire mais que je n'arrivais pas a conserver du stock. Il fallait que je le renouvelle a chaque instant.
"Je te l'ai déjà dit, arrête de me regarder."
Je me sentis prise d'une audace que je ne le connaissais pas. J'étais grisée.
"Sinon quoi ?"
Il me fixa, le regard dévorant.
"Sinon je devrais sévir."
Ses yeux passaient de ma bouche a mon buste.
"Ah oui, vraiment ?"
Son regard remonta lentement vers mes yeux dans lesquels il resta fixé.
"Oui, vraiment."
Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés comme ça, les yeux dans les yeux. Une minutes ? Cinq minutes ?
Tout ce dont j'avais conscience c'était qu'il était la, avec moi, a l'arrière de ce taxi. Il me regardait et je le regardais et nos yeux reflétaient la même chose: de l'envie, du désir, du besoin...
"On y est ! Ça fera huit pound s'il vous plait."
La voix du chauffeur nous sortis de notre transe. J'ouvris mon sac pour sortir mon porte-feuille mais le vis tendre un billet au chauffeur.
"Cest bon, c'est pour moi. Tenez Monsieur, gardez la monnaie."
"Merci bien !"
"Bonne journée."
Il ouvrit la portière et sortit. Il la tint ouverte pour moi et la referma une fois que je fus sur le trottoir a cote de lui.
"Bien ! Alors, nous voilà a Picadilly Circus, notre Times Square a nous, les british ! Tu m'excuseras mais niveau historique je suis nul comme guide !"
"Ca tombe bien, je m'en fiche complètement des dates et des gens morts !"
On était un peu mal a l'aise je crois.
La place n'était pas encore bondée et les magasins commençaient a ouvrir petit a petit. Les panneaux lumineux étaient déjà animés de pub et de messages. Je tournais sur moi même, pour tous les voir. C'était magnifique et ça devait l'être encore plus lorsqu'il faisait nuit.
"Ca te plait ?"
Je tournais encore une fois et m'arreta quand je fus face a lui.
"Oui, beaucoup. C'est tellement... beau..."
Je butais un peu sur le dernier mot. Sans trop le vouloir, j'avais fait une petite pause avant, pause pendant laquelle j'avais glissé mes yeux tout au long de son corps, de ses converses usées a ses cheveux en bataille, en m'arrêtent un moment sur sa bouche puis ses yeux.
Je le vis passer une main dans ses cheveux. Décidément, c'était une habitude, un tic qui ne me faisait que craquer davantage.
"Euh... Pour l'instant y'a pas trop de monde mais... Dans la journée ou même la nuit c'est plein de touristes et de jeunes et... C'est vraiment très animé... Tu... Tu veux qu'on rentre un peu dans les magasins ? Enfin... C'est pas trop ouvert la pour l'instant, a part Body Shop mais euh... On peut..."
"Ca me plairait beaucoup. Avec Rachel on écume les magasins de fringues mais j'aimerais beaucoup me promener."
En fait je me fichais complètement de ce qu'on ferait. Tout ce que je voulais c'était marcher a ses cotes, lui parler en le sentant près de moi, le voir sourire...
"Je crois qu'on va faire un tour au body shop, c'est le seul ouvert pour l'instant !"
"Je te suis !"
Je lui fit un petit sourire et me planta a cote de lui. Il s'avanca vers le passage piéton et je marchais en le regardant.
"Attention !"
Il passa son bras devant moi et m'arreta en m'attrapant par la taille.
"Mais regarde ou tu vas ! Qu'est-ce qui se serait passé si j'avais pas été là ?"
Ce qui se serait passé ? J'aurais fini écrasée sur le bitume par cette voiture verte. Il m'avait crié dessus.
"Je... Ne regardais pas ou j'allais... J'étais... Distraite... Désolée..."
Il me tenait toujours par la taille et tout mon esprit était concentré a enregistrer la sensation.
"Ouais bon je... J'aurais pas du te crier dessus, c'est juste que j'ai eu peur. Ça va ?"
J'hochais la tête doucement en me concentrant sur ses beaux yeux verts qui me scrutaient.
"Ca va... Merci de m'avoir sauvé..."
Mon cœur battait encore tres fort. J'avais vraiment eu peur. J'étais tellement occupé a le regarder que j'avais marché sans réfléchir. Je n'avais même pas entendu la voiture arriver ni rien. S'il n'avait pas été la, j'avais peur d'imaginer ce qui serait arrivé.
"Allez, allons-y. Ne le refait plus un truc comme ça hein !"
"Promis."
On entra dans le magasin qui était éclatant de blancheur. Les rayons étaient remplis de produits de beauté : shampoing, soin pour les cheveux, crème hydratante, Baume pour les lèvres... C'était pas franchement un magasin d'homme mais j'appreciais ses efforts pour me faire plaisir. Je tripotais chaque bouteille, en ouvrant quelques unes pour les sentir. Certains flacons donnait envie d'en dévorer le contenu !
Il marchait a cote de moi, regardant autour de lui d'un air décontracté, les mains dans les poches.
"Je peux te poser une question ?"
Il tourna la tête vers moi et me fit un signe. J'ouvris une bouteille de gel douche a la fraise et ferma les yeux en le sentant.
"T'as pas l'air stressé a l'idée que quelqu'un te reconnaisse alors que... Enfin, si ça arrive ça devrait plutôt être l'emeute non ?"
"Si je n'ai pas l'air stressé c'est parce que je ne le suis pas ! Tu serais étonné de voir que beaucoup de gens ne Vienne pas vers moi, ils n'osent pas souvent, surtout si je suis accompagné ou quelque chose comme ça. Et puis, si quelqu'un vient, le plus souvent c'est assez discret. Bien sur y'a des gens un peu plus bizarres que d'autres mais je pense que ça devrait allait... Les jeunes filles sont en cours, les gens qui travaillent ne sont pas intéressé par moi et, le plus souvent, les touristes sont trop peu observateurs."
"D'accord mais... Tu ne devrais pas être avec des gardes du corps ou je sais pas ?"
"Je suis avec un garde du corps."
Je refermais le shampoing et le reposa sur le rayon.
"Ah oui ? Il est bien caché dis-donc..."
"Pas tant que ça en fait..."
Je regardais autours de moi mais ne vis personne si ce n'est les deux vendeuses.
"Je le vois pas..."
Je m'étais mis a chuchoter. Il se pencha vers moi en me regardant.
"Moi je le vois très bien..."
Il me regarda en bougeant les sourcils.
J'avalais ma salive de travers.
"Tu veux dire que... QUOI ?!"
"Chut ! Tu vas nous faire repérer !"
Il m'entraina vers le fond du magasin en me tirant par le bras.
"Ton agent est au courant que tu te balades seul dans les rues de Londres avec pour garde du corps une jeune fille de dix-huit ans qui fait vingt centimètres et trente kilos de moins que toi ?!"
"Euh... Non, il vaut mieux pas si je veux éviter de me faire remonter les bretelles..."
"Tu es inconscient !"
"Mais c'est bon, tu t'angoisse pour rien ! Qu'est-ce que tu veux qu'il m'arrive ? C'est pas moi qui ait failli être écrasée par une voiture !"
"Cest bas ça, très bas !"
On était l'un en face de l'autre et j'avais mon index tendu vers lui.
"Ne me pointe pas du doigt comme ça !"
"Je fais ce que je veux !"
"Ne me pointe pas du doigt comme ça ou je te jure que..."
"Que quoi ?"
Un sourire étirait malgré lui un cote de sa bouche. On arrêtait pas de s'envoyer des piques depuis ce matin et j'adorais ça !
"Que je devrais sévir !"
"T'as déjà dit ça dans le taxi et il m'est rien arrivé..."
Je me retournais vers le présentoir dans mon dos et pris un des baumes a lèvres. Je l'ouvris et me pencha pour le sentir.
Je tournais les yeux pour l'observer et croisa son regard. Je me sentis aussitôt rougir. Il était en train de me regarder.
"Sent ça."
Je passais le pot devant son visage et il attrapa mon poignet. Il amena le pot devant son nez et ferma les yeux. Ses doigts appuyaient sur l'intérieur de mon poignet, juste a l'endroit ou on sentais le poul battre et j'avais affreusement peur qu'il se rende compte que mon cœur tambourinait depuis le moment ou il me touchait.
"Ca sent super bon. Ça donne envie de le manger !"
Il relâcha mon bras.
J'eus un petit rire pour me redonner une contenance.
"Je te déconseille, ça doit pas être hyper bon !"
Je sentais encore une fois le Baume et le reposa. C'était un mélange de fruits de la passion et de mure.
Je le repris et le retournais pour voir le prix. Trois pound. Je fis un rapide calcul dans ma tête pour convertir en euros. A peu près cinq euros... Est-ce que c'était raisonnable ? Oui, sans doute... J'attrapais un des pots de derrière, un que personne n'avait pu toucher !
"Tu m'attends deux secondes ? J'vais a la caisse payer ça."
Il leva la tête du Baume a lèvres qu'il reniflait. C'était assez drôle. J'aurais jamais pensé qu'il ferait quelque choqe comme ca.
"Tu veux pas finir de faire le tour ? Peut-être que tu trouveras quelque chose d'autre a acheter..."
"D'accord !"
"Je reviens, je vais fumer une clope dehors."
J'hochais la tête pour lui dire que j'avais entendu. J'étais au rayon des accessoires pour massage. Il y avait toute sorte de roulette et de trucs avec des roues, c'était marrant. Je jouais un moment avec l'un d'eux, le faisant rouler dans ma main. Il était en forme de tortue, c'était trop mignon.
"Me revoilà !"
Je me tournais vers lui et passait la tortue le long de son bras.
"Ca fait des guilis non ?"
Il sourit et pencha la tête sur le cote. Je remarquais qu'il ne sentait pas la cigarette. Il sortit un bras de derrière son dos. Au bout de son bras un petit sac de chez Body Shop. Je reposais la petite tortue sur le rayon et attrapa le sac en papier du bout des doigts.
"Qu'est-ce que...?"
"Ouvre..."
Je baissais la tête a l'intérieur et y vit le petit Baume a lèvre au fond. Je relevais la tête vers lui.
"Rob... Je... Pourquoi ?"
"Ca me faisait plaisir... Allez, ne fait pas d'histoire et prend ce sac ! C'est rien du tout ! Une petite babiole !"
"M... Merci alors..."
Ce n'était pas la valeur qui m'importait. C'était l'attention. C'était absolument adorable de sa part.
Je décidais de le taquiner un peu.
"Eh ?"
Il tripotait la tortue a son tour sur l'etagere.
"Mmh ?"
J'approchais de lui et chuchota.
"Cest comme ça que tu sévis ?"
Il sourit et je craquais sur les petites rides qui se formaient aux coins de ses yeux.
"Qu'est-ce que tu veux ? Je suis faible... Mais ne le dit a personne hein !"
Je posais ma main sur son épaule et pris un air sérieux.
"Tu peux compter sur moi."
Il eut un drôle d'air puis attrapa ma main qui était toujours sur son épaule et l'emprisonna dans la sienne.
"Je crois que je mérite un meilleur remerciement..."
"Ah oui ? Qu'est-ce qui vous ferez plaisir M. Le tendre ?"
Étions-nous en train de flirter ?
"Un baiser."
"Un baiser ?"
Il me jeta un regard et tira sur ma main toujours serrée dans la sienne. Ça me força a faire un pas en avant. Sa jambe effleura la mienne.
Nous étions en train de flirter. Il passa son bras dans son dos, m'attirant encore plus proche. Mon visage était quasiment plongé dans son épaule. Il pencha la tête vers moi.
"J'attends."
Il murmurait de sa belle voix, ça me fit frissonner. Je me hissais sur la pointe des pieds et hésitât pendant un instant. Qu'est-ce que j'étais censée faire ? L'embrasser ?
Je me dégonflais et tourna la tête vers sa joue. J'y déposais mes levres, tout doucement, juste a la limite de sa mâchoire. Il n'était pas rasé et sa barbe me picota les lèvres. Je fermais les yeux et m'eloignais finalement, ma bouche faisant le bruit caractéristique d'un baiser.
Je reculais d'un pas et tirai un peu sur la main qu'il tenait derrière son dos. Il reserra sa prise dessus et glissa ses doigts entre les miens.
Ma main fut parcourut de frissons et mon estomac se tortilla en même temps que ma respiration devenait irrégulière.
Il flirtait avec moi. Qu'est-ce que j'étais censée faire ? J'avais plus qu'envie de me laisser aller mais... Et si ce n'était rien pour lui ? Si je n'étais qu'une fille parmi tant d'autres ? Si je n'étais qu'une performance ? Je ne supporterai pas qu'il se moque de moi. Je ne supporterai pas me sentir mal après ça... Qu'etais-je censée faire ?
"Sarah..."
Je levais les yeux vers lui et l'observa a travers ma frange. Il ne souriait pas, n'avait pas non plus l'air moqueur... Est-ce que je pouvais lui faire confiance ? J'analysais ses traits. Était-ce ceux de quelqu'un qui s'appretait a se moquer de vous ? A quoi ressemblait quelqu'un qui s'appretait a se moquer de vous ?
"Je... J'ai besoin de prendre l'air..."
Je secouais ma main pour la libérer et marchai vers la sortie. J'attrapais mon téléphone et composa le numéro de Rachel. Je sais, ça pouvait paraitre bizarre, c'était son frère après tout. Elle me bascula sur messagerie. Deux secondes plus tard, je reçus un texto: "le cours de maths finit dans cinq minutes, j'te rappelle". Je fis les cent pas devant le magasin. Il y avait plus de monde sur la place et les magasins avaient ouverts. Trois minutes plus tard mon téléphone sonna.
"Qu'est-ce qui se passe Sarah ?"
"Je... J'ai besoin de savoir... Est-ce que... Est-ce qu'il va se moquer de moi ?"
Elle comprit immédiatement.
"Oh mon Dieu ! Ça y est ? Oh mon Dieu ! C'est trop génial !"
"Rachel... S'il te plait..."
"Il est a cote de toi la ?"
"Nan, on est a Picadilly, j'suis sortie du magasin pour t'appeler parce que je ne sais pas quoi faire Rachel. J'ai envie de... Mais en même temps, j'ai peur. J'ai peur qu'il... Que je..."
"Sarah, écoute moi. Fonce. Tu m'entends ? T'y vas."
"T'es... T'es sûre ?"
"Oui. Ecoute, j'ai pas le temps de t'expliquer la, ça commence a devenir suspect ma pause toilette mais je te raconte en arrivant okay ? Mais n'aie pas peur. Vas-y !"
"O... Okay... Merci Rachel. Je... A ce soir..."
"A ce soir poulette, amuse toi bien !"
Je raccrochais et rangea mon téléphone. Je me tournais vers le magasin et le vit, au même rayon que celui ou je l'avais laissé, tripotant nerveusement la petite tortue. Je m'approchais doucement de lui et passa ma main sur son dos. Il se tourna en reposant la tortue dans le rayon. Je plantais mes yeux dans les siens et agrippa sa main, enroulant mes doigts aux siens. Ses yeux sourirent avant sa bouche et il posa ses doigts a la base de mon cou.
"Sarah..."
Je lui souris et commença a reculer vers la sortie, puis je me mis a cote de lui, nos mains toujours unies.
"Alors, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"
"De quoi as-tu envie ?"
"De prendre le thé avec la reine."
Il me jeta un drôle de regard.
"Vraiment ?"
"Ouais, ce serait super fun !"
Il lâcha ma main et ça me manqua instantannement. Il plongea le bout de ses doigts dans sa poche et attrapa son téléphone. Il pianota un moment.
"Qu'est-ce que tu fais ?"
"Je regarde qui je pourrais appeler pour arranger un rendez-vous avec la reine."
"Tu te moques de moi la ?"
"Quoi ? Non. Je pense que ça va être un peu difficile a organiser mais c'est pas impossible... J'pourrais téléphoner a mon agent, elle peut sûrement se mettre en relation avec le gouvernement et arranger tout ça..."
Il réfléchissait a haute voix et j'étais encore a me demander s'il plaisantait ou non.
"Je plaisantais hein... J'ai dit ça pour rigoler... Prendre le thé avec la reine, t'es fou ou quoi ?"
Il leva les yeux de son téléphone l'air perdu.
"Mais tu m'as dit que..."
"C'tait une blague ! Voyons, je ne peux pas prendre le thé avec la reine ! T'étais sérieux ou tu me fais marcher ?"
"Je peux trouver une solution hein, pas besoin de me dire que tu plaisantais, je peux organiser ça..."
Il recommença a faire défiler son repertoire a toute vitesse. Je lui pris le téléphone des main et le cala dans la poche arrière de mon Jean. J'attrapais ses deux mains et glissa mon regard dans le sien.
"Je plaisantais. Vraiment. Je n'étais pas du tout sérieuse. Mais j'apprécie l'effort, savoir que tu te serais demené pour organiser ça me touche beaucoup."
Je portais une de ses mains a ma bouche et y déposa un baiser.
"Donc, si nous allions a Harrod's ? J'ai envie d'acheter un truc la-bas juste pour avoir un sac !"
J'entremelais mes doigts aux siens et alla au bord du trottoir pour arrêter un taxi.
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