Bonjour à toutes et à tous.

Je voulais juste vous remercier pour vos reviews et vos encouragements. Alors, puisque vous souhaitez poursuivre l'aventure, poursuivons...

Chapitre 6

Lorsqu'elle émergea, une heure plus tard, Castle se tenait debout face à la fenêtre, les mains dans les poches. Il ne vit donc pas qu'elle était réveillée. Ce n'est qu'en l'entendant prononcer son nom qu'il se retourna. Il se rapprocha.

- Hey ! Salut !

- Salut.

- Tu te sens mieux ?

- Oui, ça m'a fait du bien. J'ai dormi combien de temps ? Demanda-t-elle.

Il regarda sa montre tout en s'asseyant sur le fauteuil à côté du lit.

- Juste une petite heure.

- Mon père ?

- Il est remonté avec moi après qu'on ait bu un café. Quand il a vu que tu dormais, il a décidé de rentrer chez lui. Il te fait dire qu'il t'embrasse et qu'il reviendra demain matin à la première heure.

- OK.

Elle remarqua que Castle avait les traits tirés. La fatigue sans doute. Mais même si elle avait l'esprit encore embrumé par le sommeil, elle sentait qu'il y avait autre chose. Que quelque chose n'allait pas. Il semblait tendu, et elle en ignorait la raison. Aussi, elle demanda :

- Et toi, comment ça va?

- Ce n'est pas moi qui ai reçu une balle dans la poitrine. Donc, je vais bien.

Il vit bien dans son regard qu'elle ne croyait pas un mot de ce qu'il venait dire.

- Je vais bien, insista-il d'une voix se voulant plus convainquante.

Voyant qu'elle ne le lâchait pas de son regard noir, il finit par lâcher dans un souffle:

- J'ai eu si peur de te perdre, Kate!

- Rassure-toi, tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement! dit-elle en souriant, pour essayer de le détendre.

Ça eut l'air de marcher car il lui renvoya son sourire. Il se pencha vers elle et passa une mèche de cheveux derrière son oreille d'un geste tendre. Sa main finit sa course contre sa joue qu'il caressa du bout du pouce.

- Je n'ai aucune envie de me débarrasser de toi, murmura-t-il .

Les yeux dans les yeux, elle pencha la tête pour approfondir un peu plus la caresse.

- J'ai entendu ce que tu as dit…au cimetière.

À ces mots, il retira aussitôt sa main, comme s'il s'était brûlé.

- Tu le pensais vraiment ?

Il planta ses yeux dans les siens.

- Bien sûr ! Je t'aime, Kate. Depuis bientôt 3 ans. Mais tu le savais déjà, non ?

- Disons que je m'en doutais un peu !

- Juste « un peu »? Waouh, je suis meilleur acteur que je ne le pensais, alors! Mère serait fière de moi si elle savait...

Elle sourit légèrement à sa remarque. Mais dans le même temps, il vit apparaître cette lueur dans son regard. Une lueur qu'il connaissait bien pour l'avoir déjà vu auparavant. À chaque fois qu'il s'était permis une allusion un peu trop explicite sur ses sentiments à son égard. Un lueur de panique. Elle était effrayée. Alors, plus sérieusement, il reprit:

- Kate, je suis désolé. Je sais que je n'aurais pas dû, mais j'ai eu si peur ! C'est sorti tout seul !

- Castle ! Tenta-t-elle de le couper

- Je ne veux surtout pas que tu te sentes piégée ou...

- CASTLE !

Elle avait enfin réussi à interrompre le flot de paroles de son compagnon.

- Rick, tu n'as pas à t'excuser d'avoir exprimer tes sentiments mais …

Il lui laissa le temps de trouver ses mots.

- Ça, c'est ...un peu trop pour moi. Ça va trop vite et ce que je ressens pour toi ...ça...ça me fais peur...

- Je sais.

- Je ne suis pas prête à...je ne peux rien te promettre, Rick.

- Je sais, répéta-t-il. Et je ne te demande rien. Ce n'est pas parce que je t'ai dit que je t'aimais que j'attends la même chose en retour de ta part. Kate, je veux juste continuer ce que l'on a commencé et voir où ça nous mène...

Pour être tout à fait honnête avec lui-même, il devait reconnaître qu'il attendait beaucoup plus de sa relation avec elle. Mais s'il avait appris au moins une chose au sujet de Kate Beckett en trois ans de partenariat, c'est qu'il ne fallait surtout pas la brusquer ! Alors, si c'était tout ce qu'elle pouvait lui offrir pour le moment, et bien il s'en contenterait... pour l'instant.

- Et si ça ne marchait pas ? Hésita-t-elle. Je veux dire, toi et moi.

- Le seul moyen de le savoir, c'est d'essayer ! Et puis, ça avait l'air de marcher plutôt pas mal, nous deux, à Los Angeles, non ? Dit-il avec une lueur coquine dans les yeux, en s'approchant d'elle.

Le voyant faire, elle sourit.

- Tu as raison. C'était pas mal...

Elle profita de son rapprochement pour poser une main sur sa joue.

- Tu es d'accord, alors ? Pas de pression ?

- Pas de pression ! Confirma-t-il, en s'approchant toujours plus, les yeux rivés à ses lèvres. On profites et on voit venir.

- OK.

Elle avait eu à peine le temps de souffler ce dernier mot que la bouche de Castle se posait délicatement sur la sienne, comme pour sceller leur accord.

- Oups, excusez-nous, on dérange peut-être? entendirent-ils tout à coup.

Ils se retournèrent tous les deux, surpris, et virent Lanie, Esposito et Ryan, tous les trois le sourire aux lèvres, à la porte de la chambre.

Castle s'écarta précipitamment de Beckett, dont les joues rouges trahissaient la gêne.

- Euh…Salut. Non, non, vous ne dérangez pas du tout, voyons, entrez, dit-il en reprenant place dans le fauteuil.

- Les médecins nous ont dit que tu étais réveillée et que tu allais bien, continua Lanie. Ça m'a l'air, en effet ! dit-elle en lançant un regard amusé à l'un comme à l'autre.

- C'est sûr, pour quelqu'un qui a pris une balle en pleine poitrine, je me sens plutôt bien, lui répondit Beckett.

- Alors, c'était vrai ? Ce qu'a dit le Docteur Mobylette ! Je n'y crois pas ! Katherine Beckett, je te retiens ! Ça fait 3 longues années que je te tanne pour que tu sautes le pas avec ton bel écrivain, et le jour où ça arrive enfin, tu ne m'en parles même pas ! Dois-je te rappeler que je suis ta meilleure amie, celle à qui tu es censée TOUT raconter ?

- Lanie...tenta Beckett

- Non non, tu ne t'en tireras pas aussi facilement ! Dès que tu seras sortie d'ici, tu me dois une soirée entre filles! Je veux connaître tous les détails !

- OK pour la soirée, capitula Kate, mais pour les détails, sûrement pas !

Pour changer de sujet, elle s'adressa à ses coéquipiers, jusque là restés en retrait.

- Salut les gars. dit-elle alors qu'ils s'avançaient vers elle.

- Salut Beckett, répondirent-ils en même temps. Castle, rajoutèrent-ils à l'attention de leur ami. Rick leur adressa un geste de la main en retour.

- Dites, vous en êtes où avec le tireur ? Demanda Beckett.

- En fait, nulle part, répondit Ryan. Personne n'a vu ce type sur place. On n'a même pas un début de piste, lui dit-il.

Esposito prit le relais.

- On va continuer à chercher. On va visionner les bandes des caméras de surveillance autour du cimetière, peut-être qu'on aura quelque chose. En attendant, vous, vous devez vous reposer et vous remettre de votre blessure.

- Il a raison. On va vous laisser maintenant, les tourtereaux ! dit Lanie en embrassant Beckett. Je t'appelle plus tard pour avoir des nouvelles. Et vous, dit-elle en se tournant vers Castle, prenez bien soin d'elle. Ne la fatiguez pas trop! dit-elle en sortant.

- On vous tient au courant pour l'enquête, Beckett, l'informa Esposito.

Puis, en les regardant tour à tour, il rajouta :

- Et ... c'est bien que vous vous soyez enfin décidés. Je suis content pour vous deux.

- Oui, félicitations! renchéri Ryan, tout sourire. Depuis le temps qu'on pariait là-dessus!

Et ils sortirent à leur tour.

- Sérieusement ? Ils pariaient sur nous ? Demanda Kate, sidérée.

Castle se contenta de hausser les épaules avec un petit sourire en coin. Un moment plus tard, voyant que Kate semblait à nouveau fatiguée, Rick décida de la laisser se reposer. Il l'embrassa tendrement en lui promettant de revenir dès le lendemain matin.

Tout le temps que dura l'hospitalisation de Beckett, les journées se succédèrent au même rythme : Castle arrivait vers 9h00, la sacoche contenant son ordinateur dans une main, et deux cafés de chez Starbucks dans l'autre . Pendant qu'ils savouraient le breuvage, bien meilleur que le jus de chaussettes de l'hôpital, Kate lui faisait un compte-rendu détaillé de la visite matinale du médecin. De son côté, il lui parlait de sa soirée de la veille, soit en lui racontant les dernières excentricités de sa mère, ou partageant avec elle ses inquiétudes au sujet de la vie amoureuse d'Alexis. Ensuite, il l'amenait prendre l'air dans le fauteuil roulant qu'il avait demandé aux infirmières. Après le repas, pendant que Kate se reposait, il travaillait un peu.

Les fins de journées, quant à elles, étaient rythmées par les visites. Lanie et les gars avaient instaurés un planning, venant chacun à leur tour afin de ne pas trop la fatiguer. Martha et Alexis passaient un jour sur deux.

Seul le père de Kate lui rendait visite tous les avait comprit que Rick passait ses journées à l'hôpital, et il en était heureux. Dès le début de leur partenariat, il avait senti que sa fille, bien qu'elle refusa de l'admettre, était attirée par Richard Castle. Connaissant la réputation de ce dernier, il avait d'abord eu peur pour elle. Mais il avait peu à peu comprit que l'homme qui la suivait désormais dans toutes ses enquêtes n'avait plus rien de comparable avec celui qui faisait auparavant les premières pages des journaux à sensation. Il avait comprit que Richard tenait énormément à sa fille et ne ferait jamais rien qui puisse la faire maintenant, en les voyant tous les deux dans cette chambre d'hôpital, en voyant la façon dont Richard regardait sa fille, il en était sûr : sa fille était entre de bonnes mains.

Entre les soins des infirmières et les visites, les journées étaient donc bien remplies. Mais, malgré tout, ils trouvaient le temps de se câliner. Tout était prétexte à échanger des baisers, comme si leurs bouches étaient sans cesse en manque l'une de l' dès qu'il le pouvait, Castle s'allongeait à côté d'elle dans le lit et la prenait dans ses bras. Elle se lovait alors tout contre lui, caressant légèrement son torse. Nul besoin de mots dans ces moments-là, seul comptait ce contact physique qui leur était nécessaire, à l'un comme à l'autre. Puis, le soir venu, souvent bien après la fin des heures de visite, il rentrait chez lui, à contrecoeur, attendant avec impatience la journée du lendemain.

Durant ses soirées en solitaire, il se repassait le film de la journée. Il était heureux de passer tout son temps avec Kate, même si c'était dans une chambre d'hôpital. Mais qu'allait-il se passer ensuite ? Quand Kate serait autorisée à sortir ? Comment envisageait-elle sa convalescence ? Ils n'avaient pas encore abordé le sujet. Une idée lui était venue, mais il n'avait pas encore osé lui en parler, parce qu'il ne savait pas comment elle prendrait la chose. Ce qui semblait pour lui une merveilleuse idée pouvait représenter trop de pression pour elle. Or, il lui avait promis de ne pas lui mettre la pression justement. Aussi hésitait-il à lui faire part de ses projets. Mais la seule chose dont il était sûr, c'est qu'il n'avait aucune envie de se passer d'elle désormais.