Voilà la suite. Bonne lecture.
Chapitre 15
Kate se regardait dans la glace, émue.
- Ta mère avait très bon goût, dit Lanie dans son dos. Cette robe est magnifique.
La veille, lorsque Jim était venu manger chez Castle, il avait demandé à sa fille de passer chez lui le lendemain, seule. Intriguée, Kate avait accepté. Lorsqu'elle était arrivée chez lui, il l'avait amené dans sa chambre, avait ouvert le placard et en avait sorti une housse qu'il avait délicatement posé sur le lit.
- Ouvre-là, avait-t-il dit.
Kate en avait fait glisser la fermeture, et là, sous ses yeux, elle avait découvert la robe de mariée de sa mère. Elle l'aurait reconnue entre mille, tellement elle avait passé de temps à regarder les albums photos de son enfance, et notamment les photos de mariage de ses parents. Elle s'était tournée vers son père.
- Ta mère savait que ce jour viendrait. Et elle souhaitait t'offrir cette robe. C'est la raison pour laquelle je l'ai gardée: pour respecter le souhait de ta mère et avoir la chance de te voir te marier en la portant. Si tu es d'accord, bien entendu.
Sans un mot, les larmes aux yeux, Kate avait serré son père dans ses bras. Elle avait un jour affirmé à Castle qu'elle n'avait jamais découpé de photos de robes de mariée. Il n'avait pas voulu la croire. Et pourtant, c'était vrai. Parce que du plus loin qu'elle s'en souvienne, c'était cette robe, et aucune autre, qu'elle souhaitait porter le jour de son mariage.
Mais elle avait beau ressembler énormément à sa mère, elle n'avait pas la même morphologie. Alors, connaissant les talents de couturière de son amie, elle l'avait appelée pour savoir si elle acceptait de reprendre la robe pour elle. Elles étaient donc là, deux jours avant la cérémonie, dans l'appartement de Lanie, en train d'admirer le travail de cette dernière.
- Tu as raison, Lanie, elle est superbe. Merci pour ce que tu as fait.
- De rien, ma belle. A défaut de t'organiser une soirée mémorable, j'aurais fait en sorte que tu soies la plus belle mariée de l'année !
Tout en contemplant son reflet dans le miroir, Kate sourit.
- Tu crois que Castle aimera ?
- Chérie, ce gars est raide dingue de toi depuis 4 ans ! Tu pourrais décider de te marier en jeans troués et tee-shirt informe qu'il continuerait de penser que tu es la plus belle femme du monde ! Alors là, crois-moi, il va adorer ! Tu auras de la chance s'il ne fait pas un malaise en te voyant !
- Ce serait dommage !
- Ça, tu l'as dit ! Depuis le temps qu'il attends ! Et moi aussi, d'ailleurs ! J'ai toujours su que toi aussi, tu étais raide dingue de lui !
- J'ai l'impression d'entendre Castle ! Lanie, je te rappelle qu'au début de notre partenariat, je ne pouvais pas le supporter !
- Non, non, non! Ça, c'est ce que tu voulais nous faire croire. Mais moi, j'ai vu clair dans ton jeu depuis le début ! Cet homme t'a plu dès que tu l'as vu ! Mais il a fallu 3 ans pour que tu veuilles bien admettre que tu avais des sentiments pour lui !
Kate ne releva pas. Après tout, son amie avait raison. Elle se souvint de sa première rencontre avec Rick : elle l'avait effectivement trouvé craquant, dans son beau costume qui détonnait avec la mèche de cheveux qui tombait sur le front et une légère barbe. Et que dire de son regard bleu azur envoûtant? Mais elle ne voulait pas tomber amoureuse. Aimer, c'était souffrir. C'était la douloureuse leçon qu'elle avait tiré du meurtre de sa mère. Et elle ne voulait pas prendre le risque de souffrir à nouveau. Elle avait donc réprimée ses sentiments pour lui. Longtemps. Mais il avait fini par gagner. Elle avait déposé les armes. Et maintenant, 4 ans après, elle était là, dans l'appartement de son amie, essayant sa robe de mariée.
Son amie la tira de ses pensées.
- Bon, c'est pas le tout, mais maintenant, on a des magasins à faire. Il faut trouver les chaussures qui iront à la perfection avec cette robe. Et quant à moi, je te rappelle qu'il faut que je trouve la plus belle tenue de demoiselle d'honneur qui soit !
Kate se changea donc, rangea précautionneusement sa robe, et elles sortirent de l'immeuble de Lanie en discutant joyeusement. Le reste de la journée s'annonçait intense, son amie ayant préparé une longue liste de magasins dans lesquels elles devaient absolument se rendre.
De son côté, Castle se tenait devant son dressing, indécis. En tant qu'homme public, il possédait une vaste panoplie de costumes et de chemises. Mais là, à cet instant précis, il pensait qu'il n'avait rien à se mettre. Il devait choisir le costume qu'il porterait pour son mariage et rien ne semblait lui convenir. Il fallait que sa tenue soit parfaite pour ce jour exceptionnel qu'il attendait depuis si longtemps. Son esprit divagua. Il pensa au chemin parcouru depuis 4 ans. Il se souvint de sa première rencontre avec Kate. A cette époque, il s'ennuyait. Tout ce qui se passait dans sa vie était si prévisible, presque écrit d'avance. Il aspirait à autre chose. Il voulait de l'inattendu.
- Monsieur Castle ?
En se retournant, stylo en main pour signer un autographe de plus, il s'était noyé dans les plus beaux yeux verts qu'il ait jamais vu de sa vie.
- Lieutenant Kate Beckett, de la police de New York. J'aurais quelques questions à propos d'un meurtre commis plus tôt dans la soirée.
Comme avait dit Alexis à ce moment-là, ça, c'était nouveau ! Et ça avait changé sa vie. Il était rapidement tombé fou amoureux de cette femme extraordinaire qu'était Kate Beckett. Mais il avait dû lutter longtemps, très longtemps, pour qu'elle accepte enfin de se laisser aller et de lui ouvrir son cœur. Mais il ne regrettait rien. Et maintenant, 4 ans près, il était là, dans son appartement, choisissant son costume de marié.
Finalement, son choix se porta sur son smoking , classique mais très élégant. Il attrapait la chemise blanche qui allait avec lorsque Alexis entra en coup de vent dans sa chambre, suivie de près par Martha.
- Vous pourriez frapper avant d'entrer, j'aurais pu être nu comme un ver !
- Tu as raison, papa, excuse-moi, dit sa fille. Mais là, il y a urgence.
- Quant à moi, dit Martha, je te rappelle que je t'ai déjà vu en tenue d'Adam. Alors... Mais ta fille a raison, il y a urgence.
- Que se passe-t-il ? C'est Kate ? Il lui est arrivé quelque chose ?
- Non, ce n'est pas Kate, rassure-toi. Mais je crois que tu devrais lire ça.
Elle lui tendit le journal qu'elle avait dans les mains. Il s'en saisi et lu le gros titre.
- « Richard Castle se marie ! Nous avons appris de source sûre que le célèbre écrivain Richard Castle préparerait en secret son mariage avec le Lieutenant Kate Beckett, son inspiratrice pour sa saga des Nikki Heat. Tenez-vous le pour dire, Mesdames : le célibataire le plus convoité de New-York n'est plus un cœur à prendre ! Mais pour le moment, nous ne savons ni quand, ni où se déroulera cette cérémonie. Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant dès que nous aurons plus d'information à ce sujet. »
Il se rapprocha du lit et s'assit, sur le choc.
- Mais...Comment ont-ils pu savoir ? On n'en à parler à personne en dehors du cercle familial et des amis proches. Bon sang, Beckett va me tuer quand elle va voir ça ! Il faut que je l'appelle tout de suite.
Kate était dans un magasin avec Lanie lorsque son téléphone sonna. Son amie était dans la cabinet d'essayage en train de se rhabiller. Elle avait fini par trouver la robe qu'il lui fallait, mais il avait fallu pour cela faire au moins dix boutiques. Elle fouilla dans son sac à la recherche du portable et vit que c'était Castle qui l'appelait. Elle décrocha.
- Hey, dit-elle. Salut, babe. Je te manquais ?
- Bien sûr, répondit-il. Tu sais que je ne supporte pas de rester trop longtemps loin de toi. D'ailleurs, quand-est ce que tu rentres ?
- On a fini. Lanie se rhabille et elle me ramène chez moi.
- Parfait. Mais demande-lui de te déposer au loft. Il faut qu'on parle.
Kate sentit l'angoisse dans la voix de son homme.
- Qu'est-ce qui se passe ? Tu as l'air inquiet.
- Non, c'est rien. Ne t'inquiète pas. Mais je t'attends.
- OK, je serai là dans 30 minutes, répondit-elle avant de raccrocher.
Lorsqu'elle arriva au loft, elle trouva Rick en train de faire les cents pas dans le salon.
- Que se passe t-il? Demanda t-elle en posant ses paquets sur un des fauteuils. Un problème dans l'organisation du mariage ?
Castle l'embrassa, lui demanda de s'asseoir, et lui tendit le journal. Elle lut le gros titre, puis l'article qui suivait.
- Comment ont-ils pu savoir ? Demanda t-elle en posant le journal sur la table basse.
Elle était calme en posant cette question, ce qui surprit Castle qui pensait qu'elle serait furieuse.
- Je me suis posé la même question, répondit-il. Parce que je te promets, Kate, je n'y suis pour rien. Je n'ai rien fait pour que ça arrive. Je te le jure.
Elle comprit qu'il avait peur qu'elle le tienne pour responsable de cet article, malgré le fait qu'ils aient décidé de rester discrets. Elle se leva et le serra dans ses bras pour l'apaiser.
- Je sais que tu n'y es pour rien, rassures-toi.
Elle le fit s'asseoir dans un fauteuil et s'installa sur ses genoux. Et calmement, elle reprit :
- Tu sais, j'ai réfléchi. Je ne vais pas dire que ça me fait plaisir de voir mon nom en première page. Mais le fait est que je vais me marier avec un écrivain célèbre qui lui, à l'habitude d'être sous les feux de projecteurs. Alors t'épouser, c'est aussi accepter d'être dans la lumière avec toi. Parce qu'on ne pourra pas se cacher éternellement. Et surtout, parce que je ne veux pas me cacher.
Elle posa une de ses mains sur la joue de Rick, tandis que l'autre allait se perdre dans ses cheveux.
- Je suis fière de ce que tu es et je suis fière de devenir ta femme.
Elle se pencha vers lui et ils échangèrent un tendre baiser.
- Ça veut dire que t'es pas fâchée alors? demanda t-il lorsque leurs lèvres se séparèrent
On aurait dit un gamin soulagé de ne pas de faire gronder. Et elle le trouvait adorable lorsqu'il avait cet air-là.
- Non, je ne suis pas fâchée, répondit-elle en l'embrassant à nouveau. Mais je te préviens, reprit-elle, je ne veux voir aucun journaliste à notre mariage. Ni après, en partant travailler, plantés devant notre porte prêts à épier mes moindres faits et gestes !
- Écoutes, je vais appeler Paula et elle va arranger ça. Après tout, c'est pour ça que je la paye : gérer mon image publique. Mais, tu sais, voyons le côté positif de tout ça, rajouta-t-il en jetant un coup d'oeil au journal.
- Ah oui ? Lequel ?
- Les journalistes l'ont dit : je ne suis plus un cœur à prendre. Donc, tu peux dormir tranquille : plus aucune femme ne tentera d'abuser de mon corps.
Kate éclata de rire.
- Tu as raison. Et puis elles savent que je suis flic. Donc, elles auraient trop peur que je leur mette une balle entre les deux yeux.
- Tu ferais ça ? Demanda Castle.
- Sans aucune hésitation, dit-elle en se penchant vers lui pour l'embrasser fougueusement.
Le lendemain, on pouvait lire dans la presse le communiqué suivant :
«Le célèbre écrivain Richard Castle et le Lieutenant Katherine Beckett ont le plaisir de confirmer leur union imminente. Souhaitant que cette dernière se déroule dans la plus stricte intimité, ils ne dévoileront ni la date exacte, ni le lieu de cette cérémonie. Ils demandent à ce que leur souhait soit respecté par tous. En contrepartie, ils donneront une interview exclusive à un journaliste qu'ils auront choisi, ainsi que quelques photos. De la même manière, ils souhaitent que leur vie privée future soit respectée, promettant de faire part de tous les événements importants qui pourraient se produire. »
