Encore de l'action pour ce deuxième chapitre (Un long chapitre cette fois)

J'aurais bien fait un sondage pour savoir s'ils devaient changer d'avis ou pas mais je connaissais la réponse : )

Coucou aux mousquetaires, fidèles lectrices : merci d'être là !

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Trois semaines s'étaient écoulées depuis les événements de la piscine. Aucun des deux associés n'avait évoqué ce qui s'était passé ce jour là. Il ne semblait même pas qu'il se fut produit quelque chose de particulier. Et si chacun de leur côté ils n'avaient pu s'empêcher de revivre ces instants volés encore et encore, ils n'en avaient rien laissé paraître.

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John revenait du parc avec Bear quand le nouveau numéro leur parvint. Il patienta tandis que son associé commençait la collecte.

-« Tessa Stevenson, 29 ans » annonça Finch en lui tendant la photo a afficher

John détailla la jeune femme brune qui posait, l'air sérieux, dans un uniforme impeccable.

-« Une militaire » grimaça Reese « Il va falloir être méfiant »

-« Plus ou moins » jugea Finch « inscrite dans une école militaire à seize ans, elle devait avoir la vocation, elle a gravit les échelons jusqu'à devenir lieutenant. Puis elle a démissionné de son poste pour devenir officier recruteur. Elle dirige un petit bureau dans le centre ville »

-« Elle a quitté le service actif pour l'administratif » constata John

-« Je devine que ce n'était pas forcement par goût. Elle a du faire un choix. Il y a deux ans elle a épousé Gary Bergson, 38 ans, major dans la même unité »

-« Je vois. L'un des deux a du stopper sa carrière. La Loi de non fraternisation »

-« C'est ce que je pense M Reese. Etant la moins gradée elle a du se dire que c'était a elle de faire ce sacrifice »

-« Reste a espérer que le mari est à la hauteur de ses espérances » constata l'ex agent

-« En effet. Car sa carrière semblait prometteuse. Elle n'avait que des éloges de ses supérieurs »

-« Une spécialité ? »

-« Elle a connu plusieurs affectations. C'était une touche à tout. Transmission, formation, elle a aussi travaillé un temps dans une brigade de déminage et c'est à cette époque qu'elle a rencontré son futur époux »

-« Donc elle s'y connait en explosif. Si elle n'est pas la victime cela peut être une information a retenir » suggéra John. Finch ne répondit pas. Son esprit inquiet avait déjà envisagé cette angoissante possibilité et il en tremblait par anticipation. La voix de John le ramena à la réalité.

-« Je commence par une visite domiciliaire ? »

-« Je vous envoi les adresse »

Reese fit demi-tour pour se diriger vers la sortie mais son associé le rappela

-« J'aimerais que vous soyez plus prudent que d'habitude » demanda t-il « si cette femme sait manier les explosifs… »

-« Promis je le serais Finch » lui répondit John avec un sourire. Il aimait l'entendre dire ces mots qui lui montraient qu'il comptait pour lui. Ces mots qui lui laissaient croire qu'il était important pour lui.

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Reese fouilla le domicile de leur numéro, récupérant les données pour son associé, puis suivit la jeune femme dans ses déplacements. La routine. Il réussit à l'approcher lorsqu'elle se rendit au restaurant à l'heure du déjeuner. John l'observait, assit à quelques tables de distance. Elle attendait quelqu'un qui n'arrivait pas. A la place elle reçu un SMS de son époux lui annonçant qu'il était retenu à la base. Le ton était bref et sans emphase « militaire » jugea l'ex agent. Tessa soupira puis se décida à commander, mais elle toucha à peine à son plat, visiblement préoccupé. « Problème de couple. Ca peut constituer une piste » estima John. A la fin du repas la jeune femme regagna son bureau et l'après midi s'étira longuement sans apporter d'indice.

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Le lendemain Tessa quitta son domicile plus tôt qu'à son habitude et ne se rendit pas au bureau de recrutement. Reese la suivit jusqu'au campus d'une petite université. Des affiches annonçaient une journée des métiers et la jeune femme devait y tenir un stand.

L'ex agent déambula dans les allées tout en la surveillant discrètement. Elle était avenante et visiblement impliquée dans son discours. Toutefois son stand ne rencontrait pas grand succès. Ce qui ne semblait pas atteindre sa bonne humeur.

Reese fit un rapport à son associé. Comme il se tenait à proximité, la jeune militaire l'apostropha

-« Bonjour Monsieur ! Je pense que vous n'êtes pas trop vieux pour étudier, en revanche pour vous enrôler c'est trop tard ! » Lui lança t-elle amusée

-« Quel dommage » répondit John, jouant le jeu.

Tessa l'observait en plissant les yeux.

-« D'autant que vous connaissez déjà, je me trompe ? »

-« Touché » répondit prudemment l'ex agent

-« J'avais deviné. C'est difficile de cacher un passé militaire. Il reste toujours des traces ! »

-« Je peux vous retourner le compliment »

-« J'avoue ! J'étais lieutenant, et vous ? »

-« Sergent. Vous avez préféré passer au recrutement ? » Interrogea t-il pour dévier la conversation

Tessa leva la main et désigna son alliance

-« Mon grade ne collait pas avec ça » précisa t-elle

-« Je vois »

-« Et vous ? »

-« J'avais fait mon temps » éluda Reese avec un haussement d'épaule

-« Et vous êtes ici pour votre fils ? »

-« Non. Pour mon neveu » mentit John « Mais honnêtement je ne crois pas qu'il s'arrêtera à votre stand »

-« Ah ? Sait-on jamais ! Je pourrais l'hypnotiser pour en faire une bonne recrue ? » Gloussa la jeune femme

-« Pourquoi pas ? » s'amusa John. Ils discutèrent encore quelques minutes puis l'ex agent s'éloigna d'un air tranquille. Il allait devoir redoubler de discrétion pour continuer sa surveillance.

-« Elle est enthousiaste » constata Finch qui n'avait pas raccroché

-« Oui. Elle est convaincue d'œuvrer pour son pays. C'est une motivation redoutable »

-« Vous en savez quelque chose M Reese »

-« Oui » murmura John « un peu trop » ajouta t-il plus bas mais son associé l'entendit

-« Et le monde a besoin de personnes qui croient en leurs idéaux. Toutefois même à elles on ne devrait jamais demander plus qu'un homme ne peut donner » ajouta t-il, cherchant à lui faire comprendre son empathie sans l'embarrasser. John saisit le message

-« Merci Finch » répondit-il simplement.

-« J'ai peut être du nouveau » affirma l'informaticien pour changer de sujet. « Rien sur Miss Stevenson en revanche les comptes de son époux se révèlent plutôt intéressants. Enfin, son compte officiel est régulier. Mais j'ai découvert un second compte où de nombreuses transactions ont été enregistrées, ouvert au nom d'une société dont il est l'unique actionnaire. Société qui me semble n'être qu'une coquille vide destinée à masquer une autre activité que celle déclarée dans les statuts.

-« Il aurait une activité occulte ? Reste à savoir si cela a un rapport avec la menace dans ce cas »

-« Si seulement je pouvais accéder à son ordinateur portable » jugea Finch « mais il n'est jamais en réseau »

-« Je pourrais essayer de récupérer les données lorsqu'il sera occupé ? Le tout est de connaître son emploi du temps » suggéra Reese

-« Mais il doit le garder avec lui, donc à la base ! » protesta son associé

-« C'est un lieu comme un autre Finch »

-« Je n'en suis pas aussi sur ! »

-« On parie que j'y entre sans me faire remarquer ? » proposa John d'un ton taquin

Finch soupira

-« Non merci M Reese »

-« Vous n'êtes pas joueur Harold » se plaignit ce dernier

-« Vous connaissant ce serait faire injure à vos compétences que de croire que vous pourriez échouer pour cette mission John »

L'ex agent fut touché par la remarque. Le genre de commentaire qui lui faisait du bien en lui montrant à quel point son partenaire, cet être unique, si énigmatique et si paranoïaque, était capable de lui faire confiance. Mais aussi le genre de commentaire qui lui faisait l'aimer encore plus. Décidément, il aimait beaucoup trop cet homme !

-« Merci pour le compliment Harold » lança t-il satisfait. « Avez-vous une option à me proposer ? Bergson a-t-il un rendez vous dans la journée ? »

-« Je vais vérifier son planning et son agenda »

-« Je ne m'imagine pas qu'ils vous soient inaccessibles, ce serait douter de votre génie »

Finch comprit le message implicite

-« Merci John » murmura t-il à son tour

Reese écouta le son des touches sous ses doigts.

-« Il doit déjeuner avec sa femme à 12H30 »

-« Bien. Il va probablement laisser son ordinateur à son bureau »

-« Je pense que nous devrions y trouver des éléments utiles »

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A 12H Reese était dans la base, posté près du bureau de Bergson, attendant le départ de celui-ci. Par la fenêtre il pouvait le voir assit derrière sa table de travail, occupé par ses rapports.

-« Je suis en place Finch. Mais Bergson ne semble pas pressé de partir » constata t-il.

-« Espérons qu'il n'annule pas le rendez vous M Reese »

A cet instant une jeune femme avança dans l'allée et toqua à la porte du bureau « Secrétaire à la base » estima John en jugeant sa tenue. Il prit discrètement une photo et l'envoya à son associé.

-« On dirait même qu'il a de la visite Finch. Je vous envoie un cliché »

Il observa Bergson qui s'était levé immédiatement pour ouvrir la porte. Il la referma en la verrouillant soigneusement avant de prendre la visiteuse dans ses bras. Reese enclencha l'écoute sur son portable. Il entendit le rire de la femme.

-« Tu es bien pressé ! » protesta t-elle

-« Tu m'as manqué depuis hier ! » répliqua l'officier. Il l'embrassa, la plaquant contre lui, cherchant à l'entrainer dans la pièce voisine. Elle le repoussa.

-« Et le message ? »

-« Pas la peine » grogna Bergson « Elle remarquera bien mon absence ! »

-« Oh ! Tu dois envoyer un message à ta petite femme, c'est plus correct voyons » ironisa sa compagne.

-« Plus tard »

-« Gary ! »

-« T'es têtu » râla ce dernier

-« J'adore l'entendre relire ses messages quand elle discute avec sa meilleure amie. Ce sera moins drôle si tu n'écris rien ! »

-« Qui te dis qu'elle passera voir Mina ? »

-« Elle le fait toujours » affirma la secrétaire avec un haussement d'épaules.

-« C'est bon » soupira Bergson en prenant son portable « Tu écoutes toute ses conversations ? »

-« Chaque fois qu'elle vient voir sa copine. Ca m'amuse ! En plus je suis sur qu'elle va encore m'appeler à 14H pour vérifier ton planning. Et moi je lui confirmerais que tu as été retenu à la dernière minute par quelque chose de bien plus important qu'elle et je l'écouterais se lamenter sur tes horaires à rallonge ! »

-« T'es pas nette tu sais » remarqua Gary

-« Tu devrais peut être lui dire que tu t'amuses bien plus qu'elle ne le croie ? » poursuivit la jeune femme sans tenir compte de sa réflexion.

-« Eh ! pense à ma carrière ! »

-« Goujat ! » répliqua la femme, boudeuse

-« C'est fait » répondit Bergson en reposant le téléphone « Maintenant passons aux choses sérieuses ! » intima t-il en entrainant sa compagne qui cette fois le suivit sans hésiter. La porte de la chambre claqua derrière eux. Reese coupa la communication.

-« Vous avez entendu ça Finch ? »

-« En effet » marmonna l'informaticien.

Reese sourit au ton désapprobateur de son associé.

-« Cela heurte votre loyauté ? » remarqua t-il

L'informaticien ne s'attendait pas à pareille remarque.

-« Je reconnais que je trouve ce genre d'attitude…déplacée » concéda t-il

-« Je vais récupérer les données »

-« Mais… comment ? » interrogea Finch surprit.

-« En passant par la fenêtre » répondit Reese comme si c'était la chose la plus naturelle du monde

-« Mais M Bergson est à côté ! »

-« Ne vous inquiétez pas Finch. Il est trop occupé pour m'entendre ! » Jugea l'ex agent et il sourit à la pensée que son associé devait être en train de rougir. Il ne lui fallut que quelques minutes pour se glisser dans le bureau, copier les fichiers et en ressortir.

-« Je passe vous déposer tout ça » annonça t-il en s'éloignant du bâtiment « puis j'irais retrouver Tessa »

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John entra dans la bibliothèque un quart d'heure plus tard.

-« Livraison expresse » affirma t-il en sortant la clé de sa poche. Finch tendit la main sans quitter l'écran des yeux. John posa la clé sur sa paume et referma les doigts de l'informaticien sur le petit composant, profitant du contact de leurs mains. Finch sursauta, surprit par son geste. Il leva les yeux et croisa le sourire tranquille de son agent.

-« Ne la laissez pas tomber »

-« Non bien sur » approuva Finch troublé.

-« J'y retourne » ajouta l'ex agent en caressant Bear au passage.

-« John…euh… tenez. Je vous ai gardé un sandwich »

-« Merci. Il est bienvenue » affirma ce dernier en faisant demi-tour et en saisissant l'emballage posé au coin du bureau. Un geste d'intérêt. Un de ceux qu'il aimait tellement.

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L'après midi, Tessa reprit son poste mais elle n'était plus aussi enjouée. Il était visible que quelque chose la contrariait. Finch rappela vers 16H.

-« Du nouveau ? »

-« Des découvertes. M Bergson semble être à la tête d'un petit trafic florissant qui lui rapporte d'intéressants compléments de revenus »

-« Quel genre ? » interrogea Reese

-« Il profite de son poste pour détourner des stocks »

-« Et vous pensez que sa femme l'a découvert ? »

-« Si c'est le cas, ce serait un bon motif pour une menace. A moins qu'elle ne soit complice mais je n'ai rien trouvé en ce sens »

-« Ce n'est pas son genre » commenta l'ex agent « Et l'autre ? »

-« Mélinda Padwick. Elle travaille au secrétariat de la base et à l'archivage »

-« Une deuxième raison pour Bergson de vouloir se débarrasser de son épouse. Je pense définitivement que Tessa se classe du côté des victimes »

-« Moi aussi. Même s'il reste la possibilité qu'elle décide de se venger si elle découvre la vérité. Apparemment elle n'est pas au courant de son infortune, elle n'a que des soupçons »

-« Possible » admit Reese « Dans ce cas elle a des connaissances suffisantes pour se débarrasser de son époux »

-« Attendons encore un peu. Si la machine nous a transmis son numéro, il va forcement se passer quelque chose »

-« Oui certainement. Au moins nous sommes avertis des possibilités »

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Reese continua la surveillance puis suivit Tessa lorsqu'elle rentra chez elle vers 18H. Bergson revint une heure plus tard. Son humeur guillerette se heurta à l'humeur maussade de sa femme. Elle attaqua dès son arrivée.

-« Et bien on dirait que je suis la seule à souffrir de ton emploi du temps à rallonge ! » remarqua t-elle devant son air réjouit

-« Je suis désolé pour le déjeuner » répondit Bergson en prenant un air contrit

-« Ca ne fera jamais que le troisième en cinq jours ! »

-« Je n'y peux rien si des urgences surviennent toujours à ce moment là » plaida Gary

-« Je ne te reproche pas de privilégier ton travail. Je constate seulement que cela ne semble pas te contrarier »

-« Tessa ! Tu sais bien que je préférerais déjeuner en ta compagnie »

-« Il m'arrive d'en douter » répliqua la jeune femme

-« Je ne vois pas pourquoi »

-« As-tu résolu ton autre "problème"» ? » demanda t-elle brusquement

Bergson se tendit

-« J'y travaille »

-« Activement j'espère ? »

-« Je fais ce que je peux. Mais si j'agis trop vite… »

-« Je sais : tu ne dois pas attirer l'attention. Enfin c'est ce que tu penses. Je reste persuadée que tu devrais en référé au commandant »

-« Fais moi confiance tu veux ! » s'énerva Gary « Et puis quoi ? Tu as décidé de passer la soirée à m'agresser ? Déjà qu'on se voit peu ! » Protesta t-il « enfin si c'est ça je préfère encore aller faire un tour chez Jeff. Les journées sont assez fatigantes, j'ai besoin de me détendre » menaça le militaire

La jeune femme hésita puis céda.

-« Non. Désolée. Cette histoire me rends nerveuse »

-« Je t'ai dit que je réglerais tout sans dommage. Tu n'as pas confiance ? »

-« Si. Je suis juste inquiète de la réaction des autres »

-« Oh ne craint rien. Je sais comment faire » Gary s'approcha de son épouse et la prit par le bras « allez viens, on sort dîner ! »

-« Mais, j'ai déjà commencé le repas » protesta Tessa.

-« Tant pis. Ce soir on va se détendre ! » Répliqua Bergson. Avançant dans l'entrée il lui lança son manteau. Le geste était brusque, comme celui d'un homme habitué à être obéit. John vit bien qu'il avait déplu à sa femme mais elle le suivit sans insister davantage.

L'ambiance resta tendue toute la soirée. Bergson agissait en homme sur de son bon droit. Reese le jugea imbu de sa personne. Cela, ajouté à la duplicité dont il faisait preuve, lui rendait l'homme foncièrement antipathique. Les époux regagnèrent leur domicile vers 23H et John attendit quelques minutes avant de rentrer. Il avait le pressentiment que la dispute de ce soir allait précipiter les événements.

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Au matin, John avait reprit son poste devant le bureau de recrutement. Il débattait des derniers événements avec son associé tout en observant Tessa qui recevait quelques jeunes postulants.

-« Elle est au courant de quelque chose c'est évident » affirma t-il

-« Mais elle protège son mari en gardant le silence » constata Finch

-« Oui, mais tout en lui demandant de remédier à la situation, ce qui prouve qu'elle n'est pas d'accord avec ses actes »

-« Reste à savoir jusqu'à quel point elle est impliquée »

-« Je dirais qu'elle est au courant mais qu'elle n'a pas participé. Ce n'est pas son genre »

-« C'est votre expérience du milieu qui vous permet ce jugement M Reese ? » le taquina son associé

-« Il faut bien qu'elle me serve de temps en temps Finch »

-« Miss Stevenson vient de recevoir un SMS de son époux. Il lui donne rendez vous à 16H pour "une surprise" »

-« Il veut se racheter ? Quoique ce type est tellement sur de lui que je doute qu'il se rende compte de son attitude directive»

-« Ou autre chose » jugea l'informaticien méfiant.

-« Nous verrons bien. Je vais peut être enfin avoir droit à un peu d'action »

-« Je ne comprendrais jamais pourquoi cela vous manque autant» marmonna Finch.

-« On a tous besoin d'occupations Finch. Vous tenez combien de temps sans votre ordinateur ? Ou vos livres ? »

-« Bien assez longtemps M Reese » répliqua Finch « C'est plutôt votre absence qui est intenable » songea t-il pour lui-même

-« Il faudra que nous testions cela » suggéra John « Une journée sans ordinateur »

-« Sauf si la machine nous contacte » objecta l'informaticien.

-« Oui bien sur. Le travail d'abord, mais je vous surveillerais pour vérifier qu'il s'agit bien d'une mission »

-« Vous ne tiendrez pas une journée sans bouger » affirma Finch perplexe.

-« Vous pourriez être surprit Harold » répliqua John songeant que la simple présence de son associé suffirait largement à remplir sa journée.

-« Très bien. Mais je suis certain qu'il vous faudra peu de temps avant de vous ennuyer »

-« Je relève le défi ! » John vit alors Tessa raccompagner ses visiteurs et fermer le bureau « Je pense que Tessa quitte pour le déjeuner Finch, je la suis »

-« Entendu M Reese. A plus tard »

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A l'heure dite, Tessa se tenait devant l'immeuble dont son époux lui avait envoyé l'adresse. Elle observait les lieux d'un regard perplexe. Il s'agissait d'un vieux bâtiment désaffecté ayant autrefois servi de bureau et de salles d'archives pour l'armée.

Comme elle hésitait, elle reçu un SMS lui indiquant le numéro d'un bureau au second étage. Elle finit par entrer dans le hall avec réticence. Reese laissa passer une minute puis entra à son tour.

-« Je n'aime pas ça Finch. Ca m'a tous l'air d'être un piège »

-« Moi non plus M Reese. Soyez sur vos gardes » affirma l'informaticien.

-« Vous avez des plans de l'immeuble ? »

-« Je cherche » répondit Finch. John l'entendait pianoter rapidement « Je les envoie sur votre téléphone et …. Qu'est ce que c'est que ça ? » Se demanda t-il

-« Qu'avez-vous trouvé ? » demanda l'ex agent intrigué

-« Je détecte des ondes émanant de l'immeuble. Des sous sols plus précisément »

-« Quel genre ? »

-« Une sorte de… signal radio. Il y aurait quelqu'un caché en bas ? » S'interrogea Finch

Reese réfléchit rapidement

-« Ou quelque chose… » Murmura t-il « Finch vous n'avez pas dit que Bergson avait été artificier ? »

-« Si. Pendant deux ans et… » L'informaticien faisant alors le rapprochement, s'interrompit brusquement « M Reese vous ne pensez pas qu'il a piégé tout un immeuble ? » Ajouta t-il d'une voix étranglée

-« Pourquoi pas ? Un bon moyen d'éliminer une épouse gênante, spectaculaire mais efficace » estima John.

-« Mais c'est de la folie ! » protesta Finch.

-« C'est de la science : si les charges sont bien placées on ne retrouvera aucune preuve»

-« Je vais essayer de modifier les signaux » répliqua l'informaticien.

-« Il faut que je récupère Tessa » répondit Reese en s'élançant dans les escaliers.

Il fit irruption dans le bureau où la jeune femme attendait. Elle le fixa, surprise.

-« Que… ? » commença t-elle

-« Il faut sortir d'ici » l'interrompit-il « Votre mari a piégé l'immeuble ! »

-« Quoi ? Piégé l'immeuble ? »

-« Pas le temps de vous expliquer. Suivez-moi » intima Reese en lui prenant le bras.

A cet instant une explosion retentit et les précipita au sol.

-« Vous n'avez rien ? » interrogea l'ex agent en se redressant.

-« Non, ça va » répondit la jeune femme un peu sonnée, s'efforçant de s'asseoir.

John se dirigea vers le couloir et se pencha au dessus de la cage d'escalier, avant de revenir chercher Tessa, l'aidant à se relever.

-« Le rez de chaussée est en feu » annonça t-il « Nous devons aller sur le toit c'est notre meilleure chance »

-« Mais que ferons nous là haut ? On ne va pas sauter ! » Protesta la jeune femme.

-« Nous aurons peut être accès à un escalier de secours »

-« Et s'il n'y en a pas ? »

-« De toute façon les secours auront plus de facilité à nous récupérer sur le toit qu'à l'intérieur. Allons-y » l'incita John en la poussant en avant. La jeune femme résista.

-« Et si l'immeuble s'effondre ? » paniqua t-elle

-« Dans ce cas que nous soyons sur le toit ou dans l'immeuble, ça ne changera pas grand-chose »

Tessa le fixa les yeux écarquillés par la peur mais se décida à avancer. Ils grimpèrent les étages aussi vite que possible. Par chance la jeune femme avait un bon entrainement.

La communication n'avait pas été coupée et Finch entendait leurs souffles courts, leurs pas dans les escaliers. Il ne cessait de prier pour qu'ils arrivent à temps. Les secours étaient prévenus. Fusco était en route. Il ne pouvait rien faire de plus.

-« Par ici » entendit-il « C'est la porte d'accès au toit »

La jeune femme se précipita sur la longue poignée grise mais la porte resta close. Verrouillée.

-« Il a pensé à tout » murmura John

Finch ne put s'empêcher d'intervenir :

-« M Reese, allez vous réussir à l'ouvrir ? » demanda t-il d'une voix urgente.

-« Finch ? Vous êtes toujours à l'écoute ? »

L'informaticien insista :

-« Pouvez-vous atteindre le toit ? »

John ne lui répondit pas mais il l'entendit ordonner à Tessa de s'écarter.

-« Eloignez vous, je vais faire sauter la serrure » Au même moment un grondement sinistre se fit entendre et l'immeuble fut ébranlé. Les deux prisonniers durent s'appuyer contre le mur pour ne pas tomber.

-« Il a dû placer de multiples charges » jugea Reese « sans que sa voix ne trahisse un quelconque sentiment de peur » remarqua son partenaire « écartez vous » répéta t-il

Finch entendit un coup de feu, puis un second.

-« C'est ouvert ? » demanda Tessa. Il y eut un grincement.

-« Oui. Allez y, dépêchez vous » intima John. Puis il reprit la ligne.

-« Finch. Vous devriez raccrocher maintenant »

« Pourquoi ? Il ne veut pas que je l'entende souffrir ? Ou pire ? » Songea aussitôt ce dernier.

-« Non » répondit-il spontanément.

-« Harold… » Commença l'ex agent.

-« Si je reste à l'écoute je pourrais…. Vous guider » prétexta l'informaticien. Il capta le soupir de son agent.

-« Harold, je voudrais vous dire… » Il hésita comme s'il cherchait ses mots. Tessa l'appelait « J'arrive » lui cria t-il « Harold » reprit-il d'un ton décidé « Je sais que cela ne compte pas pour vous. Je l'ai compris. Pourtant je voudrais que vous sachiez qu'en ce moment, si je pouvais choisir ce que j'aimerais faire, je referais le même choix que ce jour où nous étions enfermés à la piscine. C'est la seule chose que je souhaiterais et … et je ne regrette pas de l'avoir fait ce jour là »

Finch comprit immédiatement à quoi il faisait allusion.

-« M Reese… » Murmura t-il. John l'interrompit :

-« Je sais que vous regrettez votre geste Finch et je ne devrais sans doute pas vous dire tout ça. Mais j'en avais besoin »

L'informaticien avait senti son cœur s'emballer dès les premiers mots. Ainsi John était sincère. Autant que lui sans doute. Il ne pouvait pas laisser passer cela. Il ouvrit la bouche pour protester. Enfin laisser parler son cœur. Mais à cet instant un bruit sourd se fit entendre et la communication fut brutalement interrompue.

-« John ? John ? » Appela t-il désespérément.

Reese réalisa que le contact était rompu. Il se demanda un bref instant si c'était son associé qui l'avait délibérément interrompu ou cette nouvelle secousse qu'il venait de ressentir. Mais il y avait plus urgent. Au moins s'il ne devait pas sortir indemne de cet immeuble en feu aurait-il eu le temps d'exprimer ce qu'il ressentait vraiment et c'était précieux. Il sortit sur le toit. Tessa se tenait au milieu le regard traqué.

-« Il n'y a pas d'escalier de secours. Je n'en ai pas trouvé »

Reese pinça les lèvres. « C'était prévisible » songea t-il.

-« Venez » dit-il en l'entrainant. Ils firent le tour du toit. Au loin les sirènes se rapprochaient. « Les secours arrivent » constata t-il pour rassurer la jeune femme. Mais ils sentaient l'immeuble bouger de plus en plus, fragilisé par les explosions. Ils revinrent à leur point de départ sans avoir trouvé d'escalier mais sur le coté nord, John remarqua que l'immeuble voisin était proche.

-« Nous allons sauter sur le toit d'en face »

-« Sauter ? » répéta Tessa.

-« C'est notre seule chance »

-« Nous pourrions attendre les secours ? ». La jeune femme croisa son regard et devina qu'il pensait que ceux-ci arriverait trop tard. Le temps qu'ils comprennent qu'ils étaient sur le toit et déploie le matériel adéquat…

-« Vous avez un bon entrainement Tessa. Vous savez franchir ce genre d'obstacle »

-« Oui, oui bien sur » approuva t-elle incertaine.

-« Je passe le premier et je vous rattraperais d'accord ?»

La jeune femme hocha la tête en signe d'approbation.

John prépara son saut, s'élança et atterrit sans trop de difficulté sur le toit voisin.

-« A vous maintenant. Je vous attends » appela t-il.

Tessa inspira profondément pour se donner du courage. Une nouvelle secousse la décida. Elle s'élança, atterrit un peu trop près du bord, mais John la saisit sans difficulté.

-« C'est bon. Vous êtes en sécurité ici. Nous allons trouver un moyen de descendre »

-« D'accord » approuva la jeune femme « Je dois avoir l'air d'un drôle de lieutenant » se plaignit-elle

-« Non. Juste d'un lieutenant en manque d'entrainement » répliqua John pour la détendre. Il l'entraina, cherchant une porte d'accès. Il y avait aussi un escalier de secours. Il préféra forcer la porte.

-« Passons par l'intérieur, c'est plus discret » Tessa le suivit sans hésiter cette fois. Ils descendirent rapidement les huit étages. Parvenu au premier Reese la stoppa.

-« Attendez. Rien ne dit que votre époux ne sera pas dans les parages. Les incendiaires apprécient généralement d'admirer le résultat de leur œuvre. Ou dans votre cas, il pourrait vouloir s'assurer que son plan a fonctionné. Il vaut mieux éviter qu'il vous voit »

-« Que voulez vous faire ? »

-« Je vais appeler un ami inspecteur et lui signaler que nous sommes dans cet immeuble. Je lui dirais que cela doit rester secret jusqu'à ce que votre mari soit arrêté »

-« D'accord »

-« En attendant installez-vous ici » intima Reese en la faisant entrer dans un bureau « je pars en reconnaissance. Surtout restez là et n'ouvrez à personne d'autre que moi »

-« Promis »

John remonta au second étage et observa la rue. Il aperçu Lionel debout devant l'immeuble en feu, invectivant les pompiers, l'air inquiet. L'image le fit sourire. Quel chemin parcourut avec lui. Il pensa à Finch qui devait être au dernier stade de l'inquiétude. Il fallait qu'il le rassure. Sauf que la pression retombant un peu, il réalisait ce qu'il avait osé lui dire… et maintenant il redoutait sa réaction !

-« Peu importe, je dois le rassurer avant tout » jugea t-il. Il saisit son téléphone mais il n'y avait pas de réseau. Il avisa un téléphone fixe sur le bureau au fond de la pièce. Il composa ce numéro qu'il connaissait par cœur mais la ligne était occupée. Il décida de laisser un message.

-« Finch, c'est moi. Nous sommes en dehors de l'immeuble, en sécurité. Tout va bien. Je vous rappelle plus tard » annonça t-il « cela devrait suffire à le rassurer » songea t-il.

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Finch décrocha immédiatement en voyant le numéro de Fusco s'afficher.

-« Oui inspecteur ? »

-« Je suis devant l'immeuble mais impossible d'y entrer. Le rez de chaussé et le premier étage sont en feu et les pompiers disent que les fondations sont fragilisées » il entendit le souffle oppressé de son interlocuteur « Vous êtes sur qu'ils ont atteint le toit ? »

-« Certain inspecteur »

-« Je vais prévenir les secours qu'ils doivent être là haut. Il faut les récupérer avant que l'immeuble ne s'effondre. Il est déjà bien ébranlé »

-« Je me doute inspecteur. J'ai entendu les explosions » répliqua l'informaticien d'une voix tendue.

-« Vous en faites pas. On va le tirer de là Finch » affirma Lionel prit de pitié devant la panique qu'il décelait chez l'informaticien. Lui-même se sentait inquiet, et surtout contrarié de son impuissance.

-« Je sais que vous ferez de votre mieux inspecteur » la sonnerie lui signalant un double appel l'interpella. Son cœur manqua un battement mais ce n'était pas John. L'écran affichait "numéro inconnu". A moins que ?

-« Je vous rappelle dès que j'ai du nouveau Finch » annonça Lionel.

-« Entendu. Merci inspecteur »

Il raccrocha et remarqua l'icône indiquant un message. Il l'écouta aussitôt. La voix de son partenaire résonna alors dans la pièce et il eut l'impression de revivre, un poids énorme quittant ses épaules. Il voulut le rappeler aussitôt sur son portable mais l'appel échoua. « Pourquoi ? » s'interrogea t-il « Un problème avec son téléphone ? » Il soupira. « Bon. Il dit qu'il va bien et qu'il est en sécurité. Je n'ai pas de raison d'en douter » se rassura t-il. Il triangula sa position. Il semblait toujours au même endroit. Peut être l'incendie perturbait-il les communications ?

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John raccrocha et appela Fusco. Celui-ci décrocha immédiatement

« Inspecteur Fusco ? » annonça t-il agacé d'être interrompu par un numéro inconnu.

-« C'est moi »

-« John ? T'es où ? » Interrogea t-il aussitôt d'une voix soulagée.

-« Toujours sur terre Lionel » ironisa l'ex agent devant sa réaction.

-« Très drôle ! Tu as réussi à sortir de l'immeuble ?»

-« En passant par le toit »

-« Tu me rassures ! Et ça va rassurer Finch aussi. Je viens de raccrocher d'avec lui, il est dans un état ! »

John comprit alors pourquoi la ligne était occupée.

-« Je lui ai laissé un message. Lionel nous avons réussi à quitter l'immeuble en passant par celui d'à côté. Pour l'instant nous sommes en sécurité mais je crains que l'époux de notre cliente ne soit dans les parages »

-« Et c'est lui le responsable ? »

-« Exact »

-« Tu penses qu'il veut s'assurer que son coup à réussi alors ? » demanda Fusco en jetant un regard circulaire autour de lui, cherchant à repérer un comportement suspect.

-« C'est une possibilité »

-« D'accord. Tu veux que je vienne vous chercher discret ? »

-« Par la porte de service de l'autre côté de l'avenue ce serait parfait »

-« Ok. Je reste cinq minutes pour pas attirer l'attention et je vais chercher ma voiture pour vous récupérer »

-« Nous t'attendrons à la sortie »

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Reese entra dans le bureau

-« Tessa ? »

-« Oui, je suis là » affirma la jeune femme en sortant de la petite pièce adjacente

-« Nous allons quitter l'immeuble par la sortie de derrière. Mon ami va nous y attendre »

-« Je vous suis »

Ils descendirent au rez de chaussée

-« Il n'y a pas de réseau dans cet immeuble » constata Reese en vérifiant son portable.

-« Ce sont d'ancien bâtiments de l'armée. Il y a des brouilleurs d'onde » précisa Tessa.

-« Le piège parfait » émit John « Mais j'ai trouvé un téléphone fixe. Mon ami va vous conduire au commissariat. Vous y serez en sécurité un moment »

-« Aura-t-il de quoi l'arrêter ? »

L'ex agent remarqua que Tessa ne semblait pas douter un instant de l'implication de son époux.

-« Ca dépend si nous pouvons trouver les preuves qu'il a organisé ces explosions »

-« Et si vous n'en trouvez pas ? » Demanda Tessa incertaine.

-« Ce sera difficile de prouver la tentative de meurtre. Mais nous chercherons une autre solution pour le neutraliser »

La jeune femme baissa la tête paraissant réfléchir.

-« Vous avez une autre idée ? » l'incita Reese.

Elle hésita puis parut se décider.

-« Il y a quelques semaines, j'ai découvert que Gary est impliqué dans un détournement. Du matériel de la base militaire. Enfin au début je croyais que cela se faisait à son insu et j'ai voulu l'avertir. Il a réagit bizarrement et j'ai fini par comprendre qu'en fait il était au courant de tout »

-« Et il vous a demandé de ne rien dire ? »

-« Il a dit qu'il s'était laissé entrainer et il a promis d'arrêter. Mais à sa manière, pour préserver sa carrière. Donc je n'ai rien dit. Je lui faisais confiance vous comprenez ? C'est mon mari»

-« Je devine que ça n'a pas dû être facile. Et ensuite ? »

-« Son comportement est devenu étrange. Je croyais que c'était parce qu'il devait prendre ses dispositions. Et puis j'ai eu un doute. Surtout que… » Tessa hésita quelques secondes « un jour j'étais allé le rejoindre par surprise et … enfin il a juré que c'était un malentendu » ajouta précipitamment la jeune femme comme si elle regrettait ses paroles.

-« Il était avec Mélinda Padwick ? »

-« Comment vous le savez ? »

-« Je les ai vu ensemble » avoua Reese qui préférait être franc.

-« Alors il a mentit pour ça aussi » soupira la jeune femme « Et pour le reste je suppose »

-« Mon associé a mené une petite enquête sur lui»

-« A cause du trafic ? »

-« En effet » confirma John pour ne pas avoir à trop se justifier « Nous pensons qu'il le dirige. Je suis désolé » ajouta t-il compatissant.

Tessa haussa les épaules.

-« Ratage sur toute la ligne. Y compris pour ma carrière ! » Jugea t-elle « Vous êtes enquêteur alors ? » Demanda t-elle

-« En quelque sorte »

-« Vous n'avez jamais eu de neveu je parie ? »

-« Non. Mais j'ai bien été militaire »

-« J'aurais au moins eu une bonne réponse » se moqua Tessa « En tout cas après cette scène je me suis méfiée. Elle a eu le mérite de m'ouvrir les yeux. Et j'ai pris quelques précautions »

-« Comment ? »

-« J'ai copié des fichiers de son ordinateur portable et de son ordinateur à la base. Les listings avant qu'il ne les modifie et après. Avec ça j'ai des preuves solides. Je pensais que cela me protégerait mais je n'ai pas eu le temps de lui faire savoir que j'avais ces fichiers qu'il est passé à l'action » constata la jeune femme avec amertume. « Remarquez, s'il avait réussi son coup il aurait eu une drôle de surprise. J'ai laissé des dispositions en ce sens »

-« Vous pourrez donner ces preuves à l'inspecteur Fusco. Une fois que votre époux aura été arrêté vous ne craindrez plus rien » affirma l'ex agent.

-« Je suppose que c'est mieux ainsi » estima Tessa.

-« Venez. Allons à la porte de derrière. Votre chauffeur ne devrait plus tarder » l'invita Reese.

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Fusco se gara devant la sortie au moment où John y parvenait avec la jeune militaire.

-« Je te la confie Lionel. Son mari a essayé de divorcer à sa façon »

-« Charmant personnage ! » marmonna l'inspecteur.

-« Si tu ne trouve pas d'indice pour la tentative de meurtre tu pourras l'arrêter pour les détournements dont il se rend coupable à la base »

-« Si je peux le coffrer pour les deux c'est encore mieux ! » ricana Fusco

-« Ne te gênes pas » approuva John.

-« Tu devrais rentrer. Finch t'attend. Il s'est drôlement inquiété » affirma Lionel.

-« Je m'en doute »

-« En plus t'en a besoin » constata Fusco en le dévisageant.

John baissa les yeux sur son manteau roussi et son costume malmené.

-« Oui. J'en ai besoin » confirma t-il. Sauf que ce n'était pas seulement pour ses vêtements dont au final il se souciait si peu !

Tessa le remercia avant de partir avec Lionel. Il regarda la voiture s'éloigner puis saisit son portable.

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Finch attendait l'appel de Reese l'informant de la fin de leur mission. « Et ensuite ? » se demandait-il « Allait-il repasser par la bibliothèque ? Ou, compte tenu de leur précédent échange, allait-il l'éviter ?» Il se leva et avança jusqu'à la fenêtre. « Il ne peut pas savoir ce que je pense puisque je n'ai pas eu le temps de lui répondre » songea t-il « Quoi qu'il fasse, nous devrons parler »

S'il se basait sur son attitude des dernières semaines, identique à la sienne, il était quasiment certain que John chercherait à éviter la bibliothèque ce soir là. A l'éviter lui surtout. Sauf qu'il n'était pas d'accord avec cela. Ou plutôt il ne l'était plus. Sa décision fut vite prise. Il ferma son système, rassembla ses affaires, enfila son manteau et quitta les lieux avec Bear.

Il reçu l'appel comme il était encore dans sa voiture et fit en sorte que John ne s'en aperçoive pas.

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-« Finch, je viens de confier Tessa à Lionel. Tout devrait bien se passer pour elle maintenant »

-« C'est une excellente chose M Reese »

-« Si vous n'avez plus besoin de moi je vais rentrer » tenta John « Je suis couvert de suie et j'empeste la fumée. J'ai vraiment besoin d'une douche et de vêtements propres »

-« Des blessures ? » interrogea l'informaticien

-« Non »

-« Hum ? »

-« Enfin presque rien » concéda Reese « des égratignures, une ou deux brulures légères. Je peux me débrouiller. Vous avez suffisamment garnie l'armoire à pharmacie de ma salle de bains pour que j'y trouve de quoi me soigner efficacement »

-« Entendu M Reese »

John retint un soupir de soulagement en constatant qu'il n'insistait pas davantage. Il pensait avoir plus de mal à le convaincre.

« Peut être parce que lui non plus ne veut pas risquer une conversation gênante ? » songea t-il « Je sais qu'il ne voudra pas me faire de mal. Mais il sait qu'en me repoussant il m'en fera forcement. Alors mieux vaut garder tout ça sous silence. Je ne veux pas qu'il soit mal à l'aise. Je veux garder notre complicité. Et je saurais faire en sorte qu'il croit que je suis bien » se promit Reese en se mettant en route pour son loft. Pour l'instant il avait besoin de se détendre un peu. Puis il pourrait réfléchir à la meilleure attitude à adopter.

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Bear bondit sur son maître au moment où il descendait de son véhicule.

-« Qu'est ce que tu fais là toi ? » s'étonna John en le câlinant. Il leva les yeux. Son associé l'attendait près de l'ascenseur intérieur. Il se mordit les lèvres. « Pour la détente c'est raté » songea t-il. « J'aurais dû me douter, il s'était laisser convaincre trop facilement » Il avança lentement.

-« Qu'est ce qui vous amène Finch ? Vous n'étiez pas certain du contenu de ma pharmacie ?» tenta t-il, incertain

-« Si. Je sais ce qui s'y trouve. Mais j'estime qu'un bon infirmier est aussi utile qu'un bon médicament»

-« C'est juste. Vous avez votre diplôme sur vous ? » Le taquina l'ex agent.

-« J'ai appris sur le tas M Reese. Mais je pense que vous avez déjà pu vérifier mes compétences »

-« J'avoue » concéda John.

Il pressa le bouton de l'ascenseur. Les portes s'ouvrirent aussitôt. Bear s'y engouffra le premier et il laissa passer son associé.

Une fois dans le loft, Reese ôta son manteau et se dirigea vers un placard pour prendre des vêtements propres, puis vers la salle de bains. Il vit que son partenaire était occupé à inspecter son manteau.

-« Il a souffert je crois »

-« Il est irrécupérable à mon avis. Mais peu importe j'en ai d'autre » affirma tranquillement l'informaticien.

-« Vous avez constitué un stock ? » ironisa John.

-« C'est préférable » estima Finch.

-« Bon. Je vais prendre ma douche » annonça l'ex agent.

-« Ce ne sera pas du luxe M Reese » approuva son associé.

-« Vous n'aimez pas mon nouveau parfum Finch ? Il est détonnant ! » Affirma John avec un petit rire, avant de s'enfermer dans la pièce.

Finch sourit, amusé. Cette boutade avait le mérite de détendre l'atmosphère. « Visiblement, il fait comme si de rien était et mon attitude le persuade que je vais agir de même » jugea t-il « Il risque d'être surprit » songea t-il déterminé.

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Reese laissa l'eau couler longuement sur son corps. Il lui semblait qu'il ne se débarrasserait jamais de cette horrible odeur de fumée. Il sortit de la douche, se sécha et enfila ses vêtements propres. Il resta un instant appuyé sur le lavabo, fixant son reflet dans le miroir. Et maintenant ? Finch semblait le même que d'habitude. Il en déduisit qu'il devait souhaiter continuer à ignorer ses paroles comme la première fois. « Tant mieux et à l'avenir je n'ai pas intérêt à recommencer » se morigéna t-il. Il se décida finalement à le rejoindre. En sortant de la salle de bains il sentit une délicieuse odeur de café. « Juste le réconfort dont j'ai besoin » se réjouit-il.

-« Etes-vous "décrassé" M Reese ? » interrogea l'informaticien depuis le coin cuisine.

-« Oui Finch. Ca fait du bien »

-« Installez vous, j'arrive »

-« Vous n'aurez vraiment pas beaucoup de travail vous savez » tenta l'ex agent qui aurait bien voulu échapper à la séance de soins. Dans son état d'esprit le moment était mal choisit. Il entendit son partenaire approcher.

-« Vous me laisserez en juger » répondit Finch en lui tendant une tasse de café.

-« Merci » murmura Reese. Il s'adossa contre le dossier du canapé et ferma les yeux. Le breuvage lui fit du bien, il se sentit revigoré. Finch l'observait, épiait la moindre de ses expressions. L'ex agent sentit son regard peser sur lui, il ouvrit les yeux et croisa les siens. Il s'interrogea sur son attitude.

-« Je vais bien » tenta t-il perplexe.

-« Et bien vérifions cela » répondit l'informaticien en s'installant à côté de lui. John se redressa et écarta les pans de sa chemise. Finch se pencha pour examiner deux petites coupures sur lesquelles il appliqua un antiseptique. Il remarqua un bleu sur l'épaule sur lequel il se promit d'appliquer une crème, puis détailla les deux légères brulures sur les mains de son agent.

-« J'ai la pommade adéquate pour ces brulures » affirma t-il en fouillant la trousse.

-« Vous diversifiez vos stock ?» ironisa l'ex agent en rajustant sa chemise.

-« C'est vous qui variez vos effets M Reese » rétorqua Finch.

Il mit une noisette de crème sur la brulure et commença à masser sa main droite. John frémissait à ce contact. Finch était doux. Ces gestes étaient délicats, presque sensuels, et John avait de plus en plus de mal à rester stoïque.

Finch, imperturbable, continua avec sa main gauche, sans paraitre remarquer le trouble de son agent alors qu'en réalité, il ne manquait rien.

-« Voilà qui est mieux » dit-il finalement « Vous devriez être soulagé »

-« Oui, c'est moins douloureux » approuva Reese d'une voix un peu rauque. Il s'attendait à voir son associé se lever pour ranger sa trousse mais celui-ci ne bougea pas.

-« Cette pommade est réputée agir rapidement pour soulager la douleur » constata t-il en continuant de l'observer.

-« Merci Harold. Ca va beaucoup mieux » insista John. « Pourquoi reste t-il si proche ? » songea t-il mal à l'aise sous ce regard qui ne le quittait pas. Il devait faire un effort pour rester concentré et ne pas faire de bêtise. Finalement il fit mine de se lever, désireux de s'éloigner de la tentation, mais Finch le stoppa.

-« Je n'ai pas terminé John » et l'emploi de son prénom fit frémir l'ex agent

-« Ah ? » demanda t-il nerveux

-« J'ai découvert une nouveau remède, très efficace paraît-il, contre les contusions »

-« Ca ira Harold. Ce n'est pas grand-chose » jugea l'ex agent, tendu.

-« Voyons John. Vous avez vu la taille de cette ecchymose sur votre épaule ? » Protesta Finch en repoussant la chemise d'un geste souple. Il fit mine de l'examiner « Elle s'étend sur le biceps. Vous devriez ôter la manche, ce serait plus facile » suggéra t-il.

John pinça les lèvres, au supplice, mais se décida à obtempérer pour ne pas attirer davantage l'attention de son partenaire. Finch saisit le tube de crème et prit son temps pour l'ouvrir, observant discrètement le trouble de son agent. Il se rapprocha un peu plus et commença à masser l'épaule, puis le muscle, toujours avec des gestes lents et doux. John se laissait faire sans rien dire mais il le sentait tendu sous sa touche, le souffle court. Il continua le massage puis, doucement, il laissa sa main dériver, glisser lentement sur la poitrine à demi découvert de son agent. John saisit brusquement son poignet pour le stopper. Il tourna la tête vers lui.

-« Harold, qu'est ce que…. » Commença t-il mais les lèvres de l'informaticien sur les siennes, impérieuses, l'empêchèrent de finir sa phrase, le réduisant au silence. Tendres pour le premier baiser. Plus entreprenantes pour le suivant comme il sentait son partenaire lui répondre, incapable de résister à la tentation. Finch glissa sa main libre derrière la nuque de son agent pour garder l'équilibre sentant ce dernier passer un bras autour de sa taille pour le rapprocher de lui. John avait cessé de réfléchir pour simplement profiter de l'instant présent.

Finalement, à bout de souffle, Finch laissa retomber sa tête sur son épaule.

-« Ai-je bien respecté vos dernières volontés John ? » chuchota t-il contre son oreille.

-« On ne peut mieux » chuchota l'ex agent en lui caressant la joue.

Finch leva la tête, rivant son regard au sien. Il y avait une telle tendresse dans ses yeux. Un tel désir aussi, qu'il en frissonna. Cela le rassura, lui confirmant qu'il ne s'était pas trompé.

John attira son visage vers le sien et l'embrassa à son tour. L'informaticien accepta un baiser puis le repoussa.

-« C'est à votre tour » murmura Reese en essayant de le retenir.

-« Les miennes ont changé John »

-« Changé ? Que voulez vous ? » demanda l'ex agent incertain.

-« Je veux… plus qu'un baiser » chuchota Finch sans pouvoir s'empêcher de rougir, mais déterminé.

-« Je peux tout vous donner » répliqua aussitôt son partenaire en resserrant son étreinte avant de l'embrasser fébrilement. L'informaticien lui répondit avec la même impatience. Il sentit les mains de Reese s'insinuer sous ses vêtements.

-« Je pourrais être à vous corps et âme » lui chuchota John entre deux baisers « Dites moi que vous le voulez » plaida t-il.

Finch saisit son visage entre ses mains, cherchant une dernière fois sa vérité avant que tout ne bascule entre eux, sachant qu'il n'y aurait pas de retour possible. Ce qu'il lut dans son regard le conforta.

-« Oui. Je le veux » répondit-il contre ses lèvres.

Reese continua de l'embrasser, déposant un baiser sur chaque parcelle de peau qu'il pouvait atteindre. Laissant ses mains parcourir son corps, le redessiner, guettant chaque soupir pour le faire renaitre encore et encore. Puis il le bascula doucement sur le large canapé. Finch se laissa faire, étourdit par ses caresses incessantes. John acheva d'ôter sa chemise et entreprit de dévêtir son partenaire.

-« Je vous promets de respecter chacun de vos souhaits Harold » lui chuchota t-il.

Finch lui sourit et glissa une main dans ses cheveux.

-« Moi aussi » murmura t-il avant de fermer les yeux et de s'abandonner dans ses bras.

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Finch observait le café s'écouler lentement. Il savait comment le faire comme Il l'aimait.

En s'éveillant un peu plus tôt il avait pu observer son visage serein, son air détendu dans son sommeil. Presque… heureux ? Il ne se rappelait pas l'avoir déjà vu ainsi, aussi tranquille. Il lui avait parut presque vulnérable et Finch avait frémit en songeant que c'était peut être sa présence à ses côté qui en était responsable. Parce que lui n'était capable d'un tel abandon qu'en sa présence. Alors peut être était-ce réciproque ?

Il s'était levé sans bruit pour rejoindre la cuisine, laissant son esprit dériver sur ce qui les avait unis la nuit précédente. La passion dans le regard de John lorsqu'il s'était abandonné dans ses bras. Ses gestes attentifs, possessifs. Puis, alors qu'il était presque endormi, le corps engourdi de plaisir, John l'avait attiré dans ses bras, l'obligeant à se lever.

-« Mon lit sera plus confortable que ce canapé » lui avait-il chuchoté, et il l'avait suivi sans une hésitation pour se rendormir aussitôt tandis que John le gardait étroitement serré contre lui.

Il s'était réveillé quelques heures plus tard en sentant le souffle chaud de son partenaire dans son cou, le chatouiller. Se tournant vers lui, il avait croisé son regard où se reflétait le même désir, la même faim.

-« Harold » avait-il chuchoté « Je… » Mais l'informaticien avait vivement posé sa main sur ses lèvres pour arrêter ses mots.

-« Pas maintenant » avait-il demandé « Pas tout de suite »

C'était trop tôt. Il n'était pas encore prêt à entendre son aveu. Ces mots là étaient si puissants...

John avait comprit. Il n'avait pas insisté et l'avait juste embrassé, longuement, parce que les gestes peuvent être aussi expressifs que les mots. Après la passion de leur première étreinte, John, cette fois, l'avait aimé avec une infinie tendresse, attentif, amoureux. La simple évocation de ce souvenir fit frémir l'informaticien. «Mais John est parfait dans tout ce qu'il fait » songea t-il, il était donc logique qu'il soit aussi un bon amant.

Que lui, avec ses faiblesses et ses travers, soit l'objet de ses désirs lui semblait, même après cette nuit, toujours aussi difficile à imaginer. Qu'il soit l'objet de son amour plus encore. Et à cause de cela il n'avait pas voulu entendre ces mots si lourds de sens. Lui toutefois n'avait pas le moindre doute sur ses sentiments. Plus maintenant. Mais il était facile de tomber amoureux d'un homme comme John Reese.

Lui si téméraire la veille se sentait brusquement si incertain. Il s'était laissé emporter par le soulagement de le retrouver et il ne le regrettait pas. Toutefois il redoutait les conséquences de cette nuit si tout cela ne devait être qu'un moment de folie passagère.
Enfin, de son côté il était bien décidé à profiter de l'instant présent, quel que soit ce qu'il durerait. A profiter de tout ce qu'Il voudrait vivre avec lui. Mais qu'en serait-il de John ?

Il soupira. Il avait peut être tort de douter, mais c'était sa nature.

Finch entendit alors un léger bruit de froissement et songea, le cœur un peu serré, qu'il serait bientôt fixé.

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Reese s'étira, il se sentait léger, bienheureux. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi bien. Et c'était un sentiment agréable. Il tendit le bras mais ne rencontra que le vide. La place près de lui était froide. Contrarié, il se redressa brusquement, le cœur battant à l'idée que Finch ait pu le fuir. Mais il sentit alors l'arome du café flottant dans la pièce et cela le rassura. Il se leva, enfila rapidement un tee shirt et se posta sur le seuil de la cuisine, observant son partenaire, lui aussi simplement vêtu d'un maillot trop grand pour lui. Il sourit devant cette image qu'il aimait déjà. Qu'il voulait voir souvent à l'avenir. Finch dû sentir sa présence puisqu'il se tourna vers lui. Leurs regards se croisèrent, s'attachèrent l'un à l'autre. Instinctivement, John sentit le danger…

-« Bonjour Harold » murmura t-il incertain.

-« Bonjour John »

L'ex agent se décida à avancer vers lui et se risqua à l'enlacer. Voyant qu'il ne le repoussait pas, il posa ses lèvres sur les siennes. Finch se laissa faire, sans lui répondre pour autant et Reese se sentit glacé par sa réaction. « Timidité ? Hésitation ? Ou autre chose ? » Songea t-il inquiet. Il soupira.

-« Vous regrettez ? » demanda t-il. La déception transparaissait dans sa voix. Mais ce n'était pas un renoncement, parce qu'il n'était pas décidé à abandonner sans se battre ce qu'il avait conquis ces dernières heures.

Finch se tendit. Il lut la détermination dans ses yeux. « Le moment de vérité » songea t-il.

-« Et vous ? » demanda t-il

-« Non » répondit spontanément John d'un ton ferme « Pas une seule seconde » Il vit alors le visage de son partenaire se détendre, prendre une expression soulagée, et compris qu'il éprouvait les mêmes craintes que lui.

-« Moi non plus » murmura Finch. L'ex agent sentit la tension dans sa poitrine disparaitre à cette affirmation.

-« Vraiment ? » interrogea t-il

-« Oui » réaffirma Finch

-« Alors je ne vous lâche plus » chuchota Reese en cachant son visage dans son cou, s'enivrant de son odeur. Finch sourit.

-« Je n'ai jamais voulu vous faire croire que ce qui s'était passé à la piscine ne comptait pas » ajouta t-il, faisant allusion à leur conversation de la veille.

-« Je sais. Enfin, j'ai compris. Vous aviez peur des conséquences ? »

-« Oui »

-« Ca ne changera rien je vous le promets » affirma John « Nous serons juste…unis d'une autre façon »

-« Je vous fais confiance »

-« Vous ne le regretterez pas Harold » confirma John en l'embrassant. Puis il fixa son regard dans le sien.

-« Est-ce que je peux vous le dire maintenant ? » demanda t-il. Devant son ton si décidé Finch abandonna ses dernières hésitations.

-« Oui » répondit-il

John lui adressa un sourire franc, satisfait.

-« Je vous aime Harold »

L'informaticien posa son front contre le sien.

-« Je vous aime John » murmura t-il en écho.

John eut l'impression qu'une nouvelle lumière éclairait sa vie. Il le serra davantage contre lui comme pour être certain qu'il ne rêvait pas. Ils restèrent un moment simplement enlacé, profitant de l'instant.

Puis une petite sonnerie résonna dans la salle surprenant l'ex agent.

-« C'est le four » précisa Finch « J'ai un peu fouillé vos placards » avoua t-il.

-« Vous êtes chez vous » s'amusa Reese.

-« Croissant ? »

-« Avec plaisir »

John s'installa à la table après avoir récupéré la cafetière qu'il déposa près de la théière. Finch le rejoignit avec les croissants. Ils commencèrent à manger tranquillement. John ne quittait pas son partenaire des yeux. Celui-ci fini par en être embarrassé. Il toussota.

-« John ? »

-« Oui ? »

-« Quelque chose… ne va pas ? » tenta t-il

-« Au contraire. J'aime vous voir ainsi. Sans votre costume si strict. Alors j'en profite »

Finch rougit.

-« Je vois » répondit-il troublé.

-« Vous allez devoir vous y faire. Je compte que cela se reproduise souvent » affirma Reese avec un large sourire.

-« Hum. Je pense que je pourrais m'y habituer » murmura l'informaticien « comment vont vos mains ? Les brulures ? » Demanda t-il pour changer de sujet. Il comprit rapidement sa maladresse lorsque son compagnon lui répliqua d'un air amusé :

-« Oh très bien. D'ailleurs je pensais que vous vous en seriez rendu compte cette nuit ? »

John se leva et vint l'entourer de ses bras.

-« Vous m'avez tendu la perche Harold »

-« Vous êtes trop taquin » jugea Finch en se laissant aller contre lui.

-« Mais vous aimez ça ! »

-« Oui » reconnu l'informaticien qui ne pouvait pas mentir.

Reese le fit pivoter légèrement et l'embrassa, de plus en plus tendrement, Finch se sentait dangereusement faible, lorsqu'une sonnerie bien connu les interrompit.

-« On dirait que le devoir nous appelle » constata t-il aussitôt.

-« Il semble oui » répondit l'ex agent sans cesser de sourire pourtant, étonnant son compagnon.

-« Qu'est ce qui vous réjouit autant ? » demanda t-il intrigué.

-« La perspective de pouvoir exprimer mes dernières volontés avant de partir chaque fois que j'aurais une nouvelle mission » Il fit lever son compagnon pour mieux l'embrasser « et je ne compte vraiment pas m'en priver » ajouta t-il.

Finch passa les bras autour de son cou et lui murmura :

-« Je vous fais confiance pour cela »

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OoooooooooO

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Deux semaines plus tard.

-« John ! Voulez vous bien me laisser finir ce codage ? » Protesta Finch en s'efforçant, vainement, de repousser son compagnon.

-« J'ai juste besoin de m'exprimer avant de partir Harold ! » répliqua son agent en le faisait se tourner vers lui.

Finch posa ses mains contre sa poitrine pour le maintenir à distance.

-« Vous ne partez pas en mission ! Vous devez juste aller aider l'inspecteur Fusco sur une surveillance »

-« C'est une sorte de mission aussi. Je ne sais pas ce qui m'attends » affirma Reese sérieux.

Finch se troubla

-« Croyez vous que cela soit dangereux ? » demanda t-il déjà inquiet. Il se relâcha un instant et John en profita pour enfouir son visage dans son cou.

-« Qui sais ? » répondit-il entre deux baisers « Nous allons peut être croisés des hommes armés ? Des types malintentionnés ? »

Finch comprit qu'il se moquait de lui.

-« Ou un chaton coincé dans un arbre ? » répliqua t-il désabusé.

-« Et alors ? Si c'est un serial killer de souris ? »

-« Oh John ! » protesta l'informaticien.

Reese saisit alors son visage entre ses mains et plongea son regard dans le sien.

-« J'ai besoin de vous montrer que je vous aime Harold»

Finch comprit alors le vrai message que son compagnon cherchait à lui faire passer derrière ses taquineries. Il posa ses mains sur les siennes.

-« Je le sais déjà John. N'avez-vous pas promis d'être à moi corps et âme ? Pensez vous que je puisse l'oublier ?» demanda t-il doucement.

-« Non. Je ne le permettrais pas »

Finch se pencha pour l'embrasser.

-« Dépêchez vous de me revenir et je vous prouverais comme j'ai bonne mémoire » chuchota t-il.

-« C'est une promesse ? » demanda Reese rassuré.

-« C'est une volonté John. Toute ma volonté… »