Puisque j'étais en avance en écriture, je poste la suite maintenant. Par la suite je pense poster un chapitre par semaine (si tout se passe bien).
Bisous bisous les loulous !
Chapitre 1 Lendemains difficiles
Une nouvelle fois je me réveillai sans savoir ou j'étais. Cette fois j'étais bel et bien dans une salle de réanimation. Si je ne sentais plus aucune douleur, l'étau qui rendait ma respiration difficile était toujours là. Pourtant seul un drap d'hôpital reposait sur ma poitrine. Je cherchai la petite alarme pour appeler l'infirmière mais ne la trouvai pas. Je me risquai donc à appeler mais je fus prise d'une telle quinte de toux que je dus y renoncer.
Je tentai de me rappeler les évènements. J'étais partie avec mes parents et ma sœur de La Nouvelle Orléans pour Chicago, où nous devions passer les vacances d'été chez nos grands-parents.
Le trajet avait été perturbé par de nombreuses turbulences. Mon dernier souvenir remontait à l'annonce de l'hôtesse qui nous signalait que nous allions atterrir d'ici une dizaine de minutes. L'avalanche de directives de sécurité qui suivait m'avait contrainte à mettre mes écouteurs, appuyer sur play et fermer les yeux. Puis plus rien.
Rien ! Je ne me rappelais rien d'autre ! Juste m'être réveillé dehors parmi des gravats.
L'avion s'était-il crashé ? Une bouffée de panique m'envahit. Non, pas ça ! Quelque chose en moi refusait cette hypothèse, je ne serais pas en vie, c'est impossible, je n'ai pas de blessures, si c'était un crash je serais sûrement brûlée, ou couverte de bleus… Sans parler des fractures.
Mon calme retrouvé, je contemplai à nouveau la pièce. Les machines étaient étranges. Tout semblait être du dernier cri en matière de technologie. Les écrans me faisaient penser à ceux que l'on peut voir dans les films d'Iron Man. Les hôpitaux avaient énormément évolué, mais je devais être dans une clinique privée pour avoir un tel niveau de technologie.
Au bout de 20min je commençais sérieusement à m'ennuyer. Seul le bip-bip de ce qui semblait être un électrocardiogramme troublait le silence. Je m'amusai à le faire varier en retenant ma respiration, puis en respirant de plus en plus vite.
Soudain, la porte s'ouvrit avec fracas, un docteur et deux infirmières entrèrent l'ai paniqués. En me voyant sourire faiblement, ils poussèrent un soupir de soulagement.
– J'ai cru qu'on était en train de la perdre, marmonna le médecin avant de s'en aller.
Immédiatement je me redressai.
Avec douceur, une infirmière me força à me rallonger.
– Doucement, tu ne dois pas faire d'efforts pour l'instant.
– Où suis-je ? Que s'est-il passé ? Et où est ma famille ?
Elle me sourit.
– Ne t'inquiète pas tu es en sécurité, à l'infirmerie des fraternels…
– Non mais où, dans quelle ville ? La coupai-je.
– Quelle ville ?! Ses yeux s'écarquillèrent, mais… Où veux-tu être enfin ma chérie ? A Chicago ! Ce n'est pas comme si on avait le choix ! Tout est détruit autour ! Elle souriait comme si j'étais idiote. Ou folle. Ou les deux.
– Pardon ?! Je restai bouche bée, secouant la tête.
L'autre infirmière s'avança et s'adressa à sa collègue.
– Attend Miranda, les scanners ne montraient rien d'inquiétant mais rien n'indique qu'elle ne fasse pas une petite amnésie suite au choc ?
Elle se tourna vers moi.
– L'entrepôt 13 a explosé, les audacieux pensent à un attentat ; tu te trouvais la bas et a été atteinte de plein fouet par l'explosion. Tu es, comme Miranda l'a dit, à l'infirmerie fraternelle. Tu y as passé environ 17h, il est 10 heures du matin. Les examens ont montré 2 côtes cassées et quelques contusions mais c'est tout, tu as eu beaucoup de chance. Ne t'inquiète pas, avec le sérum de consolidation tes côtes devraient être ressoudées d'ici… 2 jours je pense.
Miranda l'infirmière opina de la tête.
– Je suis désolée que tes parents ne soient pas passés te voir mais tu étais… Comment dire…
– Lorsqu'on t'a trouvée tu étais nue, alors sans vêtement on ne pouvait pas identifier ta faction d'origine. Tu peux nous dire ton nom et de quelle faction tu viens ma belle ?
Elles me regardaient toutes les deux de l'attente plein les yeux.
Des sanglots commençaient à monter dans ma poitrine.
– Je… Je ne comprends pas ce que vous dites, comment mes côtes peuvent elles se ressouder en 3 jours et… Ces factions… Je n'en sais rien… Je… Je veux juste rentrer chez mes grands-parents et… mais attendez… Et l'avion ?! Qu'est-il devenu ?!
Les 2 infirmières se consultèrent du regard. Celle dénommée Miranda partit et l'autre me regardait avec un air d'incompréhension.
– Quel avion ?! Il n'y a plus d'avion depuis la grande guerre enfin ! Tu parles d'un jouet ?
– J'AI 18 ANS ! Hurlais-je, QU'EST-CE QUE JE PEUX BIEN FOUTRE D'UN JOUET !
Je hoquetais et pleurais toutes les larmes de mon corps à présent. L'infirmière parue submergée par mon chagrin et me serra les mains.
– Chut, chut, chut trésor, calme toi… Dis-moi ton nom, nous serons en mesure de t'identifier et tes parents viendront te chercher, d'accord… ?
– Je m'appelle… Aliénor… Puis je repartis dans une crise de sanglot sans réussir à dire mon nom.
L'infirmière se leva et m'injecta un produit qui m'embruma totalement l'esprit. A nouveau, un sommeil profond me fit perdre pied avec la réalité.
...
Je commençai à en avoir assez de ces réveils déstabilisants. Je tentai de faire le point. Je m'appelle Aliénor Davis, de La Nouvelle Orléans, Louisiane, 18 ans et toutes mes dents. J'ai une sœur, Blanche, un chat, Lafayette et mes parents sont mariés depuis bientôt 20 ans. Je suis américaine mais mes ancêtres sont Français, d'où ces noms inhabituels hérités de célèbres reines de France. Je suis partie le 3 juillet 2014 pour aller chez mes grands-parents à Chicago, afin de passer les vacances d'été et fêter l'anniversaire de mariage de mes parents.
Bien. Je me rappelais donc de tout. Mais pas pour ces infirmières. Pourquoi pensaient-elles que j'étais amnésique ? Et cette histoire de faction, de sérum… Merde ! Ça n'existe pas dans la vraie vie ! On n'est pas dans un film !
Je me levai et remontai le store.
Et bientôt quoi… ?! Ils vont me faire le coup des super-héros ?!
Je restai interdite devant la vue que m'offrait la fenêtre.
Un paysage de désolation s'étendait devant moi. Le lac Michigan était en grande partie asséché. Tous les immeubles tombaient en morceau, fragiles béquilles vers le ciel, soutenant à peine leur propre poids. Des sortes de grands aérateurs étaient fixés dessus. De l'herbe jaunie par le soleil sortait des nids de poules d'une route défoncée, comme si quelqu'un avait perdu une cargaison de paillassons.
Un mot me vint à l'esprit pour décrire ce paysage : Apocalypse. Je fermai les yeux. Mais en les rouvrant, la vision de désolation était bien là, ancrée dans la réalité. Ce cauchemar n'en était pas un. C'était réel.
Subjuguée et perdue je me laissais tomber sur une chaise toute proche. Réfléchis Al, réfléchis ! M'admonestais-je en silence.
Mon père était – est – inspecteur de police. L'une de ses techniques préférées consistait à faire croire au suspect qu'il savait déjà tout afin de l'inciter à déballer son sac et récupérer ses aveux. Je décidai de faire pareil. C'était la seule option valable.
Au mieux, je délire à cause du choc. Tout va rentrer dans la normale, et je vais passer mes vacances comme prévu. Au pire… Au pire ? Je suis dans un programme gouvernemental illégal et top-secret, je suis dans une émission de télé réalité avec une caméra cachée, c'est vraiment la fin des temps et j'ai été cryogénisé jusqu'à ce que le monde puisse être à nouveau reconstruit ? Au choix. Je n'avais aucun indice.
Je décidai donc de feindre l'amnésie et de prendre mon mal en patience.
