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Je n'ai rien de particulier à dire, alors j'ai mis trois p'tits points. J'aime bien les trois p'tits points. ça veut tout dire et rien dire à la fois. Encore un truc de meuf !


Chapitre 5 Baby sitter

Éric n'était pas ravi-ravi. En fait cet imprévu le saoulait au plus haut point. Malgré tout, ce cas mystère réveillait en lui des instincts de traqueur. Cela faisait des mois que Tobias et Tris s'étaient enfuis, mettant à bas le plan des érudits. Et Éric n'avait pas du tout, mais alors, PAS DU TOUT, apprécié le cadeau d'adieu de Tris, à savoir une balle dans la jambe. Si la blessure avait été guérie en quelques jours grâce à divers sérums, la rééducation avait été longue et douloureuse, et même maintenant, sa jambe continuait d'être raide.

La faiblesse. Éric détestait ça. Alors il s'était lancé corps et âme dans ce combat de l'ombre. Il s'était juré de ne s'arrêter que lorsque le dernier rebelle serait écrasé sous sa botte. Littéralement. Il prévoyait de tuer le dernier rebelle à coups de pieds, jusqu'à ce qu'il n'en reste rien d'autre que de la pâtée pour chien.

Depuis, les rebelles alliés à quelques sans factions harcelaient la ville ; rien de bien dangereux, leurs moyens étaient limités. Mais même un tout petit caillou dans une chaussure finit à la longue par irriter le pied, et Éric finissait par être à court de patience.

Cette fille était donc une piste plus que sérieuse. Si le prix à payer pour la vengeance et la tranquillité était de jouer les gardes du corps, alors soit ! Il pouvait toujours la martyriser un peu en attendant.

Il attendit que la jeune fille soit rentrée dans la chambre pour fermer la porte et tourner la clé. Il rigola intérieurement en l'imaginant coincée dans la pièce et ruminant sa colère. Puis il partit vers son bureau afin de réexaminer les preuves de l'attentat et tenter de trouver un indice qui aurait pu lui échapper.

J'étais furieuse. Et enfermée. Mais surtout furieuse ! Jamais Jeanine n'aurait permis qu'on me traite comme ça. J'en étais sûre. L'autre brute devait profiter de son absence pour faire son petit chef et se venger en humiliant les autres. C'était tout ? Il me transportait comme un vulgaire colis, me mettant en attente, consignée jusqu'à nouvel ordre ?! Mais qu'est-ce qu'ils attendent de moi au juste ?! Qu'est-ce que je vais leur apporter ? Qu'est-ce que je fais ici ?! Comment je rentre à la maison ?!

Rien de tout ça n'avait de sens et aucune réponse ne se profilait à l'horizon.

Et maintenant je n'avais qu'à prendre mon mal en patience. Je m'assis sur le lit, bras croisés, les larmes au bord des yeux. Depuis toute petite je boudais ainsi. Oui c'est puéril, totalement ridicule à 18 ans, mais je n'arrivais pas à me débarrasser de cette sale habitude.

L'ennui fini par l'emporter et je détaillai le studio. Les murs étaient de briques et le sol en béton. Très haut de plafond, il se composait de 2 pièces séparées par une cloison. Je me trouvais dans la chambre, assis sur un lit deux places en bois tourné. Il me rappelait le mien. De chaque côté du lit, deux grandes portes fenêtres en bois également, laissaient entrer la lumière. La peinture blanche qui les recouvrait s'écaillait, donnant un aspect vieux-neuf qu'en temps normal j'aurais pu trouver beau. Mais là, j'étais trop énervée pour apprécier quoique ce soit. Deux lourdes paires de rideaux en velours taupe en encadraient les montants.

Un grand tapis beige épais et poilu recouvrait la moitié de la pièce, permettant de garder les pieds à l'abri du froid au sortir du lit. Une armoire encastrée dans le mur, une jolie coiffeuse cérusée, deux fauteuils en cuir élimé et une table basse en métal bricolée complétaient le tableau. Les lieux étaient propres quoique poussiéreux. Je remarquai que les fines particules sur la table et la coiffeuse laissaient apparaitre des formes, comme si des objets avaient été enlevés après une longue exposition à la poussière.

Force m'était d'admettre que la personne qui avait meublé cette pièce avait du goût. Le bois poli quoique terne, se fondait à merveille dans l'ambiance feutrée de ce loft industriel.

La deuxième pièce beaucoup plus petite était en fait une salle de bain. L'évier en grès gris était surmonté d'une vieille glace, et la douche sur le modèle italien était constituée d'une paroi de verre avec l'évacuation à même le sol. Un grand voilage blanc masquait la fenêtre. Simple, épuré, mais fonctionnel, à l'image de la chambre.

Mon inspection terminée, je n'avais plus rien à faire sinon attendre. Je me postai donc à la fenêtre pour évaluer le paysage et fût agréablement surprise. Un balcon reliait les deux fenêtres. Trop cool ! D'un pas joyeux je sortis dehors. Au même moment quelque chose se réceptionna à côté de moi : je me retrouvai nez à nez avec une jeune fille blonde. Sans savoir comment, ma tête fit connaissance avec le mur alors qu'une poigne de fer me tordait le bras dans le dos.

« Tu as 30 secondes pour m'expliquer qui tu es et ce que tu fous dans la chambre de ma sœur ! »

La réunion s'éternisait. Jeanine Matthews et son assistant, Max, Éric, d'autres hauts gradés audacieux, quelques éminents chercheurs érudits, un important juriste sincère rallié à leur cause ; tous étaient présents.

Jeanine s'adressa à l'assemblée.

– Passons maintenant à un autre problème et pas des moindres. Comme vous le savez, nous avons une invitée mystère. Aucune trace d'elle dans les fichiers, totalement amnésique, impossible de savoir qui elle est. Nous ne savons que peu de choses d'elle. Tout est noté dans les dossiers en face de vous.

Chacun prit connaissance du dossier en question dans un silence uniquement interrompu par les bruits de pages tournées. Au fur et à mesure de la lecture, l'incompréhension s'affichait sur les visages. Un brouhaha commença à monter, chacun échangeant son avis avec son voisin.

– Divergente…? Souligna Max. Alors problème réglé, on l'élimine.

– Non. Son cas est trop particulier, en tant que leader des érudits il m'appartient de comprendre, répondit Jeanine.

Éric prit la parole.

– Comme vous avez pu le lire, nous pensons qu'elle est soit un agent fantôme, soit une divergente cachée par sa famille avec l'aide des rebelles. Personnellement je penche plus pour la seconde option. Nous devons donc trouver d'où elle vient pour les identifier et démanteler le réseau.

– Hum. Tu marques un point Éric. Nul ne peut échapper au système, ils doivent payer. Cela fera un excellent exemple et leur coupera l'envie de récidiver, précisa Max. Et pourquoi la seconde hypothèse te semble plus crédible ?

– Comme les audacieux le savent, un agent est formé à réagir vite et bien dans l'urgence. Nos reflexes sont calculés, automatiques, bref en situation de stress, nous réagissons instinctivement.

– Je vois ou tu veux en venir, sourit Max, si cette fille joue la comédie, tu veux la pousser dans une situation extrême pour que son entrainement et ses réactions la trahissent ?

– Exact. En l'amenant aujourd'hui dans nos quartiers, je l'ai mise en situation. Nous avons pris le train. Elle a mis un temps fou à réagir à mes ordres. Un vrai agent est conditionné pour obéir au quart de tour. Je l'ai attrapée par la porte du train grande ouverte sur le vide, mais quand j'ai fait semblant de perdre l'équilibre, elle s'est penchée du mauvais côté et a même enfoncé ses ongles dans mon bras. Même une moule a un instinct de survie plus développé que cette fille ! Un agent aurait rectifié le tir pour ne pas mourir, et m'aurait aidé en reportant son poids.
Enfin, je lui ai donné une occasion en or de me tuer avec un poignard, il était sous son nez, j'étais occupé et presque sans défense – les audacieux ricanèrent, comme si c'était possible ! Éric pouvait tuer n'importe qui dans n'importe quelle situation – aucune réaction. Elle n'avait qu'à me tuer, balancer mon corps et continuer ni vu ni connu avec le train. Nul ne peut simuler l'inexpérience aussi bien. Cette fille est autant agent fantôme que je suis danseuse de cabaret.

Chacun essayait d'imaginer Éric dansant le french cancan. Impossible et ridicule. Des sourires fleurirent sur les visages des conspirateurs.

– Nous avons donc une divergente amnésique sur les bras, soupira un audacieux

Jeanine reprit la parole.

– C'est pourquoi j'ai pensé à quelque chose qui pourrait nous permettre de faire d'une pierre deux coups. Voici comment nous pouvons tirer parti de la situation. Nous présenterons la situation à Aliénor de cette façon : afin de stimuler sa mémoire nous lui faisons faire le tour de la ville et des factions sous la protection des audacieux. Elle croit que nous la protégeons d'un attentat. En parallèle nous faisons passer le message qu'une citoyenne a été presque tuée par les rebelles, qu'elle a perdu la mémoire et que nous recherchons ses proches pour qu'elle puisse retrouver son « doux foyer ». Nous émettons la menace que si personne ne vient, elle sera re-testée pour les factions. La famille, de peur que nous découvrions qu'elle est divergente, se manifeste. Nous sapons la propagande des rebelles en jouant sur le côté « victime innocente arrachée à sa famille » et nous découvrons par la même occasion la famille hors la loi.

Elle agita la main en l'air.

– Bien évidemment, après vous tuez qui vous voulez.

Si l'esprit retors de Jeanine n'étonnait plus personne, tous semblaient pourtant impressionnés.

– Un piège et un plan de com'… Parfait ! Conclut Max, alors c'est parti. Je pense que tout le monde approuve ?

Hochement de tête unanime.

– Éric tu seras parfait dans cette mission.

Le principal intéressé s'affala dans son fauteuil.

– Vous rigolez là ?! J'ai autre chose à foutre que de jouer le baby-sitter !

– Éric, ne le prends pas mal, mais la piste de l'entrepôt est une impasse, il ne reste rien. Les nouvelles recrues ont fini les tests, n'importe quel instructeur peut les entrainer. Je veux mon meilleur élément sur le cas, et c'est toi, dit-il en le pointant du doigt.

Le compliment ne parvint même pas à atténuer la rage du jeune homme. Il se leva et attrapa le dossier de son siège. Ses jointures étaient blanches de crispation tandis que ses yeux d'acier fixaient le vide.

– Non négociable ?

– Non négociable. Les rebelles pourraient vouloir la récupérer, il faut quelqu'un de puissant sur ce coup. Ne t'inquiète pas, dans chaque faction un responsable pourra la prendre en charge, tu n'auras pas à jouer les guides touristique.

Éric claqua son fauteuil contre la table et s'en alla sans autre forme de procès. Max se leva.

– Désolé pour ça, mais notre meilleur élément c'est lui, et il sera le seul à pouvoir mener cette mission à bien. S'il y a quelque chose d'important à notifier, il ne passera pas à côté.

Tous soupirèrent intérieurement. Quel caractère de merde !

Éric remontait à vive allure de la salle de réunion. Ses pas furieux retentissaient dans le couloir.

Un jeune novice sortit du dortoir des recrues, en roulant des mécaniques.

– Eh ! Y'en a qui essayent de dorm…

Le reste de sa phrase se perdit en un murmure apeuré. Erreur de débutant. Chez les audacieux avant de proférer une menace, mieux vaut vérifier à qui on s'adresse. Éric le plaqua contre le mur.

– Un problème pète-sec ?! Répète-moi ça ?! Siffla Éric en serrant les dents.

– R-Rien… J'ai rien dit ! Je n'arrivais pas à dormir c'est tout ! S'il te plait…

Le leader enfonça son genou dans le ventre du garçon. Celui-ci s'écroula le souffle coupé.

– Espèce de lâche… Tu as de la chance que je sois trèèèès occupé, parce qu'en temps normal, ta couardise t'aurait coûté ta place…

Il s'accroupit et chuchota à l'oreille du novice :

– Remets toi une seule fois en travers de mon chemin, fait toi remarquer pour n'importe quelle raison et je me charge personnellement de te faire dégager…

Il lui jeta un coup d'œil méprisant et partit sans se retourner.

Son ventre gargouilla. Il n'avait rien mangé depuis un bout de temps. Et merde ! La gonzesse n'a pas mangé évidemment ! Seul lui savait où elle était, personne n'avait dû lui apporter quoique ce soit. Pour la première fois de la soirée il se dérida un peu. Une idée avait germé dans son esprit. Je vais aller manger sous son nez tiens ! Ça me détendra !


Nouvelle numéro 1 : J'ai décidé de passer en Rated M. Ça me laissera plus de libertés pour la suite… (je vous vois déjà baver bandes de groupies, hi hi ! va falloir être patientes…)

Nouvelle numéro 2 : la suite est quasiment prête, j'ai quelques modifications à faire parce que je n'en suis pas très satisfaite, mais ça devrait être vite publiée.

Nouvelle numéro 3 : Je vais peut être densifier un peu les chapitres. On verra en fonction de mon inspiration, mais j'aimerais qu'ils soient plus longs.

Nouvelle numéro 4 : ...

Nouvelle numéro 5 : J'ai plein d'idées pour la suite je suis trop pressée de vous publier mes chapitres ! C'est dur de garder une certaine qualité d'écriture mais en tout cas je prends beaucoup de plaisir à publier cette histoire !

Nouvelle numéro 7 : Encore un grand merci pour vos reviews qui me font toujours autant plaisir !

Nouvelle numéro 8 : Tu as remarqué que je suis passée direct à 7 sans passer par 6 ? Oui, je suis fatiguée par une journée inteeeeeense de cours, donc je me défoule. Quitte à être ridicule.

Nouvelle numéro 9 : PLEIN de bisous !