Déso pour l'attente ! Je sais, j'ai tardé à publier le nouveau chapitre, mais j'ai eu une semaine de dingue, et je n'avais pas le temps de m'y mettre.
Jspr qu'il n'y a pas de fautes parce que je suis crevée et j'ai fait moins gaffe que d'hab'
Mea culpa !
Chapitre 8 Tirs et souvenirs
Le lendemain, un petit cliquetis me réveilla. Les yeux à moitiés fermés je vis la poignée de la porte remonter. Prenant appui sur mes bras, je me redressai. La chaleur des draps me rappela que Kate avait dormi ici cette nuit. C'était elle qui venait de partir. Je tournai la tête dehors. Quelques rayons de soleil pointaient à l'horizon. Je fronçai les sourcils ; il était vraiment tôt, pourquoi était-elle déjà partie ?
Je me rallongeai, mais lassée de tourner dans mon lit, me rassis pour lire un peu. J'ouvrit au hasard le Manuel du guerrier de la lumière.
« C'est curieux, se dit le guerrier de la lumière. J'ai rencontré tant de gens qui – à la première occasion – tentent de montrer le pire d'eux-mêmes. Ils cachent leur force intérieure derrière l'agressivité ; ils masquent leur peur de la solitude sous un air d'indépendance ».
Cela me faisait penser à Éric. Se pouvait-il que derrière son masque cruel, se cache un homme seul ? J'avais du mal à imaginer Éric ainsi. Il était juste mauvais, et lui chercher des excuses n'était qu'une perte de temps.
Encore un truc de nana ça tiens. Vouloir à tout prix trouver la fêlure secrète du bad boy et le changer en amour passionné. Toutes les adolescentes rêvaient de ça.
J'essayai de m'imaginer dans ses bras musclés, contre son corps tendu, les yeux dans les yeux… Mais le souvenir de son regard de psychopathe me fit revenir à la réalité.
Beurk.
Je passai dans la salle de bain pour me préparer. Je venais de terminer quand quelqu'un ouvrit la porte. Un audacieux que je ne connaissais pas déclara qu'il allait m'amener dans le réfectoire pour le petit déjeuner, et qu'ensuite ma matinée se poursuivrait par un entrainement.
Je ne voyais pas comment je pourrais m'entrainer à quoi que ce soit avec une cheville foulée. C'est alors que je réalisai que je me tenais debout sans béquille. Je n'avais plus aucune douleur, plus aucun gonflement et ma cheville semblait stable.
Une nouvelle énigme à rajouter à ma liste.
…
Le réfectoire était immense. De nombreuses et longues tables meublaient la salle. Il était tôt et pourtant il y avait déjà un petit groupe en train de manger. En bout de table, il y avait Éric, Kate et deux autres personnes de leur âge. Tous les autres semblaient plus jeunes (à peu près mon âge) et plus excités aussi. A ma vue, Kate se leva et m'enjoignit de m'asseoir. Mes voisins me posèrent une centaine de questions, et je compris que j'étais l'attraction du moment. Un garçon brun prit ma défense.
– Laissez la manger enfin !
Peu à peu les autres se calmèrent. Il me tendit la main à travers la table.
– Je suis Ben. Tu viens voir notre entrainement ?
– Aliénor. Allie ou Al si tu préfères… Apparemment oui. Je ne sais pas trop, on ne m'a pas dit grand-chose…
– Peut être que cela te rappellera des souvenirs ?
Il semblait gentil et posé. Ses grands yeux étaient l'opposé de ceux d'Éric. D'un gris laiteux, ils me couvaient d'un regard chaud et réconfortant. Je n'étais pas la seule à qui il faisait de l'effet puisque de nombreuses filles près de lui avaient le dos un peu trop cambré pour être naturelles, et des gestes carrément lascifs.
Le repas fini, je suivis le mouvement et nous arrivâmes dans « la fosse ». Imposante, la salle était taillée dans la roche. De nombreux piliers la soutenaient, divisant l'espace en différents ateliers. Des tatamis, des cibles, une armurerie… Avec ça ils devaient être de parfaits petits soldats.
L'Entrainement commença. J'étais stupéfaite de leur niveau. Même les non natifs se débrouillaient comme s'ils avaient fait ça toute leur vie.
Kate semblait être un excellent professeur. Patiente et pugnace, elle se s'arrêtait que quand l'élève avait parfaitement assimilé la leçon. Je regardais également Éric. Lui enseignait comme il vivait, avec violence. Pourtant, au fond de son regard concentré pointait une expression que je ne lui connaissais pas. Il semblait… aimer enseigner. L'élève en face finissait quasiment toujours K.O mais il ne tirait pas sa satisfaction de cela. Et on devait au moins admettre que ses méthodes marchaient, chaque conseil touchait dans le mille. L'élève était plus stable, plus précis, ou atteignait sa cible avec plus d'aisance. Avec un certain étonnement, force me fût de reconnaître que c'était un excellent professeur.
Kate proposa de m'apprendre quelques mouvements de défense. Elle m'indiqua que ces mouvements pouvaient me permettre de parer un coup de poing, et de le retourner contre mon adversaire. L'Enchaînement me rappela ce que mon père m'avait appris, c'était très similaire. J'assimilai assez vite la leçon, même si dans les détails je n'étais pas très précise. Éric avait arrêté son entrainement pour nous observer. Il vint vers nous et appela les autres.
– OK tout le monde ! Exercice d'observation. Aliénor, refait l'enchaînement contre Kate.
Sans grande vitesse, celle-ci lança son poing vers moi. Comme elle m'avait appris, je fis dévier son poing le long de mon avant-bras, puis lançai mon coude vers son visage. Éric repris la parole.
– Quelqu'un peut-il me dire ce qui ne va pas ?
Kate prit ma défense.
– Éric, elle vient de commencer, ça ne peut pas être parfait…
Mais je voyais ou il voulait en venir. Pour une fois il ne voulait pas me rabaisser mais forcer les autres à réfléchir et ainsi corriger leurs défauts.
Ben prit la parole en premier.
– Sa position. Si elle tourne le buste, elle offrira moins de surface à l'ennemi.
– Avec une jambe plus souple et légèrement fléchie, elle serait plus stable.
– Elle a les épaules trop tendues. Si elle était plus relax elle gagnerait en vitesse.
– En reculant une épaule, elle pourrait gagner en puissance.
Je n'en revenais pas, cet enchaînement si simple était en fait beaucoup plus complexe. Éric monta sur le ring et prit la place de Kate.
– Exact. En entraînement et contre quelqu'un comme Kate qui ne met pas beaucoup de puissance dans ses coups, cela peut passer. Contre un adversaire qui est plus coriace, elle n'a aucune chance. Démonstration.
Il se mit en position, j'attendis son attaque. Il lança son poing avec une force et une vitesse fulgurante. Son coup m'atteignit en plein sur la pommette et me projeta 2 mètres en arrière. Complètement sonnée je mis deux minutes à retrouver mes esprits. Il m'attrapa le bras et me replaça. Rudement, il tourna mon buste, m'obligea à fléchir la jambe, et appuya sur mes épaules avec ses grandes mains. Son souffle chaud chatouilla mon oreille.
« Inspire, et souffle… Détends toi »
A l'expiration ses mains accompagnèrent la descente de mes épaules et les bloquèrent.
– Voilà comment tu dois te tenir. On recommence.
Son coup partit avec la même force, mais cette fois il me fût plus facile de réagir. Je parvins à dévier le coup mais il était tellement puissant que je valdinguai en arrière de nouveau.
– Bien. La prochaine étape pour toi sera de trouver comment dévier la force de ton adversaire afin de te rétablir. Comme vous le voyez, dit-il en s'adressant aux autres, ce sont les détails qui font que vous réussissez ou échouez. Sur le terrain vous mettez en jeu votre vie mais aussi celle de votre partenaire, alors souvenez-vous de ces détails. Tout le monde au stand de tir !
Ma pommette me brûlait. Je pris la poche de glace que Kate me tendit avec un air désolé et j'accompagnai les autres. Avec ravissement je découvris un stand de tir au pistolet. Depuis toute petite, en bons Américains que nous étions, mon père nous emmenait tirer. J'étais devenue assez douée, et participait parfois à des concours.
Éric installa tout le monde et me fit signe de venir. Arrivée à son niveau il m'attrapa le menton d'une main et scruta ma joue. Dans une autre situation, on aurait pu croire qu'il cherchait à m'embrasser. Joignant deux doigts, il donna des petits coups secs sur l'os, légèrement au-dessus de ma pommette.
– Ça te fait mal au niveau de la blessure quand je fais ça ?
– Euh… non, pas plus que maintenant.
– Bon ce n'est probablement pas cassé. On vérifiera tout à l'heure à l'infirmerie. Prend un pistolet et tire. OBSERVATION ! Cria t-il aux autres.
Avec un sourire, j'empoignais une arme. Je fis connaissance avec sa forme, son poids, ses courbes. Je la laissai devenir un prolongement de mon bras. Cette fois les gars, à moi de vous apprendre quelque chose...
Je tirai à vide afin d'évaluer le moment où la gâchette déclenchait le tir. Kate crut que j'avais oublié de charger l'arme.
– Attend ! il faut la charger avant !
Elle s'exécuta et me la rendit. Les autres ricanaient.
Je fis le vide dans ma tête, les pieds ancrés au sol. Je levai le bras, visai, et inspirai. Je vidai l'air de mes poumons et profitant de la pause naturelle entre deux cycles respiratoires, tirai. Le projectile se logea en plein centre de la cible.
Un murmure étonné accompagna ma démonstration.
– La chance du débutant, dit l'un.
J'enchaînai alors avec un tir rapide sur un mannequin. Front, cœur, foie. Mes balles allèrent se loger en plein centre des organes vitaux. Non sans fierté, je me retournai.
– Connaissance de l'arme, enracinement pour la stabilité, souplesse, visée et respiration. Les clés d'un tir réussi !
Nous continuâmes à tirer pendant une demi-heure et j'acceptai avec joie de partager mon savoir-faire.
Éric finit par s'approcher et me prit doucement par la taille.
– Il est temps de se rendre à l'infirmerie pour vérifier cette pommette.
Son contact pour une fois modéré, presque délicat était surprenant. Je le suivis dans le dédale des couloirs.
– Pas mal.
– Quoi ?
– Tes tirs. Reste à voir si en stress sur le terrain tu t'en sors bien mais en entrainement c'est prometteur.
– Merci !
Alors monsieur psychopathe est capable de gentillesse ?! Incroyable ! Comme quoi tout peut arriver !
– C'est mon père qui m'a initié au tir, et c'est devenu une habitude on a fini par tirer régulièrement…
Il semblait boire mes paroles. Son sourire était pourtant bizarre presque faux…
– Ton père hein…
Je me rendis compte de mon erreur. J'avais perdu ma concentration et j'étais en train de me vendre. Un peu plus et je révélais mon secret ! Il avait endormi ma méfiance par de la gentillesse et j'étais tombée dans le panneau. La panique qui peu à peu m'envahissait était mon seul atout, je pouvais la faire passer pour de la confusion.
–Mon père oui… Je… Il m'a montré comment tirer parce que… pour tuer des oiseaux ! Ils faisaient des dégâts et il devait s'en occuper… Je me rappelle…
Je fermai les yeux et simulai un mal de crâne.
– Ma tête !
Je me jetai contre un mur. La peur d'être découverte me faisait trembler. Toute la pression accumulée retomba, déclenchant une crise de larmes. Je dois dire que même si c'était involontaire la diversion était excellente. Éric parut ennuyé.
– Bon sang, tu es vraiment fragile… Tu as peut être un petit trauma crânien quand même. Allez debout bouge-toi ! Tu peux marcher ?
Je hochai la tête mais je zigzaguais et marchais lentement. Avec exaspération il passa un bras autour de ma taille et l'autre sous mes genoux et me souleva. Je me retrouvai tremblante et pleurante dans ses bras. La peur d'être découverte, les nouvelles choses à assimiler, les souvenirs de ma famille que j'avais essayé d'enfouir, le coup… C'était trop, j'étais comme assommée.
Malgré le dégoût qu'il m'inspirait, j'enfouis ma tête et mes poings dans son cou et me recroquevillai en pleurant doucement.
– J'ai mal…
Ces mots lui firent l'effet d'un coup de fouet. Il tressaillit et je sentis ses muscles se tendre. Sa respiration s'accéléra. Mais il reprit vite le contrôle de lui-même et m'emmena.
On m'ausculta mais le médecin ne trouva rien. Comme j'étais dans un état second, il expliqua à Éric que parfois un coup pouvait déclencher une remontée de souvenir qui pouvait être assez perturbante. Sauf que ce n'était pas ma prétendue amnésie qui était en cause mais ma volonté de maintenir tout ça sous contrôle. J'avais simplement fini par craquer.
– Puisqu'elle n'a rien elle peut retourner dans sa chambre, il lui faut du repos. De toute façon on a besoin des lits, il y a un entraînement des deuxièmes années cet après-midi, on risque d'avoir besoin des lits. Je veux cependant que quelqu'un qui connaisse son cas la surveille au cas où elle se mette à convulser ou vomir. Les examens sont négatifs, mais on ne sait jamais.
– Vous rigolez là ?! C'est mon après-midi de repos, avec toutes ces journées chargées j'ai un peu envie de la passer en tête à tête avec mon lit et un bon whisky ! Pas avec cette punaise !
Quel tocard ! Je suis sonnée, pas sourde !
– Vous pouvez très bien suivre votre… programme dans un fauteuil en la surveillant ! C'est juste de l'observation. Je n'ai pas de place pour un cas aussi léger, navré.
En jurant mon tortionnaire me prit dans ses bras de nouveau. Il murmura pour lui-même :
« Tu vas vraiment me pourrir la vie longtemps comme ça ? »
J'étais à moitié dans les vapes mais je me rendais bien compte que le chemin prit n'était pas celui de ma chambre. Il m'amena dans un autre appartement et me coucha dans un lit puis se laissa tomber lourdement dans un fauteuil.
– C'est plus simple comme ça…
J'ignorais de quoi il parlait.
– Bon récupère vite gamine parce que ce soir, on va voir les altruistes. Heureusement ce ne sera pas long, je peux pas les supporter ces sales pète-secs.
Et sur ces mots charmants je m'endormis.
J'ai encore une semaine chargée qui s'annonce mais je vais essayer de tenir les délais les zamis.
En tout cas encore un grand merci pour les reviews, je sautille partout à chaque fois que j'en reçois ! Je crois que ma colloc' va demander l'asile politique à mes voisins si je continue à faire la folle comme ça !
La prochaine je fais mes remerciement personnalisés à chacun (il serait peut être temps ^^) et comme dirai mon adolescente de sœur "koeur keour koeur, big love à vOus !"
