Je sais que certains n'aiment pas qu'on remercie les reviews comme ça mais tant pis !

Nanou13118 : Je suis contente que ça te plaise ! je vais essayer de publier rapidement comme ça le suspense sera moins insoutenable !

amandy-sombrero : merciiiiiiii je vais me dépêcher d'écrire alors !

guim0veX5 : c'était l'effet escompté, et oui j'avais envie de mettre un petit grain de folie dans la vie d'Eric !

Etincella : whahou les reviews de la mort ! ça m'a vraiment fait plaiz, merci ! Le croustillant va venir tkt, mais c'est juste que dans certaines fic ça vient très vite genre ils se détestent et la oulala l'héroïne tombe amoureuse du bad boy d'un coup et paf ils font des bébés ! Je ne trouva pas ça très crédible alors je fait monter la tension :D

TheRecklessAna : c'est très gentil ! j'essaie de m'appliquer :) tu m'as tuée avec l'histoire du parfum XD

Flicka : comme d'hab merci et bisous !

Yu-Luohe : correction faite merci ! il ne faut pas hésiter à me signaler les fautes !

nanao34410 : regarde Sparctacus ! ça te donnera une assez bonne idée des fesses d'Eric hi hi !

J'éspère n'avoir oublié personne, merci à tou(te)s !


Chapitre 14 Terreurs

J'étais allongée. Un drap tout doux et blanc me recouvrait. Il était un peu effiloché et quelques fils me chatouillaient le nez. Pour l'instant rien de très impressionnant. Il fallait que je me lève.

Impossible. Quelque chose me retenait les bras et les jambes par derrière. En me retournant je me rendis compte que le tissu était collé à mes membres et mon dos. Je tirai un peu plus fort, mais plus je me débattais et plus je m'empêtrais dedans. Je réalisai avec horreur que le drap était en fait une gigantesque toile. Dans la panique je venais de faire ce qu'il ne fallait pas faire : me débattre.

Attirée par les vibrations, des mygales venaient vers moi. Leurs petites pattes poilues s'agitaient frénétiquement dans ma direction. Je voulais crier mais un morceau de toile me bâillonna. J'étais entièrement recouverte de toile piquante et collante tandis que le flot d'arachnides grouillants se rapprochait de plus en plus. Je devais me calmer. Je m'obligeai à rester immobile mais mon cœur battait la chamade. Quelques pattes se baladaient déjà sur mes bras. Je pris une grande respiration comme si je voulais que tout s'arrête. Mes poumons, mon cœur, la circulation de mon sang.

Immobile et imperceptible.

J'attendais.

Mais mes poumons commencèrent à brûler, mon cerveau avait besoin d'oxygène. Dans un réflexe de survie je pris une grande inspiration, attendant avec angoisse que les araignées se jettent sur moi ; mais rien ne se passa.

J'étais à nouveau allongée dans des draps blancs.

Avec dégoût, je me dépêchais de sortir du lit pour ouvrir la porte de la chambre. J'étais à présent dans le métro. Je reconnaissais les lieux, j'étais en train de revivre l'attentat. Sauf que cette fois ci j'étais à la place d'Éric et lui à la mienne. Lorsque le train dérailla, je me jetai sur lui pour le protéger. Une douleur fulgurante me traversa la cuisse. La barre de fer. Je souffrais horriblement mais Éric n'avait pas l'air de réagir. Une flaque de sang commençait à se former, et la panique me gagna de nouveau. Une autre de barre de fer me transperça, puis une autre… J'étais au bord de la nausée. Je hurlai à Éric de réagir. Mais ses yeux hagards me firent prendre conscience que c'était à moi de prendre les choses en main. Nous devions travailler en équipe comme la première fois. Haletante et souffrant le martyr je lui intimai l'ordre de m'emmener.

« Evacue-moi… Il faut partir »

Il me prit dans ses bras et m'emmena ; peu à peu, la douleur s'estompa. Il ouvrit la porte d'une maison abandonnée et entra.

Nous nous trouvions à présent dans la salle d'entrainement. Cette fois-ci il s'anima. Il était torse nu et ruisselant de sueur.

Il déclara de sa voix profonde :

« Voyons voir combien de temps tu peux résister »

Il m'attaqua sans crier gare. Ses coups de poings étaient deux fois plus forts que d'habitude. Il frappait dans l'optique de me tuer, et je subissais la douleur et les coups de plein fouet car je ne pouvais pas m'évanouir. Il m'était impossible de le frapper. J'essayai de me convaincre que tout cela n'était qu'une illusion, mais cela ne marchait pas. J'aperçus un pistolet d'entraînement à fléchettes neurologiques. Puisqu'Éric était trop dangereux pour moi au corps à corps je devais prendre de la distance. Je tirai une fois, deux fois et au troisième coup, toutes les lumières s'éteignirent.

Le noir complet, abyssal. Depuis toute petite j'avais toujours eu peur du noir, mon imagination débordante m'y faisait voir quantité de monstres improbables et effrayants. Je ne savais pas m'orienter et le sol étant inégal, je trébuchais sans cesse. Des bruits résonnaient tout autour de moi sans que je ne puisse en deviner la provenance. Je tournais sur moi-même, les yeux dilatés dans l'espoir de capter un filet de lumière. Une sensation d'oppression m'assaillit. Que faire ? Je me recroquevillai contre une surface dure. Si je ne bougeai pas peut être que la lumière reviendrai ? Des choses commencèrent à me frôler, c'était pire que tout. Mon père n'était pas là pour surgir dans ma chambre comme quand j'étais petite et affronter le monstre du placard. Je devais me lever. Je remarquai deux poignées sur la surface dure. Une armoire ? Avec précipitation je les saisis et les ouvris en grand. Une lumière aveuglante m'inonda.

Cette fois j'étais seule dans une pièce vide. Au milieu de cette pièce se dressait un miroir. Curieusement il ne me renvoyait pas mon reflet. Il y avait des gens dedans. Nombreux, en train de marcher dans la rue. Ils portaient des jeans, des jupes de toutes les couleurs, des casquettes, des voitures roulaient… C'était ma ville ! Je sautai sur ce miroir, mes mains accolées à sa surface. Mon cœur rata un battement. Ma famille ! Ils marchaient sans se soucier des autres, joyeux. Ma sœur dégustait un cornet de glace et mes parents étaient mains dans la main.

« Maman ! Papa ! Je suis là aidez-moi !»

Éric suivait avec attention la simulation. La première peur ne le surprit pas. Beaucoup de gens avaient peur des petites bêtes ou des insectes, et bien que cela ne l'atteigne pas, il trouvait toujours ces scènes répugnantes. Puis vint la seconde peur. Il fût étonné. D'habitude les gens avaient peur de mourir mais pas elle. Elle avait peur de ce qui pouvait venir avant, c'est à dire la souffrance, que ce soit la sienne ou celle des autres. Pour la peur suivante, il était moins sûr de la symbolique. Avait-elle peur de lui ? Pas dans le sens où il était dangereux, mais peur de ce qu'il pouvait lui faire, s'attacher et se faire rejeter. Ou avait-elle peur de faire ce qui était nécessaire même si la personne en face était une connaissance ou pire un ami ? Elle s'en sortit tout de même bien. Cela lui laissa une impression de malaise car elle n'avait pas hésité longtemps à tirer.

La peur du noir. Voilà qui était surprenant ! Une peur ancestrale. Elle n'était donc pas si forte qu'elle en avait l'air. Cette peur lui donna du fil à retordre et il crut que la simulation allait s'arrêter. Pourtant dans un sursaut de courage, elle passa outre et se retrouva face à sa dernière peur.

C'est alors que tout bascula.

La dernière peur était très claire.

Elle était séparée de sa famille… « Maman ! Papa ! Je suis là aidez-moi ! » Mais ne pouvait les rejoindre. Ce qui clochait, c'est que le monde dans le miroir n'était pas comme à Chicago. C'était différent. Pas de factions, des véhicules polluants, des publicités partout…

Elle lui avait mentit. Il la regarda pleurer et vociférer, exploser le miroir avec ses poings, se taillader la peau…

Elle avait peur de ne jamais revoir sa famille.

Peur de ne jamais rentrer dans son monde.

Dans un état second, il la regarda sortir de sa transe et agripper sa main en pleurant. Le contact le laissa indifférent. Il était glacé par cette nouvelle, Jeanine avait raison. Avec mépris, il dégagea son poignet et récupéra la puce qui avait enregistré la simulation. Il partit en trombe pour le bureau de Jeanine.

Jeanine lisait avec attention les analyses que venait de lui remettre son assistant. Les chercheurs avait refait les tests deux fois afin d'être sûrs.

C'était magnifique ! Et incroyable, et terrifiant à la fois.

Lorsqu'Éric débarqua en catastrophe, elle eut la confirmation que tout cela était réel.

L'Origine d'Aliénor expliquait sa divergence. Venant d'un autre monde, elle l'était forcément. Elle n'était pas passée par le processus qui faisait que chacun convenait parfaitement à une faction*.

Elle visionna les images et partagea les résultats.

Même si les chercheurs ne s'expliquaient pas comment elle était arrivée, les marqueurs étaient clairs. D'après son ADN, elle était née vers le milieu des années 1990 (un passé tellement lointain pour eux) et possédait des gênes plus anciens que les leurs. Les analyses toxicologiques de ses cheveux et de son sang révélaient des produits relatifs à cette période.

Jeanine arborait un sourire de triomphe.

– Il faut maintenant se poser la bonne question. Que faire d'elle ?

J'avais du mal à me remettre de ma simulation. Assise sur mon lit je repensai à ce que j'avais vécu. Les audacieux étaient doués pour repousser leurs limites et maintenant je savais pourquoi. Emmitouflée dans une couverture, je ressassais ma journée. Éric était parti rapidement, me laissant seule. J'avais envie de voir Lily; quoi de mieux qu'une amie pour être réconfortée ? Une mauvaise surprise m'attendait. La porte était verrouillée.

Bien sûr, j'avais toujours la clé que Kate m'avait donnée mais cela ne pouvait signifier qu'une seule chose. Ils avaient compris. Qu'allaient-ils me faire ? Dans un monde où tout était prévu d'avance, ou tout avait une place précise, j'étais comme la cinquième roue du carrosse. Je venais déranger leur ordre préétabli. Je n'eus cependant pas longtemps pour me poser ces questions car la clé tourna et la porte s'ouvrit sur Jeanine.

Elle me fixa des ses yeux glacés et commença à parler

– Il y a quelques jours, j'ai reçu une lettre. Imagine ma surprise quand j'ai pris connaissance de son contenu, Aliénor. Une visiteuse d'un autre monde, c'est difficile à croire. Nous avons donc fait des recherches, des expériences très compliquées… Et il s'est avéré que tu n'étais pas folle. Je pouvais croire ce que tu disais dans cette missive. Cependant… tu m'as terriblement déçue. Dès le début tu n'étais pas honnête avec moi. Tu nous as conforté dans cette histoire d'amnésie ; qui nous dit que tu n'es pas ici depuis plus longtemps que nous le pensons, espionnant pour les rebelles ?

– Je sais Jeanine et j'en suis désolée… Mais jamais personne ne m'aurait crue ! Il suffisait de voir la tête des infirmière quand j'ai évoqué l'avion ! Tout ce qui m'est arrivé relève de la science-fiction ! Un voyage entre des mondes ! Qui accepterait de me croire ? Et quand bien même, vous ne savez pas comment me ramener chez moi n'est-ce-pas ? Alors quel aurait été l'intérêt de tout vous dire ? Mis à part vous perturber cela n'aurait rien changé. J'ai préféré m'adapter à ce nouveau monde et reconstruire ma vie.

– Peut être… Seulement tu restes un grand danger. Les gens d'ici pensent que dans le passé les gens étaient fous, qu'il n'y avait aucun ordre, que les pays étaient tous dirigés par des tyrans… Cette peur nous permet de contrôler la société, de s'assurer que tout reste en place. Mais toi avec tes petites idées révolutionnaires, tu pourrais semer le doute dans leur esprit, et détruire cette dernière parcelle d'humanité que représente cette ville. Je ne permettrai pas cela.

– Ça n'est pas mon intention ! Je n'ai aucune envie de devenir un héros, ou un martyr, ou je ne sais quoi encore. Même si je n'approuve pas cette société, je n'ai pas les épaules assez solide pour avoir envie de changer quoi que ce soit. Et je n'ai rien en commun avec les rebelles, je ne suis pas une terroriste ou une tueuse d'innocents. Je condamne leurs actions, s'ils ne sont pas d'accord je pense qu'il y a d'autres moyens pour faire évoluer la situation.

– Tu dis cela maintenant mais tu réagis trop avec tes émotions. Les rebelles pourraient jouer sur cela et te rallier à leur cause.

– Et quand bien même ? Cela ne ferait qu'une seule personne de plus qui rejoindrait leurs rangs… Ce n'est pas comme si j'avais une armée entière à mes ordres !

– Une seule goutte suffit pour faire déborder un vase. Il suffit que ce soit la bonne. Il me faut du temps pour réfléchir à ce qu'on va faire de toi. Estime-toi heureuse que je prenne le temps de peser le pour et le contre, Éric voulait simplement t'éliminer. Ces audacieux et leur manie de tirer d'abord et poser les questions ensuite… Aucune vision du long terme ! Bref, en attendant mon bon vouloir, tu resteras ici, enfermée. Tu connaîtras ma réponse dans quelques temps. C'est tout. Bonne journée ma chérie !

C'est tout ?! Je suis supposée attendre l'annonce de mon exécution ?!

Elle avait tout prévu depuis le début. Tous ses sourires étaient destinés à m'amadouer, à me mettre en confiance. Je ne comprenais pas comment je pouvais être un si grand danger. Je n'étais rien qu'une personne de plus parmi des milliers d'autre pour eux.

Je n'avais pas de responsabilité, pas de réseaux, je n'espionnais pour personne… Avaient-ils simplement peur de ma différence ? Je ne comprenais pas.

En tout cas, je refusai de rester enfermée. Je sortis la clé de sa cachette et ouvrit la porte. J'avais besoin de me détendre dans le jardin que Will m'avait montré. je fis des détours pour essayer de ne croiser personne. J'en rencontrai pourtant une qui avait l'air nerveuse. Blonde, pas spécialement jolie, une chose me marqua néanmoins. Elle avait un tatouage sous la clavicule qui représentait trois choucas, le même qu'Eric avait détruit chez le tatoueur. Mais comme j'étais pressée et elle aussi, je ne fis pas plus attention à elle que ça. Une fois dans mon jardin, je pouvais enfin m'allonger parmi les odeurs de fleurs. Il me fallait un plan.


*Je n'en dis pas trop pour ne pas spoiler ceux qui n'ont pas lu les livres !

Voilà un nouveau chapitre de plus !