Alors je commencerai avec un grand merci parce que j'ai dépassé les 10 000 vues ça y est ! je ne sais pas si c'est beaucoup à l'échelle d'une fan fiction, mais je trouve ça énoooorme ! Continuez comme ça, ça m'encourage ;)
Big love à tous
Chapitre 20 Tris
Notre groupe s'engouffra dans ce qui ressemblait à un tunnel d'évacuation d'eau. Pendant une petite heure, nous pataugions tous dans une eau croupie où flottait des immondices. J'aperçus même un cadavre de rat flotter près de moi. Un silence religieux à peine troublé par le clapotement de l'eau nous enveloppait. L'eau froide anesthésiait peu à peu mes pieds et je commençai à claquer des dents quand la femme qui dirigeait notre groupe bifurqua et nous fit remonter dans une sorte de sas. Tous les regards se tournèrent vers moi tandis que la femme s'approchait de moi.
– Donc tu es une divergente c'est ça ?
Mentalement je me préparais à jouer mon rôle. Je serrais nerveusement mes mains et jetai des coups d'œil furtifs comme pour rechercher une sortie. Je savais la crainte qu'inspirait les divergents chez les chefs de factions, et l'admiration qu'ils suscitaient chez les rebelles ; n'étant pas sensée savoir qui ils étaient, je fis semblant de chercher à préserver mon secret.
– Non… Je… Je ne vois pas de quoi vous voulez parler !
Un homme plus vieux posa sa veste sur mes épaules. Un sourire chaleureux éclaira son visage.
– N'aie pas peur, ici ton secret ne veux plus rien dire. Nous protégeons les divergents. Nous protégeons tous les rejetés du système. Tu es à présent en sécurité ! Comment t'appelles-tu ?
Je décidai de ne pas donner mon nom complet.
– Allie… Mais je préfère Al.
– Alors bienvenue Al !
Leur chef reprit la parole.
– Nous devons informer le QG de notre retour. Finn, tu restes ici avec elle, on revient. Ah, et Al, inutile d'essayer de t'échapper tu te perdrais dans les tunnels.
Finn se redressa.
– Tu m'insultes Sara ! Comme si elle pouvait s'échapper sous ma garde !
La jeune femme leva les yeux au ciel mais ne répliqua pas. Ils ouvrirent la porte. Un frisson parcouru mon dos et réveilla la douleur dans mon cou.
– S'il vous plait ? Je crois que j'ai besoin d'un infirmier… J'ai arraché la puce qu'ils m'avaient implanté… Dis-je en montrant ma nuque.
Sara me regarda avec une pointe d'admiration.
– Ne t'inquiète pas tu seras prise en charge.
Tout le monde partit et le sas se referma. Je chuchotais.
« Finn ? On est surveillés ? »
Il clama bien fort en me caressant la joue.
– Nope chérie ! Juste toi et moi !
– Parfait.
Prenant mon élan je lui administrai une gifle magistrale et me ruai sur lui.
– Tu as tiré sur Éric ! Comment as-tu pu oser ?!
Il me maîtrisa rapidement.
– Relax ! Ton bad boy va bien ! Eux au moins avaient des gilets pare-balles ! Et je me suis dépêché de le mettre hors-jeu parce qu'un autre lui aurait mis une balle en pleine tête ! Je pourrais même avoir des problèmes pour ne pas l'avoir tué pour de bon !
– Si je te suis bien, je devrais te remercier pour ça ?
– Un peu oui !
– Tu rêves en couleur mon pauvre…
La gifle ne l'avait pas refroidit car il revint à la charge. Mes mains toujours coincées par les siennes, il me caressait les poignets du pouce.
– Allez… Au pire il aura une ou deux côtes cassées et son ego aura pris un coup mais ne t'inquiète pas chérie, il est toujours vivant !
Je me reculai avec un air de dégoût et frappai sa main.
– Arrête de faire ça ! Et ne m'appelle pas comme ça.
Son sourire taquin commençait à m'agacer.
Je me dégageai de son emprise et partit bouder dans un coin. La porte en fer s'ouvrit quelques minutes après. Un long couloir nous mena à une pièce éclairée par la lumière fade de néons.
Finn resta dehors et on m'introduisit devant plusieurs personnes. L'une d'elle m'était familière. Une jeune femme blonde, avec trois choucas tatoués sur les pectoraux.
Elle rit devant mes yeux ronds comme des billes et fut la première à me parler.
– Je suis Tris ! Nous nous sommes déjà croisées dans un couloir…
Tris ! La fameuse Tris, je compris immédiatement pourquoi Éric s'était énervé lorsque j'avais proposé de faire le même tatouage !
– Une fois tu m'as dit que tu garderais mon secret ou quelque chose comme ça, comment as-tu deviné ? me demanda-t-elle.
– Je… Je ne pensais pas à quelque chose comme ça en fait, dis-je en montrant les rebelles, en réalité je pensais que tu… vous faisiez le mur pour aller rendre visite à votre amoureux ou quelque chose comme ça…
Tout le monde éclata de rire. J'étais surement rouge comme une tomate.
– Je sortais d'un passage secret pour aller chercher des fournitures médicales ! Nous manquons de tout ici. Et tu peux me tutoyer…
Une autre femme prit la parole.
– Nous sommes un groupe de rebelles alliés aux sans-factions. Tu vas devoir oublier tout ce qui t'as été dit toute ta vie. Nous ne cherchons pas à nous emparer du pouvoir. Enfin si, mais ce n'est pas un but en soi. Juste une étape. La société actuelle dit que seuls ceux qui n'ont qu'une aptitude peuvent être autorisés à vivre et à être citoyens. Les autres sont rejetés, inutiles. Nous ne sommes pas d'accord. Ce qui fait la beauté et la richesse d'un peuple n'est pas son unité mais sa différence. Et le fait que les divergents comme toi aient plusieurs capacités ne les rends pas dangereux mais précieux ! Vous représentez l'espoir de cette ville. Un peu comme une nouvelle mise à jour d'un logiciel qui remplace peu à peu les anciennes versions. Je pense que vous êtes la prochaine étape de l'évolution humaine. Cela fait peur aux dirigeants qui perdent pied et voient la population leur filer entre les doigts.
Ces paroles me rassurèrent.
– Je suis entièrement d'accord avec vous. Tout cela n'est qu'un jeu de pouvoir dont seuls les innocents payent le prix. Paradoxalement, je trouve cette ville pauvre. Ils ont tout pour réussir, peu de maladies, pas de pauvres – mis à part les sans factions – la paix… Mais le problème c'est que tout ce qui fait un bon chef est séparé, ils ont compartimenté les talents et choisi de ne glorifier que les capacités d'une personne au détriment de sa personnalité.
Tous semblèrent impressionnés et tous approuvèrent.
– Il est rare de rencontrer quelqu'un qui partage nos idées…
Je m'étais un peu enflammée. Mais après tout ce temps je rencontrais enfin des gens normaux ! La honte s'empara de moi quand je me rappelai que j'étais là pour détruire cette vision idéaliste.
Mais qu'est-ce que je fais… Je suis en train d'œuvrer à détruire des gens qui se battent pour la liberté de tous !
Je cherchai à me rassurer.
– Peut-être, mais je ne suis pas d'accord avec votre façon de faire. Je veux dire… Les attentats ? Les gens innocents ? Il faut prendre en compte que les civils sont tous embrigadés par une élite ! Ils ne différencient pas le bien du mal, toute leur vie est définie par ces barrières, ils n'ont connu que ça, et n'ont pas d'autres repères. Vous cherchez à prendre le pouvoir pour diriger la ville, mais en faisant cela vous ne feriez que reproduire les mêmes erreurs !
– Non. Une fois que les dirigeants autoproclamés seront tombés, nous comptons rétablir le système d'avant la grande guerre. La démocratie. Il n'est peut-être pas parfait, mais nous croyons que c'est le moins inégalitaire de toutes les façons de diriger. Le peuple désigne les chefs en votant. Et nous incluront les citoyens des factions actuelles, nous n'avons pas l'intention de tuer tout le monde ! Seulement, les responsables seront jugés et les factions supprimées.
Je tombais des nues. Il y avait donc encore des gens sensés dans ce monde ? Ces rebelles n'étaient pas à éliminer mais bien à sauver !
– Bien, Tris va te faire visiter, c'est elle qui est en charge de ce pôle. Nous devons retourner inspecter et régler les problèmes d'autres quartiers. Un autre divergent a été trouvé d'ailleurs.
– Ils sont de plus en plus nombreux, renchérit un autre.
La salle se vida et Finn partit avec ce groupe. Je comprenais pourquoi les audacieux avaient besoin de moi. Finn était infiltré mais pas au niveau des têtes pensantes. Les audacieux voyaient ma divergence comme un atout pour accéder aux plus hautes sphères et apparemment ils avaient vu juste.
Tris me guida.
– Cela fait beaucoup d'informations d'un coup n'est-ce-pas ? Heureusement tu as l'air intelligente, et tu as déjà compris certaines choses.
Elle m'amena sur une coursive en métal. En contrebas s'étendait leur ville souterraine. L'endroit était un véritable bidonville.
– Nous sommes dans le vieux métro de Chicago. Cet endroit était un lieu de stockage et de réparation des rames. Il y en a plusieurs et la population est répartie entre chaque.
Nous descendîmes pour marcher dans les rues de cette ville improvisée. Malgré la pauvreté et le manque de tout, ces gens avaient la joie de vivre. Tris m'expliqua que certains sans factions restaient à la surface pour faire croire qu'ils n'étaient qu'un peuple crasseux incapable de s'organiser. Ma gorge se serra.
Ces gens vivaient dans la misère tout ça parce qu'une élite avaient déclaré qu'ils n'étaient pas conforme à leur vision du monde. Imparfaits donc bons à jeter comme de vulgaires pièces avec un défaut de fabrication. Cela devait changer…
Tris m'emmena dans un endroit plus calme.
–Après le fiasco de nos attaques nous avons besoin d'armes et de fournitures médicales pour nous refaire. Accepterais-tu de t'introduire dans ton ancienne faction et d'aller chercher des médicaments ? Normalement c'est moi qui y vais, mais on a besoin de moi ailleurs et je pénalise tout le monde à chaque fois par mon absence. Je sais que tu digères encore toute cette nouveauté, et que tu as risqué ta vie aujourd'hui, mais tu connais bien les audacieux et il est très rare que nous recevions l'un d'eux. Nous pouvons tenir mais nous devons réapprovisionner les stocks.
– Aucun problème. Je le ferai. Je sais où sont les fournitures médicales, j'ai souvent aidé à l'infirmerie.
Elle parut soulagée.
– Tu es courageuse… Merci de nous aider. Je te montrerai le passage. Il atterrit dans un petit jardin caché c'est magnifique.
– Un jardin avec des bougies partout dans une verrière ?
– Oui… Tu connais ?!
– Will m'y a amené ! Il a dit que si je t'avais rencontré, tu aurais été d'accord pour m'y amener.
Les yeux de Tris se voilèrent.
– Il avait raison… C'est… C'était, rectifia-t-elle, mon meilleur ami…
– Il m'a dit que c'était toi qui… Bref, qu'il avait perdu la vue à cause de toi, mais il n'a pas l'air de t'en vouloir. Comme s'il te comprenait. En revanche, sa copine te déteste viscéralement.
Elle me sourit.
– Oui, elle ne se souvient pas de ce qu'il s'est passé, mais je pense que Will a des soupçons. Il y a un an, Jeanine a plongé les audacieux en simulation afin de tuer tous les altruistes pour prendre le pouvoir. Cela n'a pas fonctionné mais pour s'en dédouaner elle a fait croire avec ses complices que c'était les altruistes qui étaient responsables de ce carnage, et qu'ils avaient même décidé de tuer les leurs qui n'étaient pas d'accord avec eux. J'ai essayé de m'enfuir et c'est là que Will, complètement hypnotisé a tenté de me tuer. Je devais le mettre hors service mais ne pouvais me résoudre à l'abattre comme ça. Mon hésitation a coûté la vie à ma mère… J'ai finalement blessé Will mais comme seule sa tête était dans mon champ de vision je risquais de faire de gros dégâts. Heureusement, si je puis dire, il n'a perdu qu'un œil.
Je pris Tris dans mes bras, émue par son histoire.
Elle me sourit.
– Bien… Allons t'installer…
