Je ne sais pas depuis combien de temps je n'ai pas posté de chapitre mais ça fait un bail c'est sûr !

Je m'étais dit que je faisais une pause le temps des vacances et puis finalement je me suis éternisée... Les cours, le manque de temps, bref, je ne vous ennuie pas plus longtemps, I'm back !

PS : tout à ma joie de poster un chapitre tout neuf, je l'ai juste survolé, donc jspr qu'il n'y a pas trop de fautes !


Chapitre 23 Se perdre et se retrouver

Résumé du contexte (lecture facultative)

Aliénor a rejoint les sans-factions pour une mission d'infiltration. Finalement, elle bascule de leur côté et le révèle à Tris qui la met à l'épreuve. Elle réussit à gagner sa confiance en s'infiltrant dans son ancienne faction et croise au passage Eric.

...

D'un point de vue audacieux ma mission était un succès ; je venais d'infiltrer la tête du mouvement rebelle, la plupart me prenaient pour une héroïne, et si Tris se méfiait de moi, elle semblait m'accorder une confiance relative. Psychologiquement, c'était un désastre. Je voulais à tout prix aider les sans-factions tout en préservant le « peuple de la surface » comme les qualifiaient les rebelles. Incapable de prendre position, je mentais à ces derniers, à Éric et surtout à moi-même.

Pour reprendre l'expression de ma grand-mère, j'essayais de ménager la chèvre et le chou.

Pour la millionième fois depuis une semaine, je focalisai mon esprit sur autre chose pour éviter d'y penser. Je savais que c'était reculer pour mieux sauter, mais tant que je ne serais pas au pied du mur, il me serait impossible de prendre une décision.

Je repensai aux deux érudits. La femme m'avait dévisagé avec un regard perçant. Ses yeux gris étaient tellement clairs qu'ils ressemblaient à des petits miroirs. Mal à l'aise, j'avais reporté mon attention sur l'homme à côté d'elle. Ses traits étaient moins fins que ceux de sa compagne, comme s'il avait été taillé dans un bloc de pierre. Il était beau mais brut. Plus je l'observais et plus j'avais l'impression de l'avoir déjà croisé quelque part.

J'avais fini par me convaincre que j'avais dû le rencontrer lors de ma découverte des factions, mais au fond de moi je n'en étais pas sûre.

Je me levai pour faire les cents-pas. Je me sentais comme un lion en cage. Il était 21h et je n'avais rien fait de significatif de la journée.

Seule une réunion m'avait tenue occupée durant l'après-midi. Une situation devenait préoccupante : le niveau de nourriture. Les sans-factions s'agrandissaient chaque jour et les fraternels devenaient de plus en plus réticents à donner des vivres. La charge de travail était trop lourde pour une seule faction, sans compter qu'ils ne voulaient pas passer pour des traîtres et subir le même sort que les altruistes. Nous avions cherché tout l'après-midi une solution viable pour faire un échange équitable et préserver nos liens avec les fraternels, mais rien ne nous était venu à l'esprit.

Un maelstrom de pensées agitait mon esprit. J'aurais aimé que quelqu'un soit là pour me parler ou me prendre dans ses bras. Ma famille me manquait. Nous étions si loin… Ironiquement, elle se trouvait au même endroit que moi mais avec des centaines d'années de différence. Je m'étais interdit de penser que l'incident avec l'avion leur avait été fatal.

Ici, seul Éric s'approchait de la notion de famille, et il me semblait aussi insaisissable.

Je me redressai sur mon lit.

Peut-être pas si insaisissable…

Après tout, je savais comment m'introduire chez les sans factions, et l'art du déplacement furtif était devenu une de mes spécialités.

L'image de son visage anguleux se forma dans mon esprit. Je pouvais quasiment déjà sentir ses bras musculeux autour de moi et son souffle caresser mes cheveux. Ce souvenir déclencha une vague de picotements dans mon ventre et acheva de balayer mes résolutions.

Je fis une queue de cheval pour ne pas gêner ma vision et sortis en douce. Le chemin vers la trouée du mur de brique étant gravé dans ma tête, je me retrouvai dans le petit jardin en un temps record.

Un sentiment étrange m'envahissait : un mélange de peur et d'excitation au sens primaire du terme m'étreignait la poitrine. Je profitai des recoins et des zones d'ombres pour éviter les rares personnes qui arpentaient les couloirs pour finalement me poster devant la porte du loft d'Éric.

Mes muscles périnéaux se contractèrent, renvoyant une décharge de désir dans le creux de mes reins. J'étais donc énervée de n'avoir rien fait de la journée et excitée de retrouver l'homme responsable de cet émoi soudain.

Après un instant d'hésitation je posai la main sur la poignée de porte et la tournai doucement pour éviter les grincements.

L'appartement baignai dans la pénombre. Seul un rai de lumière émergeait de la salle de bain sur la droite. Mon cœur s'emballa ; il était là ce soir. A petits pas je m'approchai de la lumière, en prenant soin de ne pas faire de bruit.

Du bout de doigts j'appuyai sur la porte. La lumière était allumée, l'eau coulait mais nulle trace d'Éric.

Surprise, j'entrai et éteignis machinalement le robinet.

Où peut-il bien être ?

Une poigne de fer m'agrippa les cheveux en arrière tandis qu'un objet froid m'entailla la gorge. Une voix hargneuse m'agressa les tympans.

– Tu dois être vraiment suicidaire pour oser te ramener chez moi comme…

Deux yeux d'aciers me transperçaient.

– Aliénor ?!

– Peux-tu enlever… Cette lame de mon cou… S'il te plait ? hoquetai-je.

Il resta interdit quelques secondes avant de me libérer. Je frottai ma gorge endolorie puis me retournai.

– Crois-tu qu'un jour on pourra se retrouver sans que tu essayes de me tuer ? plaisantai-je.

Pour une fois je voyais qu'il ne savait pas comment réagir.

Bon, prends les choses en main ma grande !

Je lui enlevai délicatement son rasoir droit des mains pour le poser contre le lavabo. Le bruit métallique de la lame sembla le ramener à la réalité.

J'enlaçai son torse dénudé – il ne portait qu'une serviette autour de sa taille – et frottai ma joue contre l'oreiller naturel de ses pectoraux parfaits.

– Avant que tu ne t'énerves, oui j'ai fait attention, non personne ne m'a suivie et oui tu m'as manqué.

Ses mains finirent par m'étreindre elles aussi.

– J'aurai pu te tuer.

Je levai une tête à la moue boudeuse vers lui. Mais à la vue du bas de son visage couvert de mousse à raser j'avais du mal à garder mon sérieux.

– C'est tout ce que tu as à me dire ? En plus tu deviens parano.

– Hmm. Non quelque chose a changé, je surveille mes arrières. Je suis content de te voir.

C'est tout ?! Content de me voir ?

Je plongeai mon regard dans le sien et embrassa sa bouche du bout des lèvres pour éviter de manger du savon. Lui ne s'embarrassa pas d'une telle précaution et me répondit par un baiser sauvage. Il rit devant mon visage barbouillé de mousse. Sous son assaut sauvage, sa serviette s'était dénouée. Je la tirai à moi et reculai d'un pas.

– Et bien voilà qui me renseigne parfaitement sur ton état d'esprit.

– L'abstinence est une chose horrible à vivre.

– L'abstinence... ?

Mes yeux s'agrandirent sous sa remarque. Éric était un coureur de jupons, et bien que la possibilité de le savoir avec une autre femme me révulsait, je m'étais faite à l'idée qu'il aurait sûrement des aventures pendant mon absence. Mon départ précipité avait fait que nous n'avions jamais parlé de ce sujet. Nous n'avions par conséquent pas défini que nous étions en couple et jamais nous n'avions eu le temps de parler de fidélité.

– Tu veux dire que… Tu m'as attendue ?!

Il fronça les sourcils.

– Bien sûr. Je ne comprends pas pourquoi ça t'étonne. Tu…

Son ton de voix descendit d'un octave.

– Il y a eu un autre homme ?

– Je… Non ! Non, bien sûr que non ! C'est juste que… Tu ne me devais rien, je ne pensais vraiment pas que tu m'accorderai autant d'importance et…

Ma voix s'étrangla.

Il me prit dans ses bras et approcha une serviette humide de mon visage pour nettoyer la mousse.

– Le fait que j'aime les femmes ne veut pas dire que je suis un homme infidèle. Comme dans tout ce que je fais je me consacre pleinement à l'objet de mon désir. Que ce soit au combat, lorsque j'enseigne à des recrues ou dans une relation, je m'investis à fond Al.

Cette déclaration eu pour effet de rebooster ma libido. Je sentis mon sexe déjà humide se contracter sous l'effet du passage de la serviette sur mon visage.

– Je te veux, murmurai-je d'une voix rendue rauque par le désir, maintenant.

Prit d'un instinct animal, il me hissa sur l'évier et recommença ses baisers. Mon haut et mon soutient gorge ne furent bientôt plus qu'un lointain souvenir. Sa bouche égrena des baisers en direction de ma poitrine. Son visage rendu glissant par la mousse à raser coulissait contre mon ventre, l'emportant dangereusement bas. Arrivé contre le bouton de mon pantalon, j'attendit impatiemment qu'il l'arrache, mais en vain. Il se redressa et essuya amoureusement la mousse qui maculait mon ventre et ses joues, révélant une barbe légère.

– Je préfère savourer ce moment… Inutile de se précipiter mon amour…

Le mot doux doux autant que sa phrase me firent hoqueter de surprise. « Éric » et « prendre son temps » étaient incompatibles et à la limite du grotesque.

Il me porta comme un marié le ferait le soir de sa nuit de noce et m'allongea sur le lit. Armé d'une paire de ciseau il entreprit de couper mon pantalon en partant du pied pour remonter lentement.

Ma respiration se fit erratique. Éric se tenait nu et fier, à genoux devant moi, son membre viril dressé vers le ciel. Méticuleusement, ses doigts actionnant les lames se rapprochaient de mon entrejambe. N'y tenant plus je plongeai la main sous mes sous-vêtements pour me soulager. Ma main allait en rythme avec le bruit des ciseaux.

Prolongeant ma torture, il s'attaqua à l'autre jambe. Cette fois-ci il se dépêcha et arracha ma culotte sans délicatesse. Sa langue vint remplacer ma main sur mon intimité et relaya merveilleusement bien mes doigts. Sous l'effet du plaisir, je resserrai mes cuisses contre sa tête, lui arrachant un grognement de satisfaction. Ses cheveux frottaient l'intérieur de mes jambes en augmentant les sensations.

Sa patience ayant atteint la ligne de non retour, il me saisit par les hanches et m'assit sur son érection, s'enfonçant en moi jusqu'à la garde. Sa tête se déjeta en arrière et une secousse me rendit ma raison. Je voulais qu'il se donne à moi entièrement tout comme je venais de le faire. Je l'obligeai à s'allonger et pris les choses en main. En variant le rythme et les inclinaisons de mon bassin, je parvins à lui arracher quelques cris sourds. Je jouis avant lui et il ne tarda pas à me rejoindre en tordant les draps entre ses doigts.

Il attendit que nos respirations se calment avant de se retirer hors de moi d'un mouvement de rein souple.

Il posa ses lèvres entre mes seins et lécha un téton de la pointe de sa langue. Avait-il envie de remettre ça ? Mais il m'attira ensuite à lui pour me serrer fort. Un silence apaisant nous enveloppa pendant de longues minutes. Il finit par le briser, la tête toujours posée contre ma poitrine.

– La fleur, c'était toi ?

– Oui.

Le mouvement de sa bouche contre ma peau m'indiqua qu'il souriait.

– Je l'ai gardée.

Il me proposa une douche que j'acceptai volontiers. Chacun de nous lava l'autre sensuellement tandis que nous rattrapions le temps perdu en discutant de tout ce qui nous était arrivé depuis notre séparation.

Plus tard, sur l'oreiller je lui parlait des problèmes de nourriture des sans-factions.

– Apporter une solution me permettrait de m'assurer leur confiance absolue.

– Je sais ce qui pourrait t'attirer leur bonnes grâces. Même si je déteste cette idée.

Il se redressa sur son coude et traça des petits cercles sur ma poitrine dénudée.

– Nous restreignons les fraternels en sérum de paix. Bien que nous perdons un peu notre contrôle sur eux, cela nous permet de gagner en productivité. Ils travaillent plus vite et mieux car ils sont plus lucides.

Cette remarque me laissa un goût amer dans la bouche. Éric passait du parfait amant au calculateur machiavélique avec une facilité déconcertante.

– Drogués comme ils sont, si tu leur apportes du rab de sérum, ils te donneront ce que tu souhaites.

En contrepartie de cette information je dévoilai quelques secrets des rebelles. Je me sentais obligée de le faire malgré mon pincement au cœur. J'étais vraiment un agent double pitoyable. Incapable de prendre un décision entre mon cœur et mes convictions. Tout cela ne pouvait que mal se terminer.

Éric m'embrassa doucement et partit chercher un pantalon féminin dans sa garde robe. Vieille habitude du temps où il ramenait des conquêtes et que le déshabillage était un peu trop… violent. En revanche il me tendit un pull avec un air coupable.

– Celui-ci est à toi. J'avais été le chercher un soir où ton odeur me manquait. J'était saoul, se justifia-t-il faussement.

Je me moquai tendrement de lui et il me raccompagna à travers les couloirs. Nous nous séparâmes rapidement pour éviter d'augmenter la difficulté de séparation et chacun de nous s'en retourna, seul dans la nuit.


Je vais essayer de poster régulièrement mais vu le boulot que j'ai, je ne vous promet pas des parutions rapprochées. Enfin on verra !

Dans ce chapitre, rien de bien foufou, disons une scène un peu croustillante pour vous faire patienter avant quelques révélations !

Merci aux nouveaux followers ! kiss kiss