Bon je ne sais pas combien de temps j'ai laissé cette fic à l'abandon mais... ça me fatigue de la voir non terminée ^^ J'ai pris mon courage à deux mains et je l'ai finie ! Les qques chapitres restants seront publiés au fur et à mesure.
En attendant dsl de vous avoir abandonnés ;)
Chapitre 25 Sophia et Nicholas
– L'Ordre du jour, Sophia et Nicholas.
Sara nous avait réunis dans une petite salle pour parler de quelque chose d'important.
– Cela fait deux semaines que nous n'avons pas de nouvelles d'eux. Comme vous vous en doutez cela n'augure rien de bon. Mes pires craintes se sont confirmées cette nuit, lorsqu'un agent infiltré est venu de toute urgence. Il a dû griller sa couverture pour cela. Selon les informations de cet agent, tous deux sont détenus par des audacieux dans une prison de seconde zone en attente de jugement. Apparemment ils étaient surveillés malgré nos précautions et les audacieux les ont eus.
Un murmure consterné balaya nos rangs.
Quatre m'expliqua en chuchotant qui étaient ces deux personnes.
– Sophia et Nicholas sont le couple d'érudits qui est plus ou moins à l'origine de notre soulèvement.
– Je croyais que la révolte des sans factions grondait depuis plusieurs générations ?
Il acquiesça.
– En effet, mais ce sont eux qui ont structuré le mouvement des rebelles et qui lui ont donné l'impulsion qui leur manquait. Ils sont remarquablement intelligents et n'avaient jamais été à l'aise avec le système erroné des factions. Je crois que ce qui les a motivé de prime abord c'est que ce système leur a pris leur fils unique et qu'ils ont jugé qu'il ne fallait jamais que cela se reproduise et détruise d'autres familles.
En mon fort intérieur je me fis la remarque que leur disparition ne devait pas être bonne pour le groupe des sans factions. Surtout s'ils étaient aussi importants que Quatre le disait.
– La bonne nouvelle, reprit Sara, c'est que cette prison est accessible et peu gardée. La mauvaise, c'est que tout cela est bien évidemment un piège.
– Nous devons les secourir, intervint Quatre, sous les approbations des autres.
Un chef de groupe pris la parole.
– A quoi bon ? Notre groupe est plus que prêt maintenant. Je ne nie pas leur importance passée, ils ont rendus de fiers services à notre communauté mais ils ne nous sont plus aussi indispensables qu'avant. Tout est en place pour la révolution. D'autres frères d'armes tout aussi méritants ont été sacrifiés à notre cause, et ils ne valent pas plus qu'eux malgré leurs services rendus. Il serait imprudent et idiot d'aller jeter des combattants dans la gueule du loup pour libérer deux personnes.
– J'entends bien, coupa Sara, cependant, je veux soumettre la libération de nos mentors à un vote. Mon cœur va vers une mission de libération mais ma raison me supplie de ne pas jeter d'hommes utiles pour les batailles à venir dans ce piège. Nous voterons donc à main levée. Qui souhaite partir à l'assaut de la prison pour libérer Sophia et Nicholas ?
Une flopée de mains conséquente se leva. La solidarité des sans factions avait parlé.
Cependant lorsque Sara demanda qui était contre, un nombre encore plus important de mains se tendit vers le haut.
J'étais atterrée de cette décision. Je tournai mon regard vers Tris et Quatre et vis que tous deux contenaient leur rage.
– La décision est donc unanime, nous n'interviendrons pas.
La foule se dispersa. J'étais soulagée que personne ne se jette dans le piège et en même temps un pincement étreignait mon cœur pour ces gens que je ne connaissais pas.
Finn s'approcha en douce avec un sourire en coin.
– Les audacieux viennent de gagner…
Devant mon air agacé autant qu'interrogateur, il renchérit en pointant le menton vers Tris.
Celle-ci chuchotait quelque chose à l'oreille de Quatre qui acquiesça.
– Ces deux-là ont bien l'intention d'outrepasser le règles pour aller libérer les deux érudits. Ils vont se jeter dans la gueule du loup.
…
Longtemps après la réunion je pensais à ce que Finn avait dit. J'avais vite décidé de prêter main forte à Tris et Quatre s'ils prévoyaient effectivement d'aller libérer ces deux personnes.
Je n'eus pas à chercher longtemps après eux. Ils avaient constitué une petite équipe pour une libération éclair. Je m'y joignis sans soucis. A la sortie de la bouche d'égout Tris expliqua son plan. Ou plutôt son absence de plan.
– Aujourd'hui on ne fait pas dans la dentelle, j'en ai assez de ces défis arrogants que nous lancent les rats de Jeanine. Rien de plus simple donc. On fonce dans le tas, attaque éclair, et on repart.
Tout le monde était gonflé à bloc.
Pour l'occasion un des membres de cette force spéciale avait ramené un des véhicules lourds blindé volé aux audacieux. Nous embarquâmes tous dedans, nous étions une petite vingtaine. Le chauffeur fonça plein gaz vers notre but.
…
Notre arrivée fût fracassante. Une roquette détruisit la porte et notre char s'engouffra à l'intérieur. Une fraction de seconde plus tard, tous les gardes étaient abattus sans semonce.
Il en fut de même pour chaque audacieux qui avait le malheur de se trouver sur notre chemin. C'était évidemment un piège vu leur nombre, mais ils ne semblaient pas nous attendre de sitôt vu leur manque de coordination. Il est vrai que nous étions en pleine journée et que les sans-factions opéraient toujours de nuit.
Nous atteignîmes le quartier de haute sécurité sans trop de pertes et un des membres de l'escouade localisa la cellule recherchée.
Mais une mauvaise surprise nous attendait. Seul Nicholas était présent. Cette seconde de surprise coûta la vie de deux des nôtres.
– Elle a été emmené ! hurla l'occupant de la cellule.
L'escouade n'avait plus le choix. Nous devions nous replier car les audacieux, remis de leur surprise, se faisaient beaucoup plus menaçants.
C'est sous une grêle de balles que notre équipe s'arracha à la prison en toute hâte. Une des nôtres s'étant chargée de mettre les véhicules ennemis hors d'état, personne ne nous poursuivit, et notre retraite fût relativement aisée.
…
Le débriefing fût mouvementé pour Tris. Toute notre équipe – moins les deux hommes perdus – fut mise à pied du reste des opérations pour un temps indéterminé. Les leaders étaient dans une rage froide. Nous avions désobéi à un vote de l'assemblée. Techniquement nous ne valions pas mieux que le système que nous combattions, aussi juste notre cause était-elle.
Je me sentais un peu honteuse de m'être engagée dans une telle aventure sans réfléchir aux conséquences. Cela aurait-pu et aurait même dû être pire que le peu de résistance que nous avions rencontré.
Après de longues remontrances, je m'étais isolée pour réfléchir. Le hasard de mes pas m'avait amenée dans les longs couloirs sales de la station principale, parmi la population de civils crasseux. Vraiment, il était temps de faire quelque chose. Ils m'avaient semblés à bout de souffle et encore plus faiblards que d'habitude. Ces gens avaient besoin de retrouver la lumière du soleil et la surface de la terre où une nouvelle vie les accueillerait. L'adaptation serait sûrement longue.
Fatiguée, j'avais pris la route de ma chambre. En arrivant devant, je constatai un rai de lumière filtrant de la porte entrouverte.
Nicholas se trouvait sur mon lit, un livre entre les mains et des larmes plein les yeux.
En me voyant il leva la tête et me sourit faiblement.
– J'ai fait le tour de votre équipe car je tenais à tous vous remercier personnellement pour votre action certes irréfléchie mais courageuse… Et j'ai trouvé ceci. Puis-je te demander comment tu l'as obtenu ?
Il tendit l'exemplaire de 1984 qu'Éric m'avait donné.
– Un ami me l'a donné à mon arrivée chez les audacieux pour m'occuper Monsieur.
Il contempla la couverture fanée et tourna quelques pages. Ses doigts suivirent les pleins et déliés de l'écriture manuscrite à l'encre violette que j'avais relu tant de fois.
Pour Sophia… Ceci est une leçon…
– Je te le demande car ma femme avait donné ce livre à mon fils lors de nos premiers contacts avec les sans-factions pour essayer de le faire réfléchir et ainsi lui transmettre notre combat… Mais une brute rendue aveugle par Jeanine et son système corrompu a tué cet espoir. Les audacieux m'ont enlevé l'être qui m'était le plus cher…
Sa phrase me glaça. Je compris que la brute n'était autre qu'Éric et qu'il avait tué le fils de ce pauvre homme. Peut-être avait-il pris le livre ensuite comme un trophée. Je savais qu'à l'occasion les audacieux pillaient sans vergogne leurs victimes.
Il me tendit l'ouvrage.
– Merci pour ce que tu as fait aujourd'hui. Je te laisse ceci, apparemment il a porté ses fruits avec toi… On m'a raconté ton parcours.
Et il partit d'un pas rendu lourd par le chagrin.
Chagrin qui me menaçait car tout cela m'avait rappelé le souvenir douloureux d'Éric, oublié un moment. Pour continuer à l'occulter il fallait que je sois occupée. Je décidai d'aller rendre visite à Will. Je l'attendis dans notre petit jardin couvert.
Je n'eus pas à l'attendre longtemps.
– On peut dire que vous avez frappé fort, déclara-t-il en arrivant. Jeanine nous a « mis les points sur les i » comme quoi c'était inadmissible de se faire prendre à son propre piège. Elle était tellement en rage que son légendaire brushing parfait en était tout ébouriffé.
Il me montra tristement ses manches tachées de sang.
– Et vous nous avez donné du travail… Je crois que pour la première fois vous avez fait peur aux audacieux. Ils ont maintenant pris conscience que vous n'êtes pas le petit groupe de tocards qu'ils imaginent. Cette attaque vient de porter la guerre à un tout autre niveau. Et je crains qu'aucun des deux camps ne soit vraiment préparé à ce qui va suivre. Ce sera autre chose que la guérilla habituelle.
Ne sachant pas quoi dire et étant entièrement d'accord, je récupérai en silence les fournitures médicales rapportées.
– Autre chose, tu m'avais demandé de surveiller Éric ? Il s'est passé quelque chose de bizarre.
Je fis signe de continuer.
– On dirait qu'Éric est surveillé. Il avait ramené une femme érudite pour l'interroger je pense, et il a passé du temps avec elle dans un cachot. Jeanine était furieuse et ils se sont vraiment pris la tête tous les deux il y a une bonne semaine. Depuis il a manqué une ou deux réunions importantes, auxquelles Max et les autres leaders étaient pourtant conviés. Je crois qu'elle l'a évincé pour une raison que j'ignore. Et depuis son entretien avec la femme bleue, des audacieux de la division des renseignements furètent dans les couloirs, mais je vois bien que c'est lui qu'ils observent. Personne n'ose croiser le chemin d'Éric car il rumine une telle colère qu'il a envoyé deux nouveaux à l'infirmerie et détruit une des salles d'eau de l'entrainement. Il a un comportement plus qu'étrange.
– Pourquoi le surveilleraient-ils ? Lui et Jeanine sont comme cul et chemise.
– Je ne sais pas. Quelque chose s'est passé entre eux et a changé la donne.
Peu convaincue je changeai de sujet.
– Tu te doutes que quelque chose de gros se prépare maintenant que l'équilibre est rompu. J'aimerais que tu nous rejoignes avec Christina. Je suis prête à lui parler pour la convaincre. Je sais que les sans-factions vous accueilleront à bras ouvert.
Il agita la tête de droite à gauche.
– Elle n'est pas encore prête. Mais merci de ton offre.
Comme toujours lorsqu'il s'agissait du sujet sensible Christina, je n'insistai pas. Nous nous séparâmes en nous souhaitant mutuellement bonne chance et chacun retourna d'où il venait.
…
Je m'empressai de donner ces nouvelles informations à l'état-major, qui en prit note mais ne pouvait rien faire au vu de la situation actuelle.
Sophia était sûrement sous bonne garde chez les audacieux et il serait très difficile de l'en sortir.
Même Tris et Quatre (que j'avais mis au courant en premier) ne savaient pas par où commencer, et avaient décidé de réfléchir avant de se relancer dans une opération suicide. Mais nous ne pouvions laisser cette femme aux mains des audacieux et de la folie de Jeanine, car elle subirait les pires atrocités en représailles de notre affront.
Grace à Will nous pûmes la localiser et monter un plan avec quelques anciens audacieux prêts à nous aider.
Quelques jours plus tard notre plan était finalisé. Nous avions décidé de partir en groupe réduit de façon furtive afin de maximiser nos chances. Pourtant malgré l'heure tardive, une agitation croissante gagnait les rues et une clameur grandissante nous inquiéta.
« Il a été capturé » scandaient différentes voix.
Il ? Qui ça il ?
